Hugh Coltman et Diana Krall Jazz à Vienne

Hugh Coltman et Diana Krall Jazz à Vienne

Hugh Coltman, authentique et groovy

Pour son premier passage à Vienne en tant que leader, Hugh Coltman a largement convaincu. Son authenticité et ses qualités de showman ont triomphé. Le contraste est grand avec la seconde partie de soirée où Diana Krall fait preuve d’un professionnalisme incontestable tempèré par une froideur sans nom.

En 300_Hugh-Coltman_JAV_05072016_NVproposant le répertoire de son album « Shadows - Songs of Nat King Cole », Hugh Coltman » rend hommage à sa mère (qui écoutait Cole) et à la figure tutélaire du pianiste chanteur à la voix de miel, Nat King Cole. Hugh Coltman fait une relecture très personnelle des titres qu’il a choisis d’interpréter. Il met en évidence les ombres cachées derrière le sourire perpétuel affiché par le grand crooner qui vivait pourtant les affres de la ségrégation raciale à une époque où il n’était pas simple d’être non seulement un artiste à la peau noire mais surtout un artiste qui réussissait.

C’est un parti pris artistique tranché qu’a adopté Hugh Coltman. Point de voix de crooner pour chanter les bluettes. Il génère un contraste entre la teneur « fleur bleue » des paroles et300_Thomas-Naim_JAV_05072016_NV une atmosphère musicale qu’il veut discordante. Il crée une sorte de « malaise harmonique » fort réussi. Des ambiances dignes des musiques de Twin Peaks, des climats enfumés et torturés à la Tom Waits. Cette tension est particulièrement perceptible entre la voix quasiment en apesanteur de Hugh Coltman et les interventions torturées du guitariste Thomas Naim qui subliment Nature Boy.

300_Hugh-Coltman_JAV_05072016L’émotion du chant de Hugh Coltman est perceptible dans Mona Lisa dont le chanteur donne une version absolument sublime. Très en retenu et presque pudique au début du set, le chanteur laisse cours à sa spontanéité au fur et à mesure de l’avancée de son répertoire. Sans surjouer la posture de dandy anglais sous-tendue par sa tenue, Hugh Coltman incarne le versant bluesman qu’il est vraiment et fait le show. Il arpente la scène et va chercher le son le plus juste… la tête dans le piano. Sensible et très juste, le chant gagne en épaisseur et la musique groove. Il a gagné la ferveur du public qui l’ovationne avec chaleur.

Comme le dit avec humour Hugh Coltman, il a chanté une chanson à Vienne il y a trois ans, deux durant le spectacle « Autour de Chet », douze le 05 juillet 2016… qui sait il en offrira peut-être trente-six sur cette même scène dans quelques années. On le souhaite volontiers.

Diana Krall arrive pour la second partie de la soirée d’un pas très déterminé. Posée devant son piano elle se met en scène telle une diva glacée sur-éclairée par deux spots additionnels. Entourée par une rythmique parfaite, elle propose un jazz classique. Ses qualités pianistiques incontestables prennent le pas sur un chant maîtrisé mais dénué d’émotion. Les interventions du guitariste Anthony Wilson sont de très belle facture et apportent une note sensible au set.

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

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Né de la collaboration entre la batteuse croate Lada Obradovic et le pianiste français David Tixier, le « Obradovic-Tixier Duo » présente « The Boiling Stories of A Smoking Kettle », un album où élégantes mélodies et rythmiques complexes coexistent dans un équilibre subtil. Les compositions évoluent entre légèreté et densité, délicatesse et énergie. Il en résulte un cocktail polyrythmique inventif dont la musicalité ne se dément à aucun moment. A écouter en boucle !

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Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »

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Rarement groupe n’a aussi bien porté son nom que le Youpi Quartet. En effet, ce groupe fusionnel offre une musique à la fois énergique et enchanteresse. Sans instrument harmonique, le quartet complice réunit les souffles de la flutiste Émilie Calmé et de l’harmoniciste Laurent Maur et la performante paire rythmique composée du bassiste Ouriel Ellert et du batteur Curtis Efoua. L’oreille savoure l’éclatante alchimie musicale de « Mozaïc » et après l’écoute de l’album, un seul mot échappe … Youpi !

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Kandace Springs revient avec « The women who raised me »

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La chanteuse et pianiste Kandace Springs revient avec « The Women who raised me », un album studio qui rend hommage aux voix des femmes qui l’ont inspirée. Avec élégance, elle reprend des standards chantés par douze grandes voix féminines. Entourée par d’illustres artistes de jazz, elle parcourt un voyage au fil d’un siècle de musique et projette sa voix magnétique dans l’espace jazz. Élégance et émotion sont au rendez-vous.

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Lecture musicale « Chet Baker (Déploration) » Jazz à Vienne

Lecture musicale « Chet Baker (Déploration) » Jazz à Vienne

« Chet Baker (Déploration) », lecture musicale

« Lettres sur Cour » fait résonner des œuvres littéraires pendant le Festival Jazz à Vienne avec la complicité de musiciens de jazz. La lecture du livre « Chet Baker (Déploration) » de Zéno Bianu coïncide avec l’hommage à Chet Baker du 29 juin avec le spectacle « Autour de Chet ». 

Chet Baker (déploration)_couv5_Zéno Bianu n’en est pas à son essai et sa connaissance éclairée du jazz l’a conduit à écrire des textes poétiques sur Chet Baker, Coltrane, Dylan, Elvin Jones et Jimmy Hendrix. Dans un billet précédent, on a écrit combien, « Entre éloge et hommage, le livre « Chet Baker (Déploration) » résonne comme une confidence murmurée ». On a évoqué alors la qualité poétique de l’ouvrage et sa force d’évocation de la musique de Chet Baker. Il n’était donc pas question de rater la séance de lecture musicale du 05 juillet.

