Coup de cœur pour… « Avec Le Temps » de Giovanni Guidi

Coup de cœur pour… « Avec Le Temps » de Giovanni Guidi

Exploration poétique et lyrisme brûlant

« Avec Le Temps »… la chanson de Léo Ferré inspire le pianiste italien Giovanni Guidi qui intitule ainsi son troisième opus en leader chez ECM. L’album ouvre d’ailleurs avec le titre dont il propose une version sensible et poétique interprétée en trio avec le contrebassiste Thomas Morgan et le batteur João Lobo. En trio ou en quintet, Giovanni Guidi captive par ses mélodies épurées, ses explorations sonores et ses propos enflammés.

Giovanni Guidi fait partie de cette nouvelle garde des pianistes-compositeurs du jazz italien et depuis 2007 où son talent a été repéré, le musicien creuse son sillon et explore un univers très personnel qui accueille tour à tour une poésie musicale épurée, un lyrisme brûlant et de superbes explorations sonores.

Après « City of Broken Dreams » (2013) et « This is the Day » (2015) parus en trio chez ECM, le 22 mars 2019, le pianiste Giovanni Guidi sort couverture de l'album Avec Le temps de Giovanni Guidi« Avec le Temps », son troisième album en leader sous le label allemand. Avec deux titres interprétés avec le contrebassiste Thomas Morgan et le batteur João Lobo, il continue à développer sa conception du trio piano-contrebasse-batterie mais élargit son expression en quintet en accueillant le saxophoniste Francesco Bearzatti et le guitariste Roberto Cecchetto.

Au fil de l’album l’approche mélodique captive tout autant que les échappées libres que proposent le pianiste et ses compagnons dans des compositions collectives aux improvisations très libres. Prétextes à des excursions d’un monde sonore très personnel, ces digressions sont autant de pirouettes exploratrices qui élaborent une trame musicale imprévisible d’une richesse et d’une force inouïes. La musique alterne entre poésie épurée et brûlot passionné.

Giovanni Guidi

Né en Italie à Foligno, près de Pérouse, en 1985, Giovanni Guidi a commencé le piano à l’âge de 12 ans et a été d’abord remarqué et encouragé dans ses orientations musicales par Enrico Rava, lors de master classes d’été organisées à Sienne. En 2007, il remporte le Prix des Critiques du magazine Musica Jazz dans la catégorie Jeune Talent.

Après avoir commencé sous l’aile du trompettiste italien Enrico Rava, Giovanni Guidi a ensuite enregistré avec lui en 2011 sur “Tribe“ (ECM) au sein du Rava Quintet et un an plus tard sur “On The dance Floor“ (ECM), en compagnie du groupe Parco della Musica Jazz Lab. Outre ces expériences enrichissantes il creuse parallèlement son propre sillon.

Ainsi, après avoir enregistré sous le label japonais Venus, il grave quatre albums sous son nom pour Cam Jazz. « Indian Summer » (2007), « The House Behind This One » (2008) et « The Unknown » Rebel Band » (2009) où le batteur João Lobo est déjà à ses côtés. Il enregistre ensuite « We Don’t Live Here Anymore » en 2011 où joue le contrebassiste Thomas Morgan.

Repéré par Manfreid Eicher, il sort en 2013 « City of Broken Dreams », un premier album en trio en tant que leader chez ECM. Il continue avec le même trio constitué de Thomas Morgan (contrebasse) et João Lobo (batterie) et en 2015 publie « This is the Day » (ECM). On l’a aussi remarqué en 2016 sur Ida Lupino aux côtés de Gianluca Petrella, Gerald Cleaver et Louis Sclavis, opus qui a été nommé album jazz de l’année dans Musica Jazz.

Sur scène il a aussi participé à la tournée 2017 du quintet d’Enrico Rava &Tomasz Stanko. Les années passent et le jeune pianiste confirme ses qualités et son talent et continue à mener sa carrière avec brio. En témoigne son troisième album, « Avec Le Temps » (ECM/Universal), enregistré aux Studios La Buissonne à Pernes-les-Fontaines en novembre 2017 et produit par Manfred Eicher.

« Avec Le Temps »

Pointilliste et mélancolique, poétique et aérienne la musique introspective de Giovanni Guidi engage à la méditation mais n’hésite pas pour autant à emprunter des détours enflammés dont les soubresauts explorent librement l’espace sonore. Ainsi l’album propose huit titres qui s’inscrivent entre méditation crépusculaire et soubresauts dynamiques.

Deux titres en trio

L’album ouvre en trio avec une version touchante de la chanson de Léo Ferré (1916-1993), qui donne son titre à l’album. L’hommage à Ferré qui a longtemps vécu en Toscane, propose une atmosphère recueillie et sensible qui suspend le temps. Les instruments chantent littéralement, la contrebasse étire les notes, le piano cisèle les notes, la batterie fait pleurer les cymbales.

L’opus se termine avec Tomasz, un hommage rendu à Tomasz Stanko (1942-2018). La mélodie nostalgique est au trompettiste récemment décédé à l’âge de 76 ans. Les notes perlées du piano, l’expression subtile de la contrebasse et le jeu feuilleté des balais sur la batterie restituent un climat d’une sensibilité rare qui n’est pas sans rappeler celle du trompettiste qu’elle honore.

Six pièces en quintet

Compositions collectives

Commencé sur un tempo rubato PostLudium And A Kiss fait naître une tension explosive insufflée par les divagations sonores du saxophone explorateur du son qui mène la transe jusqu’à un feu d’artifice final auquel les cinq instrumentistes apportent leur flamme. No Taxi évoque l’univers d’Ornette Coleman et permet d’écouter un piano libéré de toute contrainte.

Compositions de Giovanni Guidi

Le jeu symbiotique de la guitare et du saxophone contribuent à insuffler une forme de spiritualité à 15th of August qui prend la forme d’une imploration musicale bluesy. La sonorité embrumée du ténor crée un climat onirique sur Caino, ballade où le piano délivre des arpèges dont les dissonances croisent les voluptueuses lignes de la contrebasse. La trame musicale se tisse et se détend dans un bain sonore soigné. Minimaliste, Johnny The Liar génère une atmosphère lunaire où guitare et piano échangent des impressions fugitives.

Sur une rythmique très souple, guitare et piano chantent tour à tour la mélodie angélique de Ti Stimo. Dans un troisième mouvement, le ténor rejoint la guitare et tous deux croisent leurs envolées lyriques portées par la batterie au jeu très libre. La douce berceuse se termine en une déclaration admirative imprégnée d’une subtile tendresse.

« Avec Le Temps » fascine par sa variation coloriste et la densité des paysages proposés. Empreinte d’une conviction profonde, l’expression musicale fait alterner une poétique aérienne aux entrelacs d’une légèreté impalpable et des climats brûlants de liberté et de lyrisme. Un album inspiré où la mélodie prend quelquefois la tangente pour distendre les rythmes et engendrer des tensions palpables. L’univers de Giovanni Guidi n’en finit pas de surprendre et de convaincre.

FUSSYDUCK sort son premier album

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Le tout premier album de FUSSYDUCK est sorti sur le Label Double Moon Records. Belle découverte que le projet de ce groupe transnational. L’opus « Maybe that’s all we get » propose une musique singulière aux contrastes mélodiques et harmoniques colorés et aux paysages sonores délicats et chaleureux. Groove et fraîcheur sont alliés pour le meilleur.

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Enrico Pieranunzi 5tet-The Extra Something, Live at the Village Vanguard

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Quand en 2016, dans un des clubs les plus prestigieux de la sphère du jazz, le Village Vanguard à New York, le pianiste italien Enrico Pieranunzi enregistre en quintet un répertoire de compositions originales hard bop… advient un album éblouissant, « The Extra Something, Live at the Village Vanguard » sorti le 22 avril 2022 chez CAM JAZZ. Énergie et sensibilité se conjuguent avec virtuosité et maîtrise instrumentale.

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Jazz Campus en Clunisois 2022 – La Programmation

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Jazz Campus en Clunisois 2022 donne rendez-vous au public du 20 au 27 août pour vivre au rythme du jazz et des musiques improvisées. Toujours aussi vivace et ancré dans ses racines, le festival propose un bouquet de concerts alléchants… du jazz vivant et attractif, inventif et libre, ouvert et innovant.

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Camille Bertault au Centre Culturel d’Ecully

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La chanteuse présente « Pas de Géant » en quartet

Le vendredi 12 avril 2019 à 20h30, le Centre Culturel de la ville d’Ecully accueille la chanteuse Camille Bertault. En quartet, elle vient présenter son projet « Pas de Géant » qui a agité tout le Landerneau du jazz lors de la sortie de son album du même nom. C’est vraiment à pas de géants que cette artiste a conquis ses galons dans le monde du jazz vocal. Une soirée pétillante en perspective !

