Francesco Bearzatti Tinissima 4tet signe « Zorro »…

Francesco Bearzatti Tinissima 4tet signe « Zorro »…

… de la pointe de son JaZZ avant-gardiste

Dès ses origines, le jazz s’est inscrit dans une dynamique de libération, de résistance à l’injustice. A l’occasion du centenaire de la création de Zorro, le saxophoniste et clarinettiste italien Francesco Bearzatti à la tête de son Tinissima Quartet célèbre ce justicier légendaire. Les quatre trublions avant-gardistes signent chez Cam Jazz un opus divertissant. Un jazz libéré aux ambiances joyeuses.

couverture de l'album Zorro de Francesco Bearzatti Tinissima QuartetAprès avoir célébré Woody Guthrie sur le superbe « This Machine Kills Fascists », le saxophoniste et clarinettiste italien Francesco Bearzatti revient à la tête de son Tinissima Quartet. De la pointe de son jazz avant-gardiste, il signe « Zorro » (Cam Jazz) à paraître le 13 novembre 2020.

Avec ses ambiances échevelées, l’album honore Zorro, ce héros masqué de la littérature américaine créé sous le titre « The Curse of Capistrano » par l’Américain Johnston McCulley et popularisé de 1957 à 1961 à travers une série télévisée de Walt Disney dont le générique était connu par les générations d’enfants de cette époque. Au cinéma plus de cinquante films ont glorifié le justicier masqué de 1920 où Zorro était incarné par Douglas Fairbanks dans « Le Signe de Zorro » jusqu’aux films de Martin Campbell, « Le masque de Zorro » (1998) et « La légende de Zorro » (2005) où Antonio Banderas campait le héros.

Avec une pochette qui affiche le sourire du justicier masqué, « Zorro » déborde d’une énergie joyeuse. Comme dans un film projeté en noir, blanc et rouge, le répertoire fait alterner aventures haletantes, épisodes romantiques et chevauchées soutenues. Avec Francesco Bearzatti, le Tinissima Quartet signe la musique de la pointe de ses instruments vigoureux et virtuoses.

Francesco Bearzatti

Entre rock, funk, punk et jazz, Francesco Bearzatti incarne la figure d’un artiste qui a développé un style singulier nourri par ses influences éclectiques. Honoré de nombreuses récompenses en Italie comme en France, le saxophoniste et clarinettiste a su tracer son chemin en dehors des sentiers battus et a collaboré avec nombre de musiciens de la scène jazz européenne.

Après des études musicales en Italie et un détour du côté de New York, le clarinettiste et saxophoniste italien Francesco Bearzatti intègre l’orchestre crée par Aldo Romano pour célébrer Sidney Bechet. Le musicien à la technique impeccable développe une personnalité singulière et monte le Bizart Trio avec Emmanuel Bex. Le saxophoniste explore ensuite des contrées plus rock avec le batteur Dan Weiss et le bassiste japonais Stomu Takeishi avec qui il forme les Sax Pistols. En France, Francesco Bearzatti collabore avec de nombreux musiciens de la scène jazz parmi lesquels figurent entre autres Louis Sclavis, Henri Texier, François Merville, Simon Goubert, Thierry Péala, Bruno Angelini.

Francesco Bearzatti forme un duo avec le guitariste Federico Casagrande avec lequel il a enregistré chez Cam Jazz « Double Circle » (2015) et « Lost Songs — Live at Abbazia di Rosazzo Winery » (2018). Il fait également partie intégrante des groupes d’Enrico Rava « Special Edition » et de Giovanni Guidi.

Tinissima Quartet

Dans le même temps, le musicien italien poursuit ses projets personnels dont le Tinissima Quartet fait partie. Entouré du trompettiste Giovanni Falzone, du bassiste Danilo Gallo et du batteur Zeno De Rossi, Francesco Bearzatti a consacée un premier opus au parcours de la photographe et révolutionnaire Tina Modotti, « Suite for Tina Modotti » (Parco della Musica) sorti en 2008, puis un projet consacré à Malcolm X, « X Suite for Malcolm » (Parco della Musica) paru en 2010 et ensuite, en 2013, « Monk’n’roll » (CamJazz), en hommage au génie de Thelonious Monk. En 2015, le Tinissima Quartet sort « This Machine Kills Fascists » (Cam Jazz), un hommage à la vie de Woody Guthrie.

« Zorro » (Cam Jazz) est annoncé pour le 13 novembre 2020.

Chevauchée en neuf épisodes

L’album ouvre avec Zorro qui campe avec brio la silhouette du fougueux justicier. Avec Tierra Indios, la caméra se déplace ensuite sur la terre des indiens que chantent la flûte indienne sur un motif répétitif ponctué par la batterie en guise de tambours indiens. Clap de tournage et la scène suivante campe le retour de Zorro avec en guise d’ouverture, un sifflet comme un clin d’œil à la musique des westerns Ennio Moriccone. El Regresso continue avec les soufflants qui entonnent une chansonnette joyeuse et sautillante. La trompette convoque le chevalier masqué qui enfourche le ténor de Francesco Bearzatti et galope au rythme de la batterie.

