« Mare Nostrum III » du trio Fresu-Galliano-Lundgren

« Mare Nostrum III » du trio Fresu-Galliano-Lundgren

Rêverie apaisante

« Mare Nostrum III » constitue le dernier volet de la trilogie du trio constitué de Paolo Fresu, Richard Galliano et Jan Lundgren. Le répertoire se distingue par la délicatesse des interprétations et l’apaisement que procure leur écoute. Une mer poétique sur laquelle il fait bon naviguer et rêver !

Sorti le 25 janvier 2019, « Mare Nostrum III » (ACT/PIAS), le troisième album du trio all star qui réunit Paolo Fresu (trompette, bugle), Richard Galliano (accordéon) et Jan Landgren (piano) est aussi le dernier volet annoncé de la trilogie « Mare Nostrum ».

L’esthétique « Mare Nostrum »

« Mare Nostrum », un idiome jazz où mélodies inspirées et poétiques alimentent de tendres rivières musicales.

Depuis douze ans le trompettiste sarde Paolo Fresu, l’accordéoniste français Richard Galliano et le pianiste suédois Jan Landgren ont navigué sur une mer apaisante et poétique. Sur les albums et sur les scènes, les trois musiciens européens ont fait vivre leurs échanges sereins et lyriques. Issus de trois mondes musicaux, les musiciens sont parvenus à transcender leurs individualités pour créer un langage musical commun à l’esthétique singulière, celle de « Mare Nostrum »couverture album Mare Nostrum III

Après « Mare Nostrum I » réalisé en Italie et sorti en 2007, le trio s’est retrouvé et a enregistré « Mare Nostrum » en France, aux Studios La Buissonne à Pernes-les-Fontaines. En toute logique, le tour d’Europe s’est terminé au Nilento Studio de Gothenburg où a été enregistré « Mare Nostrum III ».

Ce troisième et dernier volet s’inscrit tout à fait dans l’esthétique des deux albums précédents.

« Mare Nostrum III »

Les quinze titres de « Mare Nostrum III » complètent tout à fait la trilogie. Chaque artiste apporte sa contribution au répertoire avec trois titres originaux et une composition favorite.

Les compositions originales

Avec Blues sur Seine, composé par Richard Galliano l’album entame le voyage sur les eaux de la Seine. Le Jardin des Fées, Letter to my Mother et Prayer sont imprégnés d’une très forte mélancolie puisque le deuxième rend hommage au regretté violoniste Didier Lockwood, le deuxième à sa mère alors que le dernier élève une prière.

Ballades subtiles où la sensibilité prend le pas sur la virtuosité.

Pavese, Del Soldato in trincea, Human Requiem et Perfetta, les quatre compositions de Paolo Fresu sont fortement imprégnées de nostalgie. Si le premier thème porte le nom de l’écrivain et poète italien trop tôt disparu, la deuxième évoque le film du cinéaste Ermanno Olmi, « Tomerrano i prati », évoquant le carnage d’une bataille de la première guerre. La trompette bouchée colore d’une tristesse infinie les deux derniers titres écrits par Paolo Fresu.

Quatre ballades nocturnes d’une grande densité émotionnelle.

Jan Lundgren insuffle un souffle rythmique bienvenu sur Love Land.

Le compositeur instille une douce allégresse bluesy à Ronneby, petite ville suédoise. Love in Return pose une tendre note d’espoir alors que The Magic Stroll valse avec délice sur les chemins d’une promenade aux teintes sépia.

Avec le rythme affleure la joie de vivre et un souffle rafraichissant.

Les reprises

I’te vurría vasá du Napolitain Eduardo di Capua résonne de la langueur d’un amour imprégné de questionnement et d’attente. C’est un même sentiment d’amour où affleure presque le désespoir qui alimente Love Theme from « The Gateway », la composition écrite par Quincy Jones pour le film de Sam Peckinpah.

L’amour, encore lui, préside à la destinée de The Windmills of Your Mind écrit par Michel Legrand pour la BO film « L’Affaire Thomas Crown ». Interprété avec un lyrisme bordé de bleu, ce thème prend les accents d’un hommage respectueux et lyrique rendu par le trio Fresu-Galliano-Lundgren au compositeur disparu le lendemain de la sortie de l’album.

Par ses teintes pastel, ses mélodies mélancoliques et sa douce rêverie, les vagues de « Mare Nostrum III » apportent paix et nostalgie sur les rivages de la mer poétique qu’alimentent depuis douze ans le trio européen Paolo Fresu, Richard Galliano & Jan Lundgren.

Nuits de Fourvière 2022 – La programmation

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« Indigo » par Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva

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Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio

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Clin d’œil jazz à Michel Legrand

Clin d’œil jazz à Michel Legrand

Ses compositions inspirent le jazz

Le pianiste, compositeur et arrangeur Michel Legrand est mort le 26 janvier à l’âge de 86 ans. Les enregistrements et de nombreux témoignages disent combien il a aimé, pratiqué et enregistré ce versus de la musique appelée jazz. Par ailleurs ses talents de compositeur et d’arrangeur furent tels que beaucoup de ses compositions ont été interprétées par les artistes du jazz.

Cet humble clin d’oeil jazz vaut hommage respectueux des « Latins de Jazz » à ce talentueux artiste.

Michel Legrand a embrassé la musique dans toutes ses dimensions. Sa curiosité musicale insatiable l’a conduit du classique d’abord étudié au CNSP notamment sous la direction de Nadia Boulanger. aux comédies musicales en passant par le jazz et les musiques de film pour finalement revenir à la musique classique.

Du classique au jazz

En 1942, à l’âge de 10 ans Michel Legrand entre au Conservatoire National Supérieur de Paris où il étudie le piano et la composition. En 1948, il découvre le jazz après un concert de Dizzy Gillespie. Il se sent alors sans doute trop à l’étroit dans le monde de la musique classique et choisit de vivre du music-hall dans un premier temps pour gagner sa vie. Dans ce contexte, il découvre les USA en 1959 lors d’une tournée avec Maurice Chevalier dont il était alors directeur musical.

Couverture de l'album I Love Paris de Michel Legrand and his OrchestraDans le même temps il était orchestrateur au sein de la compagnie Philips qui le charge de réaliser un disque d’ambiance aux USA. C’est ainsi qu’en 1954 il enregistre seize titres consacrés à Paris avec un grand orchestre sur un album intitulé « I Love Paris » dont la pochette avec sa photo plutôt caricaturale, ne reflète en rien la fluidité et la musicalité de la musique proposée sur les seize morceaux parmi lesquels I Love Paris, Les Feuilles Mortes, April in Paris, Paris Canaille, A Paris, La vie en Rose, Sous les Ponts de Paris.

Après ce disque d’ambiance qui fait un tabac outre-Atlantique, la firme Columbia permet à Michel Legrand d’enregistrer l’album « Legrand Jazz -Michel Legrand And His Orchestra Featuring Miles Davis » publié chez Columbia en 1958Couverture de l'album Legrand-Jazz enregistré par Michel Legrand et enregistré en trois séances à New-York avec quelques-unes des plus grandes sommités du jazz de l’époque. Michel Legrand a arrangé l’ensemble des compositions et dirigé l’orchestre.

Parmi les musiciens des trois sessions on peut citer de manière non exhaustive Hank Jones, Art Farmer, Donald Byrd, Ben Webster Teo Macero, George Duvivier, Major Holley mais aussi Bill Evans (piano), Phil Woods (saxophone alto), John Coltrane (saxophone ténor), Jerome Richardson (saxophone baryton), Miles Davis (trompette), Herbie Mann (flute), Eddie Costa (vibraphone), Barry Galbraith (guitare), Betty Glamann (harpe), Paul Chambers (contrebasse), Kenny Dennis (batterie) qui interprètent Django, la composition de John Lewis dirigée par Michel Legrand et enregistrée le 25 juin 1958.

