Le batteur Thomas Delor présente « The Swaggerer »

Chaque plage vaut son pesant d’or

Présenté par le batteur Thomas Delor à la tête de son trio, « The Swaggerer » compte parmi les albums incontournables du début de l’automne 2018. Chaque plage captive l’attention et crée la surprise. Le leader affirme son intérêt pour les mélodies et les climats harmoniques. Une réussite absolue.

Couverture de l'album "The Swaggered" du batteur Thomas DelorLe compositeur et batteur Thomas Delor présente son premier album en tant que leader, « The Swaggerer » (Fresh Sound New Talent/Socadisc) annoncé pour le 27 septembre 2018.

A la tête de son trio, Thomas Delor met en avant sur le disque la  large étendue des possibilités de la batterie. A ses côtés le guitariste Simon Martineau dont on a pu apprécier les qualités sur l’album « ONE. » et le contrebassiste Georges Correia.

Thomas Delor

Musicien autodidacte, Thomas Delor fait partie de la famille des batteurs leaders et compositeurs. Il explore toutes les dimensions de son instrument. Après avoir remporté le concours Jazz à Juan Révélations en 2010, ce natif de Nice sort vainqueur en 2016 du Concours National de Jazz de Nice et est récompensé au Concours International d’orchestres de Jazz.

le batteur Thomas Delor

Thomas-Delor©Frédéric Chapotat

Après de multiples expériences dans de prestigieux festivals et de nombreux clubs de jazz parisiens et internationaux, il a fait ses preuves aux côtés de musiciens renommés (Philippe Petit, Philip Catherine, Ugonna Okegwo, Miroslav Vitous, Christophe Walemme, Eric Lewis…). Outre ses projets comme sideman (Pierre Marcus Quartet), le batteur Thomas Delor développe un projet solo qui met en avant l’ensemble des possibilités de la batterie, il joue aussi dans le « Chamber Metropolitan Trio » aux côtés du pianiste Matthieu Roffé et du contrebassiste Damien Varaillon avec lesquels il a gravé le CD « Arkhè » en 2015 chez Hybrid’Music.

Il possède depuis 2015 un trio dont il est leader et avec lequel il a enregistré le splendide « The Swaggerer ».

Sans emphase, Thomas Delor promène son inspiration loin des balises propres à son instrument. Il affectionne les superbes mélodies qui s’incrustent dans de riches climats harmoniques traversés par des jeux rythmiques singuliers et très personnels. Non content d’écrire de telles partitions il sculpte un propos qui n’est pas seulement celui d’un rythmicien.

« The Swaggerer »

L’album ne se contente pas de groover. L’opus interpelle par son goût prononcé pour les mélodies et les atmosphères dont les couleurs captivent. Un album qui a le sens du suspens. On l’écoute de bout en bout avec curiosité, sans zapper ni se lasser… cela n’est pas si courant !

Jazz, musique classique, compositions originales de Thomas Delor… tout est prétexte pour les musiciens qui dialoguent et s’amusent.

Jazz & Musique Classique

Le toucher sensible et l’articulation de Simon Martineau donnent un sérieux coup de jeunesse au thème de Monk, Rythm-a-ning. Le guitariste ouvre un espace de liberté à Thomas Delor qui en profite pour faire chanter sa batterie.

Le trio s’entend à merveille pour insuffler une respiration éthérée à Blue in Green de Miles Davis. Dans un dialogue aérien, batterie et guitare devisent alors que la contrebasse étire avec eux le tempo qui se prend à flotter. Les balais survolent les peaux et caressent les cymbales, les mailloches font vibrer l’air qui résonne et répond aux confidences de la guitare.

A travers Moonlight, Thomas Delor tire une révérence à Beethoven et sa Sonate au Clair de Lune. Tenu par la batterie, le propos mélodique est soutenu par la guitare et la contrebasse devenues accompagnatrices.

