Lewis Porter sort « Beauty & Mystery »

Lewis Porter sort « Beauty & Mystery »

Excellence d’une musique fondée sur l’exigence

Sur « Beauty & Mystery », son quatrième opus comme leader, le pianiste new-yorkais Lewis Porter invite John Patitucci à la contrebasse et Terri Lyne Carrington à la batterie ainsi que la saxophoniste Tia Fuller qui est conviée sur deux pistes. Ancré dans l’exigence du beau, cet album dégage un charme mystérieux qui contribue à son excellence.

« The most beautiful thing we can experience is the mysterious »

Cette citation du grand physicien Albert Einstein figure en préambule du livret de « Beauty & Mystery ». C’est en gardant à l’esprit cette idée posée comme principe que Lewis Porter conçoit l’album. Couverture de l'album "Beauty & Mystery" de Lewis PorterEn définitive cela permet au pianiste de réaliser un disque abouti. En effet les dix pistes de « Beauty & Mystery » (Altrisuoni) ne se contentent pas d’être belles, elles cultivent un rien de mystère qui leur octroie encore plus de profondeur.

Dans les faits, c’est sans doute en suivant ce même axe que Lewis Porter a inscrit sa carrière car il est devenu un musicien respecté tant pour sa stature d’universitaire érudit que pour celle de compositeur émérite et de pianiste accompli. Il a joué avec Dave Liebman, Joe Lovano, Wycliffe Gordon, Ravi Coltrane, Marc Ribot et de nombreux autres et a écrit « John Coltrane : sa vie, sa musique » publié aux éditions Outre Mesure en 2007.

Sur « Beauty & Mystery » sorti le 16 février 2018 chez Altrisuoni, le pianiste Lewis Porter réunit un groupe à la mesure de ses ambitions. Il a en effet à ses côtés John Patitucci à la contrebasse et Terri Lyne Carrington à la batterie. C’est d’ailleurs la première fois que ces deux vieux amis enregistrent ensemble un album de jazz acoustique. La participation de la saxophoniste Tia Fuller invitée sur deux pistes (avec l’autorisation du label Mack Avenue) complète la distribution 

Avec ce groupe prestigieux le pianiste conduit sa musique dans des paysages coltraniens et s’aventure aussi sur d’autres pistes qu’il se plait à explorer dans le jazz. L’album a été enregistré le 25 septembre 2017 par Mike Marciano dans les studios de Systems Two de Brooklyn à New-York. Hormis Bye Bye Blackbird de R. Hendersen, People Get Ready de Curtis Mayfield et 1919 de Ted Chubb arrangés par Lewis Porter les sept autres compositions sont à porter au crédit du pianiste.

Les reprises enregistrées par le trio enchantent.

Le trio interprète avec une tendre nonchalance la douce ballade 1919 composée par le trompettiste Ted Chubb. On ne se lasse pas des improvisations successives qui émaillent le célèbre Bye Bye Blackbird de R. Henderson. Sur People Get Ready de Curtis Mayfield, Lewis Porter et John Patittuci devisent avec élégance et le chorus du contrebassiste vibre d’une profondeur émouvante.

L’ensemble des titres du pianiste permet de prendre la mesure de son talent de compositeur et de la variété des styles qu’il embrasse.

« Beauty & Mystery » commence et se termine avec deux compositions de Lewis Porter. Prologue ouvre l’album avec un superbe solo romantique de Lewis Porter inspiré par les premières notes de la Symphonie n° 2 de Jean Sibelius et Day is Done, tendre valse éthérée aux accents lyriques, boucle l’album avec un au-revoir pacifié.

Sur un réarrangement du Cherokee de Ray Noble intitulé Chasing Lines, le groupe réalise une prise qui interpelle. Le piano improvise sur une ligne de basse confondante de justesse et de vélocité alors que la batterie assure le tempo sans rien lâcher mais avec le savoir-faire tout en légèreté de Terri Lyne Carrington. Dazzling Raga mélange avec bonheur raga et jazz.

Trois autres morceaux composés par Lewis Porter rendent hommage à l’univers de John Coltrane. Birthplace lui est dédicacé, Blues for Trane and McCoy adresse un clin d’oeil aux deux complices musicaux que furent le saxophoniste John (Col)Trane et le pianiste McCoy (Tyner) et enfin le morceau From Giovanni to Jimmy écrit pour honorer une des idoles de Coltrane, le contrebassiste Jimmy Garrison avec au passage un rappel aux racines de John Patitucci via l’utilisation de son prénom traduit en italien.

