« Sfumato », Emile Parisien Quintet avec Joachim Kühn

« Sfumato », Emile Parisien Quintet avec Joachim Kühn

L’élégance furieuse de « Sfumato »

« Sfumato », le dernier album en quintet du saxophoniste Émile Parisien poursuit une aventure commencée en 2015 à « Jazz in Marciac ». Le pianiste allemand Joachim Kühn apporte son expérience et son talent. Énergie et liberté font bon ménage.

CoverL’album « Sfumato » (ACT/[PIAS]) annoncé pour le 07 octobre résulte d’une aventure musicale initiée en 2015 lors d’une carte blanche proposée au saxophoniste Émile Parisien par le festival « Jazz in Marciac ».

Après avoir joué avec Daniel Humair et Michel Portal, rien d’étonnant à ce qu’Émile Parisien se soit rapproché du légendaire pianiste Joachim Kühn qui, avec les deux premiers cités, a contribué à l’émergence d’un jazz européen. Ainsi le nouveau projet d’Émile Parisien en quintet réunit Joachim Kühn au piano, Manu Codjia à la guitare, Simon Taillieu à la contrebasse et Mario Costa à la batterie. Deux invités prestigieux, le clarinettiste Michel Portal et l’accordéoniste Vincent Peirani, rejoignent le quintet sur trois plages de l’album.

« Sfumato », le jazz libre et créatif d’un quintet intergénérationnel. Les années de différence qui séparent le pianiste de ses jeunes partenaires ne font pas obstacle à leur entente car une même philosophie musicale les unit. Créer une musique instantanée construite en symbiose où improvisation et énergie s’allient pour créer des climats émotionnels variés.

EMILE PARISIENOuvert sur toute les cultures et les genres musicaux Émile Parisien est un artiste multi-récompensé, désigné « Artiste de l’année » par le Prix Django Rheinhardt en 2012, distingué aux » Victoires du Jazz » à deux occasions, (2009 et 2014), nommé « Artiste Spedidam ». Sa large vision musicale lui a permis de se produire en en quartet, en duo, avec Yaron Herman, Vincent Peirani, Michel Portal et Daniel Humair. Il a aussi prêté ses services à Stéphane Kerecki, Anne Paceo et bien d’autres. Émile Parisien est un des représentants de la jeune scène européenne actuelle du jazz contemporain comme jadis le fut Joachim Kühn.

© RinderspacherC’est en effet au sein du trio Kühn/Jenny-Clark/Humair que le pianiste a contribué à dessiner un jazz européen créatif. Dans cette même dynamique de jazz libre, Joachim Kühn a aussi joué avec Ornette Coleman, Archie Shepp ou Pharoah Sanders. C’est donc son talent et sa riche expérience que le pianiste apporte au quartet d’Émile Parisien. Ainsi, Joachim Kühn, par son jeu qui allie classicisme et modernisme vient tempérer la virtuosité étincelante d’Émile Parisien. Dans Duet for Daniel Humair les deux solistes rivalisent de liberté et construisent un discours moderne et nuancé proche de la musique contemporaine. 

Émile Parisien vit le jazz tant avec son esprit qu’avec son corps. S’il s’agite sur scène et peut dérouter certains spectateurs par ses mouvements anarchiques, le saxophoniste produit une musique au swing indubitable. Le voir s’agiter et grimacer sur scène fait souvent oublier que sa musique coule avec une fluidité toute naturelle. Cela devient une évidence à l’écoute de « Sfumato ». En effet a contrario de ses postures corporelles ou de ses mimiques faciales, le flow du saxophoniste respire. Même sur les tempi rapides une musique précise coule du saxophone soprano en fusion.

Parisien_Kuehn13Les musiciens s’amusent et content des histoires. Le Clown Tueur de la fête foraine narré en trois parties et les deux épisodes de Balladibiza. Les invités, Michel Portal et Vincent Peirani, ne sont pas en reste sur les trois titres où ils interviennent. Ils participent à la tonalité alternativement sombre et lumineuse de l’album.

Tous les instrumentistes du groupe jouent à part égale. La virtuosité éblouissante d’Émile Parisien. Le jeu lyrique de Joachim Kühn. La guitare réverbérée et écorchée de Manu Codjia. Le groove tellurique de Mario Costa et Simon Tailleu qui soutiennent  avec brio l’expression des solistes. On a particulièrement été sensible aux deux compositions de Joachim Kühn qui mettent en valeur l’alchimie du groupe. Arôme de l’Air tonique et enlevé et Brainmachine plus sombre et torturé.

Des plages de l’album se dégage un flou artistique. Difficile en fait de définir le climat global du disque qui navigue dans des atmosphères aux couleurs changeantes. N’est-ce pas ce qu’annonce le titre de l’album en faisant référence à une technique de peinture, le sfumato qu’employaient les artistes de la Renaissance pour flouter la réalité ?

Comme si la virtuosité des musiciens dissimulait la réalité de la musique pour mieux la révéler. « Sfumato », un album où les artistes suggèrent la musique et la mettent en perspective. Un jazz d’une liberté tout à fait contrôlée et d’une grande vitalité où alternent écriture et séquences d’improvisation.

 

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Le saxophoniste Baptiste Herbin vient enchanter ces temps de confinement avec la sortie de « Vista Chinesa ». Son quatrième album offre un concentré musical imprégné de rythmes brésiliens. A la tête d’un quartet, l’altiste accueille des invités brésiliens de marque et introduit des chansons dans son répertoire. Son jeu volubile ne manque ni de nuance ni de sensibilité. Du jazz ensoleillé et flamboyant.

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Jazz Confiné #4

Pour cette rubrique « Jazz Confiné #4 », voix et instruments sont de la partie. Guitare et saxophone se donnent à écouter en solo puis la voix s’invite au sein d’un duo et de formations instrumentales élargies. Des versions musicales confinées qui donnent de plus en plus envie de retrouver les artistes sur scène mais il va falloir patienter encore en peu. En attendant, les albums enregistrés en studio avant la crise sanitaire et à sortir bientôt sont les bienvenus.

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Jazz Confiné #3

C’est du côté des Big Bands que regarde la rubrique « Jazz Confiné #3 ». Malgré le confinement, point de répit pour les grands orchestres de par le monde. Ils ne manquent ni de puissance, ni d’inspiration et encore moins d’inventivité. Du Jazz haut en couleurs sonores !

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Kandace Springs intègre le légendaire label Blue Note

Kandace Springs intègre le légendaire label Blue Note

« Soul Eyes », l’album Blue Note de Kandace Springs

Le Label Blue Note accueille Kandace Springs, une nouvelle chanteuse-pianiste. Annoncé pour le 30 septembre, son premier album porte le nom du standard de Mal Waldron, « Soul Eyes ». C’est plutôt un bon présage et on se réjouit de découvrir cette nouvelle voix.

couverture de l'album Soul Eyes de Kandace SpringsLa venue d’une nouvelle artiste attire d’autant plus l’attention qu’elle revendique l’influence de grandes chanteuse de jazz. En effet, Kandace Springs, pianiste, chanteuse et songwriter de 27 ans installée à Nashville revendique clairement l’influence d’artistes de jazz telles que Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Nina Simone, Roberta Flack et Norah Jones.

