« Blue World », un  nouvel album inédit de John Coltrane

« Blue World », un nouvel album inédit de John Coltrane

Huit titres enregistrés en 1964

Le 27 septembre 2019, Impulse, le label historique de John Coltrane, sort de ses archives huit titres gravés par le saxophoniste en 1964. Sur cet album inédit, intitulé « Blue World », Coltrane est entouré de McCoy Tyner, Jimmy Garrison et Elvin Jones. On ne boude pas son plaisir à l’écoute de ces titres courts mais radieux et empreints de sérénité.

Couverture de l'album Blue World de John ColtraneUn an après la sortie en 2018 du superbe “Both Directions At Once : The Lost Album”, le label Impulse sort de ses archives 37 minutes d’enregistrement encore jamais publiées du légendaire saxophoniste John Coltrane disparu en 1967. Annoncé pour le 27 septembre 2019, l’album « Blue World » réunit huit morceaux inédits enregistrés le 24 juin 1964 dans les studios Rudy Van Gelder pour le film « Un chat dans le sac », du réalisateur québécois Gilles Groulx.

Outre la musique du saxophoniste dont il n’a gardé que dix des trente-sept minutes enregistrées, le réalisateur a aussi utilisé celles de Vivaldi, Couperin et Mozart.

Coltrane à la tête de son quartet historique

Sur « Blue World », on retrouve le saxophoniste à la tête de son quartet historique, celui avec lequel il va graver la même année, deux sommets,, « Crescent » et « A Love Supreme ». C’est en effet en juin 1964, entre les sessions d’enregistrement de ces deux albums légendaires que John Coltrane invite McCoy Tyner (piano), Jimmy Garrison (contrebasse) et Elvin Jones (batterie) à enregistrer à ses côtés dans les Studios Van Gelder.

Blue World et autres titres revisités

Hormis Blue World qui peut s’entendre comme un titre original, les autres morceaux sont des thèmes déjà gravés par le saxophoniste qui les revisite avec son quartet. Ainsi trois thèmes sont puisés parmi « Coltrane Jazz » et « John Coltrane With the Red Garland Trio », des albums antérieurs du leader. Il en va ainsi pour Village Blues (trois prises proposées), Like Sonny et Traneing In. On retrouve aussi avec bonheur, un des thèmes fétiche de Coltrane, le superbe Naima qui ouvre et ferme l’album.

Concernant Coltrane, on est quelque peu surpris par la durée des morceaux largement inférieure à celle des titres habituellement enregistrés par Coltrane. En fait, le quartet a réduit ses interprétations à une durée réduite qui puisse être utilisée sur une BO. Il n’empêche que même sous un tel format, le quartet demeure toujours en étroite cohésion et les interventions des solistes étonnent, séduisent par leur richesse et leur sérénité radieuse.

« Blue World », trente sept minutes de régal pour les oreilles et l’envie irrépressible d’écouter Coltrane encore et encore !!!

FUSSYDUCK sort son premier album

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Vanessa Tagliabue Yorke & « Contradanza »

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Voyage onirique aux climats insolites

Conçu avec brio par la chanteuse Vanessa Tagliabue Yorke, l’album « Contradanza » rend hommage à l’artiste néerlandais Bas Jan Ader disparu en mer lors d’une performance intitulée « A la recherche du miracle ». L’opus aux références artistiques très larges se distingue par un format narratif soigné qui mêle les genres musicaux. Et le miracle advient… l’oreille se laisse conquérir par ce voyage onirique insolite qui donne à découvrir un univers d’une richesse peu commune.

La voix très souple de Vanessa Tagliabue Yorke balise les dix étapes de l’album « Contradanza » (Abeat Records/UVM), un projet musical construit comme un pèlerinage en l’honneur de Bas Jan Ader (1942-1975). Photographe et performeur, l’artiste néerlandais émigré en 1963 en Californie disparaît en mer en 1975, sur son petit voilier « Ocean Wave », entre la Côte Est des États-Unis et l’Angleterre, lors d’une dernière performance intitulée « In The Search of The Miraculous ». Le bateau est retrouvé au large des côtes d’Irlande le 18 avril 1976 mais l’artiste a disparu.

Avec une heureuse inspiration, « Contradanza » brasse les genres musicaux. Musiques du XIXème siècle et jazz créatif se télescopent sur des airs de contredanses cubaines. Au fil des dix pistes de ce voyage musical inventif et inspiré, résonnent l’hymne de la Floride, des bribes de bluegrass, des échos de musiques néo orléanaise, des envolées lyriques et des emprunts au rock progressif. L’album ne manque ni de ressource, ni de liberté et encore moins d’inspiration.

