Aimée Allen en tournée en France et Suisse

Aimée Allen en tournée en France et Suisse

Du jazz vocal entre bossa nova, bop et soul

La tournée en France et en Suisse de la chanteuse et auteure-compositrice Aimée Allen constitue une belle occasion pour découvrir cette artiste américaine. Son album « Wings Uncaged » annoncé en France pour le 20 mars 2020 permet d’apprécier sa voix chaleureuse chargée de groove.

La chanteuse américaine, basée à New York, Aimée Allen a vu son plus récent album « Wings Uncaged » (2018) figurer dans le best of 2019 de Down Beat Magazine. Entourée par François Moutin (contrebasse), Billy Test (piano) et Kush Abadey (batterie), la vocaliste interprète onze titres qui naviguent entre jazz, bossa, bop et soul.

Aimée Allen

Née et élevée à Pittsburgh, Aimée Allen a commencé la musique très jeune. Son enfance a été baignée par du jazz traditionnel. La jeune chanteuse a commencé à chanter professionnellement avec des groupes de jazz à l’université. Après ses études, elle s’installe à Paris où elle se produit régulièrement et reçoit un accueil chaleureux de la part du public français dans les clubs de jazz et les festivals. Elle constitue alors « Les Bossa Novices », un groupe parisien dédié à la bossa et au jazz.

La chanteuse Aimée Allen

Aimée Allen©Ksenia Scheffer

Après avoir tourné en France, en Italie, en Russie et au Sénégal, elle se produit maintenant régulièrement à New York et à l’étranger. Devenue auteure-compositrice accomplie, elle inclut au cœur de son répertoire des compositions originales qui alternent avec standards et bossas. Parmi les nombreux musiciens avec lesquels elle s’est produit figurent le guitariste Romero Lubambo, le batteur Ari Hoenig, les contrebassistes Ron McClure et François Moutin..

Outre « Dream » (2006), « L’Inexplicable » (2007), « Winters & Mays » (2011), Aimée Allen a enregistré l’album « Matter of Time » sorti en 2015 avec Romero Lubambo (guitare), Toru Dodo (piano), François Moutin (contrebasse), Jacob Melchior (batteur) et Scott Ritchie (basse) avant de publier son plus récent album, « Wings Uncaged ».

Après une sortie américaine en 2018, l’album est attendu en France pour le 20 mars 2020. Sur « Wings Uncaged » (Azuline), la chanteuse est accompagnée du contrebassiste François Moutin, du pianiste Billy Test et du batteur Kush Abadey.

« Wings Uncaged »

Le répertoire de l’album puise dans le répertoire des standards, rend hommage à la bossa nova et compte aussi des compositions personnelles de la chanteuse.

C’est avec une grande sensibilité qu’elle régénère Skylark, pris sur un tempo très swing avec une superbe intervention du piano qui découpe et segmente superbement la mélodie. De son timbre suave enchanteur Aimée Allen interprète plus tard Shooting Star avec beaucoup de grâce. Plus loin, sa reprise du célèbre Invitation met en évidence son sens affiné du rythme. In My Web permet ensuite d’apprécier la fraîcheur, l’éclat et la justesse de sa voix.

Sur Democracy How sa voix aérienne se déploie sans difficulté entre aigus et médiums. Après la superbe intervention du piano, on aurait volontiers goûté une improvisation vocale, mais le texte prime sur ce titre qui évoque l’état actuel de la démocratie. C’est ensuite avec un léger vibrato et des inflexions chargées de mélancolie que la chanteuse étire Fotografia, la délicieuse bossa nova de Jobim interprétée en portugais. Le morceau recèle aussi un solo lyrique et délicat de la contrebasse.

couverture de l'album Wings Uncaged de la chanteuse Aimée AllenPlus loin, sur la composition originale Night Owl, soutenue par le piano volubile, la voix navigue entre joie et mélancolie alors qu’elle se fait plus soul sur Save Your Love For Me. Même si le chant se pose avec justesse sur le texte, une improvisation vocale aurait apporté ce grain de folie et cette prise de risque qui font un peu défaut.

C’est en duo avec la contrebasse que la chanteuse interprète Autumn Leaves chanté en français et en anglais. Elle morcelle le thème sur lequel elle rebondit comme sur un élastique. Sa voix au timbre nuancé semble comme en flottaison au-dessus de la ligne de basse. L’album se termine avec une version dépouillée de Midnight Sun. Avec un vibrato un peu (trop) appuyé, le chant lumineux est magnifié par le soutien sans faille de la contrebasse et du piano.

En tournée en France et en Suisse

Entourée d’un trio d’une belle facture qui réunit Karim Blal (piano), François Moutin (contrebasse) et Louis Moutin (batterie), la  chanteuse Aimée Allen est en tournée en France et en Suisse avant de retraverser l’Atlantique. Quelques concerts réjouissants se profilent pour découvrir la chanteuse live.

