Eric Le Lann et Paul Lay présentent « Thanks A Million »

Eric Le Lann et Paul Lay présentent « Thanks A Million »

Conversation musicale complice

« Thanks A Million » réunit Eric Le Lann et Paul Lay autour de la musique de Louis Armstrong. Le trompettiste et le pianiste unissent leurs expressions pour dire leur gratitude à cette figure légendaire et fondatrice du jazz. La conversation du duo fait résonner les échos du passé dans un univers moderne et élégant.

Une génération sépare le trompettiste Eric Le Lann du pianiste Paul Lay qui ont déjà joué ensemble dans le quartet du premier. Ils poursuivent aujourd’hui leur collaboration en duo sur l’album « Thanks A Million » (Gazebo/L’Autre Distribution) annoncé pour le 19 octobre 2018.

Le titre de l’opus reprend celui d’un morceau que Louis Armstrong jouait et aussi celui d’un disque que le fameux trompettiste a sorti en 1935 avec son orchestre.

« Thanks A Million »

Sur « Thanks A Million », Eric Le Lann et Paul Lay couverture de l'album "Thanks A Million" de Eric Le Lann et Paul Layexplorent quelques grands thèmes marqués à jamais par l’empreinte de Louis Armstrong. Cette figure de légende incomparable doit son succès, non à ses compositions plutôt rares mais à son jeu et à ses improvisations qui ont fondé son style.

Les duettistes font le choix de revisiter des titres qui ont marqué les années trente. Si quelques titres emblématiques de l’œuvre d’Armstrong figurent sur l’album  comme Dinah, Mack the Knife ou St. James Infirmary d’autres pièces moins connues sont au répertoire ainsi que Louison et Farewell to Louis, deux titres originaux composés par Eric le Lann pour le premier et par Paul Lay pour le second, tous deux dédiés au légendaire trompettiste néo-orléanais.

La direction artistique de l’album qui  sort sous le label Gazebo est assurée par Laurent de Wilde.

Duo trompette-piano

Eric le Lann et Paul Lay

Eric le Lann et Paul Lay©SimonTailleu

Eric Le Lann est familier du duo trompette-piano. Pour mémoire il a gravé « Trois Heures du Matin » (Twins/WMD) en 1996 avec le pianiste Michel Graillier et « Portrait in Black and White » (Plus Loin Music) en 2009 avec Martial Solal. En 2018, sur « Thanks A Million », sa trompette s’allie avec le piano de Paul Lay.

Les pistons de la trompette d’Eric Le Lann ont phrasé be-bop mais cette fois ils vibrent de la musique qu’il écoutait enfant lorsqu’il avait sept ans sur les 78 tours de son père et découvrait la musique d’Armstrong qu’il a joué ensuite jusqu’à l’âge de 15 ans.

Quant à Paul Lay il s’est penché sur la musique de Jelly Roll Morton et celle d’Earl Hines et … comme le jeune pianiste le dit, « qui dit Earl Hines dit Armstrong » puisqu’ils ont joué ensemble à de nombreuses reprises.

Ainsi réunis autour de la musique d’Armstrong le duo complice muse et s’amuse sur un répertoire qui saisit par son climat ludique et moderne.

Dix titres dédiés à Louis Armstrong

Certes un prisme vintage teinte les plages de l’album qui actualise pourtant avec modernité les mélodies sculptées par la trompette sur le fil harmonique et rythmique que déroule le piano.

L’album ouvre avec Dinah, que Satchmo jouait en hommage à Dinah Washington. Le discours élégant et ciselé de la trompette est accompagné par un piano qui regarde du côté stride en direction de Fats Waller mais se teinte de modernité. La sourdine sèche de la trompette et la caresse délicate du piano teintent Mack The Knife d’une mélancolie qui sied à la ballade de Kurt Weil.

