« Triple Entente » avec S Beuf / M Perez / D Imbert

« Triple Entente » avec S Beuf / M Perez / D Imbert

« Triple entente » par Sylvain Beuf, Michel Perez et Diego Imbert

Sur l’album « Triple Entente » le duo Diego Imbert - Michel Perez s’étoffe d’un troisième complice, le saxophoniste Sylvain Beuf. Le trio propose un voyage musical singulier teinté d’un revivalisme cool jazz.

Trois ans après « Double Entente » (Such prod/Harmonia Mundi), le duo contrebasse/guitare de Diego Imbert et Michel Perez accueille le saxophoniste Sylvain Luc pour graver « Triple Entente » (Trebim Music/L’Autre Distribution). Un swing intime se dégage des échanges des trois instrumentistes qui improvisent à cœur joie.

Sur les dix plages de « Triple Entente », la rencontre des musiciens fleure bon la Côte Ouest ou plutôt la « West Coast » comme diraient les exégètes du jazz, avec comme repère esthétique le trio composé par le pianiste Lennie Tristano (piano) et les saxophonistes Lee Konitz (alto) et Warne Marsh (ténor). Sans batteur, les trois instrumentistes assurent un tempo sans faille.

Couv_Sylvain Bœuf Michel Perez Diego Imbert – Triple Entente (Trebim Music L'Autre Distribution)Sur « Triple entente », les trois instrumentistes prennent le parti de pratiquer le jeu musical (un jeu de musicien il s’entend …) de la démarcation. Plus explicitement il s’agit, à partir de la trame harmonique d’un standard, de créer un nouveau morceau. C’est de cette manière que Charlie Parker avait détourné le titre How High is the Moon et avait créé Ornithology.

Ainsi, Michel Perez donne le ton dès le premier titre avec Confirm dont la filiation avec Confirmation de Charlie Parker est explicite. Le trio reprend ensuite de jouer Lennie’s Pennies écrit par Lennie Tristano à partir de Pennies From Heaven. Le Corps et âmes de Sylvain Beuf annonce lui aussi la couleur d’emblée, celle de Body and Soul, de même le lien apparaît évident entre Tiko Tikos et TicoTico. En droite ligne issu de la trame harmonique du thème On a Green Dolphin Street, Le Dauphin Bleu de Michel Perez navigue en des eaux raffinées. L’écriture de Diego Imbert réinvente You Stepped Out of a Dream en un Dream Team dont le charme opère de bout en bout. On a le sourire à l’écoute de Last Moment issu de All the things You are... aux amateurs de jazz de retrouver les quatre thèmes à l’origine des autres titres.

Au-delà de l’intérêt purement technique de l’exercice, le bonheur de l’écoute tient surtout dans la relecture de grands thèmes de jazz que font ces trois merveilleux solistes. Dans un style teinté de « cool jazz » leur inventivité explose. Leur complicité stimule des échanges inspirés. Tout en relaxation, les musiciens se soutiennent, se complètent, se croisent pour mieux se retrouver et tresser un tissu musical aux mailles finement aériennes. Un bon moment de musique à savourer sans retenue.

Le pianiste McCoy Tyner est mort

Le pianiste McCoy Tyner est décédé le 06 mars 2020 à l’âge de 81 ans. Avec lui s’éteint le dernier membre du quartet de Coltrane dans lequel il a joué de 1960 à 1965. Son héritage a révolutionné l’art du piano jazz moderne. Après une riche carrière de leader, il laisse le souvenir d’un musicien lumineux et discret dont le jeu unique et reconnaissable demeure une référence essentielle du jazz moderne.

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Visuel 2020 de Jazz Campus en Clunisois

Visuel 2020 de Jazz Campus en Clunisois

Cette année encore, c’est un volatile haut en couleurs qui se pavane sur le visuel 2020 de Jazz Campus en Clunisois. L’oiseau hausse le col et ouvre le bec pour donner rendez-vous au public du 15 au 22 août 2020. Il siffle aussi l’ouverture des inscriptions pour les stages 2020. Plumes lissées et œil vif, il attend avril pour annoncer la programmation.

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Chick Corea Trilogy rime avec Magie à l’Auditorium de Lyon

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Le 29 février 2020, après la prestation de Chick Corea Trilogy, le public de l’Auditorium de Lyon a encore des étoiles dans les yeux. Il se félicité d’avoir assisté au concert éblouissant du pianiste entouré de ses complices, le contrebassiste Christian McBride et le batteur Brian Blade. Ce soir-là Chick Corea Trilogy rime avec Magie. Trois virtuoses inspirés en conversation musicale… un pur moment de bonheur.

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Jazz estival 2016 au Péristyle de l’Opéra de Lyon

Jazz estival 2016 au Péristyle de l’Opéra de Lyon

« Jazz (f)estival » sous le Péristyle de l’Opéra

Du 09 juin au 03 septembre 2016 les concerts jazz du Péristyle reprennent leurs quartiers d’été sous les arcades de l’Opéra. Versant estival de l’Amphi-Jazz, le Péristyle est un repère musical incontournable du paysage lyonnais. Un café-jazz en terrasse où il fait bon écouter de la musique tout l’été. 

peristyle-cb-mouthFréquenter le Péristyle en été, c’est la certitude de retrouver toutes les couleurs musicales du jazz régional programmées par les bons soins de François Postaire, directeur de l’Amphithéâtre de l’Opéra. Au plus chaud de l’été les arcades offrent un havre de fraîcheur et même si le ciel se déchaîne, elles demeurent un abri bienveillant qui protège des averses ou orages.

Si le Péristyle est ouvert du lundi au vendredi de 9h à 23h, les concerts de jazz, gratuits et sans réservation, se déroulent en trois sets du lundi au samedi à 19h, 20h15 et 22h avec par exemple en option, apéro, repas et/ou dessert. La musique s’écoute seul(e) ou se partage entre amis.

A chacun sa manière de fréquenter le péristyle. Les amateurs de surprise s’y rendront les yeux fermés à l’heure qui leur convient pour découvrir les musiciens programmés sans en savoir plus et savourer ainsi le plaisir de la découverte. Les amoureux de jazz feront leur choix pour découvrir des musiciens ou pour ré-écouter ceux qu’ils affectionnent. Pour organiser ces flâneries et dégustations musicales, rien de mieux que la programmation disponible en ligne sur le site de l’Opéra. Elle précise les styles programmés et propose même des écoutes musicales.

