Martial Solal en trio dans la Grande Salle de l’Opéra de Lyon
La saison de l’Amphi Jazz débute par un coup d’éclat. Le pianiste Martial Solal se produira en trio le 14 octobre 2016 pour un concert exceptionnel dans la Grande Salle de l’Opéra. On salue avec bonheur la venue de cet improvisateur talentueux.
A peine la programmation du Jazz Estival au Péristyle se termine-t-elle que se profile celle de l’Amphi-Jazz. Avec en ouverture, le 14 octobre à 20h30, un concert de Martial Solal en trio dans la Grande Salle de l’Opéra de Lyon,François Postaire entame donc la saison Amphi-Jazz 2016/17 par un évènement prestigieux à plusieurs titres.
D’abord, il est vrai que les musiques du Mondes et le Jazz ne sont pas légion à pénétrer dans la Grande salle de L’opéra de Lyon, temple de la musique lyrique. On garde en mémoire deux moments magiques. Le 30 janvier 2016, lorsque la voix de la fadiste Kátia Guerreiro a résonné dans la Grande Salle et a comblé de bonheur les spectateurs venus écouter son répertoire « Até ao fim ». Le 31 mai 2008 quand fut accueilli dans cette même salle, le projet jazz « Follow The Song Lines » dirigé par Dirk Brossé avec David Linx & Maria João au chant et Mario Laginha & Diederik Wissels au piano. Ce soir-là les musiciens ont partagé ensemble le bonheur de la création instantanée et celui d’interpréter une écriture peaufinée et inventive que le public avait apprécié. Le Jazz via Martial Solal est donc de nouveau invité dans la Grande Salle le 14 octobre 2016.
Par ailleurs la présence de Martial Solal se fait rare sur les scènes françaises, enfin et surtout (!) Martial Solal n’est pas un pianiste lambda. Respecté par ses pairs, il est reconnu bien au-delà de la France (Europe, USA, …) comme une référence parmi les plus prestigieux pianistes de jazz.
Pour tous ces motifs, la venue de Martial Solal est vraiment exceptionnelle. La lecture rapide de « Martial Solal - libr’explorateur du piano » permet de prendre la mesure de l’ampleur de sa carrière. Par son talent prodigieux et sa singularité, cet artiste a marqué l’histoire du jazz européen. Il est sans aucun doute aujourd’hui l’un des plus grands pianistes improvisateurs.
Il convient donc absolument de ne pas rater ce rendez-vous du 14 octobre dans la Grande Salle de l’Opéra de Lyon. Pour l’occasion, Martial Solal est accompagné à la contrebasse par le Danois Mads Vinding avec lequel il avait enregistré entre autre opus, le disque » Contraste » en 1999. La collaboration de Bernard Lubat sera cette fois à la batterie (et non au piano comme en 2014 où lui et Solal dialoguaient sur deux pianos). On retrouve aussi en invitée, la chanteuse et improvisatrice Claudia Solal, fille émérite du pianiste.
Le répertoire du concert n’est pas connu mais on fait confiance au pianiste pour proposer un déluge d’idées et pour dérouler sur son clavier des inventions mélodiques hors pairs, des trouvailles harmoniques étonnantes et des improvisations renversantes, le tout avec le soutien des complices réunis autour de lui.
Dans ce « Jazz Confiné #2 », cinq vidéos proposées par des jazzmen confinés de part et d’autre de l’Atlantique. Stars reconnues ou musiciens confirmés de la jeune scène internationale et européenne, tous improvisent en toute spontanéité sans jamais manquer d’inspiration.
Faute de pouvoir vivre le jazz en concert en cette période de confinement, pourquoi ne pas profiter de quelques vidéos enregistrées par des musiciens d’ici et d’ailleurs. Dans cette rubrique « Jazz Confiné #1 », place à des solos, des duos et un trio.
Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.
Considéré comme une personnalité importante du jazz moderne, Martial Solal est reconnu bien au-delà du jazz comme un des plus grands pianistes contemporains. Technicien virtuose il s’est imposé comme improvisateur hors pair et possède un style singulier qui demeure ancré dans les racines du jazz.
Né à Alger, il étudie le piano classique puis découvre le jazz à travers les enregistrements que le saxophoniste « Lucky Starway » (Lucien Seror) lui faisait écouter (Benny Goodman, Coleman Hawkins, …). Il devient ensuite musicien professionnel en 1945 et s’installe à Paris en 1950 où il accompagne de nombreux solistes de passage dans les Clubs de jazz de la capitale comme le Club Saint-Germain (Kenny Clarke, Eric Dolphy, Dizzy Gillespie, Django Reinhardt,…). En 1956il forme son premier bigband avec lequel il enregistre ses propres compositions.
Il compose aussi des bandes originales pour le cinéma comme par exemple celle du film de Godard « A bout de souffle » en 1959 et celle de « Léon Morin prêtre » pour Melville en 1961. Parallèlement Il s’intéresse déjà à la musique orchestrale et enregistre aussi en solo dès 1956. Il se produit aussi en quartet et en trio. En l’occurrence, dans les années 60 il s’associe avec Guy Pedersen et Daniel Humair avant de partir jouer aux Etats-Unis. En effet, dès 1963, il est accueilli et acclamé aux États-Unis (Festival de Newport) où Il se produit ensuite régulièrement en duo avec le saxophoniste alto Lee Konitz.
Au fil des années Martial Solal a éprouvé son art pianistique au sein de différents trios. D’abord avec Gilbert Rovère et Charles Bergonzi puis au sein de son fameux trio « piano - 2 contrebasses » (1969/70) qui fut une réussite musicale mais essuya à l’époque un échec commercial. Il a ensuite joué en trio avec différentes associations contrebasse-batterie des musiciens suivants : les contrebassistes Gary Peacok et Marc Johnson et les batteurs Max Roach, Peter Erksine et Paul Motian. Son trio avec les frères Moutin a aussi connu une grande gloire.
Le pianiste a aussi beaucoup exploré la musique en duo, exercice qui l’a toujours passionné. Il a confronté son discours musical à de nombreux musiciens : Lee Konitz, NHOP, Eric Watson, Enrico Rava, Stéphane Grapelli, Eric Le Lann, Jean-Louis Chautemps, Toots Thielemans, Didier Lockwood, Daniel Humais, Johnny Griffin et bien d’autres, la liste est loin d’être exhaustive.
Martial Solal affectionne aussi la direction d’orchestre. Dans les années 80 il travailla avec un bigband dont la forme évolua au fil des années au profit d’un medium band, orchestre de taille assez réduite. Plus précisément l’orchestre devint le Dodecaband avec lequel il explore entre autre répertoire la matière musicale de Duke Ellington puis le New Decaband avec une instrumentation originale qui compte alors un cor et une voix (celle de sa fille Claudia Solal). En matière d’orchestration, les références de Martial Solal sont diverses, de Duke Ellington et Count Basie à Debussy, Ravel, Stravinsky et Bartók.
