« Upward spiral » de Brandford Marsalis quartet et Kurt Elling

« Upward spiral » de Brandford Marsalis quartet et Kurt Elling

Brandford Marsalis & Kurt Elling tissent une spirale ascendante

Le talentueux Brandford Marsalis a invité Kurt Elling à rejoindre son quartet. Il en résulte un album somptueux dont le nom, « Upward Spiral » est évocateur. Avec la musicalité de cette spirale ascendante, on est propulsé au septième ciel.

upward spiral_couvLe saxophoniste Brandford Marsalis a engagé son quartet dans un projet musical dont le chanteur Kurt Elling est l’invité. Au regard de la qualité des musiciens on pouvait s’attendre à une réussite. En fait il s’agit de bien plus que cela… émotion et surprise de bout en bout de l’album. Les musiciens conversent et improvisent sur des schémas musicaux sans cesse renouvelés. Ils mettent leur virtuosité au service d’une musique sans esbroufe.

De fait, c’est un réel quintet qui a gravé les douze thème de l’album « Upward spiral » (Okeh/Sony Music). Aux côtés du saxophoniste Brandford Marsalis on retrouve Joey Calderazzo au piano, Eric Revis à la contrebasse, Justin Faulkner à la batterie et pour cinquième instrument, la voix de Kurt Elling.

Brandford Marsalis et ses musiciens souhaitaient enregistrer avec un chanteur. Aux yeux de Brandford Marsalis, ce sont les qualités de Kurt Elling qui ont fait de lui le candidat idéal pour ce partenariat. La souplesse et la chaleur de sa voix et surtout son statut de « vrai » jazzman ». Le projet s’est affiné durant les deux années qui ont précédé l’enregistrement réalisé à la Nouvelle Orléans. Un répertoire de douze titres retenus après concertation entre les cinq musiciens. Douze mélodies avec chacune son tempo et son univers propres.72_Kurt_Elling_Branford_Marsalis-Upward_Spiral_headshot

Des standards de jazz. There’s a boat dat’s leavin’ soon for New York » de Gerswhin ouvre le disque. Doxy de Sonny Rollins sur les paroles écrites par Mark Murphy. I’m a fool to want you interprété en duo voix-saxophone. Une version sensible de Blue Gardenia.

Des chansons magnifiées dont les reprises gagnent en épaisseur et en nuances.  « From One Island to another » de Chris Whitney. Blue Velvet, le thème de Lee Morris et Bernie Wayne, chanté rubato. Le merveilleux Practical Arrangement de Sting gagne encore en puissance. Conduits avec finesse par la batterie, voix et saxophone enroulent habilement leurs parties sur Só Tinha de ser com você, une bossa nova peu connue de Tom Jobim. Un tempo tout en suspension fait sonner d’étrange manière West Virginia Rose, la composition de Fred Hersch. Kurt Elling habitué au « spoken word », dit avec conviction Momma Said, un texte de Calvin Forbes, sur une musique de Brandford Marsalis.

A n’en pas douter, les deux compositions originales pourraient à elles seules justifier l’enregistrement. Cassandra song, une ballade d’exception. Les huit minutes minute d’écoute paraissent trop courtes, on souhaiterait que la musique ne s’arrête pas. Sur cette composition de Brandford Marsalis mise en paroles par Kurt Elling, le jeu délicat du pianiste et celui de la section rythmique sont mis en valeur autant que la voix du chanteur et celle saxophone soprano. Enfin on est propulsé au septième ciel par la spirale ascendante du dernier titre de l’album que l’on se prend à chantonner bien longtemps après l’écoute du disque. Ce pourrait bien devenir un standard. Voix et saxophone soprano s’élèvent avec lyrisme mais simplicité sur ce The return (Upward spiral) composé par Joe Calderazzo  avec des paroles de Kurt Elling.

Cinq musiciens inspirés conversent avec simplicité. « Upward Spiral », un album comme un concentré de pure musicalité à savourer sans modération et à  partager.

Mort du saxophoniste Manu Dibango

Après une carrière de plus de soixante ans, le saxophoniste et compositeur Manu Dibango a succombé au Covid-19 le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans. Le plus français des Camerounais laisse son public orphelin mais son héritage survivra aux années comme une réussite absolue de métissage des musiques africaines avec la soul et le jazz.

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Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Deux ans après « Zapateo Suite », le guitariste, chanteur et percussionniste Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple ». A la tête d’un quartet d’exception qui réunit Pierre de Bethman, Felipe Cabrera et Lukmil Perez, il dessine les contours d’un univers élaboré et très personnel. Entre mélopées envoutantes et chant spirituel mélancolique, le projet embarque l’oreille dans des suites musicales colorées. A l’en croire…. C’est aussi simple que ça !

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On se mobilise autour des albums à sortir…

Dans les circonstances exceptionnelles actuelles et au regard des décisions sanitaires prises par le gouvernement en raison de la pandémie du Covid-19… confinement obligé. Toutes les activités du spectacle vivant sont donc suspendues pour un délai dont on ignore encore la (réelle) durée.
Pas question d’en discuter la nécessité mais impossible de ne pas se poser des questions quant au devenir des artistes et de ceux qui les entourent et contribuent à soutenir leur travail. On se mobilise donc autour de ces projets discographiques dont la sortie coïncide avec cette période. Sur « Latins de Jazz », on en parle, on les écoute pour les rendre visibles et audibles en attendant de retrouver les artistes live sur scène après la tempête Covid-19.

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Benjamin Biolay aux Nuits de Fourvière

Benjamin Biolay aux Nuits de Fourvière

La magie du sorcier Biolay a ensorcelé Fourvière.

Le 17 juin, Benjamin Biolay offre aux Nuits de Fourvière, une création somptueuse lors d’une date estivale unique à l’occasion de la sortie de son album « Palermo Hollywood » réalisé entre Paris et Buenos-Aires.

Sur scène son groupe habituel et une rythmique argentine, un orchestre à cordes et son chef d’orchestre, des chanteurs lyriques et des invités.

benjamin-biolay-biolayph02-7.73-moDans un Grand Théâtre qui affiche complet, les musiciens s’installent. Section de cordes dirigée par Nicolas Guiraud. Section rythmique argentine avec Minino Garay aux percussions, Fernando Samalea à la batterie. Bandonéon et charango. La soprano Valérie Gabail et le ténor Jérémy Dufau. Benjamin Biolay entre en scène tout de noir vêtu, jean, polo à manches courtes, gilet de costume.

Le spectacle ouvre avec le titre éponyme de l’album « Palermo Hollywood ». Une somptueuse première partie propose la chronologie intégrale de l’album.

Biolay arpente la scène pour trouver ses marques et attaque. Voix grave ajustée dès le deuxième titre. Un Miss Miss endiablé où il est rejoint par la chanteuse argentine Sofia Wilhelmi court vêtue. Le public lyonnais réagit au quart de tour et la chaleur latino gagne le proscénium… la partie est bien engagée. Le public se déhanche au rythme de ce qui va sans doute devenir le tube le l’album. Petit temps de détente avec l’instrumental Borges Futbol (plutôt d’actualité en ces temps d’Euro 2016) puis retour du chanteur sur scène. Il enchaîne l’ensemble des titres de l’album avec à ses côtés la plupart de ses compagnons de l’album dont Chiara Mastroianni et Melvil Poupaud, tous deux acclamés.