Si tous les rendez-vous valent leur pesant d’or, on a repéré cet été quelques balises musicales comme des « coups de cœur ».

Les 9, 10 et 11 juin, c’est le 320_remycrambesRémi Crambes Trio qui ouvre le festival. Du modern jazz, dans la tradition du trio Ponty-Humair-Louiss. Le violoniste Rémi Crambes est entouré de Camille Thouvenot à lorgue et de Wendlavim Zabsonre à la batterie. Au programme, des compositions de W. Shorter, J. Coltrane, T. Monk, et quelques compositions originales. Improvisation et groove sont de la partie.

320_strachoLes 23, 24 et 25 juin, est programmé le Stracho Temelkovski trio ou Nerazdeleni trio. Le leader multi instrumentiste ( basse / viola / mandole / percussions) s’est entouré de Jean-François Baez (accordéon) et Jean-Pierre Sarzier (clarinette basse). Le trio propose un Jazz oriental sans frontières puisant dans les sonorités acoustiques et dans l’oralité des rythmes asymétriques. Un voyage tout en nuances, au cœur des Balkans, de la Méditerranée et de l’Afrique.

320_memakeLes 27, 28 et 29 juin, la musique de Mémaké résonne sous les arcades du Péristyle. comme François Merville, le batteur, Ma, comme Lionel Martin le saxophoniste, Ke comme Benoît Keller le guitariste. Le trio promet un jazz libre et expressif issu de leurs influences musicales. Une promesse de dépaysement dans des mondes imaginaires et colorés.

320_vallognes-teruel-oukridLes 04, 05 et 06 août, place au Vallognes/Téruel/Oukrid Jazz Trio. Ce trio piano-basse-batterie promène son inspiration dans les standards et les comédies musicales. Ces musiciens complices et inspirés réservent toujours des surprises. La certitude d’écouter un jazz libre et inventif.

320_bossayearsLes 8, 9 et 10 août, le Péristyle rime avec Brésil et plus précisément avec un style musical des années 60, la bossa-nova. Le Bossa Years Quartet propose son répertoire interprété par le saxophoniste Michael « Getz » Cheret (qui annonce d’emblée sa référence, le grand Stan Getz), Priscila Valdazo au chant et à la contrebasse et Zaza Desideiro à  la batterie. La guitare a amplement contribué au style bossa-nova et dans le groupe elle est tenue par Michel Perez. C’est un plaisir de retrouver ce musicien dont la délicatesse musicale n’a d’égale que sa modestie. Sa venue à Lyon dans le contexte de ce quartet constitue un évènement incontournable.

zaza-emerton-151-85Les 15, 16 et 17 août, le Brésil sera encore de la partie avec le Duo Desiderio - Oliveira. Ces deux brésiliens ont grandi en écoutant des musiques traditionnelles et instrumentales de leur région respective. Ils ont appris la bossa-nova, la Musique Populaire Brésilienne, le jazz et se sont rencontrés en France où ils ont goûté à d’autres cultures musicales. Une grande complicité lie le pianiste Ewerton Oliveira exégète de la musique de Hermeto Pascoal et Zaza Desideiro, batteur quasiment incontournable dans la région. Thèmes d’ici, improvisations d’ailleurs, mélodies de là bas… tout est prétexte à musique. De beaux moments en perspective.

320_wondercollectiveLes concerts du Péristyle se terminent toujours de belle manière. Comme pour graver un souvenir impérissable dans les mémoires. Cette année ne manquera pas à la tradition puisque les 01, 02 et 03 septembre, c’est Wonder Collective, un orchestre de onze musiciens professionnels qui terminera la saison. Comme le nom du groupe l’annonce, c’est un hommage gai et tonique à la musique de Stevie Wonder. Chanteur, choeurs, trompette, trombone, claviers, guitare, basse, batterie et percussions. Du groove joyeux en perspective, comme un  feu d’artifice pour marquer la fin de la fête.

Au-delà de ces « coups de cœur », la programmation tout en entière vaut le détour. Du jazz de qualité dans des conditions sympathiques sous le Péristyle de l’Opéra tout au long de l’été.

… avec quelques nouvelles surprises dessinées sur les vitres du bâtiment !320_peristyle2016

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Le pianiste McCoy Tyner est décédé le 06 mars 2020 à l’âge de 81 ans. Avec lui s’éteint le dernier membre du quartet de Coltrane dans lequel il a joué de 1960 à 1965. Son héritage a révolutionné l’art du piano jazz moderne. Après une riche carrière de leader, il laisse le souvenir d’un musicien lumineux et discret dont le jeu unique et reconnaissable demeure une référence essentielle du jazz moderne.

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« Brel » par David Linx et Brussels Jazz orchestra

« Brel » par David Linx et Brussels Jazz orchestra

« Brel » par David Linx & le Brussels Jazz Orchestra

L’album « Brel » célèbre autant le « grand Jacques » que le talent du chanteur David Linx et le swing du Brussels Jazz Orchestra. Une absolue réussite !

72px_couv_brel « Brel » (Jazz Village/Harmonia Mundi), un disque enregistré en Belgique (à Gand) par David Linx, chanteur né à Bruxelles et un big-band basé à Bruxelles, le Brussels Jazz Orchestra (BJO). Un hommage qui emprunte les sentiers du jazz pour honorer Jacques Brel. Inspiré par la force des textes, David Linx insuffle la souplesse de son jazz. Le swing coloré du BJO impulse une énergie nouvelle aux grands standards de Brel.

Certes l’orchestre et le chanteur n’en sont pas à leur première collaboration mais le pari était osé. Risqué de reprendre Brel dont les textes et les interprétations sont inscrits dans toutes les mémoires. Risqué d’interpréter des chansons dont les versions d’origine ont bouleversé des générations mais David Linx n’est pas un homme que72px_BJO_brel_live les paris effraient, loin de là. Après avoir tourné pendant deux ans avec « A NOUsGARO » en souvenir de son ami Claude Nougaro, il a conçu de travailler de nouveau avec Frank Vaganée, le directeur artistique du BJO pour « chanter Brel ». Ensemble ils ont choisi onze des grands succès de Brel et les présentent en dix titres aux rythmes et ambiances variées. La voix du chanteur et le tissu musical étincelant du BJO font alliance pour servir textes et rythmes.