En 2014, la chanteuse était plutôt orientée R&B/hiphop, idiome dans lequel elle obtenait alors un franc succès. Malgré cela Kandace Springs se remet en question et souhaite trouver une autre direction musicale. C’est dans cet intervalle qu’elle attire l’attention de Prince qui  l’invite à se produire avec lui lors d’un concert donné pour le 30ème anniversaire de « Purple Rain ». L’honneur est grand et Prince l’encourage à persévérer et à trouver son propre son.

« Soul Eyes » un album qui chante l’amour. Un délicat voile nimbe le chant de Kandace Springs d’une aura magique qui devrait toucher le cœur d’un large public. Son chant teinté de nostalgie se promène entre une soul très cool et un chant jazzy nocturne.

Pour enregistrer l’album « Soul Eyes » la chanteuse retrouve les producteurs, Carl Sturken et Evan Rogers avec lesquels elle a déjà travaillé mais elle se rapproche du célèbre producteur Larry Klein dont on sait qu’il a été en proximité de Melody Gardot, Lizz Wright et Joni Mitchell.

Kandace Springs

Kandace Springs©Mathieu Bitton

Sur l’album « Soul Eyes », Kandace Springs assure le chant et les parties de piano. Elle est accompagnée des guitaristes Dean Parks et Jesse Harris, de l’organiste Pete Kuzma, du bassiste Dan Lutz, du batteur Vinnie Colaiuta et du percussionniste Pete Lorpela. Terence Blanchard la rejoint sur deux morceaux dont le titre éponyme et Too Long to Last à l’ambiance torride où le trompettiste délivre un solo déchirant.

Le père de Kandace Springs était chanteur à Nashville et ainsi la musique a très tôt fait partie de l’environnement de la jeune-femme. Elle apprend le piano à10 ans mais la passion de la chanteuse pour la musique remonte vraiment à l’écoute du premier album de Norah Jones, « Come Away With Me » que lui offre un ami de son père en 2002. Elle tombe sous le charme du titre The Nearness of You qui devient en quelque sorte un repère marquant pour sa personnalité musicale. C’est d’ailleurs ce titre qu’elle chante lors de concerts à Nashville. Ceux qui ont découvert Rihanna, les producteurs Carl Sturken et Evan Rogers la repèrent alors et lui proposent de signer avec leur maison de production mais à 17 ans Kandace Springs temporise et continue à chanter à Nashville.

Kandace Springs

Kandace Springs©Mathieu Bitton

Quelques années plus tard, après avoir hésité à entrer dans une école de design automobile, la jeune-femme recontacte les producteurs. Elle rejoint New-York et travaille d’arrache-pied jusqu’à obtenir une audition avec le président de Blue Note, Don Was qui tombe sous le charme de son interprétation de I Can’t Make you love me de Bonnie Rait. Aujourd’hui Kandace Springs appartient à l’écurie « Blue Note » et met un pied dans le monde du jazz.

Sur le CD « Soul Eyes » la chanteuse Kandace Springs interprète le standard de Mal Waldron qui donne son nom à l’album. Elle a aussi choisi deux titres écrits par le guitariste Jesse Harris, Talk to Me et Neither Old Nor Young. Elle reprend par ailleurs deux chansons de Shelby Lynne, Thought it Would Be Easier et Leavin’. La chanteuse intègre quelques influences funk en incluant The World is a Ghetto dont elle donne une interprétation souple et chaleureuse. Elle a co-écrit avec Carl Sturken et Evan Rogers la ballade Fall Guy et Novocaine Heart. On préfère le tempo plus tonique du second titre à l’ambiance quasiment sirupeuse du premier.

C’est Rain Falling qui termine l’album. Kandace Springs interprète seule piano-voix, ce titre de sa composition. Cette ballade nostalgique et soignée se détache de la couleur globale de l’album et laisse augurer une possible incursion de la chanteuse dans un monde musical où le blues et le jazz seraient invités plus largement comme sur le clip où elle interprète « Soul Eyes » seule au chant et au piano

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Le saxophoniste Baptiste Herbin vient enchanter ces temps de confinement avec la sortie de « Vista Chinesa ». Son quatrième album offre un concentré musical imprégné de rythmes brésiliens. A la tête d’un quartet, l’altiste accueille des invités brésiliens de marque et introduit des chansons dans son répertoire. Son jeu volubile ne manque ni de nuance ni de sensibilité. Du jazz ensoleillé et flamboyant.

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Jazz Confiné #4

Pour cette rubrique « Jazz Confiné #4 », voix et instruments sont de la partie. Guitare et saxophone se donnent à écouter en solo puis la voix s’invite au sein d’un duo et de formations instrumentales élargies. Des versions musicales confinées qui donnent de plus en plus envie de retrouver les artistes sur scène mais il va falloir patienter encore en peu. En attendant, les albums enregistrés en studio avant la crise sanitaire et à sortir bientôt sont les bienvenus.

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Jazz Confiné #3

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« Les Nébuleuses », nouvel album de Christophe Dal Sasso

« Les Nébuleuses », nouvel album de Christophe Dal Sasso

 « Les Nébuleuses », un album qui ne manque pas de souffle

Après sa relecture en grand orchestre de l’œuvre de John Coltrane, « A Love Supreme », Christophe Dal Sasso inaugure un nouveau cycle de compositions. L’album « Les Nébuleuses » est inspiré du phénomène astronomique du même nom. De la théorie du big band à la théorie du big bang !

300_nebuleuses_couvL’album « Les Nébuleuses » (jazz&people/Harmonia Mundi) est sorti le 23 septembre sous le label de jazz participatif français jazz&people. Il s’agit du nouveau projet du flutiste, compositeur et arrangeur Christophe Dal Sasso inspiré cette fois par le phénomène astronomique des nébuleuses. C’est le même label participatif qui avait soutenu le précédent projet de Christophe Dal Sasso  et Lionel Belmondo « John Coltrane : A Love Supreme » paru en 2014. Dave Liebman avait alors apporté sa participation lors de concerts inoubliables.

Aussi diverses que les nébuleuses de l’espace, les compositions de Christophe Dal Sasso proposent des univers différents. L’écoute de l’album « Les Nébuleuses » précipite l’auditeur dans une musique singulière. Entre forme écrite et impro­visation, prin­cipes sériels et jazz post-coltranien, le projet musical est ambitieux et exigeant.

Sept pièces directement inspirées des nébuleuses dont elles portent le nom et des images restituées par le télescope spatial Hubble, livrant le spectacle fascinant de ces entités extrêmement lointaines et incertaines aux géométries étonnamment régulières ou bien totalement entropiques, parfois vivement colorées par les gaz ionisés dont elles sont faites.christophe-dal-sasso

Pour restituer ces univers, Christophe Dal Sasso associe un trio à cordes et un quintet de jazz. Cette formation est à l’image de ces nébuleuses célestes qui restent imprévisibles dans leurs évolutions. Elles sont constamment menacées de s’effondrer sur elles-mêmes et de disparaître. Le compositeur parvient à projeter à travers sa musique ces états variables et instables qui prennent corps à travers des textures sonores mouvantes.