Entre vie et mort, émotion et sensualité, mélancolie et tendresse, chaleur et exubérance, énergie et spleen, Benjamin Biolay décline les titres phares de l’album. La voix grave de Benjamin Biolay a trouvé ses marques. Le show continue de plus belle. La débandade est acclamée à tout rompre L’ambiance sombre installée par les cordes et bandonéon fait mouche sur Tendresse année zéro. Sur Palermo Spleen, la voix du ténor lyrique contraste avec le murmure de Biolay. Avec La Noche Ya No Existo et Sofia Wilhelmi, l’ambiance cumbia se déchaîne, la folie gagne la fosse et les gradins. Avec Palermo Soho, le tempo se fait langoureux, presque érotique. Pas sommeil fait retomber la pression mais le public qui n’a pas sommeil en redemande. La musique enfle. Avec Pas d’ci la nuit se fait épaisse. L’enthousiasme ne cède pas au court morceau instrumental Yokoonomatopea. La merveilleuse Ballade française plonge un instant les gradins dans une nostalgie embrumée. Le public applaudit à tout rompre.

Benjamin Biolay et son équipe sont parvenus avec brio à restituer sur scène l’ambiance de l’album « Palermo Hollywood ».

Après une sortie de scène rapide, Benjamin Biolay revient sur scène. Souvent au piano pour la seconde partie du spectacle, il rejoue ses grands titres d’antan, ceux qui l’ont révélé, ceux qui l’ont confirmé, ceux qu’on a aimés.

Les Cerfs-volants font planer le temps et les années sur la colline. Le thème récurrent du temps habite le répertoire tout en entier du chanteur qui ne se contente pas de le regarder passer. En poète inspiré il le décline sous tous ses aspects et le chante à la perfection Clin d’oeil à ses débuts et à l’album « Rose Kennedy ». Hommage émouvant à Hubert Mounier décédé le 02 mai. Succès de larmes, Cabane en rondins, Voyager léger en duo avec Chiara Mastroinani, Mobilis in Mobile de l’affaire Louis Trio chanté avec les spectateurs. L’émotion règne jusqu’au bout de la soirée et les titres s’enchaînent. Sur Jardin d’hiver quelques notes de trompette. Négatif joué au piano. Ballade du mois de juin en duo avec Chiara. Ton Héritage toujours aussi sensible.

Benjamin Biolay visiblement ému présente un par un tous les acteurs de la soirée, ceux qui ont participé au spectacle et l’ont organisé, sans oublier le public à qui il s’est régulièrement adressé pour les remercier « infiniment ». Pour finir, le grand classique La Superbe repris par une grande partie du public à qui il offre ensuite Lyon Presqu’île comme un hymne à la ville. Le natif de Villefranche y a étudié la musique au Conservatoire et y reste très attaché. Dernier appel endiablé après une bouffée de cigarette volée en coulisses.

Cette seconde partie plus recueillie que la première avec l’hommage rendu à Hubert Mounier se termine après presque deux heures vingt de spectacle.

La soirée du 17 juin a confirmé que Benjamin Biolay chante avec nuances toutes les facettes du temps, celles de la vie et de la mort, l’amour, l’allégresse, la nostalgie, la mélancolie. Ce talent incontestable est magnifié par une attitude humaine respectueuse tant  vis à vis de ses musiciens que de son public. Point de pose apprêtée de star. Point de discours. Simplement l’art d’un musicien qui a fait briller le soleil sur la colline de Fourvière une nuit de juin menacée par l’eau du ciel. Tel un magicien il a ensorcelé les nuages et arrêté les gouttes mais n’a pu empêcher la pluie de coussins que lancent les spectateurs sur la scène en guide de remerciements. Remerciements plus que largement mérités il est vrai.

Mort du saxophoniste Manu Dibango

Après une carrière de plus de soixante ans, le saxophoniste et compositeur Manu Dibango a succombé au Covid-19 le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans. Le plus français des Camerounais laisse son public orphelin mais son héritage survivra aux années comme une réussite absolue de métissage des musiques africaines avec la soul et le jazz.

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Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Deux ans après « Zapateo Suite », le guitariste, chanteur et percussionniste Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple ». A la tête d’un quartet d’exception qui réunit Pierre de Bethman, Felipe Cabrera et Lukmil Perez, il dessine les contours d’un univers élaboré et très personnel. Entre mélopées envoutantes et chant spirituel mélancolique, le projet embarque l’oreille dans des suites musicales colorées. A l’en croire…. C’est aussi simple que ça !

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On se mobilise autour des albums à sortir…

Dans les circonstances exceptionnelles actuelles et au regard des décisions sanitaires prises par le gouvernement en raison de la pandémie du Covid-19… confinement obligé. Toutes les activités du spectacle vivant sont donc suspendues pour un délai dont on ignore encore la (réelle) durée.
Pas question d’en discuter la nécessité mais impossible de ne pas se poser des questions quant au devenir des artistes et de ceux qui les entourent et contribuent à soutenir leur travail. On se mobilise donc autour de ces projets discographiques dont la sortie coïncide avec cette période. Sur « Latins de Jazz », on en parle, on les écoute pour les rendre visibles et audibles en attendant de retrouver les artistes live sur scène après la tempête Covid-19.

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« Ojos de Novia » par Mor Karbassi

« Ojos de Novia » par Mor Karbassi

La voix solaire de Mor Karbassi illumine « Ojos de Novia »

Après le succès de son dernier album « La Tsadika«  sorti en 2013, Mor Karbasi revient nous enchanter avec « Ojos de Novia », sorti le 13 mai.

C’est une nouvelle occasion de découvrir la voix remarquable de cette artiste charismatique portée par de talentueux musiciens à travers un album criant d’authenticité.

_72_MorKarbasi-OjosDeNovia_couv« Ojos de Novia » (Alama Rec. /Harmonia Mundi) propose treize titres aux influences berbères prononcées. Fidèle à la tradition musicale séfarade, Mor Karbasi y apporte son propre métissage marocain, perse et maure.

En effet, cette chanteuse et pianiste née à Jérusalem dans une famille aux origines marocaine, perse et israélienne célèbre 72_Mor_Karbasi_2015-0437R©Rob O'Connor@Stylorouge - cropla langue ladino emportée par les juifs séfarades d’Andalousie au Moyen-âge, lorsqu’ils furent exilés en 1492 par un décret des rois catholiques. Cette langue inventée par les rabbins espagnols traduit mot à mot l’hébreu en castillan. C’est par son grand-père, juif marocain, que Mor Karbassi s’est ouverte à cette riche culture. Passionnée par toute cette histoire elle y découvre ses racines. Sa voix prend son envol et s’épanouit dans tous les registres qu’elle explore.

Elle chante une tradition séculaire à laquelle elle apporte ses propres influences avec les atmosphères musicales du fado et flamenco qui se mêlent aux musiques du Maroc et d’Égypte.

À travers des chants évoquant à la fois l’amour et la tragédie, « Ojos de Novia », « Les Yeux de la Mariée », s’enrichit des talents de parolière de sa mère Shoshana Karbasi. Cet extrait du titre « Ahuvati Ester » n’est pas sans rappeler certains titres chantés en ladino par le contrebassiste Avishai Cohen.