Dans « Brel » les chansons de Jacques Brel se transforment en morceaux de jazz sans rien perdre de leur âme. Les tonalités émotionnelles, joie, tristesse, amour sont conservées.Les arrangements écrits par Pierre Drevet, Dieter Limbourg, Lode Mertens, Gyuri Spies, Frank Vaganée et Nathalie Loriers contribuent à densifier les atmosphères et à impulser des changements de rythmes qui évitent de reprendre la scansion rythmique propre à Brel. Les différentes palettes sonores du BJO colorent les plages de vigueur ou de langueur et avec les différentes sections de l’orchestre, le rythme s’emballe ou s’enroule autour de la voix d’un David Linx lumineux qui chante comme il respire.

Les trois villes célébrées par Brel sont sublimées. La version de « Bruxelles » est étourdissante, elle déborde de vie, de couleur et de mouvement. Pendant huit minutes cinquante cinq, on se trouve transporté dans un Bruxelles scintillant que le scat de David Linx et le chorus de Frank Vaganée (saxophone alto) contribuent à rendre encore plus « bruxellant ». Amsterdam et Vesoul sont enchaînées dans « Vesoul/Amsterdam ». Une valse ébouriffante où le solo du trompettiste Nico Schepers termine « Vesoul » et passe le relai à David Linx pour les dernières mesures d’un « Amsterdam » émouvant chanté en anglais, comme un clin d’œil à cet autre David (Bowie) qui avait interprété le titre. On a encore la tête qui tourne à l’écoute de la « Valse à mille temps ». Il vient vraiment l’envie de valser au rythme de l’amour, de Paris et du swing de ce morceau plus flamboyant que jamais. Une vraie tornade de musicalité !

C’est avec beaucoup de sensibilité que David Linx interprète « Ne me quitte pas » et « Isabelle » délicatement murmurée en anglais. On croyait connaître « Mathilde » mais nous voilà surpris. La bougresse se balance sur des rythmes latins et à n’en pas douter avec son scat impérial, David Linx devrait gagner le cœur de la Mathilde tant convoitée. Sur « Ces gens-là », le chorus de Bo Van der Werf au saxophone baryton s’allie de belle manière au chant de David Linx qui dessine avec émotion les portraits de ces gens auxquels on était habitués mais que l’on redécouvre avec bonheur.

Un « Brel » somptueux à écouter et ré-écouter dès sa sortie officielle le 10 juin. Il est aussi possible d’écouter David Linx & le BJO sur scène le 26 juin à 16h au Parc Floral dans le cadre du Paris Jazz Festival.

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« Le Roi René », René Urtreger

« Le Roi René », René Urtreger

« Le Roi René », René Urtreger par Agnès Desarthe

« Le Roi René », un livre écrit à 4 mains entre un musicien grand lecteur et une romancière et essayiste mélomane. Une rencontre sublime entre le jazz et la littérature.

Mise en page 1« Le Roi René » (Odile Jacob) narre, comme un roman, la vie de René Urtreger. Le pianiste de jazz a conté sa vie à Agnès Desarthe qui a rédigé un texte passionnant et dynamique. Ce livre publié dans le catalogue de « Portraits » des Éditions Odile Jacob, résulte d’entretiens enregistrés entre l’auteure et le musicien. Agnès Desarthe met son talent et sa sensibilité au service des mots de René Urtreger. Elle écrit à partir de la parole de l’artiste dans un climat de grande confiance mutuelle et le musicien est totalement associée à ce travail dont il est partie prenante.

Lorsqu’on aime un disque on le laisse souvent tourner en boucle et on l’écoute jusqu’à en être imprégné. Il s’est passé la même chose avec « Le Roi René ». Au fil de la lecture, on est captivé autant par l’histoire que par l’écriture sensible dont le rythme n’est pas sans rappeler le swing si cher au pianiste.

Avant de lire ce livre, on avait écouté René Urtreger en concert et apprécié sa main droite merveilleuse et ses improvisations débridées. On savait qu’il avait participé à l’enregistrement de la bande originale du film de Louis Malle « Ascenseur pour l’échafaud » aux côtés de Miles Davis et qu’il l’avait accompagné en tournée dans les plus prestigieuses salles d’Europe. Récemment, on avait apprécié le CD « René Urteger trio » (Carlyne Music/L’Autre Distribution) gravé en 2014 avec Yves Torchinsky et Eric Dervieu. Durant cette même année 2014, René Urteger a été distingué in honorem jazz par l’Académie Charles Cros. Son actualité musicale actuelle témoigne de son activité. Du reste de sa vie, nous ignorions à peu près tout.

La lecture du livre « Le Roi René » fait découvrir la vie flamboyante du pianiste. Parti de rien, René Urtreger atteint les sommets, connaît toutes les audaces, pratique la culture du risque et commet tous les excès, côtoie la gloire mais aussi les enfers. Nous suivons ses mouvements de vie, oscillations ascendante puis descendante, reconversion et nouveau mouvement descendant suivi d’une re-naissance. Le joueur d’échec qu’est René Urtreger, ne s’est pas laissé mettre « échec et mat », il a trouvé l’ouverture qui lui a permis de surgir de ses cendres tel un phœnix pour revenir dans sa propre vie et dans celle du jazz  où il occupe encore une place au plus haut niveau.

Le destin du musicien est évoqué depuis une enfance passionnante douloureuse et compliquée pendant la seconde guerre. Il a le coup de foudre pour le piano et la musique classique via Chopin. Enfant prodige il vit mal son échec au concours du Conservatoire en 1951 mais advient ensuite la révélation du jazz.

Le pianiste impose son talent dans les caves de l’époque et c’est pour lui l’occasion de jouer avec les plus grands jazzmen américains (Chet Baker, Sonny Stitt, Lionel Hampton, Kenny Clarke, Dizzy Gillespie, John Lewis, Miles Davis…) qui débarquent à Paris dans les années 50  et jouent avec lui. En 1955 il enregistre avec Chet Baker, Bobby Jaspar, Lionel Hampton et grave le disque « René Urteger joue Bud Powell ». En 1956 il tourne en Europe avec Miles Davis et Lester Young à la suite de quoi il participe aux côtés de Miles Davis, Barney Willen, Pierre Michelot et Kenny Clarke à l’enregistrement de la bande originale du film de Louis Malle « Ascenseur pour l’échafaud ». En 1960 il enregistre « H. U. M. ! » avec Daniel Humair et Pierre Michelot (premier disque d’une série de trois du même nom gravés ensuite en 1979 puis 1999).