Du jazz à la musique de film

De retour à Paris Michel Legrand continue à composer, à accompagner des artistes comme Dario Moréno, Zizi Jeanmaire, Claude Nougaro pour lequel il compose et arrange les musiques de son premier album. Il enregistre aussi avec des orchestres à cordes mais durant les années 60 il découvre une nouvelle voie qu’il va explorer avec succès, celle de la musique de film. Il compose alors pour de nombreux réalisateurs parmi lesquels Jean-Luc Godard mais très vite il unit son talent à celui du réalisateur et metteur en scène Jacques Demy avec lequel il va fonder un tandem gagnant. Ainsi Michel Legrand va écrire les partitions des musiques « Lola » (1961), « Les Parapluies de Cherbourg » (1964), « Les Demoiselles de Rochefort » (1967), Peau d’âne (1970) et « Trois places pour le 26 » (1988). Ces BO ont connu un succès international et certains titres ont été repris par de nombreux artistes de tous bords.

The Windmills Of Your Mind

Le succès de Michel Legrand dans le domaine de la musique de film continue avec celle qu’il compose pour « L’Affaire Thomas Crown » (1968). Il obtient d’ailleurs à l’occasion l’Oscar de la meilleure chanson originale pour The Windmills of Your Mind. Cette magnifique musique va inspirer nombre d’artistes de jazz

Parmi eux le trompettiste Dizzy Gillespie enregistre le titre sur l’album « Cornucopia » (Solid State Records) sorti en 1970.

The Windmills Of Your Mind a aussi inspiré la chanteuse Abbey Lincoln qui chante le titre sur l’album « Over the Years » (Verve/Gitanes Jazz Productions). Elle est entourée de Joe Lovano au saxophone ténor et de Brandon McCune (piano), John Ormond (basse), Jaz Sawyer (batterie).

What Are You Doing the Rest of Your Life?

En 1969 Michel Legrand compose What Are You Doing the Rest of Your Life ? pour la bande originale du film de Richard Brooks “The Happy Ending”. Ce thème a lui aussi inspiré de nombreux hommes et femmes de l’univers jazz. La composition a d’ailleurs obtenu en 1973 un Grammy Award avec la version chantée de Sarah Vaughan en 1972 sur l’album « Sarah Vaughan ‎– Orchestra » (Mainstream Records) arrangé et dirigé par Michel Legrand.

What Are You Doing the Rest of Your Life? a irrigué le répertoire du pianiste Bill Evans qui l’a enregistré en trio en 1974 avec Eddie Gomez (contrebasse) et Marty Morell (batterie) à Camp Fortune à Ottawa (Canada). Le titre a été publié en 1991 sur l’album « Blue in Green - The Concert in Canada  » (Milestones Records).

En 1972 Michel Legrand reçoit l’Oscar de la meilleure musique de film sorti en 1971, “Un été 42” et en 1984 lui revient une troisième statue dorée avec l’Oscar de la meilleure adaptation musicale pour la musique du film de Barbra Streisand « Yentl ».

Jazz, musique de film, comédie musicale et retour au classique

Revenu en France, Michel Legrand continue ensuite ses collaborations avec le cinéma puis se lance dans l’écriture d’une comédie musicale qui prend la forme d’un opéra bouffe « Le Passe-Muraille » en 1997 mais son intérêt pour le jazz ne faiblit pas. Il continue en effet à le pratiquer sur les scènes internationales de jazz comme pianiste comme sur la version tonique de sa composition Watch What Happens au Festival de Montréal en 2001 avec le trio du saxophoniste Phil Woods qui réunit Eric Lagace (basse) et Ray Brinker (batterie).

En 2013 Michel Legrand publie et tourne sur scène « Entre elle et lui » avec la soprano Nathalie Dessay. En 2017, est sorti le premier enregistrement d’œuvres classiques composées par Michel Legrand, deux Concertos enregistrés avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France, dirigé par son directeur musical, le chef finlandais Mikko Franck. Un concerto pour piano qu’il interprète lui-même et un concerto pour violoncelle joué par Henri Demarquette.

En janvier 2018 il a écrit en un mois une heure quarante de musique pour « The Other Side of the Wind/De l’autre côté du vent », un film inachevé d’Orson Welles (1915-1985), ce qui porte à son crédit rien moins que 180 musiques de films.

Michel Legrand a laissé son empreinte sur tous les univers qu’il a explorés avec talent et succès. Sur l’album « Mare Nostrum III » (ACT/PIAS) sorti le 25 janvier 2019, Paolo Fresu (trompette), Richard Galliano (accordéon) et Jan Lundgren (piano) ont enregistré une magnifique version de The Windmills of Your Mind, comme un hommage rendu avec lyrisme et mélancolie à Michel Legrand disparu le 26 janvier 2019.

Nuits de Fourvière 2022 – La programmation

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« Indigo » par Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva

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Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio

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Philppe Soirat publie « Lines and Spaces »

Philppe Soirat publie « Lines and Spaces »

Alchimie entre tradition et modernité

Attendu pour le 25 janvier 2019, « Lines and Spaces », le deuxième album du batteur Philippe Soirat emprunte son titre à un morceau de Joe Lovano. Ancrée dans la tradition du hard bop, la musique tisse un fil d’Ariane entre tradition et modernité.

Philippe Soirat ne se contente pas d’avoir accompagné de nombreux musiciens de la scène française et internationale tels que Barney Wilen, Ricky Ford, Lee Konitz, Lionel et Stéphane Belmondo, Lou Donaldson, Dee Dee Bridgewater, Ray Brown, Laurent de Wilde, Johnny Griffin, Mark Turner, Phil Woods ou Steve Grossman. Il apparait aussi en sideman sur plus de soixante-dix enregistrements auprès de Gordon Beck, George Cables, Barry Harris, les frères Belmondo, Michel Legrand, Gael Horellou, Samy Thiébault et plus récemment Hervé Sellin, Emmanuel Borghi et Jacques Vidal.

La sortie du premier disque de Philippe Soirat en quartet a permis à ce rythmicien si souvent sollicité pour ses qualités d’accompagnateur d’endosser en 2015 le rôle de leader sur « You know I Care ». Il a dû y prendre goût puisqu’il revient avec les mêmes complices sur un deuxième album, « Lines and Spaces » (Paris Jazz Undergound/Absilone/Socadisc), attendu pour le 25 janvier 2019.

« Lines and Spaces »

Aux côtés du batteur Philippe Soirat on retrouve donc sur l’album « Lines and Spaces » le saxophoniste David Prez, le pianiste Vincent Bourgeyx et le contrebassiste Yoni Zelnik.

Couverture de l'album "Lins and Spaces" du batteur Philippe SoiratL’album propose un répertoire de neuf titres parmi lesquels six reprises de morceaux composés par de grands jazzmen. Trois saxophonistes, Joe Lovano, auquel il emprunte Lines and Spaces qui donne son titre à l’album, John Coltrane et Wayne Shorter mais aussi le bassiste Robert Hurst, le trompettiste Jeremy Pelt et le batteur James Black. Le disque présente par ailleurs trois compositions originales, deux créditées à David Prez, Carte Blanche et A Shorter One et Dong écrite par Vincent Bourgeyx.

Le leader n’investit donc pas dans l’écriture, pas plus qu’il n’affiche une quelconque allégeance à un batteur plus qu’à un autre. Il manifeste plutôt un intérêt pour des compositions qui suscitent chez lui de l’intérêt. Philippe Soirat fait plutôt le choix d’inscrire son empreinte sur des musiques dont les esthétiques et la profondeur l’inspirent.