Constitué de Youri Bessières (violon), Martin Rodriguez (violon alto) et Jean-Philippe Feiss (violoncelle), le trio à cordes élabore une trame structurée. Sur ce tissu souple et stable vont pouvoir se nouer les interactions dynamiques du quintet de jazzmen qui réunit Christophe Dal Sasso (flûte), Pierre de Bethmann (piano, Fender Rhodes), David El-Malek (saxophones ténor et soprano), Manuel Marchès (contrebasse) et Lukmil Perez Herrera (batterie). L’écriture du composietur varie d’un titre à l’autre et restitue le caractère instable des nébuleuses aidé en cela par la force des improvisations des instrumentistes. Chaque composition constitue une œuvre en soi.

Dans l’espace musical créé par le quintet jazz et le trio à cordes oscillent les vibrations des pulsars et flotte la matière gazeuse interstellaire. Au gré des pièces, les trajectoires instrumentales s’entrecroisent ou se télescopent. Sur l’orbite régulière des cordes, les mélodies ascendantes du saxophoniste se chargent de l’énergie que dégage le pianiste. La batterie véhémente sculpte des paysages éclatés où la contrebasse libère son chant chromatique.

Avec « Nébuleuses », on se promène musicalement de La Nébuleuse d’Orion qui ouvre le disque à La nébuleuse de l’Hélice qui le termine. Chaque titre génère sa propre ambiance, son univers unique. Ainsi La Nébuleuse du Crabe résonne d’étrangeté alors que La Nébuleuse de l’Œil du Chat tournoie sur elle-même. NGC 2440 sécrète comme une aura vaporeuse censée évoquer la naine blanche située au cœur de la nébuleuse du même nom.

Les trois parties de la pièce intitulée Les piliers de la création évoquent les trois colossales colonnes de poussières interstellaires qui ont contribué à inspirer le nom de la nébuleuse. Christophe Dal Sasso utilise le système de composition par miroirs et transposition de Pierre Boulez. Chaque pièce possède un aspect rythmique spécifique. Écoute bouleversante. On s’élève dans un monde musical dépaysant.

On a aussi décollé aux vibrations du titre V838 situé au centre du répertoire de l’album et dédié au quintet de jazz. Au Fender Rhodes, Pierre de Bethmann insuffle une énergie spatiale. Propulsé par le batteur, David El-Malek décolle littéralement. On est aspiré dans un monde qui n’est pas sans rappeler le jazz électrique des années 70.

Christophe Dal Sasso n’est pas le premier à avoir été inspiré par l’univers interstellaire. En effet « Les Nébuleuses » ont une généalogie. Avant lui, la pianiste Mary Lou Williams a développé une série de compositions inspirées par les constellations du Zodiaque. On se rappelle aussi les explorations interstellaires de John Coltrane en quête d’un son cosmique. On se souvient enfin du « Jazz in the Space Age » de George Russell qui prophétisait en 1960 la généralisation de concepts chromatiques que l’on trouve à l’œuvre dans ce disque « Les Nébuleuses ».

Après avoir rêvé sur les insondables mystères de l’univers, Christophe Dal Sasso traduit sa rêverie par le biais d’une œuvre qui explore différentes formes musicales et bouleverse les repères habituels. « Les Nébuleuses » un album incontournable qui interpelle et impose sa singularité.

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Le saxophoniste Baptiste Herbin vient enchanter ces temps de confinement avec la sortie de « Vista Chinesa ». Son quatrième album offre un concentré musical imprégné de rythmes brésiliens. A la tête d’un quartet, l’altiste accueille des invités brésiliens de marque et introduit des chansons dans son répertoire. Son jeu volubile ne manque ni de nuance ni de sensibilité. Du jazz ensoleillé et flamboyant.

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Jazz Confiné #4

Pour cette rubrique « Jazz Confiné #4 », voix et instruments sont de la partie. Guitare et saxophone se donnent à écouter en solo puis la voix s’invite au sein d’un duo et de formations instrumentales élargies. Des versions musicales confinées qui donnent de plus en plus envie de retrouver les artistes sur scène mais il va falloir patienter encore en peu. En attendant, les albums enregistrés en studio avant la crise sanitaire et à sortir bientôt sont les bienvenus.

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Jazz Confiné #3

C’est du côté des Big Bands que regarde la rubrique « Jazz Confiné #3 ». Malgré le confinement, point de répit pour les grands orchestres de par le monde. Ils ne manquent ni de puissance, ni d’inspiration et encore moins d’inventivité. Du Jazz haut en couleurs sonores !

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André Minvielle présente l’album « 1time »

André Minvielle présente l’album « 1time »

André Minvielle dévoile son monde intime et magique

L’album « 1time » du voc’alchimiste André Minvielle est sorti le 23 septembre. Le chanteur joue avec les rythmes et les mots. Sa voix chaleureuse invite à un voyage où syncope et syntaxe explosent de rire à chaque virage.

couv_minvielle1timelow« 1time ». Comment énoncer et comprendre  le titre de l’album ?  « Intime » ou « One time » ? Libre à chacun. En tout cas on  ne peut l’écouter one time seulement car cet opus est comme un piège. On vient vite à l’écouter plus encore pour en découvrir tous les sens, pour en explorer tous les rythmes et pénétrer dans le monde d’André Minvielle.

Difficile donc de chroniquer un album aussi riche que « 1time » (Complexe articole de déterritorialisation/L’Autre Distribution). En effet, on ne sait comment l’appréhender pour le présenter sans le trahir. En fait, « 1time » se suffit à lui-même et du coup, on serait tenté d’écrire tout simplement : « 1time », un disque à écouter et à réécouter sans modération pour appréhender l’intimité musicale de cet artiste unique qu’est André Minvielle. 57 minutes de déterritorialisation musicale française. Pourtant on ne peut s’y résoudre car ce serait faire fort peu de crédit à cet objet précieux que signe André Minvielle.

En livrant son « intime », Minvielle invite à pénétrer dans son monde. Dans son univers de chanteur-musicien-poète qui télescope rythmes et syllabes. Dans son territoire de chercheur collectionneur d’accents. Dans les sphères du rugby, des champignons, des crapauds et de la terre vivante. Dans les mondes de ses amis et de ceux qui l’inspirent, Sylvie Servoise et son « Art de l’intime », Claude Laurius et son livre « L’Anthropocène », le bassiste et sculpteur Fernand « Nino » Ferrer, les poètes Jacques Prévert et André Bénédetto, George Baux avec qui il a réalisé l’album, Patrick Auzier, l’artificier de la Cie Lubat et sa fille qui reprend le flambeau sans oublier Charles Baudelaire et son poème en prose « Enivrez-vous ».

Sur « 1time », la pulsation des rythmes croise la scansion des mots. La musique vibre au rythme de la poésie à moins que ce ne soit l’inverse. Comme l’écrit André Minvielle dans le livret de présentation de l’album, cet opus est un hommage qu’il rend à Saint Cop et à sa compagne Sainte Axe et, il faut le dire, c’est une réussite. Le voc’alchimiste, à moins que ce ne soit le vocal-chimiste, trousse les rimes et détrousse les notes comme nul autre.

andre-minvielleDans le morceau Présentation, André Minvielle teste la nouvelle compagne de son intime, la main-vielle à roue fabriquée sur mesure par Jacques Grandchamp pour accompagner son chant. Dans cet album, il choisit de convier une bande de musiciens complices.

