Résidence de Sangoma Everett au Musée des Confluences

Résidence de Sangoma Everett au Musée des Confluences

Accueil triomphal du concert « Tribute to Fela Kuti »

Le samedi 11 février à 20h30, le grand Auditorium de Musée des Confluences affiche complet pour « A tribute to Fela Kuti », la création de Sangoma Everett consacrée à Fela Kuti. Le spectacle festif, énergique et généreux a été accueilli avec enthousiasme par un public déchainé.

Devant l’affluence suscitée par l’annonce de cet hommage musical rendu à Fela Kuti par Sangoma Everett au terme de sa résidence, le Musée des Confluences a même proposé un concert supplémentaire le vendredi 10 février à 12h 30 qui a lui aussi fortement mobilisé les amateurs.

On connait le goût de Sangoma Everett pour les projets et les aventures musicales dans lesquelles il s’investit avec passion et réussite. Cette fois encore le projet du batteur originaire de Virginie et installé à Lyon depuis longtemps est ambitieux. Pour cet hommage à Fela Kuti, le roi de l’Afrobeat, héros du peuple africain pour sa résistance à l’oppression coloniale et à la corruption, Sangoma Everett a réuni autour de lui dix musiciens talentueux aux origines diverses et trois choristes. Il s’est aussi adjoint la collaboration de Philippe Maniez dont les arrangements et la direction souple et efficace ont pour beaucoup contribué à la réussite du projet.

Le concert du 11 février ouvre à 20h30 devant une salle comble avec une démonstration de percussion offerte par Sangoma Everett, Edmundo Carneiro et Dele Sosimi sur un tambour des Collections du Musée des Confluences. Après cette introduction l’orchestre au grand complet gagne la scène. Les musiciens des différents pays d’Afrique sont parés de costumes colorés ainsi que les choristes. La salle retient son souffle.

Le chanteur Sahr Ngaujah, celui-là même qui a obtenu un Viv Award en 2008 pour son interprétation de Fela Kuti dans la comédie musicale « Fela ! » s’investit avec grande conviction dans l’hommage rendu ce 11 février sur la scène du Grand Auditorium du Musée des Confluences. Tout de jaune vêtu, le chanteur danse et chante avec énergie.

Sa prestation généreuse dégage une dynamique contagieuse qui gagne la scène et la salle. En effet, très vite le public participatif répond à ses sollicitations avec force spontanéité. L’ambiance monte dans la salle.

Sur les gradins, toutes et tous se lèvent, vibrent, dansent, chantent et oublient vitre les sièges pourtant confortables de cet auditorium très accueillant. Après avoir évoqué la personnalité et le rôle clef de Fela Kuti en tout début de spectacle, Sahr Ngaujah assume son rôle avec un professionnalisme hors pair. Sa présence scénique charismatique dénuée de tout cabotinage est totalement dévolue à la musique et participe à  la réussite du spectacle. Il demeure investi même durant les « intermèdes » pourtant assez éloignés des propos musicaux de l’Afrobeat.

Le spectacle se déroule dans une ambiance de liesse inouïe. Les rythmiciens se déchaînent, le climat est torride même s’il ne déclenche pas la transe propre à l’Afrobeat. Dans la trame « africaine » du spectacle, Sangoma Everett a incrusté des « Intermèdes » qui tranchent avec l’énergie du spectacle et apportent des respirations singulières mais bienvenues.

Intimiste et sensible en fond de scène, le duo entre Bastien Brison, le pianiste du Sangoma Everett trio et le talentueux harmoniciste Olivier Ker Ourio. Comme une pépite de jazz inattendue advient une interprétation recueillie du thème John Coltrane écrit par Bill Lee. Une formation réduite, Sangoma Everett (batterie), Felix Manuaku et Karim Addadi (guitares) et Mamadou Ba (basse), accompagne le saxophoniste ténor Ganesh Geymeier. De son instrument s’élève une incantation méditative empreinte de sérénité. Le chanteur Sahr Ngaujah  mêle sa voix à la plainte du saxophone. Un instant magique de spiritualité.

Durant les deux heures du concert le plaisir des musiciens est perceptible. Le percussionniste Edmundo Carneiro tient le rythme avec vigueur. Maillon actif dans la transmission de l’héritage de Fela Kuti, le claviériste Dele Sosimi témoigne une attention continue au déroulement du spectacle. Tantôt hiératique dans sa tenue traditionnelle derrière les claviers, tantôt impliqué dans les mouvements scéniques débridés auxquels il participe.

Malgré leur soutien énergique, les interventions des choristes manquent un peu de puissance face au déchainement de la section rythmique. La section des instruments à vent constituée par les talentueux Alain Vankenhove (trompette) et Ganesh Geymeier (saxophone ténor) aurait gagné à être étoffée par d’autres instruments (trombone ou saxophone baryton) qui auraient cuivré l’atmosphère face à une section rythmique très dense, ce que n’a pu faire l’harmonica d’Olivier Ker Ourio dont on a pourtant apprécié les interventions précieuses et délicates.

Visiblement très ému par l’accueil du public et l’enthousiasme des musiciens, Sangoma Everett a gagné son pari et réussi ce nouveau projet qui lui tient tant à cœur. Il a su convaincre et honorer ainsi le grand Fela Kuti en donnant toute l’ampleur requise à sa musique. Le spectacle a justifié son titre « A tribute to Fela Kuti & His Shinning Fearlessness », un hommage chaleureux et énergique à Fela Kuti rendu par un orchestre intrépide et lumineux. Longue vie à ce projet !

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