Vanessa Tagliabue Yorke

Non seulement Vanessa Tagliabue Yorke est chanteuse et compositrice de jazz diplômée du Conservatoire Lucio Campiani de Mantou, mais elle est aussi sculptrice et peintre issue de la Nouvelle Académie des Beaux-Arts de Milan. Elle possède une connaissance approfondie du jazz des années 1920/1930 ce qui lui vaut d’être invitée à un « Tribute to Bix Beiderbecke » aux USA en 2012 et d’enregistrer ensuite l’album « Racine Connection » publié par le label américain Rivermont Records.

Vanessa Tagliabue Yorke

Vanessa Tagliabue Yorke©Rroberto Cifarelli

En Italie, elle engage ensuite une collaboration avec le tromboniste et tubiste Mauro Ottolini avec lequel elle enregistre en « Musica per una società senza pensieri Vol. 1 » et « Musica per una società senza pensieri Vol.2 » puis « Buster Kluster » en 2016. En 2015, elle sort sous son nom l’album « Contradanza » (Abeat Records) puis en 2016, elle publie « We Like It Hot » (Artesuono) en quartet avec Paolo Birro (piano), Francesco Bearzatti (clarinette) et Mauro Ottolini (trombone).

En 2017, Vanessa Tagliabue Yorke sort l’album « Nocturnes » (Azzurra Music) où elle chante Edith Piaf entourée de Paolo Birro au piano et Andrea Bettini. Durant cette même année 2017, sort « Tra la Via Aurelia e il West » (Ala Bianca Records) dans lequel Vanessa relit des morceaux de Francesco Guccini avec l’orchestre symphonique de San Remo dirigé par Vince Tempera. Dans cet album elle chante avec Carmen Consoli, Roberto Vecchioni, John de Leo, Cristina Donà, Pacifico, Leonardo Pieraccioni. L’année 2017 est faste puisque la chanteuse intervient aussi sur trois titres de l’album « Tenco come ti vedono gli altri » (Azzurra music) avec Gino Paoli, Daniele Silvestri, Alberto Fortis, Petra Magoni, Vincenzo Vasi.

Vanessa Tagliabue Yorke collabore donc avec de nombreux musiciens italiens parmi lesquels Mauro Ottolini, Roy Paci, Enrico Terragnoli, Danilo Gallo, Vincenzo Vasi, Peo Alfonsi, Paolo Birro, Francesco Bearzatti et elle a participé à de prestigieux festivals italiens comme Umbria Jazz, Time in Jazz Berchidda, Ravello Jazz Festival, Torino Jazz festival et beaucoup d’autres.

Sorti en France le 28 mars 2019 chez Abeat Records, l’album « Contradanza » permet de découvrir le travail de cette artiste très créative.

L’album « Contradanza »

Cet opus témoigne d’une conception artistique soignée, d’une recherche approfondie et d’une réalisation technique aboutie qui permet d’apprécier un contenu musical fort riche. On découvre les sonorités d’instruments vintage peu souvent employés comme le thérémine l’armonium Galvan, l’orgue Philicorda auxquels s’ajoutent les sons de conques et de tôles en acier système HN®.

Couverture de l'album Contradanza de Vanessa Tagliabue YorkeLa voix puissante et claire de la chanteuse est accompagnée par des musiciens virtuoses. Aux côtés de Vanessa Tagliabue York , Mauro Ottolini (trombone, trompette à coulisse, sousaphone, flûtes, coquillages), Ethan Uslan (piano à queue), Vincenzo Vasi (thérémine, instruments électroniques, voix, jouets), Paolo Tomelleri (clarinette), Enrico Terragnoli (guitare électrique, banjo), Paolo Garzillo (guitare et basse électriques), Roberto De Nitt (Philicorda, armonium Galvan, piano), Dario Buccino (tôles en acier système HN®), Maurillio Balzanelli (percussions africaines), Mauro Costantini (orgue Hammond), Giovanni Majer (contrebasse) et Gaetano Alfonsi (batterie) sans oublier Miriam Abate qui prête sa voix à une sirène.

Pour souligner la poétique inhérente à l’œuvre pourtant moderne du performeur Bas Jan Ade, Vanessa Tagliabue Yorke utilise des musiques du XIXème siècle, comme celles de Stephen Foster (1826-1864) et des contradanzas composées par Manuel Saumell (1818-1970) et Ernesto Lecuona (1895-1963). La contradanza était une version cubaine de la contredanse européenne du 19ème siècle pour piano ou piano et voix lyrique.

Sur « Contradanza », la chanteuse Vanessa Tagliabue Yorke propose une aventure musicale en dix étapes où elle tisse des liens entre la modernité du performeur Bas Jan Ader et des musiques empreintes de romantisme. Dans cette partition qui mélange les genres, elle honore la mémoire de l’artiste et lui offre une lamentation insolite où les envolées lyriques et poétiques contrastent avec les sonorités d’un rock décadent aux flamboyances chargées d’émotion.