Dans Intime One time, le titre d’ouverture, le premier invité est le créateur du festival « Uzeste Musical », Bernard Lubat avec qui il a longtemps collaboré. Avec Lubat au piano Fender, le rythme balance « de l’extime au next time ». Dans Le facteur d’accent on retrouve avec bonheur Abdel Sefsaf, l’ancien chanteur stéphanois du groupe Dézoriental. Son scat furieux constitue un moment phare de l’album. Il revient sur A Fungi ! où il prend une improvisation fongique échevelée.

Le groupe « Journal Intime » est lui aussi convié. Fred Gastard au saxophone baryton, Sylvain Bardiau à la trompette et Matthias Mahler mêlent leurs timbres chaleureux aux voix de Juliette et André Minvielle sur la valse Le Verbier qui vante les mérites des vers « de belle vertu » qui fertilisent la terre. A vrai dire l’anthropophone Minvielle affirme de nouveau son intérêt pour la terre dans Keskifon, un rap-soul-bluesy inspiré par le travail de Claude Laurius qui a fondé les bases de la climatologie. Non seulement le titre groove mais en plus il est plus pédagogique qu’un livre pour expliquer « l’effet de serre ».

stcop_couv_minvielle1timelowSur Nino, André Minvielle convoque « Journal Intime » et « Ti’bal Tribal » composé de sa fille cadette Juliette Minvielle voix/piano, du saxophoniste Illyes Ferfera et du bassiste Fernand « Nino Ferrer pour un rythm’ & blues funky comme une ode à St Cop. La pulsation du morceau n’a rien à envier aux meilleurs orchestres de funk.

Le guitariste Sylvin Marc invité par « Ti’bal Tribal » fait chalouper Sacré Éole et Madada. Ce dernier titre fait un clin d’oeil à la plasticienne Marina Jolivet dont le pingouin coquin figure au pied de la statuette de St Cop qu’elle a colorisée en bleu et jaune.

Étranges étrangers, le poème de Jacques Prévert (toujours d’actualité) mis en musique par Minvielle, Les crapauds à l’ambiance hallucinante et drolatique… tous les titres de l’album valent le détour. Il reste juste à laisser tourner le disque en boucle sur la platine ou sur tout autre support et à écouter jusqu’à plus soif ! ET surtout ne pas oublier de faire un tour sur le site d’André Minvielle.

Il est aussi vrai qu’une autre option permet de découvrir le nouveau répertoire d’André Minvielle, l’écouter en live. Dans ce cas, un tour du côté du Studio de l’Ermitage à Paris s’impose le 11 Octobre à 21h pour la sortie de l’album « 1time » avec Juliette et André Minvielle, Fernand Ferrer et Journal intime (Fred Gastard, Sylvain Bardiau, Matthias Malher).

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

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Le saxophoniste Baptiste Herbin vient enchanter ces temps de confinement avec la sortie de « Vista Chinesa ». Son quatrième album offre un concentré musical imprégné de rythmes brésiliens. A la tête d’un quartet, l’altiste accueille des invités brésiliens de marque et introduit des chansons dans son répertoire. Son jeu volubile ne manque ni de nuance ni de sensibilité. Du jazz ensoleillé et flamboyant.

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« Free », le nouvel album de Guillaume Perret

« Free », le nouvel album de Guillaume Perret

Guillaume Perret, « Free »… en solo et sans filet

Guillaume Perret bouscule de nouveau le paysage du jazz. Il choisit cette fois de naviguer libre et seul. Avec « Free », il déplace les balises et se libère des contraintes. Il lève le voile sur l’essence de sa musique.

guillaumeperretfree_couvAprès avoir explosé les conventions du jazz avec « The Electric Epic » qui lui avait valu d’être remarqué par John Zorn et d’enregistrer en 2009 sous le label Tzadic, Guillaume Perret a contribué à révolutionner les repères du jazz. Son ouverture d’esprit l’a conduit alors à explorer d’autres horizons musicaux et à pratiquer une musique hors normes, la fusion de tous les styles qui l’ont influencé. De cela témoigne l’album « Open me » sorti en 2014.

On l’a aimé avec « The Electric Epic ». Aujourd’hui il explore différemment l’univers sonore et on le découvre « solo » dans « Free » (Kakoum Records/Harmonia Mundi) dont la sortie est annoncée le 23 septembre. L’ouverture d’esprit de Guillaume Perret et son désir de découverte le poussent en effet à explorer un nouveau son. En utilisant des pédales et des effets, il propulse son saxophone électrifié dans un univers surprenant et inclassable qui dépayse et invite à la rêverie. Performant en solo avec son saxophone et ses machines filtrant le son, Guillaume Perret nous restitue l’ampleur d’un orchestre entier à lui tout seul.

En fait, par l’électrification de son instrument et les dispositifs d’effets associés, le musicien peut produire les sons de tous les instruments de l’orchestre. Ainsi le saxophone génère sonorités et rythmes d’une percussion, d’une grosse caisse ou d’une caisse claire, d’une basse, d’une guitare ou d’un synthé. Guillaume Perret a enregistré, édité et mixé l’album « Free » en 9 jours. Pas de programmation, tout est joué en temps réel. Une prise par morceau mais aucune post production. Avec son seul saxophone traité, l’artiste recrée des sections d’orchestre ou des prod électro, un drive de batterie ou la suspension d’une basse.

Choisir le terme « free » en guise de titre d’album procède d’une démarche qui peut paraître provocatrice à certains. En effet d’aucuns verront dans l’utilisation de ce mot une référence au courant musical du free jazz dont la musique de Perret est loin d’être le reflet. En fait on comprend que l’artiste a besoin de se libérer des contraintes de l’orchestre, de s’autoriser à naviguer en toute liberté au gré de ses inspirations, de ses envies et de donner ainsi à entendre la bande-son de son imaginaire. C’est d’ailleurs ce que Guillaume Perret prétend. « Conçu comme une musique de film, « Free » se veut un parcours libre au travers de différents paysages, différentes émotions ».

Les nouvelles inspirations de Guillaume Perret sont plus calmes que dans ses précédents albums avec son groupe « Electric Epic ». Elles n’en restent pas moins énergiques et rythmées. Pour découvrir le nouvel univers de l’artiste on a laissé se dérouler l’album en boucle et on s’en est imprégné.

A l’écoute de « Free », on capte les pulsations de la musique, on se laisse gagner par les sensations, on vibre au gré des énergies et des rythmes qui évoluent au fil des plages de l’album. Il en résulte des émotions lumineuses et d’autres plus sombres. On voyage comme en immersion dans le monde de Guillaume Perret. Une épopée qui libère vraiment l’oreille.

guillaume-perret-free-cover-digipack-3e-vol-ext-photoGuillaume Perret pare deux titres de lumière et les dédie à son fils. Susu, une boucle hypnotique qui n’en finit pas de tourner et En Good aux allures d’un calypso enchanteur que n’aurait pas renié Sonny Rollins.