Le quartet inscrit son expression dans un espace dont les lignes favorisent une musique souple et subtile servie par une puissante expressivité. Rien d’étonnant à cela car si le Philippe Soirat assure de manière infaillible le sens du tempo, il possède par ailleurs deux autres qualités essentielles attendues chez un batteur, la puissance et le raffinement. Cette dernière qualité lui permet de développer précision et délicatesse, deux atouts qui garantissent au rythmicien de développer une approche mélodiste.

Impressions musicales

On se réjouit des accents hard-bop de Carte Blanche qui permet d’apprécier le jeu fluide du ténor, le piano éloquent et la puissance de la batterie. Après une introduction atypique de Countdown par le trio piano-basse-batterie, on savoure la manière fougueuse avec laquelle ténor et batterie relancent la composition de Coltrane sur les rails du hard-bop.

On craque à l’écoute de la reprise de Second Genesis. Après avoir caressé la mélodie du titre de Wayne Shorter, le saxophone ténor déroule son jeu fluide qui fait suite aux phrases ciselées du pianiste. La composition de David Prez, A Shorter One, prolonge le plaisir car le morceau fait écho à l’univers si singulier du grand maître du saxophone qu’il honore. Le collectif crée un climat onirique qui se fait elliptique puis flotte sur la ligne romantique esquissée par le ténor.

Le souffle diaphane du ténor fait vaciller le voile de tendresse dont se pare la douce ballade Dong. On ne se lasse pas des souples ponctuations de la rythmique sur la composition de James Black, Magnolia Triangle que saxophone et piano teintent d’accents bluesy. On est touché par la mélodie mélancolique de Nephtys qui permet d’apprécier le lyrisme bien tempéré du piano ainsi que la concision, la précision et la souplesse du chorus de batterie.

Après avoir été conquis par le jeu moderne du quartet qui reprend avec une facilité déconcertante Lines and Spaces de Joe Lovano, on est emballé par la version groovy que le groupe donne de Aycrigg de Robert Hurst. Ce dernier titre de l’album met en effet en lumière la virtuosité du pianiste, le phrasé véloce du saxophone, la complicité de la section rythmique et la puissance tout en raffinement du batteur.

Les neuf titres de « Lines and Spaces » révèlent la parfaite cohésion du quartet de Phikippe Soirat. Quatre talentueux musiciens au service d’une musique libre et innovante qui relie tradition et modernité.

Pour écouter en concert le quartet de Philippe Soirat interpréter le répertoire de « Lines and Spaces », rendez-vous à 21h le 12 mars 2019 dans la salle du Sunset à Paris.

Nuits de Fourvière 2022 – La programmation

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« Indigo » par Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva

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Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio

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Alexis Avakian signe « Miasin »

Alexis Avakian signe « Miasin »

Une identité musicale affirmée

Entouré de la même équipe, Alexis Avakian signe son troisième album, « Miasin ». Le saxophoniste affirme son identité musicale à la charnière entre jazz et tradition musicale arménienne. La musique confirme ainsi sa singularité et sa richesse.

Après « Digging Chami » (2014) et « Hi dream » (2017), le saxophoniste et compositeur Alexis Avalian revient le 25 janvier 2019 avec son troisième album « Miasin » (Diggin Prod/Absilone/Socadisc). Le saxophoniste, flutiste et compositeur continue à cheminer entouré de la même équipe, ce qu’affirme le titre Miasin qui signifie ensemble.

A la confluence du jazz et de la tradition musicale arménienne

Le pianiste Ludovic Allainmat, le contrebassiste Mauro Gargano et le batteur Fabrice Moreau, pourvoient avec Alexis Avakian à la coloration jazz de l’album. Leur intervention demeure par ailleurs essentielle dans les ambiances plus influencées par la tradition musicale arménienne incarnée avec lyrisme par Artyom Minasian (doudouk, chevi et zurna) rejoint sur cet opus par le virtuose Miqayel Voskanian (tar, voix).

Les arrangements, les mélodies, les rythmiques, les alliages de timbres, l’organisation du répertoire, tout participe à créer une impression de flottement harmonieux entre deux univers… entre l’énergie du jazz et la mélancolie de la tradition musicale arménienne.

L’album « Miasin »

Couverture de l'abum "Miasin" d'Alexis AvakianSur les onze titres du répertoire, neuf sont à porter au crédit d’Alexis Avakian. Par ailleurs, l’album « Miasin » compte Ostuni-Nostruni, une composition de Mauro Gargano arrangée par le leader ainsi qu’un morceau traditionnel arménien, Erzeroumi Shoror, arrangé par le saxophoniste et le pianiste. Les instruments traditionnels interviennent sur ce thème et cinq autres titres.

La pulsation jazz prévaut sur quatre morceaux joués en quartet (saxophone/flute, piano, contrebasse, batterie) et le splendide Gugo’s Jokes où interviennent les instruments traditionnels. Par contre les arrangements projettent des impressions et des couleurs venues des contrées caucasiennes sur l’ensemble du répertoire.

Impressions musicales

Vibrations jazz

Sur le torride Yaounde le saxophone ténor élève une imploration spirituelle que soutiennent la batterie virevoltante, la contrebasse à la sonorité spatiale et le piano au toucher ciselé. Sur Le rôle est beau la section rythmique impulse la cadence d’un boléro. On s’enivre à l’écoute de la sonorité détimbrée du saxophone gémissant et du piano élégant.

Sur Wayne The Saint on savoure le découpage du tempo à tendance funky. Il densifie le propos du saxophone qui sanctifie Wayne Shorter sans le cloner. Ostuni-Nostruni enchante par les soli de la contrebasse lyrique, de la flute aérienne et du piano inspiré.

Lumineuse mélancolie arménienne

Tar et doudouk s’unissent à la voix et au ténor sur une version lumineuse et mélancolique du morceau traditionnel arménien Erzeroumi Shoror évocateur de l’indicible souffrance que vécurent les habitants arméniens de la ville d’Erzeroumi.

Telle une incantation émouvante Yerevanadzor débute avec contrebasse et doudouk. Le solo de piano recueilli se poursuit par la plainte déchirante du saxophone que le tar prolonge jusqu’à la toute fin du morceau. Doudouk et saxophone entremêlent leur souffle sur Miasin que la batterie pointilliste ponctue. Les cordes du piano et de la contrebasse vibrent de concert sur ce morceau imprégné de tradition arménienne.

Des ilots flottants entre deux mondes

On craque sur la musique de Circus qui claque comme un défoulement libérateur. Duo baroque entre flute et contrebasse, Interludo offre une  respiration éthérée et salutaire après Improvisation pour Julien, véritable prière collective. Le superbe Gugo’s Jokes navigue entre un jazz pulsatile et la mélancolie poignante de la tradition musicale arménienne.

Sur « Miasin » un dialogue fluide se tisse entre les voix des instruments modernes pourvoyeurs de l’énergie du jazz et ceux des tar, doudouk, chevi et zurna venus des temps anciens. Au final l’album délivre une musique intime au climat émotionnel intense. Les sonorités des instruments traditionnels contribuent pour beaucoup à ces teintes vibrantes.

Entouré de son équipe, Alexis Avakian présente son nouvel album. Deux rendez-vous pour écouter en concert le répertoire de « Miasin ». Le 30 janvier 2019 à 21h au Studio de l’Ermitage de Paris et le 02 février 2019 à 21h dans la salle du Crescent de Mâcon.

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Das Kapital revient avec « Vive la France! »

Das Kapital revient avec « Vive la France! »

Avant-gardiste, nostalgique et réjouissant

Das Kapital est de retour le 25 janvier 2019 avec son nouvel album « Vive la France! ». Le trio européen revisite des musiques labellisées « France » mais pas question de caresser les partitions dans le sens du poil. L’opus réjouissant décoiffe les portées. Avant-garde-musicale rime avec invention nostalgique.