Camille Bertault au Centre Culturel d'Ecully le 12 avril 2019On se réjouit de pouvoir écouter la chanteuse Camille Bertaud sur la scène du Centre Culturel de la Ville d’Ecully où elle se produit en quartet le 12 avril 2019 à 20h30.

Après avoir fait le buzz avec une vidéo virale de son scat effréné où elle reprenait le fameux « Giants Steps » de John Coltrane, la chanteuse a autoproduit son premier CD « En Vie » sorti en 2016. Elle est alors repérée outre-Atlantique par Sonnyside qui va en assurer la distribution.

Belle aventure que celle de Camille Bertault.

L’album « Pas de Géant »

Les évènements s’enchaînent ensuite et son deuxième album« Pas de Géant » sort le 19 janvier 2018 sous le label OKeh distribué par la major Sony Music. Ainsi porté par une major, l’album reçoit un excellent accueil tant auprès du public que des médias. C’est dans cette dynamique que la carrière de la jeune chanteuse a vraiment avancé à pas de géants !

De nombreuses influences musicales

Les influences musicales de Camille Bertault sont nombreuses et si son projet « Pas de Géant » fait un clin d’œil au titre de Coltrane, « Giant Steps », d’autres univers ont par ailleurs inspiré la chanteuse.

Elle regarde en effet  du côté de la chanson française (Brassens Gainsbourg, Brigitte Fontaine) tout autant que vers la musique classique, en direction de Ravel ou de Bach. Camille Bertault, au Centre Culturel d'Ecully où elle presente le projet Pas de Géant le 12 avril 2017Elle flirte par ailleurs avec la « Nouvelle Vague » via une des musiques que Michel Legrand a écrite pour le film de Jacques Demy, « Les Demoiselles de Rochefort ».

Camille Bertault ouvre bien sûr son univers du côté du jazz. Elle explore en effet les mondes de Bill Evans, de Wayne Shorter et bien sûr celui de Coltrane comme déjà évoqué. Enfin, La vocaliste chante aussi ses propres compositions d’une facture plutôt pop.

On a aussi pu apprécier récemment la délicate version de As praias desertas qu’elle a enregistrée sur  l’album « Eu Te Amo - The Music of Tom Jobim » (Bonsaï Music/Sony Music Entertainment) que Daniele di Bonaventura (bandonéon) et Giovanni Ceccarelli (piano) ont sorti en février 2019.

Virtuose, Camille Bertault télescope les notes, jongle avec les mots, bouscule les syllabes, séduit par l’humour de ses textes et par son sourire. On apprécie enfin la facilité qu’elle à jongler avec les notes tout autant qu’avec les langues puisqu’elle interprète avec aisance des textes en Français, en Anglais et en Portugais. Beaucoup d’atouts pour garantir un concert de belle facture !

Entourée de Fady Farah au piano, Christophe Minck à la contrebasse et Donald Kontomanou à la batterie, Camille Bertault va propulser ses scats virtuoses sur la scène du Centre Culturel de la Ville d’Ecully le 12 avril 2019 à 20h30. Ce serait vraiment dommage de rater les voltiges vocales de cette chanteuse qui sait aussi lover sa voix dans un écrin de douceur. Ça va swinguer haut la voix !

FUSSYDUCK sort son premier album

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Enrico Pieranunzi 5tet-The Extra Something, Live at the Village Vanguard

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Opera Underground – Les RV d’avril 2019

Opera Underground – Les RV d’avril 2019

Ouverture & Diversité

Après les dépaysements de mars, les RV d’avril 2019 de l’Opera Underground s’ouvrent à la diversité. Le guitariste américain Peter Blegvard se fait raconteur expérimental en quintet. Place à un trio de choc pour un concert de haute volée avec Surel, Segal & Gubitsch qui collaborent avec le quatuor Wassily. Fidèles à l’esprit du musette, Les Primitifs du Futur et Sanseverino font régner pendant deux soirs une ambiance qui balance entre tradition et 21ème siècle. De belles découvertes à ne pas bouder !

les RV d'avril 2019Les RV d’avril 2019 à l’Opera Underground aiguisent les oreilles à la découverte de musiques dont la diversité n’a d’égale que la qualité. L’inénarrable Peter Blegvard, les cordes frottées et pincées du trio Surel, Segal & Gubitsch et une promenade entre tango et blues avec Les Primitifs du Futur qui accueillent Sanseverino.

Un printemps musical qui renouvelle les genres musicaux, loin des genres formatés. Pour explorer des paysages musicaux stimulants !

Peter Blegvard Quintet

Peter Blegvad est guitariste, chanteur, compositeur, illustrateur (Le Livre de Léviathan). Ce talentueux artiste possède aussi une longue liste de collaborations fructueuses. En effet, sa musique va des expérimentations cérébrales au thème rock ludique. On ne compte d’ailleurs plus les projets musicaux auxquels il a participé (John Zorn, Golden Palominos, …).

Il sera sur la scène de l’Opéra Underground de Lyon, rejoint par un casting de haut niveau qui réunit John Greaves (contrebasse), Chris Cutler (batterie, percussions), Karen Mantler (orgue, harmonica chromatique, voix) et Bob Drake (guitare, voix). Que du beau monde !

Le 05 avril 2019 à 20h à l’Amphi de l’Opera de Lyon, le guitariste et chanteur Peter Blegvard va développer ses talents de (ra)conteur avec ceux qui l’ont rejoint sur son dernier album, « Go Figure » sorti en 2018. Ce serait dommage de se priver de cette belle et rare rencontre.

Le trio Surel, Segal & Gubitsch

On ne compte plus les collaborations de Vincent Segal ! De Bumcello à Piers Faccini ou Ballake Sissoko sans oublier son passage le 17 décembre 2017 sur la scène de la Grande de l’Opéra de Lyon avec les musiciens du projet Chemirani & Rhythm Alchemy.

Entre partitions et improvisations

Celui qui va ouvrir les Salons de Musique des Nuits de Fourvière et fêter à l’occasion les 15 ans du Label No Format, confronte aussi depuis 2014 les cordes de son violoncelle avec celles de deux autres musiciens issus d’univers différents sont à ses côtés. D’une part le violoniste concertiste Sébastien Surel aussi à l’aise avec Chostakovitch que Richard Galliano et d’autre part le guitariste Tomás Gubitsch, qui a joué avec Astor Piazzola et navigue depuis des années entre le rock, le tango et la musique contemporaine.

Plus on est de cordes plus ça joue…

En effet, le trio Surel, Segal & Gubitsch collabore pour cette soirée avec le Quatuor Wassily constitué de Antoine Brun (violon), Marine Faup Pelot (violon), Dominik Baranowski (alto) et Raphaël Ginzburg (violoncelle).

Le 11 avril 2019 à 20h, l’Amphi de l’Opera de Lyon propose un concert de Haute Volée, un concert où les cordes ront reines. Rendez-vous avec l’inclassable Trio Surel, Segal & Gubitsch auquel se joint le Quatuor Wassily, dont ce n’est ni la première ni la dernière apparition de la saison à l’Opera Underground. Une soirée où la musique va se promener entre plusieurs continents musicaux !

Les Primitifs du futur avec Sanseverino

La musette, musique universelle, c’est un peu le pari des Primitifs du Futur, fondés il y a déjà trente ans, avec le guitariste Dominique Cravic et le dessinateur R. Crumb (créateur de Fritz the Cat).

« World tribal musette »

Fidèles à l’esprit du ou de la musette (c’est au choix…), Les Primitifs du Futur valorisent l’esprit du terroir et proposent un cocktail musical qui mêle accordéon avec thérémine, ukulélé, scie musicale et xylophone. Pour ce faire sont réunis autour de Dominique Cravic (voix, guitare), Fay Lovsky (voix, thérémine, ukulélé, scie musicale), Daniel Colin (accordéon), Daniel Huck (scat, saxophone), Hervé Legeay (guitare), Claire Elzière (voix), Jean-Philippe Viret (contrebasse), Jean-Michel Davis (vibraphone, batterie). Ils construisent la musique du futur à partir de celle du passé.

Pour ajouter au plaisir, la joyeuse bande de saltimbanques accueille le guitariste et chanteur Stéphane Sanseverino, déjà familier du projet. Pourtant à Lyon il s’agit d’une première, donc à ne pas rater !

Double vinyle annoncé

Amateurs, amatrices de vinyles… Les Primitifs du Futur vont sortir le 13 avril 2019 (jour du Disquaire Day) un double vinyle intitulé « Résumé des épisodes précédents » sur le label Souffle Continu Records, avec une nouvelle pochette exclusive du légendaire Robert Crumb.