Après Antibes et une prestation au Bernie’s Jazz Moments le 12 mars 2020, la chanteuse se produit à Lausanne, le 13 mars 2020 au Chorus à 21h. Elle présente ensuite sa musique à Lyon le 14 mars 2020, au Jazz Club Lyon Saint-Georges à 19h et à 21h15 avant de terminer à Paris, le 16 mars 2020 au Duc des Lombards avec un set à 19h30 et un second à 21h45.

« Michel Legrand Stories » de Nicolas Folmer

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Le retour de « Shabaka & The Ancestors »

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« We Are Sent Here By History »

Sauve qui peut & espère qui veut !

« Shabaka & The Ancestors » annoncent la sortie de « We Are Sent Here By History ». Enregistré sur 2 ans, entre Cape Town et Johannesburg, ce deuxième album du groupe réunit le saxophoniste londonien Shabaka Hutchings et ses musiciens de jazz sud-africains. L’opus résonne comme une réflexion musicale sur la condition humaine en pleine agonie. Un poème sonore comme une méditation plutôt sombre sur l’avenir de l’homme. Une mise en garde… sauve qui peut & espère qui veut !

Créé en 2016, « Shabaka & the Ancestors » réunit le saxophoniste britannique Shabaka Hutchings avec des musiciens de jazz sud-africains. Après « Wisdom of Elders » enregistré en une seule journée et sorti l’année même de la création du groupe, les musiciens ont parcouru les scènes avec leur musique incandescente et incantatoire qui a ré-imaginé l’univers du jazz.

C’est avec « We Are Sent Here By History » (Impulse/Universal), leur deuxième album, que « Shabaka & the Ancestors » reviennent le 13 mars 2020

Un manifeste sonore qui mélange traditions africaines et jazz moderne. Un opus plutôt sombre qui se penche sur la condition humaine en pleine agonie. Le disque incite à réfléchir sur l’extinction à venir de l’espèce humaine… « There isn’t any rest, there isn’t any peace ».

Shabaka Hutchings

Shabaka & The ancestors - Le saxophoniste Shabaka Hutchings Au cours des cinq dernières années, le saxophoniste et compositeur Shabaka Hutchings s’est imposé comme une figure centrale de la scène jazz londonienne. Doté d’un esprit créatif et innovant, il est impliqué dans de nombreux projets au sein desquels il joue. Le quartet « Sons of Kemet », le trio « The Comet Is Coming » et le sextet « Shabaka & the Ancestors », une formation au propos spirituel et dynamique.

C’est dans le cadre d’une véritable rotation que le saxophoniste propulse tout à tour ses groupes sur le devant de l’actualité.

  • Ainsi l’année 2018 a été marquée par la sortie de « Your Queen Is A Reptile », le troisième album de son projet « Sons of Kemet ».
  • 2019 a vu le retour de « The Comet Is Coming » avec « Trust In The Lifeforce Of The Deep Mistery » puis « The Afterlife » après « Channel The Spirits » paru en 2016.
  • En 2020, c’est donc « Shabaka & the Ancestors » que le saxophoniste britannique met en avant avec la sortie de « We Are Sent Here By History », le deuxième album du groupe.

« We Are Sent Here By History »

Inscrit définitivement dans les traditions africaines, « We Are Sent Here By History », le deuxième album de « Shabaka & The Ancestors » réunit de nouveau Shabaka Hutchings (saxophone ténor, clarinette) aux musiciens sud-africains Mthunzi Mvubu (saxophone alto), Siyabonga Mthembu (voix), Ariel Zomonsky (basse), Tumi Mogorosi (batterie) et Gontse Makhene (percussions).couverture de l'album We Are Sent Here By History de Shabaka & The Ancestors

Cet opus conte une véritable histoire dont les titres explicites des onze morceaux liés l’un à l’autre, sont à écouter dans la continuité pour saisir le sens de la réflexion que le saxophoniste mène sur la condition humaine, la société en décomposition, l’agonie en cours de notre espèce. Pour éviter la défaite et surmonter le purgatoire quasi incarné sur terre, il questionne sur la transition qui pourrait être envisagée au niveau individuel et social pour défaire la pensée capitaliste, l’expansionnisme des dominants suprémacistes blancs.

Jazz magnétique

La musique de « Shabaka & The Ancestors » transporte par sa transcendance et son magnétisme contagieux. Elle captive de bout en bout des onze plages de « We Are Sent Here By History ». L’album développe un jazz spirituel incantatoire où deux modalités expressives s’allient, se cumulent, se renforcent. Une musique instrumentale mystique et un discours militant et poétique via le chant du griot sud-africain.

Après les percussions et un riff réitératif de la basse, alto et ténor unissent leur véhémence au prêche du chanteur pour dire leur colère sur They Who Must Die. Indigné le ténor râle, crie et le groupe livre une musique pulsionnelle en perpétuel développement. Le décorum se fait plus psychédélique sur You’ve Been Called qui met en avant le slam incantatoire du griot dont le propos dénonce et annonce le pire. Son riff envoutant s’élève ensuite comme une lamentation.