Plus loin, quelque chose semble se tramer alors que ténor et trompette soufflent la ligne mélodique introductive sobrement d’abord puis avec plus d’emphase. Pas de doute, Algo Mal évoque une mauvaise action suggérée par les éructations très libres du ténor et la tonalité dramatique qui résulte de l’expression éruptive du quartet et des divagations plaintives du ténor. Après une brève intro à la batterie, les deux vents à l’unisson exposent un thème aux allures bop. L’aventure se poursuit avec Bernado sur un rythme haletant que le ténor adopte sur une ligne de basse continue. Mordante, la trompette entre en jeu et donne la réplique au ténor poussé par une batterie énergique. Le dialogue continue jusqu’au retour du thème bop qui boucle la scène.

Place ensuite à un épisode qui met en scène Sargento Garcia campé par le tuba de Danilo Gallo. Sur cette plage fantaisiste au possible, le jeu de Francesco Bearzatti à la clarinette se fait ludique. Avec la trompette de Giovanni Falzone au jeu truculent, elle entreprend un dialogue moqueur et farfelu qui devient conflictuel jusqu’à ce que le tuba intervienne et calme leur jeu endiablé.

Dans la scène suivante, la clarinette de Francesco Bearzatti entonne une douce romance en l’honneur de la tendre Lolita, amie de cœur de Don Diego. Trompette et clarinette improvisent avec lyrisme au décours d’une mélodie séduisante. Le film continue sur un mode plus tonique puisque Zorro enfourche son cheval, le noir Tornado. La rythmique tempétueuse fait résonner des riffs débridés sur lesquels trompette et ténor soufflent à perdre haleine. La musique enivrante suggère la course du destrier à travers des paysages nocturnes qui défilent à perte de vue. Pour finir, El Triunfio Del Zorro reprend le thème d’ouverture sur un rythme plus serein. Le voyage musical effervescent se termine avec une scène où ténor et bugle annoncent le triomphe de Zorro. La chevauchée se termine en beauté.

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Keith Jarrett sort « Live in Budapest »

Keith Jarrett sort « Live in Budapest »

Maître absolu de l’impro piano solo

A 75 ans, le pianiste Keith Jarrett sort un opus inédit intitulé « Live in Budapest ». Publié chez ECM, ce double album restitue la teneur d’un récital capté en 2016 au Béla Bartók National Concert Hall lors d’un récital donné dans la capitale hongroise. Une plongée dans le monde unique de Keith Jarrett devenu le maître absolu de l’improvisation en piano solo.

Sorti le 30 octobre 2020, le double album de Keith Jarrett, « Live in Budapest » (ECM/Universal) amortit par son indicible beauté l’impact de la nouvelle annoncée au New York Times par le pianiste, en l’occurrence, son potentiel retrait de la scène suite à deux accidents vasculaires cérébraux intervenus en février et en mai 2018.

Depuis 45 ans Keith Jarrett a contribué à redéfinir la place du piano dans la musique contemporaine en alliant dans son expression jazz, classique et traditions ethniques. En 2020, son légendaire enregistrement « The Köln Concert » (ECM/Universal) a célébré son 45ème anniversaire et figure au sommet des enregistrements de piano solo vendus dans l’histoire du jazz.

Après avoir annoncé en 1998 qu’il était atteint du « syndrome de fatigue chronique », le pianiste a ensuite repris des forces et enregistré dans son home studio de superbes ballades gravées sur le sublime « The Melody at Night, With You ». Tel un phœnix, en 1998, il a ensuite retrouvé sur scène son légendaire trio avec le batteur Jack DeJohnette et le contrebassiste Gary Peacock, récemment disparu (04 septembre 2020). En mars 2018, le label ECM a sorti le lyrique et sensible « After the Fall » (ECM/Universal) enregistré à Newark (New Jersey) le 14 novembre 1998 au New Jersey Performing Art Center.

« Live in Budapest »

couverture de l'album Budapest Concert de Keith JarrettAvant le concert de 2016 gravé sur « Live in Budapest », Keith Jarrett s’était produit quatre fois au Béla Bartók National Concert Hall de Budapest. La grand-mère maternelle du pianiste était hongroise, il a joué la musique de Bartók dès son plus jeune âge et, comme il l’explique au public, il lui a toujours voué une vive admiration. Les conditions étaient réunies pour que le concert se présente sous les meilleurs auspices.

Sur « Live in Budapest », quelques pièces sont empreintes des atmosphères sombres propres à Bartók et à d’autres compositeurs hongrois. Part VI irradie par la fougue de son toucher alors que Part IX et Part X convoquent un registre plus contemporain aux résonances ombrageuses et interrogatives.

