Le deuxième album de Jeremy Hababou porte vraiment bien son nom, « Nuances ». D’une facture épurée, mélodies et atmosphères explorent le registre des émotions. Élégantes et raffinées, les compositions du pianiste s’accordent avec la sobriété de son jeu. Une musique poétique, sensible et élégante.
Auditorium Lyon – Paolo Fresu, Trilok Gurtu, Omar Sosa
Le monde musical de trois leaders charismatiques
Le mardi 13 décembre à 20h, l’Auditorium de Lyon, en coproduction avec Jazz à Vienne, propose le troisième concert de sa saison Jazz 2016/2017. La soirée s’annonce prometteuse avec la réunion sur la même scène des trois grands leaders, Paolo Fresu, Trilok Gurtu, Omar Sosa.
Après la soirée inoubliable du 13 novembre où Joshua Redman et Brad Mehldau ont offert un jazz intime et complice situé entre romantisme et modernité, l’Auditorium et « Jazz à Vienne » invitent les spectateurs dans le monde métissé des musiques des trois instrumentistes, Paolo Fresu, Trilok Gurtu, Omar Sosa. Issus d’univers très différents, ces trois leaders charismatiques se retrouvent régulièrement pour proposer une musique très libre qui fusionne leurs influences.
Cette musique plutôt confortable propose un univers musical aux tonalités colorées où le jazz croise les traditions portées par chacun des instrumentistes. Il en résulte des ambiances planantes plutôt dépaysantes. En effet, le trompettiste sarde Paolo Fresu contribue à créer un écrin de mélodies réverbérées et éthérées dont la légèreté permet de libérer l’expression rythmique du pianiste cubain Omar Sosa. Le percussionniste indien Trilok Gurtu dresse quant à lui des piliers rythmiques souples et propices à l’expression des solistes.
A n’en pas douter, les trois protagonistes de la soirée réservent au public des moments d’étonnement. Des spirales planantes générées par la trompette ou le bugle de Paolo Fresu. Des joutes spectaculaires entre le pianiste et le percussionniste où Omar Sosa délaisse le clavier pour des scats vocaux et de fascinantes gestuelles en réponse aux onomatopées rythmiques de Trilok Gurtu qui affectionne de telles confrontations.
Cette musique du monde plutôt contemporaine alimente un climat quasiment magique. La musique du trio Paolo Fresu, Trilok Gurtu, Omar Sosa est le plus souvent démonstrative et extravertie et en tout cas toujours très consensuelle. On se souvient de l’accueil chaleureux du public du Festival « A Vaulx Jazz 2016 » le 10 mars lors de la venue du trio Paolo Fresu, Trilok Gurtu, Omar Sosa après un concert propice à la rêverie.
Le concert du 13 décembre est précédé à 19h des « Propos d’avant concert » dans le Bas-Atrium animés par Jean-Paul Boutellier. On gage que la soirée du 13 décembre sera d’une belle facture avec la réunion de ces trois musiciens créatifs que sont Paolo Fresu, Trilok Gurtu, Omar Sosa.
Jeremy Hababou revient avec « Nuances »
Echo#2-Nuits de Fourvière 2018
Les Nuits de Fourvière ont connu un heureux mélange d’énergie, de recueillement et d’allégresse avec le concert du 06 juin 2018 donné en hommage à Paul Robeson dans le Temple du Change, Raphaël Imbert et ses complices ont offert de fortes vibrations émotionnelles. La dimension spirituelle de « Music is my Hope » a éclaté.
Echo#1-Nuits de Fourvière 2018
Les Nuits de Fourvière fêtent les 70 ans du Hot Club de Lyon en invitant Erik Truffaz en quintet à l’Odéon. Pour l’occasion le trompettiste reprend le répertoire de « Bending New Corners », album sorti chez Blue Note en 1999. Ensorcelée par le musicien helvète, la pluie cesse dès les premières notes de ce concert superbe.
Qui n’a pas fredonné un jour une mélodie issue d’un dessin animé de Walt Disney ? Dans chaque génération, on a le souvenir d’un film qu’on a partagé avec enfants, grands-parents, parents ou petits-enfants. En fait, les airs du monde merveilleux de Disney sont comme autant de Madeleines de Proust. Même si le cinéma propose aujourd’hui d’autres esthétiques, les dessins animés et films de Walt Disney demeurent magiques et les enfants (…les adultes aussi) visionnent ou revoient avec autant de plaisir, ces films témoins d’une autre époque.



Dès le titre de l’album, « ABUC », Roberto Fonseca annonce la couleur. Tout comme il inverse les lettre du nom de « CUBA » pour nommer son album, il mélange dans un voyage musical chatoyant toutes les musiques cubaines au long des quatorze plages. En effet le pianiste mêle les rythmes et les sons. Il inscrit de la modernité au sein de la tradition musicale cubaine.
Avant cet album, on connaissait déjà quelques détails de la vie du pianiste cubain Roberto Fonseca. Apparu sur scène à l’âge de 15 ans au Festival International de la Havane, celui qui a étudié au Havana’s Superior Institut of Art a sorti son premier album « Tiene que ver » en 1999. On sait qu’il a assuré le remplacement de Ruben Gonzalez au sein du Buena Vista Social Club avant d’accompagner Ibrahim Ferrer lors d’une grande tournée mondiale.
Roberto Fonseca s’affranchit de toute chronologie et navigue en zigzag à travers le temps dans un voyage qui n’a vraiment rien de linéaire. Au gré des titres il mélange les époques et les styles et fait même coexister des musiques de différentes périodes au sein d’un même morceau.
En ouverture de l’album, on écoute une riche version orchestrale de Cubano Chant. Le piano présente le thème. Il est vite rejoint par des percussions foisonnantes et de chatoyants riffs cuivrés . Le trombone virtuose de Trombone Shorty vient dialoguer avec l’orchestre et le piano. L’énergie est au rendez-vous. Pour terminer l’album, Roberto Fonseca reprend le thème en piano solo. Une très courte improvisation virtuose et syncopée prise sur un rythme plus rapide que le titre d’ouverture.
Après “Osloob Hayati” sorti en mars 2015, la flutiste Naïssam Jalal et son groupe « Rythms of Resistance » poursuit sa route musicale. Annoncé pour le 10 novembre, « Almot Wala Almazala » (Les Couleurs du Son//L’Autre Distribution), le deuxième album du quintet, s’inscrit dans la continuité du premier.
La jeune flutiste d’origine syrienne est née à Paris où elle a étudié la flute traversière classique au conservatoire. À 17 ans Naïssam Jalal découvre l’improvisation et deux ans après elle quitte la France en quête de ses racines. Elle étudie le nay au Grand Institut de musique arabe de Damas en Syrie puis rejoint le Caire où elle étudie le violon. De retour en France en 2006 elle se défie déjà des frontières musicales et partage son activité entre de nombreux styles, rap, musiques orientales, afrobeat et même musiques latines comme le tango avec Melingo. Elle côtoie le milieu du jazz et on l’a écouté récemment sur
Le pianiste Gerardo Jerez Le Cam transcende les styles et mélange les musiques traditionnelles et contemporaines argentines avec leurs cousines roumaines et moldaves. Cet artiste franco-argentin natif de Buenos Aires a en effet inventé le « tango balkanique » et il revient en 2016 avec « Reflejos Migrantes » (Label Ouest/l’Autre Distribution) à paraître le 10 novembre. L’enregistrement a été réalisé en juillet 2016 à La Soufflerie de Rezé près de Nantes. Cet album vraiment ébouriffant présente un riche mélange de trames mélodiques et d’envolées tourbillonnantes.