L’histoire continue et sur un motif de basse, alto aérien et ténor incantatoire soutiennent la parole répétitive du chanteur sur Go my Heart, Go to Heaven dont la musique semble revenir des ténèbres. Plus loin, Behold, The Deceiver déroule une mélodie lancinante où les soufflants fonctionnent en mode fusionnel et créent une tension vive qui suscite l’effervescence. La clarinette tisse ensuite une mélodie au tempo saccadé sur Run, The Darkness Will pass. Voix et alto génèrent joie et allégresse qui incitent à une fuite éperdue pour échapper aux ténèbres.

Ténor et alto exposent alors en contrepoint le thème de The Coming of the Strange sur lequel ténor granuleux et alto survolté dialoguent sur un fond rythmique éperdu et soutenu.

Beast Too Spoke Of Suffering résonne plus tard comme une transe musicale cathartique, une musique tendue et fiévreuse que proposent les soufflants et voix, comme un hommage aux animaux en souffrance. Plus loin, We Will Work (On Redefining Manhood) fait entendre la mélodie incantatoire de la clarinette. La voix déclame alors un poème militant puissant qui appelle à une redéfinition de la virilité. Le ténor furieux enchaîne ensuite avec un propos quasi cataleptique sur ‘Til The Freedom Comes home qui invoque le salut et la liberté. La voix se lamente soutenu par la basse et les percussions. L’espoir pointe.

Finally, The Man Cried poursuit le message avec l’alto resplendissant et lumineux que rejoint le ténor, propulsé par la polyrythmie enfiévrée de la batterie. Les deux saxophones développent ensemble un chant polyphonique qui inspire à la voix une prière évangélisatrice radieuse. L’album se termine avec Teach Me How To Be Vulnerable sur lequel le ténor et ses volutes de spleen au son brumeux expriment sa fragilité sur les accords ondulatoires du piano.

Pour se laisser porter en concert sur les vagues du répertoire de « We Are Sent Here By History », RV à Paris avec « Shabaka & The Ancestors », le 18 mai 2020 à 21h au New Morning.

« Michel Legrand Stories » de Nicolas Folmer

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« Les 1001 Nuits du Jazz – Live au Bal Blomet »

« Les 1001 Nuits du Jazz – Live au Bal Blomet »

Raphaël Imbert & Johan Farjot, conteurs de jazz

En place de Shéhérazade, le saxophoniste Raphaël Imbert et le pianiste Johan Farjot se font les conteurs d’une autre histoire du jazz sur l’album « Les 1001 Nuits du Jazz - Live au Bal Blomet ». L’opus restitue huit enregistrements captés lors de six Nuits du Jazz organisées par Le Bal Blomet. Entourés à chaque séance de nouveaux invités, les deux musiciens mènent deux fois par mois une « concérence » à travers les grandes et petites histoires du jazz. Enregistré live, l’album incite à aller vivre une, voire plusieurs de ces Nuits magiques et récréatives.

Couverture de l'album Les 1001 Nuits du Jazz avec Raphael Imbert et Johan FarjotDans le cadre historique du Bal Blomet, cabaret d’art et club de jazz, « Les 1001 Nuits du Jazz » retracent les différentes étapes de l’épopée du jazz. Intitulé de manière explicite, l’album « Les 1001 Nuits du Jazz - Live au Bal Blomet » (Compagnie Nine Spirit/MDC/PIAS) est annoncé pour le 06 mars 2020 et propose dix pistes enregistrées live lors de six soirées, entre 2017 et 2019.

Le saxophoniste Raphaël Imbert et le pianiste Johan Farjot invitent des musiciens à les rejoindre sur scène lors de ces fameuses « Nuits du Jazz » programmées au Bal Blomet à raison de deux jeudis par mois depuis 2017.

Sur la dernière plage du disque, la voix chaleureuse de l’ethnomusicologue, musicien et compositeur Raphaël Imbert présente avec sa verve et son indéniable talent de conteur, la démarche qui sous-tend ce cycle musical et pose la question essentielle… De quoi le jazz est-il le nom ?

Pas sûr qu’après avoir écouté l’album quiconque puisse répondre de manière exhaustive mais l’album n’ambitionne pas un tel défi, il pose avant tout la question et comme souvent, cerner le problème et le formuler constitue le préalable indispensable à sa résolution.

Les 1001 Nuits du Jazz

Créé en 1924 en pleine effervescence du Paris des Années Folles, le Bal Blomet a alors été le lieu de rencontre des surréalistes, des musiques créoles et du jazz afro-américain. Ce lieu mythique qui a vu passer Joséphine Baker, Jacques Prévert et Sydney Bechet fut l’un des premiers clubs de jazz européens. Aujourd’hui, cette salle parisienne multiculturelle rouverte en 2017 par Guillaume Cornut, propose des concerts de jazz et de musique classique, des spectacles musicaux et des événements culturels.

Ludique et pédagogique, chaque soirée du cycle « Les 1001 Nuits du Jazz » aborde une thématique précise en lien avec cette musique qui ne cesse d’évoluer depuis ses débuts. Avec leurs invités, musiciens prestigieux ou espoirs de demain, le saxophoniste Raphaël Imbert et le pianiste Johan Farjot renouvellent le format du concert jazz. Ce faisant, ils ambitionnent d’éclairer le public de manière ludique et pédagogique en leur fournissant des clés de compréhension accessibles via de courtes présentations d’artistes, de standards, d’épisodes ou de notions musicologiques marquantes de l’histoire du jazz.