Au fil des pistes de « Contradaza »

Le voyage musical débute d’une façon quelque peu solennelle avec Io sono la nostalgia, inspiré de La nina bonita de Manuel Saumell. Mauro Ottolini fait pleurer son trombone, le piano d’Ethan Uslan joue le rythme habanera de la contradanza sous un déluge de bruitisme généré par les tôles d’acier de Dario Buccino qui simule le décollage d’un avion et le thérémine de Vincenzo Vasi qui pleure. La voix de la jeune Miriam Abate incarne le chant de la sirène qui invite Bas Jan Ader à partir.

Inspirée de de La suavecita, contredanse pour piano de Manuel Saumell, Vanessa Tagliabue Yorke chante en Italien et incarne la voix de l’épouse qui laisse partir l’artiste vers In cerca del Miracolo. Au lyrisme du début succède un mouvement baroque et insolite qui hésite entre rock déjanté et free jazz baroque.  Sur Ocean wave qui marque le début du voyage, on ressent les mouvements du petit bateau qui se laisse porter sur la partition d’une contredanse inspirée de La conga se va de Ernesto Lecouna et chantée en Espagnol. La voix de soprano de Vanessa s’épice de malicieuses étrangetés alors que Mauro Ottolini joue des coquillages sur un rythme qui flirte avec l’accompagnement bluegrass du banjo.

La barque se perd ensuite dans l’immensité de l’océan alors que survient le nostalgique The Tempest inspiré de Jeanie with the light brown hair de Stephen Foster. L’émotion affleure alors que, sur un tempo de rock cataclysmique la guitare incarne la tempête sur des sonorités underground que Marc Ribot ne renierait pas. Après les flots déchaînés, le thérémine chante Sea Shanties inspiré d’une chansonnette des années trente de la tradition populaire définie par Ethan Uslan comme un faux chant hawaien que le pianiste joue en duo avec Vincenzo Vasi alors que, sur un tempo de dixieland, la voix de Vanessa évoque le retour sur une île enchantée.

Après ce rêve, advient le kafkaïen La luna non interprété en duo par la voix de la chanteuse et les tôles de Dario Buccino. Après ce cauchemar, place au contemplatif Farewell. Inspiré de Old folks at home de Stephen Foster. Revitalisé par la voix gospellisante et la clarinette de Paolo Tomelleri, le morceau  regarde vers le passé pour un adieu polyphonique néo orléanais mené par banjo, trombone, rythmique et trompette et voix.

C’est ensuite l’atmosphère chargé d’émotions de Franck. Bas Jan Ader parle à Frank Lloyd Wright et pour l’occasion, se trame une atmosphère nébuleuse puis tumultueuse que tressent la guitare, l’orgue, le thérémine, le sousaphone et la batterie. La voix claire émouvante de la chanteuse en surgit comme un ange porteur d’une lumière qui précède la chute, en référence aux performances de Bas Jan Ader (« Fall I, II, III ») et à la maison sur la cascade (Falling Water) de l’architecte Frank Lloyd Wright.

Le chant tragique de Vanessa habite ensuite l’univers rock électro puissant et féerique de Niet chainie-Andy, écrit par la chanteuse sur une berceuse russe adressée à Andy Warhol. D’outre-tombe, le peintre répond sur Andy Ending à travers la voix de Vanessa Tagliabue Yorke qui chante ses célèbres mots « Quand je mourrai, je ne veux pas laisser de restes. Je voudrais disparaître. Les gens ne diraient pas: « Il est mort aujourd’hui ». Ils diraient: « Il a disparu »… comme Bas Jan Ader l’a fait à la recherche du miracle. Du chaos évoqué par la désespérance de la guitare, de l’orgue paroxystique et des tôles émerge le chant qui se charge de force vitale après la rencontre avec les percussions africaines.

Sur les voiles de la nostalgie, on a embarqué avec Vanessa Tagliabue Yorke et ses compagnons à la recherche d’un possible miracle sur les vagues de l’océan mais après le chant des sirènes et la tempête vient le temps de l’adieu, des pleurs et de la disparition. « Contradanza » a porté la lamentation et ravivé le souvenir de Bas Jan Ader.

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Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

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Un feu d’artifice vibrant de latinité

A la tête d’un octet rutilant qui réunit des musiciens venus de l’Espagne, de Cuba, du Venezuela et des États-Unis, le pianiste Chick Corea plonge de nouveau dans son héritage musical espagnol, latin et flamenco. Chick Corea - The Spanish Heart Band : « Antidote »… une immersion vivifiante dans le jazz latin de Chick Corea.

couverture de l'album Antidote de Chick Corea - The Spanish Heart BandAnnoncé pour le 28 juin 2019, l’album « Antidote » (Concord/Universal) marque une nouvelle étape latine dans la discographie de Chick Corea.