D’autres ballades comme Part V, Part VII et Part XI touchent par leur dimension sensible et lyrique. Après un Part XII blues « bien tempéré » improvisé dans la plus pure tradition de ce style, le pianiste déploie son talent et offre en rappel It’s A Lonesome Old Town et Answer Me, deux titres que Keith Jarrett transfigure en rêveries délicates et poétiques.

Keith Jarrett a confié qu’il considérait « Budapest Concert » comme l’étalon-or de ses performances actuelles, l’œuvre de référence par rapport à laquelle tous ses autres enregistrements en solo devaient être mesurés. De fait, ce double album constitue une réussite absolue à écouter pour s’immerger dans le monde de cet improvisateur unique.

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« Kissed by the mist » par Giorgio Alessani

« Kissed by the mist » par Giorgio Alessani

Crooner dans la brume

La voix embrumée de Giorgio Alessani swingue avec aisance sur les dix pistes de « Kissed by the Mist ». Une section rythmique et une section de cuivres issues de la scène jazz française actuelle, un orchestre symphonique… et le tour est joué, un nouveau crooner est né. Sans s’aventurer ni dans les aigus ni dans les graves, le chanteur façonne le registre médium avec souplesse et sans jamais forcer. Textes, mélodies et arrangements tissent la trame d’un délicieux album où vibrent les émotions.

Après « Semplici Parole » et « Sweet Innocence », Giorgio Alessani propose « Kissed by the mist » (Label Quart de Lune/Idol/UVM) sorti le 25 septembre 2020. Sur les textes du poète new-yorkais Cédric McClester, la voix du chanteur évoque et incarne tous les états d’âme qui fondent la vie… tristesse, désespoir, joie de vivre, amour.

Un savoureux album de jazz aux harmonies contemporaines, aux arrangements rutilants et au swing entraînant.

« Kissed by the Mist »

Avec la complicité de la coach vocale Michele Hendricks, le pianiste et chanteur Giorgio Alessani qui a quitté Rome à 22 ans pour s’établir à Paris, interprète ses propres compositions.Couverture de l'album Kissed By The Mist de Giorgio Alessani

Il est entouré du pianiste Cédric Hanriot, du contrebassiste Diego Imbert et du batteur André Ceccarelli, d’un superbe orchestre symphonique, le Star Pop Orchestra dirigé par Christophe Eliot et d’une section de cuivres composée de Bastien Ballaz (trombone), Cédric Ricard (saxophone et flûte) et David Enhco (trompette et bugle). Le guitariste Allen Hinds accompagne le chanteur sur 50 Shades of Blue et le saxophoniste Christophe Gauthier développe un solo lumineux et concis sur Nothing has Changed.

Tous les arrangements pour orchestre de cordes et cuivres ont été confiés à Jean Gobinet qui avait aussi réalisé ceux du film « The Artist », hormis ceux de A Place To Belong à créditer à Stefano Nerozzi et Giorgio Alesssani lui-même.

Au fil des plages

« Kissed by the Mist », un savoureux mélange de swing, soul et funk.

La voix de Giorgio Alessani se fait feutrée et énergique sur Blood In The Water. La voix au ton chaleureux rebondit sur l’arrangement ciselé de Not Much Has Changed et glisse sur les notes sans jamais les attaquer de front.

Sur la ballade Eventually à laquelle la trompette bouchée de Jean Gobinet insuffle un groove délicat, le timbre de la voix joue sur le velours et semble parfois gémir. Loin de celles du gris, les 50 Shades of Blue sont propulsées sur un tempo funk et la voix plus emphatique se plaît à rugir, soutenue par le big band rutilant où la flamme du ténor Cédric Ricard fait merveille. C’est dans le registre caresse et feeling que s’exprime le chanteur sur le (presque trop) lyrique How Many Ways Are There To Say I’m Sorry.

Ballade interprétée par la voix accompagnée du seul piano, I Now Regret suggère la peine et les remords. On se laisse convaincre par Do I Think About You Every Now And Then où la voix poignante gorgée de swing en suspension entre en osmose parfaite avec le piano au jeu délicat. Les arrangements de la section de cordes participent à créer un écrin harmonieux d’où émergent les aigus précis de la flûte de Cédric Ricard.

Un peu trop chargée en mélancolie, A Place to Belong pourrait accompagner la projection d’une série larmoyante. On préfère le tempo plus soul du titre I Used to Play Around qui conte une belle romance. L’album se termine par le titre éponyme Kissed by the Mist et que l’on aurait volontiers écouté en ouverture. Avec une orchestration riche en couleurs et un piano volubile, la voix du crooner développe l’ensemble de ses atouts dont le charme n’est pas le moindre.