En effet, mardi 05 juillet, Lettres sur Cour s’installe sur les scènes de Cybèle pour faire découvrir « Chet Baker (Déploration) » le livre écrit par Zéno Bianu en 2008 et re-éédité en 2015 par l’éditeur « Le Castor Astral ».300_Deploration-Chet-Baker_Cybele_JAV_05072016

Miguel Gonzalez lit des extraits accompagné par David Enhco à la trompette et Florent Nisse à la contrebasse. Le trio capte l’attention d’un public attentif.

On regrette le ton déclamatoire plutôt théâtral adopté par Miguel Gonzalez. Il sied peu à un texte tout en nuance qui aurait mérité d’être murmuré. La délicatesse de la poésie et ses nuances sont quelque  peu gommées par la dimension emphatique de la diction du lecteur dont le visage disparaît même derrière les pages dactylographiées.D-Enhco-F-Nisse_Cybele-JAV_05072016_NV

Les deux instrumentistes assurent par contre un écrin musical de très belle facture à cette lecture. En effet, le contrebassiste et le trompettiste musiciens restituent une atmosphère fidèle à l’esprit et à la musique de Chet Baker. La complicité des deux instrumentistes transparaît. Sensibles et expressifs ils interprètent avec sobriété les thèmes de Chet qui émaillent la lecture. Ils adoptent juste le soupçon de lyrisme qui sied à Every Time We Say Good Bye.

Entre éloge et murmure, une magnifique version de Alone Together termine le set.

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

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Né de la collaboration entre la batteuse croate Lada Obradovic et le pianiste français David Tixier, le « Obradovic-Tixier Duo » présente « The Boiling Stories of A Smoking Kettle », un album où élégantes mélodies et rythmiques complexes coexistent dans un équilibre subtil. Les compositions évoluent entre légèreté et densité, délicatesse et énergie. Il en résulte un cocktail polyrythmique inventif dont la musicalité ne se dément à aucun moment. A écouter en boucle !

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Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »

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Kandace Springs revient avec « The women who raised me »

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La chanteuse et pianiste Kandace Springs revient avec « The Women who raised me », un album studio qui rend hommage aux voix des femmes qui l’ont inspirée. Avec élégance, elle reprend des standards chantés par douze grandes voix féminines. Entourée par d’illustres artistes de jazz, elle parcourt un voyage au fil d’un siècle de musique et projette sa voix magnétique dans l’espace jazz. Élégance et émotion sont au rendez-vous.

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Amaury Faye Trio, Lauréat RéZZo FOCAL Jazz a Vienne 2016

Amaury Faye Trio, Lauréat RéZZo FOCAL Jazz a Vienne 2016

Amaury Faye Trio remporte le Tremplin RéZZo Focal

Le tremplin RéZZo FOCAL Jazz à Vienne existe depuis douze ans à destination de groupes de la scène émergente du jazz français. Le groupe lauréat 2016 est le trio toulousain Amoury Faye Trio.

Amaury Faye trio bénéficier pendant un an d’un soutien à la diffusion, d’un accompagnement artistique et promotionnel et de l’enregistrement d’un album.

320_Amaury-Faye-TrioAmaury Faye trio s’est produit sur la scène de Cybèle le jeudi 30 juin, troisième et dernier dernier jour du Tremplin RéZZO. Après délibération, le jury présidé cette année par le pianiste Pierre de Bethmann (enseignant au CNSMDP depuis 2008) a désigné le trio toulousain comme lauréat. Les autres membres du jury étaient Pascal Anquetil (journaliste), Pierre-Henri Ardonceau (journaliste), Gérard Chrétien (directeur général de FOCAL) et Pascal Bussy directeur artistique chargé du jazz et des musiques du monde/Harmonia Mundi.

Le trio composé d’Amaury Faye(piano), Louis Navarro (contrebasse) et Théo Lanau (batterie) va bénéficier d’un accompagnement artistique durant un an. Pendant une semaine les trois musiciens vont enregistrer un album au Studio du Flon à Lausanne (celui d’Erik Truffaz). Un album sera ensuite signé sur « Jazz Village » / Harmonia Mundi. Le groupe bénéficiera aussi d’une aide à la diffusion. Concert de sortie dans un club parisien suivi d’une programmation dans plusieurs salles et festivals français (Péristyle de l’Opéra de Lyon, Rhino Jazz(s) festival, le festival Mantes Lalala, Nancy Jazz Pulsations, le festival Tropisme, A Vaulx Jazz, Orléans Jazz…liste non exhaustive). Le groupe labellisé groupe « Lauréat RéZZo FOCAL Jazz à Vienne 2016 » ouvrira la All Night Jazz du Festival Jazz à Vienne 2017.

Ce jeune groupe, soutenu par le Festival de Marciac, incarne une nouvelle génération du jazz profondément imprégnée de l’héritage du passé. Le trio acoustique interprète une musique personnelle dont la créativité séduit. Le trio réunit la tradition et la modernité. Du jazz dynamique porteur de lyrisme et d’innovation.

En 2014, le pianiste Amaury Faye a intégré la Berklee School of Music où il a enrichi son approche de la musique et du clavier et a obtenu le prix du meilleur pianiste et de la meilleure performance jazz. Les compositions très mélodiques du pianiste alimentent le répertoire du trio. On a aussi remarqué Amaury Faye au sein du groupe Initiave H dont on a pu apprécier la modernité lors du dernier festival A Vaulx Jazz 2016.

Avant même de connaître les dates qui seront proposées au trio à la suite du Tremplin RéZZo Focal Jazz, on note d’emblée deux dates où l’on pourra retrouver le trio dans la région :

  • le 09 février au Jazz Club de Grenoble
  • le 10 février au Jazz Club Saint Georges à Lyon.

