Pour son septième album en tant que leader, Catali Antonini invite à plonger avec elle dans « L’Océan Sonore ». A la tête d’un quartet qui réunit à ses côtés le pianiste Stéphane Pelegri, le bassiste Greg Théveniau et le batteur Hervé Humbert, la chanteuse s’exprime tour à tour en français, italien ou anglais. Rêverie aquatique en eaux tour à tour sensibles et énergiques.
Echo#1-Nuits de Fourvière 2019
Sarah Lenka - Biréli Lagrène
L’affiche du 12 juin 2019 des Nuits de Fourvière promet du jazz. Après la chanteuse Sarah Lenka, Biréli Lagène est de retour à Fourvière. En trio avec le contrebassiste Chris Minh Doky et le percussionniste Mino Cinélu, le guitariste produit un concert enchanteur qui déclenche l’enthousiasme d’un public conquis.
Cet Echo#1-Nuits de Fourvière 2019 revient sur cette soirée du 12 juin 2019.
Les spectateurs venus nombreux au théâtre de l’Odéon se réjouissent du temps clément qui se profile. Dans le ciel quelques nuages gris s’effilochent, le soleil brille sur la ville de Lyon, la lune est déjà dans le ciel… place au jazz !
Sara Lenkah
Pour sa première venue au festival des Nuits de Fourvière, la chanteuse française défend et présente quelques titres de son dernier opus, « Women’s Legacy » dont le répertoire rend hommage aux femmes esclaves afro-américaines des prisons agricoles des États-Unis.
Après un précédent album consacré à Bessie Smith, Sarah Lenka tente cette fois de se réapproprier l’héritage complexe et douloureux de ces femmes dont les droits étaient bafoués.
Pour se faire, elle se présente en quintet avec à ses côtés le guitariste Taofik Farah, le contrebassiste Géraud Portal, le batteur Yoann Serra et aux claviers Cong Minh Pham. De sa voix singulière, nasillarde et éraillée, Sarah Lenka propose un set aux teintes folk-country-blues. Après le chant de résistance Ain’t Gonna Let Nobody-Turn Me Around qui s’élève comme prière sur un tempo très lent, elle enchaîne avec Be So Blind puis Last Kind Word. Son chant enfle, se fait plus intense et confine au cri sur Trouble So Hard qu’avait interprété en son temps Vera Hall.
Sur le chant de travail Black Betty, la batterie martèle une pulsation qui laisse percevoir la charge physique et mentale qui pesait sur ces femmes opprimées par l’esclavage. Le set se termine avec Riding in a Buggy qu’avait aussi chanté Vera Hall.
Dans un tel contexte mémoriel, on était en droit d’attendre un set empreint de profondeur et de mélancolie. Il n’en fut rien. En effet Sarah Lenka a certes chanté avec grande conviction mais elle a surtout consacré beaucoup d’énergie pour conquérir et soulever le public de Fourvière. Un morceau supplémentaire aurait été préférable à ses harangues engageant le public à « f….. le bordel » et à allumer les lampes des téléphones pour « se souvenir de ces femmes qui se sont battues ».
Biréli Lagrène
Pour le deuxième concert de présentation de son album « Storyteller », le guitariste Biréli Lagrène arrive sur scène le sourire aux lèvres accompagné du percussionniste Mino Cinelu, présent sur le disque et du solide et inventif contrebassiste new-yorkais Chris Minh Doky.
Le set débute de fort belle manière avec One Take suivi de Wave pris sur un tempo rapide et souple. La sonorité acoustique très claire de la guitare est soutenue par les percussions exubérantes et la solide contrebasse. Une grande complicité se dégage du trio dont les échanges se déroulent avec beaucoup de fluidité.
Derrière une désinvolture affichée, Biréli Lagrène développe des fulgurances éblouissantes qui éclatent de mille feux et déclenchent des applaudissements spontanés sur les gradins. Le guitariste dit son plaisir retrouver Fourvière après sa dernière venue en 2010 et exprime avec simplicité combien « le public a besoin de bonne musique et les musiciens d’un bon public » et affirme fort justement que « ce soir l’harmonie est présente ».