Chacune de ces soirées-concerts « Nuits du Jazz », explore un style, une époque, un auteur, une étape, comme l’on déjà fait les Nuits du Jazz passées dont les titres éclairent d’emblée sur le thème de la soirée… Jazz et Country, Free Jazz, Latin jazz swing et samba, Jazz, pop et rock, L’épopée des batteurs flamboyants, Gershwin et ses héritiers, Musique sacrée de John Coltrane, The Duke Ellington Orchestra et la fraternité du souffle… et bien d’autres titres encore.

Après une ouverture didactique, le concert réunit sur scène autour de Raphaël Imbert et Johan Farjot, des musicien.ne.s de jazz aguerrie.e.s et de jeunes talents issus du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et du Centre des Musiques Didier Lockwood. Ainsi les deux Maitres de Cérémonie de ces « Nuits du Jazz » proposent au public d’accéder à une autre histoire du jazz qu’ils rendent ainsi plus accessible.

Dix plages riches en émotions

Composition dédiée par Johan Farjot à la mémoire de Didier Lockwood, Blues for Angels résonne du souffle puissant du ténor de Raphaël Imbert qui rend un hommage poignant au violoniste disparu deux mois le concert enregistré lors d’une Nuit du Jazz consacrée au « Jazz engagé des 60’s ». Avec verve et émotion le saxophone gémit et implore le ciel. Plus loin, sur Memphis March composé par le saxophoniste, le ténor élève un chant céleste soutenu par un superbe quartet à cordes qui réunit Elsa Moatti, Irene Martin, Hélène Hadjiyiassemis et Stéphanie Huang.

Hugh Coltman prête sa voix au groupe réuni sur la scène du Bal Blomet pour la soirée intitulée « Les Crooners ». Le chanteur redynamise la ballade de Ray Charles, All to Myself Alone sur lequel le piano prend un chorus soul soutenu par le drive ardent de Julie Saury. Sur Gee Baby Ain’t Good To You, un titre écrit en 1929, il croise les notes avec le saxophone soprano soutenu par un piano tonique. Sur ce divertissement évocateur des ambiances festives de la Nouvelle-Orléans, leur dialogue swingue avec force.

Deux titres entrent en résonance avec le thème « L’Afrique et le Jazz ». Les saxophones de Raphaël Imbert et Jean-Jacques Elangué dialoguent sur Yekermo Sew, une composition de Mulatu Astatke, parrain de l’ethio-jazz. Après le chorus incantatoire d’Elangué, le solo furieux d’Imbert évoque quelque peu le jeu d’Albert Ayler. Plus tard, soutenus par la batterie d’Anne Paceo et la contrebasse de Felipe Cabrera, les deux saxophonistes se libèrent ensuite des chaînes de l’esclavage sur Redemption Song de Bob Marley que chante Aurore Imbert.

C’est dans le cadre d’une Nuit qui célèbre « Daniel Humair et l’Art de la Batterie » qu’est enregistré le titre Improvisation écrit par Daniel Humair en hommage à John Coltrane. Les inflexions paroxystiques du ténor soufflent sur les braises du jazz modal de Coltrane qu’il ravive avec le soutien du jeu puissant de Daniel Humair qui rappelle celui d’Elvin Jones. Le ténor se fait ensuite ténébreux sur Gravenstein, une autre composition de Daniel Humair. On se laisse ensorceler par le charme de cette ballade à laquelle la contrebasse tellurique de Damien Varaillon insuffle une profonde gravité.

The Mooche hisse haut les couleurs de la thématique « Ellington et la Fraternité du Souffle ». En effet sur ce morceau de Duke Ellington s’expriment trois soufflants aux côtés de Raphaël Imbert, le saxophoniste Pascal Mabit, le trompettiste Quentin Lourties et le tromboniste Cyril Galamini. A l’écoute de ce titre savoureux, l’oreille plonge dans les timbres somptueux du style jungle, quand le grand orchestre du Duke animait les nuits du Harlem des années 30.

C’est à l’orgue et au piano que Johan Farjot soutient le discours du ténor bluesy au long de Sweet Home Chicago enregistré lors d’une Nuit qui explore « Le Blues aux Racines du Rock ». Sur cette célèbre chanson de Robert Johnson composée en 1936, la voix rocailleuse et puissante d’Amandine Bourgeois s’allie à la guitare éloquente d’Aurélien Naffrichoux qui déclenche le flot expressif du ténor et fait monter la tension.