On aime son clin d’oeil à I Got Rythm et on sourit à l’écoute des réminiscences d’un bon vieux jazz qui swing sur She’s got Rythm à l’ambiance jungle. Avec surprise on découvre Heavy Dance, une galette électro qui aurait mémorisé la musique de Bach.

Au fil des titres, les ambiances varient et c’est en apnée qu’on écoute Cosmonaut à l’atmosphère sidérale. La pulsion aquatique exacerbée de Birth of Aphrodite renvoie au tableau de Boticelli où la déesse nait de l’océan. La spirale angoissante d’Inner Jail résonne comme en écho à Inside Song, chant sombre jailli des profondeurs insondables. Sur la vidéo, Benjamin Flao (illustration) et Serge Sang (montage) ajoutent leurs talents à celui du musicien.

On craque surtout sur Pilgrim, une mélopée erratique, celle du pèlerin errant à la recherche de sa terre promise. Au-delà de la musique dont elle restitue l’essence, la vidéo donne à voir la performance scénique de Guillaume Perret, entre saxophone électrifié, pédales et dispositifs d’effets. Véritable trip pour les yeux et les oreilles.

« Free ». Une musique hybride et troublante qui évoque un imaginaire fantastique et provoque de très fortes sensations. Un album envoutant qui libère et transporte.

Le site de Guillaume Perret constitue un passage incontournable pour en savoir plus sur l’artiste, sa musique et ses concerts à venir. A ne pas rater, la date du 17 novembre au Café de la Danse, à Paris. En attendant, on écoute l’album sans modération !

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Juan Carmona présente « Perla de Oriente »

« Perla de Oriente », un flamenco aux accents orientaux

Le 23 septembre, Juan Carmona sort « Perla de Oriente » enregistré en studio dans les conditions du live à l’occasion d’une tournée en Asie. Accompagné de son septet le guitariste parvient à faire revivre l’émotion et la magie de ses concerts. Un flamenco entre modernité et tradition.

300_perla-de-oriente_couv_juan-carmonaLes pieds dans la terre de ses ancêtres et la tête dans la modernité, Juan Carmona voue son art au flamenco. Son nouvel album « Perla de Oriente » (Nomades Kultur/L’autre Distribution) est à son image, insaisissable et intemporel. Le guitariste inscrit sa musique dans les pas de Paco de Lucia à qui il rend d’ailleurs hommage avec cet album.

Sans fioritures, loin des orchestrations et des albums sophistiqués, l’artiste revisite son répertoire qu’il réinterprète et réinvente. Après avoir parcouru la Corée du Sud, Taïwan et la Chine, Juan Carmona fait de son carnet de route le fil rouge de l’album « Perla de oriente ». En effet, chaque titre évoque le voyage et rappelle un souvenir de la tournée.

Mar de China, une alegria comme un reflet distant de la mer de Cadiz. La fine et délicate Casa de té inspirée de la cérémonie du thé. Perla de Oriente en souvenir de Shangai, un titre inédit comme une perle rare posée au carrefour entre Asie et Orient. Buleria prohibida qui ré-interprète la buleria traditionnelle. On frémit aux accents de la voix  écorchée d’El Piculabe sur Luz de Manama. Le son nostalgique du duduk, cet instrument arménien en bois d’abricotier, teinte d’émotions sensibles Perla de oriente qui termine l’album et donne envie d’écouter de nouveau l’ensemble du répertoire.

Virtuose confirmé, Juan Carmona inscrit sa musique au croisement de la modernité et des traditions les plus vivantes d’Andalousie. « Perla de Oriente », son dernier album résonne d’accents orientaux. Fluide et mélodique, harmoniquement riche, puissant et rythmé, le flamenco du guitariste continue à renouveler le style.

350_juan_carmona_photo_molinavisuals-2Ce onzième opus teinté de reflets orientaux restitue le langage tout à fait personnel de Juan Carmona, celui qu’on avait aimé dans « Alchemya » et « Sinfonia Flamenca ». Dans ces enregistrements réalisés en studio dans les conditions du live, on perçoit la véracité de la création spontanée, les accents de sincérité de l’instantané, la complicité et la connivence qui lient les musiciens. Autour de Juan Carmona sont réunis Domingo Patricio aux flûte, pad et claviers, Bandolero aux percussions, El Bachi à la basse, Paco Carmona à la seconde guitare flamenca. El Piculabe assure le cante traditionnel flamenco et  les pieds du danseur Sergio Aranda s’associent aux palmas assurés par Huanares alors que Noemie Humanes qui assure les chœurs. Le guitariste a invité de nouveaux venus dans son équipe. Thomas Bramerie à la contrebasse, Alex Ouemba à la batterie et  Levon Minassian au duduk dont la présence constitue un atout indéniable.

Pour en savoir encore plus sur Juan Carmona, la consultation de son site s’impose.

Quand l’actualité des concerts rime avec celle des sorties discographiques le plaisir n’en est qu’augmenté. Ainsi on peut écouter Juan Carmona et son septet  le 25 octobre au New Morning pour le concert de sortie de l’album « Perla de Oriente ».

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Le saxophoniste Baptiste Herbin vient enchanter ces temps de confinement avec la sortie de « Vista Chinesa ». Son quatrième album offre un concentré musical imprégné de rythmes brésiliens. A la tête d’un quartet, l’altiste accueille des invités brésiliens de marque et introduit des chansons dans son répertoire. Son jeu volubile ne manque ni de nuance ni de sensibilité. Du jazz ensoleillé et flamboyant.

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Jazz Confiné #4

Pour cette rubrique « Jazz Confiné #4 », voix et instruments sont de la partie. Guitare et saxophone se donnent à écouter en solo puis la voix s’invite au sein d’un duo et de formations instrumentales élargies. Des versions musicales confinées qui donnent de plus en plus envie de retrouver les artistes sur scène mais il va falloir patienter encore en peu. En attendant, les albums enregistrés en studio avant la crise sanitaire et à sortir bientôt sont les bienvenus.

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Jazz Confiné #3

C’est du côté des Big Bands que regarde la rubrique « Jazz Confiné #3 ». Malgré le confinement, point de répit pour les grands orchestres de par le monde. Ils ne manquent ni de puissance, ni d’inspiration et encore moins d’inventivité. Du Jazz haut en couleurs sonores !

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Hiromi en concert le 17 octobre à l’Auditorium de Lyon

Hiromi en concert le 17 octobre à l’Auditorium de Lyon

Entre tradition et modernité, l’étourdissante Hiromi

La pianiste Hiromi se produit le 17 octobre à l’Auditorium de Lyon dans le cadre d’une coproduction avec Jazz à Vienne et Rhino Jazz(s) Festival. Les réjouissances musicales seront ébouriffantes à n’en point douter.

300_hiromiCe concert avec « The Trio Project » conduit par Hiromi inaugure la saison « Jazz et Musiques du Monde 2016/17 » de l’Auditorium de Lyon présentée dans la chronique du 27 avril. La pianiste Hiromi (Hiromi Huehara) se produit en trio avec le bassiste Jimmy Johnson qui remplace Anthony Jackson précédemment annoncé. Nul doute que sur sa basse à 5 cordes, le bassiste de James Taylor conjuguera son talent à celui du batteur Simon Philips. Ce dernier puise quant à lui ses racines dans un rock plutôt swing. Avec de tels musiciens, on peut parier que l’énergie sera au rendez-vous sur scène.

