« Un Poco Loco » revient avec « Ornithologie »

« Un Poco Loco » revient avec « Ornithologie »

Un album jubilatoire et innovant

Après « Feelin’ Pretty » consacré au « West Side Story » de Leonard Bernstein, « Un Poco Loco » revient avec « Ornithologie ». Cette fois, les talentueux Fidel Fourneyron, Geoffroy Gesser et Sébastien Beliah revisitent la musique de l’altiste Charlie Parker. Le défi est un peu fou mais c’est avec brio et fantaisie que les trois musiciens se réapproprient la musique de Bird. Trombone, clarinette/saxophone ténor et contrebasse jouent avec le répertoire de Parker. C’est virtuose, pétillant, jubilatoire et innovant. Une insolente réussite !

Un Poco Loco revient avec l'album OrnithologieLe groupe « Un Poco Loco » réunit trois experts en improvisation, le tromboniste Fidel Fourneyron, le saxophoniste et clarinettiste Geoffroy Gesser et le contrebassiste Sébastien Beliah. Fondé en 2014 par Fidel Fourneyron, le trio a déjà deux albums à son actif, l’album éponyme sorti en 2014 et « Feelin’ Pretty » (2017) qui a consisté en une relecture inventive de « West Side Story » de Leonard Bernstein.

En 2020, pour sa nouvelle création, le trio revient au bebop, forme de jazz inscrite dans son ADN. Avec « Ornithologie » (Umlaut Records/L’autre Distribution) à sortir le 28 février 2020, « Un Poco Loco » réussit un opus vivifiant consacré au répertoire du saxophoniste Charlie Parker, surnommé Bird.

Le graphisme superbe de la couverture de l’album illustre tout à fait le résultat du travail de « Un Poco Loco » sur « Ornithologie ». Superposé au portrait noir et blanc de Charlie Parker, l’oiseau chanteur posé sur un bec de saxophone et les petits volatils aux couleurs éblouissantes posés parmi des herbes et fleurs restituent l’ambiance musicale de l’album… ça virevolte. ça explose, ça vibrionne, ça enchante de bout en bout des treize titres !

Trois ornithologues un peu fous…

Le trio Un Poco Loco revient avec Ornithologie

Un Poco Loco®Simon Lambert

Comme trois ornithologues de la musique, Fidel Fourneyron (trombone), Geoffroy Gesser (saxophone ténor, clarinette) et Sébastien Beliah (contrebasse) ont étudié (la musique de Bird, cet oiseau rare devenu légendaire pour son chant unique. En effet, sur son saxophone alto, Charlie Parker (1920-1955) a participé à la révolution bop dont il a été l’un des maîtres. Ce sont ses acrobaties véloces, virtuoses et décoiffantes qui lui ont d’ailleurs valu le surnom de Bird.

En 2020, « Un Poco Loco » fait de l’héritage de Parker son nouvel espace de jeu. De manière peu orthodoxe, le trio injecte sa créativité dans le répertoire mythique de Parker auquel il fait écho. Sans nostalgie, « Ornithologie » fait plus qu’entrer en résonance avec le bebop. Loin de trahir ce jazz du XXème siècle, le trio lui insuffle une nouvelle vie et projette les trésors du bop dans le XXIème siècle. « Un Poco Loco » pare le chant de Bird de modernités ludiques qui sonnent comme des évidences. On se demande d’ailleurs pourquoi nul ne l’avait fait auparavant.

Dans ce trio à l’instrumentation atypique qui associe deux instruments mélodiques (trombone et saxophone ténor/clarinette) à une contrebasse, les musiciens développent cet idiome singulier dont ils maîtrisent si bien la syntaxe. Ils élaborent un langage où les improvisations échevelées s’insèrent au sein d’arrangements précis. A trois seulement, les musiciens réalisent la performance inouïe de restituer une dimension orchestrale à la musique, une musique où les mélodies sont comme enchâssées dans une riche texture harmonique et dotées d’une dynamique explosive.

Sous des atours fantaisistes, les trois improvisateurs élaborent en fait une musique savante et insolente. Au final, leur pari a priori un poco loco, est une réussite absolue. En effet, en insufflant un brin d’extravagance et un grain de folie au cœur des morceaux que jouait Bird, « Un Poco Loco » revitalise de manière innovante ces titres légendaires. Ils décomposent puis recomposent les thèmes originaux et au final, il en ressort « Ornithologie », une musique vibrante, irradiée de l’intérieur par une énergie mystérieuse qui la fait apparaître comme lumineuse et rénovée mais fidèle à l’esprit de Bird.

Au fil des titres

Dès la première plage, Shaw’ Nuff, le trio se réapproprie avec subtilité et originalité ce thème sur lequel les soufflants dissèquent la ligne mélodique en fragments musicaux. Après un premier solo d’une souplesse confondante du ténor plutôt profilé West-Coast, le trombone fait preuve d’une exubérante virtuosité. Leur propos se terminent en nappes sonores comme des volutes flottants. Sur Yardbird Suite, le trombone opère une relecture du thème sur un contrechant du ténor puis il articule un solo fluide auquel répond la clarinette délicate.