C’est enfin en solo que Martial Solal s’est souvent produit. Son art est alors tel qu’il emplit l’espace et comble d’aise ceux qui ont le bonheur de l’écouter.
Martial Solal ne se cantonne pas au jazz. Il a approché la Musique Contemporaine auprès de Marius Constant qui dirigeait l’ensemble Ars Nova. C’est avec lui qu’en 1977 Martial Solal composa Stress pour trio de jazz, piano, quintette de cuivres et percussion. C’est après une rencontre avec Pierre Sancan qu’il étudie dans les années 70 la technique classique du piano dans la perspective d’une meilleure maîtrise du clavier. En effet, pour lui « la technique conditionne l’imagination … […] … conditionne (le) style »(1) et « le contrôle de l’instrument donne à l’improvisateur des possibilités illimitées »(2). Sa liberté tonale jointe à sa technique pianistique lui a permis de développer son talent pour l’improvisation.
Martial Solal pratique un jazz moderne. Lorsqu’il improvise, il conte des histoires. Sa musique inventive et impalpable s’envole et ménage des moments de suspension qui laissent pantois les auditeurs. Mélodiste hors pair, Martial Solal affectionne les ruptures rythmiques et les digressions harmoniques. Sa virtuosité dépourvue de tout cliché explose les conventions habituelles.
Il n’est pas possible d’oublier de mentionner son humour proverbial qui se manifeste entre autre forme à travers de nombreux titres de ses compositions comme « Jazz Frit », « L’allée Thiers et le poteau laid », « Averty c’est moi ».
C’est en reconnaissance à son talent que la Ville de Paris a créé en en 1998 le Concours International de Piano Jazz qui porte son nom et consacre de nouveaux talents. Il a influencé toute une génération de pianistes et ses qualités d’instrumentiste, compositeur et orchestrateur sont reconnues bien au-delà des frontières de la France.
Martial Solal a reçu en 1993 le Grand Prix National de Musique qui est attribué en France une fois par an à un musicien (tous styles de musiques confondues). Enfin, il a été récompensé en 1999 par le Jazzpar Prize, véritable « prix Nobel » du jazz attribué pour la première fois à un Français.
1 - Entretien avec Xavier Prévost, Martial Solal, Compositeur de l'Instant, Michel de Maule INA, 2005, p.129-130
2 - Martial Solal, Ma vie sur un tabouret, Actes Sud, 2008, p.117
Dans ce « Jazz Confiné #2 », cinq vidéos proposées par des jazzmen confinés de part et d’autre de l’Atlantique. Stars reconnues ou musiciens confirmés de la jeune scène internationale et européenne, tous improvisent en toute spontanéité sans jamais manquer d’inspiration.
Faute de pouvoir vivre le jazz en concert en cette période de confinement, pourquoi ne pas profiter de quelques vidéos enregistrées par des musiciens d’ici et d’ailleurs. Dans cette rubrique « Jazz Confiné #1 », place à des solos, des duos et un trio.
Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.
Avec « Day Breaks », Norah Jones revient à ses racines Jazz
Norah Jones annonce la sortie de son prochain album, « Day Breaks », à paraître le 07 octobre. Avec ce nouvel opus splendide, la pianiste chanteuse revient à ses racines jazz. La boucle est bouclée.
Dans son 7ème album en solo, elle revient à ses racines et au piano. Sur « Day Breaks » (Blue Note/Universal), Norah Jones entremêle avec une rare subtilité country, folk, rock, soul et jazz. Elle est cette fois accompagnée par de véritables légendes du jazz comme le saxophoniste Wayne Shorter, l’organiste Dr Lonnie Smith et le batteur Brian Blade déjà présent sur son premier disque et dont le jeu constitue l’épine dorsale de ce nouvel album.
Cet album à découvrir le 07 octobre compte douze titres. Neuf compositions originales. toutes écrites ou co-écrites par Norah Jones et des reprises d’Horace Silver (Peace), Duke Ellington (Fleurette Africaine) et Neil Young (Don’t be denied).
Norah Jones exprime la richesse et la diversité de la musique américaine et en attendant la sortie de l’album le 07 octobre, on écoute le titre Carry On dont la tonalité apaisante rappelle un peu l’ambiance de son premier album « Come Way with me ».
Outre l’écoute de ce premier single, il convient de noter sur l’agenda des concerts de cette fin d’année, celui de Norah Jones qui sera à Lyon le 11 novembre à 20h, à l’Amphithéâtre 3000 de la Cité Internationale.
Dans ce « Jazz Confiné #2 », cinq vidéos proposées par des jazzmen confinés de part et d’autre de l’Atlantique. Stars reconnues ou musiciens confirmés de la jeune scène internationale et européenne, tous improvisent en toute spontanéité sans jamais manquer d’inspiration.
Faute de pouvoir vivre le jazz en concert en cette période de confinement, pourquoi ne pas profiter de quelques vidéos enregistrées par des musiciens d’ici et d’ailleurs. Dans cette rubrique « Jazz Confiné #1 », place à des solos, des duos et un trio.
Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.
Robert Lapassade, un Jazz « Body and Soul » plein de « Brio »
Homme de Radio, musicien et journaliste, Robert Lapassade est inscrit depuis longtemps dans le paysage du Jazz Rhône-Alpin. Son humour et son professionnalisme font de lui un personnage authentique, attachant et singulier.
Nous le remercions d’avoir accepté de répondre à quelques questions après un des « points-presse » qu’il anime pour le « festival Jazz à Vienne » depuis de nombreuses années. De ses réponses émerge le portrait sensible d’un amateur de musique groovy.
Nicole Videmann : Avant de commencer, peux-tu nous donner quelques éléments qui précisent ton rapport au jazz ?
Robert Lapassade : Natif de Léopoldville (devenu Brazzaville) au Congo Belge, j’ai vécu dans ce pays juste avant l’Indépendance jusqu’à l’âge de 7 ans. Même si j’en ai des souvenirs très flous, j’y ai emmagasiné des tas de choses. Des ambiances, des odeurs, des façons de vivre, un rythme de vie et les musiques. Tout ceci peut contribuer à expliquer que j’ai toujours aimé la musique qui puise ses racines dans le groove d’une manière générale, qu’il s’agisse d’une musique ethnique traditionnelle ou de la funk soul américaine. Ces premières influences sont sans doute déterminantes car j’aime un type de jazz qui a quelques unes de ses racines du côté de l’Afrique. De fait, ma façon de voir le jazz et de l’apprécier dépendent de ce terme groove. Je suis donc plus africain et afro-américain dans mon appréciation de la musique. C’est à dire que les formes de jazz puisées aux sources de la musique européenne me touchent moins spontanément.
NV : Quel est le premier souvenir qui a marqué ta relation au jazz ?