Couverture de l'album "Vive la France!" du trio Das KapitalAprès une résidence de création à l’AJMI Jazz Club d’Avignon, le trio Das Kapital a enregistré son nouveau répertoire dédié à la musique française en juin 2018 au Studio Gil Evans d’Amiens. L’album « Vive la France » (Label Bleu/L’Autre Distribution) est annoncé pour le 25 janvier 2019. Bravo à ce label emblématique et ancré dans l’histoire du jazz français qui estampille cet album rafraîchissant et réjouissant.

En ces périodes agitées où la France se questionne profondément, on se félicite qu’un trio jazz élève une nouvelle barricade pour lutter contre les musiques formatées. Das Kapital prend la parole pour rendre hommage de manière créative et non partisane à une partie de la richesse musicale française. On s’attendait à un format singulier. Au final c’est le cas et on applaudit très fort.

Das Kapital, un trio européen

le trio Das Kapital-Vive la France©Denis Rouvre

Das Kapital-« Vive la France »©Denis Rouvre

Fondé il y a plus de quinze ans, Das Kapital réunit le batteur et percussionniste français Edward Perraud, le guitariste danois Hasse Poulsen et le saxophoniste allemand Daniel Erdmann. Groupe incontournable des scènes de jazz en Europe, le trio Das Kapital a aussi conquis ses galons sur de nombreuses scènes des pays Baltes, de Russie, et d’Amérique centrale. Il est devenu une référence dans le monde de la musique improvisée.

Après « Ballads & Barricades », « Conflicts & Conclusions », « Das Kapital Loves Christmas » et « Kind of Red » le trio européen revient avec « Vive la France! » sur lequel le groupe continue sa lutte pour une musique libre et impertinente.

Das Kapital hisse haut le drapeau de la musique improvisée et la colore en bleu-blanc-rouge… mais qu’on se rassure, rien de ringard ni de conventionnel, ce serait mal connaître la philosophie du groupe !

« Vive la France », hors des portées balisées

Sur « Vive la France! » les trois artistes ouvrent de nouvelles fenêtres et aèrent les musiques qu’ils propulsent hors des portées balisées. Certes, la démarche du trio peut paraître impertinente mais elle est surtout imprégnée de la liberté qui devient source de créativité

Les artistes du trio Das Kapital détournent six grands succès de la chanson française de Barbara, Georges Brassens, Jacques Brel et Charles Trénet et magnifient deux hits incontournables de Claude François et Patrick Hernandez. Pop et disco prennent belle tournure.

Guitare, saxophone (ténor ou soprano) et batterie suffisent pour dimensionner autrement six partitions archi-connues des grands compositeurs baroques et classiques que sont Antoine de Bertrand, Jean-Baptiste Lully, Joseph-Nicolas Pancrace-Royer, Eric Satie, Maurice Ravel et Georges Bizet.

Das Kapital-Vive la France©Denis Rouvre

Das Kapital-« Vive la France »©Denis Rouvre

Pour que le plaisir soit complet il fallait que la pochette résonne au diapason de la musique. Là encore c’est gagné. En effet, le photomontage de Christian Kirk Jensen sur la pochette et la photo du trio de Denis Rouvre à l’intérieur de l’album vibrent à l’unisson de la musique. Un peu comme si Das Kapital proposaient à de Gaulle, Louis XIV et Napoléon de se saisir de leurs instruments de musique pour saluer un drapeau français planté sur la lune.

Das Kapital bouscule les codes tout comme Gainsbourg l’avait fait en détournant La Marseillaise en reggae.

Si rythmes et développement des morceaux prennent leur distance avec les écritures originelles, le respect des lignes mélodiques permet de préserver l’essence des morceaux et aide à identifier les musiques.

Après l’écoute de l’album, on continue à aimer les pièces et chansons qu’on chérissait et l’on découvre autrement ce qui nous touchait peu. En fait, il a suffi de quelques arrangements inventifs et du talent des trois compères complices pour que ces airs (archi)connus résonnent autrement. Là réside la vertu pédagogique de l’album, avec qui on ré-apprend à écouter.

Sur « Vive la France! » la démarche un brin insolente et irrévérencieuse du trio Das Kapital offre de nouvelles couleurs et des superbes contrastes à quelques perles de la musique française populaire et savante. Ces monuments du patrimoine français en ressortent ragaillardis et revigorés… et ceux et celles qui les écoutent aussi !

Pour vivre live la musique du trio Das Kapital, rendez-vous à 20h le 12 février 2019 au Théâtre Claude Debussy de Maisons-Alfort, dans le cadre du festival “Sons d’Hiver”. Une belle occasion pour écouter en concert Pavane pour une Infante Défunte, Le Vertigo, Rondeau, Born to be alive, Comme d’habitude, Gymnopédie #1, Ma plus belle histoire d’amour, Ne me quitte pas, Marche pour la cérémonie des Turcs, Le temps ne fait rien à l’affaire, Les deux yeux bruns, doux flambeaux de ma vie, L’Arlésienne et La Mer.

Nuits de Fourvière 2022 – La programmation

Nuits de Fourvière 2022 – La programmation

Après un festival annulé en 2020 et un festival 2021 très contraint par les conditions sanitaires, l’édition des Nuits de Fourvière 2022 va de nouveau faire vibrer le cœur de l’été. En effet, le festival International de la Métropole de Lyon revient avec une programmation ambitieuse qui fait la part belle au spectacle vivant avec… 59 spectacles, 12 créations, 7 coproductions et 173 représentations de théâtre, danse, musique, opéra, cirque !

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« Indigo » par Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva

« Indigo » par Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva

Pour le vingtième anniversaire de leur duo, Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva se retrouvent sur l’album « Indigo ». En douze pistes, clarinette et piano dressent un portrait musical ciselé de l’univers de Duke Ellington. Un jazz chambriste dont les tendres nuances trament une musique aux délicates couleurs. Un opus somptueux et poétique, comme un portrait sensible de Duke Ellington.

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Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio

Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio

Nouvelle voix du violon jazz, Èlia Bastida vient de sortir « Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio », un nouvel album enregistré avec le saxophoniste Scott Hamilton et le trio de Joan Chamorro. Dialogues lyriques, arrangements splendides. Un opus sensible et inspiré où swing et musicalité flirtent avec élégance.

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Clin d’œil à « ¿Que Vola? »

Clin d’œil à « ¿Que Vola? »

Entre énergie frénétique et lumineuse incantation

Annoncé pour le 25 janvier 2019 l’album « ¿Que Vola? » réunit autour du tromboniste Fidel Fourneyron, six musiciens de la scène jazz française et trois percussionnistes cubains. Le répertoire mêle rythmes traditionnels afro-cubains et jazz européen actuel. Entre transe et spiritualité, la musique résonne comme une célébration païenne irradiée d’énergie et de lumière.

« ¿Que Vola? » … une expression qui émaille les salutations qu’échangent les Cubains dans les rues de l’île. Un « quoi de neuf ? » chantant pour engager la conversation. « ¿Que Vola? »… c’est aussi le nom d’un projet musical porté depuis 201,2 entre Paris et Cuba, par le tromboniste Fidel Fourneyron. Au final, « ¿Que Vola? » résulte d’un échange humain et musical entre trois percussionnistes de l’orchestre cubain Osain del Monte et un septet de jazz français réuni autour de Fidel Fourneyron.

« ¿Que Vola? »… c’est enfin un album bluffant !

« ¿Que Vola? » (No Format!) propose de s’immerger dans une cérémonie païenne irradiée d’énergie et de spiritualité. Nourris des rythmes sacrés afro-cubains, les tambours des trois percussionnistes unissent leur énergie avec les souffles poétiques des cuivres et vents du septet jazz. Le collectif musical franco-cubain élabore une musique incantatoire et incendiaire, une transe musicale envoutante et frénétique à laquelle il est difficile de résister.