Après avoir exposé avec sobriété le thème de Jubilee, la trompette déroule une improvisation au swing mordant qui laisse ensuite place à un solo moderne que le piano teinte de fantaisie. Joué en 1928 par le second Hot Five de Louis Armstrong, Tight like this est revisité par le duo. L’expression ample et éclatante de la trompette est accompagnée par le piano dans un style hérité d’Earl Hines. De riches subtilités harmoniques émaillent le chorus moderne de piano.

Le duo adopte la forme d’une ballade pour Thanks A Million que Louis Armstrong jouait sur un tempo de fox trot. Le climat se fait onirique et quelque peu pointilliste. La sourdine de la trompette pare Azalea d’une douce tristesse. Le thème de Duke Ellington devient un blues rêveur que les harmonies du piano soutiennent et enrichissent. Un tendre moment de souvenir que tisse avec délicatesse le duo complice.

Composé par Eric Le Lann, Louison se révèle d’une grande pureté mélodique et ménage un large espace de liberté au pianiste. Le duo interprète St James infirmary avec une précision et une délicatesse qui accentuent la dimension funèbre du morceau imprégné d’accents bluesy. Le duo réactualise et étire le tempo de la ballade I surrender Dear dont le raffinement mélodique suscite une émotion sensible.

L’album se termine avec Farewell to Louis. La composition de Paul Lay résonne comme une célébration respectueuse où la trompette élève une louange, un merci infini que les deux musiciens dédient à Louis Armstrong.

La talentueuse complicité qui unit Eric Le Lann et Paul Lay contribue au climat intime et confidentiel de « Thanks A Million ». Une musique raffine et élégante qui séduit par sa véracité et son modernisme. Elle honore et actualise de belle manière la mémoire et l’art de Louis Armstrong.

Pour écouter live Eric Le Lann et Paul Lay, des concerts se profilent. RV le 07 novembre 2018 pour la soirée de lancement au Bal Blomet à Paris et le 28 Novembre 2018 à Marseille à l’Hôtel C2. En 2019, le duo est invité à Rennes par le festival Jazz à l’Etage le 08 mars et le 05 avril à Coutances par le festival Jazz Sous les Pommiers.

Mort du saxophoniste Manu Dibango

Après une carrière de plus de soixante ans, le saxophoniste et compositeur Manu Dibango a succombé au Covid-19 le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans. Le plus français des Camerounais laisse son public orphelin mais son héritage survivra aux années comme une réussite absolue de métissage des musiques africaines avec la soul et le jazz.

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Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Deux ans après « Zapateo Suite », le guitariste, chanteur et percussionniste Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple ». A la tête d’un quartet d’exception qui réunit Pierre de Bethman, Felipe Cabrera et Lukmil Perez, il dessine les contours d’un univers élaboré et très personnel. Entre mélopées envoutantes et chant spirituel mélancolique, le projet embarque l’oreille dans des suites musicales colorées. A l’en croire…. C’est aussi simple que ça !

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On se mobilise autour des albums à sortir…

Dans les circonstances exceptionnelles actuelles et au regard des décisions sanitaires prises par le gouvernement en raison de la pandémie du Covid-19… confinement obligé. Toutes les activités du spectacle vivant sont donc suspendues pour un délai dont on ignore encore la (réelle) durée.
Pas question d’en discuter la nécessité mais impossible de ne pas se poser des questions quant au devenir des artistes et de ceux qui les entourent et contribuent à soutenir leur travail. On se mobilise donc autour de ces projets discographiques dont la sortie coïncide avec cette période. Sur « Latins de Jazz », on en parle, on les écoute pour les rendre visibles et audibles en attendant de retrouver les artistes live sur scène après la tempête Covid-19.

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Ricardo Del Fra dévoile « Moving People »

Ricardo Del Fra dévoile « Moving People »

Lyrisme puissant et émotions délicates

Après « My Chet My Song », Ricardo Del Fra revient le 19 octobre 2018 avec l’album « Moving People ». Dix compositions originales centrées autour des voyages et de l’espoir des populations en mouvement à la recherche d’un monde meilleur. Entouré par des musiciens venus de larges horizons le contrebassiste livre une œuvre musicale lyrique et chargée d’émotions.

