Hard bop sensible et poétique
Pour son cinquième album, « Sound of Eymet », le pianiste Adrien Chicot est de retour en quintet. Avec Julien Alour à la trompette, Ricardo Izquierdo au saxophone, Sylvain Romano à la contrebasse et Antoine Paganotti à la batterie déjà présents à ses côtés sur « Babyland », il présente un répertoire de titres inédits. A la fois énergique et tranquille, l’opus propose un hard bop sensible et inventif qui ne manque pas de poésie.
Après le fougueux « City Walk » (2018) et l’enchanteur « Babyland » (2021), le pianiste Adrien Chicot est de retour avec « Sound of Eymet » (Finger Snap Productions/L’Autre Distribution). Sorti le 03 mars 2023, l’album navigue entre tension et tranquillité. Il propose une musique sophistiquée dont la pluralité des climats surprend et enchante à la fois.
Phrases mélodiques et improvisations inventives des solistes se succèdent sur une assise rythmique solide. Un vrai son du groupe émerge de cet album qui témoigne de la cohésion du quintet.
« Sound of Eymet »… empreint d’une musicalité sans faille, l’album rayonne d’énergie et de fougue et calme le jeu avec des douceurs poétiques.
« Sound of Eymet »
Enregistré à l’Espace culture d’Eymet en septembre 2022 par Christophe Dal Sasso qui a aussi assuré le mixage et la masterisation, l’album « Sound of Eymet » réunit autour du pianiste et compositeur Adrien Chicot, le trompettiste Julien Alour, le saxophoniste ténor Ricardo Izquierdo, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Antoine Paganotti.
Entre une paire de souffleurs inspirés et un duo rythmique sans faille, le leader développe le large éventail de ses nuances expressives.
Le quintet présente neuf compositions inédites du leader.
Avec élégance, la musique groove. Elle s’adoucit puis s’assombrit avant de rebondir avec frénésie. Elle se libère comme en apesanteur pour voguer vers quelques détours passionnés. Un véritable concentré d’émotions.
Au fil des titres
Dans le plus pur style hard bop, l’album ouvre avec le flamboyant Chic o’clock. Le thème est exposé par les souffleurs. Le ténor improvise ensuite avec une fougue maîtrisée puis la trompette s’exprime avec frénésie, soutenue par le jeu tout en rondeur de la contrebasse. Tout en façonnant les accords avec subtilité, le piano accompagne puis part dans une improvisation lumineuse et ciselée.
Superbement arrangée, Room two est joué sur un tempo plus nuancé. Les solistes ne manquent pas d’ardeur sur leurs chorus qu’ils déroulent avec élégance. Empreinte d ‘une douce profondeur, If white keys were black révèle la délicate osmose qui règne entre les musiciens. Le piano harmonise avec délicatesse puis la trompette libère son propos et avec une relative frénésie, le groupe suspend la rêverie.
Singulier climat que celui de Rainy Day. Le titre semble flotter sur un océan de délicatesse. Il se dégage une atmosphère fusionnelle entre les musiciens qui s’expriment avec une délicatesse inouïe… osmose quasi absolue.
A partir d’un motif de contrebasse itératif et un climat de relative accalmie, l’ambiance de Searching the sound s’enfièvre. Les souffleurs se distinguent par un jeu très libre et endiablé. La contrebasse s’octroie un chorus qui bouscule la cochlée. Avec réussite, le titre conjugue les contraires.
Changement de décor avec le climat bucolique de Boubou’s bubble. La musique respire. Au-dessus des arpèges du piano, les souffleurs phrasent avec romantisme. Musique en suspension…
Au détour de la septième plage, le climat se teinte de nuances funky aux accents latino. Après l’exposition du thème qui oscille entre jazz moderne et modal, le ténor développe un jeu d’une fluidité saisissante. Son chorus virtuose étonne par sa qualité mélodique. Le solo de batterie évolue entre polyrythmie et mélodie percussive.
Une sombre mélancolie imprègne Die with the secret of the hidden treasure qui évoque une procession musicale recueillie. Après ce très court morceau, le disque se termine avec Funk for Slem. Un blues funk où le clavier dialogue avec la trompette… ça groove en diable.
Pour écouter la musique de « Sound of Eymet » présentée live par Adrien Chicot et ses comparses, rendez-vous le 01 juin 2023 à 20h30 au Studio de l’Ermitage à Paris.
« Life Letters » de Vincent Bourgeyx
Vincent Bourgeyx et son piano racontent des histoires sur son nouvel album, « Life Letters », dont la sortie est annoncée pour le 05 juin 2026. Un opus acoustique enregistré avec une rythmique de haut vol constituée du contrebassiste Daryl Hall et du batteur Gregory Hutchinson. Entre tradition et modernité, le trio élabore une musique irriguée de swing.
Michel Portal – « Quelques notes sur la liberté »
« Quelques notes sur la liberté », le film de Benjamin Delattre consacré à Michel Portal et produit par Sophie Faudel pour Mélisande Films, a été réalisé au cours des années 2021, 2022 et 2023. L’album du même nom en est la bande originale et constitue le dernier témoignage discographique de Michel Portal, ce musicien, inventeur, créateur et figure majeure du jazz et de la musique contemporaine.
Jazz Campus en Clunisois 2026 – La programmation
En Bourgogne du Sud, du 15 au 22 août 2026, le festival « Jazz Campus en Clunisois » donne rendez-vous à un large public pour vivre au rythme du jazz et des musiques improvisées. Cette année encore, groupes et musicien(n)es programmé(e)s sont le reflet de la créativité de l’héritage du jazz d’aujourd’hui. Presque exclusivement consacrée à la scène française, la programmation du festival fait la part belle à ce qui se fait de plus innovant, espiègle ou impertinent dans le jazz.