Le saxophoniste Baptiste Herbin vient enchanter ces temps de confinement avec la sortie de « Vista Chinesa ». Son quatrième album offre un concentré musical imprégné de rythmes brésiliens. A la tête d’un quartet, l’altiste accueille des invités brésiliens de marque et introduit des chansons dans son répertoire. Son jeu volubile ne manque ni de nuance ni de sensibilité. Du jazz ensoleillé et flamboyant.
Disparition de Toots Thielemans
Hommage à Toots Thielemans
Le 22 août Jean « Toots » Thielemans s’en est définitivement allé. Il laisse orphelins tous les amoureux de la mélodie. Depuis 2014 il avait quitté les scènes qui pleuraient déjà son absence. Aujourd’hui, il laisse un grande vide dans le monde du jazz où il avait imposé avec talent l’harmonica chromatique.
On a été bercé et même ému par celui qui se sentait bien « entre un sourire et une larme ». C’est en effet la petite phrase qui figure sur son site et par laquelle il se définissait lui-même : « I feel best in that little space between a smile and a tear ». C’est par le talent de ses prestations, sa virtuosité et ses improvisations brillantes et sensibles que Toots Thielemans a sorti l’harmonica de la catégorie des instruments hétéroclites, « miscellaneous instruments » comme disent les américains, pour le hisser au rang des instruments respectables. C’est d’ailleurs Clifford Brown lui-même qui lui avait fait ce compliment.
Avec « Toots » la musique respire, sourit et pleure tour à tour. On est enchanté par les mille nuances de son expression qui balaye tous les spectres des émotions, de la joie à la tristesse sans oublier l’espoir et la tendresse. « Toots » on aime ton harmonica gros comme un cœur !
Décédé à 94 ans, l’harmoniciste belge avait d’abord adopté l’accordéon avant de se pencher vers la guitare puis de choisir enfin l’harmonica chromatique. C’est sur cet instrument que Toots Thielemans a acquis le respect des plus grands musiciens de la sphère du jazz dans laquelle il a évolué depuis les années 50. Il a aussi été honoré par de nombreuses récompenses. Le roi Albert II de Belgique l’a nommé « Baron » en 2001. La même année, il est honoré du titre de « Professeur Honoris Causa » par les 2 universités de Bruxelles. En 2009 il reçoit le Jazz Master Award de la NEA (National Endowment for the Arts), une des plus hautes distinctions remise aux musiciens américains Le titre de « Commandeur des ordres de Rio Branco » lui est remis par Gilberto Gil en 2006.
Installé très tôt aux États-Unis, il joue dans le Charlie Parker’s All Stars. Il est appelé par Benny Goodman puis est engagé par George Shearing avec lequel il tourne comme guitariste pendant 6 années. Dans les années 60 il vit quelques temps en Suède où il côtoie Svend Asmussen et Niels Henning Orsted-Pedersen (NHOP) et commence à siffler en s’accompagnant à la guitare. C’est d’ailleurs avec cette instrumentation (guitare/sifflet) qu’il grave en 1962 une de ses compositions, Bluesette, sorte de valse-blues devenue depuis un standard. On peut l’écouter sur le disque « The Whistler & His Guitar » où « Toots » tient la guitare et double les lignes de thème et de chorus en sifflant.
Il a bien sûr aussi interprété Bluesette à l’harmonica tout au long de ses concerts, en se renouvelant sans cesse tant il savait nuancer son expression et varier les climats de ses improvisations. La version enregistrée en 2009 à Rotterdam restitue à merveille la délicatesse de l’interprétation de cet harmoniciste poète.
Bluesette sonne encore autrement lorsque « Toots » croise Stevie Wonder qui joute avec le Belge à l’harmonica. Le duo est saisissant … même si l’image laisse à désirer.
De retour aux États-Unis « Toots » rencontre Quincy Jones (1965) avec lequel il collabore comme soliste. C’est aussi à cette époque qu’il commence à composer des musiques de films (Midnight Cowboy en 1969 puis suivront Salut l’Artiste, Jean de Florette), ..). Sa vie musicale va ensuite naviguer en les États-Unis, la Belgique et l’Europe. Tout au long de ses longues années il a joué avec quelques-uns des plus grands musiciens du jazz, Ella Fitzgerald, Dizzy Gillespie, Oscar Peterson, Quincy Jones, Bill Evans, Jaco Pastorius, Natalie Cole, Pat Metheny … et bien d’autres.