Responsable du département Jazz et Musiques Improvisées au CNSMD de Paris depuis 2004, Ricardo Del Fra s’entoure de partenaires européens et américains pour son nouvel album « Moving People » (Cristal Records/Sony Music Entertainment) dont la sortie est annoncée pour le 19 octobre 2018.Couvrture de l'album Moving People de Ricardo Del Fra

Après avoir consacré « My Chet My Song », son précédent disque, à la musique de Chet Baker qu’il accompagna sur scène pendant 9 ans, le contrebassiste fait cette fois valoir ses talents de compositeur et d’arrangeur sur les dix pistes de son nouvel opus, « Moving People ». Entre mai, juin et juillet 2018, l’opus a été enregistré au studio La Buissonne de Pernes-les-Fontaines par Gérard de Haro & Anaëlle Marsollier, mixé par Gérard de Haro & Riccardo Del Fra et masterisé par Nicolas Baillard.

Un sextet acoustique invite une guitare électrique

Après avoir joué comme sideman auprès des plus grands comme Dizzy Gillespie, Sonny Stitt, Art Blakey, Kenny Wheeler, Lee Konitz, Dave Liebman et bien d’autres encore, RIcardo Del Fra s’entoure aujourd’hui de musiciens de haut vol auxquels il s’associe pour interpréter ses nouvelles compositions.

En position de leader, Ricardo Del Fra prend donc la tête d’un sextet qui réunit des musiciens de cinq nationalités différentes. Ils vont fédérer leurs expressions autour de son écriture. Autour de la contrebasse de Ricardo Del Fra, le pianiste français Carl-Henri Morisset et le batteur américain Jason Brown. Une mini section de cuivres réunit le saxophoniste français Rémi Fox (soprano et baryton), le saxophoniste allemand Jan Prax (soprano et alto) et le trompettiste polonais Tomasz Dabrowski.

Ce sextet acoustique post-bop invite la guitare électrique de l’Américain Kurt Rosenwinkel.

« Moving People »

Outre l’attention méticuleuse qu’il porte à l’écriture des mélodies, séquences harmoniques et rythmiques), Ricardo Del Fra distribue les partitions de son répertoire selon différents formats orchestraux pour faire sonner de différentes manières la substance de ses compositions.

Ainsi, il confie deux pièces au sextet et deux autres morceaux à un quintet où la guitare rejoint le piano, la contrebasse, la batterie et le saxophone soprano de Rémi Fox. Quatre titres sont  par ailleurs joués par le septet au complet. Enfin, la contrebasse interprète en solo deux autres compositions.

Drames- Sextet

Ressac, comme le mouvement des vagues qui se cassent sur le rivage et déposent-un enfant sans vie sur le sable. Une suite musicale avec un premier mouvement au tempo rapide où la trompette hard bop survoltée s’exprime librement dans un style incandescent puis un deuxième mouvement avec un solo de contrebasse plus apaisant. Pour finir un troisième mouvement plus court joué par le pianiste avec de nouvelles harmonies qui rappellent le thème abrégé par le groupe

Children Walking, bande musicale d’un film en ombres chinoises où la batterie guide les instruments dans un champ de mines. Les enfants jouent, se poursuivent puis advient l’explosion suivie de séquences musicales conflictuelles témoignages du drame.

Parenthèses - Quintet

Piano, contrebasse, batterie et le saxophone soprano de Rémi Fox invitent la guitare sur The Sea Behind, une ballade où les lignes d’espérance de la guitare croisent les arabesques du soprano et dessinent un possible avenir qui laisserait la mer loin derrière.

La même formation interprète Ephemeral Refractions, des impressions fugaces que le soprano aérien suspend aux cordes de la contrebasse à la sonorité dense et soignée.