Sur le tempo élastique qu’impulse la contrebasse, trombone et clarinette exposent à l’unisson le thème d’Anthropology. Dans un même élan, les protagonistes jouent à saute mouton avec la musique mais s’inscrivent tout à fait dans les pas du Bird. C’est ensuite avec un brio véloce et un savoir-faire absolu que le trio ravive la folie et la furie de Salt Peanuts. Sur une ligne de basse incessante et dynamique on perçoit slaps d’anche et glissements de la coulisse du trombone.

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Sur la suite Barbillie’s time, clarinette, trombone et contrebasse se délectent à découper en contrepoint les mélodies de Billies Bounce, Now’s The Time et Barbados et l’on note à ce propos que les musiciens s’amusent autant avec les titres des morceaux qu’avec les notes. Un vrai jeu de cache-cache musical où chaque protagoniste se démultiplie et incarne tour à tour les rôles de mélodiste et de rythmicien. Le trio sonne comme un grand orchestre. Le contraste est frappant avec la version que le trio donne ensuite de Everything Happens To Me qui prend les allures d’une véritable ode à la lenteur. Sonorité attristée du trombone, son boisé et raffiné de la clarinette et profondes notes de la contrebasse font ressurgir les échos des timbres sonores ellingtonniens.

Plus loin, on est cueilli par la relecture inattendue que le trio donne du thème de Charlie Parker, Ah Leu Cha. Extrapolations, clins d’œil, pieds de nez, un travail d’orfèvre étonnant. Les trublions déconstruisent ensuite Okiedoke qu’ils reconstruisent en une version ludique d’une cohérence absolue. Sur un tempo latin, le trombone s’exalte et le ténor bouillonne. Irrésistible !

Le trio Un Poco Loco Revient

Un Poco Loco®Simon Lambert

Sur Chasin’ the Bird, soutenus par une solide ligne de basse, clarinette et trombone dialoguent plus tard sur un format proche de la fugue. On retrouve même des réminiscences du solo de Parker. Le trio s’attaque ensuite à Segment dont il propose une version pleine d’humour puis enchaîne Mango Mangue de Machito et Donna Lee crédité à Miles Davis et Charlie Parker. La clarinette papillonnante et le trombone au jeu espiègle s’expriment avec précision tout au long du double titre où ils divaguent sans retenue jusqu’au final qui coupe le souffle et suscite l’envie d’applaudir.

Le répertoire propose ensuite une version élastique de Groovin’ High où les instruments étirent, accélèrent puis ralentissent la mélodie pour mieux la dynamiser, le tout dans le plus pur respect de l’esthétique bop. Sur Blue Bird la dernière plage de l’album, le contraste entre la sonorité ombrageuse de la clarinette et le son rutilant du trombone fait merveille et instaure une atmosphère vibrante et imprégnée d’une profonde mélancolie.

On est transporté de bout en bout des treize plages de l’album « Ornithologie » mais on demeure pourtant en questionnement quant au fait que le trio n’ait pas repris le titre Ornithology enregistré sur l’album éponyme de Parker sorti en 1946.

De Shaw’ Nuff à Blue Bird, « Un Poco Loco » revitalise sans les trahir les morceaux légendaires que jouait Bird.

« Un Poco Loco », ce n’est pas juste un peu fou, c’est avant tout le travail de trois orfèvres qui se réapproprient avec brio et humour la musique de Charlie Parker. Plusieurs concerts se profilent pour retrouver live, Fidel Fourneyron (trombone), Geoffroy Gesser (saxophone ténor, clarinette) et Sébastien Beliah (Sébastien Beliah). RV le 28 février 2020 à Paris à 20h à l’Ateleir du Plateau, le 10 avril 2020 à 20h à L’Etincelle de Rouen. Le 17 avril 2020 à 20h30, Le Silex accueille le trio à Auxerre et « Un Poco Loco » est programmé le 22 mai 2020  à Coutances dans le cadre du festival Jazz sous les Pommiers.

Echo#1-Jazz à Vienne 2021

Echo#1-Jazz à Vienne 2021

Après de 24 mois de silence, les pierres du Théâtre Antique de Vienne vibrent de nouveau avec bonheur au son des notes de jazz. Après la soirée Afrique qui a marqué l’ouverture de la 40e édition de Jazz à Vienne avec Salif Keita, Keziah Jone et Julia Sarr, c’est au tour des musiques brésiliennes de résonner dans l’enceinte magique du Théâtre Antique. Le 26 juin le soleil est de la partie, le public se presse pour écouter Lucas Santtana puis Chico César. La soirée Brésil est un succès.