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Dexter Gordon – « Montmartre 1964 » (Storyville Records)

Dexter Gordon – « Montmartre 1964 » (Storyville Records)

Lyrisme et audace

Le 06 novembre 2020, le Label Storyville Records propose « Montmartre 1964 », un album inédit de Dexter Gordon capté en direct en juillet 1964 au Jazzhus Montmartre. Le saxophoniste joue avec le trio composé du contrebassiste Niels-Henning Ørsted Pedersen, du batteur Alex Riel et du pianiste Tete Montoliu. Ce merveilleux opus témoigne de la maîtrise du jeu de ce géant du ténor au lyrisme confondant et à l’expression audacieuse. Un souffle de félicité venu de l’âge d’or du jazz danois.

Montmarte 64 - Storyville RecordsÉcouter « Montmartre 1964 » (Storyville Records) offre le privilège d’accéder aujourd’hui à la musique savoureuse dispensée par Dexter Gordon (1923-1990) en juillet 1964 au Jazzhus Montmarte de Copenhague. Installé au Danemark de 1962 à 1965, le saxophoniste ténor américain Dexter Gordon, occupait alors une place phare sur la scène jazz danoise de l’époque.

Durant l’été 1964, le saxophoniste faisait salle comble tous les soirs avec le pianiste catalan Tete Montoliu et les Danois Niels-Henning Ørsted Pedersen (NHOP) à la contrebasse et Alex Riel à la batterie. Le 06 novembre 2020, le label Storyville Records propose un album inédit capté en direct 1964 le 20 et 28 juillet 1964 au club Jazzhus Montmartre.

Dexter Gordon

Géant au propre, il mesurait 1m98, comme au figuré, avec une carrière studio et sur les scènes internationales étendue sur plus de 50 ans, ce maître de la ballade fut l’un des premiers saxophonistes ténor à adapter le langage bop de Charlie Parker, Dizzy Gillespie et Bud Powell.

Son lyrisme prodigieux s’abreuve aux sources de la musique de Lester Young mais sa sonorité puissante et son discours audacieux alimentent des improvisations ébouriffantes qui avaient un impact énorme, tant sur les musiciens que sur le public. En 1962, son arrivée sur la scène jazz danoise a fait grande impression. Au cours de l’été 1964, NHOP, Alex Riel et Tete Montoliu jouaient avec Dexter Gordon tous les soirs. « Montmartre 1964 » se compose d’enregistrements inédits captés en direct les 20 et 28 juillet 1964.

Après avoir retrouvé les scènes new-yorkaises, en 1976, Dexter Gordon a campé le rôle principal du film « Autour de Minuit » (1986) de Bertrand Tavernier et a été nommé membre et officier de l’Ordre des arts et des lettres par le ministère de la Culture de France.

Au fil des pistes

Avec le solo virtuose du tout jeune NHOP tout juste âgé de 18 ans sur King Neptune, on est transporté dans la nuit du 28 juillet 1928. L’ambiance effervescente du club est palpable d’emblée et cela s’amplifie encore après une puissante intervention de Dexter Gordon au ténor. En pleine possession de son art, Dexter est bien le Roi Neptune des lieux.

C’est ensuite la voix de Dexter Gordon qui ouvre Big Fat Butterfly de Eddie Barefield et Saunders King. Le leader continue au ténor. De son timbre acéré, il développe son discours musical impérieux empreint de bop dans un style direct qui coule avec limpidité et va en crescendo. Il galvanise le pianiste Tete Montoliu dont le style inspiré de Tatum et Powell possède un toucher percussif et une articulation très nette. Il truffe ses phrases de traits rapides. Après un solo nourri de Niels-Henning Ørsted Pedersen, Dexter Gordon reprend son chant et termine le morceau.

Le répertoire se poursuit avec Manha de Carnival, la superbe bossa nova écrite par Luiz Bonfa pour le film « Orfeo Negro ». La sonorité chaleureuse et virile du ténor fait merveille. Son phrasé se développe avec ses accentuations typiques et de beaux glissandos dans les aigus. Sur le tempo latin, Dexter Gordon toujours en arrière du temps, impulse un swing constant. Le piano truffe son discours de citations et fait des escapades hors champ mais aucun risque de sortie de route car le magistral contrebassiste balise le tempo avec une assurance peu commune.

Dexter Gordon attaque ensuite le thème de Sonny Stitt, Loose Walk. Il empoigne ce morceau de bop avec un phrasé plus tendu, une sonorité plus rude et maintient la tension par un solo crescendo de 3’54. Avec véhémence, il anime son improvisation et la truffe de citations et de growls rugissants. Stimulés, piano et contrebasse s’en donnent à cœur joie et offrent des solos somptueux soutenus par le beat solide qu’assure Alex Riel sans faillir.

Après avoir présenté les musiciens de sa voix grave et nonchalante, Dexter Gordon ouvre la séance du 20 juillet 1964 avec son thème I Want More. Toujours au sommet de son art, le saxophoniste déroule le thème avant de s’investir dans une improvisation de 2’24 où, avec une grande intelligence mélodique et harmonique, il développe son discours hard bop imparable. Il crée une tension palpable et jubilatoire qui imprègne l’inspiration du piano, du contrebassiste et alimente la vigueur des 4/4 échangés avec le batteur.