En attendant, on se régale à l’écoute de « Sunday Morning Blues »

et de « Journey To The East Coast »

Pour en savoir plus sur le trio, une visite sur le site d’Amaury Faye s’impose.

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

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Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »

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Kandace Springs revient avec « The women who raised me »

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Randy Weston – « Mini Mémo »

Randy Weston. Griot moderne, innovateur et visionnaire

Randy Weston

Né le 06/04/1926 à New York - Décédé le 01/09/2018 à New York

Tel un griot moderne, il est ancré dans la tradition africaine et ses fondamentaux. Ce pianiste et arrangeur natif de Brooklyn a exploré l’histoire afro-américaine. Fortement influencé par Monk, ce géant du jazz moderne incarne le modèle du musicien universel.

Né d’un père jamaïcain et d’une mère native de Virginie au Sud des Etats-Unis, Randy Weston a été Immergé dans la musique dès son enfance comme dans un bain sonore. Il a commencé à étudier la musique à l’âge de 14 ans, a commencé à jouer à 17 ans et est devenu musicien professionnel à l’age de 29 ans. Ses influences pianistiques sont multiples. Count Basie, Duke Ellington, Nat KIng Cole, Art Tatum et Thélonious Monk dont il fut très proche. Élu « Nouvelle star du piano en 1955 » par Down Beat, il a enregistré son premier disque en 1957 chez Riverside. En 1959 a composé le thème Hy-Fly devenu depuis un  grand classique du jazz. Sensibilisé très jeune à ses racines africaines, Randy Weston a exploré cet héritage culturel tout au long de sa vie musicale.

Sa rencontre avec la tromboniste, compositrice et arrangeuse Melba Liston a marqué le début d’une collaboration fondamentale pour son œuvre musicale dont l’album « Little Niles » en marque le début. Par la suite la conscience de ses racines africaines et son travail aboutissent à « Uhuru Africa », chant d’amour qui célèbre l’indépendance de nombreux états africains à l’aube des années 60. Il effectue son premier voyage en Afrique au Nigéria en 1961 où il a joué pour la première fois avec des musiciens traditionnels africains. En 1967 il fait une tournée en Afrique, du Sénégal au Liban en passant par le Gabon, la Côte d’Ivoire et le Maroc où il a décide de s’installer.A Tanger, sa ville de résidence, Randy Weston organise un festival en 1972. Il approfondit sa connaissance des traditions de l’Afrique de l’Ouest et découvre la musique gnawa.

Il enregistre ensuite l’album « Blue Moses » avec de nombreuses stars de l’époque (Freddie Hubbard, Groover Washington) et lui-même au piano électrique. Ce succès commercial se démarque de ses autres enregistrements.

Randy Weston retrouve ensuite son univers et Melba Liston avec « Tanjah » et la première apparition à ses côtés de Billy Harper au saxophone ténor. Très expressif et ancré dans le blues et la tradition du saxophone texan, ce dernier est devenu son compagnon de route. En 1974 le pianiste s’installe à Annecy (France) où il approfondit l’art du piano solo et grave son premier disque en soliste. Il s’investit aussi dans des conférences sur l’histoire de la musique afro-américaine.

En 1981 il crée la suite « Three African Queens » à Boston. A la fin des années 80, Randy Weston signe sous le label français Polygram Jazz et enregistre son triptyque phonographique dont les répertoires sont consacrés à Ellington, Monk et ses propres compositions.

 Avec Melba Liston, il grave en 1991 « The spirit of our Ancestors » qui marque vraiment l’ancrage de sa production musicale dans la tradition africaine. En 1992 il publie un disque consacré à la musique gnawa, « The splendid Master Gnawa Musicians of Moroccco » et se produit au Festival Jazz à Vienne en 1998 avec des musiciens Gnawa du Maroc. En 1998 sort l’album « Khepera » arrangé par Melba Liston. En 1999 il publie « Spirit ! The power of Music ». En 1994, 1996 et 1999 Randy Weston est élu « compositeur de l’année » par la revue Downbeat.

 Avec Billy Harper il explore le jazz et la tradition africaine et en 2013 enregistre « The Roots of the Blues » (Emarcy/Universal). En 2015 Randy Weston est honoré du JJA Jazz Awards pour l’ensemble de son œuvre.

Serein ou volubile sur son clavier, Randy Weston magnifie le rythme. Son toucher percussif assure avec fermeté les lignes de basse de la main gauche. Il a développé à l’extrême l’art de l’orchestration pianistique sans oublier la mélodie.

Blues, jazz, traditions rythmiques caribéennes et musique classique orientale sont les fondements qui ont alimenté la spiritualité africaine de Randy Weston. Pour lui toutes les musiques sont connectées et peuvent dialoguer. Son art interagit avec toutes les musiques qui, comme par magie, dialoguent sous ses doigts. Tel un griot Randy Weston conte sur son clavier l’histoire de la musique afro-américaine.