Hiromi s’inscrit dans la lignée de ces jeunes pianistes virtuoses formées au Japon. On se rappelle le choc éprouvé à son écoute lors de sa première venue en 2003 dans le cadre du Rhino Jazz(s) Festival. Sa prestation au Festival Jazz à Vienne en 2011 avait ensuite tenu toutes ses promesses. On ne doute pas que les amateurs de jazz attendent avec impatience la venue de la pianiste le 17 octobre à 20h à l‘Auditorium de Lyon.

Cette enfant prodige du piano, formée dès 6 ans au sein de la fameuse Yamaha School of Music a  fréquenté ensuite le Berklee College of Music de Boston avant de se faire connaître en 2003 lorsqu’elle enregistre l’album « Another Mind » avec le soutien du grand Ahmad Jamal.hiromi En 2009 elle enregistre à Tokyo, le double CD live « Duet » avec Chick Corea. Elle devient ensuite une véritable coqueluche auprès des publics du Japon et d’ailleurs.

Son dixième opus « Spark » (Concord/Universal) sorti cette année montre une Hiromi toujours aussi phénoménale et débordante d’énergie. Ses influences sont multiples. D’Oscar Peterson à Ahmad Jamal, en passant par Bach et Liszt, avec des détours du côté de « Sly & The Family Stone » et King Crimson. Pour faire court, un jazz marqué de l’empreinte du rock et du classique.

Avec sa technique prodigieuse et sa virtuosité dopées par une audace étonnante, Hiromi donne rendez-vous à tous les amateurs de jazz le 17 octobre à 20h, à l’Auditorium de Lyon pour un concert qui mélange tradition et modernité.

Pour mieux se préparer à mieux vivre la soirée, un « propos d’avant-concert » est aussi proposé (entrée libre) à 19h dans le Bas-Atrium de l’Auditorium. Sans oublier un tour sur le site de la pianiste et une petite « mise en oreille vidéo » pour se motiver à ne pas rater ce concert

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Le saxophoniste Baptiste Herbin vient enchanter ces temps de confinement avec la sortie de « Vista Chinesa ». Son quatrième album offre un concentré musical imprégné de rythmes brésiliens. A la tête d’un quartet, l’altiste accueille des invités brésiliens de marque et introduit des chansons dans son répertoire. Son jeu volubile ne manque ni de nuance ni de sensibilité. Du jazz ensoleillé et flamboyant.

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Jazz Confiné #4

Pour cette rubrique « Jazz Confiné #4 », voix et instruments sont de la partie. Guitare et saxophone se donnent à écouter en solo puis la voix s’invite au sein d’un duo et de formations instrumentales élargies. Des versions musicales confinées qui donnent de plus en plus envie de retrouver les artistes sur scène mais il va falloir patienter encore en peu. En attendant, les albums enregistrés en studio avant la crise sanitaire et à sortir bientôt sont les bienvenus.

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Jazz Confiné #3

C’est du côté des Big Bands que regarde la rubrique « Jazz Confiné #3 ». Malgré le confinement, point de répit pour les grands orchestres de par le monde. Ils ne manquent ni de puissance, ni d’inspiration et encore moins d’inventivité. Du Jazz haut en couleurs sonores !

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« Diwan of Beauty & Odd » de Dhafer Youssef

« Diwan of Beauty & Odd » de Dhafer Youssef

Étranges poèmes enluminés de Beauté

Après « Birds Requiem », Dhafer Youssef revient avec « Diwan of Beauty & Odd ». Union parfaite entre la musique soufi et le jazz d’aujourd’hui, cet album célèbre la beauté et l’étrange.

diwan-of-beauty-and-odd_couvDédié à Damas et entièrement enregistré dans le mythique studio de Sear Sound à New-York, l’album « Diwan of Beauty & Odd » (OKeh/Sony) sorti le 16 septembre, propose treize poèmes musicaux. Une plongée sonore dans un monde céleste où Dhafer Youssef invite un orchestre de jazz à sa mesure. A ses côtés, la fine fleur du jazz new-yorkais. Le pianiste Aaron Parks, le trompettiste Ambrose Akinmusire, le contrebassiste Ben Williams et le batteur Mark Guiliana. Il s’agit du premier album que l’artiste enregistre entièrement avec un groupe de musiciens américains.

L’alliage des influences orientales et du groove urbain, la coexistence de la tradition et de la modernité projettent à travers ce nouvel opus musical un message de paix.

Le chant lumineux de Dhafer Youssef génère une énergie positive qui suspend le temps. A l’écoute de « Diwan of Beauty & Odd » on flotte comme en apesanteur. On savoure les délices de l’étrange où même l’ombre s’éclaire de beauté.

dhafer-youssef-2_photoflavienprioreauCertes cet album est plus enraciné dans le jazz que « Birds Requiem » mais on retrouve les chants traditionnels soufis, ses mélodies aériennes et les envols saisissants de la voix de Dhafer Youssef. La brillance des performances vocales de l’artiste coexiste avec une forte portée émotionnelle.

Le trompettiste Ambrose Akinmusire pénètre et épouse l’univers du chanteur. C’est merveille de les écouter se répondre ou jouer à l’unisson. Le toucher délicat du pianiste Aaron Parks soutient et sublime l’élévation du chant. Leur communion sur le titre d’ouverture Fly Shadow Fly est saisissante. Même après l’entrée de la batterie et du oud, le piano brode encore de précieuses enluminures.

Dhafer Youssef transcende les genres et les frontières des mesures simples. Pour mieux camper l’étrange et magnifier la beauté il utilise les mesures impaires qui complexifient les structures et créent une tension palpable. La section rythmique épouse alors les mélodies et induit un groove organique dont Dhafer Youssef prétend qu’il incarne la vie. Cette pulsion insuffle son énergie à la voix qui élève sa prière vers des contrées célestes où désir et mélancolie irriguent la vie pour le meilleur et pour le pire.

Une profonde cohérence du répertoire fait apparaître l’album est comme un tout où chaque titre contribue à valoriser et à compléter l’autre. Certes chaque thème a son identité propre et on peut distinguer des moments où le battement ternaire du jazz prévaut sur l’atmosphère hypnotique du chant soufi comme par exemple Cheerful Meshuggah mais in fine, l’album est plus que la somme de tous ces titres pris séparément. Il vaut par son ensemble et s’impose comme un tout insécable.

Les illustrations du livret et celles de la couverture évoquent le monde de Francis Bacon et sa peinture où coexistent beauté et étrangeté. On a souri en lisant la dédicace que Dhafer Youssef fait figurer à la fin de son album. Il dédie « Diwan of Beauty & Odd » « à ceux qui ne l’écouteront pas et à ceux qui ne l’aimeront pas ». Dommage … on l’a écouté et on l’a aimé mais même s’il ne s’adresse pas directement à nous, on ne s’en séparera pas !

« Diwan of Beauty & Odd »,  une ode poétique et lumineuse à un monde pacifié dont le cœur battrait au rythme de la musique de Dhafer Youssef.