Déplacement vers un ailleurs - Septet

Moving People où le chant boisé de la contrebasse chante une douce mélodie caressante reprise inlassablement par les cuivres et les autres musiciens sur des harmonies enrichies. Porteuse d’énergie la guitare dessine une spirale lyrique puis retour au thème apaisé. Moving People - Epilogue se profile comme un potentiel morceau de rappel qui reprend le thème de départ et porte regard en arrière un peu mélancolique.

L’orchestration colorée de Wind on An Open Book II, composition à l’ambiance bucolique, joue avec le tempo et instaure un dialogue enivrant entre guitare et soprano. Le livre du temps s’écoule d’hier à demain, jusqu’au croisement des rues inconnues de Street Scenes. La contrebasse expose une mélodie joyeuse, déstructurée et facétieuse qui entraîne les instruments dans une expression groupale interactive un peu folle.

Lumière - Contrebasse solo

En solo la contrebasse explore les lumières. Celle du feu sur Around Fire qui éclaire la nuit et transforme les peurs en espoirs. Celle de Cieli Sereni, ces cieux sereins enfin illuminés de l’espoir devenu réalité. Archet caressé dans le premier thème, cordes d’une contrebasse qui phrase comme une guitare sur le second thème au chant lumineux.

Les couleurs de la vie varient avec la temporalité et les espaces qu’elle traverse. Les dix plages de « Moving People » proposent dix moments musicaux comme des impressions captées au fil du temps. Des paysages figés dans des lieux que les personnes déplacées parcourent. Les instruments conjuguent leurs expressions sur la trame d’une écriture précise et sensible. Ils proposent des développements énergiques et rythmiques, délicats et éthérés pour évoquer le drame ou l’espoir.

Quelques RV pour retrouver Ricardo Del Fra et écouter le répertoire de « Moving People ».
A Metz- Les Trinitaires à 20h30 le 22 novembre 2018. A Paris au Sunside à 20h30 le 29 novembre 2018 avec Thibault Gomez au piano, le 30 novembre 2018 avec Bruno Ruder au piano et le 01 décembre 2018 avec le groupe de l’album réuni au complet.

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Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

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Ray Lema signe « Transcendance »

Ray Lema signe « Transcendance »

Pour vivre la transe en danse

Ray Lema présente son nouvel album « Transcendance » annoncé pour le 19 octobre 2018. A la tête d’un sextet énergique, le pianiste exprime son amour pour la musique. Sur neuf titres inédits, son propos universel invite à un voyage au cœur des rythmes. Un condensé de joie pour vivre la transe en danse.

Après « VSNP - Very Special New Production » et « Headbug » (2016) enregistrés en quintet et « Riddles » (2016) en duo avec Laurent de Wilde, le pianiste et compositeur Ray Lema revient le 19 octobre 2018 avec « Transcendance » (One Drop/L’Autre Distribution).

L’album vibre d’une joyeuse pulsation de vie et transmet son amour de la musique, son goût pour la mélodie, son attachement au rythme, son intérêt pour la danse et la transe.

Autour du piano de Ray Lema

Pour son nouvel opus Ray Lema a réuni autour de lui cinq musiciens qui font partie de sa famille musicale. Une solide rythmique avec le bassiste Michel Alibo qui quitte sa basse électrique pour la contrebasse sur deux titres et le batteur Nicolas Viccaro. Un jeune guitariste brésilien qui joue avec lui depuis environ dix ans, Rodrigo Viana, le saxophoniste ténor Irving Acao et le trompettiste Sylvain Gontard, qui unissent la voix de leurs instruments à la sienne pour former une ligne de trois chanteurs, caractéristique des musiques congolaises qui ont bercé les jeunes années musicales du leader.

Sur la dernière plage de l’album Ray Lema convie deux flûtistes à rejoindre le sextet, Fredy Massamba aux flûtes pygmées et Jocelyn Mienniel à la flûte traversière et à la flûte piccolo

« Transcendance »

couverture de l'album Transcendance de Ray LemaA l’image de la couverture de l’album, Ray Lema se met à nu et se dévoile tout au long des neuf plages de son nouvel opus « Transcendance ».