Robert Lapassade : Mes premiers souvenirs remontent à l’époque de mes 8 ou 9 ans. Ils se situent du côté du blues car le premier disque que j’ai entendu après l’avoir piqué dans la discothèque de mon père c’est l’American Folk Blues Festival un 45 tours avec Willie Dixon, John Lee Hooker, Champion Jack Dupree et T-Bone Walker. Ça a été ma première « grosse baffe ». J’ai surtout focalisé au début sur John Lee Hooker et ensuite j’ai appréhendé le jazz traditionnel de la Nouvelle-Orléans dont mon père était fan. Chez moi à l’époque on écoutait le duo Louis Armstrong-Ella Fitzgerald tous les dimanches matin et cela a imprégné ma façon d’écouter la musique.
Cela rejoint ce que j’ai dit précédemment. J’affectionne les choses positives dans la musique. Évidemment quand quelque chose est profondément sombre et sincère je peux vibrer mais j’aime surtout la joie, le soleil qu’amène la musique. Par exemple, si on prend On the sunny side of the street, c’est un morceau que j’ai apprécié autant par sa musique que par ce que le titre évoque lui-mêm. C’est à dire que pour moi la musique est synonyme de bonheur et de mouvement.
J’ai ensuite acheté mon premier 45 touts à 13 ans et c’était Jimmy Hendricks. Il y a donc comme une continuité. Ainsi mes racines sont donc plus du côté du blues, de la pop et du rock que du côté du jazz que j’ai commencé à apprécier seulement ensuite.
En effet, dans les années 70 s dans le rock j’ai apprécié les artistes qui faisaient des ponts avec la pop musique, des gens comme Miles Davis, Weather Report, ceux du Jazz-Rock mais j’ai aussi été fou d’Ornette Coleman, de Coltrane, de Gato Barbieri (époque « Bolivia ») qui m’a amené vers les musiques du Monde car j’ai beaucoup aimé ce que le jazz a fait des musiques traditionnelles, comme le fit Gato Barbieri.
J’ai aussi un gros souvenir de Roland Kirk, cet ovni qui m’a marqué. Je précise par ailleurs que dans les années 70, j’appréciais aussi les « minets » avec les pulls shetland jaune-citron au-dessus du nombril. On écoutait alors la Soul et les séries « Formidable Rythm & Blues » de cette époque produites par les états sudistes (Georgie, Texas, Louisiane, Alabama) en particulier, Otis Redding, Wilson Pickett était mon idole et James Brown aussi. En fait, en 71, tout était bon.
NV : Quel est ton mode d’écoute préféré pour apprécier le jazz ?
Robert Lapassade : Cela a évolué avec le temps mais aujourd’hui j’écoute finalement plus la musique à travers les vidéos qu’à travers les disques. Il y a une quinzaine d’années lors de l’essor de l’Internet j’ai découvert U Tube et une myriade de documents, d’extraits de concerts, des émissions de télé, des artistes dont on n’avait jamais rien vu en Europe. Cela vaut autant pour le jazz que pour la pop musique dont on avait vu Woodstocks, Tommy (la Comédie musicale des Who). Les premiers films qui sont sortis à propos du rock étaient rarissimes et la distribution était aléatoire. On avait peu d’images et notre imaginaire se construisait à travers les pochettes de disques, les photos, les commentaires intérieurs que l’on dévorait. D’un seul coup à partir des années 2000 je me suis mis à dévorer tous ces clips dont on ne connaissait aucune image et j’ai gardé aujourd’hui ce tic de continuer à apprécier la musique en images, y compris les nouveautés. Je me moque du format. Je suis parti du vinyle au CD et aujourd’hui la musique dématérialisée sur mon ordi me convient même si je regrette la perte de l’objet vinyle et de ses pochettes. Avec la vidéo j’ai la perception du son mais aussi celle de l’image du musicien, de ce que le personnage dégage musicalement. Cela me convient et m’aide à mieux le percevoir. C’est peut-être ce qui explique que j’aime moins la musique électronique où les personnalités s’éclipsent au profit de la musique.
NV : Quelle est dans l’absolu la forme de jazz que tu écoutes avec le plus de plaisir ?
Robert Lapassade : …. Je suis embarrassé pour répondre car je suis éclectique et de plus je m’ennuie vite. En une heure il me faut écouter plusieurs types de musique.
En fait, j’ai beaucoup aimé quand le jazz a essayé de trouver l’esprit de la fusion, comme Miles Davis l’avait fait. Là j’ai retrouvé mon goût pour le groove, les improvisations, les instrumentistes, la compétencs et la créativité des musiciens de jazz. J’ai bien aimé ce jazz là mais je reviens facilement au jazz plus classique. En effet, même s’il se fait aujourd’hui des formes merveilleuses de musiques avec de supers musiciens et de supers enregistrements. je préfère tout de même écouter les modèles originaux, c’est à dire Ornette Coleman qui reste un maître, Miles Davis période cool et aussi par exemple Randy Weston pour le rapport qu’il a eu avec les musiques ethniques.
…. En fait et je le dis rarement mais mon musicien préféré dans le jazz c’est Thelonious Monk car il est à la fois un personnage et une musique et j’adore sa musique. C’est implacable rythmiquement, en quelque sorte, je dirais que ça groove. ….En fait j’aime les allumés dans le jazz, Sun Ra, Pharoah Sanders.
NV : Quel est l’instrument de musique auquel tu es le plus attaché ?
Robert Lapassade : Dans le jazz, c’est le saxophone que je préfère. En fait j’aime la voix humaine, le chant et du coup pour moi, le saxophone s’en rapproche beaucoup et c’est pour cela qu’il est mon instrument préféré. Je préfère le ténor et surtout le baryton et dont les sons graves qui me touchent vraiment.
NV : Quand tu es en pleine forme, quels musiciens, quels styles de musique, disques ou titres écoutes-tu volontiers ?
Robert Lapassade : … Il m’est difficile de répondre car ceci va à l’encontre de ce que je fais. Je ne le réécoute un disque que dix ans après, juste pour le redécouvrir. Bien sûr quand j’étais gamincela je faisais cela, écouter un album jusqu’à l’user mais plus aujourd’hui.
NV : Pour le formuler autrement, quelle musique associerais-tu au terme « bonheur » ?
Robert Lapassade : Sitting on the Dock of the Bay d’Otis Redding, cela me bluffe même 45 ans après, cela re-déclenche des bonnes émotions.
J’aime aussi tous les morceaux de James Brown (jusque dans les années 80), cela me « file la patate » quoi qu’il arrive. Bob Dylan me permet de me poser et de faire un peu d’introspection, j’en suis un fan depuis toujours. Enfin apprécie au dessus-de tout David Crosby, If I could only remermber my name, un album avec un coucher de soleil. La pureté à l’état brut. C’est mon disque de chevet !
Certes tout cela est certes un peu éloigné du jazz mais j’y suis venu après 25 ans voire 30 ans d’écoute de musique rock et soul. En fat le jazz est pour moi significatif de « confort ». Je m’explique, j’aime le côté feutré du jazz. C’est ce que j’écoute quand j’ai envie de me sentir « confortable » mais je ne l’associe pas forcément au « plaisir » et à la « profondeur ».