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« Too Short » par Fabien Mary and The Vintage Orchestra

« Too Short » par Fabien Mary and The Vintage Orchestra

« Too Short », le premier album en big band de Fabien Mary réalisé avec The Vintage Orchestra est sorti le 28 mai 2021 sur le label jazz&people. Membre de l’orchestre depuis ses débuts, le trompettiste a composé et arrangé l’intégralité de la musique de ce disque. Répertoire original, couleurs chatoyantes, improvisations inspirées. Dix pièces inscrites dans la grande tradition du jazz orchestral. Du swing XXXL !

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Jazz à Vienne 2020 – Trois nouveaux noms dévoilés

Jazz à Vienne 2020 – Trois nouveaux noms dévoilés

NAS, Jill Scott & Michael Kiwanuka

« Jazz à Vienne » 2020 lève le voile sur trois nouveaux noms de sa programmation. Le 27 juin 2020 le rapper new-yorkais NAS est annoncé à Vienne. Le 08 juillet 2020, la Soirée Soul accueille la reine de la soul américaine, Jill Scott, précédée en set d’ouverture, par l’auteur-compositeur-interprète londonien Michael Kiwanuka. Trois artistes qui viennent fouler la scène du Théâtre Antique pour la première fois !

Après Jamie Cullum, Julia Sarr, Hugh Coltman & Juanjo Guarnido, The Count Basie Orchestra & Jazz at Lincoln Center with Wynton Marsalis, un nouveau pan du voile se lève sur trois nouveaux noms de la programmation du festival « Jazz à Vienne » 2020. Trois rendez-vous à noter pour ne pas rater les prestations de ces artistes qui vont fouler la scène du Théâtre Antique pour la première fois.

Le 27 juin 2020, c’est NAS, le fils du trompettiste Olu Dara qui vient rapper devant 7000 personnes. La Soirée Soul du 08 juillet 2020 est elle-aussi prometteuse. Le très singulier Michael Kiwanuka et sa folk avant-gardiste précède la venue de la reine de la soul américaine Jill Scott qui viendra fêter les vingt ans de son premier album phare.

27 juin 2020

NAS, un des trois nouveaux noms de l'affiche de Jazz à Vienne 2020C’est le rappeur NAS qui sera l’artiste phare de la soirée du 27 juin 2020.

Rien ne laisser présager lors de sa naissance le 14 septembre 1973 que Nasir Bin Olu Dara Jone, fils du trompettiste Olu Dara, se ferait connaître sous le nom de NAS et deviendrait un virtuose de la rime, un rappeur aujourd’hui vénéré par ses pairs et suivi par son public. Après son premier album « Illmatic » (1994) qui a marqué ses débuts fracassants, NAS a plus récemment sorti « Nasir » supervisé par Kanye West.

Un beau challenge pour lui que de rapper le 27 juin 2020 devant les 7000 spectateurs du Théâtre Antique !

08 juillet 2020 : Soirée Soul

Jill Scott

Jill Scott, un des trois nouveaux noms de l'affiche de Jazz à Vienne 2020Celle dont l’inspiration « … vient du hip-hop, du R&B et du jazz », vient célébrer en 2020 le vingtième anniversaire de l’album « Who Is Jill Scott ? Words And Sounds Vol. 1 » en interprétant sur scène ses dix-sept chansons réarrangées pour l’occasion.

Sorti le 18 juillet 2000, cet opus est devenu disque de platine aux États-Unis..Avec Jill Scott, la soul music est entrée de plain pied dans l’ère moderne, ancrée dans les grooves hip-hop et la richesse mélodique des années 1970. Le 08 juillet 2020, elle sera à Vienne avec des promesses de  « nouveaux arrangements,… énergie nouvelle, … musiciens d’exception ».

En attendant, on se prépare et on révise ses classiques pour reprendre en chœur Gettin’ In The Way, It’s Love, Do You Remember et, entre autres, Love Rain !

Michael Kiwanuka

Michael Kiwanuka, un des trois nouveaux noms de la programmation de Jazz à Vienne 2020

Michael Kiwanuka©Olivia Rose

La Soirée Soul ouvre avec Michael Kiwanuka,

Imprégné de soul music, cet artiste intégré dans le paysage musical du XXIe siècle. il dépasse les frontières de ce style grâce aux qualités intemporelles et universelles de sa musique.

Après Home Again » (2012), « Love & Hate » (2016) et le plus récent « Kiwanuka », Michael Kiwanuka s’est inscrit dans paysage musical du XXIe siècle. Il propose une folk music avant-gardiste à la portée de tous les tympans avec des textes à la hauteur de la musique.

Sa venue se profile comme un des événements de 2020 !

RV avec les trois nouveaux noms de la programmation de « Jazz à Vienne » 2020, trois nouveaux venus sur la scène du Théâtre Antique. Le 27 juin 2020, le rappeur NAS. et le 08 juillet 2020 une superbe Soirée Soul avec un double plateau qui réunit Michael Kiwanuka et la la reine de la soul américaine, Jill Scott. Il faut attendre le 24 mars 2020 pour découvrir l’intégralité du programme de la 40ème édition du festival « Jazz à Vienne » !