Entre Paris et Cuba

Après un premier voyage en 2012, Fidel Fourneyron séjourne plusieurs fois dans l’île de Cuba. Grâce aux conseils éclairés de Thibault Soulas (contrebassiste) qui a vécu à La Havane, il découvre les rythmes et les chants sacrés de la musique cubaine. Il a l’occasion de rencontrer et jouer avec le groupe Osain del Monte, Cinq musiciens de ¿Que Vola?  (F Fourveyron, T Soulas, A Panter Calderon, B Crespo Richard, R Tamayo Martinez)un des orchestres les plus en vue et novateur de l’île où officient trois percussionnistes érudits des rythmes sacrés et créateurs de la néo-rumba, Adonis Panter Calderon, Barbaro Crespo Richard et Ramon Tamayo Martinez.

Avec Thibaud Soulas le tromboniste se plonge dans le labyrinthe des rythmes qui accompagnent les cultes sacrés (Regla de Ocha,  Palo ou de la confrérie Abakua) et approfondit sa connaissance de la rumba, profane et populaire que jouent les trois frappeurs de Osain del Monte. Petit à petit chez Fidel Fourneyron devenu en 2014 tromboniste de l’ONL d’Olivier Benoit, l’idée fait son chemin de remplacer les voix des chants sacrés par les souffles de cuivres et saxophones et d’y associer les battements des trois percussionnistes cubains.

Trois percussionnistes cubains et un septet de jazz français

Fidel Fourneyron et Thibaud Soulas composent, arrangent et conçoivent un répertoire où rythmes cubains, profanes et sacrés, ont la part belle. Les deux directeurs musicaux du projet « ¿Que Vola? » rassemblent les trois percussionnistes de Cuba et cinq talentueux musiciens de jazz français, issus de deux des groupes dans lesquels joue Fidel Fourneyron (Radiation 10 et Umlaut Big Band).

Ainsi sont réunis les talents de dix musiciens talentueux et convaincus qu’il leur est possible de créer une musique originale issue de leurs cultures respectives, une musique aux confluences des rythmes sacrés afro-cubains, des traditionnelles rumbas cubaines et du jazz français.

Ainsi les créateurs de « ¿Que Vola? » ont pour nom Aymeric Avice (trompette), Adonis Panter Calderon (percussions), Benjamin Dousteyssier (saxophones alto & baryton), Elie Duris (batterie), Fidel Fourneyron (trombone), Hugues Mayot (saxophone tenor) Barbaro Crespo Richard (percussions), Bruno Ruder (fender rhodes), Thibaud Soulas (contrebasse) et Ramon Tamayo Martinez (percussions).

En 2017, le directeur de Banlieues Bleues propose au tromboniste une résidence à la Dynamo et « ¿Que Vola? » est créé à Pantin puis continue à vivre sur quelques-unes des scènes jazz de France. Le répertoire se rôde et bientôt germe l’idée d’un enregistrement.

Une musique collective entre tradition cubaine et jazz

Couverture de l'album "¿Que Vola?"Rien de pouvait mieux convenir à la musique non formatée de ¿Que Vola? que le label indépendant No Format! qui réfute les musiques standardisées et soutient les musiciens opposés au prêt à écouter.

Grâce à Florent Groc, la pochette de ¿Que Vola? prend vie avec le visuel frappant d’un oeil grand ouvert et d’une langue transpercée par un sabre, une version originale de la mala langua censée chasser le mauvais oeil et tenir à distance les mauvaises langues.

Avec un répertoire de sept titres, ¿Que Vola? propose quarante-et-une minutes d’une musique qui célèbre les rythmes. et fait se rencontrer de manière symbiotique le jazz français, la rumba et les rythmes sacrés afro-cubains. Une rencontre contemporaine réussie entre le jazz et la musique afro-cubaine.

De plage en plage

En ouverture Kabiosile (saludo a Changó) salue Changó, l’orisha (divinité) de la foudre et du tonnerre dans la Santeria. Sur une trame rythmique enfiévrée, cuivres et saxophones font flotter leurs chants rejoints par le groupe tout entier qui installe un climat coltranien.

Nganga emprunte sa rythmique au rite Palo. Le trombone ouvre la cérémonie profane comme un prédicateur et les cuivres reprennent ses motifs musicaux comme autant de rituels portés par le tapis sonore des percussions sur une ligne de basse obsédante. Le ténor frénétique génère un climat de transe irradiée par le rythme des tambours magnétiques. Irrésistible !

Introduit par les claves et bongo Calle Luz (rue lumière) amorce le thème en décalage. L’alto et le ténor se livrent à une joute musicale incantatoire et lumineuse, comme un reflet du nom de la rue où habite la famille cubaine du contrebassiste, l’endroit où le tromboniste a habité à la Havane. ¿Que Vola? poursuit la cérémonie païenne. Sur un rythme de rumba columbia mené par les percussions en fusion, le trombone expose une prière lancinante qui se continue par un solo du Fender Rhodes accompagné d’un motif des cuivres. Les tambours clament leur foi, accélèrent le rythme rejoints par les chœurs qui reprennent comme un leitmotiv Acere, que vola ? suivis par les soufflants cuivrés jusqu’au final.

L’ardent saxophone alto dirige une procession qui porte le nom du rite et du rythme Lyesa. L’alto mène le bal et laisse libre cours à à l’orchestre malaxeur de matière et au cortège de rythmes frénétiques des percussions qui installent une frénésie collective. guaguanco typique, Fruta Bomba met en lumière la voix du trombone. Repris par les soufflants énergiques, le thème déclenche ensuite chez eux des échanges enflammés et éclatatnts

Après six compositions de Fidel Fourneyron, le son tellurique de la contrebasse introduit Resistir Resistir, écrit par Thibaud Soulas. Le morceau se métamorphose comme par magie en une épopée de mouvements musicaux orchestraux suscitant des chorus de la trompette galvanisée, du trombone exalté et du Fender Rhodes survolté que stimule la batterie. Tous rallient ensuite l’orchestre pour le feu d’artifice final.

Dyonisiaque, ¿Que Vola? confine à la transe et envoûte par sa frénésie rythmique. « ¿Que Vola? » possède aussi une dimension apollinienne en raison de la lumière et de la spiritualité dont la musique est inspirée. « ¿Que Vola? » évite soigneusement les sentiers battus.

Si elle fait bouger les lignes, la musique de ¿Que Vola? fait aussi bouger les pieds et incite au mouvement. Une raison supplémentaire pour se mobiliser et aller l’écouter en concert. Rendez-vous pour le concert de sortie de l’album le 03 février 2019 à 17h au Théâtre Claude Lévi-Strauss du Musée du Quai Branly-Jacques Chrirac dans le cadre du Festival Sons d’Hiver.

Nuits de Fourvière 2022 – La programmation

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« Indigo » par Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva

« Indigo » par Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva

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Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio

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Nouvelle voix du violon jazz, Èlia Bastida vient de sortir « Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio », un nouvel album enregistré avec le saxophoniste Scott Hamilton et le trio de Joan Chamorro. Dialogues lyriques, arrangements splendides. Un opus sensible et inspiré où swing et musicalité flirtent avec élégance.

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Uriel Herman sort « Face to Face » chez Laborie Jazz

Uriel Herman sort « Face to Face » chez Laborie Jazz

Entre fougue et méditation

Nouvelle signature du Label Laborie Jazz, le pianiste Uriel Herman sort le 25 janvier 2019 son nouvel album « Face to Face ». Porteur de l’ensemble des influences musicales de l’artiste, l’opus invite à pénétrer dans un monde dont les rivages oscillent entre fougue et méditation. A découvrir.