Le contraste est grand avec le titre suivant, Misty. L’occasion pour le saxophoniste de démontrer son talent d’interprète sur cette ballade voluptueuse. A l’écoute de sa sonorité langoureuse, on se prend à rêver aux volutes de fumée de sa cigarette qui s’enroulaient autour de son ténor, tout au long de son interprétation chargée d’une douce mélancolie et d’une grâce absolue. L’opus se conclut avec Cheese Cake, une composition originale de Dexter Gordon. Sur un rythme tonique, le discours musical du saxophoniste imprégné de hard bop développe avec ardeur une improvisation audacieuse portée par le swing imparable qu’impulsent les talentueux accompagnateurs et improvisateurs inscrits dans la dynamique lumineuse du leader.

« Montmartre 1964 » (Storyville), un album inédit à découvrir pour pénétrer par la grande porte dans le monde de ce géant du jazz que fut le saxophoniste Dexter Gordon.

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Fonnesbæk & Kauflin – « Standards » (Storyville Records)

Fonnesbæk & Kauflin – « Standards » (Storyville Records)

Swing, musicalité et virtuosité

Le label Storyville Records annonce pour octobre 2020, la sortie de l’album « Standards » enregistré par Fonnesbæk & Kauflin. Le contrebassiste et le pianiste s’expriment dans un langage qui leur est commun et dialoguent de manière fusionnelle. Le répertoire compte neuf standards issus de l’héritage des grands compositeurs de jazz du XXème siècle. De l’album se dégage un swing irrésistible, une virtuosité absolue et une musicalité inouïe.

Standards par Fonnesbæk & KauflinL’album « Standards » publié en octobre 2020 par le label indépendant Storyville Recordsse compose de neuf thèmes composés par les légendaires Billy Strayhorn, Duke Ellington, Irving Berlin,Thelonious Monk, Bud Powell, McCoy Tyner, Benny Golson, Oscar Peterson et Cole Porter.

Enregistré au Studio Nilento à Gothenburg (Suède) les 14 et 15 juin 2017 par le contrebassiste Thomas Fonnesbæk et le pianiste Justin Kauflin, le disque reprend Nigerian Marketplace d’Oscar Peterson et All Right With Me de Cole Porter qui figuraient au répertoire de leur album « Synesthesia » (2017) lequel comptait principalement leurs compositions originales hormis For No One de Lennon-McCartney.

On est séduit d’emblée par le swing qui se dégage de l’album « Standards ». La conversation musicale des deux artistes revitalise, quelques standards, ces morceaux d’anthologies écrits par des musiciens et compositeurs du pantheon du jazz. Précis et bien articulé, le jeu du pianiste interpelle par son élégance et son discours enjoué. Avec une souplesse féline et une grande assurance rythmique, le contrebassiste mallaxe la matière sonore et fait preuve d’une grande agilité mélodique.

Thomas Fonnesbæk

Né en 1977, le contrebassiste et compositeur danois Thomas Fonnesbæk s’inscrit dans la droite ligne du légendaire Niels-Henning Ørsted Pedersen (NHOP). Sous son nom, chez Stunt Records il a gravé entre autres, « Eeg-Fonnesbæk » (2015) avec Sinne Eeg mais aussi « Groovements » avec Aaron Parks, « Blue Waltz - Live at Gustav’s » avec Enrico Pieranunzi et bien d’autres albums. Sous le label Storyville, il a enregistré avec Christian Sands et Alex Riel (batterie) l’album « Take One - Live at Montmartre » sorti en 2014.

Justin Kauflin

Né en 1986, à Silver Spring, le pianiste, compositeur et producteur de jazz new-yorkais, Justin Kauflin, a commencé à jouer du jazz professionnellement à l’âge de 15 ans. En 2004 il devient membre du « Clark Terry Ensemble » puis a suivi les enseignements de Mulgrew Miller et Harold Mabern. En 2008, il s’installe à New York et à 23 ans, il sort son premier album « Introducing Justin Kauflin ». En 2011 il est demi-finaliste au Concours international de piano jazz Thelonious Monk. Le talentueux pianiste est aujourd’hui signé chez Quincy Jones.

Il apparaît dans le film documentaire de Alan HIcks, « Keep On Keepin’ On » (2014). Tourné sur 5 ans, le film brosse le portrait intime de deux hommes remarquables, un jeune étudiant de 23 ans, Justin Kauflin, qui se bat contre sa singularité et son mentor, légende du jazz âge de 89 ans, Clark Terry, qui lutte pour sa survie.

Impressions

La tentation est forte de louer la musicalité du pianiste et la virtuosité du contrebassiste mais il importe tout autant d’évoquer la maîtrise du clavier et l’expressivité des cordes. Dans leur langage commun, Fonnesbæk & Kauflin dialoguent de manière fusionnelle Leurs improvisations s’inscrivent avec fluidité après l’exposition des thèmes, tout est joué avec souplesse. Ensemble, les deux musiciens devisent joyeusement sur les standards composés par leurs aînés dont ils honorent l’héritage.