Sur Birthplace aux motifs rythmiques saccadés, la sonorité tranchante et acide du saxophone soprano de Tia Fuller évoque celle de Coltrane. Sur Blues pour Trane and McCoy les échanges tendus du pianiste et du saxophoniste rappellent ceux qui firent la gloire du duo Coltrane-Tyner. Après une longue introduction de la contrebasse, From Giovanni to Jimmy est l’occasion pour John Pattitucci d’exposer toute l’étendue de son art comme une dédicace respectueuse adressée à Jimmy Garrison.

Accéder à la beauté de l’album de Lewis Porter est chose aisée. Il suffit  de laisser tourner les dix plages de cet album qui lève sans pudeur le voile sur son mystère. Cette musique exigeante délivre son excellence qui se savoure avec un plaisir infini.

Clin d’œil à Duo Fines Lames & « InTime Brubeck »

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​​Sur « InTime Brubeck », le Duo Fines Lames explore le monde musical de Dave Brubeck à travers des relectures d’œuvres choisies ou des compositions personnelles inspirées de l’univers de cette figure essentielle du jazz West Coast que fut le pianiste. Les lames de l’accordéon chromatique de Florent Sepchat et celles du vibraphone et du marimba de Renaud Detruit dialoguent en interaction permanente. Entre hommage fidèle et création inventive, leurs échanges d’une modernité sensible créent des climats inédits.

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Michel Portal présente « MP85 »

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Après un silence discographique de 10 ans, Michel Portal revient avec un nouvel album aux accents joyeux, « MP85 ». Si les initiales du titre reprennent celles de son identité, le nombre associé évoque les 85 bougies soufflées le 27 novembre 2020 par le leader. Avec son nouveau groupe, le clarinettiste restitue la vision qu’il a du monde. Il invite à le suivre dans un voyage musical radieux qui commence en Afrique et se termine au pays basque. Dix paysages sonores sublimes.

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Pierrick Pedron sort « Fifty/Fifty (1) New York Sessions »

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Le 05 mars 2021, le saxophoniste altiste Pierrick Pedron sort « Fifty/Fifty (1) New York Sessions ». Premier volume d’un duo d’albums, cet opus acoustique a été enregistré en 2020 à New York avec trois maîtres du jazz américain. Une musique jubilatoire où règnent tour à tour virtuosité flamboyante et lyrisme sensible. A découvrir absolument !

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Carmen Souza revient avec « Creology »

Carmen Souza revient avec « Creology »

Un pont entre musique créole capverdienne et jazz

La chanteuse portugaise Carmen Souza revient avec « Creology ». Avec le bassiste Théo Pascal elle propose des chansons mêlant musique créole capverdienne et jazz. L’album dépasse la nostalgie liée à ses racines et vibre d’une chaleur un rien espiègle.

Sur son huitième album, « Creology » (Galileo/Pias) annoncé en France pour le 23 février 2018, Carmen Souza est toujours accompagnée, quatorze années après, par Théo Pascal son co-compositeur, co-réalisateur, bassiste et ami. Cette fois les deux complices plongent dans leurs racines et explorent  la musique créole capverdienne.Couverture de l'album "Creology" de Carmen Souza

Avec une grande liberté les deux musiciens mélangent les éléments culturels traditionnels de leur héritage avec d’autres plus modernes comme le jazz. Ce faisant, ils consolident leur identité musicale qui éclate sur les douze plages de « Creology ».

Fille du Cap Vert, Carmen Souza est issue d’un héritage directement lié à l’esclavage créole, tandis que Theo Pascal est le fils d’un pasteur baptiste portugais dont la mission, dans les années 70, était d’aider les Africains en fuite après le processus de décolonisation et la révolution portugaise. Cet album intègre donc des éléments issus de cette Afrique que tous deux connaissent.

Loin de s’attacher à la dimension linguistique, « Creology » restitue un paysage musical fondé sur les racines créoles capverdiennes. Douze chansons basées sur cette musique qui a voyagé pendant des siècles via les esclaves à travers les continents. La voix à la fois solaire et espiègle de la chanteuse prend quelquefois des accents rugueux ou acidulés. Elle réchauffe les douze titres de cet opus dont les rythmes évoquent le  Portugal, le Cap-Vert, le Mozambique, l’Angola, le Brésil, Cuba et la Nouvelle-Orléans.