Annoncé pour le 25 janvier 2019, l’album « Face to Face » (Laborie Jazz/Socadisc/Idol) du jeune Uriel Herman révèle les différentes facettes du monde imaginaire que le pianiste explore en quartet.

Un monde musical aux multiples influences

Après « Awake » sorti en 2014 où il reprenait Smells like teen spirit de Nirvana et Lucky de Radiohead, Uriel Herman fait figurer un arrangement de The man who sold the world de David Bowie sur « Face to Face ». D’ailleurs le titre de l’album emprunte aux paroles du refrain de la chanson de Bowie.

Ainsi, la musique d’Uriel Herman puise certaines de ses inspirations dans le monde pop/rock mais le pianiste demeure marqué par la formation classique reçue à Jérusalem. On retrouve en effet dans sa musique des réminiscences  d’un romantisme issu de de cette trajectoire musicale et cette maîtrise du contrepoint qui affleure sur certaines plages de facture faussement baroque.

Il demeure que les fondamentaux de cet artiste sont aussi ancrés dans les musiques traditionnelles de sa culture qui imprègne fortement son écriture et ses arrangements. Enfin le jazz contribue aussi à la forger la personnalité de ce musicien.

Uriel Herman opère entre toutes ces influences musicales une habile fusion et inscrit sa trajectoire musicale dans le sillon de ces artistes adoubés dans le monde du jazz, comme Avishai Cohen, Yaron Herman, Shai Maestro, Omri Morr et bien d’autres encore, qui trouvent dans leurs racines leur inspiration .

« Face to Face »

Les musiciens

Pour définir les contours de son univers, le pianiste Uriel Herman s’entoure du contrebassiste et oudiste Avri Borochov, du flutiste et saxophoniste Uriel Weinberger et du batteur Haim Peskof.

Pour mieux définir les teintes de certaines plages, le quartet accueille aussi le chant de Daniel Krief, la voix et la guitare de Yehuda Shuki Shveiky, le chant  et la guitare électrique d’Aviv Bahar, les trompettes d’Arthur Krasnobaev, la guitare électrique d’Ilan Bar-Lavi et le cajon de Maayan Doari.

Le répertoire

En ouverture, le quartet revisite Hayu leylot, une chanson israélienne de Mordechai Zeira. Après une introduction nostalgique à  la flute, le piano ébauche la mélodie puis le discours musical se densifie avec un piano très percussif, une batterie tonique et une contrebasse véhémente. Le morceau se termine en prière. Sur Shva Esre le piano joue en boucle un motif sur lequel les autres instruments greffent leur expression.Couverture de l'album "Face to Face" de Uriel Herman

The man who sold the world constitue un moment phare de l’album. Sur ce morceau de David Bowie intervient la trompette qui expose la ligne mélodique jouée par le quartet à la sonorité klezmer. L’oud chante une louange lumineuse à laquelle répondent le saxophone véloce et la trompette lumineuse. Advient ensuite Ballad for Yael qui affiche ses influences jazz avec ses harmonies évocatrices de « Blue in green ». Le piano joue en suspension alors que le saxophone caresse cette courte élégie des volutes qu’il souffle avec une délicate tendresse.

« I shall not die but live » appelle à la prière et incarne un moment de spiritualité et élève son incantation qu’accentue la sonorité d’orgue qu’ajoute le pianiste. Entre prière et danse orientale échevelée s’inscrit Shirat hachalil où alternent accents andalous et pulsion électrique.

Deux compositions du pianiste Uriel Herman imprègnent de leur force le répertoire de « Face to Face », Winter light et Hour of the wolf.

On tombe aussi sous le charme du superbe Hour of the wolf ouvert en douceur par le chant du oud avant de devenir farandole survoltée. Sur Winter light, le quartet propose de voyager dans un climat incantatoire. Rien d’étonnant car ce titre a été composé par le pianiste après sa visite au Costa Rica où il a participé à une cérémonie chamanique qui a duré toute la nuit. Les formes musicales plutôt classiques et romantiques incitent d’abord à la méditation avant que la transe ne s’installe. Enivrant ! 

Faute de teaser de présentation de l’album « Face to Face », une vidéo enregistrée au Jerusalem Music Center et mise en ligne il y a trois ans restitue la force de la musique du pianiste Uriel Herman. Entre fougue et méditation, avec en plus, la lumière transmise par le (prénom du) pianiste.

Nuits de Fourvière 2022 – La programmation

Nuits de Fourvière 2022 – La programmation

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« Indigo » par Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva

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Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio

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Clin d’œil à Claude Tchamitchian & « In Spirit »

Clin d’œil à Claude Tchamitchian & « In Spirit »

Quand le lyrisme relie l’intime au mystère

Claude Tchamitchian annonce la sortie de son troisième album solo, « In Spirit ». Attendu pour le 25 janvier 2019, l’opus permet d’entrer plus encore dans l’univers singulier du contrebassiste. La musique captive par son lyrisme et son mystère. Le musicien livre un album exigeant qui rend accessible son univers intime et renouvelle le langage de l’instrument.

Considéré comme un leader charismatique et un compositeur inspiré, le contrebassiste Claude Tchamitchian demeure néanmoins toujours impliqué dans la compagnie et le label Emouvance qu’il a fondés et continue par ailleurs à explorer son univers personnel. C’est ainsi que le 25 janvier 2019, Claude Tchamitchian ajoute un troisième album solo à sa discographie en sortant « In spirit » (émouvance/Absilone).

De « Jeux d’enfant » à « In Spirit »

« In Spirit » ouvre un nouvel espace dans l’univers que Claude Tchamitchian explore depuis 1992, année où il a gravé « Jeux d’Enfant »son premier enregistrement de leader en solo. Il a poursuivi ensuite son cheminement en gravant « Another Childhood », un deuxième album contrebasse solo, opus devenu référence dans le monde de l’instrument.

« In Spirit »… une extension novatrice du territoire de la contrebasse.

« In Spirit »… un nouvel idiome

Le contrebassiste confie : « La conception de ce 3ème solo « In Spirit » obéit à la même nécessité que j’éprouve depuis toujours d’explorer de nouveaux territoires et de développer de nouveaux langages propres à la contrebasse ». Ainsi dans ce nouvel opus, Claude Tchamitchian met à profit toutes les situations pour travailler son instrument de nouvelle manière, pour continuer à inventer son propre idiome.

Il dit avoir eu « la chance de [se] voir confier une des deux contrebasses que possédait Jean-François Jenny-Clarke, merveilleuse opportunité, [lui] permettant de mener à bien la création de ce solo …..l’année même du 20ème anniversaire de sa disparition, étonnante coïncidence« . La mémoire de Jean-François Jenny-Clarke imprègne donc l’album du fait que le contrebassiste joue sur un des instruments du grand Jean-François Jenny-Clark, celui sur lequel il avait enregistré « Le Voyage(ECM) avec Paul Motian et Charles Brackeen.

Cet instrument permet à Claude Tchamitchian d’avoir recours à un nouvel accordage qui renouvelle et libère son expression. Il met à profit ces « plus » techniques pour s’aventurer au plus profond de lui même et trouver d’autres pistes qui alimentent et renouvellent son inspiration.

Explorateur de l’intime, il invente un nouveau langage pour sa contrebasse.

Quatre pistes pour se souvenir…

Sur les quatre titres de « In Spirit », Claude Tchamitchian explore sa mémoire, ses racines et sa vie. C’est ainsi qu’il se souvient et honore tout à tour Jean-François Jenny-Clark, ses origines arméniennes, son enfance et l’album « Another Childhood ».

L’album propose quatre parties, dont trois longues suites et un intermède plus court.