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Le saxophoniste Baptiste Herbin vient enchanter ces temps de confinement avec la sortie de « Vista Chinesa ». Son quatrième album offre un concentré musical imprégné de rythmes brésiliens. A la tête d’un quartet, l’altiste accueille des invités brésiliens de marque et introduit des chansons dans son répertoire. Son jeu volubile ne manque ni de nuance ni de sensibilité. Du jazz ensoleillé et flamboyant.

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Jazz Confiné #4

Pour cette rubrique « Jazz Confiné #4 », voix et instruments sont de la partie. Guitare et saxophone se donnent à écouter en solo puis la voix s’invite au sein d’un duo et de formations instrumentales élargies. Des versions musicales confinées qui donnent de plus en plus envie de retrouver les artistes sur scène mais il va falloir patienter encore en peu. En attendant, les albums enregistrés en studio avant la crise sanitaire et à sortir bientôt sont les bienvenus.

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Jazz Confiné #3

C’est du côté des Big Bands que regarde la rubrique « Jazz Confiné #3 ». Malgré le confinement, point de répit pour les grands orchestres de par le monde. Ils ne manquent ni de puissance, ni d’inspiration et encore moins d’inventivité. Du Jazz haut en couleurs sonores !

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B. Trotignon et M. Garay présentent « Chimichurri »

B. Trotignon et M. Garay présentent « Chimichurri »

« Chimichurri », entre nostalgie mélodique et frénésie percussive

Après cinq ans de collaboration sur les scènes, Baptiste Trotignon et Minino Garay annoncent la sortie de « Chimichurri », leur premier album en duo. Un voyage musical entre les univers des deux musiciens.

300_trotignon-garay_chimichurri_couv« Chimichurri », une instrumentation acoustique minimale, un piano et des percussions. « Chimichurri », deux musiciens prodigieux, le pianiste Baptiste Trotignon immergé dans la culture européenne et le percussionniste-batteur Minino Garay inscrit dans la tradition sud-américaine et le monde afro-américain.

Annoncé pour le 23 septembre 2016, l’album « Chimichurri » (OKeh/Sony) se promène à travers les univers musicaux des deux artistes et narre une histoire tressée entre Nord et Sud, entre « le son du bois et celui des peaux ».

« Chimichurri », un séduisant équilibre entre énergie et mélodie. Deux instrumentistes complices inventent une musique qui navigue entre nostalgie et frénésie. Un jazz brut aux saveurs épicées qui célèbre l’esprit de la fête mais n’oublie pas la poésie.

300_baptistetrotignonmininogaray_par_pontenpie_03Les deux musiciens jouent ensemble sur scène depuis 2011 et cet album est donc la suite logique de leur travail. Enregistré en mai 2015 à Buenos Aires, l’album « Chimichurri » est le premier du pianiste sous le label OKeh.

Tout au long des quinze titres du disque, énergie et nostalgie circulent, mélodie et percussion rivalisent et s’équilibrent. Il arrive que les touches du piano se fassent percussives alors que la mélodie se blottit sur les peaux des percussions. Comme si le fameux condiment sud-américain évoqué dans le titre de l’album, le piment Chimichurri, induisait un équilibre harmonieux entre tous les éléments qui fondent le disque. Très savamment organisé, le répertoire fait alterner les ambiances. Il propose quelques mélodies très populaires, deux standards du jazz et du tango ainsi que deux compositions de Baptiste Trotignon.

300_baptistetrotignonmininogaray_par_pontenpie_04 La Cumbiada de Gerardo Di Giusto et les deux célèbres tangos de Carlos Gardel, La Perigrinacion et Sus Ojos Se Cerraron émargent du côté de l’Argentine. C’est un climat afro-cubain tendu qui s’installe sur Vamos, la composition de Baptiste Trotignon, déjà enregistré par les deux artistes sur l’album du même nom enregistré par Minino Garay en 2015.

On retrouve avec plaisir l’univers de « West Side Story » de Leonard Bernstein évoqué à travers cinq titres. Maria, Tonight, I Feel Pretty, Somewhere sont irrigués d’une pulsation portoricaine à laquelle un jazz brut et organique « tire la bourre ». Les rythmes s’accélèrent, vibrent et finalement explosent en crescendo, à la fin du célèbre America.

Sur un tempo rapide, Baptiste Trotignon fait preuve d’une virtuosité extrême pour interpréter le Chorinho Pra Ele d’Hermeto Pascoal où l’on cherche sans le trouver le balanço brésilien. Côté du jazz c’est Monk et Parker qui sont honorés. Sur Trinckle Tinkel Baptiste Trotignon fait des clins d’œil à Fats Waller et à Errol Garner. Par ailleurs, il prend Passport sur un tempo d’enfer que Bud Powell n’aurait pas renié. Une douce légèreté plane sur Jenny Wren de Paul Mc Cartney alors que le climat de Fly, composé par le pianiste, se fait plus plus romantique.

Du dialogue entre le piano de Baptiste Trotignon et les percussions de Minino Garay émerge un album plein de contrastes. « Chimichurri » évolue entre une énergie presque brute qui frôle le chaos et de tendres mélodies où la poésie prend le dessus.

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Le saxophoniste Baptiste Herbin vient enchanter ces temps de confinement avec la sortie de « Vista Chinesa ». Son quatrième album offre un concentré musical imprégné de rythmes brésiliens. A la tête d’un quartet, l’altiste accueille des invités brésiliens de marque et introduit des chansons dans son répertoire. Son jeu volubile ne manque ni de nuance ni de sensibilité. Du jazz ensoleillé et flamboyant.

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Jazz Confiné #4

Pour cette rubrique « Jazz Confiné #4 », voix et instruments sont de la partie. Guitare et saxophone se donnent à écouter en solo puis la voix s’invite au sein d’un duo et de formations instrumentales élargies. Des versions musicales confinées qui donnent de plus en plus envie de retrouver les artistes sur scène mais il va falloir patienter encore en peu. En attendant, les albums enregistrés en studio avant la crise sanitaire et à sortir bientôt sont les bienvenus.

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Jazz Confiné #3

C’est du côté des Big Bands que regarde la rubrique « Jazz Confiné #3 ». Malgré le confinement, point de répit pour les grands orchestres de par le monde. Ils ne manquent ni de puissance, ni d’inspiration et encore moins d’inventivité. Du Jazz haut en couleurs sonores !

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Ambronay 2016 – Las Hermanas Caronni

Ambronay 2016 – Las Hermanas Caronni

« Las Hermanas Caronni », loin des musiques formatées

Samedi 17 septembre le duo des jumelles Caronni ouvre le cycle des « réjouissances sous le Chapiteau » que propose le Festival d’Ambronay. « Las Hermanas Caronni » offrent un concert hors des sentiers battus, comme une invitation au voyage.

« Las Hermanas Caronni » est un duo instrumental et vocal. Gianna au chant et aux clarinettes (clarinette et clarinette basse). Laura au chant « lead » et au violoncelle. Elles sont toutes les deux impliquées dans la composition des morceaux qu’elles interprètent. Avec trois albums à leur actif depuis leur venue en France dans les années 90, les sœurs font entendre une musique qui prend racine dans les traditions de leur pays natal, l’Argentine. A ce titre leur production s’inscrit dans ce qu’il est convenu de nommer « Musique du monde ». Pourtant leur identité musicale dépasse largement cette appellation.