Sur l’album, Mor Karbassi est entourée par Joe Taylor (guitares, trompette, saz), Jorge Bravo (guitare), Antonio Miguel (basse), Yshai Afterman (percussions) et Orel Oshrat (piano).

Elle accueille aussi des invités de marque. Richard Bona nous livre à la basse une performance remarquable sur le titre « Haykem Juar ».

The Tomatito Family insuffle des airs de flamenco et accompagne la chanteuse dans un voyage au cœur de l’Espagne. Avec « En la Ciudad de Toledo » il nous prend l’envie de visiter Tolède et l’Andalousie. C’est enfin Kai Eckhardt, ancien bassiste du McLaughlin Trio qui prête son talent à « Idijen » et « Ojos De Novia » où nostalgie et joie se télescopent dans la voix de Mor Karbassi.

Juste un clic sur le site de Mor Karbassi pour en savoir encore plus sur le talent de cette artiste charismatique.

Mort du saxophoniste Manu Dibango

Après une carrière de plus de soixante ans, le saxophoniste et compositeur Manu Dibango a succombé au Covid-19 le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans. Le plus français des Camerounais laisse son public orphelin mais son héritage survivra aux années comme une réussite absolue de métissage des musiques africaines avec la soul et le jazz.

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Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Deux ans après « Zapateo Suite », le guitariste, chanteur et percussionniste Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple ». A la tête d’un quartet d’exception qui réunit Pierre de Bethman, Felipe Cabrera et Lukmil Perez, il dessine les contours d’un univers élaboré et très personnel. Entre mélopées envoutantes et chant spirituel mélancolique, le projet embarque l’oreille dans des suites musicales colorées. A l’en croire…. C’est aussi simple que ça !

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« Blockbuster » aux Nuits de Fourvière

« Blockbuster » aux Nuits de Fourvière

Un « Blockbuster » explosif au Théâtre de la Renaissance

La première française de « Blockbuster » proposé par le Collectif Mensuel au Théâtre de la Renaissance a dépassé les promesses. Un mashup réjouissant était annoncé. La première représentation s’est terminée par des étincelles … suivies d’une ovation explosive et unanime.

Dominique Delorme, vient lui-même présenter le spectacle « Blockbuster » dont il vante la qualité et l’originalité. La troupe du Collectif Mensuel a prouvé avec brio la véracité de cette promesse.

Collectif mensuel_Blockbuster-NDF_5544D’emblée les protagonistes de la pièce, Sandrine Bergot, Quentin Halloy, Baptiste Isaia, Philippe Lecrenier et Renaud Riga instaurent une relation dynamique avec le public. Pour personnaliser le spectacle, ils se proposent d’enregistrer des boucles qu’ils intégreront dans la bande-son. Des « applaudissements enthousiastes » et des « slogans classiques scandés lors des manifs » sont repris avec conviction par un public pas forcément habitué aux défilés contestataires, bien que… entre les anciens soixante-huitards et les actuels contestataires la plupart ont bien dû crier le fameux « tous ensemble, tous ensemble….ouais ! »

Entre théâtre, cinéma et musique « Blockbuster »  a en effet de quoi combler les attentes de tous. La troupe propose une fiction mise en image sur des scènes de films coupées et remontées, avec dialogues, musique originale et bruitages réalisés en direct sur un scenario original brillamment servi par le collectif belge. 1400 plans-séquences puisés dans 160 films hollywoodiens et détournés au profit d’un scénario inédit plein d’humour mis en action live sur la scène par cinq comédiens et musiciens. Bruitages « maison » à partir de matériaux de récupération savamment organisés sur scène, musique originale et doublages réalisés en direct tiennent en haleine de bout en bout.

La prise de risque existe à chaque instant mais tout s’enchaîne et ça marche. On pourrait presque dire « ça jazze » tant les syncopes marquent le rythme de la pièce qui swingue en diable.

On se laisse accrocher par cette fable pleine d’humour qui résonne quelquefois avec la réalité du monde actuel. Courses poursuites, explosions et personnages manichéens déclenchent des rires quelques fois un peu « jaunes ». Quelques scènes et dialogues ne sont pas sans rappeler des moments historiques. Les éclats de rire fusent mais la fiction grinçante rejoint une réalité que l’on se prend presque à imaginer… la révolte du peuple contre les inégalités sociales, l’austérité et la galère quotidienne imposées par une classe dirigeante sans pitié.

Mortier, le patron des patrons incarné par un Michael Douglas plus vrai que nature. Un gouvernement qui envisage de taxer les très hauts revenus avec en fusible un ministre sacrifié incarné par Judi Dench (à qui le MI6 doit manquer). Corinne Lagneau, journaliste incarnée par Julia Roberts (en Erin Brockovitch plus vraie que nature), se bat au péril de sa vie pour défendre les démunis et finit par se faire évincer de son journal avant d’être poursuivie par Sylvester Stalone (plus Rambo que jamais). Sean Penn (frère de Harvey Milk) en défenseur des démunis et des sans-papiers anime l’insurrection populaire. Al Pacino (sorti du film un « Après-midi de chien ») en chômeur désespéré qui réalise une prise d’otage pour retrouver son poste de gardien de nuit. En point d’orgue (ou presque) une manifestation non-violente encadrée par un service d’ordre organisé par un fantoche Brad Pitt. Enfin Tom Cruise en premier ministre dont la « Mission impossible » le conduit à décider d’une violente répression suivie… d’une issue qu’on ne narre pas pour éviter de déflorer la chute du spectacle et son ultime rebondissement.

Conquis et secoué par « Blokbuster », on acclame avec enthousiasme ce scénario inédit interprété par une troupe qui réalise une prouesse « hors normes » et fait exploser les schémas habituels du théâtre, au propre et au figuré.

Mort du saxophoniste Manu Dibango

Après une carrière de plus de soixante ans, le saxophoniste et compositeur Manu Dibango a succombé au Covid-19 le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans. Le plus français des Camerounais laisse son public orphelin mais son héritage survivra aux années comme une réussite absolue de métissage des musiques africaines avec la soul et le jazz.

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Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Deux ans après « Zapateo Suite », le guitariste, chanteur et percussionniste Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple ». A la tête d’un quartet d’exception qui réunit Pierre de Bethman, Felipe Cabrera et Lukmil Perez, il dessine les contours d’un univers élaboré et très personnel. Entre mélopées envoutantes et chant spirituel mélancolique, le projet embarque l’oreille dans des suites musicales colorées. A l’en croire…. C’est aussi simple que ça !

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« Eros » par Paolo Fresu et Omar Sosa

« Eros » par Paolo Fresu et Omar Sosa

Paolo Fresu & Omar Sosa dédient l’album « Eros » à l’Amour

Le duo Paolo Fresu et Omar Sosa se retrouve quatre ans après « Alma » pour un second album dédié à l’Amour et intitulé fort à propos « Eros ». Un disque totem en quelque sorte, un album concept enregistré avec soin.

Sur 250_Paolo fresu_photo Roberto Cifarelli.l’album « Eros » (Tuk Music/Bonsaï), 250_Omar Sosa_photo Roberto Cifarellile trompettiste sarde, Paolo Fresu, et le pianiste cubain, Omar Sosa, proposent treize morceaux dont un titre fantôme gravé à la suite du douzième morceau. Les noms des morceaux évoquent les émotions de l’amour.