Survient ensuite une suite de « hauts et bas » où René Urtreger et le jazz prennent de la distance. Le pianiste entre alors dans une période où la musique « yé-yé » lui permet de vivre. Claude François, Sacha Distel et d’autres l’appellent pour jouer à leurs côtés jusqu’à ce qu’il devienne « un clochard de luxe » usant et abusant de divers produits. Il transforma sa faiblesse en force puisqu’en 1977, il sut vaincre ses addictions et retrouver la joie de vivre et de jouer.

Exit le schlemazel, le mentsch était né ! Le jazz avait changé, le bop était loin, le free était passé par là mais René Urteger apaisé et assuré reprend ses marques et continue son exploration du jazz. Il renoue avec le succès et travaille avec les nouvelles générations (Stéphane Belmondo, Airelle Besson, Sylvain Beuf, Géraldine Laurent, PIerrick Pedron, Nicolas Folmer, Hervé Meschinet ….). Il continue à se produire en trio avec ses fidèles compagnons Yves Torchinsky à la contrebasse et Eric Dervieu à la batterie.

Après avoir s’être affirmé à vingt et un ans et avoir connu le statut d’un grand musicien, il a retrouvé à quarante-deux ans le ressort vital et l’envie de vivre. Il s’est débarrassé de toutes les addictions qui l’empêchaient de bien jouer pour se hisser de nouveau au niveau des plus grands. En écoutant René Urteger on se surprend à battre du pied et l’envie nous démange de nous lever de notre siège à l’écoute des ses chorus virtuoses. Sa vitalité musicale et sa sensibilité déclenchent l’émotion. Enraciné dans le bop son jeu est en perpétuelle évolution. Ce « compositeur instantané » met son talent, son swing et sa maîtrise au service du jazz, cette musique qu’il défend et dont il dit qu’elle est « avant tout une école de la courtoisie ».

A quatre-vingt-un ans, René Urtreger est reconnu par ses pairs comme un grand musicien et fédère régulièrement autour de lui le nec plus ultra des musiciens actuels. Il se produit dans les plus grands festival Français… comme ce fut le cas en mai 2016 au Festival « Jazz sous les Pommiers » où il s’est produit en trio avec Yves Torchinsky à la contrebasse et Eric Dervieu à la batterie.

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« Gershwin » par J.M. Foltz & S. Oliva

« Gershwin » par J.M. Foltz & S. Oliva

Jean-Marc Foltz & Stéphan Oliva brodent « Gershwin »

Avec l’album minimaliste « Gershwin », le clarinettiste Jean-Marc Foltz et le pianiste Stefan Oliva revisitent en duo le monde du compositeur américain G. Gershwin. Le silence teinté de bleu dessine une musique de nuit intimiste.

Le clarinettiste Jean-Marc Foltz est issu du monde classique et contemporain alors que Stefan Oliva s’inscrit dans la famille du jazz où son élégance musicale a de tout temps fait l’unanimité. Les deux musiciens ont déjà croisé les notes à de multiples occasions. Ensemble ils avaient déjà parcouru et tissé à leur manière le répertoire classique pour piano et clarinette en 2011gerswhwin_couv dans leur précédent opus, « Visions Fugitives » (Vision Fugitive/Harmonia Mundi).

Ce nouvel album « Gershwin » (Vision Fugitive/Harmonia Mundi) à paraître le 27 mai 2016 prolonge donc leur rencontre autour de neuf titres de George Gershwin, de deux compositions originales, une du  pianiste et une du clarinettiste et de la célèbre composition de Vernon Duke et Ira Gershwin, « I Can’t get Started » que l’on écoute.

160px_JMFoltz-SOlivaLes œuvres de Gershwin ont autant été interprétées par des musiciens issus de la sphère classique que par les jazzmen. Dans « Gershwin », le propos musical de Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva émarge dans un univers dont l’esthétique se situe à l’interface du jazz et de la musique classique. Au premier, les musiciens empruntent la liberté, au second ils capturent l’esprit de Ravel. Avec ces deux interprètes, oublié le cliché du glissando de la clarinette introductif de la « Rhapsodie in Blue » qui retrouve  les « fondamentaux » de la musique classique.

Les musiciens étirent le temps et le distendent avec une sobriété qui confine au dénuement, avec une élégance dont la sérénité n’a d’égale que la poésie qui s’en dégage. Et l’incroyable advient … du dépouillement jaillit l’émotion, une émotion qui nous habite encore longtemps après l’écoute de cet album empreint de bleu et de silence.

Leur version de « Summertime » est comme alanguie par la chaleur écrasante d’un soir d’été. Dans « ‘S Wonderful (morning) », les deux musiciens nous content la beauté de la fin de la nuit quand l’aube blanchit le ciel. Plus tard, ils nous proposent une version tout aussi éthérée de « ‘S Wonderful (evening) » pour dessiner l’esthétique du crépuscule qui efface le jour. Deux véritables poèmes que nous recevons comme des merveilles. Le « Prélude N° 2 Blue Lullabye » advient comme une introduction du thème « I love you Porgy » dont la mélodie exhale l’essence même de l’amour.

C’est un amour attendu et souhaité qui se dessine en délicatesse dans la version de « The man I love ». « Fascinating Rythm/Some one to watch over me » est dédié à Woody Allen dont on connaît le goût pour le jazz et la clarinette. De titre en titre, les notes sont soufflées et caressées. C’est sans doute le titre qui emprunte le plus à l’esthétique rythmique du jazz.

Même après qu’il ait regagné sa pochette, le disque tourne en boucle dans nos têtes et la magie opère. D’ailleurs la pochette dessinée par Emmanuel Guibert restitue tout à fait l’atmosphère ourlée de bleu et de silence qui caractérise cet album. Il est essentiel par ailleurs de préciser que la qualité du son doit aussi beaucoup au talent de l’ingénieur du son, Gérard de Haro, puisque l’opus a été enregistré dans son studio de la Buissonne en novembre 2015.