En fait ce serait plutôt des râgas qui me rendraient le plus heureux et m’apporteraient la sérénité.
NV : Quelle serais ta démarche pour sensibiliser au jazz une de tes connaissances ?
Robert Lapassade : Par facilité je lui ferai écouter un disque jazz manouche qui a pour qualité principale d’apporter la joie de vivre par son swing et ses mélodies. A moins que je ne lui propose de visionner par exemple le film « Latcho drom ». Je lui ferai ensuite écouter les grands saxophonistes en commençant par Coleman Hawkins puis la musique de Duke Ellington et pour finir Thelonlious Monk.
NV : Pour quel musicien serais-tu capable de faire des milliers de kilomètres ?
Robert Lapassade : Cela aurait pu être Prince… en prenant une comète même si, par bonheur j’ai pu le voir trois fois à Paris.
En fait je me déplacerais volontiers pour écouter Charles Lloyd. Pour dire vrai, aujourd’hui quand j’écoute un concert, trois titres suffisent à me combler. Je préfère continuer ensuite à l’apprécier en solitaire chez moi (quand il existe des témoignages de cette musique bien sûr).
NV : Quelle musique de jazz écoutes-tu rarement ?
Robert Lapassade : Le Dixieland et le style New-Orleans, même s’il a été ma première tendresse et si bien sûr j’aime encore la voix de Louis Armstrong mais en dehors de lui ….
NV : Quels sont les trois albums fétiches dont tu ne te séparerais-pas ?
Robert Lapassade : Pour répondre en biaisant un peu, je garderais trois albums de compilations. une compilation de jazz, une compilation de soul-funk et une compilation de rock avec du folk et du rock progressif. Bien sûr je m’occuperais moi-même de faire ces compilations pour être sûr d’y trouver uniquement ce que j’apprécie !
NV : Quels seraient les trois artistes que tu souhaiterais réunir pour une affiche de concert inédite ?
Robert Lapassade : … ce n’est pas simple. Je pense au saxophoniste ténor américain David Murray associé à Félix Wazekwa, chanteur de rumba zaïrois qui s’exprime en lingala et pour finir Selwyn Birchwood (celui qui ouvre la soirée blues de « Jazz à Vienne »)
NV : Quels sont les trois mots qui définissent « ton » jazz ?
Robert Lapassade : Pour moi j’associe le jazz au mot « Brio » et à une dimension qui regrouperait les termes » viscéral » et « spirituel ».
NV : Est-ce que l’expression « Body and Soul » pourrait convenir ?
Robert Lapassade : C’est tout à fait cela. En effet, le jazz que j’aime c’est lorsque le musicien exprime avec toute l’énergie de son corps ce qui habite son âme au plus profond et cela bien sûr, avec brio.
Propos recueillis le 09 juillet 2016 au Festival "Jazz à Vienne"
Dans ce « Jazz Confiné #2 », cinq vidéos proposées par des jazzmen confinés de part et d’autre de l’Atlantique. Stars reconnues ou musiciens confirmés de la jeune scène internationale et européenne, tous improvisent en toute spontanéité sans jamais manquer d’inspiration.
Faute de pouvoir vivre le jazz en concert en cette période de confinement, pourquoi ne pas profiter de quelques vidéos enregistrées par des musiciens d’ici et d’ailleurs. Dans cette rubrique « Jazz Confiné #1 », place à des solos, des duos et un trio.
Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.
Harold López-Nussa, capitaine à la barre de « El Viaje »
L’album « El Viaje » invite au voyage. Sur le pont, à la barre et au piano, le capitaine Harold López-Nussa. A ses côtés les copilotes, Alune Wade et Adrián Ruy López-Nussa. La musique groove au fil d’un voyage dont La Havane est le port d’attache.
« El Viaje » (Mark Avenue/Harmonia Mundi) présente le trio d’Harold López-Nussa avec son jeune frère Adrián Ruy López-Nussa (batterie, percussions) et le Sénégalais Alune Wade (basse, chant). Sur certains titres, le trio est augmenté avec des invités dont le père d’Harold López-Nussa, Francisco Ruy López-Nussa (batterie), Mayquel González (trompette, buggle), Dreiser Durruthy (percussions, chant) et Adel González (percussions).
L’album a été enregistré à la Havane qui représente pour le pianiste plus qu’une toile de fond. En effet, son propre voyage musical part toujours de la Havane pour mieux y revenir. S’il a étudié la musique classique puis la musique populaire de Cuba et le jazz, ses fondamentaux restent ancrés dans la culture de son pays. Malgré cela Harold Lopez-Nussa demeure toujours avide de voyages musicaux pour découvrir d’autres rivages et étoffer son inspiration. C’est ainsi qu’il se projette dans le monde à partir de Cuba avec ses propres bagages mais y revient toujours enrichi de nouvelles influences issues de ses confrontations avec d’autres cultures.
Harold López-Nussa a entamé en 2015 une collaboration avec le bassiste sénégalais Alune Wade sur l’album « Havana-Paris-Dakar ». A la suite de cette expérience, le pianiste cubain construit avec le bassiste un nouveau travail musical où culture cubaine et africaine se côtoient, l’album « El Viaje ».
« El Viaje » est un voyage à la fois rythmique et mélodique. D’escale en escale on cabote sur les rivages du jazz et on met le cap sur des destinations de rêve. Les inspirations sont donc diverses mais de titre en titre un groove efficace, plaisant et dépaysant s’installe. Les ambiances changent, les rythmes varient mais la musique conserve des couleurs chaleureuses.
L’ambiance du morceau d’ouverture Feriaévoque une soirée festive où des invités cubains, africains et new-yorkais confronteraient leurs souvenirs musicaux. On aurait aimé être autour de cette piste de danse animée par des musiciens qui invitent « Evidence » comme un clin d’oeil à Thelonious Monk. On a aussi particulièrement apprécié Bacalao Con Pan, un classique que Chucho Valdes avait joué avec Irakere. De la tradition, Harold Lopez-Nussa et ses compagnons conservent une rythmique soutenue et des alternances entre salsa, rumba et danzon mais ils rafraîchissent les racines originelles par des accents de modernité.
Sur Lobo’s Cha, le toucher du piano se fait romantique, la basse langoureuse. Les lignes mélodiques délicates se teintent de nostalgie. En s’imprégnant d’une mélancolie toute parisienne, le boléro évolue. La rythmique le transforme en un cha-cha-cha aux accents plus modernes. On est conquis.