Echo#1-Jazz à Vienne 2021

Echo#1-Jazz à Vienne 2021

Après de 24 mois de silence, les pierres du Théâtre Antique de Vienne vibrent de nouveau avec bonheur au son des notes de jazz. Après la soirée Afrique qui a marqué l’ouverture de la 40e édition de Jazz à Vienne avec Salif Keita, Keziah Jone et Julia Sarr, c’est au tour des musiques brésiliennes de résonner dans l’enceinte magique du Théâtre Antique. Le 26 juin le soleil est de la partie, le public se presse pour écouter Lucas Santtana puis Chico César. La soirée Brésil est un succès.

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« Too Short » par Fabien Mary and The Vintage Orchestra

« Too Short » par Fabien Mary and The Vintage Orchestra

« Too Short », le premier album en big band de Fabien Mary réalisé avec The Vintage Orchestra est sorti le 28 mai 2021 sur le label jazz&people. Membre de l’orchestre depuis ses débuts, le trompettiste a composé et arrangé l’intégralité de la musique de ce disque. Répertoire original, couleurs chatoyantes, improvisations inspirées. Dix pièces inscrites dans la grande tradition du jazz orchestral. Du swing XXXL !

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Jean-Marc Foltz présente « Wild Beasts »

Jean-Marc Foltz présente « Wild Beasts »

Un jazz ensauvagé à la poésie fauve

Avec « Wild Beasts », le clarinettiste Jean-Marc Foltz et ses trois complices proposent un safari-jazz aux accents félins. Huit tableaux musicaux expressifs constituent les étapes de ce voyage. Par ses audaces, la musique charpentée évoque la liberté de la faune sauvage et comme elle, ne s’embarrasse guère des contraintes. Un jazz ensauvagé paré d’une poésie coloriste.

Couverture de l'album Wild Beasts de Jean-MarcM FoltzAprès le road-trip andin de « Viracochas » sorti en 2013, le clarinettiste Jean-Marc Foltz est de retour avec « Wild Beasts » (Vision Fugitive/L’Autre Distribution), la suite de son aventure musicale avec le guitariste Philippe Mouratoglou, le contrebassiste Sébastien Boisseau et le batteur Christophe Marguet. Annoncé pour le 28 février 2020 chez Vision Fugitive, l’album présente une musique saisissante où coexistent force et poésie.

Objet précieux pour l’oreille, l’album soigne aussi son esthétique dont l’illustration de la pochette est à porter au crédit du dessinateur Emmanuel Guibert, lauréat 2020 du Grand Prix du Festival International de la bande dessinée d’Angoulême. Gageons que sa réussite soit prédictive de celle de l’album.

Le nouveau projet du clarinettiste Jean-Marc Foltz se présente tel un voyage onirique, un safari musical dans une jungle poétique que les quatre musiciens imaginent à partir des clichés en noir et blanc d’animaux captés dans leur habitat sauvage par l’objectif du photographe Nicolas Bruant.

« Wild beasts », une poésie fauve empreinte de liberté

Wilds Beasts, le suartet de Jean-Marc Foltz©Maxim Francois

Wild Beasts©Maxim Francois

Composés par le clarinettiste, les huit titres de l’album « Wild Beasts » donnent à écouter huit tableaux d’un jazz poétique aux couleurs fauves. En feuilletant le livret, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre la liberté qui habite les huit plages et celle des animaux sauvages dont les superbes clichés en noir et blanc du photographe Nicolas Bruant illustrent le livret.

Par la puissance et les nuances de leur expression, les quatre musiciens, à la fois fauves et poètes, transportent la musique à la confluence de deux dimensions, celle de la culture et celle de la nature. En effet, si la musique reflète la culture des artistes qui lui donnent vie, elle participe aussi à enrichir celle du public qui l’écoute. Par ailleurs, lorsque l’artiste improvise, on peut considérer cette création instantanée comme une forme distanciée des contraintes de l’écriture, une expression spontanée qui opère un retour à la nature d’une musique originelle.

Au fil des titres

Sur un motif répétitif de batterie, la clarinette basse et la guitare installent un décor musical onirique en suspension. Au fil des mesures Run to Live, le morceau se tend et s’électrise. Le solo voltigeur de la clarinette basse plante le décor et entame une course éperdue pour survivre. Plus tard, à l’unisson avec la guitare, la clarinette basse entonne la mélodie au tempo saccadé de Croc. Comme un animal aux aguets, la contrebasse montre les crocs. Soutenu par une batterie bruitiste, elle fait entendre son grondement tellurique avant que la mélodie musclée ne reprenne son cours.

Changement de climat avec le décoiffant Betty Devil. Son écriture contemporaine et ludique inspire la clarinette basse et la guitare dont la connivence est palpable. Absolument magistral !