Une sélection de nos disques préférés

  • « Uhuru Africa » (1960). Arrangements de Melba Liston. Parmi l’orchestre : Clark Terry, Freddie Hubbard, Slide Hampton, Yusef Lateef, Kenny Burrel, Ron Carter, Max Roach, …
  • « The Spirit of our Ancestors » - Verve/Polygram (1991). Double CD. Arrangements de Melba Liston - Avec la participation de Dizzy Gillespie, Dewey Redma, Pharoah Sanders, Billy Harper, Idris Muhammad, …
  • « Volcano Blues » - Gitanes/Polygram (1993). Arrangements de Melba Liston - Avec Wallace Roney, Teddy Edwards, Hamiet Bluiett,
  • « Saga » Gitanes/Verve/Polygram (1995). Avec Alex Blake, Billy Harper, Billy Higgins
  • « Khepera » Randy Weston African Rythms - Verve/Gitanes/Polygram (1998) - avec Alex Blake, Victor Lewis
  •  » Spirit The Power of Music » - Gitanes/Verve/Universal (2000). Avec Alex Blake et les Gnawa Master Musicians of Morocco
  • « The Roots of the Blues » - Sunnyside/Emarcy/Universal (2013). Duo Billy Harper/Randy Weston

Référence de lecture

  • Randy Weston, African Rythmes - Autobiographie de Randy Weston - Édition Présence Africaine (2014)

Une mine d’informations à découvrir : le site de Randy Weston

 

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

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Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »

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Kandace Springs revient avec « The women who raised me »

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Goran Bregovic et Sanseverino Jazz à Vienne

Goran Bregovic et Sanseverino Jazz à Vienne

Goran Bregovic, éternel pourvoyeur de fête

Le 01 juillet la musique musarde entre le « bluegrass » de Sanseverino et les musiques des Balkans proposées par Goran Bregovic et son Orchestre des Mariages et des Enterrements. Si les styles musicaux diffèrent, un point commun relient les sets. En effet, les deux leaders évoquent les difficultés auquel sont confrontés les Gitans vis à vis desquels ils appellent à la tolérance

Sanseverino est venu présenter les chansons de son livre-disque « Papillon ». Il conte l’histoire d’Henri Charrière et de titre en titre fait découvrir la vie de celui qui a pris perpèt’ sur l’île du Diable, au bagne de Cayenne. Tout y passe, son procès, ses évasions, ses cavales jusqu’à sa dernière évasion réussie. Quoi de mieux qu’un chanteur tatoué pour chanter la vie de Papillon dont le nom tient à un tatouage de papillon gravé sur la poitrine. Celui qui a popularisé le swing manouche a changé de contexte musical. Musiciens vêtus dans le style de la bande à Dillinger. Formation bluegrass dans la pure tradition, guitare, banjo, mandoline, violon, contrebasse. Ce style de musique au croisement du folk américain, du blues et des apports irlandais se serait développé au moment où se déroule l’histoire du bagnard.320_Sanseverino_JAV_01072016_NV

Si la forme musicale a changé, la verve demeure. A la guitare, Sanseverino fait claquer ses rimes avec son aplomb et son insolence habituelle. Le public est lui aussi peu regardant de la forme. Il est définitivement acquis après le titre La jambe de bois. rythmé par Sanseverino  à l’aide d’un magnum d’eau empli de capsules de bouteilles et transformé en percussion il entraine tout les gradins dans « l’histoire d’un homme que l’on dévora en le faisant rôtir avec sa propre jambe de bois ». Après quelques piques pour contester l’ordre établi, ici ou ailleurs, ce qui est plutôt conforme au personnage, Sanseverino change de braqué et termine le set, comme « un rockeur qui aime la java » avec du rock bluesy plutôt pêchu. C’est sur ce mode qu’il présente une version atypique mais réussie du poème d’Aragon qu’avait immortalisé Léo Ferré, « L’étrangère ». Un set surprenant mais attrayant.

En seconde partie Goran Bregovic et son Orchestre des Mariages et des Enterrements. Sur scène l’ancienne rock star a soigné son look. Tout de blanc vêtu comme à son habitude, il affiche paillettes aux pieds et au revers du veston  et des coccinelles sur son col de chemise. Exit la guitare bleue on le retrouve avec une nouvelle guitare plus ramassée. Sur scène, les deux sœurs Radkova (solistes des voix bulgares), 5 chanteurs, 5 cuivres, 4 cordes et le percussionniste chanteur habituel.320_Goran-Bregovic_JAV_01072016_NV

Le leader a promis de jouer les musiques qu’il aime. Son dernier opus, « Champagne For Gypsies » date en effet de 2012 et c’est pour lui l’occasion de proposer un répertoire qui se promène entre nostalgie et fête. Tout y passe, les musiques de films, « Arizona Dream », « Le temps des gitans »  et ses grands succès de scène. L’attention règne lors de l’interprétation de la musique du film, « La Reine Margot » de Patrick Chéreau qui ouvre la soirée. On écoute aussi avec plaisir Ausencia en hommage à Cesaria Evora. Après quelques titres il est rejoint sur scène par Stephan Eicher avec qui il a déjà travaillé. Quatre titres. Deux titres de l’album « Champagne for Gypsies » en référence aux origines gitanes du chanteur et deux titres du répertoire de Stephan Eicher, »Envolées » et « Déjeuner sur l’herbe » repris en chœur par le public.

Après cette parenthèse, la folie gagne la scène  avec les grands standards de Goran Bregovic, Edelerzi, Gas Gas, Quantum Utopia de la star. C’est bien ce que le public attend et il reprend avec enthousiasme les grand refrains jusqu’au bout de la nuit. Un grand moment de scène festive. La tradition bregovienne est respectée.

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

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Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »

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Kandace Springs revient avec « The women who raised me »

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Autour de Chet et Erik Truffaz Jazz à Vienne

Autour de Chet et Erik Truffaz Jazz à Vienne

Des larmes de pluie pour Chet Baker

Le 29 juin, « Jazz à Vienne » honore la trompette. D’abord hommage à Chet Baker avec le projet « Autour de Chet ». Puis quartet d’Erik Truffaz avec Oxmo Puccino. En invités trouble-fêtes, pluie et coupure d’électricité.

L’album « Autour de Chet » (Decca/Universal) chroniqué en avril dans ce blog a réuni voix et trompettes d’aujourd’hui pour un hommage au trompettiste et chanteur Chet Baker. Un opus plutôt sensible et réussi dont les plages soignées donnent à entendre les grands standards que jouait Chet Baker interprétés par des musiciens d’aujourd’hui.