Pas de doute l’ambiance sera festive les 24 et 25 avril 2019 à 20h à l’Amphi de l’Opera de Lyon avec ces deux soirées proposées par l’Opera Undergroud pour écouter le répertoire imaginaire proposé par Les Primitifs du Futur avec Sanseverino. Avec cette « World tribal musette », ce sont des promesses de fox-trot, rumba, tango, blues, java, valse et de tout un tas d’autres genres à découvrir live et à partager entre amis. Certes la musique est au rendez-vous mais on va aussi avoir des fourmis dans les jambes. Belle occasion de faire la fête et de bouger dans la bonne humeur après les libations pascales !

FUSSYDUCK sort son premier album

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Enrico Pieranunzi 5tet-The Extra Something, Live at the Village Vanguard

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Echo#5-A Vaulx Jazz 2019

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Soirée de clôture

Tous les bons moments ont une fin… et le 30 mars 2019 marque le dernier jour du 31ème festival A Vaulx Jazz qu’il a été si bon de retrouver. Fidèle à sa philosophie, le festival propose au public de découvrir deux nouvelles esthétiques pour compléter l’éventail des formes musicales déjà présentées. En ouverture, le superbe concert de Nik Bärtsch’s Ronin dont la venue dans la région a mobilisé de nombreux spectateurs. La dernière prestation permet ensuite au public de découvrir l’univers singulier de la chanteuse et flutiste belge Mélanie De Biasio.

Echo#5-A Vaulx Jazz 2019 salue la « Soirée de Clôture » du 30 mars 2019 au Centre Culturel Communal Charlie Chaplin de Vaulx-en-Velin. Le festival se termine avec un double plateau qui ne joue pas la carte d’un mode festif. Devant un public attentif et curieux Nik Bartsch’s Ronin a offert une prestation à la hauteur de la renommée du groupe. La chanteuse et flutiste belge Mélanie De Biasio a surjoué un minimalisme scénique et musical qui a partagé la salle.

Pour terminer dans l’esprit de la fête, l’After a été confié au Grigri qui a fait régner dans l’Espace Bar la une bonne heure communicative jusqu’à une heure avancée. Il fallait bien que les corps exultent !

Nik Bärtsch’s Ronin

Echo#5-A Vaulx Jazz 2019-Nik BartschFondé en 2001 par le pianiste Nik Bärtsch, le groupe acoustique Nik Bärtsch’s Ronin présente son nouveau spectacle qui restitue le projet « Awase » sorti en mai 2018 chez ECM où le pianiste a enregistré tous ses albums. Au fil des ans sont demeurés Sha (Stefan Haslebacher) à la clarinette basse et au saxophone alto ainsi que Kasper Rat à la batterie. On a le plaisir de découvrir la mouture actuelle de la formation qui a intégré un nouveau bassiste, Thomy Jord. Ainsi devenu quartet après avoir été quintet Nik Bärtsch’s Ronin délivre une musique encore plus performante et plus groovy que dans sa forme précédente. 

Le terme Ronin fait référence au samouraï sans maître. La musique présentée est sous-tendue par cet awase propre à l’art martial du samouraï qui préconise d’utiliser la fusion avec l’adversaire pour mieux en triompher. En l’occurrence, sur scène, la fusion est mise au profit d’une musique héritée du minimalisme de Steve Reich. Elle fusionne les rythmes pairs et impairs, utilise des motifs répétitifs, des boucles rythmiques et mélodiques qui se décalent et se superposent. Pourtant point de chaos et de nombreuses nuances. Les musiciens ne se perdent jamais et si l’on est attiré dans leur monde, on en ressort toujours bienheureux.

Du piano le leader dirige le groupe avec une attention constante et un sourire bienveillant. Les lignes de basse alternent entre clarinette basse et basse électrique, alto, clarinette et basse se partagent les interventions alors que batterie et piano font varier le rythme avec rigueur et souplesse. Si les instrumentistes s’expriment à tout de rôle, ils demeurent toujours au service de la dimension collective de la musique.

Echo#5-A Vaulx Jazz 2019-Nik Bartsch'RoninLes éclairages varient en accord avec la musique dont elle valorise les nuances, de la délicatesse au paroxysme. La pénombre et les jeux de lumières favorisent l’écoute sans pour autant cacher les musiciens, ce qui serait fort dommage car on perçoit dans leurs regards et leurs sourires, une entente quasi fusionnelle.

Dès son entrée sur scène, le groupe installe l’ambiance et développe le processus très bien rôdé qui caractérise l’art de Ronin. Du premier au dernier des six modules présentés durant le set, l’harmonie règne sur scène entre les quatre musiciens. Répétitive et minimalisme la musique  n’en délivre pas moins un groove rythmique tendu dont la pulsation associée à la force hypnotique des boucles crée un climat fascinant que certains spectateurs ont résumé en fin de concert sous le vocable « planant ». Certes réducteur, l’adjectif se réfère à cette impression ascensionnelle que l’on ressent à écouter ces tectoniques musicales qui se transforment sans cesse et donnent une impression de mouvement captivant.

Nik Bärtsch’s Ronin a produit une musique collective dont la force a convaincu le public qui a joué le jeu et a lâché prise pour entrer dans l’univers du groupe. Pour une grande partie des spectateurs et spectatrices, ce fut une découverte. Les autres déjà acquis à l’art de la formation se sont réjouis d’avoir écouté une fois de plus cette musique unique qui transforme un concert en voyage euphorisant.

Mélanie De Biasio

Pour le second set, la pénombre est de règle sur scène. A peine perceptible même des premiers rangs, les trois accompagnateurs de la chanteuse disposés en triangle occupent la totalité de la scène et sont très distants les uns des autres. Ils disparaissent derrière leurs instruments mais le service musical sera inversement proportionnel à la masse instrumentale.

On aurait pu s’attendre à ce que Matthieu Van (piano, synthé, chant)  Aarich Jespers (batterie, percussions) et Axel Gilain (contrebasse, basse, guitare, chœur) et  s’installent à proximité de la chanteuse pour créer le climat intimiste à laquelle prétend la musique de Mélanie De Biasio. Que nenni !

Echo#5-A Vaulx Jazz 2019-Melanie De BiasioLa chanteuse occupe tout l’espace laissé entre les musiciens pour déambuler tout au long du concert. Elle s’éloigne dans la pénombre assez loin du public avec lequel elle communique fort peu. Pas de salut à l’arrivée ni de présentation après quelques morceaux.  Mélanie De Biasio ne se donne pas à voir, tout juste laisse-t-elle percevoir sa silhouette à contre-jour, de dos, penchée, accroupie. Sans jamais lâcher sa flûte électrifiée, elle adopte une gestuelle certes gracieuse mais si peu naturelle quelle semble dénuée de toute spontanéité. Tout est étudié, le claquement de doigt, la main qui se tend, se pose sur le front….

Le chant se résume à des mélopées susurrées, à un souffle désincarné qui reprend des leitmotivs répétés à l’envi. Les lignes jouées à la flute procèdent de la même logique. Certes on reconnaît Gold Junkies ou Afro Blue mais il n’est guère possible d’évoquer un climat d’intimité que tentent pourtant de suggérer les murmures introspectifs chuchotés dans une atmosphère embrumée. Sans doute d’aucuns évoqueraient une musique de l’épure mais d’autres y verraient une pauvreté créative cachée derrière des artifices et des effets.

Une voix qui n’est guère qu’un souffle, un murmure qui tente d’envouter, une flûte plus argument qu’instrument, un mystère instauré via une distance peu propice à générer des émotions, des gestuelles qui manquent de naturel, une communication minimale avec le public. On a cherché la musicalité et la créativité mais sans doute cette dernière réside-t-elle dans le concept que l’on perçoit de facto mieux sur disque que sur scène.

Avec trop d’effet accumulés, trop de contrôle, guère d’intimité, Mélanie de Biasio présente un jazz singulier dont les codes empruntent au blues, au jazz, au hip-hop et à la soul et pour finir s’apparente à un hip-pop pop, minimaliste et embrumé qui se veut mystérieux mais ne parvient pas vraiment à convaincre.

Les artifices de séduction déployés conquièrent malgré tout pour une partie du public qui sollicite la chanteuse pour un rappel.

Pour terminer sa 31ème édition, le festival A Vaulx Jazz instaure l’esprit de la fête après les deux concerts et invite les spectateurs à devenir acteurs et danseurs dans l’Espace Bar durant un « after » chaleureux animé par les platines du « Grigri ». Tout est bien qui finit bien ! Rendez-vous sans faute dans deux ans pour vivre la 32ème édition du festival A Vaulx Jazz que l’on plébiscite par avance avec chaleur.