Comme le pianiste l’exprime lui-même, il a eu « l’envie de faire simplement de la musique sans souci des catégories et des étiquettes, d’aller au-delà des appellations ».

Pour lui, « transcender ses peurs, ses tabous et son ego et se livrer sans retenue à l’expérimentation de l’amour permet à l’humain de goûter sa liberté ». A travers les neuf compositions originales de « Transcendance », Ray Lema dit son amour pour celle qui traverse sa vie et le nourrit… la musique.

Ray Lema a composé et interprété avec ses complices une musique qu’il a voulue sienne, un propos qui dépasse les styles et les genres et porte sa signature. Un jazz irrigué de sa science des rythmes et du groove.

En neuf étapes, « Transcendance » propose un voyage jazz entre transe et danse, ces deux éléments constitutifs de la musique de l’Afrique et des Caraïbes.

Impressions musicales

« Transcendance » dessine une mosaïque musicale de neuf titres où le piano et la voix de Ray Lema entrent en parfaite symbiose avec les musiciens réunis autour de lui.

Le titre éponyme, Transcendance, débute par un motif continu de basse. Ray Lema évoque brièvement l’amour si nécessaire à chacun et entame avec ses cinq comparses une mélodie teintée d’afro-beat qui évoque les couleurs musicales de Fela Anikulapo. Après un solo fougueux du saxophone ténor, s’instaure une sorte de transe collective portée par une section rythmique d’enfer.

On quitte l’Afrique pour la Caraïbe avec Zoukissa qu’ouvrent basse, batterie et piano. Saxophone et trompette exposent la mélodie chantante et laissent le champ libre à un solo enflammé de basse dont la fluidité enchante. Serein, le piano reprend la main puis s’engage une joute musicale complice entre ténor et trompette qui reviennent ensuite à un propos plus délicat.

Congo Rhapsody résonne comme un hymne musical habité par le jeu harmonieux et apaisé du piano. Ténor, trompette et piano chantent les quatre notes prégnantes de la mélodie avant que la batterie ne fasse gronder ses fûts et résonner ses cymbales. Calme et lumière reviennent à la toute fin.

Kivu’s Blues sublime les frontières entre les genres musicaux. La musique s’écarte des rivages de la technicité pour s’aventurer dans un paysage coloré et sensible. Soutenue par les contrechants nostalgiques de la trompette et du saxophone, la guitare sauvage décolle et se lance dans un chorus déchiré. Sa tonalité bluesy évoque le conflit qui affecte l’est de la République Démocratique du Congo et sa population sacrifiée.

Le piano swingue avec délicatesse accompagné par la profonde et chaleureuse contrebasse sur Anouk, subtile et poétique ballade dédié à Anouk Khélifa, qui a écrit les paroles des deux titres chantés de l’album. Le tempo se fait plus musclé sur Sin aux accents qui balancent entre funk et rock. La voix du leader slamme sur la ligne de basse puis la guitare éraillée propulse le solo torride du ténor au punch débordant.

Le piano poursuit et lance la mélodie de 3ème bureau comme une ritournelle que reprend la voix. La rumba s’installe doucement et décline ses couleurs et ses rythmiques afro caribéennes qu’illumine le solo de la trompette voltigeuse. Après la brillance de ce morceau dansant advient Le Bout du Chemin. Sur cette courte pièce mélancolique, voix, piano et guitare évoquent l’errance sans fin de la triste caravane des migrants.

L’album se termine avec Chimères et son climat onirique. La contrebasse déroule une ligne musicale et invite les flûtes pygmées, traversière et piccolo. Les accords discrets du piano les accompagnent dans leur promenade au cœur de la forêt africaine.

« Transcendance » concentre les piliers de la foi musicale de Ray Lema. Un cocktail équilibré de rythmes au groove profond, de danses proches de la transe, de mélodies simples et chantantes. Une musique universelle qui dépasse les frontières des genres et portent son empreinte, sa signature.