Les différents thèmes choisis alimentent leur inspiration et leur permettent de sublimer la mélodie dans une quête de perfection qui laisse pantois.

Sur les titres de Bud Powell, Duke Ellington, Mc Coy Tyner, Monk, le discours de ce duo se fait complexe et se distingue par une densité et une brillance peu communes. A chaque improvisation, ils font preuve d’un feeling palpable, comme si la musique émergeait d’eux de manière irrépressible. Par leur toucher, ils transforment l’essence classique de ces standards qu’ils affectionnent et parviennent à transcender les modes et les styles successifs du jazz pour exploiter les richesses inépuisables du piano et de la contrebasse.

Leur dialogue véloce parvient à l’oreille comme à travers un jeu de miroirs sonores. Slaloms, dérapages, paraphrases, changements de vitesse, de tempo deux virtuoses rendent ces standards lumineux, joyeux et ludiques. Tout en respectant la structure traditionnelle des standards, Fonnesbæk & Kauflin font preuve d’une imagination intarissable et d’une palette harmonique inépuisable et contemporaine. Sur Take the A Train de Billy Strayhorn et sur Inception de McCoy Tyner, on perçoit leur goût pour la phrase bouillonnante. Sur les ballades, In a sentimental Mood et Round Midnight, leur toucher délicat fait merveille. Leur sensibilité se fait bluesy sur Nigerian Market d’Oscar Peterson.

Sur la contrebasse, Thomas Fonnesbæk combine une maîtrise technique et un sens du rythme peu communs avec une sensibilité mélodique et harmonique. Décontracté et élégant, le jeu de Justin Kauflin allie la simplicité à l’habileté, la finesse d’un toucher précis et élégant à une décontraction ludique. Une magnifique symbiose règne entre Fonnesbæk & Kauflin qui perpétuent et magnifient un jazz immortel.

Rhino Jazz(s) Festival 2023 – La programmation

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Du 01 au 22 octobre 2023, le Rhino Jazz(s) Festival 2023 reste fidèle à la recette qui a fait son succès… exigence, coexistence de nouveaux artistes et de talents déjà reconnus, propositions musicales variées, lieux d’accueil multiples. Cette 45ème édition mèle tous les genres musicaux constitutifs du jazz… un soupçon de blues, une pincée de rock, un brin de soul, une larme de pop, une pointe d’émotion… sans oublier du groove à gogo !

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Jazz Campus en Clunisois 2023 – Shabda

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Le 25 août 2023, Jazz Campus en Clunisois 2023 propose un double plateau sur la scène du Théâtre les Arts de Cluny. En ouverture et en solo, le batteur Simon Goubert fait chanter « Le Matin des Ombres » puis, à la tête de son quartet, le saxophoniste Sylvain Rifflet s’adresse « Aux Anges » et invite le public à les rejoindre dans un monde électroacoustique tourmenté. Contrastée, cette surprenante soirée fait alterner et grondements et tourbillons sonores.

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Stracho Temelkovski signe « The Sound Braka »

Stracho Temelkovski signe « The Sound Braka »

Album aux ambiances festives et hypnotiques

Le multi-instrumentiste, improvisateur et beatboxer, Stracho Temelkovski signe son premier album « The Sound Braka ». Aux confluences du jazz, des musiques improvisées et des musiques du monde, l’album réunit autour du leader ses « frères de son ». Des formations à géométrie variable proposent des musiques issues des cultures populaires orales et des musiques savantes. Entre ambiances festives et hypnotiques se crée une alchimie naturelle. Un univers musical aux accents universels où les rythmes frénétiques des Balkans croisent des poésies jazzy. Un album singulier chargé d’humanité.

Stracho Temelkovski signe The Sound Braka_couverture de l'albumAvec « The Sound Braka » (Musika Songes/MDC/PIAS) annoncé pour le 30 octobre 2020, le musicien Stracho Temelkovski signe un opus qui condense et magnifie les patrimoines musicaux des Balkans, de la Méditerranée et l’Orient (proche et extrême), des faubourgs de Buenos Aires et le jazz. Ce disque est l’aboutissement d’un véritable processus de maturation.

Il a pris sa forme actuelle lors d’une résidence de création à l’Amphi Jazz de l’Opéra de Lyon en mai 2018 à laquelle Stracho Temelkovski a convié ses « frères de son », tous virtuoses et complices, pour créer ensemble un répertoire unique.

Du solo à l’octet, Stracho Temelkovski partage ses aventures musicales avec des artistes venus de différents horizons et avec eux, il trace sa route entre jazz, harmonies balkaniques, latines et orientales, rythmes asymétriques et sons urbains. Basée sur l’échange la musique de « The Sound Braka » possède des vertus essentielles. Elle respire et apporte la preuve que les échanges sont porteurs de fraternité et fédèrent au-delà des différences culturelles. Elle réconforte et dynamise.