La tentative était légitime de transposer le projet en version scénique. La chose paraissait osée et difficile. L’effort est louable mais le résultat mitigé… il est vrai que la demi-teinte sied à un hommage.

La présence de Riccardo Del Fra en maître de cérémonie a contextualisé le projet. Le contrebassiste qui a accompagné Chet Baker durant des années a esquissé avec délicatesse les traits marquants du trompettiste chanteur. Riccardo Del Fra et Stéphane Belmondo à la trompette ouvrent le set avec un très sobre I’m a fool to want you. Le ballet des voix et trompettes L-Aquino-P-Faccini_JAV_290616_NVa ensuite commencé avec pratiquement la totalité des participants de l’album. Camelia Jordana, Yael Naim, Sandra Nkaké, Jose James, Piers Faccini et Hugh Coltman pour les voix, Airelle Besson, Stéphane Belmondo, Luca Aquino et Erik Truffaz pour les trompettes.J-James-E-Truffaz_JAV290616_NV

Chaque intervenant a apporté sa touche à l’hommage avec plus ou moins d’inspiration. Sur scène, à la différence d’un enregistrement en studio, pas possible de refaire une prise, pas de mixage pour magnifier une voix ou un instrument et atténuer la rythmique. L’écrin orchestral a quelquefois manqué de nuance du côté de la rythmique un peu trop appuyée. Quelques duos ont marqué le set.

Fêlure et émotion sur The thrill is gone avec la voix voilée de Camélia Jordana et la trompette d’Erik Truffaz. Sensibilité  feutrée du duo Camélia Jordana Luca Aquino. Ambiance blues pour Born to be blue interprété par Hugh Coltman et Erik Truffaz. Option crooner-soul du duo Jose James Erik Truffaz. Spiritualité impressionniste de Taste of Honey avec la voix de Piers Faccini et le buggle de Luca Aquino. La voix grave et chaude de Sandra Nkake sied à l’univers de la musique de Chet Baker.

Malgré les larmes de pluie qui ruissellent, les spectateurs sont restés attentifs à cet hommage rendu à Chet Baker.

Après ses interventions fort appréciées durant la partie « Autour de Chet », Erik Truffaz prend la main pour une seconde partie de soirée où il présente le répertoire de son album « Doni Doni » en quartet. Musique musclée, haute en couleur, en rythme et en électricité. La pluie est encore de la partie et les éclairs rodent autour de la scène. Une coupure pourtant très brève de l’électricité contrarie visiblement le trompettiste.

L’ambiance du set s’adoucit avec la venue d’Oxmo Puccino. Un peu de poésie est bienvenue et adoucit l’énergie furieuse de la musique d’Erik Truffaz.

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

Né de la collaboration entre la batteuse croate Lada Obradovic et le pianiste français David Tixier, le « Obradovic-Tixier Duo » présente « The Boiling Stories of A Smoking Kettle », un album où élégantes mélodies et rythmiques complexes coexistent dans un équilibre subtil. Les compositions évoluent entre légèreté et densité, délicatesse et énergie. Il en résulte un cocktail polyrythmique inventif dont la musicalité ne se dément à aucun moment. A écouter en boucle !

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Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »

Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »

Rarement groupe n’a aussi bien porté son nom que le Youpi Quartet. En effet, ce groupe fusionnel offre une musique à la fois énergique et enchanteresse. Sans instrument harmonique, le quartet complice réunit les souffles de la flutiste Émilie Calmé et de l’harmoniciste Laurent Maur et la performante paire rythmique composée du bassiste Ouriel Ellert et du batteur Curtis Efoua. L’oreille savoure l’éclatante alchimie musicale de « Mozaïc » et après l’écoute de l’album, un seul mot échappe … Youpi !

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Kandace Springs revient avec « The women who raised me »

Kandace Springs revient avec « The women who raised me »

La chanteuse et pianiste Kandace Springs revient avec « The Women who raised me », un album studio qui rend hommage aux voix des femmes qui l’ont inspirée. Avec élégance, elle reprend des standards chantés par douze grandes voix féminines. Entourée par d’illustres artistes de jazz, elle parcourt un voyage au fil d’un siècle de musique et projette sa voix magnétique dans l’espace jazz. Élégance et émotion sont au rendez-vous.

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Ibrahim Maalouf Jazz à Vienne

Ibrahim Maalouf Jazz à Vienne

L’ouverture triomphale d’Ibrahim Maalouf à Vienne

28 juin, ouverture de Jazz à Vienne. Ibrahim Maalouf est le maitre d’œuvre. Célébration triomphale de la musique de Maalouf. Pour son cinquième passage consécutif à Vienne, le trompettiste développe un triptyque musical pour 6000 enfants le matin et des gradins complets avec un double plateau en soirée.

En matinée, la Création jeune Public. En soirée, sur la scène du Théâtre Antique, deux hommages faits aux femmes par Ibrahim Maalouf et ses musiciens, en référence à ses deux albums, « Kalthoum » en première partie puis « Red & Black Light » en second set.

Depuis maintenant 12 ans, Jazz à Vienne ouvre le festival avec un spectacle à destination des enfants du pays viennois pour sensibiliser le jeune public à la musique jazz. Cette année la commande a été passée à Ibrahim Maalouf.