FUSSYDUCK sort son premier album

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Enrico Pieranunzi 5tet-The Extra Something, Live at the Village Vanguard

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Echo#5-A Vaulx Jazz 2019

Echo#4-A Vaulx Jazz 2019

Soirée Saxologie

Par son intitulé « Saxologie », la soirée du 27 mars 2019 met l’accent sur le troisième set que propose Chris Potter, un des saxophonistes les plus en vue du moment. En ouverture, une courte prestation du lauréat du Tremplin RéZZo Focal Jazz à Vienne 2018, Obradovic-Tixier Duo. Place ensuite à Louis Sclavis qui vient en quartet présenter son nouveau programme « Characters On A Wall ». Le public s’est pressé pour découvrir ces trois esthétiques musicales auxquelles il a réservé un accueil enthousiaste.

Echo#4-A Vaulx Jazz 2019 se souvient de la « Soirée Saxologie » du 22 mars 2019 au Centre Culturel Communal Charlie Chaplin de Vaulx-en-Velin. Trois idiomes différents sont proposés au public. C’est une fois encore l’occasion de découvrir la multiplicité des expressions dont le jazz est pourvoyeur. La qualité est au-rendez et nul ne s’en plaint.

Obradovic-Tixier Duo

En ouverture de soirée se produit Obradovic-Tixier Duo, lauréat du Tremplin RéZZo Focal Jazz à Vienne 2018. Le duo franco-croate réunit le pianiste David Tixier et la batteuse Lada Obradovic. Le premier ne se contente pas du clavier du piano, il diversifie son expression sur son Rhodes et enrichit ses propos par un clavier de basse. La seconde ajoute à ses toms, cymbales et grosse caisse, un glockenspiel dont elle use à merveille et donne aussi de la voix.

Malgré la durée réduite du set, (30 minutes), Obradovic-Tixier Duo propose un répertoire tout à fait représentatif de son art. Leur musique ménage en effet dans ses propos un heureux équilibre d’énergie et de délicatesse. Sur des rythmes variés les deux musiciens entrelacent des mélodies élégantes. Echo#4-A Vaulx Jazz 2019, Obradovic-Tixier DuoAprès la composition de Lada Obradovic, Thoughtless Gift où coexistent légèreté et densité, le duo muse, joue et déjoue le tempo au rythme impair de Broken Watch écrit par David Tixier. Les deux musiciens font tourner les aiguilles d’une montre qui bat à 11 temps. Tic-tac et coucou se répondent. Le duo reprend ensuite Last Flight Over Horizon. Leur interprétation possède toujours la même force d’évocation en souvenir des attentats survenus à Istanbul. Sans s’appesantir sur le moment fatal, les musiciens convoquent leurs émotions et élèvent un hymne à la pulsion de vie. Après un dernier morceau au rythme entêtant et à la mise en place précise, David Tixier passe le clavier du piano à Benjamin Moussay qui fut son professeur.

A venir bientôt, la sortie d’un vinyle deux titres produit Cristal Records & Jazz Au Phare Revelations 2018, « Professor Seek & Mister Hide » et celle d’un album huit titres produit par RéZZo Focal et Jazz A Vienne. Le duo se produira le 13 juillet 2019 en ouverture de la « All Night Jazz » de Jazz à Vienne et dans de nombreux autres salles et festivals.

Le 27 mars 2019 au festival A Vaulx Jazz, Obradovic-Tixier Duo a fait battre le cœur d’un public amusé et heureux de découvrir l’inventivité de leur art qui s’il est créatif n’en demeure pas moins d’une extrême musicalité. Nul doute qu’un avenir prometteur s’ouvre pour ce duo qui émeut autant qu’il étonne.

Louis Sclavis Quartet - Characters On A Wall

Après l’avoir joué à l’Opéra Underground de Lyon en décembre 2018, Louis Sclavis vient à Vaulx-en-Velin « pour présenter son nouveau programme dans ce festival auquel il est très attaché ». En référence à la durée de cette manifestation trentenaire, il précise que « les choses qui durent peuvent rester compétitives ». Il représente d’ailleurs lui-même un exemple avéré d’une longévité artistique qui, au fil des ans, demeure compétitive et créative.

Après « Napoli’s Walls » créé en 2002 à partir des dessins réalisés à Naples par Ernest Pignon-Ernest de 1987 à 1995, le projet « Characters On A Wall » est inspiré par le travail du même artiste très engagé politiquement avec qui Louis Sclavis travaille depuis 40 ans. Père fondateur du street-art, Ernest Pignon-Ernest dessine des personnages dans des lieux où ils prennent sens, des lieux qui deviennent ainsi des espaces de mémoire.

Ce sont quelques-unes de ces affiches pochoirs d’Ernest Pignon-Ernest qui sont présentées A Vaulx Jazz. Elles ont inspiré Louis Sclavis et ses musiciens mais pour le leader pas question de projeter les images. Le concert se charge de proposer une lecture musicale des dessins qui saisit et restitue les émotions captées par les musiciens. Co-écrite par Louis Sclavis et son groupe, la musique devient ainsi à son tour une œuvre créative proposée au public venu l’écouter.

Ainsi, entouré de Sarah Murcia à la contrebasse, Benjamin Moussay au pianoEcho#4-A Vaulx Jazz 2019, Louis Sclavis 4tet et Christophe Lavergne à la batterie, Louis Sclavis aux clarinettes (basse et si♭) interprètent successivement les morceaux inspirés par Jean Genet dessiné à Brest, Mahmoud Darwich collé en Palestine à Ramallah, La dame de Martigues d’après les figures figurant sur les cuves et les cheminées de la ville, Shadows & Lines inspiré par les pochoirs où se projette l’ombre de l’explosion nucléaire d’Hiroshima, Pasolini à partir des portraits du cinéaste dessinés de pied portant son cadavre sur les murs de Rome où il a vécu, Prison inspiré par les collages réalisés dans la friche de l’ancienne prison Saint-Paul de Lyon.

Très ramassé autour du leader, le quartet acoustique embarque le public au fil d’un voyage imaginaire alimenté par les improvisations créatives pourvoyeuses de nombreuses émotions.

Le discours toujours très fluide des clarinettes fait varier ses couleurs expressives au fil des échanges avec les autres musiciens. Louis Sclavis explore l’entièreté du registre de ses instruments et selon les moments ses improvisations deviennent féroces et déchirantes, subtiles et nostalgiques, stridentes et pulsatiles, volubiles et furieuses, douces et tendres. Toujours renouvelé, son propos musical incarne autant la voix de la révolte que celle de l’espoir.

Tel un explorateur libéré des claviers électriques, Benjamin Moussay fait preuve sur le piano de nombreuses nuances et d’une audace inventive peu commune. Enfiévré il renforce les interrogations, tempéré il dessine des propos pacifiés, délicat il incarne la légèreté.

Echo#4-A Vaulx Jazz 2019, Louis Sclavis Quartet, Characters on a WallLe jeu solide et précis de la contrebassiste Sarah Murcia participe aux moments de paroxysme par des lignes violentes et tempétueuses qui râlent et grondent. Les harmoniques ponctuent des chorus graves et mordants. D’autres improvisations laissent apprécier la profondeur, la justesse et la souplesse du jeu de contrebasse.

Sur les toms tendus, la frappe sèche de Christophe Lavergne martèle le rythme avec frénésie et instaure le chaos par des propos explosifs. Certes la batterie combative et vitaminée contribue à faire monter l’intensité dramatique mais elle sait aussi instaurer le calme et la poésie par de subtils battements et de légères caresses des balais sur les cymbales.

Le public attentif est comblé. Il a vibré tout au long d’un concert où la musique s’est faite tour à tour poétique ou dramatique, lyrique ou insurrectionnelle, calme ou explosive, pacifiée ou tendue. Mais malgré les applaudissements nourris, point de rappel car la soirée n’est pas terminée.

Chris Potter Quartet - Circuits

L’intitulé de la Soirée Saxologie prend tout son sens avec son troisième set où Chris Potter se produit en quartet. Sa réputation le précède partout où il est programmé et le public se presse A Vaulx Jazz pour l’écouter.

Talentueux et virtuose, le saxophoniste voit en effet depuis fort longtemps les qualitatifs les plus élogieux associés à son nom et à son jeu. Aujourd’hui, il figure d’ailleurs au sommet de la hiérarchie des saxophonistes. Il n’en ira pas autrement le 27 mars 2019 à Vaulx Jazz. Par contre s’il a confirmé sa stature de technicien hors norme, pas sûr que tous les membres du public venu l’écouter à Vaulx-en-Velin s’attendaient à l’aventure que le quartet de Chris Potter leur a proposée.