Paolo Fresu et Omar Sosa tournent beaucoup ensemble sur scène et cette collaboration les a conduit à mêler savamment leurs musiques durant les concerts. Tous deux affectionnent les percussions et emploient les effets électroniques qu’ils utilisent live avec beaucoup de discernement. Le disque témoigne de leur intérêt pour les effets, les boucles sonores reprises en sample et les re-recording. A partir des enregistrement faits en Italie, à Rio et à Toulouse, le mixage et la post production nous permettent de retrouver autour du duo, le violoncelliste brésilien Jaques Morelenbaum (déjà présent sur « Alma »), les cordes du Quartetto Alborada et la voix de la chanteuse Natacha Atlas sur deux titres. Elle cosigne pour sa part les textes en arabe du morceau Teardrop du groupe massive Attack, qui se transforme en Ya Habibi.digipack Eros.indd

Le visuel de l’album, Lolli Pop est signé par l’artiste milanais Alessandro Gottardo a.k.a. « Shout ». IL constitue aussi la base du concept graphique du livret qui accompagne le disque. On note le sous-titre Eros écrit en grec antique.

Climats éthérés alternent avec morceaux plus rythmés. Le pianiste a composé la moitié des titres de l’album et le trompettiste trois morceaux dont Zeu’s Desires et Eros Mediterraneo aux mélodies que l’on mémorise volontiers. La reprise du titre What Lies Ahead de Peter Gabriel et de son fils Isaac bénéficie de l’intervention inspirée du violoncelliste Piero Salvatori. Une rythmique cubaine impulse un climat de gaîté savoureux au titre Why.

Malgré une esthétique soignée, et quelques titres aux mélodies remarquables, peu d’émotion affleurentt à l’écoute de cet opus. Plutôt dommage quand on célèbre l’amour. Sans doute cela est-il dû à la masse des effets électroniques qui surchargent les échanges entre Paolo Fresu et Omar Sosa .Les invités ayant enregistré à distance, ils n’ont guère pu non plus interagir avec le duo.

La publication de l’album a été précédée d’un vidéo clip illustrant le Zeus » Desires. Il a été produit par la réalisatrice italienne Marzia Lila Mete avec la participation de l’actrice Astrid Meloni, de Paolo Fresu et d’Omar Sosa.

Mort du saxophoniste Manu Dibango

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Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

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Soirée Moondog aux Nuits de Fourviere

Soirée Moondog aux Nuits de Fourviere

L’esprit de Moondog plane sur le Grand Théâtre de Fourvière

Le 11 juin 2017, la soirée Moondog aux Nuits de Fourviere a tenu ses promesses au-delà de toutes les attentes. Une réussite éclatante de bout en bout. Pourtant cet hommage tenait du défi. Pari plus qu’honoré.

Affiche NDF2016_visuel2Ce vibrant hommage rendu à Moondog et annoncé dans un précédent article est évènementiel à plusieurs titres. Au regard de la stature du compositeur et musicien qu’était Moondog. Au vu des artistes invités. Il s’est agit de respecter l’esprit du créateur et d’emporter l’adhésion du public dont la majorité découvrait l’œuvre de Moondog.

Certains artistes de la soirée Moondog aux Nuits de Fourviere, comme Stephan Eicher (chant), Stephan Lakatos (percusion/trimba) et Dominique Ponty (piano), ont côtoyé et joué avec Moondog. D’autres ont une connaissance approfondie de sa musique, tels les musiciens de l’Ensemble Minisym dont la direction artistique est assurée par Amaury Cornut, musicien et exégète de la musique de Moondog (site spécifique consacré à Moondog, ouvrage de référence et conférences spécialisées) et la concertiste Katia Labèque (piano). Le talent des autres participants de la soirée et leur intérêt pour le projet ont aussi contribué à la qualité du spectacle, l’Orchestre de l’Opéra de Lyon avec à la Direction Stefano Montanari, le groupe Triple Sun, les saxophonistes Raphaël Imbert (sax ténor et alto) et Jean-Philippe Scali (sax baryton), le batteur Sangoma Everett (invité surprise) et les danseurs Marie-Agnès Gillot, Yaman Okur et Stéphane Deheselle.

Il convient enfin de saluer Richard Robert (conseiller artistique et assistant à la programmation musicale des Nuits de Fourvière) à l’initiative du projet. Son engagement a participé grandement à la réussite de cette soirée.

La première partie du spectacle explore la diversité de l’œuvre de Louis Thomas Hardin. Immersion progressive dans l’écriture de Moondog avec en ouverture le « Thème » interprété par l’Orchestre de l’Opéra, le « trimba » et toutes les percussions. L’esprit du compositeur surgit d’emblée. Les vingt-sept autres morceaux vont développer presque toutes les facettes de la musique de Moondog.

De courtes pièces jouées en duo Piano-Trimba par deux interprètes qui furent très proches de Moondog. Dominique PontyNDF_Moondog_+é-®_paul_bourdrel-2 visiblement très émue et concentrée sur son clavier. Le percussionniste Stefan Lakatos dont la tunique noire et la barbe blanche font écho à l’aspect de Moondog immortalisé sur les clichés. Le rythme hypnotique qu’il tient sur le trimba, percussion créée par Moondog et visible sur la photo ci-dessous, impressionne et captive. NDF_Moondog_+é-®_paul_bourdrel-1Il reprend le rôle que tenait Moondog lors des concerts où il donnait lui-même le tempo.

Le spectacle fait alterner la plupart des formes musicales explorées par Moondog aux différentes périodes de sa vie. Avec « Do your thing » interprété par Stephan Eicher, Dominique Ponty et Stefan Lakatos, c’est l’aspect « chanson » du disque « H’art songs » qui est présenté. Le piano martèle un chant et en contre-point la voix chante la liberté. Simple mais efficace, le thème s’imprime dans notre mémoire et on se prend à la chantonner en quittant le spectacle...on aurait presque attendu « I’m This, I’m That ». L’art du canon est aussi présent dans de nombreux autres morceaux repris par l’orchestre de l’Opéra. Le thème interprété par un premier instrument du grand l’orchestre est repris par un deuxième, puis un troisième jusqu’à concerner la masse orchestrale, le tout soutenu par des séquences rythmiques qui se complexifient allant presque jusqu’au déséquilibre qui n’advient jamais tant est grand le talent de tous les instrumentistes et du chef d’orchestre. Dans les « Jazz Book n° 2, 3 et 4 » c’est la dimension contrapuntique qui est mise en évidence.

La dimension symphonique de l’œuvre de Moondog est principalement restituée par l’Orchestre de l’Opéra de Lyon dirigé par Stefano Montanari avec quelques « Symphoniques ». La « Symphonique #3 - Ode to Venus » romantique à souhait, la « Symphonique #1 plus martiale, la « Symphonique #6 - Good for Goodie » plus jazzy et dédiée à Benny Goodman, la « Minisym #1 » au accents plus modernes, « Witch of Endor » à la mélodie ensorcelante. Dans tous ces morceaux la dimension rythmique demeure essentielle.