6000 enfants des classes primaires sur les gradins du Théâtre Antique, avec cette année le soleil en prime. Si le spectacle des gradins est impressionnant, celui de la scène ne l’est pas moins. Introduction musicale avec Ibrahim Maalouf, Eric Légnini au keyboards, François Delporte à la guitare et Stéphane Galland à la batterie, la Maîtrise de Radio France dirigée par Sofi Jeannin et des enfants des écoles viennoises.Création-jeune-public_JAV_280616_NV

Après cela, le trompettiste explique aux enfant ce qu’est l’improvisation : « jouer ce qui n’est pas prévu… la première fois qu’on écrit un thème, c’est toujours de l’improvisation ». Il propose aux enfants de « faire ensemble un morceau de musique ». Chose rare, le silence se fait sur les gradins. Ibrahim Maalouf interpelle successivement Tamara, Sarah, Lucas et Yasmine pour leur demander de fredonner quelques notes. Le « chef d’orchestre » fait reprendre alternativement ces thèmes » aux enfants des gradins. Les notes devenues refrain et couplet sont reprises avec les musiciens, la Maîtrise de Radio et les 6000 enfants. Ibrahim Maalouf propose ensuite aux musiciens en herbe de « donner du sens au morceau en créant une introduction …et une fin ». Une petite répétition avec Ibrahim Maalouf au piano et les enfants.

Après une dernière mise en place avec le trompettiste, l’orchestre, la maîtrise et les enfants. Ça marche à la perfection. Les enfants chantent, agitent les bras et sourient. La démarche pédagogique d’Ibrahim Maalouf a fonctionné. Avec l’aide du trompettiste ils ont composé et chanté du jazz.

Chaque enfant a ainsi compris qu’il est capable d’accéder à la musique. Il reste aux éducateurs et aux parents à prendre la suite pour que la musique fasse partie de la vie de tous ces enfants.

La soirée du 28 juin consacrée tout entière à la musique d’Ibrahim Maalouf est  divisée en deux parties. Première partie consacrée à la musique de son projet Kalthoum qui célèbre la figure emblématique d’Oum Kalthoum. Seconde partie conçue comme une ode à la femme d’aujourd’hui

En première partie de soirée, le projet « Kalthoum »  réunit sur scène autour d’Ibrahim Maalouf, le pianiste Franck Woeste, le saxophoniste Mark Turner, le contrebassiste Scott Colley et le batteur Clarence Penn.

Toujours très pédagogue, Ibrahim Maalouf explique au  public en quoi consiste le projet. Le trompettiste et le pianiste ont traduit en écriture jazz l’un des plus grands succès de la diva égyptienne Alf Leila Wa Leila (les mille et une nuits) conçu à l’origine comme une symphonie. Une succession de tableaux balisent une « suite » d’environ une heure avec une introduction, une ouverture découpée en deux couplets et quatre mouvements.

Pour ouvrir le concert, Ibrahim Maalouf propose au oudiste syrien Samir Homsi d’interpréter le refrain dans la pure tradition musicale arabe. Suivent les deux parties d’introduction avec le trompettiste au sein de la « section ». A partir du premier mouvement, Ibrahim Maalouf joue en solo, reprenant textuellement à la trompette le chant d’Oum Kalthoum. Sur des arrangements peaufinés, les douces mélopées s’élèvent comme des plaintes portées par l’orchestre qui, comme une chambre d’écho, magnifie le chant de la trompette. Du début à la fin du set, une mise en place précise laisse grande place aux improvisations des solistes et aux interactions entre les musiciens

Avec humour, le trompettiste propose en rappel … un morceau rajouté, un morceau « qui n’en finit pas, comme… les fins des symphonies ». Il s’agit pourtant d’une fausse fin puisque le trompettiste conclut le premier set au tambourin (la batterie de la musique arabe) avec Samir Homsi à l’oud. Un clin d’oeil au chant de Fairouz, la chanteuse libanaise.

Mark Turner, virtuose. Franck Woeste lyrique. Clarence Penn spectaculaire. Scott Colley précis. Alternativement incisif, étincelant ou classique, Ibrahim Maalouf termine le set à la trompette. Les spectateurs font  une ovation à « Kalthoum ». Une ode à  la musique arabe traditionnelle revisitée et catalysée par la trompette étincelante de Maalouf.

Le contraste sonore et visuel est grand avec la seconde partie de la soirée consacrée au projet « Red & Black Light »  pour lequel Ibrahim Maalouf est entouré de François Delporte à la guitare, Stéphane Galland à la batterie, Eric Légnini et Franck Woeste aux keyboards, Antoine Guillemette à la guitare basse, Yann Martin, Martin Saccardy et Youenn le Cam à la trompette 

Esthétique électro-rock, jeux de lumière sur une scène enfumée, mélopées faciles à chantonner reprises de manière réitérative. Le public très sollicité pour soutenir la musique apprécie aussi cette facette plus extravertie de la musique d’Ibrahim Maalouf. Durant ce set, le leader se met en position d’orchestrateur. Il dirige la musique, veille à la mise en place depuis ses claviers délaissant quelque peu son instrument. Il est vrai que le trompettiste a beaucoup joué, (matin, après-midi pour les balances, premier set) et il donne un peu de répit à ses lèvres très sollicitées.

La seconde partie est menée sur un tempo d’enfer. La frappe puissante de Stéphane Galland stimule le groupe. La tension monte encore avec la reprise de Nomad Slang gravé sur l’album « Illusions ». Riffs de la section de trompettes, claviers à fond, trompette de Maalouf à son acmé. Dans les gradins les mains s’agitent. Le public suit les préconisations de Maalouf : « Chantez et dansez comme des fous ».

Après la tornade, le répit. Red & Black Light, tel l’hymne de l’album éponyme arrive ensuite avec et la Maîtrise de Radio France dirigée par Sofi Jeannin. Un bijou de délicatesse dont la mélodie célèbre les « choses essentielles de la vie ».

Le public debout a succombé à la puissance de cette musique électrique  et métisse. Il en redemande. La force de « Red & Black Light » a triomphé.

Électrique ou délicate, puissante ou raffinée, la musique d’Ibrahim Maalouf est la grande gagnante de la soirée. Sous toutes ses formes elle comble le public.