Parmi les nombreux enregistrements de « Toots » Thielemans, on peut retenir une sélection de quelques albums qu’on ne se lasse pas d’écouter.
- C’est en 1979 qu’est enregistré « Affinity » (Columbia/Warner Bross). Sur ce joyau musical « Toots » a rejoint le pianiste Bill Evans, le saxophoniste Larry Schneider, le contrebassiste Marc Johnson et le batteur Eliot Zigmund. On écoute Body and Soul joué en trio (« Toots », Bill Evans et Marc Johnson).
- L’album « Live in the Netherlands » (Pablo/Carrère) enregistré en 1982 avec Joe Pass (guitare) et NHOP (contrebasse) où l’harmoniciste siffle aussi.
- On apprécie aussi l’écoute de « Footprints » (Emarcy/Universal) enregistré en 1989 avec le regretté Mulgrew Miller au piano, Rufus Reid à la basse et Louis Nash à la batterie. D’entrée de jeu, c’est à la guitare et en sifflant que « Toots » expose le thème de Wayne Shorter. Il répond ensuite au pianiste par un chorus à l’harmonica. Absolument renversant ! L’interprétation de la Gymnopédie N°1 de Satie vaut aussi son pesant d’or. Les autres titres sont à l’avenant.
- A recommander aux amateurs de Musique et Jazz brésiliens, les 2 volumes « The Brazil project » enregistrés en 1992 et 1993 chez Private Music avec une flopée de musiciens brésiliens. Autour de « Toots » sont réunis Luiz Bonfá, Lee Ritenour, Gilberto Gil, Oscar Castro-Neves, Milton Nascimento, Dori Caymmi, Djavan, Chico Buarque, João Bosco, Luis Bonfá, Edu Lobo, Paulinho Da Costa, Ivan Lins, Eliane Elias, Dave Grusin, Mark Isham, Brian Bromberg, Marc Johnson et d’autres encore. Obrigado, « Toots » !
- En 2001, l’album « Toots Thielemans - Kenny Werner » (Emarcy/Universal) réunit l’harmoniciste et le trompettiste pour 71’31 ». Même si de facto l’album est un régal de bout en bout, on aime particulièrement les versions de Smile et de What a wonderful world.
On espère qu’Olivier Ker Ourio et Grégoire Maret, devenus aujourd’hui les dignes filleuls de « Toot » sauront perpétuer la mémoire et l’art de ce grand harmoniciste dont ils déjà intégré une partie de l’héritage musical.
Il y aura sans doute aussi un grand moment d’émotion lors de la deuxième édition du Festival Toots Jazz La Hulpe parrainé par Toots Thielemans. Du 09 au 11 septembre, à la Hulpe (à quelques kms de Bruxelles), trois jours de jazz en l’honneur de Toots Thielemans. On retrouve entre autres Philip Katerine, Richard Galliano et Didier Lockwood, dans le répertoire qu’ils ont présenté à « Jazz à Vienne » en 2015 et Michel Jonasz accompagné par Jérôme Regard, Manu Katché et Jean-Yves D’Angelo.
Pour terminer ce clin d’oeil en hommage à Toots Thielemans, une vidéo « coup de cœur » où l’on retrouve « Toots » avec le bassiste Jaco Pastorius dont il a été très proche. Dans cette vidéo, Jaco est …au piano. Les deux musiciens interprètent un thème cher au bassiste, Three Views of a secret.
Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »
Jazz Confiné #4
Pour cette rubrique « Jazz Confiné #4 », voix et instruments sont de la partie. Guitare et saxophone se donnent à écouter en solo puis la voix s’invite au sein d’un duo et de formations instrumentales élargies. Des versions musicales confinées qui donnent de plus en plus envie de retrouver les artistes sur scène mais il va falloir patienter encore en peu. En attendant, les albums enregistrés en studio avant la crise sanitaire et à sortir bientôt sont les bienvenus.
Jazz Confiné #3
C’est du côté des Big Bands que regarde la rubrique « Jazz Confiné #3 ». Malgré le confinement, point de répit pour les grands orchestres de par le monde. Ils ne manquent ni de puissance, ni d’inspiration et encore moins d’inventivité. Du Jazz haut en couleurs sonores !