Stracho Temelkovski

Autodidacte, Stracho Temelkovski possède une formation musicale basée sur l’échange, les rencontres et la transmission orale. Virtuose et sensible, Stracho Temelkovski passe avec une aisance déconcertante de la basse à la mandole, de la viola à la guitare électrique et pratique aussi percussions et beatbox. Du pays de ses origines, la Macédoine, il emprunte les sons envoûtants, les rythmes asymétriques et la ferveur des fanfares instrumentales des Balkans.

Stracho Temelkovski signe "The Sound Braka"

Stracho Temelkovsk©Laurie Diaz

Né à Grenoble dans une famille macédonienne, Stracho Temelkovski a appris tout jeune les rudiments de la guitare électrique, de la basse, des percussions, du sampling et de la programmation. Avec son premier groupe « Kassinga » fondé à 15 ans, il mêle avec sonorités jazz-funk et dub auxquelles il ajoute une touche orientale.

En 2003, il remplace au pied levé le bassiste de jazz américain Steve Swallow sur un projet du musicien et poète Antonio Placer, avec lequel il développe la polyvalence instrumentale qui deviendra sa véritable signature. Cette collaboration se poursuit sur « The Sound Braka », où les deux compositeurs co-signent deux titres, La mélo doucha man et Manzanilla.

Stracho Temelkovski a aussi collaboré avec Gnawa Diffusion, MIG (avec Djazia Satour) et le pianiste Omar Sosa dont il a assuré fin 2015, la première partie d’un concert près de Grenoble. Leur rencontre crée des liens musicaux complices qui débouchent sur trois concerts en duo. Le troisième est enregistré et donne lieu à la sortie de « Live in Seynod », un EP digital sorti en juillet 2020. Amateur de danse contemporaine, Stracho Temelkovski s’est également associé à des chorégraphes (François Veyrunes, Sylvère Lamotte) pour lesquels il compose et interprète la musique de leurs spectacles.

Stracho Temelkovski signe "The Sound Braka"_photo©Laurie Diaz©

Stracho Temelkovski©Laurie Diaz

Connaisseur des musiques actuelles, Stracho Temelkovski crée un pont entre les musiques savantes et les musiques traditionnelles et populaires. Ses influences se situent entre « Bach, Dr Dre, Prodigy, Django Reinhardt , Paco de Lucia et Daft Punk ». Il aime à croiser les expériences avec des artistes venus d’autres horizons, comme les conteurs Louis Soret et Melisdjane Sezer, le pianiste Jean-Marie Machado et son Orchestre Danzas, le flûtiste Joce Mienniel dont la création « Babel » réunit des musiciens traditionnels venant de Syrie, d’Italie, du Pakistan, de Macédoine, de Belgique et de France.

Très impliqué dans le tissu associatif local, il manifeste un fort intérêt pour la médiation culturelle. Il intervient auprès des scolaires et dans les quartiers et a animé des ateliers en milieu carcéral. Il a réalisé des sessions en prison et découvert le beatbox via un jeune détenu, Mourad. Par ailleurs, dans une prison pour femmes, il a rencontré une détenue originaire du Cap-Vert qui « est venue lire des poèmes écrits sur un cahier pour ses enfants » alors qu’il jouait une samba à la guitare acoustique. Cet échange chargé d’humanité lui a inspiré le climat à la fois oppressant et joyeux de « Saudade des Baumettes », un des titres de l’album « The Sound Braka ».

Guitariste, percussionniste, compositeur et arrangeur, Stracho Temelkovski évoque sa musique « viscérale » comme « un chant de cordes et de percussions » qui « prend sa source dans les Balkans et se nourrit d’autres sonorités, celles de [s]a réalité. Les sons se rencontrent et dialoguent, entre Orient et Occident, ils sont le reflet de [s]on identité. Fruits d’une culture hétéroclite, ils rappellent que [s]es racines ont aussi poussé dans le bitume. Ce cheminement est intuitif, il [l]’amène à jouer des mélodies improvisées et hypnotiques. En privilégiant le sens et l’instant, il semble que le temps ait une autre valeur, comme affranchi de toutes cadences inhumaines. »

« The Sound Braka »

L’origine du projet part du spectacle solo puis du trio avec Jean-François Baëz (accordéon) et Jean-Charles Richard (saxophones) qui s’est étoffé en studio en quintet et en sextet sur les deux derniers jours de l’enregistrement

Ainsi Stracho Temelkovski (basse, mandole, daf, bendir, cymbale et udu, beatbox, guitares) partage son répertoire avec ses « frères » musiciens, Jean-François Baëz, Jean-Charles Richard, Ashraf Sharif Khan (sitar), Jean-Marie Machado (piano), Antony Gatta (percussions). Sur six titres, il convie d’autres complices, Aziz Maysour (guembri), François Thuillier (tuba), Shyam Goswami (chant), Iyad Haimour (flute ney), Fred « Brain » Monestier (synthétiseur) et Pascal Messaouidi (additional sound design).