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

Né de la collaboration entre la batteuse croate Lada Obradovic et le pianiste français David Tixier, le « Obradovic-Tixier Duo » présente « The Boiling Stories of A Smoking Kettle », un album où élégantes mélodies et rythmiques complexes coexistent dans un équilibre subtil. Les compositions évoluent entre légèreté et densité, délicatesse et énergie. Il en résulte un cocktail polyrythmique inventif dont la musicalité ne se dément à aucun moment. A écouter en boucle !

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Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »

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Rarement groupe n’a aussi bien porté son nom que le Youpi Quartet. En effet, ce groupe fusionnel offre une musique à la fois énergique et enchanteresse. Sans instrument harmonique, le quartet complice réunit les souffles de la flutiste Émilie Calmé et de l’harmoniciste Laurent Maur et la performante paire rythmique composée du bassiste Ouriel Ellert et du batteur Curtis Efoua. L’oreille savoure l’éclatante alchimie musicale de « Mozaïc » et après l’écoute de l’album, un seul mot échappe … Youpi !

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Kandace Springs revient avec « The women who raised me »

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La chanteuse et pianiste Kandace Springs revient avec « The Women who raised me », un album studio qui rend hommage aux voix des femmes qui l’ont inspirée. Avec élégance, elle reprend des standards chantés par douze grandes voix féminines. Entourée par d’illustres artistes de jazz, elle parcourt un voyage au fil d’un siècle de musique et projette sa voix magnétique dans l’espace jazz. Élégance et émotion sont au rendez-vous.

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Mèmaké au Péristyle

Mèmaké au Péristyle

Mèmaké ou la transe transcendée

Du 26 au 28 juin le Péristyle accueille Mèmaké. Un trio qui réunit le batteur François Merville, le saxophoniste Lionel Martin et le contrebassiste Benoit Keller. Improvisation et échanges alimentent une musique énergique.

S’il est vrai qu’on écoute la musique, on peut aussi voir la voir se construire en direct, au fur et à mesure de l’avancée du concert de Mèmaké. Elle grandit sur scène.Francois-Merville_28062016_Peristyle Les thèmes écrits irriguent la pensée des musiciens. S’ensuit un développement de la mélodie qui se développe rebondit, s’amplifie et se cabre. Des échanges naissent entre les instrumentistes qui alimentent une musique instantanée. Les improvisations surgissent. Une ligne musicale émerge du saxophone. A ses côtés, des harmonies et des contrastes naissent sous les doigts ou l’archet de la contrebasse. La batterie soutient l’expression des deux instrumentistes déjà immergés dans l’échange. Baguettes, balais, mailloches ou doigts suivent et stimulent, coupent et relancent, sous-tendent et attendent les lignes musicales des solistes.Lionel-Martin_28062016_peristyle_NV

Avec Mèmaké la musique va sa vie, vit sa vie et s’enrichit. La musique circule entre trois pôles. Lyrique sur le saxophone soprano, Lionel Martin canalise son souffle et son énergie sur le saxophone baryton qui rugit ou barrit avec puissance. Avec finesse Benoit-Keller_28062016_Peristyle_NVBenoit Keller utilise toutes les possibilités de la contrebasse. Chant majestueux  à l’archet,  graves somptueux, son rond et chaleureux. Fin rythmicien et batteur des nuances, François Merville porte une attention extrême au jeu de ses compagnons avec lesquels il interagit de manière instantanée. Il met son talent de percussionniste au service des expressions délicates des solistes.

D’un titre à l’autre les musiciens tissent les fils de leur musique dont la trame nous saisit au vif. Incisive mais sans violence, elle est pénétrante. Le tempo des musiciens habite les spectateurs dont les corps oscillent au rythme impulsé par la musique.

Memake_28062016_Peristyle_NV 4Les morceaux se suivent et ne se ressemblent pas. De La grande boucle, celle de la vie, à La petite boucle, celle du quotidien, les musiciens jouent La pression du presseur. La vie de la vie en quelque sorte. Même la mécanique quantique s’invite au programme avec Le principe d’incertitude. On n’ose pas faire un raccourci et conclure q’un lien existe entre le Jazz et la Physique mais pourquoi pas ?

Mèmaké, un jazz physique qui apaise le corps et nourrit l’esprit.

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

Né de la collaboration entre la batteuse croate Lada Obradovic et le pianiste français David Tixier, le « Obradovic-Tixier Duo » présente « The Boiling Stories of A Smoking Kettle », un album où élégantes mélodies et rythmiques complexes coexistent dans un équilibre subtil. Les compositions évoluent entre légèreté et densité, délicatesse et énergie. Il en résulte un cocktail polyrythmique inventif dont la musicalité ne se dément à aucun moment. A écouter en boucle !

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Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »

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Rarement groupe n’a aussi bien porté son nom que le Youpi Quartet. En effet, ce groupe fusionnel offre une musique à la fois énergique et enchanteresse. Sans instrument harmonique, le quartet complice réunit les souffles de la flutiste Émilie Calmé et de l’harmoniciste Laurent Maur et la performante paire rythmique composée du bassiste Ouriel Ellert et du batteur Curtis Efoua. L’oreille savoure l’éclatante alchimie musicale de « Mozaïc » et après l’écoute de l’album, un seul mot échappe … Youpi !

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Kandace Springs revient avec « The women who raised me »

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La chanteuse et pianiste Kandace Springs revient avec « The Women who raised me », un album studio qui rend hommage aux voix des femmes qui l’ont inspirée. Avec élégance, elle reprend des standards chantés par douze grandes voix féminines. Entourée par d’illustres artistes de jazz, elle parcourt un voyage au fil d’un siècle de musique et projette sa voix magnétique dans l’espace jazz. Élégance et émotion sont au rendez-vous.