 
Pour écouter live la musique de « Transcendance », RV avec Ray Lema à 20h30 le 21 novembre 2018 à Paris à La Petite Halle qui ouvre une résidence de trois jours à l’artiste.

Mort du saxophoniste Manu Dibango

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Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

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Clin d’œil à Hubert Dupont & Smart Grid

Clin d’œil à Hubert Dupont & Smart Grid

Echanges incisifs aux accents fougueux

Après son projet « Golan-Al Joulan », le contrebassiste Hubert Dupont revient à la tête d’un quartet saxophone alto-piano-contrebasse-batterie. Via le titre de son album, « Smart Grid », le leader confirme une évidence, le jazz serait affaire de réseau intelligent. La nouvelle est bonne même si elle n’est pas vraiment neuve. Hubert Dupont replonge dans les flux de la musique improvisée pour le meilleur.

Attendu pour le 25 octobre 2018, l’album « Smart Grid » (Ultrabolic/Musea) marque le retour du contrebassiste Hubert Dupont au quartet saxophone alto-piano- contrebasse-batterie après les deux albums « Golan-Al Joulan Vol 1 » (2016) et « Golan-Al Joulan Vol 2 » (2017).

Déjà présent onze ans plus tôt aux côtés d’Hubert Dupont, sur « Spider’s Dance » (2007), le pianiste Yvan Rebillard est de nouveau de l’aventure. Le saxophoniste alto Denis Guivarc’h et le batteur Pierre Mangeard les rejoignent.

Le jazz vit d’interactions intelligentes

Tout organisme vivant, système ou société évolue via un réseau par lequel transite ce qui permet le développement de la vie végétale, animale, systémique ou sociétale. En intitulant l’album « Smart Grid », Hubert Dupont reprend la métaphore et la transpose au groupe de jazz. Il renforce même le propos en ajoutant le maillage symbolique d’un réseau sur toutes les pages de l’album et sur le disque lui-même…

… un groupe de jazz vit à travers ses interactions et c’est encore mieux si les échanges se font de manière intelligente !

« Smart Grid »

couverture de l'album Smart Grid du contrebassiste Hubert DupontSur « Smart Grid » circule un jazz fougueux et tranchant.

De fait, l’écoute de l’album confirme ce que le titre annonce, l’énergie et la créativité musicale circulent sans obstacle entre les quatre points du réseau/quartet et cela fonctionne même plutôt bien. Entre Dupont, Guivarc’h, Robilliard et Mangeard, les interactions sont productives. Les compositions se développent et prennent belle tournure au fil d’ardents échanges et d’improvisations fougueuses qui jaillissent et rebondissent de l’un à l’autre.

Hubert Dupont assume la totalité des compostions qu’il dirige par ailleurs avec une grande autorité. Six titres sur lesquels le quartet pratique une musique stimulante aux accents véhéments.

Capté live salle Jacques Brel à Fontenay-sous-Bois en 2017, l’enregistrement restitue une musique stimulante et incisive interprétée par des solistes virtuoses. Leur propos musical interactif témoigne d’une connivence très contrôlée.

Impressions musicales

On savoure avec un délice infini l’improvisation vigoureuse que développe l’avide alto sur Greed et l’on apprécie le chorus chantant de la contrebasse qui chante l’allégresse sur Eoliane. On frémit aux interpellations toniques et sportives qu’échangent saxophone et piano sur Helliptic.

La contrebasse bruitiste, les phrases éthérées du piano et les notes vaporeuses de l’alto font régner un climat d’apesanteur sur le mystérieux Recondition. La pulsation impaire qu’impulse la batterie de sa frappe sèche et crépitante sur Pendulair déclenche un solo nerveux du piano suivi de l’emballement débridé de l’alto. La tension règne et fascine.