Dans la droite ligne de « Touchstone » and « My Spanish Heart », le pianiste continue à explorer les styles musicaux espagnol et afro-cubain avec à ses côtés, « The Spanish Heart Band » au casting exceptionnel. Des thèmes de Paco de Lucía, Antonio Carlos Jobim et Igor  Stravinsky s’ajoutent à des reprises de ses deux albums fétiches.

« My Spanish Heart »

« Mes racines sont italiennes, mais mon cœur est espagnol. J’ai grandi avec cette musique. Ce nouveau groupe est un mélange de tous les merveilleux et différents aspects de mon amour et de mon expérience vis-à-vis de ces rythmes qui constituent une grande partie de mon patrimoine musical. »  Chick Corea

Tout au long de sa longue carrière, le légendaire compositeur, pianiste et claviériste Chick Corea a exploré la musique bien au-delà des frontières du jazz. De nombreuses fois au fil des décennies, il a approfondi cet héritage des traditions espagnole, latine et flamenco qu’il nomme « My Spanish Heart ».

Depuis pratiquement ses débuts, la musique de Chick Corea a été empreinte de latinité. D’ailleurs il se  plait à évoquer le premier concert qu’il a écouté à son arrivée à New York en 1960, une prestation du percussionniste d’origine cubaine Mongo Santamaría au Birdland. Une grande partie de son « Spanish Heart » provient de cette époque où pendant les pauses de ses concerts, il allait écouter Tito Puente, Machito, Ray Barretto, Eddie Palmieri qui jouaient au Palladium.

Chick Corea ne fait aucun mystère de son amour pour la musique espagnole, latine et pour flamenco. Ça commence en 1972, par une de ses compositions les plus connues, Spain inspiré par le Concierto de Aranjuez de Joaquin Rodrigo. Le morceau a d’ailleurs été enregistré d’innombrables fois depuis, y compris par Paco De Lucía et Tito Puente.

En 1976, le pianiste sort « My Spanish Heart » avec Stanley Clark, Don Alias, Steve Gadd, Jean Luc Ponty et Gayle Moran où figure le thème Armando’s Rhumba dédié à son père. Cet album qui fusionne de manière innovante jazz et musique latine traditionnelle, fait partie des grands classiques de Corea.

Seize ans plus tard, en 1982, le pianiste s’est de nouveau aventuré sur un terrain musical similaire avec l’album « Touchstone » auxquels participaient entres autres, Al di Meola, Stanley Clarke and Lenny White et le légendaire guitariste flamenco Paco De Lucía sur deux titres, Touchstone et Yellow Nimbus.

En 2019, sur « Antidote » Chick Corea explore de nouveau ses influences espagnoles et latines avec le premier album de son nouveau The Spanish Heart Band, un octet multi-culturel auquel se joignent Rubén Blades, Gayle Moran Corea, et Maria Bianca.

The Spanish Heart Band

Pour se lancer dans cette nouvelle exploration dynamique de ses racines de cœur, le virtuose du clavier âgé de 78 ans a réuni autour de lui The Spanish Heart Band, un groupe de huit brillants musiciens.

Ainsi, une rythmique imparable entoure Corea avec le maître cubain de la basse Carlitos Del Puerto et le percussionniste vénézuélien Luisito Quintero qui ont joué sur l’album « Chinese Butterfly » (2018) enregistré par Corea en collaboration avec Steve Gadd. La batterie est confiée à Marcus Gilmore qui suit les traces de son grand-père, le grand Roy Haynes, lequel a d’ailleurs lui aussi collaboré avec Corea.

Outre la section rythmique, The Spanish Heart Band compte deux musiciens originaires d’Espagne, le guitariste de flamenco Niño Josele et le saxophoniste/flûtiste Jorge Pardo, qui ont tous deux travaillé avec le maître du flamenco Paco de Lucía. A leurs côtés, un duo de soufflants imparable composé du trompettiste Michael Rodriguez et du tromboniste Steve Davis. Enfin, le groupe accueille le danseur de flamenco Nino de los Reyes.

A cet octet multiculturel expert en flamenco et en rythmes latins s’ajoutent les voix de Rubén Blades, de Gayle Moran Corea et Maria Bianca.

De plage en plage

L’album ouvre avec la chanson titre et la voix de Rubén Blades qui se joint à l’ensemble des musiciens de l’octet. Le morceau se développe jusqu’à la transe à laquelle participe aussi le danseur. Dans la même dynamique on écoute avec un plaisir indicible la nouvelle version du célèbre Armando’s Rhumba déjà présent sur « My Spanish Heart » et dédié par le pianiste à son père. Sur ce nouvel arrangement, on savoure les rutilantes interventions du trombone, de la flûte et de la trompette. La guitare émerveille par son énergie et le piano se réinvente puis laisse place à une fusion rythmique éblouissante qui déclenche un un véritable séisme musical.