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Stracho Temelkovski trio au Péristyle

Stracho Temelkovski trio au Péristyle

Le jazz méditerranéen du Stracho Temelkovski trio

Du 23 au 25 juin, au Péristyle, le trio Nerazdeleni de Stracho Temelkovski a proposé  une musique où se mêlent jazz, musiques des Balkans, de l’Orient et de la Méditerranée. Vibrations colorées et ambiances nostalgiques.

300-200-01-Stracho-Temelkovski-trio_peristyle-23062016Durant trois jours au Péristyle, le guitariste et percussionniste Stracho Temelkovski a réuni autour de lui l’accordéoniste Jean-François Baez et le clarinettiste Jean-Pierre Sarzier.  Les compositions sont en grande partie celle du  leader mais on retrouve aussi des morceaux d’ Antonio Placer Les trois musiciens affectionnent et maîtrisent les rythmes impairs dont ils déjouent tous les pièges. Sur les six morceaux d’un set, un seul titre n’utilise pas ces rythmiques. Pas simple de battre la mesure sur un tango à 9 temps ! … et pourtant pour eux cela tient de la promenade de santé.300-200_jean-francois-baez_23062016

Les trois artistes jouent ensemble depuis plus d’un an et leur complicité leur permet de s’exprimer en toute confiance et de prendre tout à tour 01_300-200_jean-francois-baez_23062016 - Copiedes improvisations qui réservent de belles surprises. Si la mise en place est rigoureuse, les ambiances changent au sein de chaque morceau les. Jean-Pierre Sarzier sait se monter lyrique sur la clarinette basse sans trop d’étalage technique. Jean-François Baez assure une rythmique implacable et harmonise de belle manière durant les chorus de ses compagnons. Ses improvisations témoignent toujours de son attachement à la mélodie.

Stracho Temelkovski300-200_Stracho Temelkovski,_23062016 jongle entre viola, mandole, basse électro-acoustique et diverses percussions auxquelles il ajoute sa voix. Totalement immergé dans sa musique, il entraîne le public dans son monde. Un univers captivant et quelquefois envoûtant. Une musique en mouvement qui se promène dans des atmosphères variées. Sans reprendre aucun morceau traditionnel de la Macédoine où sont ses origines, ce musicien autodidacte restitue les atmosphères de ce pays et les mêle aux autres univers musicaux qu’il a croisés, jazz oriental, musique orientale, rock, musique de l’Inde et  musiques urbaines. Le miel de la vie témoigne tout à fait de ce qu’il nomme la « musique de l’âme ».

Le trio Temelkovski - Baez-  Sarzier constitue une unité musicale qui justifie tout à fait le nom du groupe « Nerazdeleni » qui signifie « non divisé ». Le site de Stracho Temelkovski permet de réécouter les atmosphères musicales du trio et celle du leader en solo.

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

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« Les âmes perdues » de Christophe Panzani

« Les âmes perdues » de Christophe Panzani

 « Âmes perdues », l’album intimiste de Christophe Panzani

« Les âmes perdues », une suite musicale sensible et romantique gravée par le saxophoniste Christophe Panzani. Il signe un premier album constitué d’une série de sept duos enregistrés par lui-même chez sept pianistes différents.

les-ames-perdues_couvOn connaît Christophe Panzani pour sa participation à plusieurs formations où son talent a déjà été repéré. Avec le Carla Bley Big Band, auprès d’Anne Paceo et chez Hocus Pocus entre autres. Pour sortir son premier disque en leader, « Les âmes perdues », il choisit le premier label de jazz participatif français, « jazz&people ». Son implication a été forte à tous temps de la création du disque. Après avoir pensé et composé les sept thèmes de l’album pour sept artistes différent, il a réalisé lui-même la prise de son au domicile de chacun des sept pianistes. On salue I’ilustration de couverture de l’album de Ludovic Debeurme (primé au Festival d’Angoulême en 2007).

Il en résulte sept duos gravés et enchaînés sur l’album comme une « suite » cohérente et romantique. Comme si Christophe Panzani se mirait dans sept claviers différents qui lui renverraient sept variations comme sept « selfies sonores ». Un portrait musical original où il est chaque fois lui-même mais chaque fois un autre. Sept tableaux à l’esthétique soignée. Un climat de rêverie délicate d’où se dégage un certaine mélancolie.

Les pianistes soutiennent, alimentent et relancent le discours du saxophoniste. Par ordre d’apparition sur le disque on retrouve Edouard Ferlet, Leonardo Montana, Laia Genc, Dan Tepfer, Guillaume Poncelet, Tony Paeleman et Yonathan Avishai. Le titre central du disque, Le sentier aux sentiers qui bifurquent, se démarque nettement des autres. Le piano de  Dan Tepfer donne un répons bien campé au saxophone. Leonardo Montana génère des contrastes rythmique bienvenus et Tony Paeleman ménage des espaces de nuances qui surprennent. On a la surprise de retrouver Guillaume Poncelet sans sa trompette et Edouard Ferlet tel que lui-même, tout en nuances et en demi-teinchristophe panzanite.

L’esthétique soignée de Christophe Panzani explore la palette médium et aiguë du saxophone ténor. Le son poussé avec délicatesse dessine des arabesques flottantes qui ne dépareraient pas dans le paysage musical ECM. On ne peut s’empêcher de penser à Mark Turner ou Andy Sheppard. Les futurs réalisations discographiques de Christophe Panzani devront explorer d’autres champs que ces belles ballades nostalgiques pour révéler d’autres aspects de sa personnalité musicale.

Visiblement imprégné par le théâtre, Christophe Panzani semble affectionner les mythes grecs. Sisyphe en d’ouverture et en dernier morceau Le rêve d’Icare. On souhaite que, comme lui le saxophoniste prenne les courants ascendants mais plane haut dans le ciel du jazz.

Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo

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