Hormis les deux titres conçus avec Antonio Placer, Stracho Temelkovski signe les six autres morceaux de l’album dont les mélodies lui viennent « en connection avec son vécu ». Enregistré au studio La Buissonne et à la Bobine de Grenoble, « The Sound Braka » est produit par Stracho Temelkovski and Fred « Brain » Monestier. Son visuel a été réalisé en collaboration avec Laurie Diaz qui a pris des photos sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon et avec Julien Blanchet responsable d’un design, élégant, épuré et accessible.

Voyage au fil des titres

Le guembri, la basse et la guitare entament Du dernier au premier soupir avec une mélopée répétitive orientale entrecoupée de voix urbaines. Telle une prière envoutante, elle se densifie avec l’entrée du sitar, de la flûte ney, des percussions. C’est ensuite au soprano de Jean-Charles Richard d’entrer en scène. Ses circonvolutions spiralées débordantes de vitalité sont soutenues par le piano de Jean-Marie Machado et l’accordéon de Jean-François Baëz. Leurs improvisations jazz font respirer la mélodie.

Le répertoire se poursuit avec Saudade des Baumettes qui ouvre par la mélodie jouée à l’unisson par la basse, piano, saxophone et accordéon alors que le leader fait aussi résonner ses percussions vocales. Les sonorités orientales évocatrices de l’écriture de Rabih Abou-Khalil croisent de nostalgiques rythmes argentins. Comme porté par un tapis volant, le soprano aérien virevolte et avec le sitar d’Ashraf Sharif Khan ouvre la porte qui mène à la libération. Avec Gipsy, le voyage musical se poursuit entre un rythme salsa tenu par le piano et des sonorités de fanfare balkanique que soutient le tuba de François Thuillier. L’accordéon s’en donne à cœur joie sur le riff du baryton qui s’emballe avant de laisser s’exprimer le sitar exalté. Un délice que cette musique frénétique aux accents universels !

Le climat se fait plus nostalgique avec La Mélo Doucha Man. L’accordéon introduit la complainte, relayé ensuite par le sitar puis par le soprano qui s’évade dans les aigus. Sur une rythmique complexe, la mélodie est portée par l’ensemble des instruments bouillonnants rejoints par le tuba. Débuté sur un tempo de tango argentin, Manzanilla s’évade ensuite vers l’orient avec la flûte ney puis le baryton lyrique la rejoint et tous réunis, les musiciens convient la musique à s’enfiévrer comme le font si bien les fanfares balkaniques.

Plus loin, sur Le miel de la vie, piano et baryton entament une berceuse qui se transforme peu à peu en une offrande spirituelle portée dans un premier mouvement par le sitar. La basse et les percussions s’impliquent puis l’accordéon prend le relais avant que le baryton n’invite ses compères à festoyer au son des ardents rythmes balkaniques. Place ensuite à Make Dunia. Sur un motif réitératif de la basse ponctué par le beatbox, soprano, guembri, accordéon et sitar chantent la mélodie alors que percussions et tuba ne s’en laissent pas conter. Une véritable invitation à danser en rondes ouvertes !

L’album se termine avec Odimé Siné. Cette composition réalise une véritable alchimie entre la musique orientale traditionnelle exprimée par le piano, le sitar et la voix de Shyam Goswami et les improvisations jazz du sitar et du soprano fougueux et aérien.

Avec « The Sound Braka », Stracho Temelkovski signe un opus dont les atmosphères festives et hypnotiques incitent autant à la danse qu’à la réflexion. Un modèle réussi de coexistence entre les musiques populaires et les musiques savantes. Une invitation à développer une écoute ouverte et à porter un regard bienveillant sur la pluralité culturelle. Un disque porteur d’un humanisme tempéré qu’il fait bon partager largement.

Plusieurs concerts se profilent pour écouter la musique de « The Sound Braka ». RV le 04 Décembre 2020 à 22h30 au Foyer Méditerranée à Juan-Les-Pins (06) dans le cadre du Jammin’Juan Festival avec le trio de Stracho Temelkovski (basse, mandole, viola, percussions, beatbox) qui réunit à ses côtés Jean-François Baëz (accordéon) et Jean-Charles Richard (saxophones). RV le 09 Décembre 2020 à 20h à Paris (75) au Bal Blomet, où Ashraf Sharif Khan (sitar) rejoint le trio du leader. RV aussi le 16 Décembre 2020 à 20h30 à La Source - Fontaine (38) dans le cadre du festival Les Détours de Babel Festival où Stracho Temelkovski propose un feu s’artifice musical avec le quartet qui accueille Jean-Marie Machado (piano) et Iyad Haimour (flûte ney). Pas question de bouder son plaisir !

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