Sur « Creology », on voyage à travers les rythmes profondément ancrés dans la culture capverdienne, comme le batuque, le funana, le semba, le qui-lapanga, le marrabenta, les sons afro-brésiliens et cubains sans omettre le jazz de la Nouvelle-Orléans.

On retrouve dix chansons originales écrites par Carmen Souza et composées par Théo Pascal, ainsi que deux reprises. Pretty Eyes du pianiste Horace Silver d’origine capverdienne auquel la musicienne attribue une grande partie de son inspiration et Upa Neguinho d’Edu Lobo. Sur ce titre la chanteuse s’accompagne au piano. Elle se montre facétieuse et mutine, et donne à entendre l’étendue de son talent.

L’album a été enregistré entre Londres et Lisbonne, en trio avec Carmen Souza (voix, piano et guitare), Théo Pascal et leur batteur-percussionniste de longue date, Elias Kacomanolis du Mozambique et une invitée, Zoe Pascal, à la batterie sur trois morceaux, Mon di Deus, Kem ka tem Cabeca et Creology.

Sur l’album « Creology » Carmen Souza et Théo Pascal valorisent la dimension joyeuse des musiques créoles capverdiennes. Servie par une solide rythmique, la chanteuse libère sa voix malicieuse et donne libre cours à son chant singulier. Une musique pétillante et chaleureuse.

 
Pour écouter Carmen Souza, Theo Pascal et Elias Kacomanolis en concert, rendez-vous le 06 avril 2018 à Paris, au Sunside à 20h30.
Clin d’œil à Duo Fines Lames & « InTime Brubeck »

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Michel Portal présente « MP85 »

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Pierrick Pedron sort « Fifty/Fifty (1) New York Sessions »

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Le 05 mars 2021, le saxophoniste altiste Pierrick Pedron sort « Fifty/Fifty (1) New York Sessions ». Premier volume d’un duo d’albums, cet opus acoustique a été enregistré en 2020 à New York avec trois maîtres du jazz américain. Une musique jubilatoire où règnent tour à tour virtuosité flamboyante et lyrisme sensible. A découvrir absolument !

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Sons of Kemet annonce « Your Queen is a Reptile »

Sons of Kemet annonce « Your Queen is a Reptile »

Musique forte et envoutante entre jazz et hip-hop

Shabaka Hutchings, saxophoniste et leader de « Sons of Kemet », s’apprête à sortir son troisième album sur le mythique label Impulse! Sur « Your Queen is a Reptile », le groupe se joue des styles pour explorer l’identité de la diaspora caribéenne installée au Royaume-Uni. Un manifeste à la gloire des Reines qui ont lutté contre les oppressions.

Après « Burn » et « Lest We Forget What We Came Here To Do » parus respectivement en 2013 et 2015 chez Naim Jazz Records, « Sons of Kemet » annonce la sortie prochaine de « Your Queen is a Reptile », son troisième album à paraître le 06 avril 2018 sur le célèbre label Impulse! avec lequel le leader Le saxophoniste Shabaka HutchingsShabaka Hutchings a signé un contrat.

Star montante de la nouvelle scène du jazz londonien, le saxophoniste Shabaka Hutchings qui a grandi à la Barbade s’est fait remarquer par la diversité et la richesse de ses projets. On le connait  en effet avec son trio électro-jazz « The Comet Is Coming », au sein de son projet sud-africain « Shabaka and The Ancestors » et aussi avec son quartet atypique « Sons of Kemet » qui réunit autour de son saxophone ténor un tuba et deux batteries.

Aujourd’hui c’est avec le tubiste Theon Cross et les deux batteurs Tom Skinner et Seb Rochford que le saxophoniste et compositeur Shabaka Hutchings continue à explorer ses racines caribéennes. C’est avec eux qu’il a enregistré « Your Queen is a Reptile ». Ce nouvel album enregistré à Londres bénéficie en outre de la contribution d’artistes venant des quatre coins de la scène musicale britannique comme la légende de la jungle Congo Natty ou le poète Joshua Idehen.

Musicalement « Your Queen is a Reptile » emprunte à la Nouvelle-Orléans, à Londres, aux Caraïbes et au Moyen-Orient mais l’influence de la diaspora caribéenne constitue toutefois son véritable fil rouge. Des éléments de rap, de spoken word ou de dub mettent en évidence les liens étroits qui unissent jazz et hip hop.

