Le pianiste McCoy Tyner est décédé le 06 mars 2020 à l’âge de 81 ans. Avec lui s’éteint le dernier membre du quartet de Coltrane dans lequel il a joué de 1960 à 1965. Son héritage a révolutionné l’art du piano jazz moderne. Après une riche carrière de leader, il laisse le souvenir d’un musicien lumineux et discret dont le jeu unique et reconnaissable demeure une référence essentielle du jazz moderne.
« Lean on Me », le nouvel album de Jose James
Hommage à Bill Withers
Le 28 septembre 2018, le chanteur Jose James sort « Lean on Me » chez Blue Note. Un album-hommage à un de ses héros, Bill Withers, Il reprend douze titres du grand soulman des années 70. Un opus fidèle à l’esprit des chansons de celui qu’il honore.
Jose James revient le 28 septembre 2018 avec l’album « Lean on Me » (Blue Note/Universal) qui célèbre Bill Withers, le chanteur de soul des années 70/80 dont le dernier album date de 1985.
Ce quatrième album chez Blue Note est aussi le huitième du chanteur.
Avant « Lean on Me »
« Lean on Me » se situe loin de “For all we know“ sorti en 2010 chez Impulse où Jose James honore le jazz en duo avec Jeff Neve et de « Yesterday I Had The Blues », son hommage fort réussi à Billie Holiday sorti en 2015 chez Blue Note.
Il est vrai que depuis “No beginnig no end“, son premier album paru en 2013 chez Blue Note, Jose James a pris ses distances vis à vis du jazz. C’est apparu plus flagrant encore en 2017 sur son quatrième album chez Blue Note « Love in a Time of Madness » qui mêle à ravir soul, pop, électro, gospel, jazz, funk et fait triompher le R&B.
« Lean on Me »
C’est dans le légendaire studio B de Capitol que Jose James enregistre « Lean on Me » produit par Don Was, le président du label Blue Note. Pour son quatrième album sous le prestigieux label, le chanteur fait le choix de revenir avec les musiciens présents à ses côtés sur “No beginnig no end“.
Autour de lui se retrouvent le bassiste Pino Palladino, le claviériste Kris Bowers, le guitariste Brad Allen Williams et le batteur Nate Smith.
Quelques invités enrichissent le propos de l’album par leurs interventions, Lalah Hathaway (chant), Dave McMurray (flûte), Takuya Kuroda (trompette), Lenny Castro (congas) et Marcus Strickland (saxophone ténor).
Impressions musicales
On est frappé par la sensualité du titre d’ouverture Ain’t No Sunshine. On est ensuite ému par la poésie de Grandma’s Hands mais on retrouve le sourire à l’écoute de la dimension pop du titre Lovely Day. En effet, on savoure la joie ineffable que procure la version à deux voix de ce titre sur lequel Lalah Hathaway rejoint Jose James.
On vibre à l’écoute de Lean on Me transformé en hymne imprégné de délicates influences de gospel. On réécoute plusieurs fois Kissing my Love transcendé par la flute de Dave McMurray et propulsé par la batterie sur un beat d’enfer. On se laisse aller à rêver quand résonnent les arrangements cuivrés du trompettiste Takuya Kuroda sur Use Me à l’ambiance quelque peu anxiogène.
On apprécie les interventions délicates du conguero Lenny Castro qui allègent le rythme inexorable de Who is He. On savoure la tendresse rêveuse de la ballade Hello Like Before où coexistent le rythme de bossa lancinant de la guitare et le chorus lyrique du clavier.
On est captivé par l’interprétation de Just The Two of us où le solo du saxophoniste Marcus Strickland transforme avec bonheur la mélancolie en un moment d’espérance. La guitare, la voix et la basse donnent à Hope She’ll Be Happier une atmosphère de désespoir auquel on n’entrevoit guère d’issue.
Heureusement The Same Love That Made Me Laugh vient impulser un espoir plein d’une soul funky et joyeuse. On survit à Better off Dead qui termine l’album avec panache… et l’on remet l’album en boucle pour mieux le savourer
Aujourd’hui point de hip-hop, ni de mélange de genre musical sur « Lean on Me ». C’est d’une voix chaude et suave que Jose James interprète les douze titres de « Lean on Me », ce qui convient au demeurant tout à fait à l’album. Il chante avec tendresse et sensibilité les morceaux qu’il a choisi parmi le répertoire de Bill Withers. De la soul groovy teintée de bleu.
Le pianiste McCoy Tyner est mort
Visuel 2020 de Jazz Campus en Clunisois
Cette année encore, c’est un volatile haut en couleurs qui se pavane sur le visuel 2020 de Jazz Campus en Clunisois. L’oiseau hausse le col et ouvre le bec pour donner rendez-vous au public du 15 au 22 août 2020. Il siffle aussi l’ouverture des inscriptions pour les stages 2020. Plumes lissées et œil vif, il attend avril pour annoncer la programmation.
Chick Corea Trilogy rime avec Magie à l’Auditorium de Lyon
Le 29 février 2020, après la prestation de Chick Corea Trilogy, le public de l’Auditorium de Lyon a encore des étoiles dans les yeux. Il se félicité d’avoir assisté au concert éblouissant du pianiste entouré de ses complices, le contrebassiste Christian McBride et le batteur Brian Blade. Ce soir-là Chick Corea Trilogy rime avec Magie. Trois virtuoses inspirés en conversation musicale… un pur moment de bonheur.
Il décide alors, trois ans après la mort de son père, de créer en sa mémoire un projet autour du jazz et de la hazzanout, cet art de chanter des prières juives. Après voir élaboré les premiers arrangements des quelques-unes de ces mélodies traditionnelles, Jacques Schwarz-Bart leur associe des rythmes issus de la diaspora africaine des États-Unis, de la Caraïbe ou des Gnaouas.



En effet, les racines des musiques caribéennes plongent dans les origines et les cultures des hommes déracinés qui ont peuplé ces territoires de la mer des Caraïbes. Calypso, merengue, bolero, chachacha, valse, son et danson émanent des cultures africaines, européennes et sud-américaines qui les ont irrigués. Leur histoire porte les cicatrices mais témoigne surtout de la richesse de celles et de ceux qui, nés dans la souffrance ont fondé leur culture et leur identité dans le terreau de leur diversité. Les musiques de la Caraïbe sont multiples et diffèrent mais elles ont toutes en commun cette pluralité d’origines dont elles se nourrissent.