Les percussions dialoguent ensuite avec les pas du danseur en ouverture de Nimbus jaune, écrit à l’origine pour le duo Corea/De Lucía. The Yellow Nimbus - Part 1, donne libre expression aux couples guitare/palmas/danseur et flûte/piano qui échangent dans un tourbillon flamenco éblouissant et nuancé. Advient ensuite The Yellow Nimbus - Part 2, une autre facette du thème où l’on se laisse porter par les échanges entre le piano exultant et la guitare virtuose. Une musique enivrante.

Le chœur vocal luxuriant de Prelude To My Spanish Heart résonne comme une offrande religieuse qui précède une version revisitée de My Spanish Heart. Pris sur un rythme un rien danzon, la voix et les cuivres laissent place à un solo fougueux du piano puis à un chorus solaire de la trompette suivi d’un scat inspiré du chanteur. De Duende, le groupe propose une version quasi atmosphérique aux résonances percussives étranges autant que délicates. Flûte, trombone, trompette et piano amorcent le thème, très vite suivis par les huit musiciens qui engagent des échanges habités par la grâce… l’âme du flamenco affleure !

Chick Corea revisite de manière fort originale Zyryab, cette composition de Paco de Lucia qui porte le nom du poète et musicien du persan-africain du IXe siècle espagnol. Le leader a enregistré la version originale du titre avec le guitariste en 1990. La musique de 2019 restitue l’esprit d’un flamenco authentique nimbé d’influences espagnoles et moyen orientales qui sont mis en valeur par des arrangements riches et contrastés.

Chick Corea explore aussi le célèbre Desafinado composé par Antônio Carlos Jobim. Il choisit de poser la voix soul un peu détimbrée de Maria Bianca pour faire écho au titre qui signifie désaccordé. Sur un tempo plus rapide que le titre originel, le clavier conte avec allégresse et fluidité cette triste histoire d’amour. Avec le très court Pas de Deux, Corea introduit un autre genre musical, via un arrangement pour piano-solo d’un morceau du ballet « The Fairy’s Kiss » de Stravinsky. Seul au piano, Corea danse avec son instrument. Un enchantement plein de délicatesse.

L’album se termine avec Admiration sur lequel flûte aérienne et guitare lumineuse rivalisent d’inspiration. Si Corea endosse le rôle de pianiste, on perçoit surtout dans ce titre son implication dans les arrangements et les orchestrations qui élèvent ce morceau au firmament des étoiles. Les pas du danseur concluent le morceau. On flotte loin des contingences terrestres.

« Antidote », un album dynamique d’une grande musicalité. Sur les onze pistes, le jazz de Chick Corea - The Spanish Heart Band vibre d’une latinité qui enchante, il fait rêver et incarne peut-être le rôle de la musique et des artistes: aider à lutter contre le quotidien souvent sombre et peu amène, contribuer à apporter un dose d’espoir et de bonheur… comme un antidote contre la morosité ambiante.

Après l’écoute de l’album « Antidote », il tarde de retrouver live Chick Corea - The Spanish Heart Band. RV le 03 juillet 2019 à Jazz à Vienne, le 04 juillet 201 à Enghien-les-Bains 9, le 30 juillet 2019 à Marciac. ICI, pour connaître l’ensemble des autres dates de la tournée de Chick Corea - The Spanish Heart Band 

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Clin d’œil à Tabasco Quintet & « The Very Last Blues »

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Limpide et mordant à la fois

Tabasco Quintet maintient le cap avec son deuxième album, « The Very Last Blues » dont le titre marque la filiation avec celui de son premier opus, « The Last Blues ». Groove mordant et mélodies limpides coexistent avec bonheur au fil des neuf plages qui ménagent de belles surprises.

Après « The Last Blues » paru sur le Petit Label en 2015, Tabasco revient en 2019 avec un deuxième album, « The Very Last Blues » (Clapson/Inouïe Distribution).

Tabasko Quintet

Tabasco©Cristof Echard

L’album propose une musique à la fois limpide et mordante qui fait alterner rêveries mélodiques sensibles et escapades rythmiques dépaysantes.

Pour ce deuxième enregistrement, Tabasco est devenu quintet. Toujours à la barre du groupe fondé en 2014, le saxophoniste Robin Nicaise et les frères Réchard, Loïc à la guitare et Ivan à la contrebasse. Invité sur le premier opus, le pianiste Leonardo Montana a cette fois intégré le groupe. A leurs côtés, c’est Fred Pasqua qui, avec souplesse et dynamisme, pilote tambours, cymbales et baguettes.