 En effet le saxophoniste et flutiste s’est engagé le 27 mars 2019 loin de l’idiome acoustique dans lequel il s’exprimait chez ECM en 2017 sur « The Dreamer Is The Dream ». Echo#4-A Vaulx Jazz 2019, Chris PotterAvec ses nouveaux partenaires, il présente en effet un répertoire qui regarde du côté de son album « Circuits » (Edition Records) sorti en 2019 et emprunte une syntaxe dont les maître-mots sont le groove et l’énergie. Pas loin du rock incarné par la présence du bassiste Tim Lefevre qui a participé au dernier enregistrement de David Bowie (Black Star) aux côtés de Donny McCaslin. Proche du groove du hip-hop et du funk qu’affectionne le batteur Justin Brown qui joue autant avec Ambrose Akinmusire qu’avec Thundercat. Craig Taborn quant à lui appartient à tous ces mondes entre lesquels il navigue avec une aisance inouïe sans jamais perdre son âme.

On est frappé d’emblée par l’ardente alchimie qui fonctionne entre le ténor furieux de Chris Potter, le piano, le rhodes et les claviers de Craig Taborn et la rythmique détonante menée avec fermeté par la batterie de Justin Brown et la basse électrique de Tim Lefebvre. Le collectif tout entier est soudé autour du leader au service d’une musique nerveuse que fait groover une rythmique détonante. On est ensuite interpelé par l’engagement total du leader dont les propos échevelés contribuent à l’exaltation musicale. Sa technique totalement maîtrisée lui permet de développer sans effort apparent des phrasés réitératifs qui participent par leur énergie à alimenter le groove.

Tel un match de boxe au climat survolté, le troisième set propose une musique qui doit autant à l’énergie et à la virtuosité maîtrisée des musiciens qu’à l’électricité et à l’électronique.

D’un bout à l’autre du concert règne sur scène un groove incandescent auquel le piano apporte quelques respirations en dehors desquelles il alimente l’énergie collective par un propos vigoureux et dense mais sans cesse renouvelé. Dans un flux incessant, la batterie brasse furieusement les rythmes. Elle dégage une impression de puissance et étourdit par la polyrythmie et les cadences qu’elle développe dans un continuum rythmique inépuisable. Sur son saxophone le leader parcourt l’étendue de tous les possibles. Ses phrasés saccadés et ses éructations nerveuses alimentent la machine à groove à laquelle la basse ronflante contribue plus qu’à son tour, sans vraiment beaucoup de nuances.

Après une ouverture de soirée marquée la fraîcheur créative proposée par Obradovic-Tixier Duo, l’art subtil et fluide du quartet de Louis Sclavis a séduit par le raffinement de son expression au demeurant fort nuancée. La pulsation vibrante et fougueuse du quartet de Chris Potter a propulsé sur scène une énergie peu commune. Le public a ainsi pu apprécier des facettes différentes mais représentatives du jazz contemporain. Pas sûr qu’entre le versus européen et le versus américain il faille choisir. On peut apprécier plus ou moins l’une ou l’autre des esthétiques sans omettre de reconnaître les qualités des musiques.

FUSSYDUCK sort son premier album

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Le tout premier album de FUSSYDUCK est sorti sur le Label Double Moon Records. Belle découverte que le projet de ce groupe transnational. L’opus « Maybe that’s all we get » propose une musique singulière aux contrastes mélodiques et harmoniques colorés et aux paysages sonores délicats et chaleureux. Groove et fraîcheur sont alliés pour le meilleur.

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Enrico Pieranunzi 5tet-The Extra Something, Live at the Village Vanguard

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Quand en 2016, dans un des clubs les plus prestigieux de la sphère du jazz, le Village Vanguard à New York, le pianiste italien Enrico Pieranunzi enregistre en quintet un répertoire de compositions originales hard bop… advient un album éblouissant, « The Extra Something, Live at the Village Vanguard » sorti le 22 avril 2022 chez CAM JAZZ. Énergie et sensibilité se conjuguent avec virtuosité et maîtrise instrumentale.

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Jazz Campus en Clunisois 2022 – La Programmation

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Jazz Campus en Clunisois 2022 donne rendez-vous au public du 20 au 27 août pour vivre au rythme du jazz et des musiques improvisées. Toujours aussi vivace et ancré dans ses racines, le festival propose un bouquet de concerts alléchants… du jazz vivant et attractif, inventif et libre, ouvert et innovant.

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Clin d’œil à Trio Corrente & « Tem que Ser Azul »

Clin d’œil à Trio Corrente & « Tem que Ser Azul »

Du jazz lyrique, énergique et élégant

Groupe phare de la scène jazz de São Paulo, le Trio Corrente présente son sixième album « Tem que Ser Azul ». Composé de Fabio Torres, Paulo Paulelli et Edu Ribeiro, le trio piano-basse-batterie interprète un jazz moderne chargé de virtuosité et de lyrisme. Une osmose parfaite unit le groove de la basse, la légèreté du piano et l’efficacité de la batterie. Une musique énergique, joyeuse et élégante.

Issu de la plus talentueuse scène de São Paulo, le Trio Corrente n’a plus rien à prouver. Avec deux Grammy Awards dont celui du meilleur album de jazz latin avec « Song for Maura » (2013), leur réputation n’est plus à faire. Pourtant, Fabio Torres (piano), Paulo Paulelli (basse électrique et contrebasse), et Edu Ribeiro (batterie) reviennent le le 28 mars 2019 avec « Tem que Ser Azul » (Abeat Records /UVM Distribution), un album gorgé d’une énergie et d’une inspiration qui semblent inépuisables.

Trio Corrente

Formé en 2001 à São Paulo, Trio Corrente est un groupe de jazz instrumental brésilien dont le répertoire est ancré dans la tradition brésilienne. On y retrouve un spectre très large et varié des musiques du Brésil avec des choros, de la bossa nova, de la samba et nombre de standards de la Musique Populaire Brésilienne.

Trio Corrente

Trio Corrente@Fatima Batista

Le batteur Edu Ribeiro a joué aux côtés de Yamandu Costa ou João Bosco. Quant au pianiste Fabio Torres et au bassiste Paulo Paulelli, ils collaborent régulièrement avec Joyce et Rosa Passos.

Depuis leur premier album paru en 2005, Trio Corrente apparaît comme une figure novatrice du jazz brésilien où les trois musiciens mêlent les codes du jazz à de nombreux courants musicaux venus de Brésil et même d’autres pays d’Amérique latine. Aujourd’hui encore, après dix-huit ans de carrière, le trio propose des compositions qui restituent la passion toujours aussi vive des trois artistes pour la musique de leur pays mais le propos musical demeure ancré dans la tradition du jazz nord-américain.

Sur « Tem que Ser Azul », Trio Corrente fusionne avec talent jazz moderne et rythmes brésiliens. Une musique très personnelle qui capte les interactions des trois partenaires. Le résultat est époustouflant. La musique élégante, efficace et allègre dessine un univers mélodique autant que rythmique.

« Tem que Ser Azul »… au fil des plages

Trio Corrente ouvre l’album avec une version très hot de Amor Até O Fim. Prise sur un tempo effréné de samba, La composition de Gilberto Gil n’aurait pas déparé dans le répertoire de Tania Maria. Les solos affichent punch, virtuosité et lyrisme. Le trio glisse ensuite sur Só Tinha De Ser Com Você, la célèbre composition de Jobim. Sur un tempo bossa médium, le son gras de la basse joue des lignes saccadées pendant que le piano swingue avec une élégance infinie.

Dès son intro, Frevelli, composé par Fabio Torres met en orbite le piano véloce. On se laisse accrocher par le solo agile de la basse. Le morceau met en évidence la symbiose qui règne entre les trois partenaires complices. Vient ensuite la superbe ballade Retrato Em Branco E Preto d’Antonio Carlos Jobim et Chico Buarque que le trio ré-harmonise avec grâce et délicatesse. Le chant du piano en contrepoint sur la rondeur du solo de contrebasse constitue un des moments les plus raffinés de l’album.couverture de l'album Tem Que Ser Azul du trio Corrente

Fidèle à la version originale, Trio Corrente propose ensuite une reprise de la chanson de Djavan, Extase. L’accompagnement très syncopé propulse le solo du piano acrobate avant de porter le chorus chantant de la basse. Un 4/4 superbe qui donne le tournis permet d’apprécier les échanges de la batterie avec piano et basse. Après avoir déployé une belle énergie, le trio adopte un tempo médium pour interpréter le morceau de Johnny Alf, Eu E A Brisa. On se laisse alors entraîner sur une valse légère que jouent avec légèreté et aisance cymbales, piano et contrebasse.