In spirit ouvre le répertoire. Sur cette pièce dédiée à Jean-François Jenny-Clark, le contrebassiste a modifié l’accordage de son instrument et a changé ainsi les paramètres de son jeu. Exit l’accordage en quarte juste et les fondamentales mi/la/ré/sol, Arrive la quinte diminuée et l’accordage en mi bémol/la/mi bémol/la. Le contrebasse virtuose se saisit de cet argument technique pour modifier, libérer et enrichir son expression. D’ailleurs même en étant néophyte on peut prendre la mesure de la force poignante et mystérieuse qui imprègne la musique. Au plus profond de chacun, elle fait vibrer les émotions en réactions aux harmoniques que fait sonner l’instrument.

Couverture de l'album "In Spirit" de Claude TchamitchianEncore une fois Claude Tchamitchian met la technique au service de son art et utilise le jeu à 2 archets qui enserrent les cordes pour installer sur In Memory un lyrisme austère et nostalgique. En souvenir de l’Arménie, le chant mélancolique de la contrebasse est comme empreint d’une triste tendresse et d’une profonde empathie.

Sur In Childhood, le rythme prend la première place. Le contrebassiste fait un clin d’oeil à « Another Childhood » sur ce morceau ternaire en pizzicato assez rapide qui apporte un autre souffle au répertoire.

Pour terminer l’album, In Life développe un mouvement rapide et puissant où le musicien livre un dialogue pudique avec sa contrebasse, comme un libre-échange avec cet instrument devenu son autre Moi. Ce morceau qui joue beaucoup sur les harmoniques libère une musicalité étonnante sans doute à mettre en lien avec la grande liberté de l’expression et à la diversité des propositions successives. La contrebasse propose différents profils sonores. Utilisée et accordée comme un kamantcha (instrument arménien), elle évoque la sonorité d’un violoncelle mais sait aussi offrir un son rond et généreux.

« In Spirit », un album à découvrir les oreilles grandes ouvertes. Claude Tchamitchian se livre à un puissant corps à corps introspectif . Opus exigeant, « In Spirit » offre une musique à la fois profonde et lumineuse, dense et limpide, intime et intense, délicate et mystérieuse, singulière et familière.

Pour retrouver Claude Tchamitchian en concert, rendez-vous à 20h30 le 01 février 2019 dans la salle 2 du Triton (Les Lilas). Une occasion idéale pour écouter live le solo « In Spirit’, cette musique architecturée et raffinée, virtuose et émotionnelle, lyrique et sensible dont la musicalité n’a d’égale que son mystère.

Nuits de Fourvière 2022 – La programmation

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« Indigo » par Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva

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Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio

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« Todhe Todhe », Pierre de Bethmann « Medium Ensemble Vol. 3 »

« Todhe Todhe », Pierre de Bethmann « Medium Ensemble Vol. 3 »

Saisissant d’énergie et d’audace

La sortie de « Todhe Todhe », troisième volume du Medium Ensemble de Pierre de Bethmann est annoncée pour le 18 janvier 2019. Le pianiste continue à explorer de nouveaux territoires sonores aux couleurs multiples. Écriture dense, palette sonore somptueuse, solistes inspirés, harmonies audacieuses, rythmique énergique. Le résultat est saisissant.

Le pianiste Pierre de Bethmann frappe un grand coup en ce début d’année avec la sortie le 18 janvier 2019 de « Todhe Todhe » (Alea/Socadisc), sixième production de son label Aléa et volume 3 du Medium Ensemble. Rien moins que deux CD et huit compositions du leader.

Une écriture complexe, des couleurs orchestrales audacieuses et éclatantes, de superbes mélodies et de riches harmonies permettent aux solistes inspirés d’improviser soutenus par une section rythmique renversante d’efficacité et d’inventivité. « Todhe Todhe », une réussite saisissante d’énergie et d’audace.

Medium Ensemble

Après cinq ans d’existence, le Medium Ensemble devient tentet. Dix musiciens remarquables mettent leur talent au service de l’écriture complexe et innovante du leader.

Exit la voix, le cor et le tuba. L’orchestre accueille vibraphone et marimba dont les timbres s’associent de belle manière avec celles du piano. Toujours tonique, la section rythmique soutient et stimule une section de cuivre réduite à six instruments. 

Autour de Pierre de Bethmann sont réunis, Stéphane Guillaume à la flûte et au saxophone ténor, Sylvain Beuf au saxophone alto, David El Malek au saxophone ténor, Thomas Savy à la clarinette basse, Sylvain Gontard à la trompette et au bugle, Denis Leloup au trombone, David Patrois au marimba et au vibraphone, Simon Tailleu à la contrebasse et Karl Jannuska à la batterie.

L’album « Todhe Todhe »

TCouverture de "Todhe Todhe", Vol 3 du Medium Ensemble de Pierre de Bethmannroisième volume du Medium Ensemble, « Todhe Todhe » propose deux CD de superbe facture où sont gravées huit compositions originales de Pierre de Bethmann, dont la reprise de Voiseau, une pièce de 2001. La courte durée des disques, 38′ pour le premier et 41′ pour le second, est inversement proportionnelle à la force et à la densité d’un propos musical à couper le souffle.

A l’issue de deux années de résidence au sein du Théâtre de Saint Quentin en Yvelines, le Volume 3 du Medium Ensemble a été créé le 12 juin 2018 au Théâtre de Saint Quentin en Yvelines et enregistré en juin et juillet 2018 par Philippe Gaillot au studio Ferber à Paris.

Comme le suggère la pochette, on peut écrire, sans guère d’être contredit, que le double album « Todhe Todhe » s’impose comme un sommet musical. En effet rien ne dépare dans le palmarès de cette production, tout résonne au diapason, qualité du son, densité et singularité de l’écriture, diversité des ambiances, inventivité des solistes qui prennent le temps de développer leur expression, somptueux timbres orchestraux portés par une rythmique époustouflante et créative.

Impressions musicales

L’oreille est tenue en haleine d’un bout à l’autre des deux disques aux couleurs orchestrales chatoyantes. On apprécie les nuances de l’écriture et la précision des orchestrations On savoure l’éloquence des improvisations. Neuf plages musicales comme un ravissement sans cesse renouvelé !

Riche en matière sonore En même temps ouvre le disque 1 sur un motif que jouent vibraphone, piano, saxophone et section rythmique vite rejoints par les autres musiciens qui densifient le propos. L’expression nerveuse du chorus de piano stimule le fougueux du saxophone ténor (celui de David El Malek) qui entraîne le déchainement de la batterie.

L’orchestre et les phrases elliptiques du piano parent Ecart Type aux résonances contemporaines. Le trombone s’envole dans une improvisation aérienne puis le saxophone alto fait monter la tension avant que tout ne se résolve. Le phrasé serein du piano introduit Nuance. Parée de riche couleurs, la ballade inspire les solistes, bugle et clarinette, qui mêlent tour à tour leur sonorité à la dense masse orchestrale du Medium Ensemble.

Sitôt après l’ouverture de Mir, le vibraphone dialogue avec la batterie. Le collectif les rejoint ensuite. Il se trame alors un climat harmonique singulier d’où émerge le solo céleste du saxophone alto. Un dialogue clarinette basse-batterie amorce le disque 2 sur Todhe Todhe dont la riche texture et les harmonies rutilantes ne laissent pas indifférents. Un chorus de piano exalté stimule l’enthousiasme de l’orchestre qui met en orbite le solo impétueux de la flûte.

Wabi Sabi conquiert par un climat de rêverie qui atteint son acmé avec l’expression du saxophone ténor. Composition aux multiples facettes, Volseau permet d’écouter une improvisation du vibraphone qui inspire ensuite un solo turbulent et véhément au saxophone ténor.