Dans l’Ensemble Mininym les instruments anciens tels la théorbe et la vielle à roue côtoient guitare, violon, violoncelle et percussions. Leurs timbres colorent les morceaux qui sonnent comme des madrigaux. Dans cette même esthétique c’est un Stephan NDF_Moondog_+é-®_paul_bourdrel-6Eicher très concentré qui chante le « Guggisberglied ». Au mi-temps de la première partie, soutenu par l’ensemble des instrumentistes de la soirée, Stephan Eicher réunit autour de lui un chœur avec Stephan Lakatos, Amaury Cornut et Richard Robert. Le chanteur présente « New Amsterdam » comme « un hymne à la paix en hommage à celui qui nous a quitté ». Un clin d’œil à New-York (anciennement nommée New Amsterdam), cette ville qui a abrité une partie de la vie musicale de Moondog. Sur le Grand Théâtre plane une émotion palpable suivie d’applaudissements nourris. L’ensemble des contributeurs musicaux de la soirée se retrouvent aussi sur « Bird Lament » écrit par Moondog à la mort de Charlie Parker (surnommé The Bird). Les parties de saxophone sont tenues de belle manière par Raphaël Imbert (sax alto) et Jean-Philippe Scali (sax baryton). Sur le public le thème fait mouche. Avant la toute fin du spectacle, Stephan Eicher vient présenter l’ensemble des artistes de la soirée sans oublier un remerciement pour Richard Robert, le « fou furieux » sans qui la soirée n’aurait pas eu lieu. La première partie de soirée se termine avec « Paris » et ses accents de French Cancan.

Avec la seconde partie le contraste est total. Ambiance rock, volume exacerbé et jeux de lumière pour la musique de Moondog qui prend des couleurs encore plus actuelles.

Quatre musiciens sur scène. Katia Labèque au piano accompagnée par « Triple Sun » avec David Chalmin à la guitare électrique, Raphaël Séguinier aux percussions et Massimo Pupillo à la basse. Les mélodies de Moondog et les séquences percussives tournent en boucle. L’esthétique de la musique change et le résultat est hypnotique et envoûtant. Les danseurs apportent une dimension magique supplémentaire à la musique qu’ils habitent. Leurs mouvements tout en fluidité contrastent avec la puissance de la musique Telle une libellule désarticulée, la silhouette de Stéphane Deheselle se meut avec légèreté sur « Lullaby ». Sur « Bird Lament », Yaman Okur épouse la musique et glisse littéralement et pratique au ralenti des figures de break dance et de popping. La guitare pleure. A couper le souffle ! « Elf Danse » est  lui aussi transfiguré. La chorégraphie proposée par Marie-Agnès Gillot et Stéphane Deheselle fascine. Les deux danseurs se fondent pour ne faire qu’un corps avec bras et mains de l’un et les pieds et jambes de l’autre qu se meuvent de concert. A n’en pas croire ses yeux ! Les quatre musiciens explosent ensuite le thème « Bumbo » transcendé par l’électricité portée à son paroxysme. Une rythmique énervée exaspère la mélodie jusqu’à la rendre incandescente. « New Amsterdam » met en scène Marie-Agnès Gillot et Stéphane Deheselle reliés par deux manches qui s’étirent et les relient l’un à l’autre. La femme-araignée capturée sort de scène tirée sur le dos de l’homme-araignée. Les échos de la musique s’engluent dans les lumières de la scène. On est captivé.

A la fin du spectacle, les applaudissements explosent et demandent un rappel où les danseurs se jouent des coussins lancés sur scène suite au rituel « lancer de coussin » qui devient un peu exaspérant même s’il traduit l’enthousiasme des spectateurs.

Une soirée bigrement réussie qui fera date dans les Nuits de Fourvière. Un évènement unique dont la singularité est sublimée par le talent de tous les interprètes.

Un grand merci à Paul Bourdrel pour les photos qui illustrent cet article.

Mort du saxophoniste Manu Dibango

Après une carrière de plus de soixante ans, le saxophoniste et compositeur Manu Dibango a succombé au Covid-19 le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans. Le plus français des Camerounais laisse son public orphelin mais son héritage survivra aux années comme une réussite absolue de métissage des musiques africaines avec la soul et le jazz.

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Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Deux ans après « Zapateo Suite », le guitariste, chanteur et percussionniste Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple ». A la tête d’un quartet d’exception qui réunit Pierre de Bethman, Felipe Cabrera et Lukmil Perez, il dessine les contours d’un univers élaboré et très personnel. Entre mélopées envoutantes et chant spirituel mélancolique, le projet embarque l’oreille dans des suites musicales colorées. A l’en croire…. C’est aussi simple que ça !

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On se mobilise autour des albums à sortir…

Dans les circonstances exceptionnelles actuelles et au regard des décisions sanitaires prises par le gouvernement en raison de la pandémie du Covid-19… confinement obligé. Toutes les activités du spectacle vivant sont donc suspendues pour un délai dont on ignore encore la (réelle) durée.
Pas question d’en discuter la nécessité mais impossible de ne pas se poser des questions quant au devenir des artistes et de ceux qui les entourent et contribuent à soutenir leur travail. On se mobilise donc autour de ces projets discographiques dont la sortie coïncide avec cette période. Sur « Latins de Jazz », on en parle, on les écoute pour les rendre visibles et audibles en attendant de retrouver les artistes live sur scène après la tempête Covid-19.

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« Triple Entente » avec S Beuf / M Perez / D Imbert

« Triple Entente » avec S Beuf / M Perez / D Imbert

« Triple entente » par Sylvain Beuf, Michel Perez et Diego Imbert

Sur l’album « Triple Entente » le duo Diego Imbert - Michel Perez s’étoffe d’un troisième complice, le saxophoniste Sylvain Beuf. Le trio propose un voyage musical singulier teinté d’un revivalisme cool jazz.

Trois ans après « Double Entente » (Such prod/Harmonia Mundi), le duo contrebasse/guitare de Diego Imbert et Michel Perez accueille le saxophoniste Sylvain Luc pour graver « Triple Entente » (Trebim Music/L’Autre Distribution). Un swing intime se dégage des échanges des trois instrumentistes qui improvisent à cœur joie.

Sur les dix plages de « Triple Entente », la rencontre des musiciens fleure bon la Côte Ouest ou plutôt la « West Coast » comme diraient les exégètes du jazz, avec comme repère esthétique le trio composé par le pianiste Lennie Tristano (piano) et les saxophonistes Lee Konitz (alto) et Warne Marsh (ténor). Sans batteur, les trois instrumentistes assurent un tempo sans faille.

Couv_Sylvain Bœuf Michel Perez Diego Imbert – Triple Entente (Trebim Music L'Autre Distribution)Sur « Triple entente », les trois instrumentistes prennent le parti de pratiquer le jeu musical (un jeu de musicien il s’entend …) de la démarcation. Plus explicitement il s’agit, à partir de la trame harmonique d’un standard, de créer un nouveau morceau. C’est de cette manière que Charlie Parker avait détourné le titre How High is the Moon et avait créé Ornithology.

Ainsi, Michel Perez donne le ton dès le premier titre avec Confirm dont la filiation avec Confirmation de Charlie Parker est explicite. Le trio reprend ensuite de jouer Lennie’s Pennies écrit par Lennie Tristano à partir de Pennies From Heaven. Le Corps et âmes de Sylvain Beuf annonce lui aussi la couleur d’emblée, celle de Body and Soul, de même le lien apparaît évident entre Tiko Tikos et TicoTico. En droite ligne issu de la trame harmonique du thème On a Green Dolphin Street, Le Dauphin Bleu de Michel Perez navigue en des eaux raffinées. L’écriture de Diego Imbert réinvente You Stepped Out of a Dream en un Dream Team dont le charme opère de bout en bout. On a le sourire à l’écoute de Last Moment issu de All the things You are... aux amateurs de jazz de retrouver les quatre thèmes à l’origine des autres titres.