Les neuf titres de « Your Queen is a Reptile » forment un véritable manifeste musical qui dénonce l’injustice de la monarchie britannique, de son système politique oppressif légitimant les inégalités sociales et la discrimination raciale.

Shabaka Hutchings refuse le système inégalitaire incarné par la Reine d’Angleterre, propose une alternative en célébrant d’autres Reines dont il fait les louages : « Nos reines à nous imposaient leur autorité par leurs actions, elles donnaient l’exemple et savaient écouter. D’un passé marqué par la cruauté et l’injustice, nos reines ont su donner naissance à un avenir radieux ».

Sur « Your Queen is a Reptile » le groupe « Sons of Kemet » dialogue avec les femmes qui les inspirent. Chacun des neuf titres est dédicacé à une « Reine Noire ». Certaines ont de l’importance aux yeux du groupe, la plupart sont des femmes historiquement fameuses, des dirigeantes de mouvements de résistance ou anti-impérialistes.

My Queen is… Mamie Phipps Clark qui a obtenu un doctorat en psychologie à l’Université de Columbia et a travaillé au Northside Center for Child Development, premier centre à offrir des conseils psychologiques pour les enfants à Harlem. Harriet Tubman qui a marqué l’histoire de la ségrégation aux Etats-Unis. Esclave, elle est devenue militante et a combattu au sein de l’Underground Railroad pour l’abolition de l’esclavage durant la guerre de Sécession. Son portrait devrait figurer sur le recto des billets de 20 dollars américains à partir de 2020.Couverture de l'album "Your Queen is a Reptile" du groupe Sons of Kemet du saxophoniste Shabaka Hutchings

My Queen is… Anna Julia Cooper Haywood, écrivaine, enseignante, éducatrice qui est l’une des plus éminentes femmes afro-américaines des États-Unis d’Amérique. Elle a mis en avant des théories modernes sur le féminisme et l’éducation. Angela Davis, la militante des droits civiques afro-américaine qui est connue pour son activisme au sein du Parti des Panthères Noires.

My Queen is… Yaa Asantewaa, la « Reine Mère d’Ejisu” dans l’Empire Ashanti (Ghana actuel) qui a conduit une rébellion contre la colonisation  des Anglais. Albertina Sisulu, amie de Nelson Mandela qui a milité en Afrique du Sud contre l’apartheid et pour le droit des femmes et celui des enfants.

My Queen is… Nanny of The Maroons, héroïne nationale de la Jamaïque qui est une icône de la résistance contre l’esclavage sur l’île de la Jamaïque. C’est sans doute à elle qu’est dédié le morceau le plus lyrique et le plus sensible de l’album.

L’éclectisme musical du groupe explore la complexité des rythmes issus de l’afro-beat auxquels se mêlent des ondes savoureuses issues des Caraïbes. un mélange de dub et de rythmes qui empruntent à l’electronica, sans oublier le groove venu de la Nouvelle-Orléans. « Your Queen is a Reptile », une musique hypnotique et envoûtante où affleure la transe.

Clin d’œil à Duo Fines Lames & « InTime Brubeck »

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​​Sur « InTime Brubeck », le Duo Fines Lames explore le monde musical de Dave Brubeck à travers des relectures d’œuvres choisies ou des compositions personnelles inspirées de l’univers de cette figure essentielle du jazz West Coast que fut le pianiste. Les lames de l’accordéon chromatique de Florent Sepchat et celles du vibraphone et du marimba de Renaud Detruit dialoguent en interaction permanente. Entre hommage fidèle et création inventive, leurs échanges d’une modernité sensible créent des climats inédits.

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Michel Portal présente « MP85 »

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Pierrick Pedron sort « Fifty/Fifty (1) New York Sessions »

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Le 05 mars 2021, le saxophoniste altiste Pierrick Pedron sort « Fifty/Fifty (1) New York Sessions ». Premier volume d’un duo d’albums, cet opus acoustique a été enregistré en 2020 à New York avec trois maîtres du jazz américain. Une musique jubilatoire où règnent tour à tour virtuosité flamboyante et lyrisme sensible. A découvrir absolument !