Le quartet de Jean-Marc Foltz©Maxim François

Wild Beasts©Maxim François

Sur Lions Die Alone, le paysage se fait méditatif. La palette expressive des instruments se colore de nuances alternativement graves ou inquiétantes. La contrebasse vibrante rend le climat poignant et le souffle boisé fait frémir la clarinette au-dessus des cymbales délicates. Peaceful Majesty instaure ensuite un climat contemplatif. Le tandem magique, clarinette-guitare dessinent une fresque subtile qui invite au voyage intérieur et à la méditation.

Après une introduction solo de la clarinette basse, le quartet déroule la mélodie fragmentée et humoristique du titre Hippopotorganum Magnum. Son écoute fait résonner les réminiscences des phrasés d’un certain Eric Dolphy. Plus loin, le chant de la clarinette basse émerge comme une prière de From bear to Fox. En parfaite osmose, les quatre instrumentistes habillent l’espace musical d’une intensité lumineuse quasi spirituelle

L’opus se termine avec Monkey Rag où le quartet invite à une parodie fort réussie de ragtime. Le jeu musical acrobatique, évoque des singes qui sautillerent de branche en branche et la clarinette enflammée libère des sons aux accents fauves et primitifs soutenue par une paire rythmique d’une exceptionnelle inventivité. Le final ludique vaut son pesant d’or et en concert devrait déclencher des tonnerres d’applaudissements.

« Wild Beasts », une proposition musicale originale aux accents fauves qui jongle entre écriture subtile et improvisation picturale. Un jazz libéré des contraintes. Une musique dont la poésie enchante par ses couleurs sauvages. Un album qu’il plaît à écouter encore et encore pour mieux s’en imprégner.

Pour se replonger dans les climats de « Wild Beasts » et retrouver Jean-Marc Foltz (clarinettes), Philippe Mouratoglou (guitare), Sébastien Boisseau (contrebasse) et Christophe Marguet (batterie), RV pour le concert de sortie de l’album à Paris, le 05 mars 2020 au Sunset.

Echo#1-Jazz à Vienne 2021

Echo#1-Jazz à Vienne 2021

Après de 24 mois de silence, les pierres du Théâtre Antique de Vienne vibrent de nouveau avec bonheur au son des notes de jazz. Après la soirée Afrique qui a marqué l’ouverture de la 40e édition de Jazz à Vienne avec Salif Keita, Keziah Jone et Julia Sarr, c’est au tour des musiques brésiliennes de résonner dans l’enceinte magique du Théâtre Antique. Le 26 juin le soleil est de la partie, le public se presse pour écouter Lucas Santtana puis Chico César. La soirée Brésil est un succès.

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« Too Short » par Fabien Mary and The Vintage Orchestra

« Too Short » par Fabien Mary and The Vintage Orchestra

« Too Short », le premier album en big band de Fabien Mary réalisé avec The Vintage Orchestra est sorti le 28 mai 2021 sur le label jazz&people. Membre de l’orchestre depuis ses débuts, le trompettiste a composé et arrangé l’intégralité de la musique de ce disque. Répertoire original, couleurs chatoyantes, improvisations inspirées. Dix pièces inscrites dans la grande tradition du jazz orchestral. Du swing XXXL !

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Pierre de Bethmann Trio présente « Essais/Volume 3 »

Pierre de Bethmann Trio présente « Essais/Volume 3 »

Sans œillères ni dogmatisme

Dans une approche très personnelle, Pierre de Bethmann Trio persiste depuis plus de six ans à explorer des compositions inscrites au patrimoine musical collectif. Après deux premiers albums, le pianiste Pierre de Bethmann, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Tony Rabeson présentent « Essais/Volume 3 » annoncé pour le 21 février 2020. Sans œillères ni dogmatisme, le trio exerce avec brio son talent dans l’art de la reprise.

Le 21 février 2020, le label Alea sort « Essais/Volume 3 », le troisième opus du Pierre de Bethmann Trio. Après « Essais/Volume 1 » (2015) et « Essais/Volume 2 » (2018), enregistrés exclusivement au piano acoustique, Pierre de Bethmann invite son Fender Rhodes à inscrire sa voix dans l’univers de ce troisième opus.

Sur cet album, le trio continue à explorer des standards issus de traditions musicales différentes. Avec ses complices Sylvain Romano (contrebasse) et Tony Rabeson (batterie), le pianiste Pierre de Bethmann reprend et dépayse huit morceaux venus d’Europe et d’outre-Atlantique, issus du monde de la chanson française et de la pop américaine, de la musique classique et du jazz.

L’univers du trio

En étroite complicité, Pierre de Bethmann, Sylvain Romano et Tony Rabeson cultivent leur univers si personnel. Un univers où complexité et fluidité coexistent sans se faire de l’ombre. Un univers qui accorde une place essentielle à la mélodie mais où les schémas rythmiques et harmoniques proposent des univers aux dynamiques et aux couleurs changeantes. Un univers qui se plait à dépayser les musiques et à surprendre les oreilles.