Au-delà de l’intérêt purement technique de l’exercice, le bonheur de l’écoute tient surtout dans la relecture de grands thèmes de jazz que font ces trois merveilleux solistes. Dans un style teinté de « cool jazz » leur inventivité explose. Leur complicité stimule des échanges inspirés. Tout en relaxation, les musiciens se soutiennent, se complètent, se croisent pour mieux se retrouver et tresser un tissu musical aux mailles finement aériennes. Un bon moment de musique à savourer sans retenue.

Mort du saxophoniste Manu Dibango

Après une carrière de plus de soixante ans, le saxophoniste et compositeur Manu Dibango a succombé au Covid-19 le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans. Le plus français des Camerounais laisse son public orphelin mais son héritage survivra aux années comme une réussite absolue de métissage des musiques africaines avec la soul et le jazz.

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Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Deux ans après « Zapateo Suite », le guitariste, chanteur et percussionniste Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple ». A la tête d’un quartet d’exception qui réunit Pierre de Bethman, Felipe Cabrera et Lukmil Perez, il dessine les contours d’un univers élaboré et très personnel. Entre mélopées envoutantes et chant spirituel mélancolique, le projet embarque l’oreille dans des suites musicales colorées. A l’en croire…. C’est aussi simple que ça !

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On se mobilise autour des albums à sortir…

Dans les circonstances exceptionnelles actuelles et au regard des décisions sanitaires prises par le gouvernement en raison de la pandémie du Covid-19… confinement obligé. Toutes les activités du spectacle vivant sont donc suspendues pour un délai dont on ignore encore la (réelle) durée.
Pas question d’en discuter la nécessité mais impossible de ne pas se poser des questions quant au devenir des artistes et de ceux qui les entourent et contribuent à soutenir leur travail. On se mobilise donc autour de ces projets discographiques dont la sortie coïncide avec cette période. Sur « Latins de Jazz », on en parle, on les écoute pour les rendre visibles et audibles en attendant de retrouver les artistes live sur scène après la tempête Covid-19.

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Jazz estival 2016 au Péristyle de l’Opéra de Lyon

Jazz estival 2016 au Péristyle de l’Opéra de Lyon

« Jazz (f)estival » sous le Péristyle de l’Opéra

Du 09 juin au 03 septembre 2016 les concerts jazz du Péristyle reprennent leurs quartiers d’été sous les arcades de l’Opéra. Versant estival de l’Amphi-Jazz, le Péristyle est un repère musical incontournable du paysage lyonnais. Un café-jazz en terrasse où il fait bon écouter de la musique tout l’été. 

peristyle-cb-mouthFréquenter le Péristyle en été, c’est la certitude de retrouver toutes les couleurs musicales du jazz régional programmées par les bons soins de François Postaire, directeur de l’Amphithéâtre de l’Opéra. Au plus chaud de l’été les arcades offrent un havre de fraîcheur et même si le ciel se déchaîne, elles demeurent un abri bienveillant qui protège des averses ou orages.

Si le Péristyle est ouvert du lundi au vendredi de 9h à 23h, les concerts de jazz, gratuits et sans réservation, se déroulent en trois sets du lundi au samedi à 19h, 20h15 et 22h avec par exemple en option, apéro, repas et/ou dessert. La musique s’écoute seul(e) ou se partage entre amis.

A chacun sa manière de fréquenter le péristyle. Les amateurs de surprise s’y rendront les yeux fermés à l’heure qui leur convient pour découvrir les musiciens programmés sans en savoir plus et savourer ainsi le plaisir de la découverte. Les amoureux de jazz feront leur choix pour découvrir des musiciens ou pour ré-écouter ceux qu’ils affectionnent. Pour organiser ces flâneries et dégustations musicales, rien de mieux que la programmation disponible en ligne sur le site de l’Opéra. Elle précise les styles programmés et propose même des écoutes musicales.

Si tous les rendez-vous valent leur pesant d’or, on a repéré cet été quelques balises musicales comme des « coups de cœur ».

Les 9, 10 et 11 juin, c’est le 320_remycrambesRémi Crambes Trio qui ouvre le festival. Du modern jazz, dans la tradition du trio Ponty-Humair-Louiss. Le violoniste Rémi Crambes est entouré de Camille Thouvenot à lorgue et de Wendlavim Zabsonre à la batterie. Au programme, des compositions de W. Shorter, J. Coltrane, T. Monk, et quelques compositions originales. Improvisation et groove sont de la partie.

320_strachoLes 23, 24 et 25 juin, est programmé le Stracho Temelkovski trio ou Nerazdeleni trio. Le leader multi instrumentiste ( basse / viola / mandole / percussions) s’est entouré de Jean-François Baez (accordéon) et Jean-Pierre Sarzier (clarinette basse). Le trio propose un Jazz oriental sans frontières puisant dans les sonorités acoustiques et dans l’oralité des rythmes asymétriques. Un voyage tout en nuances, au cœur des Balkans, de la Méditerranée et de l’Afrique.

320_memakeLes 27, 28 et 29 juin, la musique de Mémaké résonne sous les arcades du Péristyle. comme François Merville, le batteur, Ma, comme Lionel Martin le saxophoniste, Ke comme Benoît Keller le guitariste. Le trio promet un jazz libre et expressif issu de leurs influences musicales. Une promesse de dépaysement dans des mondes imaginaires et colorés.

320_vallognes-teruel-oukridLes 04, 05 et 06 août, place au Vallognes/Téruel/Oukrid Jazz Trio. Ce trio piano-basse-batterie promène son inspiration dans les standards et les comédies musicales. Ces musiciens complices et inspirés réservent toujours des surprises. La certitude d’écouter un jazz libre et inventif.

320_bossayearsLes 8, 9 et 10 août, le Péristyle rime avec Brésil et plus précisément avec un style musical des années 60, la bossa-nova. Le Bossa Years Quartet propose son répertoire interprété par le saxophoniste Michael « Getz » Cheret (qui annonce d’emblée sa référence, le grand Stan Getz), Priscila Valdazo au chant et à la contrebasse et Zaza Desideiro à  la batterie. La guitare a amplement contribué au style bossa-nova et dans le groupe elle est tenue par Michel Perez. C’est un plaisir de retrouver ce musicien dont la délicatesse musicale n’a d’égale que sa modestie. Sa venue à Lyon dans le contexte de ce quartet constitue un évènement incontournable.

zaza-emerton-151-85Les 15, 16 et 17 août, le Brésil sera encore de la partie avec le Duo Desiderio - Oliveira. Ces deux brésiliens ont grandi en écoutant des musiques traditionnelles et instrumentales de leur région respective. Ils ont appris la bossa-nova, la Musique Populaire Brésilienne, le jazz et se sont rencontrés en France où ils ont goûté à d’autres cultures musicales. Une grande complicité lie le pianiste Ewerton Oliveira exégète de la musique de Hermeto Pascoal et Zaza Desideiro, batteur quasiment incontournable dans la région. Thèmes d’ici, improvisations d’ailleurs, mélodies de là bas… tout est prétexte à musique. De beaux moments en perspective.

