Le 16 novembre 2022, les organisateurs du Festival « Jazz à Vienne » ont dévoilé l’affiche de l’édition 2023 proposée par la dessinatrice Pénélope Bagieu. Ils ont aussi annoncé la Création Jeune Public qui se déroulera les 26 et 27 juin 2023 avec Marion Rampal. En attendant le 16 mars 2023, date d’annonce officielle de la programmation de « Jazz à Vienne 2023 », les concerts de cinq soirées sont déjà annoncés. De sérieuses promesses de réjouissances musicales en perspective !
John Greaves signe « Life Size »
Souvenirs mélancoliques et ombres élégantes
Le prolifique compositeur John Greaves revient avec « Life Size », son seizième opus. Entouré de trois voix féminines et d’une pléiade de musiciens internationaux, le chanteur interprète de nouvelles compositions et revisite quelques anciennes. Une promenade mélancolique à l’ombre de douze chansons élégantes et raffinées, souvenirs d’une vie grandeur nature.
Au carrefour de nombreuses traditions musicales, John Greaves fait partie de ces artistes que l’on dit inclassables. Compositeur, chanteur, bassiste et pianiste, le poète gallois a diversifié ses aventures musicales. Ainsi, il a collaboré avec Henry Cow et Peter Blegavd, Robert Wyatt et Carla Bley, naviguant ainsi entre rock expérimental, free jazz et chansons avec de nombreuses incursions dans le monde de la poésie comme un cycle de chansons autour de Verlaine. Pour ses nombreuses productions discographiques, il a toujours préféré les labels indépendants.
Le 01 mai 2019, John Greaves sort « Life Size » (Manticore/Believe), un seizième album de douze chansons qui inscrit son propos dans la droite ligne de « Songs » sorti en 1995.
L’album
« Life Size » sort sur le label Manticore, qui, dans les années 1970, a assuré la promotion du groupe Emerson, Lake et Palmer. Il est aujourd’hui dirigé par celui à qui Greg Lake (1947-2016) l’a légué, Max Marchini. L’album a été enregistré par Alberto Callegari.
Parmi les douze chansons de « Life Size », neuf sont à porter paroles et musique au crédit de John Greaves. Certaines sont inédites et d’autres sont reprises et réarrangées, comme God Song composée par Robert Wyatt.
Interprétés en français, italien ou anglais, les titres permettent d’entendre John Greaves et trois voix féminines, celles de Valérie Gabail, Annie Barbazza et Himiko Paganotti. Le chanteur s’est aussi entouré d’une brochette de musiciens rencontrés tout au long de son parcours d’artiste, le violoncelliste Vincent Courtois, le batteur Matthieu Rabaté, le hautboïste Camillo Mozzoni, les guitaristes Olivier Mellano et Jakko Jakksyk (de King Crimson), la pianiste Sophia Domancich, la harpiste Zeena Parkins et Lino Capra Vaccina (piano, gongs, ambiance, cymbales, percussion).
Au fil des souvenirs
John Greaves déroule un répertoire élégant aux tonalités pop-rock. L’oreille se laisse porter au fil des ombres de souvenirs mélancoliques et de nostalgiques pensées.
On est touché par l’esthétique pure et harmonieuse des deux duos gravés avec Valerie Gabail. Air de la lune et son atmosphère stellaire ouvre l’album. Sur Hôtels la voix parlée du chanteur est irradiée par celle de la soprano qui dialogue avec harpe, violon et hautbois.
La tonalité des duos enregistrés avec Annie Barbazza se situe dans des territoires plus pops. In te décline les couleurs mélancoliques d’une chanson folk chantée en italien et créée en 1983 sous le titre Rose est la vie. Le crépusculaire Earthy Powers s’inscrit dans la même veine sépia qu’accentuent les traits bluesy du violoncelle et de la guitare. Le duo gagne en intimité et en tendresse sur How Beautiful seulement accompagné par le piano.
Sur Still Life, Annie Barbazza vient seulement ajouter des échos embrumés à la voix du chanteur qui dévoile plusieurs paysages. On entrevoit tous les possibles de la vie y compris cette fin incontournable avec laquelle il faut compter. Superbe contraste entre le hautbois romantique qui s’élève au-dessus des cordes et la ligne rythmique stimulante de la basse.
John Greaves s’efface et laisse la parole à celle qui fut la voix de Magma pendant sept années. Himiko Paganotti étire en français La Lune Blanche au climat évanescent où se croisent le chant réverbéré, les séquences de cordes et les sonorités du piano préparé de Sophia Domancich.
Cinq chansons permettent d’apprécier la voix de baryton du chanteur de John Greaves entouré seulement d’instruments. Ces moments précieux permettent de capter l’essence du chant du leader.
Sa voix voilée et écorchée est mise en valeur sur The Same Thing aux splendides changements de rythmes. Plus tard, on frémit d’émotion à l’écoute de God Song de Robert Wyatt qui prend les allures d’une rêverie nocturne frissonnante entre interrogation et affirmation.