Avec un équilibre quasi parfait, le répertoire fait alterner rythmes rapides et douces mélodies. Ainsi Trio Corrente adopte ensuite une rythmique élastique pour reprendre Assanhado, une composition de Jacob Do Bandolim. Les rythmes pulsent jusqu’à l’exaltation. Le groupe calme le jeu avec Tem Que Ser Azul. Le trio reprend en effet le titre de Messias Santos Jr qu’il transforme en une ballade de rêve riche en harmonies lumineuses. Les balais du batteur proposent un tapis feutré au piano romantique. Un moment de douceur tout en subtilité.

Cinco, la composition du batteur Edu Ribeiroa sonne ensuite comme une samba pagode et laisse toute latitude au piano de s’envoler avec allégresse dans un tourbillon de notes. Dans le morceau suivant, Jobim Passeando Em Rivera, écrit par Paulo Paulelli, le groupe rend hommage à Samba do Avião de Tom Jobim. Après cette subtile samba, le disque se termine avec Baiao do salomâo. A travers sa composition, Fabio Torres immerge la musique dans les rythmes du Nordeste brésilien. Entre les brisures rythmiques, on perçoit des colorations ravellisantes dans le phrasé du piano et l’on respire la douceur à l’écoute du solo chantant et léger de la contrebasse.

Trio Corrente ne faillit pas à sa réputation. Entre finesse élégante et rythmiques décoiffantes balance « Tem que Ser Azul » qui devrait mettre d’accord les amateurs de musique brésilienne et les fans de jazz.

FUSSYDUCK sort son premier album

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Enrico Pieranunzi 5tet-The Extra Something, Live at the Village Vanguard

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Jazz Campus en Clunisois 2022 – La Programmation

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David Linx et Michel Hatzigeorgiou signent « The Wordsmith »

David Linx et Michel Hatzigeorgiou signent « The Wordsmith »

Élégance et émotion sont au rendez-vous

La voix de David Linx et la basse électrique de Michel Hatzigeorgiou ouvrent les portes de l’univers intime et sensible de l’album « The Wordsmith ». Avec sobriété le duo complice délivre un opus sensible et chaleureux. Le répertoire élégant et poétique recèle des moments de grâce d’une infinie légèreté.

Le 08 mars 2019, l’album « The Wordsmith » (Sound Surveyor Music/L’Autre Distribution) finalise un projet que le chanteur David Linx et le bassiste Michel Hatzigeorgiou envisageaient depuis longtemps. Les deux musiciens de jazz sont parvenus à se dégager de leurs nombreux projets personnels pour se retrouver en duo dans le Studio Red H de Bruxelles où ils enregistrent un répertoire de neuf titres.

Les portées tiennent lieu d’enclume aux deux musiciens qui forgent la musique, jouent avec les mots, jonglent avec les notes et peaufinent les harmonies. Leur talent et leur complicité fait le reste. En duo David Linx et Michel Hatzigeorgiou façonnent un jazz émotionnel, poétique et élégant.

David Linx et Michel Hatzigeorgiou

On ne présente plus ces deux artistes que le jazz européen a consacrés depuis longtemps.

Depuis 1990, David Linx a imposé son chant qui fait référence dans le monde du jazz vocal actuel. Animé par une énergie intarissable, le chanteur originaire de Belgique et aujourd’hui installé à Paris, a parcouru un chemin riche et varié qui l’a mené de « Upclose » (1996) gravé en duo avec Diederick Wissels à ce nouveau duo enregistré en 2019 avec le bassiste Michel Hatzigeorgiou. Ce dernier s’est fait un nom au sein du groupe « Aka Moon » avec lequel il évolue depuis les années 1990.

Après s’être souvent croisés et avoir projeté de travailler ensemble, les deux compatriotes conjuguent leurs écritures sur « The Wordsmith » qui les réunit enfin.

« The Wordsmith », un album élégant où affleure l’émotion

« The Wordsmith » révèle une musique très sobre qui convie le silence, soigne textes et mélodies et peaufine les climats harmoniques.

La poésie des narrations rebondit sur des mélodies sophistiquées. Jamais démonstrative la voix explore avec souplesse l’étendue de sa tessiture dans ces scats aériens et inventifs qui caractérisent l’art de David Linx. Au fil des mesures, Michel Hatzigeorgiou fait chanter sa basse électrique comme une guitare et dessine des mélodies qui croisent celles de la voix. Il libère les harmonies qui ouvrent l’espace de liberté au chant.

Une telle entente repose certes sur une complicité avérée mais ne serait pas possible sans une écoute de chaque instant.

Au fil du répertoire

Sans esbroufe, les deux artistes livrent cinq compositions personnelles écrites à quatre mains , On A Lonely Crowded Street à porter au crédit de David Linx, Downriver Bound coécrit par David Linx et Mario Laginha et deux reprises.

En ouverture, On A Lonely Crowded Street laisse percevoir la vibration intime qui relie les deux musiciens. Le duo enchaîne ensuite avec la mélodie lumineuse de I Walk Alone où le scat du chanteur s’harmonise parfaitement sur les lignes de la basse qui pulse avec allégresse. Couverture de The Wordsmith, l'album    de David Linx et Michel HatzigeorgiouPlus tard, la voix chaude pose des couleurs déchirantes sur The Wind Cries Mary. Sur cette version que le duo donne du titre de Jimi Hendricks, le son grave et ronflant de la basse accentue encore le côté soul du morceau.

Le duo change ensuite de registre et convoque le silence sur On Either Side qui génère une vive émotion. Sur Downriver Bound la voix se fait la fois grave et aérienne et la basse sonne vraiment comme une guitare pour accompagner le chant céleste. Le dialogue continue en totale synergie sur Jessica Smokes où les mots voltigeurs épousent les notes ciselées de la basse. Chanté en Portugais, Rosa restitue vraiment l’esprit de la composition du compositeur brésilien Pixinguinha. La maîtrise absolue du scat vocal charme par son élégance et inspire à la basse un solo mélodieux.

Sur No More Unfinished Business et son tapis d’harmonies oniriques, la voix module avec grâce et dessine les contours d’un monde éthéré. L’album se termine avec The Wordsmith sur lequel une alchimie fascinante unit la poésie des mots et la ligne mélodique de l’instrument. Une osmose parfaite scelle la voix et la basse.

« The Wordsmith » tresse des mélodies sophistiquées et invite le silence à pénétrer dans l’intimité qui unit la voix de David Linx et la basse de Michel Hatzigeorgiou. En faisant le choix de la sobriété, les deux musiciens offrent un répertoire poétique qui capture la légèreté d’un soupir et explore les profondeurs de l’âme. Avec souplesse le duo voltige entre ces deux dimensions et explore un large spectre d’émotions sans jamais céder ni à la facilité ni à la démonstration. Un album à partager largement.

RV le 17 avril 2019 à 21h au Studio de l’Ermitage de Paris pour écouter live le répertoire de « The Wordsmith » interprété par David Linx et Michel Hatzigeorgiou

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Echo#5-A Vaulx Jazz 2019

Echo#3-A Vaulx Jazz 2019

Soirée Orange Sonic

Intitulée « Orange Sonic », la soirée du 22 mars 2019 présente un double plateau. Après la musique brute du groupe « Festen », le public savoure la rencontre musicale et chorégraphique proposée par Thomas de Pourquery et ses acolytes de « Supersonic » qui rencontrent leurs amis du Congo. Pour ce RV transcontinental, le soleil a irradié la nuit du Festival A Vaulx Jazz.

Echo#3-A Vaulx Jazz 2019 fait un clin d’oeil sur la soirée « Orange Sonic » du 22 mars 2019 au Centre Culturel Communal Charlie Chaplin de Vaulx-en-Velin. A la tension rythmique saturée de « Festen » succède la lumière cosmique pulsatile et joyeuse de la bande de musiciens et danseurs réunis autour de Thomas de Pourquery.

« Festen »

Depuis 2007, les frères Fleau, Maxime (batterie) et Damien (saxophone), Jean Kapsa (piano) et Oliver Degabriele (basse) sévissent sous le nom de « Festen », groupe à l’énergie brute qui porte le nom du film de Thomas Vinterberg.

Le 22 mars 2019 en ouverture de soirée, les musiciens de « Festen » présentent le répertoire de leur sixième album « Inside Stanley Kubrick » sorti en septembre 2018 chez Laborie Jazz. Les quatre protagonistes invitent le public à pénétrer dans leur musique qui explore l’univers de Stanley Kubrick. Derrière le groupe sont projetées des images ou quelques extraits de films de ce géant du cinéma. Ainsi la musique puise des idées clefs de quelques films. La violence du fameux « Orange mécanique », le côté brut et solide du monolithe de « 2001 Odyssée de l’Espace »,  » le climat guerrier et explosif de « Docteur Folamour », l’ambiance inquiétante et sanglante du fameux Overlook Hotel de « Shining », pour ne citer que ceux-là.