320_wondercollectiveLes concerts du Péristyle se terminent toujours de belle manière. Comme pour graver un souvenir impérissable dans les mémoires. Cette année ne manquera pas à la tradition puisque les 01, 02 et 03 septembre, c’est Wonder Collective, un orchestre de onze musiciens professionnels qui terminera la saison. Comme le nom du groupe l’annonce, c’est un hommage gai et tonique à la musique de Stevie Wonder. Chanteur, choeurs, trompette, trombone, claviers, guitare, basse, batterie et percussions. Du groove joyeux en perspective, comme un  feu d’artifice pour marquer la fin de la fête.

Au-delà de ces « coups de cœur », la programmation tout en entière vaut le détour. Du jazz de qualité dans des conditions sympathiques sous le Péristyle de l’Opéra tout au long de l’été.

… avec quelques nouvelles surprises dessinées sur les vitres du bâtiment !320_peristyle2016

Mort du saxophoniste Manu Dibango

Après une carrière de plus de soixante ans, le saxophoniste et compositeur Manu Dibango a succombé au Covid-19 le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans. Le plus français des Camerounais laisse son public orphelin mais son héritage survivra aux années comme une réussite absolue de métissage des musiques africaines avec la soul et le jazz.

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Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Deux ans après « Zapateo Suite », le guitariste, chanteur et percussionniste Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple ». A la tête d’un quartet d’exception qui réunit Pierre de Bethman, Felipe Cabrera et Lukmil Perez, il dessine les contours d’un univers élaboré et très personnel. Entre mélopées envoutantes et chant spirituel mélancolique, le projet embarque l’oreille dans des suites musicales colorées. A l’en croire…. C’est aussi simple que ça !

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Dans les circonstances exceptionnelles actuelles et au regard des décisions sanitaires prises par le gouvernement en raison de la pandémie du Covid-19… confinement obligé. Toutes les activités du spectacle vivant sont donc suspendues pour un délai dont on ignore encore la (réelle) durée.
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« Brel » par David Linx et Brussels Jazz orchestra

« Brel » par David Linx et Brussels Jazz orchestra

« Brel » par David Linx & le Brussels Jazz Orchestra

L’album « Brel » célèbre autant le « grand Jacques » que le talent du chanteur David Linx et le swing du Brussels Jazz Orchestra. Une absolue réussite !

72px_couv_brel « Brel » (Jazz Village/Harmonia Mundi), un disque enregistré en Belgique (à Gand) par David Linx, chanteur né à Bruxelles et un big-band basé à Bruxelles, le Brussels Jazz Orchestra (BJO). Un hommage qui emprunte les sentiers du jazz pour honorer Jacques Brel. Inspiré par la force des textes, David Linx insuffle la souplesse de son jazz. Le swing coloré du BJO impulse une énergie nouvelle aux grands standards de Brel.

Certes l’orchestre et le chanteur n’en sont pas à leur première collaboration mais le pari était osé. Risqué de reprendre Brel dont les textes et les interprétations sont inscrits dans toutes les mémoires. Risqué d’interpréter des chansons dont les versions d’origine ont bouleversé des générations mais David Linx n’est pas un homme que72px_BJO_brel_live les paris effraient, loin de là. Après avoir tourné pendant deux ans avec « A NOUsGARO » en souvenir de son ami Claude Nougaro, il a conçu de travailler de nouveau avec Frank Vaganée, le directeur artistique du BJO pour « chanter Brel ». Ensemble ils ont choisi onze des grands succès de Brel et les présentent en dix titres aux rythmes et ambiances variées. La voix du chanteur et le tissu musical étincelant du BJO font alliance pour servir textes et rythmes.

Dans « Brel » les chansons de Jacques Brel se transforment en morceaux de jazz sans rien perdre de leur âme. Les tonalités émotionnelles, joie, tristesse, amour sont conservées.Les arrangements écrits par Pierre Drevet, Dieter Limbourg, Lode Mertens, Gyuri Spies, Frank Vaganée et Nathalie Loriers contribuent à densifier les atmosphères et à impulser des changements de rythmes qui évitent de reprendre la scansion rythmique propre à Brel. Les différentes palettes sonores du BJO colorent les plages de vigueur ou de langueur et avec les différentes sections de l’orchestre, le rythme s’emballe ou s’enroule autour de la voix d’un David Linx lumineux qui chante comme il respire.

Les trois villes célébrées par Brel sont sublimées. La version de « Bruxelles » est étourdissante, elle déborde de vie, de couleur et de mouvement. Pendant huit minutes cinquante cinq, on se trouve transporté dans un Bruxelles scintillant que le scat de David Linx et le chorus de Frank Vaganée (saxophone alto) contribuent à rendre encore plus « bruxellant ». Amsterdam et Vesoul sont enchaînées dans « Vesoul/Amsterdam ». Une valse ébouriffante où le solo du trompettiste Nico Schepers termine « Vesoul » et passe le relai à David Linx pour les dernières mesures d’un « Amsterdam » émouvant chanté en anglais, comme un clin d’œil à cet autre David (Bowie) qui avait interprété le titre. On a encore la tête qui tourne à l’écoute de la « Valse à mille temps ». Il vient vraiment l’envie de valser au rythme de l’amour, de Paris et du swing de ce morceau plus flamboyant que jamais. Une vraie tornade de musicalité !

C’est avec beaucoup de sensibilité que David Linx interprète « Ne me quitte pas » et « Isabelle » délicatement murmurée en anglais. On croyait connaître « Mathilde » mais nous voilà surpris. La bougresse se balance sur des rythmes latins et à n’en pas douter avec son scat impérial, David Linx devrait gagner le cœur de la Mathilde tant convoitée. Sur « Ces gens-là », le chorus de Bo Van der Werf au saxophone baryton s’allie de belle manière au chant de David Linx qui dessine avec émotion les portraits de ces gens auxquels on était habitués mais que l’on redécouvre avec bonheur.

Un « Brel » somptueux à écouter et ré-écouter dès sa sortie officielle le 10 juin. Il est aussi possible d’écouter David Linx & le BJO sur scène le 26 juin à 16h au Parc Floral dans le cadre du Paris Jazz Festival.

Mort du saxophoniste Manu Dibango

Après une carrière de plus de soixante ans, le saxophoniste et compositeur Manu Dibango a succombé au Covid-19 le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans. Le plus français des Camerounais laisse son public orphelin mais son héritage survivra aux années comme une réussite absolue de métissage des musiques africaines avec la soul et le jazz.

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Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple »

Deux ans après « Zapateo Suite », le guitariste, chanteur et percussionniste Joel Hierrezuelo revient avec « Así de simple ». A la tête d’un quartet d’exception qui réunit Pierre de Bethman, Felipe Cabrera et Lukmil Perez, il dessine les contours d’un univers élaboré et très personnel. Entre mélopées envoutantes et chant spirituel mélancolique, le projet embarque l’oreille dans des suites musicales colorées. A l’en croire…. C’est aussi simple que ça !

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Pas question d’en discuter la nécessité mais impossible de ne pas se poser des questions quant au devenir des artistes et de ceux qui les entourent et contribuent à soutenir leur travail. On se mobilise donc autour de ces projets discographiques dont la sortie coïncide avec cette période. Sur « Latins de Jazz », on en parle, on les écoute pour les rendre visibles et audibles en attendant de retrouver les artistes live sur scène après la tempête Covid-19.