« The Very Last Blues »

Couverture de l'album "The Very Last Blues" par Tabasco QuintetAprès avoir rôdé sur scène les nouveaux morceaux de son répertoire, Tabasco Quintet est entré au studio du Prado où l’album a été enregistré et mixé par Pierre Dachery, les 11 et 12 décembre 2018.

Avec une grande fluidité, les ambiances varient au fil du répertoire. Hormis le célèbre When I Grow Too Old to Dream (Sigmund Romberg et Oscar Hammerstein), les huit autres titres sont à porter au crédit de Robin Nicaise, Ivan et Loïc Réchard.

Sur « The Very Last Blues », Tabasco Quintet propose un jazz moderne à la croisée de nombreuses influences. Entre effluves de funk néo-orléanais et pointes de néo-bop, la musique capte des vents venus d’orient, des vapeurs bluesy et des souffles lyriques. Entre groove tendu et souple balancement alternent mélodies caressantes et envolées syncopées.

Ambiances de voyage

Le message est clair d’emblée, nul besoin de réfléchir, il faut y aller, Go Go Go… On se laisse porter par la sonorité ample et feutrée du ténor qui tisse la mélodie puis on navigue au gré des chorus inspirés des solistes qui se succèdent. Le voyage continue avec Mer de nuit, un rêve enivrant que saxophone et guitare développent sur un motif réitératif du piano qui confine à l’obsession. Après ces deux compositions du bassiste, le saxophoniste signe Mountain Journey. L’entente est parfaite entre le style mélodique du ténor et la fluidité expressive de la guitare.

C’est une excursion plus sportive qu’a conçue le guitariste en écrivant Trocadero. A la croisée d’un funk enchanteur et d’un jazz moderne, le morceau se densifie au fur et à mesure des interventions des solistes que la section rythmique propulse avec énergie. Il fait bon ensuite flotter En Apesanteur sur la superbe ballade écrite par le saxophoniste. On a l’impression que le temps se dilate sous le souffle évanescent du ténor. Le jeu mouvant de la guitare et la caresse des balais font s’évaporer les notes.

Le voyage continue sur un tapis volant porté par Scirocco à l’inspiration plus orientale et à la métrique complexe. Cette composition du contrebassiste inspire au piano et à la batterie des interventions animées. Sur Comète (Part II) crédité au saxophoniste, on est propulsé dans une sphère néobop où guitare et ténor s’en donnent à cœur joie sur une rythmique stimulante.

Après l’espace, on explore le temps avec une échappée libre sur les syncopes de Janvier composé par le guitariste. Un moment réjouissant entre lyrisme du ténor, jeu pointilliste du piano et envolées bensonniennes de la guitare. L’album se termine avec le célèbre When I Grow Too Old To Dream composé en 1934 par Sigmund Romberg et tant de fois repris. Sur un tempo très étiré, Tabasco Quintet en donne une version sensible où le ténor élève son chant expressif et velouté entre blues et gospel.

RV à Paris, le 25 juin 2019 au Sunside pour la sortie officielle de l’album « The Very Last Blues » du Tabasco Quintet avec Robin Nicaise (saxophone ténor), Loïc Réchard (guitare), Leo Montana (piano), Ivan Réchard (contrebasse) et Fred Pasqua (batterie).

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Le contrebassiste Avishai Cohen revient avec « Arvoles »

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Retour aux sources de son inspiration jazz

Avec « Arvoles », le contrebassiste Avishai Cohen opère un retour aux sources de son inspiration jazz. Sur la moitié des plages de ce superbe opus, il revient au trio acoustique avec le pianiste Elchin Shirinov et le batteur Noam David. Sur les cinq autres titres de l’album, le trio est rejoint par Björn Samuelsson au trombone et Anders Hagberg à la flûte. Un opus vibrant et dynamique.

couverture de l'album Arvoles du contrebassiste Avishai CohenAprès son dernier opus « 1970 », sorti en 2017 et tourné vers la pop, le contrebassiste Avishai Cohen délaisse la voix, la basse électrique et le piano pour revenir à la contrebasse acoustique.

Sur « Arvoles » (Razsdaz Recordz/Warner Music), son dix-septième album studio sorti le 07 juin 2019, le contrebassiste propose un projet qui diffère du précédent, tant au niveau du son que des ambiances. Il retrouve le cœur de l’idiome jazz qui a fondé son identité si singulière.