Sur El Viaje, le morceau éponyme de l’album, on embarque dans un bateau qui se balance doucement sur l’eau. Le chant voilé de la trompette s’élève et dialogue avec la basse et la voix caressante d’Alune Wade. L’expression lyrique du piano flotte sur un filet délicat tissé par les percussions
Le voyage se poursuit d’escale en escale. On se promène avec Mozambique en Mi bémol puis on se dirige vers Oriente pour rejoindre ensuite Inspiración En Connecticut. On parcourt l’Afrique avec Africaoù la voix de Dreiser Duruthy alliée aux percussions fait le lien entre les racines communes de l’Afrique et de Cuba. Sur Una Fábula, la voix et la basse d’Alune Wade, le piano et la trompette content une fable pendant que le batteur et ses balais dessinent des contre-jours pour nous ramener en souplesse à Cuba avec le morceau Me Voy Pa’ Cuba. La voix du chanteur et sa basse chaloupent sur la trame jouée délicatement par le pianiste. Mais Cuba c’est aussi et surtout la patrie du rythme et le morceau s’accélère dès que le port approche pour finir dans une danse-transe.
Les onze plages de l’album proposent des univers différents où l’élégance est toujours de mise. Même si les jeux des solistes sont brillants, leurs interventions ne tournent pas à l’exhibition, à l’exubérance ou à l’esbroufe. C’est toujours la musicalité qui triomphe quel que soit le tempo et les ambiances.
La sortie de l’album « El Viaje » est annoncée pour le 23 septembre et Harold Lopez-Nussa sera en tournée à partir de septembre. En attendant de l’écouter sur scène on le retrouve pour une présentation de l’album.
Dans ce « Jazz Confiné #2 », cinq vidéos proposées par des jazzmen confinés de part et d’autre de l’Atlantique. Stars reconnues ou musiciens confirmés de la jeune scène internationale et européenne, tous improvisent en toute spontanéité sans jamais manquer d’inspiration.
Faute de pouvoir vivre le jazz en concert en cette période de confinement, pourquoi ne pas profiter de quelques vidéos enregistrées par des musiciens d’ici et d’ailleurs. Dans cette rubrique « Jazz Confiné #1 », place à des solos, des duos et un trio.
Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.
L’énergie souple et sensible du « Jazz Trio » fait mouche
Du 04 au 06 août, la musique énergique et harmonieuse du « Jazz Trio » a conquis le public attentif . Dans les travées du Péristyle, écoute, encouragements spontanés et applaudissements. Un véritable enchantement !
Durant trois jours le Péristyle assume vraiment sa vocation de salle de concert pour le plus grand plaisir de tous les spectateurs. Manu Vallognes (basse électrique), Eric Teruel (piano) et Yvan Oukrid (batterie) tissent une musique nuancée qui enchante et respire. On perçoit la complicité qui circule entre les musiciens du « Jazz Trio ». La joie du partage illumine leurs échanges et les densifient. C’est avec une énergie mâtinée de souplesse et de sensibilité que les trois compères proposent un répertoire de compositions originales d’Eric Teruel et de standards revisités avec talent.
Côté trio, Eric Teruel n’en est pas à son coup d’essai. Il a en effet déjà enregistré précédemment trois albums en trio sous son nom puis a opté pour le solo et ensuite le quintet sans oublier son travail autour de la chanson française, le cinéma et le groupe « Mei Teï Sho ». Avec ses deux nouveaux complices, il a fondé le « Jazz Trio » depuis plus d’un an. Yvan Oukrid et Manu Vallognes sont aussi des musiciens émérites dont le talent est reconnu depuis longtemps.
L’univers de ce « Jazz Trio » est singulier. La musique coule tout en souplesse et en finesse. Une musique à la mise en place peaufinée. Les arrangements des standards surprennent et dépaysent l’auditeur. Sur sa U-basse fretless Manu Vallognes tisse une trame harmonique tout en rondeur. Ses introductions lyriques et ses chorus précis teintent de poésie les morceaux du trio. A la batterie, Yvan Oukrid maîtrise les balais et prodigue alors un soutien efficace mais discret. Par contre, il sait tempêter avec force et énergie quand le tempo l’impose. Rythmiciens avérés, les deux musiciens prodiguent un environnement qui laisse toute latitude au pianiste pour improviser.
C’est en effet grâce à l’accompagnement attentif de ses deux compagnons qu’Eric Teruel peut laisser court à son talent. On ne peut s’empêcher de retrouver chez lui des traits qui évoquent fugacement Ahmad Jamal ou Michel Petrucciani bien qu’il s’exprime en fait dans un idiome qui lui appartient en propre. Aérien et précis il sculpte les ballades comme des haïkus. Par contre son toucher sait se faire tonique et véloce sur les rythmes soutenus qu’il maîtrise. Ses postures font échos à ses interventions. Debout au-dessus de son siège lors des chorus tendus. Félin et détendu lorsque sa main droite danse sur le clavier et brode les thèmes ou les impros. Il surfe avec aisance sur le tapis déroulé par la basse et la batterie. Tout cela sans jamais se départir de son sourire.
Chez les trois musiciens, pas d’esbroufe, pas de gimmicks. Loin des modes qui se démodent le « Jazz Trio » propose une musique construite au gré d’une inspiration sans cesse renouvelée. Il explore tous les territoires. Il sait se déchaîner mais aussi évoluer avec délicatesse sur les ballades ou les rythmes médium. Les compositions du pianiste déclenchent l’enthousiasme. Sur Deep Trip, les musiciens explorent le registre de la nostalgie. Sur Foolish dance, le swing implacable du trio est servi par une mise en place précise. Pris sur un train d’enfer, Rescue porte quant à lui très bien son titre. Sans inhibition, décoiffant et tonique, il propose un 4/4 échevelé. On apprécie que ces musiciens confrontent leur art aux standards souvent boudés par la jeune génération. Ils les déconstruisent pour se les approprier avec simplicité et bon goût. On a écouté avec bonheur Invitation et son introduction de basse évocatrice de Jaco Pastorius. You and the Night and the Music pris sur un tempo rapide permet un solo de batterie débridé.
« Jazz Trio ». Un bain de musique vivifiante et ciselée dans laquelle il fait bon s’immerger. Trois musiciens complémentaires qui unissent leurs talents pour créer une musique très personnelle.
A l’occasion des concerts du Péristyle on apprend qu’un disque du « Jazz Trio » est annoncé pour la rentrée. « Mad train » (Label TroisFoisplusMusic). Les spectateurs en profitent en avant première. L’album sera disponible mi-octobre mais il est possible de le commander sur http://www.tfpm.org/madtrain.html.
Onze titres comme onze gares qui reflètent l’esthétique singulière du « Jazz Trio ». On a vraiment envie de monter dans ce train finalement pas si fou que cela. A moins que la folie ne consiste à créer une musique vivante à l’encontre des tendances actuelles plutôt lisses et sans âme.
Un petit avant-goût du disque avec cette vidéo de With a song in my Heart
Dans ce « Jazz Confiné #2 », cinq vidéos proposées par des jazzmen confinés de part et d’autre de l’Atlantique. Stars reconnues ou musiciens confirmés de la jeune scène internationale et européenne, tous improvisent en toute spontanéité sans jamais manquer d’inspiration.
Faute de pouvoir vivre le jazz en concert en cette période de confinement, pourquoi ne pas profiter de quelques vidéos enregistrées par des musiciens d’ici et d’ailleurs. Dans cette rubrique « Jazz Confiné #1 », place à des solos, des duos et un trio.
Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.
Vibrations et voix magnétiques sous le Chapiteau d’Ambronay
Renommé pour la qualité de sa programmation des grandes œuvres baroques, le Festival d’Ambronay 2016 propose aussi des concerts de Musiques du Monde sous le Chapiteau tous les samedis soirs à 21h.
Depuis 37 ans le Festival de Musique Baroque d’Ambronay contribue à la promotion de la Musique Baroque, de ses auteurs, ses œuvres, ses interprètes d’aujourd’hui et ceux de demain dont il favorise l’émergence (Festival eemerging). En 2016 on se laissera éblouir par les Vibrations des Lumières avec une programmation tout en contrastes et clairs-obscurs.
Le Festival se déroule du 16 septembre au 09 octobre 2016. Si les voûtes sonores de l’Abbatiale d’Ambronay demeurent un écrin incomparable pour les voix et les orchestres, la Salle Monteverdi accueille toujours des concerts précieux. La musique résonne aussi à Bourg en Bresse, à Ambérieu-en-Bugey et à Villieu-Loyes-Mollon. Par ailleurs, l’association avec l’Auditorium-Orchestre National de Lyon se poursuit. Pour connaître plus précisément la programmation des quatre week-ends, la consultation du site du Festival d’Ambronay s’impose.
Cette année encore, Daniel Bizeray, Directeur du Festival d’Ambronay promet des moments festifssous le Chapiteau. Cet espace est en quelque sorte devenu un lieu où règne une liberté musicale certaine. Le programme des « réjouissances sous le Chapiteau » est alléchant. En effet de nombreuses voix magnétiques sont programmées tous les samedis à 21h. De plus, à l’issue de chaque concert les festivités se prolongent par des« afters » (entrée libre) dès 22h30au Bar du festival.
Le samedi 17 septembre à 21h, le Chapiteau propose une soirée « Entre deux Mondes » avec Las Hermanas Caronni et leur musique métissée. Laura Caronni (voix, violoncelle) et Gianna Caronni (voix, clarinette) sont en effet de vraies musiciennes du monde. Si l’Argentine a fondé leur identité, les jumelles naviguent aujourd’hui entre les musiques de l’Ancien et du Nouveau Monde. Fortes de leur bagage musical classique elles se jouent des styles et déjouent les modes. Leur dernier opus « Navega Mundos » (Les Grands Fleuves/Harmonia Mundi) sorti en 2015 donne à écouter une musique sans frontières.
Le concert du 17 septembre se profile sous les auspices de la finesse et du dépaysement.
Le samedi 24 septembre à 21h, toute la lumière et la beauté du Maroc vont irradier le Chapiteau. En effet, la voix de la chanteuse Oum brille comme un « Astre du Désert ». Inspirée par le Jazz et l’Orient, Oum étonne par l’étendue de ses capacités vocales. Son album « Zarabi » (Lof Music/Harmona Mundi) sorti en 2016, propose une musique marocaine hors du temps. La chanteuse s’exprime en darija (dialecte marocain) pour conter l’universel de la féminité. Une orchestration originale, voix, oud, trompette, percussions et contrebasse au service d’une musique qui réalise la fusion entre soul et chant oriental.
La soirée du 24 septembre est annonciatrice de vibrations inspirées et empreintes de grâce.
Le samedi 01 octobre à 21h, le Chapiteau vibre de la « chanson française déjantée » du trio Triwap. Un programme prometteur est annoncé… Et si on s’en mêlait !? Il s’agit d’un spectacle total, chanté et joué, drôle et musical. Trois trublions brillants, touche-à-tout, multi-instrumentistes et comédiens. Emmanuel Lanièce (piano, guitare, voix), Pierre Leblanc-Messager (trombone, flûte à bec, chant) et Martin Pauvert (Contrebasse, piano, guitare, chant) se promènent dans des répertoires variés. De Dutronc à Stevie Wonder en passant par les Bee-Gees.
Wap doo wap ! Le spectacle s’annonce joyeux et inventif le 01 octobre.
Le samedi 08 octobre à 21h, ViréVolte invite à un « Voyage au bout de la Nuit » sous le Chapiteau d’Ambronay. Réunis autour de la chanteuse Aurore Bucher, les musiciens de Virévolte décloisonnent la musique populaire et la musique savante. Ils proposent un nouveau répertoire avec des arrangements inédits. Les instruments baroques se mettent au service du jazz, la guitare folk ranime Bach et Haendel, la clarinette s’immisce dans la musique ancienne. Ainsi Dowland et Bashung, Mozart et Sinatra se télescopent. Une chanson de Dalida devient même un air d’opéra !
Le bulletin météo de ce 08 octobre annonce un tourbillon musical qui va virévolter et illuminer la nuit.
En quittant le Chapiteau après ces quatre soirées, avant de reprendre la route, il est possible de poursuivre les festivités. En effet dès 22h30 le Bar du festival est ouvert pour une fin de soirée conviviale. Depuis 2014, cette formule des « afters » permet de retrouver les artistes écoutés sous le chapiteau à 21h. Il est d’ailleurs tout à fait possible d’échanger avec eux en toute liberté.
Tout un programme : « After Métissé » le 17 septembre, « After Musique du monde » le 24 septembre, « After Déjanté » le 01 octobre et pour finir « After Baroque et pop » le 08 octobre. Il serait vraiment dommage de bouder son plaisir !
Dans ce « Jazz Confiné #2 », cinq vidéos proposées par des jazzmen confinés de part et d’autre de l’Atlantique. Stars reconnues ou musiciens confirmés de la jeune scène internationale et européenne, tous improvisent en toute spontanéité sans jamais manquer d’inspiration.
Faute de pouvoir vivre le jazz en concert en cette période de confinement, pourquoi ne pas profiter de quelques vidéos enregistrées par des musiciens d’ici et d’ailleurs. Dans cette rubrique « Jazz Confiné #1 », place à des solos, des duos et un trio.
Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.
« Music is my Mistress » pour lire à la rencontre de Duke Ellington
« Music is my Mistress », une lecture estivale à la rencontre de Duke Ellington. L’ouvrage a été publié aux Editions Slatkine sous le contrôle de « La Maison du Duke » et de Christian Bonnet, son président.
Duke Ellington avait livré ses mémoires un an avant sa mort (1974) et le livre avaient été publié en 1973. Il a donc fallu attendre 43 ans pour lire la traduction française des mémoires de d’Edward Kennedy « Duke » Ellington, pianiste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre. C’est grâce aux traducteurs Clément Bosqué et Françoise Jackson que nous pouvons accéder aux écrits de Duke Ellington.
La préface de Claude Carrière aide à comprendre la forme de ces mémoires. En effet, Duke Ellington a conçu la forme de son livre comme il composait ses musiques. Il a griffonné des notes sur des papiers libres (nappes de restaurant, factures, etc) au fil des lieux et du temps à propos de sa vie et de sa musique. Il les a confiées au journaliste Stanley Dance qui les a retranscrits puis rassemblés en neuf chapitres appelés « actes »… comme si la vie de Duke était une pièce de théâtre avec des actes et un épilogue.