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« Le Roi René », René Urtreger

« Le Roi René », René Urtreger

« Le Roi René », René Urtreger par Agnès Desarthe

« Le Roi René », un livre écrit à 4 mains entre un musicien grand lecteur et une romancière et essayiste mélomane. Une rencontre sublime entre le jazz et la littérature.

Mise en page 1« Le Roi René » (Odile Jacob) narre, comme un roman, la vie de René Urtreger. Le pianiste de jazz a conté sa vie à Agnès Desarthe qui a rédigé un texte passionnant et dynamique. Ce livre publié dans le catalogue de « Portraits » des Éditions Odile Jacob, résulte d’entretiens enregistrés entre l’auteure et le musicien. Agnès Desarthe met son talent et sa sensibilité au service des mots de René Urtreger. Elle écrit à partir de la parole de l’artiste dans un climat de grande confiance mutuelle et le musicien est totalement associée à ce travail dont il est partie prenante.

Lorsqu’on aime un disque on le laisse souvent tourner en boucle et on l’écoute jusqu’à en être imprégné. Il s’est passé la même chose avec « Le Roi René ». Au fil de la lecture, on est captivé autant par l’histoire que par l’écriture sensible dont le rythme n’est pas sans rappeler le swing si cher au pianiste.

Avant de lire ce livre, on avait écouté René Urtreger en concert et apprécié sa main droite merveilleuse et ses improvisations débridées. On savait qu’il avait participé à l’enregistrement de la bande originale du film de Louis Malle « Ascenseur pour l’échafaud » aux côtés de Miles Davis et qu’il l’avait accompagné en tournée dans les plus prestigieuses salles d’Europe. Récemment, on avait apprécié le CD « René Urteger trio » (Carlyne Music/L’Autre Distribution) gravé en 2014 avec Yves Torchinsky et Eric Dervieu. Durant cette même année 2014, René Urteger a été distingué in honorem jazz par l’Académie Charles Cros. Son actualité musicale actuelle témoigne de son activité. Du reste de sa vie, nous ignorions à peu près tout.

La lecture du livre « Le Roi René » fait découvrir la vie flamboyante du pianiste. Parti de rien, René Urtreger atteint les sommets, connaît toutes les audaces, pratique la culture du risque et commet tous les excès, côtoie la gloire mais aussi les enfers. Nous suivons ses mouvements de vie, oscillations ascendante puis descendante, reconversion et nouveau mouvement descendant suivi d’une re-naissance. Le joueur d’échec qu’est René Urtreger, ne s’est pas laissé mettre « échec et mat », il a trouvé l’ouverture qui lui a permis de surgir de ses cendres tel un phœnix pour revenir dans sa propre vie et dans celle du jazz  où il occupe encore une place au plus haut niveau.

Le destin du musicien est évoqué depuis une enfance passionnante douloureuse et compliquée pendant la seconde guerre. Il a le coup de foudre pour le piano et la musique classique via Chopin. Enfant prodige il vit mal son échec au concours du Conservatoire en 1951 mais advient ensuite la révélation du jazz.

Le pianiste impose son talent dans les caves de l’époque et c’est pour lui l’occasion de jouer avec les plus grands jazzmen américains (Chet Baker, Sonny Stitt, Lionel Hampton, Kenny Clarke, Dizzy Gillespie, John Lewis, Miles Davis…) qui débarquent à Paris dans les années 50  et jouent avec lui. En 1955 il enregistre avec Chet Baker, Bobby Jaspar, Lionel Hampton et grave le disque « René Urteger joue Bud Powell ». En 1956 il tourne en Europe avec Miles Davis et Lester Young à la suite de quoi il participe aux côtés de Miles Davis, Barney Willen, Pierre Michelot et Kenny Clarke à l’enregistrement de la bande originale du film de Louis Malle « Ascenseur pour l’échafaud ». En 1960 il enregistre « H. U. M. ! » avec Daniel Humair et Pierre Michelot (premier disque d’une série de trois du même nom gravés ensuite en 1979 puis 1999).

Survient ensuite une suite de « hauts et bas » où René Urtreger et le jazz prennent de la distance. Le pianiste entre alors dans une période où la musique « yé-yé » lui permet de vivre. Claude François, Sacha Distel et d’autres l’appellent pour jouer à leurs côtés jusqu’à ce qu’il devienne « un clochard de luxe » usant et abusant de divers produits. Il transforma sa faiblesse en force puisqu’en 1977, il sut vaincre ses addictions et retrouver la joie de vivre et de jouer.

Exit le schlemazel, le mentsch était né ! Le jazz avait changé, le bop était loin, le free était passé par là mais René Urteger apaisé et assuré reprend ses marques et continue son exploration du jazz. Il renoue avec le succès et travaille avec les nouvelles générations (Stéphane Belmondo, Airelle Besson, Sylvain Beuf, Géraldine Laurent, PIerrick Pedron, Nicolas Folmer, Hervé Meschinet ….). Il continue à se produire en trio avec ses fidèles compagnons Yves Torchinsky à la contrebasse et Eric Dervieu à la batterie.

Après avoir s’être affirmé à vingt et un ans et avoir connu le statut d’un grand musicien, il a retrouvé à quarante-deux ans le ressort vital et l’envie de vivre. Il s’est débarrassé de toutes les addictions qui l’empêchaient de bien jouer pour se hisser de nouveau au niveau des plus grands. En écoutant René Urteger on se surprend à battre du pied et l’envie nous démange de nous lever de notre siège à l’écoute des ses chorus virtuoses. Sa vitalité musicale et sa sensibilité déclenchent l’émotion. Enraciné dans le bop son jeu est en perpétuelle évolution. Ce « compositeur instantané » met son talent, son swing et sa maîtrise au service du jazz, cette musique qu’il défend et dont il dit qu’elle est « avant tout une école de la courtoisie ».

A quatre-vingt-un ans, René Urtreger est reconnu par ses pairs comme un grand musicien et fédère régulièrement autour de lui le nec plus ultra des musiciens actuels. Il se produit dans les plus grands festival Français… comme ce fut le cas en mai 2016 au Festival « Jazz sous les Pommiers » où il s’est produit en trio avec Yves Torchinsky à la contrebasse et Eric Dervieu à la batterie.

Mort du saxophoniste Manu Dibango

Après une carrière de plus de soixante ans, le saxophoniste et compositeur Manu Dibango a succombé au Covid-19 le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans. Le plus français des Camerounais laisse son public orphelin mais son héritage survivra aux années comme une réussite absolue de métissage des musiques africaines avec la soul et le jazz.

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On se mobilise autour des albums à sortir…

Dans les circonstances exceptionnelles actuelles et au regard des décisions sanitaires prises par le gouvernement en raison de la pandémie du Covid-19… confinement obligé. Toutes les activités du spectacle vivant sont donc suspendues pour un délai dont on ignore encore la (réelle) durée.
Pas question d’en discuter la nécessité mais impossible de ne pas se poser des questions quant au devenir des artistes et de ceux qui les entourent et contribuent à soutenir leur travail. On se mobilise donc autour de ces projets discographiques dont la sortie coïncide avec cette période. Sur « Latins de Jazz », on en parle, on les écoute pour les rendre visibles et audibles en attendant de retrouver les artistes live sur scène après la tempête Covid-19.

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