Sur From The New World, il tente une escapade habile entre la Symphonie du Nouveau Monde de Dvořák et les échappées libres que John Williams a fait entendre sur la BO de Star Wars. C’est peut-être là que le titre de l’album prend peut-être tout son sens… !?

Les compositions originales

L’album ouvre avec Prelude en si majeur, dont le titre évoque le monde classique mais qui d’emblée engage à sourire à l’écoute du dialogue qu’entreprend la batterie avec une machine à écrire. Ce morceau n’est pas sans rappeler La Maquina, premier titre de l’album « El Tiempo Por Testigo » où le pianiste espagnol Dorantes avait lui aussi croisé le clavier d’une vieille machine à écrire avec celui de son piano.

Un riff de contrebasse termine Prélude en si majeur et débute le thème suivant, Hidden Meaning. Sa partition teintée de bleu par la guitare permet de capter la connivence qui existe au sein du trio. La contrebasse assure la rythmique et la guitare dialogue avec les phrases de la batterie aventureuse.

Sur The Swaggerer, la batterie casse-cou fanfaronne et engage un swing peu académique entrecoupé de césures et de syncopes entre lesquelles guitare et contrebasse musardent. Toujours inventive et légère la guitare reprend la main et passe le relai à la contrebasse qui ne manque pas d’aplomb. Très interactifs les trois compères semblent s’amuser comme des fous.

L’écriture de Thomas Delor fait aussi une escapade romantique avec LNA. Une ballade où les mailloches sensibles caressent les peaux avec une délicate sensualité alors que les cordes de la guitare articulent leur tendre murmure soutenues par les cordes discrètes mais boisées de la contrebasse. A partir de trois initiales en guise de titre, on se prend à imaginer le prénom de l’inspiratrice de cette tendre ballade.

Tu l’as vu Monk ne manque pas d’aplomb ! Sur cet ultime morceau, la batterie mène le bal mais laisse la part belle à la contrebasse qui ne s’en laisse pas conter et dialogue allègrement avec la batterie alors que la guitare insolente tente d’imposer sa syntaxe. Le thème termine par un point d’interrogation. Durant trois minutes on reste le souffle coupé à l’écoute de ce suspens musical inouï que le trio interprète sur un rythme éperdu.

Sur « Swaggerer » le compositeur et batteur Thomas Delor élabore avec son trio un langage créatif et très personnel qui se joue du tempo et déjoue toutes les règles. La richesse des échanges traduit la grande proximité des membres du trio. Délicat coloriste, élégant et fin rythmicien, le leader affectionne les nuances. Dans son discours alternent de subtiles touches et de puissantes explosions.

Clin d’œil à Shijin

Clin d’œil à Shijin

Projet international, « Shijin » réunit le bassiste Laurent David, le saxophoniste Jacques Schwarz-Bart, le batteur Stéphane Galland et le pianiste Malcolm Braff, quatre solistes aux styles et personnalités musicales différentes. Construite sous le signe de la liberté, la musique du quartet concentre une énergie intense que de belles mélodies mettent en cohérence.

Adrien Chicot est de retour avec « City Walk »

Adrien Chicot est de retour avec « City Walk »

Après « All in » et « Playing in the Dark », Adrien Chicot est de retour avec « City Walk ». Fidèle à ses complices, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Jean- Pierre Arnaud, le pianiste propose un album d’une fougue et d’une élégance rares. La musique moderne, fluide et rythmique évoque avec justesse les atmosphères urbaines.

Clin d’œil à Claudio Miotti et « CLAXXX »

Clin d’œil à Claudio Miotti et « CLAXXX »

Sur l’album « CLAXXX », le trio du guitariste Claudio Miotti présente une musique singulière. La guitare baryton du leader s’unit aux clarinettes lyriques de Matteo Pastorino et au solide groove de la batterie de Jean-Baptiste Pinet. Entre rock rageur et jazz nuageux la musique hésite et privilégie les contrastes.

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