Centrée sur un jazz en mouvement, la programmation de Didier Levallet a fait se côtoyer des musiciens de renommée internationale et de nouveaux venus inventifs. Du 13 au 20 août, lors du festival Jazz Campus en Clunisois, un jazz ouvert et inventif s’est exprimé sur les différentes scènes du festival et a proposé un très large éventail d’expressions et d’orchestres (du big-bang au duo).
Marc Ducret associé au trio « Métatonal ». Virtuose de la guitare, Marc Ducret est associé depuis vingt ans avec le batteur Eric Echampard et le contrebassiste Bruno Chevillon. Avec eux il pratique un jazz créatif et sans cesse renouvelé. « Métatonal » regroupe le saxophoniste alto Christophe Monniot, le trompettiste Fabrice Martinez et le tromboniste Samuel Blaser.
Fabrice Martinez jaillissent de lumineux chorus. Christophe Monniot construit avec puissance et précision des improvisations qui sont de réels moments de grâce. La frappe orageuse d’Eric Echampard se transforme en un toucher coloriste aux dégradés raffinés lorsque ses balais caressent les cymbales. Bruno Chevillon chemine de bout en bout avec précision et justesse, attentif et réactif aux climats.
. Le plaisir que prennent les musiciens à jouer exsude de leurs instruments et transparait sur leurs visages.
En fin de concert, Marc Ducret dédie le morceau 64 au saxophoniste Guillaume Orti présent dans la salle (il anime les ateliers d’orchestre des stages). Le thème rend hommage à Bob Dylan, celui qui a déclenché chez Ducret l’envie de jouer. 64 reprend deux titres de Dylan, The Time they are a changin’ et Wigwam reliés par une courte boucle musicale écrite par Ducret. Entre guitare et harmonica, Marc Ducret fait monter la pression avec souplesse et puissance. Félin et reptilien à la fois, le guitariste déroule l’étendue de son savoir-faire et fait montre d’un plaisir extrême à partager ce concert avec ses comparses.
Le 19 août, un pique-nique est proposé à midi dans la cour du haras national de Cluny. En guise de menu musical, un concert du « Possible(S) Quartet ». Assis dans l’herbe, le public a répondu présent pour écouter les quatre musiciens installés sous l’ombre bienveillante des branches d’un majestueux tilleul centenaire.
Deux trompettistes, Rémi Gaudillat et Fred Roudet, un tromboniste Loïc Bachevillier et un clarinettiste, Laurent Vichard réunis pour livrer un jazz de tous les possible(S).
Le soir du 19 août, le Théâtre les Arts de Cluny accueille le « Brotherhood Heritage » qui rend hommage à l’esprit de la musique du « Brotherhood of Breath » (Confrérie du Souffle), big-band issu d’un orchestre Sud-Africain réfugié en Europe pour cause d’apartheid dans les années soixante. Ce « Brotherhood of Breath » a influencé la scène européenne du jazz sous la houlette de Chris McGregor jusque dans les années 90. Le contrebassiste Didier Levallet a fait partie des dernières moutures de cet orchestre historique. Il co-pilote avec le pianiste François Raulin le projet du « Brotherhood Heritage » qui reprend en partie le répertoire de l’orchestre d’origine et mêle des compositions originales écrites dans le même esprit, comme Hymne to Breath, de François Raulin.
. Comme le dit François Raulin tous ces musiciens ont en commun la « capacité de s’exprimer en trois accord et de groover ». On retrouve le saxophoniste et clarinettiste anglais Chris Biscoe qui a lui aussi fait partie des dernières moutures du « Brotherhood of Breath ». Raphaël Imbert (saxophone), François Corneloup (saxophone baryton), Michel Marre et Alain Vankenhove (trompette), Simon Goubert (batterie), Jean-Louis Pommier et Mathias Mahler (trombone). Le spectacle a été créé à Jazz sous les Pommiers où il a reçu un accueil enthousiaste.