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« So in Love », le nouvel album de Gildas Bocle

« So in Love », le nouvel album de Gildas Bocle

Son cœur bat entre Cole Porter & Tom Jobim

Le contrebassiste Gildas Boclé annonce la sortie de l’album « So in Love ». Un message d’amour aux musiques de Cole Porter et de Tom Jobim. Le plaisir est infini de l’écouter renouveler des grands standards avec Nelson Veras, Jérôme Barde et Marcello Pellitteri. Entre nostalgie et tendresse.

Sur son nouvel album « So in Love » (Absilone/Socadisc) attendu pour le 16 février 2018, Gildas Bocle présente un répertoire consacré aux musiques de deux légendaires compositeurs, l’Américain Cole Porter et le Brésilien Antonio Carlos Jobim. Onze thèmes consacrés à l’amour dont le fameux morceau de Cole Porter qui donne son nom à l’album.

Sur « So in Love », Gildas Boclé interprète onze standards parmi ceux qui constituent l’abécédaire des musiciens(nes)s de jazz, la base de leur répertoire. Un vrai chalenge que de reprendre ces morceaux maintes et maintes fois joués et enregistrés par les plus grands. Le contrebassiste gagne pourtant son pari car dès la première écoute, l’oreille tombe sous le charme de ces thèmes que le leader et ses compagnons renouvellent par une interprétation sensible et très personnelle.

De fait, le leader propose un répertoire de titres où les compositeurs, Cole Porter et Tom Jobim, ont privilégié la dimension mélodique. Couverture de l'album "So in Love" de Gildas BocleOnze morceaux joués sur un tempo qui demeure dans les eaux tendres de la ballade ou de la bossa nova même si quelques-uns adoptent un rythme médium. Des similitudes saisissantes apparaissent entre le début de So in Love de Cole Porter et Falendo de Amor de Tom Jobim. Ce dernier a d’ailleurs arrangé I concentrate on you de Cole Porter et c’est cet arrangement qui est repris sur l’album.

Choisir de beaux thèmes ne suffit pourtant pas à faire un disque réussi. En effet ce sont les musiciens qui mettent en forme la musique et la parent de beaux atours. De leur interprétation dépend donc une part essentielle du succès de l’album. Cela Gildas Boclé le sait et il s’est entouré de musiciens avec lesquels il joue en très grande proximité depuis longtemps et en qui il a toute confiance. A ses côtés deux guitaristes et un batteur.

Ainsi sur « So in Love », tout se joue entre seize cordes, un archet, des peaux, des cymbales, des baguettes et des balais. Nelson Veras et Jérôme Barde croisent les cordes de leurs guitares et donnent la réplique à celles de la contrebasse de Gildas Boclé qui dégaine l’archet pour improviser. Le tempo est assuré par Marcello Pelliterri dont le jeu efficace n’en est pas moins souple et discret.

« So in Love » propose une alternance des thèmes des deux compositeurs, quatre de Jobim pour sept de Porter. L’instrumentation varie selon les morceaux ce qui force l’attention de l’auditeur qui va de surprise en surprise. Si l’album ouvre avec Chega de saudade de Jobim joué en quartet, les morceaux suivants font se succéder des plages en trio et d’autres en duo. Les quatre musiciens se retrouvent sur Night and Day dont ils donnent une version stimulante et poétique à la fois.

Nelson Veras et Gildas Boclé interprètent cinq thèmes en duo et le guitariste brésilien n’intervient pas uniquement sur les thèmes de Jobim. Son jeu singulier où la dimension harmonique est essentielle sied au dialogue qu’il entretient avec Gildas Boclé dont les interventions à l’archet sont de purs moment de bonheur.

Le contrebassiste a rencontré le guitariste Jérôme Barde et le batteur Marcello Pellitteri lors de jams dans les années 80 à Boston alors qu’il étudiait au Berklee College of Music. C’est donc en trio avec ces deux fidèles compagnons qu’il interprète quatre titres dont trois de Cole Porter et Bonita de Jobim. Le jeu de guitare très dynamique et rythmique de Jérôme Barde se fait lyrique sur la bossa nova de Jobim dont le trio propose une version sensible.

« So in Love », un album aux couleurs sépia dont la musique vibre entre nostalgie et tendresse. Il est habité par l’amour de la musique que partagent quatre musiciens fort inspirés.