On demeure rêveur devant le chiffre hautement symbolique de « 1001 » ! D’un point de vue purement mathématique, à raison de deux concerts par mois tout au long des douze mois d’une année, il faudrait 41 ans, 8 mois et 1 jour pour atteindre le nombre de « 1001 Nuits du Jazz » qui devrait advenir en 2058… mais pas question d’attendre aussi longtemps pour savourer « Les 1001 Nuits du Jazz » ! En première intention, on écoute l’album « Les 1001 Nuits du Jazz - Live au Bal Blomet » puis on se donne RV à Paris au Bal Blomet le 20 mars 2020 pour la soirée « De quoi le jazz est-il le nom? »  & le 21 mars 2020 pour la nuit intitulée « Les Crooners ». ICI pour accéder à la programmation et aux dates des prochaines « Nuits du Jazz » à venir au Bal Blomet.

« Michel Legrand Stories » de Nicolas Folmer

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Clin d’œil à Rotraut Jäger et « Sonafari »

Clin d’œil à Rotraut Jäger et « Sonafari »

Sortie d’album au Jazz Club Lyon Saint-Georges

La flûtiste Rotraut Jäger annonce la sortie de l’album « Sonafari » de son groupe Sonambique. Avec le quartet, elle sillonne la Suisse et fait escale à Lyon, le 28 mars 2020 au Jazz Club Lyon Saint-Georges. La belle aubaine que de découvrir l’album puis d’aller vivre live les musiques de Sonambique. Au programme, des promesses de jazz aux influences latines, des rythmes des Caraïbes et des mesures impaires à profusion.

couverture de l'album Sonafari de Rotraut Jäger et SonambiqueDans le cadre de la tournée de sortie de l’album « Sonafari », la flûtiste Rotraut Jäger et Sonambique font étape à Lyon. Les rythmes vibrants et les mélopées radieuses du groupe vont résonner le 28 mars 2020 dès 19h45 dans la cave du Jazz Club Lyon Saint-Georges. Cerise sur le gâteau, la flûtiste anime une conférence l’après-midi pour faire partager son expérience de la flûte jazz. Avis aux flûtistes… blues et improvisations à tenter en toute simplicité.

Sur l’album « Sonafari » annoncé pour le 04 mars 2020, la flûtiste Rotraut Jäger présente ses propres compositions avec le groupe Sonambique. A ses côtés le pianiste Bartek Gérny, le bassiste Marcel Suk et le batteur Omar Diadji Seydi.

Rotraut Jäger

la flûtiste Rotraut Jager

Rotraut Jager©Samuel Künzli

Née à Sarrebruck, Rotraut Jäger a fait des études de flûte au Konservatorium Mainz (pédagogie et performance), à la Musikhochschule Zürich (Philippe Racine, diplôme de performance, Günter Wehinger, Christoph Grab, jazz) puis de 2006 à 2007 au département de jazz à Manhattan School of Music New York (Dick Oatts, Steve Wilson).

Durant ces périodes elle a étudié le jazz, les musiques latines et le flamenco. Pendant ses études, elle a participé à des master classes, avec entre autres Peter Lukas Graf et Michel Debost. Elle a suivi des formations continues au Brésil et à New York avec Frank Wess, Ali Ryerson, Armen Donelian et Dave Liebman.

Depuis 2007, elle vit à Zürich où elle enseigne la flûte et donne des concerts avec ses projets classiques et jazz. Elle a joué entre autres avec le chanteur américain Miles Griffith, le trompettiste américain Earle Davis, le guitariste allemand Roland Gebhard, le guitariste de flamenco Vicente Cortes, la danseuse de flamenco Karime Amaya et le groupe de ska et reggae de Jamaïque The Skatalites.

Aujourd’hui la flûtiste et compositrice, Rotraut Jäger se partage entre pédagogie et scène. activités qu’elle mène de front. Elle s’investit dans plusieurs projets, les duos Sono et Nomos de facture classique, le trio The Jazz Lounge au répertoire jazz latin et le quartet Sonambique.

Sonambique

Rotraut Jäger et Sonambique

Sonambique©Samuel Künzli

Le quartet Sonambique réunit Rotraut Jäger (flûtes), Bartek Gérny (piano), Marcel Suk (basse) et Omar Diadji Seydi (batterie).

Après un master « jazz and contemporary music », le bassiste Marcel Suk enseigne aujourd’hui au Kantonsschule Wohlen et à l’école de musique Zürcher Unterland. Il partage son activité de scène entre plusieurs groupes (Fusion Square Garden, Boris Pilleris’s Jammin et Azton).

Né en Pologne, Bartek Gorny a commencé par la guitare avant de se déterminer pour une formation classique en piano et en contrebasse. Il mène de front différents projets et présente ses compositions avec son groupe Moiré.

Originaire de Dakar, Omar Diadji Seydi est maintenant installé en Suisse. Après avoir joué et enregistré avec les formations comme Nakany Kante, Kwame Afrovibes, Elijah Salomon, il pratique des styles aussi différents (Afro, Latin, Reggae, Rock, Pop, Funk, … il collabore aujourd’hui entre autres avec Claudia Massika, Andrea Janser/ Bouye et Gabriel Palachi.

Sur l’album « Sonafari » à sortir le 04 mars 2020, les quatre complices de Sonambique se livre à un safari sonore tonique et allègre et propose une musique ancrée dans un jazz sous influence latine.