Les instrumentistes saisissent tous les espaces de liberté et les mettent à profit pour s’exprimer. La masse sonore rutile. L’orchestre propose une musique ensoleillée et chaleureuse, une sorte de musique du bonheur profondément enracinée dans les rythmes africains. Les corps des musiciens sont habités de cette joie et les visages irradient de lumière. La texture sonore change de couleur au gré des improvisations et des orchestrations. Des arrangements aux échos ellingtonniens succèdent aux extravagances des solistes qui rivalisent de créativité et de fantaisie.
Originaire
de Rio de Janeiro, le
Ainsi, né en France du hasard de leur rencontre et de leur culture respective, le Duo Desiderio-Oliveira murit un projet musical dont l’album « Rencontre »… « encontro » est le résultat.
Le Duo Desiderio-Oliveira a gagné aussi sur ce tableau de la musique live. En effet, chaque set de la soirée du 16 août au Péristyle apporte sa part de surprises et se teinte d’une couleur différente. Les climats se suivent et les textures ne se ressemblent pas. Un set pugnace et tendu précède un autre plus introverti et ciselé. Pour finir, l’ambiance se fait plus ludique et la prise de confiance aidant, l’espace de liberté augmente et les improvisations s’étoffent avec réussite. De bout en bout la musique vibre de sincérité et de complicité, de précision et de folie à la fois, de maîtrise et de d’imagination. Les regards des deux musiciens ne se quittent pas, les sourires irradient leur visage, leur attention demeure de bout en bout. La salle du Péristyle témoigne d’une écoute attentive et d’une réactivité extrême. Toutes les chaises sont tournées vers la scène.

Avec délice on découvre la saudade sautillante et bleue de Tereza no blues. Sur Aline si belle, les deux musiciens se partagent le piano pour interpréter ce titre qui est un lando, rythme afro-péruvien pour lequel le percussionniste utilise coquillages et bois du piano pour remplacer le cajon.
ê qui évoque un lieu imaginaire, véritable paradis où coule le miel et les fruits à foison. « Moog » et triangle y font monter la tension musicale qui éclate en un feu d’artifice. La suave comptine Linda Flor de Manhã est interprétée en hommage à la fille d’un ami pour laquelle elle a été composée. Les musiciens ont aussi fait un clin d’oeil à Antonio Carlos Jobim à deux reprises. D’abord, Samba da Una Nota So prise sur un rythme rapide et se termine par un 4/4 piano-batterie. Ensuite,
e Jazz via Martial Solal est donc de nouveau invité dans la Grande Salle le 14 octobre 2016.
C’est enfin en solo que Martial Solal s’est souvent produit. Son art est alors tel qu’il emplit l’espace et comble d’aise ceux qui ont le bonheur de l’écouter.
Dans son 7ème album en solo, elle revient à ses racines et au piano. Sur « Day Breaks » (Blue Note/Universal), Norah Jones entremêle avec une rare subtilité country, folk, rock, soul et jazz. Elle est cette fois accompagnée par de véritables légendes du jazz comme le saxophoniste Wayne Shorter, l’organiste Dr Lonnie Smith et le batteur Brian Blade déjà présent sur son premier disque et dont le jeu constitue l’épine dorsale de ce nouvel album.
et des reprises d’Horace Silver (Peace), Duke Ellington (Fleurette Africaine) et Neil Young (Don’t be denied).
Natif de Léopoldville (devenu Brazzaville) au Congo Belge, j’ai vécu dans ce pays juste avant l’Indépendance jusqu’à l’âge de 7 ans. Même si j’en ai des souvenirs très flous, j’y ai emmagasiné des tas de choses. Des ambiances, des odeurs, des façons de vivre, un rythme de vie et les musiques. Tout ceci peut contribuer à expliquer que j’ai toujours aimé la musique qui puise ses racines dans le groove d’une manière générale, qu’il s’agisse d’une musique ethnique traditionnelle ou de la funk soul américaine. Ces premières influences sont sans doute déterminantes car j’aime un type de jazz qui a quelques unes de ses racines du côté de l’Afrique. De fait, ma façon de voir le jazz et de l’apprécier dépendent de ce terme groove. Je suis donc plus africain et afro-américain dans mon appréciation de la musique. C’est à dire que les formes de jazz puisées aux sources de la musique européenne me touchent moins spontanément.
le jazz traditionnel de la Nouvelle-Orléans dont mon père était fan. Chez moi à l’époque on écoutait le duo Louis Armstrong-Ella Fitzgerald tous les dimanches matin et cela a imprégné ma façon d’écouter la musique.
aussi un gros souvenir de Roland Kirk, cet ovni qui m’a marqué. Je précise par ailleurs que dans les années 70, j’appréciais aussi les « minets » avec les pulls shetland jaune-citron au-dessus du nombril. On écoutait alors la Soul et les séries « Formidable Rythm & Blues » de cette époque produites par les états sudistes (Georgie, Texas, Louisiane, Alabama) en particulier, Otis Redding, Wilson Pickett était mon idole et James Brown aussi. En fait, en 71, tout était bon.
