Emmanuel Borghi dévoile « Secret Beauty »

Voyage onirique et intimiste

Le pianiste Emmanuel Borghi dévoile un superbe album qui porte bien son nom, « Secret Beauty ». S’il convient de préserver la beauté de cette œuvre, il est essentiel de lever le secret sur cet album à partager sans limite. Puissent les portes de ce rêve enchanteur et serein s’ouvrir largement pour libérer sa musique pacifiée.

Couverture de l'abum "Secert Beauty" du pianiste Emmanuel BorghiSix ans après « Keys, Strings & Brushes » (Off/Believe) le pianiste et compositeur Emmanuel Borghi revient en trio piano-contrebasse-batterie avec son nouvel album « Secret Beauty » (Assai records/Socadisc/Believe) attendu le 04 mai 2018.

Le titre du nouvel opus reprend celui de la dernière composition gravée sur le précédent disque en trio. Ce clin d’oeil du pianiste relie ainsi ses deux albums enregistré en trio et souligne tout autant la continuité de son travail que son évolution et son renouvellement.

Avec Jean-Philippe Viret (contrebasse) et Philippe Soirat (batterie) le pianiste Emmanuel Borghi célèbre une musique lumineuse aux mélodies enchanteresses. « Secret Beauty » révèle les lignes envoûtantes d’une musique épurée et inspirée marquée par la prégnance de la mélodie. Un rêve enchanteur irradié de sérénité.

La trajectoire musicale du pianiste

Les univers sans frontière (jazz, pop, post rock…) dans lesquels Emmanuel Borghi s’est immergé témoignent de sa grande ouverture musicale et de son parcours dans des univers qui touchent autant au rock, post-rock, à la pop qu’au jazz.

Après avoir été pianiste du sextet de Simon Goubert dans les années 80, avoir collaboré de 1987 à 2008 aux différents projets de Christan Vander dont Magma (de 1998 à 2008), Offering, Welcome, Alien, Christian Vander Trio, Emmanuel Borghi intégre le Colletif Mu en 1996 et fonde « One Shot ». Il rejoint ensuite le NHX électro-jazz de Gaël Horellou.

Il crée ensuite le duo électro-pop Paghistree avec la chanteuse Himiko Paganotti. Ce duo évolue et devient le trio Slug avec le guitariste John Trap. En 2014, le pianiste et Himiko Paganotti créent le groupe « Himiko«  avec Bernard Paganotti (basse) et Antoine Paganotti (batterie).

Dans le même temps, Emmanuel Borghi prend part à différents groupes. Le « Borghi trio » avec Antoine Paganotti et Blaise Chevallier, un projet électrique, « David Prez-Emmanuel Borghi Electric Project » avec Simon Tailleu et Antoine Paganotti et « Caillou » de Philippe Gleize.

« Secret Beauty »

Au cœur de « Secret Beauty », six compositions du pianiste et deux du contrebassiste ainsi qu’une reprise de Steve Swallow, Eiderdown. Les  plages de l’album  s’enchainent avec une rare fluidité et l’on perçoit la complicité et la proximité des trois musiciens qui ont enregistré l’album en mars 2016.

Servi par la subtilité et les nuances du contrebassiste Jean-Philippe Viret et par le jeu discret tout en allitération et en suspension du batteur Philippe Soirat, le pianiste Emmanuel Borghi a toute latitude pour libérer sa musique des entraves de la pesanteur ce qu’il réussit avec succès.

Sur la pochette, des vers de John Greaves invitent … à s’imprégner de l’atmosphère de « Secret Beauty », à pénétrer dans son monde où nulle clef n’est requise, à pousser tranquillement la porte ouverte et à la refermer gentiment en partant. On suit ces conseils et l’on voyage au gré des neuf plages de « Secret Beauty ».

Impressions musicales

La délicate composition de Jean-Philippe Viret, Jour après jour, ouvre les portes d’un voyage imaginaire dans le monde intime et délicat du trio.

On pénètre dans l’univers lumineux de deux ballades composées par le pianiste Novembre et No More Lies. Le battement évanescent des balais et le jeu aérien de la contrebasse permettent au piano de développer la grande richesse de son chant onirique et mélodique.

Sur Novembre le piano dessine des lignes mélodiques d’une force picturale saisissante alors que son trait devient plus ciselé et son discours plus lumineux sur le tempo médium qu’impulse Entre deux rêves. On saisit alors la puissante alchimie qui unit piano et contrebasse.

On valse avec la tendre mélodie de La danse de Milo qui tournoie et inspire la contrebasse puis on s’envole sur Deux ailes pour gagner un ciel musical coloré de l’énergie que développe le pianiste en osmose parfaite avec ses compagnons.

On vibre au swing de Pourquoi pas ? où l’on perçoit des influences evansiennes dans le jeu du pianiste. La souplesse de la section rythmique propulse le piano en état d’apesanteur et stimule son lyrisme. Eiderdown groove du jeu brillant du piano et de la pulsation soutenue de la batterie. L’improvisation de la contrebasse confère au morceau un climat radieux.

On est saisi et enchanté par la beauté secrète de Changed qui termine l’album. Le piano joue seul face à lui-même, comme habité d’une sérénité et d’une paix intérieure. Il referme la porte de « Secret Beauty » dans un climat de tranquillité inouïe…qui incite à revenir plus tard.

Les neuf plages de « Secret Beauty » dessinent les contours d’un voyage onirique et intimiste. Les climats varient et enchantent. Tendre lyrisme des ballades et force maîtrisée des morceaux au tempo plus soutenu. Tout incite à la rêverie et concourt à la sérénité.

 
Pour s’imprégner live des atmosphères de « Secret Beauty » et retrouver Emmanuel Borghi, Jean-Philippe Viret et Philippe Soirat, deux rendez-vous se profilent. Le 11 mai 2018 à 21h au Triton, 1bis, rue du Coq Français, 93260, Les Lilas (Métro Mairie des Lilas) et à Eaubonne le 22 Mai 2018 à l’Orangerie.
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