En effet, immergées très jeunes dans la pratique de la musique baroque, « Las Hermanas Caronni » se sont aussi familiarisées avec la musique amérindienne et la pratique des percussions. De leur solide bagage musical classique acquis ensuite dans les conservatoires argentins et français (Lyon), les sœurs ont atteint une parfaite maîtrise instrumentale, Par ailleurs les deux artistes portent un intérêt certain pour le jazz et la liberté que l’improvisation procure. Di Donatto, Portal et Sclavis sont quelques-uns des clarinettistes de référence cités par Gianna.

Sur le chapiteau tombe la pluie. Sous le Chapiteau « Las Hermanas Caronni » installent une douce poésie empreinte de sérénité. L’élégance de leur musique triomphe des éléments naturels.

las-harmanas-caronni_ambronay-chapiteau_17092016_nvC’est en toute simplicité et vêtues de noir que les jumelles Caronni présentent leur duo et leur répertoire. Elles ont le souci de caractériser les influences de leur musique et donnent des repères au public d’Ambronay toujours curieux de découvrir les artistes présentés sous le Chapiteau. Parmi les treize titres inscrits au répertoire proposé, huit appartiennent à leur album « Navega Mundos » (Les Grands Fleuves/L’Autre Distribution) sorti en novembre 2015.

La tradition argentine imprègne le répertoire de « Las Hermanas Caronni ». Les musiques du Nord-Ouest de l’Argentine inspirent Cansino, un duo instrumental très calme, presque méditatif qui incite à prendre le temps. C’est du côté des traditions amérindiennes que les sœurs tirent leur inspiration pour le titre Esta cajita qui met en évidence la dimension percussive de ces musiques, l’une utilisant le corps du violoncelle et l’autre les « sabots de chèvre » pour marquer le tempo.

Les jumelles se réapproprient un tango de 1942, Yuyo Verde (« herbe folle »), dont elles donnent une version très libre.las-harmanas-caronni-3_ambronay-chapiteau_17092016_nv En effet, après une introduction instrumentale sensible elles s’évadent du cadre traditionnel du tango. Le murmure de la clarinette s’enroule autour de la mélodie nostalgique que chantent les cordes du violoncelle mais la passion reste sous-jacente. C’est La Chica del 17, un tango « vintage » que les sœurs interprètent en l’honneur à leur grand-mère qui leur a transmis le gout du chant. Laura entraîne son violoncelle dans une danse enlevée et sautillante. Avec Chamuya c‘est la milonga qu’explorent « Las Hermanas Caronni ». Ce titre plein d’humour figure sur leur deuxième album « Vuela ». Il s’agit d’une « milonga chinoise » écrite en souvenir de la période où elles croisent Juan Carlos Cáceres et jouent dans un orchestre de tango dans le quartier de Belleville à Paris. Le violoncelle lyrique laisse la parole à la clarinette basse très expressive qui ponctue son discours de citations de « La vie en rose » et de « Summertime ». La voix de Laura s’en mêle et installe une ambiance chinoise avant de reprendre des tonalités plus argentines.

La musique de « Las Hermanas Caronni » fait aussi des escapades du côté de la péninsule ibérique avec El Espagñol un morceau instrumental mélancolique d’inspiration espagnole. Les musiciennes font un clin d’œil à l’Andalousie avec leur reprise du titre des « Doors », Spanish Caravan. Pour pimenter le tout elles insèrent des bribes d’un morceau classique qu’elles donnent à découvrir au public. Il s’agit de « Tableaux d’une exposition » de Moussorgsky.

« Las Hermanas Caronni » saluent aussi la France avec une version très personnelle du morceau de Brassens, Je me suis fait tout petit. Leur pointe d’accent charmant accompagne leur interprétation de ce titre où la clarinette prend des accents klezmer et la voix de Laura se lance dans un scat très souple. Interrompues par les applaudissements du public abusé par la fin du scat, les sœurs ne se laissent pas déstabiliser et reprennent le morceau pour le terminer avec une fantaisie quelque peu dramatisée sur les cordes du violoncelle.

Avec émotion, les sœurs rappellent l’arrivée de leurs grands-parents suisses-italiens sur la terre argentine et interprètent Pachamama, « terre-mère » en leur mémoire. Les deux voix se superposent, puis la clarinette brode et esquisse un pas de tango.

Au-delà de toutes leurs influences musicales, « Las Hermanas Caronni » nourrissent leur répertoire de poésie et de douceur. On retient Macondo, composition écrite en hommage à l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez qui a situé à Macondo l’intrigue de son roman « Cent ans de solitude ». Elles nous rappellent d’ailleurs que ce roman est toujours d’actualité et que le temps tourne en rond. On a aimé les vers de Rainer Maria Rilke chantés sur la version inspirée de La mélodie des Choses dont la musique est écrite par Laura Caronni.

Le public ne cache pas son enthousiasme pour la musique des jumelles Caronni qui reviennent avec Drume negrita, une berceuse traditionnelle cubaine. « Las Hermanas Caronni » invitent ensuite les spectateurs à les rejoindre pour un After au Bar du Festival.

laura-caronni_ambronay-after_170916_nvC’est gianna-caronni_ambronay-after_cl_17092016_nvdans un bar bondé que les musiciennes sont accueillies pour l’After. Après leur généreuse prestation, elles jouent le jeu et offrent un second concert qu’elles animent avec patience et pédagogie. Elles se présentent et n’hésitent pas à donner des précisions très éclairantes concernant leurs trajectoires personnelles et les musiques qu’elles interprètent. On découvre la chacarera, rythme argentin inspiré de l’époque de la colonisation et typique de leur région d’origine, vers Rosario dans la campagne du nord-est de l’Argentine. C’est ensuite l’histoire d’un homme qui parcourt la pampa et dont la seule compagnie est celle d’un essieu grinçant, … en quelque sorte une rencontre musicale entre Jean-Sébastien (Bach !) et Atahualpa Yupanqui. En fin de soirée, elles entraînent le public à chanter avec elles une valse créole qui conte l’histoire d’un cheval têtu et indomptable.

Après cette soirée teintée d’une nostalgie toute argentine, il vient la tentation de réécouter « Vuela » et « Navega Mundos »  pour se replonger dans l’univers de « Las Hermanas Caronni » que l’on quitte avec regret. Par contre on se console en apprenant que prochainement leur premier album, « Baguala de la siesta » (actuellement indisponible) va être pressé de nouveau.

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Baptiste Herbin présente « Vista Chinesa »

Le saxophoniste Baptiste Herbin vient enchanter ces temps de confinement avec la sortie de « Vista Chinesa ». Son quatrième album offre un concentré musical imprégné de rythmes brésiliens. A la tête d’un quartet, l’altiste accueille des invités brésiliens de marque et introduit des chansons dans son répertoire. Son jeu volubile ne manque ni de nuance ni de sensibilité. Du jazz ensoleillé et flamboyant.

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