Miles Davis période cool et aussi par exemple Randy Weston pour le rapport qu’il a eu avec les musiques ethniques.
… en prenant une comète même si, par bonheur j’ai pu le voir trois fois à Paris.
« El Viaje » (Mark Avenue/Harmonia Mundi) présente le trio d’Harold López-Nussa avec son jeune frère Adrián Ruy López-Nussa (batterie, percussions) et le Sénégalais Alune Wade (basse, chant). Sur certains titres, le trio est augmenté avec des invités dont le père d’Harold López-Nussa, Francisco Ruy López-Nussa (batterie), Mayquel González (trompette, buggle), Dreiser Durruthy (percussions, chant) et Adel González (percussions).
S’il a étudié la musique classique puis la musique populaire de Cuba et le jazz, ses fondamentaux restent ancrés dans la culture de son pays. Malgré cela Harold Lopez-Nussa demeure toujours avide de voyages musicaux pour découvrir d’autres rivages et étoffer son inspiration. C’est ainsi qu’il se projette dans le monde à partir de Cuba avec ses propres bagages mais y revient toujours enrichi de nouvelles influences issues de ses confrontations avec d’autres cultures.
L’ambiance du morceau d’ouverture Feria évoque une soirée festive où des invités cubains, africains et new-yorkais confronteraient leurs souvenirs musicaux. On aurait aimé être autour de cette piste de danse animée par des musiciens qui invitent « Evidence » comme un clin d’oeil à Thelonious Monk. On a aussi particulièrement apprécié Bacalao Con Pan, un classique que Chucho Valdes avait joué avec Irakere. De la tradition, Harold Lopez-Nussa et ses compagnons conservent une rythmique soutenue et des alternances entre salsa, rumba et danzon mais ils rafraîchissent les racines originelles par des accents de modernité.
On parcourt l’Afrique avec Africa où la voix de Dreiser Duruthy alliée aux percussions fait le lien entre les racines communes de l’Afrique et de Cuba. Sur Una Fábula, la voix et la basse d’Alune Wade, le piano et la trompette content une fable pendant que le batteur et ses balais dessinent des contre-jours pour nous ramener en souplesse à Cuba avec le morceau Me Voy Pa’ Cuba. La voix du chanteur et sa basse chaloupent sur la trame jouée délicatement par le pianiste. Mais Cuba c’est aussi et surtout la patrie du rythme et le morceau s’accélère dès que le port approche pour finir dans une danse-transe.
Durant trois jours le Péristyle assume vraiment sa vocation de salle de concert pour le plus grand plaisir de tous les spectateurs. Manu Vallognes (basse électrique), Eric Teruel (piano) et Yvan Oukrid (batterie) tissent une musique nuancée qui enchante et respire. On perçoit la complicité qui circule entre les musiciens du « Jazz Trio ». La joie du partage illumine leurs échanges et les densifient. C’est avec une énergie mâtinée de souplesse et de sensibilité que les trois compères proposent un répertoire de compositions originales d’Eric Teruel et de standards revisités avec talent.
Il surfe avec aisance sur le tapis déroulé par la basse et la batterie. Tout cela sans jamais se départir de son sourire.
A l’occasion des concerts du Péristyle on apprend qu’un disque du « Jazz Trio » est annoncé pour la rentrée. « Mad train » (Label TroisFoisplusMusic). Les spectateurs en profitent en avant première. L’album sera disponible mi-octobre mais il est possible de le commander sur http://www.tfpm.org/madtrain.html.
dont il favorise l’émergence (Festival eemerging). En 2016 on se laissera éblouir par les Vibrations des Lumières avec une programmation tout en contrastes et clairs-obscurs.