Dans ce livre on n’apprend heureusement pas grand-chose de la vie personnelle de Duke Ellington. On découvre par contre avec plaisir l’homme via son regard sur la vie et la musique, ses réflexions, ses souvenirs, ses impressions. Un livre-récit distrayant et facile à parcourir en cette période estivale.
« Music is my Mistress » se présente comme une suite chronologique de souvenirs évoquant des lieux et des évènements marquants, des portraits de musiciens et personnages qui ont compté dans la vie de Duke Ellington. De Sinatra à Orson Wells sans oublier la plupart de solistes de son orchestre. C’est dans des « Dramatis Felidae » que sont décrites ces figures chères à l’auteur. Le saxophoniste Johnny Hodges, le trompettiste Cootie Williams, le contrebassiste Jimmy Blanton, son alter ego Billy Stayhorn et quelques autres. Il ne tarit pas d’éloges à propos de grandes figures du jazz qu’il a côtoyées comme par exemple Charlie Mingus, Max Roach, Miles Davis et John Coltrane.
De ces différentes narrations il apparaît que le chef d’orchestre a été entouré toute sa vie par des personnes qui l’ont aimé et choyé. Le musicien a aussi beaucoup voyagé et si New-York fut son port d’attache, Duke a parcouru son pays et le monde entier. Il raconte ses impressions face aux différents éléments de ses voyages en Europe, Asie, Océanie, Amérique du Sud, Moyen-Orient, Afrique (réceptions, accueils, hébergements, rencontres).
On note avec intérêt une table chronologique des compositions de Duke Ellington. 29 pages qui listent l’intégralité des ouvres de 1923 à 1973. On apprécie aussi la forme de l’épilogue. Un long interview écrit sous la forme « question-réponse » qu’on aurait aimé pouvoir écouter pour retrouver la voix de l’homme. Faute de cela, rien n’empêche de lire le bouquin en écoutant les enregistrements des musiques de Duke Ellington. Un vrai délice !
Le titre de l’ouvrage, « Music is my Mistress », est un peu trompeur car si la musique a pris la maîtrise de la vie du musicien, il n’en demeure pas moins que c’est l’homme qui s’est donné les moyens de diriger sa propre vie, y compris et surtout sur le versant musical.
Dans ce « Jazz Confiné #2 », cinq vidéos proposées par des jazzmen confinés de part et d’autre de l’Atlantique. Stars reconnues ou musiciens confirmés de la jeune scène internationale et européenne, tous improvisent en toute spontanéité sans jamais manquer d’inspiration.
Faute de pouvoir vivre le jazz en concert en cette période de confinement, pourquoi ne pas profiter de quelques vidéos enregistrées par des musiciens d’ici et d’ailleurs. Dans cette rubrique « Jazz Confiné #1 », place à des solos, des duos et un trio.
Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.
« Anda », le prochain album de Melingo est annoncé pour le 23 septembre chez World Village. Un disque hors genre. Une bobine de cinéma-tango déjanté et surréaliste.
Sur Anda, la voix de Melingo nous revient telle qu’on l’aime, éraillée et obscure. Anda promet des dépaysements. Avec Anda, Melingo frappe plus fort et nous ensorcelle. Avec Anda, le tango est comme bousculé, comme revigoré.
Tel un illusionniste échappé d’une nouvelle de Borges, Melingo est de retour avec sa voix, sa clarinette et son théâtre. Écouter Anda, c’est savourer un film de Fellini les yeux fermés, s’immerger dans un cabaret sonore conçu comme une suite de tableaux baroques, où chaque morceau palpite et nous fait vaciller. Le tango des origines s’y régénère, un peu comme si Carlos Gardel était au centre d’une fiction néo-rock arty, avec une galerie de personnages où Erik Satie et Serge Gainsbourg sont quelques-uns des fantômes convoqués par l’acteur- poète argentin.
Pour présenter l’album Luis Ortega (auteur, cinéaste, collaborateur et ami de Melingo) a réalisé un clip surréaliste dans une prison désaffectée de Buenos Aires. Un hélicoptère aux pales vrombissantes survole la prison. Un projecteur aveugle une troupe de personnages tout droit issus d’une Cour aux Miracles, ou devrait-on dire de la cour d’une prison. Les coups de feux rythment le clip. Melingo déambule avec sa troupe, clarinette dans une main et pistolet dans l’autre. La clarinette sert de perchoir à une poule, les coups de feux marquent le tempo, le tango finit par triompher, ou presque !
Le teaser de cet album laisse augurer d’ambiances déjantées. En option pour mieux patienter jusqu’à la sortie du disque Anda attendu le 23 septembre prochain chez World Village, … la vision du clipEn un Bosque de la China(Dans une forêt de Chine).
Dans ce « Jazz Confiné #2 », cinq vidéos proposées par des jazzmen confinés de part et d’autre de l’Atlantique. Stars reconnues ou musiciens confirmés de la jeune scène internationale et européenne, tous improvisent en toute spontanéité sans jamais manquer d’inspiration.
Faute de pouvoir vivre le jazz en concert en cette période de confinement, pourquoi ne pas profiter de quelques vidéos enregistrées par des musiciens d’ici et d’ailleurs. Dans cette rubrique « Jazz Confiné #1 », place à des solos, des duos et un trio.
Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.
40 ans pour Jazz Campus en Clunisois. Ça se fête !
Pour sa quarantième édition, « Jazz Campus en Clunisois » donne rendez-vous au Jazz et aux Musiques improvisées, du 13 au 20 août. Grâce à la ténacité de Didier Levallet, ce festival aux dimensions humaines propose une vision renouvelée d’un jazz foisonnant et toujours en mouvement.
« Jazz Campus en Clunisois » Des musiciens créatifs au long cours et de nouveaux venus qui sont les enchanteurs de demain font vivre une programmation attractive où alternent concerts pique-nique gratuits et soirées en salle. Sans oublier en fin de festival la restitution du travail réalisé par les stages durant les 6 ateliers proposés cette année.
« Jazz Campus en Clunisois » C’est aussi l’occasion pour les festivaliers de découvrir ou de retrouver le Clunisois. la ville de Cluny bien sûr avec tous ses attraits mais aussi Berzé le Châtel, Matour, Dompierre les Ormes et les paysages verdoyants de la Bourgogne du Sud.
« Jazz Campus en Clunisois« . 7 jours, 6 lieux différents, 11 groupes de musiciens composés de 49 artistes de renommée internationale. Le programme de la semaine est alléchant.
Le samedi 13 août à 21h, c’est dans le parc de la Maison des Patrimoines de Matour qu’on a rendez-vous avec le duo de Raphaël Schwab (contrebasse) & Julien Soro (/saxophone alto). Les deux complices proposent un jazz tout en poésie, humour, lyrisme. Concert gratuit.