Au fil des titres de « Sonafari »

Sur les huit titres composés par Rotraut Jäger, la flutiste enthousiaste surfe sur les rythmes latins et brésiliens où les rythmes impairs ont élu domicile. Les mélopées radieuses et pimentées invitent à la danse ou à la méditation.

A partir d’un riff continu de piano et basse, la flûte voltige sur Solus dont elle illumine le spectre solaire. Sur Sambarinha, elle tisse ensuite des arabesques épicées qui s’envolent vers le Corcovado. Après un chorus du piano qui met en lumière le partido alto du samba, la batterie esquisse une petite batucada. Plus loin la flûte piccolo propose Elefin, une mélodie virevoltante qui entretient quelques familiarités avec le frevo brésilien.

Le quartet enchaîne alors avec Somnium une ballade mâtinée de reggae où le chant de la flûte alto génère une certaine mélancolie. Advient ensuite Apricus, un des morceaux phares de l’album. Sur un motif réitératif du piano et basse porté par la batterie dynamique, la flûte ensorcèle par son jeu lyrique et envoûtant. Avec Limin’ on s’achemine alors sur la route d’un voyage musical dépaysant. Après une mise en condition délicate et un chorus percussif du piano, on se laisse transporter dans les airs par la flûte bansuri jusqu’en Jamaïque.

Au fil d’un motif répétitif tonique repris à l’envi par basse, piano et flûte, on se laisse emporter par Breezing through. La flûte s’apaise doucement et souffle des volutes éthérées avant d’ouvrir l’espace au piano tempétueux. L’album se termine par Flow, une mélodie joyeuse qui invite à la fête avec la flûte qui s’envole vers des cieux ensoleillés.

Pour s’immerger dans la musique de « Sonafari », RV avec le quartet Sonambique le 28 mars 2020 à 19h45 au Jazz Club Lyon Saint-Georges pour retrouver la flûtiste Rotraut Jäger,  le pianiste Bartek Gorny, le bassiste Marcel Suk et le batteur Omar Diadji Seydi. De 14h30 à 16h30, Rotraut Jäger anime une conférence en deux parties avec entracte pour faire partager son expérience de la flûte jazz. Très attachée à l’enseignement, elle conçoit l’apprentissage et la pratique de la technique de l’instrument comme celui d’une langue. Les flûtistes présents dans la salle seront invités à jouer un blues et à improviser en sa présence.

« Michel Legrand Stories » de Nicolas Folmer

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Nuits de Fourvière 2023 – La programmation

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Véritable un temps fort de l’été culturel de la métropole lyonnaise, les Nuits de Fourvière 2023 annoncent une programmation dense et ambitieuse. Du 31 mai au 28 juillet 2023… 2 mois pour vivre 131 représentations avec 58 spectacles de théâtre, danse, musique, opéra, cirque, dont 16 créations et premières françaises. Une affiche prometteuse !

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Henri Texier présente « Chance »

Henri Texier présente « Chance »

Une belle aubaine entre allégresse et nostalgie

Henri Texier est de retour en quintet avec un opus intitulé « Chance », en écho à celle qui lui permet « d’être toujours ici et maintenant » et « de n’avoir que peu de regrets ». Avec Sébastien Texier, Vincent Lê Quang, Manu Codjia et Gautier Garrigue, le contrebassiste délivre une musique où se croisent allégresse et nostalgie. Une aubaine que de découvrir le nouveau projet de cette figure emblématique du jazz européen.

Henri Texier

Henri Texier©Sylvain Gripoix

Deux ans après « Sand Woman », le contrebassiste et compositeur Henri Texier revient avec un nouveau projet, « Chance » (Label Bleu/L’Autre Distribution) annoncé pour le 28 février 2020.

Six lettres riches de sens pour celui qui est Inscrit depuis plus de quarante ans dans le paysage du jazz français et européen et chemine avec fidélité depuis les années 80 avec Label Bleu chez qui il a enregistré une vingtaine d’albums.

Aux côtés du leader, on retrouve la fidèle équipe de « Sand Woman » avec la souplesse expressive de Sébastien Texier (saxophone alto, clarinette, clarinette-alto), l’expression volubile de Vincent Lê Quang (saxophones ténor et soprano), les ambiances spatiales de Manu Codjia (guitare) et le jeu fluide, puissant et souple de Gautier Garrigue (batterie).

Écouter « Chance » est une aubaine. Cela permet de renouer avec l’idiome identifiable entre mille du contrebassiste, avec les couleurs profondes du chant de son instrument et son groove chargé d’émotions.