 

Pour écouter en concert le répertoire de « So in Love », rendez-vous le 06 avril 2018 au Sunset à Paris avec Gildas Boclé, Nelson Veras, Jérôme Barde et Marcello Pellitteri.
Clin d’œil à Duo Fines Lames & « InTime Brubeck »

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Michel Portal présente « MP85 »

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Pierrick Pedron sort « Fifty/Fifty (1) New York Sessions »

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Clin d’œil à Matthieu Chazarenc & « Canto »

Clin d’œil à Matthieu Chazarenc & « Canto »

Charme, mélodie et mélancolie

Le 16 février 2018 sort « Canto », le tout premier album en leader de Matthieu Chazarenc. Pour ce projet le batteur privilégie l’acoustique, la mélodie et la musicalité. De bout en bout l’album charme par le raffinement de son chant.

Couverture de l'album "canto" de Matthieu ChazarencAnnoncée pour le 16 février 2018, l’album « Canto » (Jazz Family / Socadisc) présente le premier projet en leader de Matthieu Chazarenc. La sortie de cet opus réjouit car elle permet enfin d’écouter la musique très personnelle de ce batteur impliqué depuis longtemps dans les projets de nombreux musiciens tant en France qu’à l’étranger. On se loue qu’il ait saisi ses baguettes pour donner vie à sa propre musique.

Originaire d’Agen, Matthieu Chazarenc a étudié les percussions au Conservatoire de Pau, a poursuivi ses études au Centre Musical et Créatif de Nancy auprès de Frank Aghulon et Andrés Charlier pour finir major de sa promotion. Après quelques mois à New York à la « Drummers Collective » il revient au Conservatoire National de Région de Toulouse où il obtient un premier prix de batterie.

En 2000, il entre dans la classe de jazz du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris où il étudie la batterie aux côtés de Daniel Humair et là aussi il obtient le Premier Prix. En 2005, Matthieu choisit de résider quelques mois à New York où il prend des cours privés avec Jeff Ballard et Ari Hoenig. Rien d’étonnant donc à ce que tant de pointures de jazz lui aient confié ensuite leur tempo !

Pour son premier projet en leader Mathieu Chazarenc a recours à une instrumentation originale. Lui qui a accompagné de nombreux pianistes et guitaristes, choisit pourtant d’enregistrer sans piano ni guitare. Autour de sa batterie il réunit bugle, accordéon et contrebasse. Un tel quartet lui permet de privilégier l’acoustique sans pour cela oublier la dynamique. Le subtil accord sonore du bugle et de l’accordéon magnifie les mélodies. La musique flotte au-dessus de la rythmique très délicatement assumée. « Canto »… un album « couleur chanson ».

Mathieu Chazarenc s’entoure du bugliste Sylvain Gontard au style raffiné, du jeune accordéoniste Laurent Derache passé par le CMDL (de Didier Lockwood) et du contrebassiste Christophe Wallemme attaché autant à la dimension mélodique que rythmique et harmonique de son instrument. Sur peaux et cymbales les baguettes du leader mènent le chant.

Matthieu Chazarenc a composé les titres de l’album « Canto » sauf Mystérieuse redevable au talent de l’accordéoniste Jo Privat que le quartet interprète avec une tendre douceur. Le répertoire affectionne les rythmes ternaires que le groupe joue avec une chaleur pleine de tendresse. Les ballades Nos Pas, Hadda, Tränen et Patience installent un climat émotionnel sensible et mélancolique.On apprécie le clin d’oeil du leader à Se Canto, l’hymne occitan en introduction du magnifique Bardénas.

« Canto » un album subtil et plein de charme où quatre instruments chantent des mélodies ciselées en écho aux émotions de la vie.

 

Pour retrouver les textures raffinées du quartet de Matthieu Chazarenc, deux rendez-vous s’imposent. Le 29 mars 2018 à 21h au Studio de l’Ermitage à Paris et le  30 mars 2018 à 20h30 au Théâtre Ducourneau d’Agen pour les concerts de sortie de l’album « Canto ».
Clin d’œil à Duo Fines Lames & « InTime Brubeck »

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Pierrick Pedron sort « Fifty/Fifty (1) New York Sessions »

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Blanco y Negro propose « Timbero »

Blanco y Negro propose « Timbero »

Doux mélange de jazz et de musique cubaine

Le groupe Blanco y Negro mélange le jazz scandinave à la musique traditionnelle cubaine. Sur l’album « Timbero », le quintet interprète une musique qui balance entre allégresse et poésie. Du latin-jazz plein de vitalité.