Pour s’immerger dans le clair-obscur de la musique de l’album « Gershwin », plusieurs options se profilent. Attendre le 27 mai, date de la sortie annoncée pour le disque sous le label « Vision Fugitive » ou… prévoir une escapade musicale pour écouter le duo Foltz/Oliva, soit le 17 mai à 21h à Paris au Sunside soit le 18 mai à la chapelle du Méjan dans le cadre de « Jazz in Arles ».

Le teaser de « Gershwin » permet mieux capter l’essence mystérieuse de cette musique.

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« Run Away » de Jeremy Hababou

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« Run Away », le premier album de Jeremy Hababou

Sensible et énergique, l’album « Run Away » du pianiste Jeremy Hababou donne à entendre onze titres dont six compositions originales, deux improvisations du groupe et trois reprises.

160px_jeremyhababouCe jeune pianiste et compositeur franco-israélien, Jeremy Hababou, revendique comme influences majeures les pianistes de jazz, Art Tatum, Bud Powel et Thelonious Monk et la musique classique (Bach, Ravel, Debussy). Il a étudié le jazz au centre d’Étude de Jazz à Tel Aviv, parrainé par le contrebassiste Avishai Cohen et en coopération avec la New School of Jazz de New-York. Il a suivi des masters classes avec Mulgrew Miller et Pat Metheny. Dans les clubs de Tel Aviv, il a rencontré de nombreux musiciens israéliens.

Sa rencontre avec Anne Ducros lui permet de se produire en première partie des concerts de la chanteuse, en septembre 2012 au Festival de Jazz de Saint-Rémy de Provence et en novembre 2013 au Théâtre de Bobino. En 2014 il participe au concours international de Piano Solo Jazz de Montreux dont il est finaliste. Cette même année 2014 il joue au Festival Éclats d’Émail de Limoges dont la programmation est concoctée par J.M. Leygonie. En Août 2013 il a enregistré à Tel Aviv « Run Away » son premier album en tant que leader avec autour de lui le batteur Ziv Ravitz et le contrebassiste Haggai Cohen Milo. Le trio invite le saxophoniste Gilad Ronen qui est aussi le directeur artistique du projet. Depuis peu Jeremy Hababou vit en France et commence à écumer les clubs de la capitale

En France la sortie de l’album « Run Away » (Gaya Music/Socadisc) est prévue le 20 mai 2016 chez Gaya Music/Socadisc. Les mélodies enivrantes sont servies par des interprètes sensibles et talentueux qui parviennent à créer une pluralité de climats. L’énergie génère des tensions mises au service d’une richesse harmonique toujours sous-jacente.

run-away_couv

Sur la pochette de l’album figure un tableau du célèbre peintre Yoël Benhrrouche. Sur l’album, onze titres dont six compositions originales du pianiste.

Le titre d’ouverture « Runaway », propose une musique dense et tendue avec des interventions lumineuses du saxophone soprano. Escapade ou fuite ? à suivre… Avec « Paradox » interprété en trio, la nuance advient, le climat change, le calme serein et rêveur alterne avec des cassures rythmiques toniques et interrogatives. Sur « Rea » le trio prouve sa cohésion et le pianiste entraîne ses compagnons dans une spirale où les influences orientales affleurent avec nuance. La parole circule librement et équitablement entre les trois musiciens dont on perçoit l’écoute réciproque. Sur « Turbulences » les lignes mélodiques du saxophone soprano ne sont pas sans évoquer la notion de fuite même si la fin du morceau suggère le répit. La structure du morceau « The Lick » met en évidence la virtuosité de Gilad Ronen littéralement porté par la section rythmique. Lyrisme et romantisme affleurent dans l’interprétation de « Richard & Mussorgsky », une composition de Jeremy Hababou inspirée par Moussorgsky.

Sur les deux titres « A la Mode » et « Conflict » l’orchestre improvise et les musiciens occupent l’espace musical renouvelé avec liberté et créativité. L’absence de saxophone nous surprend sur la reprise de la composition de Joe Henderson « Inner Urge » qui met en évidence les talents d’improvisateur du contrebassiste et la capacité du trio à faire circuler l’énergie. Jeremy Hababou rend hommage à Léo Ferré avec une interprétation singulière du titre « Avec le temps » pris sur tempo étiré et déstructuré. La bouleversante lamentation du saxophone ténor fait suite à la voix murmurée du pianiste. Même le texte, le poème affleure, l’émotion nous gagne. Une telle interprétation témoigne d’une grande maturité musicale. L’album se termine avec bonheur par une version éthérée, poétique et impressionniste de « Someday », la composition de Frank Churchil.

Après l’écoute d’un tel l’album, vient l’envie d’une immersion « live » pour mieux goûter à ces climats aux multiples couleurs. Le concert du 09 juin au Duc des Lombards à Paris est une opportunité pour écouter Jeremy Hababou sur une scène.

En attendant la sortie de l’album et le concert … rien de mieux qu’une vidéo pour patienter. Elle a été tournée au Sunside où Jeremy Hababou s’est produit en décembre 2015. Yoni Zelnik était à la contrebasse et Fred Pasqua à la batterie.

Le pianiste McCoy Tyner est mort

Le pianiste McCoy Tyner est décédé le 06 mars 2020 à l’âge de 81 ans. Avec lui s’éteint le dernier membre du quartet de Coltrane dans lequel il a joué de 1960 à 1965. Son héritage a révolutionné l’art du piano jazz moderne. Après une riche carrière de leader, il laisse le souvenir d’un musicien lumineux et discret dont le jeu unique et reconnaissable demeure une référence essentielle du jazz moderne.

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« Moondog » création des Nuits de Fourvière

« Moondog » création des Nuits de Fourvière

« Moondog », une création des Nuits de Fourvière

en hommage au Viking de la 6ème Avenue

Le 11 juin, les Nuits de Fourvière proposent un vibrant hommage au compositeur de génie, « Moondog ». Une création qui célèbre le fameux Clochard Céleste, Louis Thomas Hardin plus connu sous le nom de « Moondog ».

Le moment est venu de compléter l’article du 27 avril qui annonçait un billet spécial consacré à cette création.