« Chance »

Henri Texier évoque lui-même ce que recouvre pour lui le titre de son nouvel album : « Chance, d’avoir pu jouer avec tant de merveilleux musiciens, d’avoir partagé avec tant d’artistes inspirés et féconds qui ont eu confiance en [lui] et {lui] ont tellement transmis…. d’avoir été et de toujours être suivi par un public chaleureux et fidèle… après toutes ces années, de n’avoir que peu de regrets… »

Sans oublier…

Les fidèles

Soucieux de n’omettre personne parmi ceux qui ont contribué à la réussite de son aventure musicale, le contrebassiste évoque ceux qui l’ont accompagné au long de ses projets discographiques et qui ont aussi été présents à ses côtés pour son nouvel album « Chance » :  « Chance, d’avoir pu mener à bien mes projets artistiques en toute liberté et en particulier mes albums fidèlement captés par Philippe Teissier Du Cros,  illustrés le plus souvent par Guy Le Querrec et mis en image par Christophe Rémy. »

Les musiciens

Parmi les éléments constitutifs de sa bonne fortune, il inclut aussi les musiciens déjà à ses côtés sur « Sand Woman », présents sur scène et sur le nouvel opus : « Chance, d’avoir pu réunir Sébastien Texier, Vincent Lê Quang, Manu Codjia et Gautier Garrigue, si brillants et inspirés musiciens grâce auxquels je peux continuer à découvrir et à explorer des territoires aux confins de cette musique si riche en émotions. »

Une prose conforme à son art musical

« Chance, d’avoir eu suffisamment d’énergie pour ressentir la liberté, l’exaltation, l’état d’apesanteur, la plénitude que procure la Musique de Jazz. »

A travers la prose qu’utilise Henri Tixier pour définir sa carrière, on perçoit l’essence même de l’art qu’il développe en musique. La juste note/le juste mot, des phrases précises qui sous-tendent l’émotion.

De nostalgie en allégresse

couverture de l'album Chance du contrebassiste Henri TexierPour vibrer aux échos « Chance », il suffit de se laisser porter de nostalgie en allégresse, au fil des ambiances lunaires ou solaires.

Le répertoire compte quatre compositions signées par Henri Texier, « Simone et Robert » pour Simone Weil et Robert Badinter & Pina B, dédié à Pina Bausch disparue en 2009, Standing Horse et Chance et quatre autres proposées par les musiciens, Cinecitta crédité à Sébastien Texier, Jungle Jig à Manu Codjia, Le Même Fleuve à Vincent Lê Quang et Laniakea à Gautier Garrigue.

Ainsi, de nouveaux paysages musicaux.se mêlent aux ambiances typiques des compositions du leader et à ses mélodies entêtantes  Ambiance onirique et mélancolique de Laniakea, échappée galactico-rock de Jungle Jig. Souvenirs nostalgiques du cinéma italien évoqués par Cinecitta et navigation éplorée sur Le Même Fleuve.

Nostalgie

La contrebasse lyrique, l’alto, la clarinette boisée et le ténor ombrageux accompagnent la nostalgie de Cineccitta que réveille le jeu dense de la batterie et  la guitare aérienne et fougueuse. Ballade introspective, dédiée à Simone Veil et Robert Badinter, Simone et Robert est gorgée du spleen que soufflent la clarinette bluesy et le ténor sentimental. La contrebasse se fait sentimentale sur les accords évanescents de la guitare.

Sur un scintillement de cymbales, les soufflants et la guitare dessinent le paysage musical onirique de Lanikea dont la ligne mélodique mélancolique à souhait s’étire vers les lignes de fuite de l’énigmatique galaxie. A la barre du bateau qui navigue sur Le même fleuve, le ténor élance un chorus céleste pour tenter d’échapper à la puissante contrebasse tellurique.

Allégresse

Sur Jungle Jig, le quintet s’ébroue dans la jungle avec une allégresse qui fait quelques détours vers des sentiers enrockés. Après le thème joué à l’unisson par l’alto, le ténor et la guitare, l’alto incisif brode un chorus ébouriffant sur une ligne de basse au swing indéfectible. Libérée, la guitare engage un solo éloquent et groovy qui entraîne la batterie dans un solo d’une rare densité. Dédié à la chorégraphe Pina Bausch, Pina B. respire l’allégresse et légèreté. Propulsée par la batterie au jeu dynamique, la clarinette s’enthousiasme. Le ténor très libre ouvre l’espace pour accueillir le chorus flamboyant de la contrebasse. ça danse dans tous les sens.

Standing Horse

Ce solo inspiré et sautillant permet de saisir l’essence même de l’art du contrebassiste. Henri Texier démontre sa maîtrise technique sur l’instrument, son modernisme et sa capacité unique à faire coexister dans son langage rythme et mélodie, l’un valorisant l’autre sans jamais l’éteindre. Du grand Texier !

Hymne à l’espérance

On se laisse enivrer par la mélodie irradiante de Chance portée par le jeu ensorcelant des tambours organiques. Les arabesques de la guitare et les notes aériennes des soufflants s’affranchissent des contraintes pour s’envoler vers l’espérance. Ce morceau porte l’empreinte singulière des compositions inscrites par Henri Texier au patrimoine du jazz européen.

Pour plonger live dans les ambiances de « Chance » et retrouver sur scène Henri Texier (contrebasse), Sébastien Texier (saxophone alto, clarinette, clarinette alto), Vincent Lê Quang (saxophones ténor et soprano), Manu Codjia (guitare) et Gautier Garrigue (batterie), RV à Paris le 21 mars 2020 à 19h30 au Café de la Danse, pour le concert de sortie de l’album.