La voix parlée du chanteur installe une ambiance envoutante sur Kew Rhône Is Real où résonnent le violoncelle exaspérant, les cordes irritantes, les percussions entêtantes et le piano crispant. Superbe tension ! On tombe ensuite sous le charme de la superbe fantaisie ludique Sweetheart Goodbye où la voix jongle avec les syllabes des mots intercalées entre les interventions instrumentales des cordes et percussions
L’album se termine par une nouvelle version de Lie Still, Sleep Becalmed, chanson que Greaves a coécrite avec Peter Blegvad. Un morceau très court au climat minimaliste où la voix parlée côtoie piano, basse et percussion et sous-tend une émotion de chaque instant.
« Life Size » enchante par ses atmosphères où se croisent frissons et tendresse. Brumes et échos dévoilent des paysages éthérés et mystérieux auxquels des rythmes un rien plus contrastés auraient pu ajouter un brin de dynamisme.
Jazz à Vienne 2023 – Affiche & Premiers noms
D. Linx, G. de Chassy et M. Pastorino – « On Shoulders We Stand »
Sur l’album « On Shoulders We Stand », le chanteur David Linx, le pianiste Guillaume de Chassy et le clarinettiste Matteo Pastorino proposent un voyage musical entre jazz et classique. Guillaume de Chassy a retranscrit des thèmes de pièces classiques sur lesquelles David Linx a écrit des paroles. Un album enchanteur où poésie, sobriété et raffinement s’entrelacent avec bonheur. Une réussite absolue !
Ellinoa & Wanderlust Orchestra – « Ville Totale »
« Ville Totale » marque le retour discographique de la compositrice vocaliste et cheffe d’orchestre Ellinoa et son Wanderlust Orchestra. Un voyage musical incantatoire qui imagine les retrouvailles entre l’Homme et la Nature. Une exploration musicale où poésie et narration, jazz, pop et musiques contemporaine allient leurs textures au sein d’une riche palette sonore. Une fable écologique et dystopique qui évolue entre énergie et délicatesse.
Les RV de mai 2019 de l’Opera Underground proposent un éventail très élargi des Musiques du Monde.

Après la réussite de
Sur l’album « Celia » (Verve/Universal) sorti le 19 avril 2019, la chanteuse
Après s’être elle aussi exilée à New-York pour fuir les régimes marxistes-léninistes du Bénin entre 1974 et 1990, Angelique Kidjo s’est ensuite engagée dans la valorisation de la musique africaine dans le monde. Ainsi, après s’être réapproprié l’héritage africain exploité avec talent par « Talking Heads » dans l’album « Remain In Light » la chanteuse béninoise revient aujourd’hui avec son projet « Celia »
« Jazz before Jazz » en 2014 avec le saxophoniste Lionel Martin.
En 1996 suite à plusieurs sessions d’enregistrements sous l’égide de l’AIMRA et avec la collaboration de François Lubrano et Jacques Helmus, entre Paris et New-York est gravé l’album « Kaléidoscope » (Instant Présent) avec Michel Perez, Ron Carter, Billy Drummond, Jean-Louis Almosnino, Jay Anderson, Adam Nussbaum…
Francesco Castellani (trombone), Gérard Guérin ou Didier Del Aguila (basse) et Alain Couffignal ou Jean-Luc Di Fraya (batterie).
Mario Stantchev s’investit dans de nouveaux projets. « Mario Stantchev New Trio », avec Didier Del Aguila (basse) et Roland Merlinc (batterie) puis Mario « Stantchev Bulgarian Trio » avec Vesselin Vesselinov (basse) et Dimitar Semov (batterie). A l’automne 2013 avec le « New Bulgarian Trio » le pianiste réunit autour de lui, Dimitar Karamfilov (basse) et Hristo Yotsov (batterie) avec lesquels il enregistre l’album « Autumn Leaves in Sofia » (Gega).
Samuel Fernandez avec lequel il enregistre et « Multidirectionnel Duo » avec le flûtiste Michel Lavignolle (édition chez Robert Martin de Quatre réminiscences d’après Gershwin et Trois pièces pour flûtes et piano, de Mario Stantchev).
Fin 2014 voit la sortie de « Jazz before Jazz » enregistré sous le label Cristal. Il s’agit d’un projet original autour de la musique du compositeur américain Louis Moreau Gottschalk (1829-1869) qu’il a enregistré avec le saxophoniste Lionel Martin lequel a aussi publié l’album en vinyle sous le label lyonnais



« Vers l’Azur Noir » (Neuklang Records/See List) propose un répertoire de neuf titres parmi lesquelles six compositions du leader et trois reprises. Deux titres pop-rock, Hey Jude de Paul McCartney (dédié à Julian, le fils de John Lennon) et Sugar Man de Sixto Rodriguez. Un standard de jazz redevable à Thelonious Monk, Monk’s Dream.