Amblitude s’aventure sur un rythme funky et offre une mélodie bluesy. Trompette et trombone devisent allègrement avant que ne s’enflamme le ténor (celui de Stéphane Guillaume cette fois), soutenu par le vibraphone. Le répertoire se termine avec une version magnétique et courte de Nuance devenue pour l’occasion Nuance persistante où la clarinette basse mise à l’honneur chante une ode musicale haute en couleurs orchestrales.

Pour écouter live le répertoire de « Todhe Todhe », rendez-vous le 15 février 2019 au Studio de L’Ermitage à Paris avec les 10 solistes exceptionnels du Medium Ensemble de Pierre de Bethmann.

Nuits de Fourvière 2022 – La programmation

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Après un festival annulé en 2020 et un festival 2021 très contraint par les conditions sanitaires, l’édition des Nuits de Fourvière 2022 va de nouveau faire vibrer le cœur de l’été. En effet, le festival International de la Métropole de Lyon revient avec une programmation ambitieuse qui fait la part belle au spectacle vivant avec… 59 spectacles, 12 créations, 7 coproductions et 173 représentations de théâtre, danse, musique, opéra, cirque !

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« Indigo » par Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva

« Indigo » par Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva

Pour le vingtième anniversaire de leur duo, Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva se retrouvent sur l’album « Indigo ». En douze pistes, clarinette et piano dressent un portrait musical ciselé de l’univers de Duke Ellington. Un jazz chambriste dont les tendres nuances trament une musique aux délicates couleurs. Un opus somptueux et poétique, comme un portrait sensible de Duke Ellington.

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Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio

Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio

Nouvelle voix du violon jazz, Èlia Bastida vient de sortir « Èlia Bastida meets Scott Hamilton & Joan Chamorro Trio », un nouvel album enregistré avec le saxophoniste Scott Hamilton et le trio de Joan Chamorro. Dialogues lyriques, arrangements splendides. Un opus sensible et inspiré où swing et musicalité flirtent avec élégance.

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Michael Felberbaum signe « 3Elements »

Michael Felberbaum signe « 3Elements »

Grâce, élégance et musicalité

Le guitariste Michael Felberbaum signe un sixième album intitulé « 3Elements ».  l’album propose un jazz chambriste à l’instrumentation singulière, un trio guitare-saxophone-piano, sans basse ni batterie. Au final, une musique à la palette nuancée et subtile qui conjugue grâce, élégance et musicalité.

Sur l’album « 3Elements » (Fresh sound new talent) annoncé pour le 18 janvier 2019, le guitariste Michael Felberbaum réunit autour de lui Frédéric Borey (saxophones soprano et ténor) et Leonardo Montana (piano et Fender Rhodes).

Couverture de l'album "3elements" de Michael FelberbaumOn pourrait se demander si le titre de l’album fait référence à la portée symbolique, numérologique ou ésotérique souvent attribuée au chiffre 3. Sans explorer toutes les hypothèses il s’avère, et c’est bien là l’essentiel… l’album est le fait de trois musiciens inspirés.

Le répertoire de l’album compte une composition du saxophoniste et huit compositions du leader qui a par ailleurs arrangé un titre chanté par Janis Joplin, un de Chris Cornell (Soundgarden) et une pièce du compositeur baroque napolitain, Andrea Falconieri… la musique navigue entre les rivages du jazz, du blues, du rock et du classique.

« 3Elements », un album à l’esthétique soignée. Un opus singulier irrigué par le dialogue permanent qu’entretiennent les trois musiciens. Il fait résonner des échos intimistes qui n’en possèdent pas moins une dynamique fort expressive.

« 3Elements », une instrumentation singulière

Le trio atypique qui réunit les guitares acoustique et électrique de Michael Felberbaum, les saxophones soprano et ténor de Frédéric Borey et le piano et le Fender Rhodes de Leonardo Montana, renouvelle les discours habituels.

La voix du saxophoniste Frédéric Borey se partage entre énergie, douceur, sensibilité et lyrisme. Le son lumineux du soprano et la pureté du grain du ténor se marient à merveille avec le jeu tout en nuances de la guitare. Avec élégance et subtilité, Michael Felberbaum cisèle son phrasé avec précision et apprivoise les dissonances. Le sens rythmique du pianiste brésilien Leonardo Montana permet à la guitare et au saxophone de libérer leurs discours. A l’aise dans les minimalismes les plus subtils où son lyrisme fait mouche, le pianiste chahute aussi les paysages sonores sur les touches de son Fender Rhodes.

Sans section rythmique, les trois instrumentistes croisent leurs mélodies sur des trames harmoniques variées. Ils reprennent les motifs des morceaux qui alimentent leurs échanges et donnent lieu à de multiples développements. Unisson et dialogues alternent. Les interactions de chaque instant nourrissent la trame musicale et oxygènent la musique

Impressions musicales

L’album ouvre avec Italian Waltz, un morceau à la texture aérienne qui se déroule avec légèreté et fluidité sur un rythme ternaire enlevé. 3Elements, qui flirte avec les dissonances, met en évidence la réelle communauté musicale au sein de laquelle les 3 éléments de ce trio peu conventionnel s’expriment. Au fil du morceau on prend la mesure de la maîtrise de l’improvisation que développe chacun des trois compères. La dimension rythmique est assumée par les trois instrumentistes qui n’oublient pas pour autant de libérer leur créativité débordante. Les lignes mélodiques se développent dans des climats harmoniques variés.

Après un exposé du thème de Black Hole Sun à l’unisson, la guitare développe un solo pensif auquel répond le ténor. Par son attaque son jeu n’est pas sans rappeler celui de Joe Lovano alors que son phrasé coulé évoque celui d’un un certain Joe Henderson. Les trois instruments s’unissent pour terminer le morceau du groupe grunge « Soundgarden » en un feu d’artifice de lyrisme.

Sur Ava, le balancement rythmique évoque des rivages brésiliens que colorent les chants et contre-chants entrelacés du soprano et de la guitare. Soutenus par le piano, guitare et saxophone exposent ensemble le thème de Gilmore puis s’expriment à tour de rôle avant de céder l’expression au piano. Les soli se succèdent avec une grande cohérence jusqu’à la reprise du thème et la fin de ce morceau aux consonances très jazz.

Mercedes Benz que chantait Janis Joplin est repris de manière très personnelle par le trio qui pare le thème d’accents nostalgiques aux sonorités sépias. Les improvisations fournies du saxophone et de la guitare sont soutenues par le piano dont le chorus aéré et moderne impulse un envol et déclenche des échanges touffus et très riches entre saxophone et guitare.

Avec bonheur, l’album enchaîne avec Lazy Man Blues qui calme le jeu et paresse sur la grille du blues. Les trois solistes se font lyriques et s’aventurent dans des harmonies surprenantes. Le trio reprend Segui, Segui, Dolente Core du compositeur baroque napolitain Andrea Falconieri dont ils donnent une version ciselée. Les trois interprètes se relaient pour exprimer les nuances de la partition dont ils restituent avec précision les nuances et les appogiatures.

Mode débuté comme un pur exercice de contrepoint puis cède aux appels d’un jazz moderne fort séduisant. Sur Shade l’écriture de Frédéric Borey entraîne le trio vers d’autres rivages expressifs. Point de thème exposé à l’unisson mais un climat intimiste dont les brumes et contrejours incitent à la contemplation et à la rêverie.

Le swing règne en maître sur Mobil où les solistes développent des improvisations inspirées et peaufinées L’album se termine avec The State of things saisissant par les lignes de force qu’il dégage. On cède à l’appel du soprano envoûtant qui entraîne le piano dans son monde alors que la guitare garde le cap rythmique sans pour autant parvenir à dompter leurs aspirations à la liberté.

Le nuancier subtil et varié de « 3Elements » propose un jazz chambriste fluide et inventif où se côtoient de multiples influences. Entre intimité et grâce, dissonances et contrepoint, swing et lyrisme, l’opus développe un charme surprenant et envoutant.

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