Biréli Lagrène se montre à son meilleur niveau. On ne se lasse pas de la virtuosité qu’il développe avec une joyeuse énergie mais sans esbroufe. Dans son jeu alternent lyrisme, délicatesse et élégance. Il utilise les pédales d’effets pour faire varier les ambiances et stimuler l’inventivité de ses compagnons de scène. Mino Cinelu alterne entre batterie et percussions sur lesquelles il s’exprime avec un enthousiasme non feint. Il s’amuse comme un fou, donne de la voix sur Storyteller où son chant semble convoquer les esprits de ses ancêtres. Il parvient presqu’à déclencher le souffle de la tempête sur le cajon…
Après une version samba du standard jazz On The Green Dolphin Street, le trio propose Freedom Jazz Dance qui se teinte d’électricité et évoque des ambiances redevables à un certain Miles Davis avec lequel Mino Cinelu a joué. Les spectateurs délaissent les gradins et gagnent le proscénium pour se rapprocher des musiciens. Le concert se termine en beauté avec le légendaire Sunny de Bobby Hebb tant de fois repris (Stevie Wonder, Franck Sinatra, Wes Montgomery, George Benson, …).
Biréli Lagrène, Mino Cinelu et Chris Minh Doky ont embarqué la musique et le public dans un concert enchanteur dont même les étoiles ont pu profiter. Le guitariste ne se contente pas d’être un virtuose, il continue à réinventer son jeu toujours riche de nuances et de surprises.
« L’Océan Sonore » de Catali Antonini
Un label est né… « Paradis Improvisé »
Entre avril 2021 et octobre 2022, quatorze pianistes ont enregistré en solo quatorze albums inédits sur le Steinway d’Hélène Dumez, dans l’intimité d’un appartement de Marseille, rue Paradis. Ainsi, un nouveau label est né… « Paradis Improvisé ». La parution des albums est prévue par paire, tous les deux mois, d’octobre 2022 à novembre 2023. En 2022, sont sortis en octobre ceux Pierre de Bethmann et Leonardo Montana et en décembre ceux de Baptiste Trotignon et Laurent Coulondre.
2022… Ultimes « Coups de cœur » #2
En cette fin d’année 2022, quelques albums de jazz interpellent tant par la qualité de leur propos que par leur identité singulière. Impossible de passer sous silence ces quatre Ultimes « Coups de cœur » #2, des musiques à écouter sans tarder pour découvrir de superbes paysages musicaux et bien terminer l’année.

L’album ouvre et se termine avec deux titres interprétés en duo par Luca Aquino avec l’accordéoniste Natalino Marchetti. D’abord un premier hommage à Ennio Morricone avec la somptueuse mélodie de Deborah’s Theme du film « Il était une fois l »Amérique » de Sergio Leone que le bugle développe avec douceur et émotion. Pour finir, le duo rend hommage à Nino Rota et offre une version très simple et très expressive de la Strada.
Après « Viaggiando » (2015) et « A Beautiful Story » (2017), le contrebassiste

Sur l’album « Tous les Peuples » (Breakz/Socadisc) à sortir le 07 juin 2019, le compositeur et saxophoniste 
Tous les ans, les amateurs de jazz et de musiques improvisées de la métropole lyonnaise se réjouissent et poussent les portes du festival
le groupe « Henry Cow » fondé par Fred Frith et Tim Hodgkinson.
Quoi de plus logique ensuite à ce que l’album porte le nom du groupe, lequel nom définit d’ailleurs tout à fait bien la musique qu’il produit.
Deux minutes et trois secondes suffisent ensuite à Magic Malik et Damien Varaillon pour transformer In walked Bud de Thelonious Monk, en un moment dont la magie réside dans l’originalité de l’expression. Juste avec la sonorité tellurique de la contrebasse, les chantonnements, growls et gémissements de la voix et de la flûte captent l’attention. Sur Lost de Wayne Shorter, on retrouve d’abord le climat du thème enregistré en 1965 par son compositeur sur l’album « The Soothsayer » puis trompette, piano et flûte génèrent une atmosphère évanescente propice à libérer leurs improvisations. Un moment savoureux et créatif.