« Arvoles »

« Pour moi, Arvoles est une musique nouvelle, une sorte de réflexion sur l’univers qui m’a entouré ces dernières années. On pourrait dire que ce nouvel album dévoile une autre partie de ma personnalité. Si vous écoutez les deux albums du début à la fin, vous aurez une bonne idée de l’homme, du mari et du père que je suis. » Avishai Cohen

Sur cet album dont le titre Arvoles signifie « arbres » en ladino (ancienne langue parlée par le peuple séfarade de la diaspora), le compositeur et contrebassiste Avishai Cohen se produit en trio acoustique sur la moitié des dix pistes, avec à ses côtés le pianiste azerbaïdjanais Elchin Shirinov  et le batteur Noam David, originaire de Jérusalem. Sur les cinq autres titres, le tromboniste Björn Samuelsson et le flûtiste Anders Hagberg renforcent le trio piano/contrebasse/batterie.

« Arvoles » rassemble une chanson traditionnelle (Arvoles) et neuf compositions instrumentales originales qu’Avishai Cohen a écrites au cours des dernières années et qui n’étaient pas censées se retrouver sur le même album mais qui coexistent avec bonheur. Le leader en a conçu tous les arrangements et les a enregistrées aux Nilento Studios en Suède entre le 18 Février 2019 et le 15 mars 2019.

La pochette de l’album reproduit un tableau d’Ora Cohen, la mère du contrebassiste. Les couleurs et le graphisme s’accordent tout à fait avec la teneur musicale de l’opus, nostalgique et romantique, délicat mais empreint d’une force vitale.

Sur « Arvoles », les idées se bousculent et foisonnent autour de ce qui constitue l’ADN jazz du contrebassiste Avishai Cohen. Une musique somptueuse et dynamique dont les subtiles harmonies vibrent et éclatent au fil de plages où coexistent envolées lyriques et mélodies nostalgiques.

Au fil des plages

L’album ouvre avec Simonero introduit par la contrebasse vite rejointe par le piano et la batterie puis par la flûte et le trombone. Les chants et contrechants des instruments tissent une superbe texture musicale sur laquelle le piano virevoltant brode un chorus lumineux.

Advient ensuite la délicate mélodie bucolique d’Arvoles qui donne son nom à l’album. Au rythme des caresses des balais, la contrebasse livre un chorus virtuose et poétique qui inspire un solo romantique au piano.

Le trio se retrouve sur Face Me que le piano entame par un riff énergique décliné sur un fond aux couleurs moyen-orientales. L’archet s’amuse sur les cordes de la contrebasse et développe un chorus énergique et virtuose. Le quintet entame ensuite le lyrique Gesture #2 où les deux soufflants rivalisent en contrepoint autour de la mélodie aux allures néoclassiques. La contrebasse aérienne fusionne avec le piano qui joue en décalage.

Plutôt alerte, Elchinov développe plus tard, en trio, un motif en boucle qui inspire une grande euphorie au pianiste. Exécuté en quintet, Childhood for Carmel se pare de teintes baroques. La flûte élégante devise avec le trombone plaintif alors que sur la contrebasse nostalgique alternent archet et pizzicati aux couleurs plaintives.

Le trio continue avec Gesture #1 qui pourrait s’intituler requiem pour une seule note, celle que tient le piano sur un rythme soutenu. Les solides lignes de contrebasse s’enflamment et libèrent l’espace pour un solo tendu du piano. Intitulé à juste titre Nostalgia, le morceau suivant se développe en deux mouvements. Le piano flirte d’abord avec une romantique mélancolie suivie d’un rythme latin subtil qui inspire à la contrebasse une échappée talentueuse et maîtrisée.

Le quintet revient sur New York 90’s, une composition au thème enivrant et à la pulsation rock asymétrique. Sur la mélodie du piano se superpose le souffle énergique du trombone. L’album se termine avec le quintet qui fait swinguer la belle mélodie de Wings. La contrebasse groove avec éloquence suivi d’une envolée majestueuse du piano. Évocateurs d’ambiances West-Coast, les arrangements donnent presque l’impression qu’un big band a rejoint le quintet.

Pour écouter live le contrebassiste Avishai Cohen en concert, RV le 30 juin 2019 dans le cadre de La Défense Jazz Festival puis à Jazz à Junas, dans le Gard, le 19 juillet 2019, à Marciac le 07 août 2019 et à la Cigale, à Paris, le 17 novembre 2019. ICI pour connaître l’ensemble des dates des concerts du contrebassiste Avishai Cohen.

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Clin d’œil à Doctor3 & « Canto Libero »

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Du groove dans la mélancolie

Toujours innovateur en matière de jazz, le trio Doctor3 revient avec l’album « Canto Libero », consacré à la musique de Lucio Battisti, figure légendaire de la chanson italienne. Danilo Rea au piano, Enzo Pietropaoli à la contrebasse et Fabrizio Sferra à la batterie réussissent à adapter en jazz de manière innovante la teneur pop des chansons de celui qui fut une idole en Italie. Ils insufflent le groove du jazz dans les mélodies mélancoliques.

couverture de l'album Canto Libero de Dctor3Avec le jazz transalpin, les bonnes surprises vont bon train et la sortie de « Canto Libero » (Jando Music/Via Veneto) sorti le 24 mai 2019 fait partie de ces opus qui surprennent autant qu’ils enchantent.