Couverture de l'album Timbero du groupe Blanco y NegroAnnoncé pour le 16 février 2018, l’album « Timbero » (Stunt Records/Una Volta Music) restitue une musique marquée de l’héritage de chacun de ses membres originaires de Cuba pour le pianiste, le bassiste et le percussionniste, du Danemark pour le batteur et de la Suède concernant le saxophoniste.

Composé à l’origine du joueur de conga cubain Eliel Lazo, du bassiste cubain Yasser Morejón, du batteur danois Jonas Johansen, du pianiste Tony Rodríguez et du saxophoniste Jakob Dinesen, le groupe Blanco y Negro a sorti en 2006 un album au titre éponyme enregistré à La Havane. Après une longue période de silence, la section rythmique demeurée intacte a été rejointe par le pianiste cubain Abel Marcel et par le saxophoniste Karl-Martin Almqvist.

La section rythmique originelle de Blanco y Negro est pourvoyeuse d’une forte imprégnation afro-cubaine mais inscrit aussi son propos dans la grande tradition du jazz. Les deux nouveaux membres du groupe possèdent eux aussi cette même caractéristique. Ainsi « Timbero » résonne des rythmes cubains enfiévrés et possède les qualités de ce jazz scandinave méditatif et aérien.

Brillant représentant du jazz scandinave, le saxophoniste Karl-Martin Almqvist a travaillé son instrument avec George Garzone, a collaboré avec Maria Schneider et Dave Liebman et est actuellement membre du « Danish Radio Big Band ». Sur son thème La Aldea Del Norte, son jeu méditatif apporte un espace de sérénité et de légèreté. Du jazz aérien et poétique.

Les musiciens du groupe Blanco y Negro

Blanco y Negro©Stephen Freiheit

Fougueux pianiste au style ancré dans l’école cubaine du piano, Abel Marcel a joué au sein de la formation de David Murray et continue aussi à s’exprimer aux sein d’orchestres cubains traditionnels. Il possède de sérieux talents d’improvisateur que « Timbero » permet d’apprécier. Fin compositeur il contribue au répertoire de l’album avec trois thèmes teintés d’un lyrisme aux accents plutôt nostalgiques. La douce valse October 6th et Nostalgia De Un Sueño permettent au saxophoniste de libérer la dimension lyrique de son expression. Nostalgia De Otro Sueño interprétée en solo par le pianiste termine l’album avec de tendres accents mélancoliques.

La percussionniste Eliel Lazo figure parmi les maîtres des congas et si ses projets personnels sont ancrés dans la tradition cubaine il a aussi joué avec de grands noms du jazz comme Eliane Elias, Steve Swallow ou Mike Stern. Les climats de ses deux compositions, Timbero et Tradición sont emblématiques de la tradition cubaine.

Le bassiste cubain Yasser Morejón a lui aussi un pied dans le jazz et un autre dans les climats de son île natale. Il a en effet eu l’occasion de jouer avec Chucho Valdes et Roberto Fonseca mais a étudié la contrebasse avec le grand NHOP (Niels Herning Ørsted Pedersen). Something Personal, sa composition à la rythmique sophistiquée ouvre l’album.

Le batteur danois Jonas Johansen a quant à  lui une grande expérience au sein des big bands de jazz mais a aussi travaillé avec des pointures du jazz brésilien comme Egberto Gismonti ou Airto Moreira. Il contribue au répertoire de l’album à hauteur de trois compositions. The Caretaker, Taa-Daa et le splendide The Munch

« Timbero », un métissage équilibré entre la tradition afro-cubaine et le jazz scandinave. Chaque influence participe à enrichir l’autre sans pourtant se renier. Polyrythmie et poésie se croisent pour le meilleur.

Clin d’œil à Duo Fines Lames & « InTime Brubeck »

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Michel Portal présente « MP85 »

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Après un silence discographique de 10 ans, Michel Portal revient avec un nouvel album aux accents joyeux, « MP85 ». Si les initiales du titre reprennent celles de son identité, le nombre associé évoque les 85 bougies soufflées le 27 novembre 2020 par le leader. Avec son nouveau groupe, le clarinettiste restitue la vision qu’il a du monde. Il invite à le suivre dans un voyage musical radieux qui commence en Afrique et se termine au pays basque. Dix paysages sonores sublimes.

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Pierrick Pedron sort « Fifty/Fifty (1) New York Sessions »

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