350-245_moondog-moC’est parce que nous percevons cette soirée comme un évènement que nous nous sommes penchés sur la musique de ce créateur pour mieux nous préparer aux moments musicaux de cette soirée à venir. Pour cela nous avons lu l’excellent ouvrage « Moondog » écrit par Amaury Cornut et publié en 2014 aux éditions « le Mot et le Reste ». Le livre est passionnant de bout en bout. Le site français dédié à Louis Thomas Harding est dirigé par ce même Amaury Cornut, devenu le spécialiste français de Moondog. Les informations contenues sur le site « Moondog, Le Viking de la 6ème avenue »  nous ont permis de mieux nous imprégner de la musique du compositeur et d’appréhender plus largement son univers. Un vrai trésor que ce site où l’on ne cesse de découvrir des informations sur cet artiste unique.

A partir des sources précitées on tente de se préparer à mieux profiter de la soirée du 11 juin.

Posté à l’angle du Moondog’s corner à Manhattan (New-York), Moondog signait ses œuvres de son nom indien « The Bridge ». Drapé dans sa grande cape, il a ainsi joué de la musique chaque jour, de 1949 à 1959. De célèbres musiciens de jazz lui rendaient visite (Duke Ellington, Charlie Parker, Benny Goodman, …). Il a rejoint l’Europe en 1974 et sa vie s’est terminée en 1999 en Allemagne.

Ce musicien aveugle composa de nombreuses œuvres musicales dans le système tonal auquel il adhérait fondamentalement et son écriture a utilisé l’écriture contrapuntique. La polyrythmie vit et vibre au cœur de ses créations. Ainsi construite, sa musique demeure inclassable, entre pop, jazz, avant-garde et classique.

Taxé de « fondateur du minimalisme » par P. Glass, S. Reich et R. Riley, L.T. Hardin refusa ce qualificatif. C’est en braille qu’il écrivit une œuvre immense qui compte des chansons mais aussi des madrigaux, des symphonies, son grand ouvrage « The Creation » et nombre d’autres pièces (écrites pour orgue, saxophone ou orchestre symphonique).

Le musicien était aussi poète et créateur d’instruments. Il inventa la fameuse trimba (percussion composée de deux tubes de forme triangulaire avec une ou deux cymbales directement rattachées au bois), le Oo, le uni (instrument à 7 cordes), le hüs (instrument à cordes) et le « stinky » (percussion).

Compositeur exceptionnel, Moondog a enregistré sous son propre label puis chez Epic. Il a publié trois albums, « Moondog », « More Moondog » et « The Story of Moondog », sous le Label Prestige Records, label de jazz chez qui avaient signé Coltrane, Getz, Monk, Konitz, Rollins ou Miles Davis. Moondog a aussi enregistré deux disques chez Columbia dont le LP « Moondog » en 1969 et « Moondog 2 » en 1971. Pour précision, une réédition de 1989 chez Columbia réunit ces deux albums.

En Europe il a enregistré sous le Label allemand Roof (Kopf) qui publia « Moondog in Europe » en 1977 puis quatre autres albums dont le fameux « H’art Songs » en 1978 (courtes mélodies chantées et accompagnées au piano), « A New Sound of an Old Instrument » en 1979 où l’orgue est mis en exergue et « Elpmas » en 1992 où le compositeur utilise les machines électroniques (sampler). Il grave ensuite « Sax Pax for a Sax » chez Atlantic Records en 1994, un hommage au saxophone puis « Big Band » en 1985 chez Trimba Music où le « London Brass » rejoint l’orchestre de saxophones.

160_moondog-stephan-eicherLa première partie de spectacle du 11 juin réunit quelques uns de ceux qui furent les compagnons de la vie européenne de Moondog. Ils viennent honorer de la plus belle manière la mémoire du compositeur. Stephan Eicher a rencontré Moondog aux Transmusicales de 1988, collaboré avec lui sur l’album « My Place » et lui a offert une « Carte blanche » au Montreux Jazz Festival en 1996. À partir de 1995, la pianiste Dominique Ponty était sur les scènes aux côtés de Moondog. Le percussionniste suédois Stefan Lakatos a découvert Moondog au cours d’un programme animé par Frank Zappa. Il a noué avec le compositeur une amitié qui les a unis de 1980 à la mort de Moondog. La présence sur la scène du Grand Théâtre de Stefan Lakatos adoubé par Moondog de son vivant, constitue un garant de l’authenticité de l’hommage rendu le 11 juin à Louis Thomas Harding a.k.a. Moondog. La dimension orchestrale de la musique du compositeur est restituée dans cette même première partie de spectacle par la participation de l’Orchestre de l’Opéra de Lyon sous la Direction de Stefano Montanari.160_raphaelimberjeanbaptistemillot-7.57-mo Le saxophoniste Raphaël Imbert rejoindra les artistes déjà cités sur « Bird’s Lament » (originellement nommé la « Symphonique No. 9 ») que Moondog avait composé suite au décès du saxophoniste de jazz Charlie Parker disparu le 12 mars 1955. Dans cette même première partie de soirée, 160_moondog-ltm-minisymkarlll’Ensemble Minisym créé en 2013 sur l’initiative d’Amaury Cornut incarne ce que Moondog appréciait, les liens pouvant exister entre le baroque, le classique et la modernité. Cet ensemble emprunte le nom que Moondog avait donné à une de ses symphonies, Minisym  en guise de Symphonie Miniature. C’est Amaury Cornut qui assure la Direction Artistique de la première partie de la soirée du 11 juin et tiendra à cette occasion les percussions sur la scène du Grand Théâtre.

160_moondog-katialabequeLa seconde partie de spectacle met en évidence la dimension du mouvement qui habite l’œuvre de Moondog avec des chorégraphies et au piano. Il faut au moins tout cela pour faire connaître plus largement l’art universel de Moondog, ce solitaire qui a croisé Philip Glass, Charlie Parker mais aussi Leonard Bernstein et qui comptait Stravinsky, Toscanini, Frank Zappa, Janis Joplin, John Zorn et Jarvis Cocker parmi ses admirateurs mais aussi aujourd’hui Sophie Calle et Philippe Starck ou Riad Sattouf.

Le samedi 11 juin sera vraiment une journée à marquer d’une pierre blanche puisqu’une conférence « Moondog à travers le XXème siècle » est aussi proposée. Elle sera donnée par le même Amaury Cornut, spécialiste de cet artiste, véritable exégète de la vie et de l’œuvre de Louis Thomas Harding. A cette occasion le conférencier mettra en évidence les liens qui existent entre cet artiste méconnu et des figures marquantes de la musique du 20ème siècle : de Steve Reich à Elvis Costello en passant par Janis JoplinLeonard Bernstein ainsi que de nombreux jazzmen. Ainsi on en saura encore plus sur Moondog et on sera plus à même de profiter au mieux de la soirée du 11 juin que les Nuits de Fourvière proposent sur la scène du Grand Théâtre.