D’un bout à l’autre du set, rythmique tendue, sono à fond, pulsation souvent binaire qui n’a rien à envier au rock. Les solistes s’effacent au profit du collectif et les éclairages ne restituent que la silhouette des musiciens. Toute expressivité individuelle est gommée, la pulsation rythmique écrase le propos, le piano sature, la basse ronfle, la batterie groove, le saxophone éructe. Ça ne groove point, ça tonne.

Dans la salle des têtes oscillent rythmiquement, certains protègent leurs tympans, d’autres encore attendent en vain que quelque nuance ménage une place au silence et aux contrastes… mais que nenni. C’est Fast and Furious !

Thomas de Pourquery & Friends from Congo

La seconde partie de soirée voit revenir Thomas de Pourquery qui avait enchanté A Vaulx Jazz le 21 mars 2015 avec son projet « Supersonic plays Sun Ra » en ouverture de la dernière soirée de la 28ème édition du festival « A Vaulx Jazz ». Le public s’en souvient encore. Depuis le compositeur, saxophoniste et chanteur a triomphé avec son superbe projet « Sons of Love » sorti en 2017 avec Supersonic.

Lors d’un séjour en République du Congo, Thomas de Pourquery et Supersonic ont joué et rencontré le chorégraphe Delavalett Bidiefono et les danseurs de sa compagnie ainsi que des musiciens congolais. Cet épisode se poursuit avec trois rencontres en France entre le sextet Supersonic de Thomas de Pourquery et trois danseurs parmi lesquels Delavalett Bidiefono, une chanteuse et deux percussionnistes congolais. Le 22 mars 2019, A Vaulx Jazz accueille la première date de cette rencontre transcontinentale entre les musiciens français et les danseurs et musiciens congolais. Le festival Détours de Babel (La Source Fontaine) et le festival Banlieues Bleues en sont les deux autres étapes.

Après l’entrée en scène de Delavalett Bidiefono qui danse sur les notes du saxophone de Thomas de Pourquery, le reste des douze musiciens et danseurs les rejoignent sur scène et la rencontre commence.  D’emblée l’alchimie fonctionne entre les musiciens français d’une part les danseurs et musiciens congolais d’autre part. En effet les deux groupes fusionnent en bloc uni.

Conduite avec énergie par le batteur Edward Perraud et le bassiste Frederick Galiay,Echo#3-A Vaulx Jazz 2019_Thomas de Pourquery, Fabrice Martinez, Berlea Dieuveille Bilemboloe la rythmique tellurique accueille les percussions africaines de Fabe Beauriel Bambi et Mohamed Sylla. Les quatre musiciens stimulent les interactions des solistes. Le pianiste Arnaud Roulin est en perpétuelle interaction avec le trio de soufflants qui donnent aussi de la voix. Flanqué du volubile et inventif Laurent Bardainne (saxophone ténor) et du lumineux Fabrice Martinez (trompette, buggle), Thomas de Pourquery (saxophone alto) accueille la chanteuse Berléa Dieuveille Bilembolo qui les rejoint sur les arrangements conçus à partir du répertoire du groupe.

Sur le devant de la scène, en avant des musiciens, les deux danseurs Delavalett Bidiefono et Fiston Bidiefono croisent leur danse souple et athlétique avec celle de Cognès Mayoukou qui se meut comme une liane élastique. Ils font alterner mouvements expressifs et coulés avec des enchainements toniques où bras et jambes fouettent l’air comme le font ceux des boxeurs. Comme un combat ritualisé, la danse devient une extension de la musique. Une énergie communicative circule entre la musique et les danseurs et les deux arts croisent leurs ardeurs.

Les vibrations africaines essaiment et la syntaxe de la musique s’en trouve enrichie. Le jazz dense et combatif de Supersonic accueille le battement pulsatile des percussions et la voix de Berlea Dieuveille Bilembolo développe un chant qui évolue entre sensibilité et puissance. Les tubes supersoniques se succèdent, Give the Money Back, Slow Down, Simple Forces, ….

Après avoir accueilli, pop, blues, funk, soul, rock, boogaloo, la musique de Supersonic se teinte d’accents africains et prend des allures d’une célébration gospel groovy.

Si Thomas de Pourquery confie au public le bonheur que cette « rencontre » représente pour lui, il assortit aussi son discours de petits signes de la main et de bisous mais ne se prive pas de stimuler le public pour qu’il participe à la liesse et chante avec plus de cœur pour tenter d’atteindre le Graal. Echo#3-A Vaulx Jazz 2019_Thomas de Pourquery & Friends from CongoAu final, tout le monde se sent concerné et joue le jeu sans trop se forcer et l’énergie communicative qui se dégage de la scène gagne la salle qui en redemande.

Le groupe franco-congolais revient sans trop se faire prier pour le plus grand plaisir du public et interprète un morceau de Caetano Veloso, O Estrangeiro que Thomas de Pourquery a réarrangé pour l’occasion, comme pour faire le lien entre l’Afrique et le Brésil, clin d’oeil à l’histoire coloniale de la musique qui a cheminé d’Afrique au Brésil et a fait le chemin inverse pour irriguer la rumba congolaise.

La rencontre dynamique proposée par le toujours bienveillant Thomas de Pourquery a donné lieu à d’intenses moments d’échanges scéniques. Animés d’une énergie vitale irradiante, les enfants de Sun Ra, les danseurs et le musiciens congolais ont orchestré une transe ardente et sans frontière qui a conquis le public de Vaulx-en-Velin.

FUSSYDUCK sort son premier album

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Le tout premier album de FUSSYDUCK est sorti sur le Label Double Moon Records. Belle découverte que le projet de ce groupe transnational. L’opus « Maybe that’s all we get » propose une musique singulière aux contrastes mélodiques et harmoniques colorés et aux paysages sonores délicats et chaleureux. Groove et fraîcheur sont alliés pour le meilleur.

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Enrico Pieranunzi 5tet-The Extra Something, Live at the Village Vanguard

Enrico Pieranunzi 5tet-The Extra Something, Live at the Village Vanguard

Quand en 2016, dans un des clubs les plus prestigieux de la sphère du jazz, le Village Vanguard à New York, le pianiste italien Enrico Pieranunzi enregistre en quintet un répertoire de compositions originales hard bop… advient un album éblouissant, « The Extra Something, Live at the Village Vanguard » sorti le 22 avril 2022 chez CAM JAZZ. Énergie et sensibilité se conjuguent avec virtuosité et maîtrise instrumentale.

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Jazz Campus en Clunisois 2022 – La Programmation

Jazz Campus en Clunisois 2022 – La Programmation

Jazz Campus en Clunisois 2022 donne rendez-vous au public du 20 au 27 août pour vivre au rythme du jazz et des musiques improvisées. Toujours aussi vivace et ancré dans ses racines, le festival propose un bouquet de concerts alléchants… du jazz vivant et attractif, inventif et libre, ouvert et innovant.

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Echo#5-A Vaulx Jazz 2019

Echo#2-A Vaulx Jazz 2019

Ukandanz - Freaks… énergie à revendre

Pour la « Soirée Transe » du 21 mars 2019, le festival A Vaulx Jazz propose un double plateau étoffé avec Ukandanz et Freaks. Deux groupes habités par l’énergie et animés d’une liberté créative incontestable. Après les vibrations d’un éthiojazz groovy le public goûte au délices d’un voyage sensoriel excentrique.

Echo#2-A Vaulx Jazz 2019 revient sur la « Soirée Transe » du 21 mars 2019 au Centre Culturel Communal Charlie Chaplin de Vaulx-en-Velin. uKanDanz et Freaks, deux esthétiques qui croisent le jazz avec d’autres genres musicaux. Deux idiomes singuliers dont l’énergie fait mouche.

Ukandanz… c’est reparti

Après une pause de deux ans, uKanDanz revient sur les scènes après la sortie de leur nouvel album, « Yeketelale » dont le nom annonce la bonne nouvelle en amharique… ça continue . Après la scène de l’Opera Underground où le groupe s’est produit en décembre 2018 uKanDanz fait entendre la nouvelle mouture de sa musique au public du festival A Vaulx Jazz.

Echo#2-A Vaulx Jazz 2019 - Le groupe UkandanzSur scène, trois blocs. Au centre en pleine lumière, le chanteur Asnake Guebreyes. Les éclairages n’auront cesse de mettre en lumière sa veste blanche aux décorations multicolores. Sur le devant de la scène mais dans une ombre quasi permanente, le guitariste Damien Cluzel et le saxophoniste Lionel Martin. En arrière la section rythmique réunit Adrien Spirli au synthé basse et Yann Lemeunier à la batterie, deux nouvelles recrues issues de Mazalda.