Sans œillères ni dogmatisme, le trio exerce son talent à cultiver l’art de la reprise. Il utilise comme base de travail, des thèmes issus de traditions musicales différentes, les projette sur des toiles de fond enjazzées et laisse émerger son inspiration qui explose dans des improvisations créatives. Pierre de Bethmann Trio travestit les morceaux au gré de sa sensibilité et de son imagination.

« Essais/Volume 3 »

couverture de l'album Essais/Volume 3 du Pierre de Bethmann TrioEnregistré comme les deux précédents volumes au Studio Recall (Pompignan) par Philippe Gaillot, l’album restitue la musique du trio dans une dynamique permettant de capter les interactions et les vibrations complices qui circulent entre les musiciens.

Comme sur les deux autres opus, le répertoire de l’album « Essais/Volume 3 » maintient toujours un savant équilibre entre les différents territoires explorés. Le trio reprend huit morceaux composés entre 1851 et 1984 en Europe ou aux Etats-Unis. Succès la chanson française et de la pop américaine, sonate classique passée à la postérité, standard de jazz avéré ou composition en voie de le devenir.

Au cœur d’un bestiaire incertain, La Cane de Jeanne de Georges Brassens coexiste avec L’Ours de Jean-Loup Longnon. La mélancolie habite l’univers lyrique de la sonate opus 105 de Schumann et celui plus dépouillé du célèbre Que Sera Sera, le fender électrise la soul de Stevie Wonder et le blues de John Scofield, la reprise de Cole Porter pétille de modernité alors que des schémas rythmiques véloces font exploser l’univers de Sam Rivers.

Huit reprises, huit univers

En ouverture, le jeu souple et volubile du Fender Rhodes transforme La Cane de Jeanne de Brassens en un volatile coquin qui se dandine sur une rythmique élastique. Une parodie vivifiante !

C’est ensuite dans le pur respect de l’esthétique chambriste que le trio reprend la Sonate opus 105 de Schumann. Avec une légèreté et une fluidité remarquables, Pierre de Bethmann développe un chorus ancré dans l’art de la fugue où résonnent des échos évocateurs d’un certain Jarrett. Plus loin, fortement imprégnés par la version originale du Cyclic Episode de Sam Rivers de 1965, piano, contrebasse et batterie déroulent avec vélocité, la richesse harmonique et rythmique de ce standard. Il vient l’envie d’applaudir à l’écoute du chorus de batterie qui permet d’apprécier le jeu félin et nerveux de Tony Rabeson.

Plus loin, la contrebasse de Sylvain Romano métamorphose dès l’ouverture la chanson Que Sera, Sera, en une ballade mélancolique et lunaire. Sur un tempo en suspension, le piano charmeur invite ensuite à le suivre dans un songe musical lumineux. Après cette parenthèse radieuse, le trio fait groover Dark Blue de John Scofield. Pas question de blues rugueux. Entre piano et fender, le morceau prend des allures plus sophistiquées et la paire rythmique teinte l’ambiance d’un battement funky. Entre force et douceur, le trio projette des reflets satinés sur les ombres du blues.

Le trio s’empare ensuite de la composition de Cole Porter, Easy to Love. Soutenue par les accords pointillistes du fender, la contrebasse éloquente détourne le morceau hors des sentiers battus. Surgit alors l’Inattendu incarné par un chorus de piano qui coule avec aisance et pétille de swing sur lequel rebondit la batterie inspirée.

Sur L’Ours, conte symphonique écrit par le trompettiste Jean-Loup Longnon, le trio adopte la forme d’une ballade au climat énigmatique. Le minimalisme est de mise avec un solo de contrebasse confidentiel et une batterie qui peint des volutes à la pointe de ses balais. C’est dans un style soul soft que, fender en tête, le trio reprend le célèbre I Can’t Help It de Stevie Wonder… et l’on se prend à esquisser un pas de danse élégant sur le dernier titre de cet album que l’on s’empresse aussitôt de remettre sur la platine.

Avis aux amateurs… après le Volume 3 des Essais de Pierre de Bethmann Trio, le label Alea devrait proposer le Volume 4 dans le courant de l’année 2020. En effet, la session d’enregistrement a été si féconde qu’elle permet d’envisager la sortie de deux albums, et de cela nul ne se plaindra.

Pour se replonger dans l’univers de « Essais/Volume 3 », plusieurs concerts se profilent. RV le 14 février 2020 à 20h30 au Théâtre de Coutances, le 06 mars 2020 à Reims au Café du Palais, le 27 mars 2020 à 21h au Crescent de Mâcon et le 28 mars 2020 à Toulouse, salle Le Taquin. Sans oublier les concerts de sortie de l’album qui se dérouleront les 13 & 14 mars 2020 à 21h30 au Sunside à Paris dans le cadre des Rendez-Vous mensuels de Pierre de Bethmann au Sunside.