On se quitte avec la version de Bird’s lament gravée sur le disque « Moondog » de 1989.

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« Mare Nostrum II » avec P. Fresu, R.Galliano et J. Lundgren

« Mare Nostrum II » avec P. Fresu, R.Galliano et J. Lundgren

« Mare Nostrum II », l’aventure poétique continue

Avec ce second opus, « Mare Nsotrum II », le trio constitué par Paolo Fresu, Richard Galliano et Jan Lundgren poursuit son aventure poétique et continue à tisser des ponts musicaux européens.

Mare-Nostrum-II_couvLa sortie de « Mare Nostrum II » (ACT/Harmonia Mundi) le 04 avril a comblé tous ceux qui avaient goûté au premier opus. Le plaisir de retrouver l’inspiration des trois protagonistes du projet est proportionnel à la durée de cette attente. Il nous aura en effet fallu attendre neuf longues années depuis la parution du premier album « Mare Nostrum » (ACT/Harmonia Mundi). Cette durée s’explique par la notoriété et l’agenda chargé des trois musiciens impliqués dans le projet. En effet, le trompettiste Paolo Fresu, l’accordéoniste Richard Galliano et le pianiste Jan Lundgren sont très demandés et sont impliqués dans de nombreux projets.

Le lyrisme de la musique du trio Paolo Fresu, Richard Galliano et Jan Lundgren concourt à définir les lignes d’un « son européen » empreint de poésie et de délicatesse.

« Mare Nostrum » signifie « notre mer ». Dans la Rome Antique, ce terme désignait la Méditerranée. Avec ce nouvel album « Mare Nostrum II », le trompettiste sarde Paolo Fresu, l’accordéoniste français Richard Galliano et le pianiste suédois Jan Lundgren continuent à établir des ponts entre leurs différentes cultures musicales. Ces trois musiciens ont tous grandi à proximité de la mer (même si l’étendue marine du Suédois est éloignée de la Méditerranée). Cette « mer » représente pour eux plus qu’un symbole. Véritable source d’inspiration, elle est le point de départ de leurs voyages (réels ou intérieurs) et les fait naviguer vers des rencontres, vraies ou fictives.

Même si les trois musiciens ont des personnalités, des héritages culturels et des familles d’instruments très différents, ils parviennent à travailler en symbiose, chacun passant outre les limites apparentes du jazz et travaillant avant tout sur les mélodies. Les lignes mélodiques de l’un entrecroisent celles des deux autres, reliant ainsi leurs racines musicales. Les trames musicales résonnent en harmonie et définissent les contours d’une « mer musicale » transparente dont liberté et création sont les lignes de flottaison et demeurent les repères essentiels du discours musical.

Deux adaptations de pièces très contrastées d’œuvres classiques. « Dolce è il tormento » tiré du neuvième livre de madrigaux de Claudio Monteverdi, œuvre d’un innovateur présent à l’aube de l’opéra baroque, est interprétée ici de manière éthérée et avec une grande subtilité. A l’opposé, la « Gnossienne N°1 », du maître des miniatures musicales Erik Satie est jouée avec une incontestable assurance rythmique. L’album propose une succession de compositions des trois musciens qui décline différentes colorations de la mélancolie. Un tango langoureux au tempo ralenti, « Blue Silence » au format d’une pièce d’étude, « Leklåt », une douce comptine aux couleurs nordiques, « Kristallen den fina », la ballade « Giselle », « Farväl », une danse au tempo vif dont nous vous proposons quelques mesures.

« Mare Nostrum II », une douce rêverie et douze titres comme douze vagues musicales délicates qui apaisent nos âmes.

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« Headbug » de Ray Lema

« Headbug » de Ray Lema

Ray Lema présente son album « Headbug » en concert

A l’occasion de la sortie de son nouvel album, « Headbug », Ray Lema se produit en quintet le 26 mai à Paris à la Maison des Cultures du Monde, dans le cadre du Festival « Jazz à Saint-Germain-des-Prés ».

160_Raylema_Il n’y a pas grand décalage entre la sortie du disque « Headbug » (One Drop/Rue Stendhal), le 22 avril et le concert de sortie de l’album, le 26 mai à 20h30, à paris, à la maison des Cultures du Monde. Ce double évènement va ravir les amateurs de Ray Lema dont le groove est fort apprécié. Ce pianiste, guitariste et compositeur congolais est un des pères de la musique centrafricaine congolaise et un grand pourvoyeur de groove. A son actif, plus d’une vingtaine d’albums et un parcours musical très personnel.

Ray Lema met en avant son travail de compositeur à l’écriture singulière, à travers la pratique d’un jazz décomplexé qui ne cherche à imiter personne. Le leader a fait sienne une phrase de Miles Davis : « Le Jazz n’est pas une musique, c’est une attitude ». C’est ainsi quil met sa musique au service d’un discours créatif et imaginatif.

Headbug_Ray-Lema_couvL’énergie habite « Headbug », cet album au titre trompeur car à son écoute point de « prise de tête », loin de là. Les  plages se succèdent et procurent un même plaisir d’écoute. En fait, il y a bien eu prise de tête, mais seulement pour Ray Lema lors de l’écriture du titre éponyme qui ouvre le disque. Le pianiste Ray Lema s’est appliqué à trouver une structure harmonique qui mette en valeur ce morceau au groove renversant. Après ce premier thème, huit autres titres qui montrent (si cela est encore à prouver) la pluralité des styles que Ray Lema est capable d’embrasser avec réussite pour concocter un jazz multiculturel groovy et mélodique.

Les comparses-musiciens qui accompagnent Ray Lema sur « Headbug » sont ceux qui étaient déjà à ses côtés sur l’album « VSNP- Very Special New Production ». 160-leRayLema-QuintetIls ont donné le meilleur d’eux-même et contribuent grandement à la qualité de l’album.