La magie de Wonder réside en son climat particulier. Contrebasse, piano et batterie jette les fondations d’une construction incertaine. On en saisit mieux les formes lorsque l’alto ordonne les lignes et noue son discours avec le piano avant de se lancer dans d’étourdissantes et fulgurantes acrobaties jubilatoires…

 

Pour écouter live Hubert Dupont (contrebasse), Denis Guivarc’h (saxophone alto), Yvan Robilliard (piano) et Pierre Mangeard (batterie), RV à 20H30 le 25 octobre 2018 au Studio de l’Ermitage à Paris pour le concert de sortie de l’album « Smart Grid ».

Mort du saxophoniste Manu Dibango

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Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

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Crossover#5… Plucked’N Dance – Violaine Cochard-Edouard Ferlet

Crossover#5… Plucked’N Dance – Violaine Cochard-Edouard Ferlet

Pérégrinations dansantes

Après « Bach Plucked-unplucked », la claveciniste Violaine Cochard et le pianiste Édouard Ferlet proposent « Plucked’N Dance ». Le duo clavecin-piano développe un programme instrumental sur le thème de la danse, à travers pays, époques et styles variés. Pérégrinations dansantes dans des univers dépaysants.

L’album « Plucked’N Dance » (Alpha Classics/Outhere Music) dont la sortie est annoncée pour le 12 octobre 2018, marque les retrouvailles discographiques de Violaine Cochard et Edouard Ferlet.

La claveciniste baroque et le pianiste de jazz s’aventurent cette fois hors des chemins dévolus à Bach autour duquel ils s’étaient réunis sur leur précédent opus, « Bach Plucked-unplucked » (2015).

Croiser les univers musicaux

Si Violaine Cochard et Edouard Ferlet excellent chacun dans son propre domaine d’expression, tous deux s’aventurent hors des frontières de leur univers musical pour découvrir, investir et lancer des ponts en direction d’autres mondes.

Sur « Inspiration Baroque » Violaine Cochard et l’Ensemble Amarillis ont croisé leurs notes avec celles du trio jazz de Louis Sclavis. Édouard Ferlet quant à lui continue à converser avec Jean-Sébastien Bach. En effet, après « Think Bach » (2011) il a enregistré en 2017 le splendide « Think Bach Op.2 ».

« Plucked’N Dance »

Sur ce nouvel album, les deux complices s’éloignent de Bach pour plonger leur inspiration sur le thème de la danse. Le répertoire de « Plucked’N Dance » parcourt les époques, les styles et les pays, de l’Espagne à la Russie en passant par l’Angleterre, la Hongrie, la France la Turquie et l’Italie.

Ainsi, entre 13ème et 20ème siècle, ils empruntent des thèmes, des mélodies et des couleurs à De Nebra, Moussorgski, Purcell, Bartók, Rameau, Satie ou à des compositeurs anonymes de danses populaires. Ils élaborent ainsi de nouvelles pièces pour piano et clavecin. Édouard Ferlet y ajoute trois compositions originales d’une modernité confondante, ajoutant ainsi la contribution du 21ème siècle au répertoire de l’album.

De thème en thème les cordes du piano et du clavecin croisent leurs improvisations. Au fil des plages s’articulent des danses aux pulsations variées et aux couleurs contrastées. La dimension rythmique est prégnante mais les mélodies surgissent des riches textures musicales que les deux instrumentistes élaborent avec inventivité. Tonique ou délicate, la musique respire.

Impressions musicales

On ressort stimulé de l’écoute du très rythmique Bartok’n Roll inspiré d’un Duo pour 2 violons de Béla Bartók. C’est ensuite sur le baroco-poétique Les Cinq Sauvages irrigué de la Danse des Sauvages de Rameau que piano et clavecin font des pointes et pratiquent l’art du contrepoint. Le climat se fait sombre mais une trouée lumineuse et sereine advient sur Entre Ciel où de tendres accents hispaniques tirent leur révérence à une seguidilla de Jose De Nebra.

Après une pirouette mutine, clavecin et piano explorent Envoutés, pièce dérivée d’une danse populaire italienne du 18ème siècle. Après avoir développé un rythme tourbillonnant, ils se glissent dans le cœur des danseurs pour explorer les structures profondes de la mélodie avant de revenir à la danse. Danse de Profil tisse un voile de lumineux d’arpèges qui saluent La Danse de Travers de Satie.