Echo#1-Jazz à Vienne 2021

Echo#1-Jazz à Vienne 2021

Après de 24 mois de silence, les pierres du Théâtre Antique de Vienne vibrent de nouveau avec bonheur au son des notes de jazz. Après la soirée Afrique qui a marqué l’ouverture de la 40e édition de Jazz à Vienne avec Salif Keita, Keziah Jone et Julia Sarr, c’est au tour des musiques brésiliennes de résonner dans l’enceinte magique du Théâtre Antique. Le 26 juin le soleil est de la partie, le public se presse pour écouter Lucas Santtana puis Chico César. La soirée Brésil est un succès.

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« Too Short » par Fabien Mary and The Vintage Orchestra

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« Too Short », le premier album en big band de Fabien Mary réalisé avec The Vintage Orchestra est sorti le 28 mai 2021 sur le label jazz&people. Membre de l’orchestre depuis ses débuts, le trompettiste a composé et arrangé l’intégralité de la musique de ce disque. Répertoire original, couleurs chatoyantes, improvisations inspirées. Dix pièces inscrites dans la grande tradition du jazz orchestral. Du swing XXXL !

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Clin d’œil à Rosario Giuliani & « Love In Translation »

Clin d’œil à Rosario Giuliani & « Love In Translation »

Entre tendresse et mélancolie

Le saxophoniste italien Rosario Giuliani présente « Love In Translation », un album qui scelle son retour sous le label Jando Music/Via Veneto Jazz. Il retrouve pour l’occasion le vibraphoniste américain Joe Locke avec lequel il a engagé une collaboration débutée il y a 20 ans à Umbria Jazz. Servi par une rythmique subtile et efficace, le duo célèbre l’amour avec chaleur et lyrisme. L’opus à l’esthétique soignée navigue entre tendresse et mélancolie. Gorgée de sensibilité et d’émotion, la musique enchante.

Sorti le 26 janvier 2020, l’album « Love In Translation » (Jando Music/Via Veneto Jazz) marque les retrouvailles du saxophoniste Rosario Giuliani et du vibraphoniste Joe Locke, vingt ans après leur premier partenariat à Umbria Jazz. Avec le contrebassiste Dario Deidda et le batteur Roberto Gatto, ils proposent une musique réflexive et plutôt intimiste, lyrique et sensible dédiée à l’amour qu’ils traduisent en émotions musicales.

Loin d’un album qui conterait les couleurs d’un amour enflammé, « Love In Translation » élève une ode sensible à l’amour avec un répertoire d’une rare intensité mélancolique. Un opus à l’esthétique soignée qui fait la part belle à ces émotions tout en retenue qui caressent l’oreille.

Rosario Giuliani

Rosario Giuliani

Rosario Giuliani©A. Soukizy

Né en 1967 à Terracina, Rosario Giuliani suit les cours au Conservatoire de Frosinone de 1982 à 1987 où il étudie le saxophone classique. En 1996, il reçoit le le Prix Massimo Urbani.

C’est à partir de cette époque qu’il se consacre au jazz avec son quartet composé de Pietro Lussu (piano), Joseph Lepore (contrebasse) et Lorenzo Tucci (batterie). Durant ces mêmes années, il enregistre quatre albums pour le label Philology, « Duets From Trane » (1997), « Live from Virginia Ranch » (‎1997), « Connotazione Blue » (1998) et « Flashing lights » (1998). Dans les années 2000 il rejoint l’écurie du label Dreyfus Jazz sous lequel il enregistre successivement « Luggage » (2001), « Mr Dodo » (2002), « More Than Ever » (2004), « Anything Else » (2007), « Lennie’s Pennies » (2010) et « Images » (2013) avec Joe Locke. Cette décennie 2000 a permis au public français de découvrir ce saxophoniste virtuose et flamboyant qui brillait dans des contextes for différents et soulevait l’enthousiasme partout où il jouait.

L’année 2013 marque son retour chez Jando Music où il enregistre « The Golden Circle » en 2013 et en 2016, « Cinema Italia » avec Luciano Biondini, Enzo Pietropaoli, Michele Rabbia. Au fil des années il a aussi enregistré avec Enrico Pieranunzi et Franco  D’Andrea. 2016 le voit revenir en quartet avec le superbe « The Hidden Side » (Parco della Musica Records) avec Alessandro Lanzoni (piano), Luca Fattorini (contrebasse) et Fabrizio Sferra (batterie), album sur lequel il grave les titres The Hidden Force of Love et Tamburo.

De Duke Ellington à Ornette Coleman, sans omettre Coltrane et nombre de grands compositeurs qui ont marqué l’histoire du jazz, le saxophoniste Rosario Giuliani s’est forgé une carrière. Confronté à de nombreuses esthétiques musicales, il a élaboré un style qui lui appartient en propre. Si le hard bop n’a aucun secret pour lui, il revient en 2020 avec « Love In Translation », un album à l’esthétique soignée où il retrouve Joe Locke, un des vibraphonistes les plus sollicités du jazz contemporain.