Etienne Mbappe, le « bassiste aux gants de soie » joue de toutes les nuances auxquelles il nous a habitué. Il tisse des lignes de forces avec le drumming du batteur, Nicolas Viccaro, et les deux complices contribuent grandement au groove qui sous-tend l’album entier. Le saxophoniste Irvin Acao dont nous avions déjà apprécié les qualités en concert et sur son disque « Azabache » apporte sa contribution à l’album et ses échanges avec le trompettiste Sylvain Gontard sont du plus bel effet sur « Mira », une samba-funk endiablée. L’incandescence rythmique se tempère sur deux ballades nostalgiques « Nâab » et « Ulagaresh » dont les mélodies pleine de sensibilité nous ramènent vers l’Afrique.

Manu Dibango un autre « monument » de la musique africaine est invité au Marimba sur le cinquième titre « No Hiding ». Si l’influence de l’Afrique est incontestable dans le jazz de Ray Lema, le pianiste affectionne les mélodies et pose sa voix avec bonheur sur plusieurs titres. Il chante le titre « Mon bel amour » en français sur un rythme afro-cubain où  la trompette rayonne. La bossa-nova de Jobim, « Samba de uma nota so », est revisitée d’une manière peu orthodoxe et plutôt surprenante. Un découpage rythmique innovant renouvelle cette bossa qui ne perd pourtant rien de ses fondamentaux que restituent la voix de Ray Lema et le saxophone du Cubain Irvin Acao.

Le quintet de Ray Lema cultive l’esprit de groupe, la fraternité et l’entente. Chaque musicien est à l’écoute de l’autre. Si les fondations sont assurées par un trio rythmique efficace, piano-basse-batterie, les envolées et les contre-chants des soufflants, trompette et saxophone, teintent la musique d’un lyrisme sensible. L’énergie circule et alimente le groove qui soutient des mélodies subtiles.

affiche_festivalJazzastgermaindes presLe Festival « Jazz à Saint-Germain-des-Prés » accueille Ray Lema et son quintet qui se produiront à Paris le 26 mai à 20h30, au théâtre de la Maison des Cultures du Monde. Le concert est soutenu par le Mois des Cultures d’Afrique. Le groupe lyonnais « EYM trio » assure la première partie de la soirée.

Soirée festive en perspective pour un public amateur de dépaysement musical. Les couleurs du monde de Ray Lema séduiront autant les amateurs de groove que les amoureux des rivages poétiques.

Le pianiste McCoy Tyner est mort

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« Continuum » de Nik Bärtsch’s Mobile

« Continuum » de Nik Bärtsch’s Mobile

« Continuum », le nouvel album de Nik Bärtsch’ Mobile

L’album « Continuum » (ECM/Universal) de Nik Bärtschs’s Mobile est sorti le 18 mars chez ECM. Un concert du même groupe est programmé le 21 mai dans le cadre du Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés. Les nouvelles sont bonnes quand l’actualité discographique et celle des concerts se téléscopent.

N.BartschCette double occurrence a en effet de quoi ravir les amateurs de la musique acoustique du pianiste et compositeur suisse. La personnalité singulière de Nik Bärtsch a émergé sur la scène jazz ces dix dernières années et a conquis un public très large. Entre la précision de l’horloger suisse et le détachement du maître zen, sa musique, héritière de Steve Reich, excelle à transmettre « une énergie intense et calme », un groove hypnotique renforcé par la puissance de cohésion qui émane du groupe.

Au commencement était « Mobile » … c’est dont s’est souvenu Nik Bärtsch qui a consacré son dernier disque, à son groupe d’origine, « Mobile », groupe totalement acoustique. Il lui a adjoint un quintet à cordes sur trois pièces, et « Mobile » est devenu, « Mobile Extended ». Puisque l’actualité des concerts rejoint celle du disque le plaisir sera augmenté d’entendre « live » la musique du CD « Continuum »

2464 XAprès trois albums studio (Stoa, 2006, Holon, 2008, et Lyria, 2010) et un double album live (2012) avec son groupe amplifié « Ronin », c’est en effet avec sa formation d’origine « Mobile » que le claviériste et compositeur suisse Nik Bärtsch a enregistré en mars 2015 son nouvel album « Continuum » (ECM/Universal) sous la direction artistique de Manfred Eicher. Pour précision, l’effectif de « Mobile » se recoupe avec le line-up actuel de « Ronin ».

N-Bartsch'Mobile_legrouA la base, le quartet acoustique « Mobile », fondé en 1997, est la source de l’esthétique de Nik Bärtsch et de son attitude musicale. Une attitude façonnée par son approche conceptuelle de la réduction et de la répétition, mais aussi par sa fascination pour la culture japonaise. Le pianiste conçoit l’art musical comme une sorte de rituel. Nik Bärtsch et ses comparses, Kaspar Rast (batterie), Sha (clarinette) et Nicolas Stocker (percussions) travaillent à la confection d’un son de groupe global fondé sur l’énergie sans se complaire dans de vains exercices de virtuosité. « Cette musique puise son énergie dans la tension entre la précision des compositions et de l’auto-contournement de l’improvisation. De cette restriction auto-imposée découle la liberté. L’extase par l’ascétisme », dit l’artiste.

Jouant avec des textures musicales issues du jazz, du funk, de la musique contemporaine, du minimalisme ainsi que des musiques rituelles et sacrées, il crée de nouvelles énergies extrêmement structurées. L’approche artistique de Bärtsch est quelque peu inspirée de Ligeti et de sa finesse rythmique.La musique se développe en modules, comme des spirales ascensionnelles dont les structures sont fondées sur la répétition d’un certain nombre d’éléments qui se propulsent à travers le rythme. Cela n’est pas sans évoquer les motifs de la musique minimaliste (Reich, Glass, Riley) mais chez Bärtsch, les pulsations sont rythmiques et non flottantes.

Les musiciens sont moins soucieux de donner en spectacle leur virtuosité individuelle et prennent plutôt part à la création d’un timbre commun, fort et énergique.

affiche_festivalJazzastgermaindes presNik Bärtsch a choisi le festival « Jazz à Saint-Germain-des-Prés » pour présenter avec les musiciens du groupe « Mobile » son nouvel album « Continuum » le 21 mai à 21h dans le grand amphithéâtre de la Maisons des Océans. Ce concert constitue un évènement car le groupe se fait rare en France et la musique de « Mobile » devrait résonner de la meilleure manière dans ce joyau de l’architecture du début du 20ème siècle.

Nul doute qu’on se laissera pénétrer par la sensualité quasi-physique de la musique de Nik Bärtsch et son groupe « Mobile ».

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