« Michel Legrand Stories » de Nicolas Folmer

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« Michel Legrand Stories » constitue le deuxième projet de Nicolas Folmer sur la musique de Michel Legrand. A travers cet opus, le trompettiste, chanteur et arrangeur Nicolas Folmer rend hommage à l’univers musical de Michel Legrand disparu en 2019. Un album élégant aux arrangements raffinés.

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Bientôt… « Le Tigre » de Camille Bertault

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Un avant-goût électro funk avec le vigoureux Todolist!

Deux ans après le bluffant « Pas de géant », « Le Tigre » de Camille Bertault va rugir. Sur cet album annoncé pour le 17 avril 2020, la chanteuse laisse exploser son talent de compositrice et d’auteure. Sa voix agile et claire se déploie sur un nuancier qui allie avec subtilité, groove, humour et émotions. Avant de l’écouter à Paris le 27 avril 2020 au New Morning, Camille Bertault déroule une Todolist! à l’énergie vigoureuse et aux échos électro funk. A écouter de toute urgence !

Depuis qu’elle est apparue dans la sphère du jazz, Camille Bertault a suscité admiration, stupeur et questionnement dans le landernau du jazz français. Après « En Vie » (2016) et le bluffant « Pas de Géant » (2018), projet qui a tourné sur les scènes du monde entier, l’interprète, auteure et compositrice a conquis un public qui n’aime rien tant que se laisser surprendre, être étonné et vibrer à l’écoute de ses prestations passionnées bien loin des formats convenus.

Le 17 avril 2020, Camille Bertault fait rugir « Le Tigre » (Sony Music/Okeh), un album qui ravit par ses reliefs. A part un clin d’œil attendri au Prélude N°4 en mi mineur de Chopin qui lui inspire Prélude, une chanson empreinte d’une tendre nostalgie, la chanteuse ne reprend aucun titre du « Real Book », aucun standard de jazz.

L’art singulier de Camille Bertault

Sur « Le Tigre », Camille Bertault laisse libre cours à son inventivité, sa poésie, sa fantaisie. Elle fait confiance à son inspiration et en cela elle a tout à fait raison. Elle déroule les facettes multiformes de son art singulier qui se plaît à jouer avec notes et mots et à déjouer les conventions qui ne s’accordent en rien avec son tempérament expressif et spontané.

Accompagnée par le pianiste Jacky Terrasson, elle propose quatorze titres dont elle a signé arrangements et paroles et composé la musique pour neuf d’entre eux. Autour de Camille Bertault, les fidèles Christophe Minck (contrebasse) et Donald Kontomanou (batterie) sont rejoints par Minino Garaï (percussions), Stéphane Guillaume (clarinette basse, saxophone soprano) et Michael Leohnart (trompette, bugle, cor d’harmonie) aussi engagé dans la production.

Même si sa voix ne se départit pas de ses atouts techniques et virtuoses, Camille Bertault privilégie sur « Le Tigre » une approche vocale subtile et son articulation parfaite permet de saisir et d’apprécier la teneur de ses textes éloquents, poétiques, sensibles ou facétieux. Ainsi se succèdent ballades émouvantes (There’s a Bird, Je vieillis), morceaux au tempo étiré ou élastique (Dream Dream, Tous Ego, A quoi Bon), thèmes aux syncopes dépaysantes (Haiku, Je suis un arbre), titres énergiques (Todolist, Le Tube), plages groovy (Le Tigre, Ma Muse).

L’opus ouvre et se termine avec la tendre Berceuse que la chanteuse interprète en français puis en portugais accompagnée par le subtil jeu du guitariste Diego Figueiro. Deux délices absolus !

Camille Bertault en concert le 27 avril 2017 au New Morning

La chanteuse Camille Beertult à Ecully le 12 avril 2019Avec dans les oreilles le souvenir du concert solaire de Camille Bertault à Ecully, on n’oublie pas que le terrain de jeu où la chanteur excelle est la scène où elle irradie littéralement. Elle théâtralise ses textes, se meut avec aisance. Son chant échappe à la gravitation et sa complicité avec les musiciens lui permet de libérer son art et de jouer avec la musique et la poésie,

On se prépare donc à aller l’écouter à Paris pour le concert de sortie de l’album le 27 avril 2020 au New Morning.

En attendant « Le Tigre » de Camille Bertault

Pour patienter jusqu’en avril et se faire plaisir, on écoute en avant-première Todolist!, un titre de l’album à venir. Une musique énergique dont la rythmique électro funk et les arrangements nerveux donnent aussi à entendre de superbes accents cuivrés et les éclats réverbérés de la voix virevoltante de Camille Bertault. On danse à en perdre haleine pendant l’énoncé de tout ce que la chanteuse prévoir de faire… écrire, donner, se battre, parler, choisir, dormir, sourire, … et l’on ne doute pas qu’elle y parvienne !

Dans « Latins de Jazz », rendez-vous bientôt avec « Le Tigre » de Camille Bertault et une chronique approfondie de cet album délicieux.

« Michel Legrand Stories » de Nicolas Folmer

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