Le lundi 15 août à 21h, direction Dompierre les Ormes pour écouter Busking, un autre duo d’improvisateurs : la contrebassiste Hélène Labarrière et le guitariste Hasse Poulsen. Leur nouvelle aventure explore « la chanson sans les mots ». La chanson, souvenir d’enfance au pays des rêves, des perles de la variété française, des trésors du mythe américain. Les cordes de ces deux explorateurs se frottent et s’emmêlent, pour encore plus d’intimité, de partage, avec jubilation et profondeur. Tout un programme à découvrir pour les oreilles curieuses.
Le mardi 16 août à 21h, on retrouve le Théâtre les Arts de Cluny pour une soirée en deux parties.
D’abord Spring Roll avec Sylvaine Hélary (flûte traversière, voix), Antonin Rayon (piano), Hugues Mayot (sax), clarinette et Sylvain Lemêtre (vibraphone, percussions). Un programme instrumental intitulé « Printemps » s’appuyant souvent sur des textes, en référence à ce qu’on a appelé le « printemps arabe », notamment en Egypte. Une musique sans peur et sans reproche comme une résonnance du présent
La seconde partie de soirée appartient à Mohamed Abozekry & Heejaz extended avec le oudiste Mohamed Abozekry, Anne-Laure Bourget (percussions), Hugo Reydet (contrebasse), Ludovic Yapoudjian (piano) et Benoit Baud (saxophone). Une « musique univers » qui emprunte l’énergie du rock, l’improvisation du jazz et chevauche les mélodies du monde à la sensibilité orientale. A découvrir de tout urgence si ce n’est pas encore fait ou à réécouter pour apprécier de nouveau cette musique singulière et énergique.
Le mercredi 17 août à 18h45 on rejoint le Château de Berzé le Chatel pour un Stabat Mater Furiosa. Association du Théâtre et de la Musique. La musicienne Patricia Dallio, adepte de la création en musique électronique via des capteurs de mouvements, et la comédienne Catriona Smith-Morrison proposent le texte incandescent de Jean-Pierre Siméon dans une « version allégée ». On nous promet une très forte expérience.
Le mercredi 17 août on prend la direction de Cluny pour le Théâtre Les Arts à 21h où l’on retrouve Eve Risser et son White DesertOrchestra. La pianiste et compositrice Eve Risser dirige un ensemble de dix musiciens, composé de représentants de sa génération, celle qui marie technicité à toute épreuve, ouverture artistique tous azimuts et sens de la prise de risque. Elle nous fait parcourir les canyons américains sur les ailes d’une musique qui allie jazz, la musique classique et contemporaine. Une rêverie un peu savante et sérieuse qui surprend quelquefois. Un voyage dépaysant.
Le jeudi 18 août à 18h45 on retourne au Château de Berzé le Châtel pour un autre duo. La voix de Andreas Schaerer et la batterie de Lucas Niggli. l’idiome est moderne. Le vocaliste beat boxeur virtuose rivalise avec l’un des percussionnistes les plus inventifs de la scène européenne actuelle. Créativité et improvisation à la clef. Leur langage a de quoi surprendre.
La soirée du 18 août se déroule à Cluny. A partir de 21h, la scène du Théâtre Les Arts appartient au guitariste Marc Ducret. Pour sa première venue au Festival Jazz Campus en Clunisois, le guitariste annonce la couleur… Métatonal. Marc Ducret a su marier les éléments constitutifs du rock et ceux du jazz. Son idiome est devenu une référence. En trio avec ses habituels compagnons Eric Echampard (batterie) et Bruno Chevillon (contrebasse) il invite trois vents, et pas n’importe lesquels. Rien moins que le saxophoniste Christophe Monniot, le trompettiste Fabrice Martinez et le tromboniste Samuel Blaser. La soirée promet son pesant de son.
A 12h30 le vendredi 19 août, invitation à un pique-nique au Haras National de Cluny pour écouter le Possible(S) quartet. Quatre instrumentistes à vent lâchés dans la nature. On retrouve Rémi Gaudillat (trompette, bugle), Fred Roudet trompette), Loïc Bachevillier (tuba) et Laurent Vichard (clarinette). Au programme, compositions originales et improvisations élégantes. Tout est possible.
Après Coutances et le Mans, la folie de « Brotherhood Heritage » vient à Jazz Campus en Clunisois le vendredi 19 août. A 21h l’orchestre est sur la scène du Théâtreles Arts de Cluny pour une soirée plus que prometteuse.
Ce projet actuel, « Brotherhood Heritage », piloté à la demande de plusieurs festivals par le pianiste François Raulin et le contrebassiste Didier Levallet, a pour objectif de redonner à entendre la musique de La Confrérie du Souffle (Brotherhood of Breath).
Issu d’un orchestre sud-africain multiracial, ce big band émigré en 1966 en Europe pour cause d’apartheid, est né dans les années 70 à Londres. Il a laissé une empreinte profonde dans les mémoires. Il enflamme la scène européenne du jazz, opérant une jonction explosive entre les musiques populaires d’Afrique du Sud et l’avant-garde des improvisateurs britanniques, sous la houlette du pianiste Chris Mc Gregor, jusqu’en1990.
Les musiciens réunis dans l’orchestre expriment la quintessence de plusieurs générations de jazzmen français (et un anglais qui fit partie, comme Didier Levallet, des dernières moutures de l’orchestre historique). Sont réunis sur scène : François Raulin (piano, arrangements), Didier Levallet (contrebasse, arrangements), Chris Biscoe, Raphaël Imbert, François Corneloup (saxophones), Michel Marre, Alain Vankenhove (trompette), Jean-Louis Pommier, Mathias Mahler (trombone), Simon Goubert (batterie).
Tous partagent l’envie de renouer avec ce répertoire prenant sa source dans les très prenantes mélodies sud-africaines, et conjuguant le chant, immédiatement saisissable et porteur d’un lyrisme puissant, avec la liberté de parole de chaque interprète.
Le samedi 20 août, rendez-vous pour la soirée de clôture de « Jazz Campus en Clunisois » à 21h au Théâtre les Arts de Cluny le saxophoniste Émile Parisien et son Émile Parisien Quartet. Le super doué du saxophone vient délivrer son message avec Julien Touéry (piano), Ivan Gélugne (contrebasse) et Julien Loutelier (batterie). Des virtuoses au discours charpenté et original.
« Jazz Campus en Clunissois ». Un festival fidèle à ses valeurs. …« foisonnement de propositions, points de vue, dialogues de cultures, … pont entre des attitudes créatrices immémoriales, comme restant en nos besoins les plus ancestraux d’expression, et la nécessité d’aller de l’avant, en défrichant avec jubilation les territoires du présent et imaginant ceux en devenir…. » Didier Levallet
Dans ce « Jazz Confiné #2 », cinq vidéos proposées par des jazzmen confinés de part et d’autre de l’Atlantique. Stars reconnues ou musiciens confirmés de la jeune scène internationale et européenne, tous improvisent en toute spontanéité sans jamais manquer d’inspiration.
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Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.