« Love In Translation »

L’album « Love In Translation » peint les nuances raffinées des couleurs de l’amour dont il propose dix variations comme dix aspects de cette émotion qui n’en finit pas d’inspirer les artistes.

couverture de l'album Lost in Translation de Rosario GiulianiLe répertoire compte cinq titres originaux du saxophoniste et du vibraphoniste parmi lesquels deux hommages à deux trompettistes remarquables trop tôt disparus, Raise Heaven que Joe Locke dédie à Roy Hargrove et Tamburo, hommage de Rosario Giuliani à Marco Tamburini. Sur l’album figurent aussi de célèbres standards comme Duke Ellington’s Sound of Love de Charles Mingus, Love Letters de Victor Young et Edward Heyman et Everything I Love de Cole Porter. Enfin, le disque présente des reprises très personnelles de deux chansons populaires. Une version solaire du morceau I Wish You Love-Que reste-t-il de nos amours ? de l’auteur-compositeur-interprète Charles Trenet dont le pianiste accompagnateur Léo Chauliac avait composé la musique et une seconde très sentimentale, de Can’t Help Falling in Love With You, chantée en son temps par Elvis Presley. Par un curieux hasard, le saxophoniste Oded Tzur a lui aussi repris ce thème sur album « Here Be Dragons » sorti récemment chez ECM. L’amour traverse les générations et les inspire.

Au fil des titres

L’album ouvre avec une reprise de la célèbre composition de Charlie Mingus, Duke Ellington’s Sound of Love dont le quartet donne une version magistrale. Pris sur le même tempo que l’original, le morceau livre toute sa quintessence. Sur l’écrin de velours des accords voluptueux du vibraphone, la verve lyrique du saxophone alto et les variations sinueuses de son phrasé déclinent toute la gamme des émotions.

C’est ensuite une version rythmiquement renouvelée de Wish You Love/ Que reste-t-il de nos amours ? qu’interprète le groupe. A la fois mélancolique et solaire, le chorus de saxophone s’alanguit avec décontraction sur l’accompagnement impressionniste du vibraphone qui prend un solo d’une souplesse infinie. Love Letters sert ensuite de prétexte à l’alto pour insuffler une puissante émotion dans son jeu d’où émerge une poésie musicale onirique. Un amour en suspension…

Plus loin, une véritable alchimie s’opère entre le vibraphone et l’alto qui exposent à l’unisson le thème de Love is a Planchette, composé par Joe Locke. Après le solo enveloppant et fluide du vibraphone, l’alto développe une courte improvisation qui de fougueuse devient sereine.

Le quartet propose ensuite une variation délicate de I Can’t Help Falling In Love With You, chanson popularisée par Elvis Presley. L’alto expressif et lyrique s’exprime au-dessus de la musique comme suspendue en flottaison par le vibraphone et les cymbales frissonnantes. Après avoir succombé à l’amour, on en découvre la face cachée sur The Hidden Force Of Love, composé par Rosario Giuliani. Après un chorus de l’alto énergique mais empreint de tendresse, la contrebasse chante avec allégresse dans le registre des aigus et la batterie fait scintiller la fin du morceau.

Advient alors l’hommage composé par Joe Locke à la mémoire du trompettiste Roy Hargrove. Chargé d’une sensibilité lumineuse, Raise Heaven s’élève telle une prière vibrante où est palpable l’alchimie qui règne entre le soprano et le vibraphone. Après ce moment d’intimité apaisée, c’est sur un rythme de mambo étiré que l’alto mélancolique fait frémir Love in Translation.

Plus loin, les musiciens métamorphosent, Everything I Love, la ballade de Cole Porter, en adoptant un tempo rapide qui laisse exploser le versant extraverti de l’alto. Son jeu audacieux et frénétique embrase le vibraphone qui rivalise par un torrent de notes impétueuses. Drôlement osé mais rudement réussi !

L’album se termine avec Tamburo, une composition dédiée par Rosario Giuliani au trompettiste italien Marco Tamburini décédé en 2015. Au-dessus du tapis flottant que tissent en souplesse les balais sur les cymbales et avec en toile de fond l’accompagnement pointilliste du vibraphone, la contrebasse pleure des larmes de tristesse et le soprano chante une variation poétique chargée d’émotion.

Magnifiée, la mélodie demeure au centre de « Love In Translation ». Pas de sentimentaliste mais une musique riche en émotions même sur les tempi enlevés. Rien de convenu dans l’accompagnement de la paire rythmique mais une présence raffinée tout entière au service de l’atmosphère musicale. Rosario Giuliani élabore une expression peaufinée qui témoigne d’une grande maturité et d’une absolue maîtrise. Cela concourt au plaisir et au confort de l’écoute et force l’admiration. Cette dimension esthétique est par ailleurs accentuée par le jeu subtil et épuré de Joe Locke, l’expressivité raffinée de Dario Deidda et le drumming délicat de Roberto Gatto.

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