Il est vrai que Doctor3 n’en est pas à son coup d’essai et une fois encore le talent de mélodistes et d’improvisateurs du pianiste Danilo Rea, du contrebassiste Enzo Pietropaoli et du batteur Fabrizio Sferra leur permet de livrer avec un nouvel opus qui s’avère une réussite incontestable.

Doctor3

Profondément ancré dans le jazz le plus innovateur, Doctor3 affiche depuis ses débuts une très large ouverture d’esprit en direction de toutes les musiques. Il affectionne la reprise de compositions cultes de pop, rock ou de standards de jazz qu’ils se réapproprient et transforment tout en leur conservant leur authenticité et leur originalité.

Diplômé du conservatoire de musique de Santa Cecilia à Rome, le pianiste italien Danilo Rea fait ses débuts avec Roberto Gatto et Enzo Pietrapaoli avec qui il constitue le « Trio di Roma » en 1975. Accompagnateur de grands jazzmen tels Chet Baker, Phil Woods, Steve Grossman, Aldo Romano ou Art Farmer, Danilo Rea joue aussi dans le domaine de la pop italienne pour Pino Daniele, Domenico Modugno et Gianni Morandi. A partir de 1989, il accompagne régulièrement la chanteuse Mina (Mina Anna Mazzini) pour laquelle Lucio Battisti a composé.

En 1997, Danilo Rea forme Doctor3 avec Enzo Pietrapaoli (contrebasse) et Fabrizio Sferra (batterie). Au fil de son aventure, le trio affiche sa marque de fabrique, sortir des sentiers battus, regarder en direction des autres musiques et innover tout en demeurant ancré dans son idiome.

Doctor 3 incarne ce jazz italien qui mêle avec réussite, mélodies sensibles et trésors d’improvisations.

En 2009, Doctor3 s’est séparé mais en 2014, Danilo Rea, Enzo Pietropaoli et Fabrizio Sferra se retrouvent et reprennent leur aventure avec de nouvelles idées et riche de toute l’expérience acquise individuellement. En 2014 sort l’album « Doctor3 » qui reprend entre autres tubes, Let It Be, Life on Mars, Hallelujah, Light My Fire ou How Deep Is Your Love.

« Canto Libero »

En 2019, « Canto Libero » propose un album qui reprend dix compositions de l’auteur-compositeur-interprète italien Lucio Battisti auquel Doctor3 ajoute le souffle inspiré de trois interludes de leur cru. Un voyage suspendu sur un arc en ciel d’émotions.

D’abord bercé par le piano qui ouvre l’album et chante la douce mélodie mélancolique Pensieri e parole, on se laisse ensuite surprendre par le rythme binaire que le trio impulse sur Il mio canto libero qui resplendit de riches harmonies. On craque plus tard à l’écoute de la ritournelle nostalgique de Perché no jouée sur un battement subtil des balais avant de se laisser captiver par le chorus inspiré de la contrebasse.

Après le punchy et enrocké Doctor 01, on se laisse envahir par le doute qui se dégage de Con il nastro rosa. L’ambiance change ensuite avec le tempo  funky de Il tempo di morire où le piano vagabond improvise à cœur joie. La complicité du trio est particulièrement perceptible dans ce morceau gorgé d’énergie jazz.

Après les harmonies raffinées qui soufflent sur le bucolique Emozioni, l’interlude Doctor 02 advient comme une respiration percussive qui dynamise l’écoute. On est alors prêt à apprécier le chorus énergique du piano qui enflamme la section rythmique sur 29 Settembre.

Soucieux de pourvoir aux nuances et de faire varier les climats, Doctor3 enchaîne avec Mi ritorni in mente, qui se déroule comme un rêve musical évocateur de tendres pensées poursuivies dans Fiori rosa fiori di pesco dont la métrique plus cadencée incite à l’éveil. Les notes cristallines de Doctor 03 engagent à une douce méditation avant que ne se termine la promenade dans le monde de Lucio Battisti avec Umanamente uomo : il sogno qui résonne d’un doux réalisme mais demeure paré d’une tendre poésie

Sur « Canto Libero », le trio Doctor3 réussit le challenge d’adapter en jazz les musiques de Lucio Battisti. Dynamique et sensible la musique s’écoule avec naturel, restitue l’essence des compositions originales et insuffle un souffle de groove impulsé avec une énergie maîtrisée.

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