Couverture de l'album  Plucked'N Dance de Violaine Cochard et Edouard FerletOn s’achemine ensuite sur les pas hésitants du clavecin qui avance au rythme des hoquets du piano. Le Bal Ethylic tangue sévère mais les deux instruments parviennent à avancer bras-dessus bras-dessous pour mieux affronter une gigue anglaise qui fait tourner les têtes de fantomatiques danseurs qui auraient croisé Purcell.

Les trois compositions originales du pianiste offrent un espace d’expression très libre aux deux instrumentistes. Trames rythmiques ébouriffantes et denses d’Ombre D’Or, mélodies évanescentes de la Valse Blanche empreinte d’une douce émotion, pulsation répétitive de Qui-Vive qui bouscule le tempo et égare les sens.

Le clavecin aventure ensuite ses ornementations sur le fil rythmique tendu par le piano et sculpte Reverence, inspirée par une danse turque du 13ème siècle. Les deux instruments tour à tour fusionnent ou s’éloignent sur les ailes d’une délicate spirale musicale.

Oppidum, le dernier titre, sonne martial voire même guerrier. La composante rythmique du morceau exacerbe la musique qui résonne de sonorités métalliques ou telluriques. La promenade se poursuit ensuite sur des sentiers dont les paysages évoquent Les Tableaux d’une Exposition de Moussorgski qui inspirent cette ultime pièce.

Au fil des onze plages de « Plucked’N Dance », piano et clavecin invitent à un voyage musical contrasté. Leurs pérégrinations dansantes traversent les siècles qu’ils caressent ou secouent. Le duo dépayse la musique qu’il projette dans leur univers singulier où le rythme occupe une place essentielle. Tour à tour sensible ou tempétueux, le piano attache ses pas dans ceux du clavecin qui déambule avec légèreté ou martèle avec force des lignes mélodiques imprévisibles. Les cordes des deux instruments tissent des trames pulsatiles variées et brodent des mélodies lyriques ou mélancoliques. Chaque morceau possède une texture particulière. Modernité et tradition se côtoient avec bonheur.

 
RV avec Violaine Cochard et Édouard Ferlet le 09 novembre 2018 à 20h au Café de la Danse à Paris pour découvrir live le répertoire de « Plucked’N Dance »;

Mort du saxophoniste Manu Dibango

Après une carrière de plus de soixante ans, le saxophoniste et compositeur Manu Dibango a succombé au Covid-19 le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans. Le plus français des Camerounais laisse son public orphelin mais son héritage survivra aux années comme une réussite absolue de métissage des musiques africaines avec la soul et le jazz.

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Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Deux ans après « Zapateo Suite », le guitariste, chanteur et percussionniste Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple ». A la tête d’un quartet d’exception qui réunit Pierre de Bethman, Felipe Cabrera et Lukmil Perez, il dessine les contours d’un univers élaboré et très personnel. Entre mélopées envoutantes et chant spirituel mélancolique, le projet embarque l’oreille dans des suites musicales colorées. A l’en croire…. C’est aussi simple que ça !

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On se mobilise autour des albums à sortir…

Dans les circonstances exceptionnelles actuelles et au regard des décisions sanitaires prises par le gouvernement en raison de la pandémie du Covid-19… confinement obligé. Toutes les activités du spectacle vivant sont donc suspendues pour un délai dont on ignore encore la (réelle) durée.
Pas question d’en discuter la nécessité mais impossible de ne pas se poser des questions quant au devenir des artistes et de ceux qui les entourent et contribuent à soutenir leur travail. On se mobilise donc autour de ces projets discographiques dont la sortie coïncide avec cette période. Sur « Latins de Jazz », on en parle, on les écoute pour les rendre visibles et audibles en attendant de retrouver les artistes live sur scène après la tempête Covid-19.

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