Si l’on reconnait avec peine les solistes de l’avant-scène, l’ombre et le brouillard ne permettent guère de distinguer les silhouettes des deux rythmiciens. Certes un concert vaut essentiellement pour la musique qu’il propose mais si le public est sensible aux jeux de lumière il apprécie tout de même de percevoir les musiciens autrement que comme des ectoplasmes.

Echo#2-A Vaulx Jazz 2019 - Le chanteur Asnaké GuebreyesMoins éruptif qu’à l’ordinaire, le saxophone fait entendre des barrissements désespérés avant de se lâcher pour donner le meilleur de lui-même dans les derniers morceaux. Point cette fois de guitare qui arpente la scène. Moins acérée qu’à l’ordinaire elle demeure pourtant un rouage essentiel de la machine uKanDanz qu’elle stimule par ses fulgurances. Porté par la force pulsatile énergique de la section rythmique, le concert met surtout en valeur le chant virtuose. Quand il ne chante pas, Asnake Guebreyes sautille et fait tressauter ses pectoraux.

Recentrée autour du chant, la musique se prête plus à l’écoute qu’à la danse mais lorsque le groupe reprend un de ses anciens hits, le public répond enfin à l’appel du chanteur et vient bouger devant la scène.

Avec moins de rage, uKanDanz a installé sa transe. Rythmes impairs complexes et dissonances sont maîtrisés. Porté par de denses lignes de basse, un groove puissant sous-tend les mélodies lancinantes de la voix. uKanDanz confime la richesse de ses couleurs musicales.

Théo Ceccaldi et Freaks

Echo#2-A Vaulx Jazz 2019 - Le groupe FreaksEn seconde partie de soirée la meute de Freaks débarque sur scène. Plus qu’un groupe il s’agit d’un collectif soudé autour de son leader Théo Ceccaldi dont le violon déborde de sensibilité et de lyrisme. Il est encadré par l’énergique Quentin Biardeau au saxophone ténor et claviers et le saxophoniste Matthieu Metzger dont le souffle puissant et profond alterne entre alto et baryton. En arrière le guitariste virtuose Giani Caserotto, le très réactif violoncelliste Valentin Ceccaldi et le redoutable batteur Etienne Ziemniak.

Une écriture subtile se cache derrière la furie du rock et la complexité des mesures impaires. Freaks délivre une musique insaisissable faite de sensations, une musique contrastée à la fois déjantée et virtuose construite autour de la liberté. La tension portée par le rouleau compresseur rythmique et les larsens alterne avec des moments de détente et de calme. Les motifs répétitifs tricotent la trame sur laquelle sont brodées de subtiles mélodies.

Echo#2-A Vaulx Jazz 2019 - Théo CeccaldiEntre Amanda Dakota, le morceau présenté par le leader comme la seule chanson d’amour de la soirée et Henry m’a tuer (hommage à Henry Threadgill) joué en rappel, le répertoire de Freaks navigue entre apocalypse et poésie, rêves romantiques et cauchemars furieux, tonnerre et brise délicate, vociférations et murmures, souffle volcanique et caresse éthérée.

Excentrique et décapante, brute et peaufinée, tonitruante et délicate la musique déroule ses nuances schizoïdes. Tour à tour allumés ou lyriques, les solistes font exploser les sons et les codes. Une rythmique d’enfer balise la chevauchée épique que conduit le violon magique. Les séquences imprévisibles surprennent et ravissent le public qui se laisse gagner par la frénésie musicale.

Freaks, ça mord, ça décape, ça inquiète mais ça caresse et ça cajole. Paroxysme et décibels coexistent avec détente et calme. Une musique savamment déjantée qui zappe entre free jazz, punk et new wave. Les membres du Tricollectif d’Orléans ont gagné le public à leur cause.

FUSSYDUCK sort son premier album

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Enrico Pieranunzi 5tet-The Extra Something, Live at the Village Vanguard

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Echo#5-A Vaulx Jazz 2019

Echo#1-A Vaulx Jazz 2019

Soirée XXL… musique grand format

20 mars 2019… date du printemps mais aussi date du lancement des concerts du festival A Vaulx Jazz sur la scène du Centre Culturel Communal Charlie Chaplin. La soirée XXL a tenu ses promesses. Deux ensembles grand format, deux moments musicaux réjouissants. Le public ne s’y est pas trompé et a accueilli avec autant de chaleur les deux performances.

Echo#1-A Vaulx Jazz 2019 propose un retour sur la « Soirée XXL » du  20 mars 2019 au Centre Culturel Communal Charlie Chaplin de Vaulx-en-Velin. Le festival Hors les Murs bat son plein depuis le 11 mars 2019 mais la venue de deux grandes formations, Eve Risser Red Orchestra & Kaladjula Band et Very Big Experimental Toubifri Orchestra, marque de belle manière le début du festival sur la scène du Centre Culturel Communal Charlie Chaplin.

Le public est au rendez-vous et les « fidèles » se réjouissent de retrouver l’ambiance conviviale de ce festival qui a fêté ses 30 ans en 2017 et revient en 2019 sur un rythme biennal.

Kogoba Basigui : Eve Risser Red Orchestra & Kaladjula Band

Le projet Kogoba Basigui rapproche le Red Desert Orchestra de la pianiste et compositrice Eve Risser et le Kaladjula Band de Naïny Diabaté. Le combat féministe de Naïny Diabaté au Mali rejoint celui que mène Eve Risser pour promouvoir la place des femmes dans le jazz.

Issue d’une famille de griots et elle-même griotte, Naïny Diabaté a donné à l’orchestre le nom de sa famille. Elle lutte depuis longtemps pour permettre aux femmes de son pays d’apprendre la musique et de la pratiquer. Naïny Diabaté a d’ailleurs créé un école qui compte aujourd’hui 40 élèves musiciennes d’où sont issues les six maliennes qui jouent à ses côtés.

Après son White Desert Orchestra, la pianiste et compositrice Eve Risser a réuni autour de son piano arrangé cinq instruments à vent, une basse, une guitare et une batterie et créé le Red Desert Orchestra. Elle a voulu rapprocher sa musique de celle de l’Afrique et est entrée en contact avec Naïny Diabaté. Les deux musiciennes ont travaillé ensemble entre la France et Bamako pour élaborer le répertoire et le spectacle du projet Kogoba Basigui.

Sur scène le résultat est édifiant. La musique du Mali et le jazz moderne fusionnent réellement en un langage plein de vie. Les rythmes riches et variés portent l’écriture complexe et soutiennent les improvisations audacieuses des solistes.

Echo#1-A Vaulx Jazz 2019 - Evve Risser et Nïny DiabatéLes vives couleurs des costumes africains trouvent écho dans celles des musiciens du Red Orchestra. Lorsque les danseuses viennent sur le devant de la scène, la musique se pare elle aussi du jaune qui ensoleille les tenues. Les climats varient. Tonitruant et sombre pour évoquer la guerre quand l’alto exaspéré répond aux percussions déchaînées. Festif et léger pour évoquer la vie quotidienne.

Le répertoire se tisse au fil des mouvements musicaux que dirige Eve Risser entre piano, claviers et flûte. A tour de rôle la parole circule entre les voix, les instruments à vent, les instruments africains à corde, la rythmique qui réunit percussions, basse, guitare et batterie. Lorsque Naïny Diabaté rejoint Eve Risser et s’assied à ses côtés pour chanter, le public reste suspendu à la voix de la griotte.

Le projet Kogoba Basigui a déployé un répertoire magique où musique traditionnelle et jazz sont entrés en osmose.

Very Big Experimental Toubifri Orchestra

Les dix-huit musiciens du Very Big Experimental Toubifri Orchestra présentent leur tout nouveau répertoire qu’ils annoncent comme « dix-huit-céphale ». De facto, on retrouve les fondamentaux de ce big band qui soigne autant la musique que sa présentation volontairement théâtralisée. Echo#1-A Vaulx Jazz 2019 -The Very Big Experimental Toubifri Orchestra

Ça fonctionne toujours et le public bon joueur sourit aux mises en scène du début de spectacle et des divers mouvements qui vont animer le set.

Sans conteste, les séquences musicales sont convaincantes. Tout est sous contrôle. De nombreuses influences se croisent au sein du répertoire « de l’excellence à tout instant …sauf du reggae » annonce « Captain Sax » !

Sous des atours fantaisistes, le Toubifri Orchestra déploie une force de frappe de chaque instant. Des arrangements solides alliés à une écriture précise et complexe, des voix et des solistes virtuoses. Le groupe sait organiser à merveille un tohu-bohu bon enfant. Avec sourire le public apprécie cette musique complexe et décomplexée.

 

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