Jazz à Vienne – Soirée French Touch

Jazz à Vienne – Soirée French Touch

De l’énergie galactique à la lave incandescente

Riche en énergie, la soirée « French Touch » du 04/07/017 a tenu ses promesses sur la scène du Théâtre Antique de « Jazz à Vienne ». La dynamique musicale du Yaron HermanTrio donne le ton. Après la chanteuse Anne Sila, le public accueille avec enthousiasme le concert proposé par Émile Parisien et Vincent Peirani en hommage au légendaire Joe Zawinul disparu en 2007.

C’est la première venue du pianiste Yaron Herman Sur la scène du Théâtre Antique de Vienne. En trio, il vient présenter le répertoire de son dernier album « Z » (Blue Note/Universal) accompagné de son alter-ego, le batteur Ziv Ravitz et du bassiste-chanteur Bastien Burger. Le trio prend visiblement plaisir à jouer et on perçoit d’emblée la grande connivence qui règne entre les trois musiciens. Le set contrasté permet de prendre la mesure des différentes propositions du groupe. 

Pleine d’énergie et de ruptures, la musique du trio de Yaron Herman propose des facettes variées. Elle oscille entre fureur et sérénité, entre tumulte et élévation, entre fracas et spiritualité. Les climats se suivent et leurs nuances sont plaisantes. Les nappes électroniques lancées en boucle par le batteur suggèrent des éthers galactiques. Tantôt le martèlement de la batterie rejoint le grondement de la basse, tantôt la voix éthérée du chanteur s’élève et ouvre la voie à l’expression romantique du pianiste qui prend même sur le dernier morceau des accents galactico-gershwinien.

On retrouve avec plaisir chez Yaron Herman des éclats lyrico-romantiques. Les atmosphères mélodiques, douces et délicates contrastent avec les grondements telluriques des deux rythmiciens. Le rythme hypnotique de Legs to run rappelle l’attachement du trio à la musique séquentielle et répétitive inscrite en filigrane dans tout le répertoire.

Le public fait un bel accueil au trio de Yaron Herman qui a offert un voyage musical alternatif réussi entre acoustique et électronique.

Révélée au grand public par The Voice 4, le chanteuse Anne Sila présente à Vienne un répertoire plus orienté vers le jazz que vers la pop même si elle se fait plaisir à interpréter un titre au texte anecdotique. Accompagnée par les musiciens du Magnetic Orchestra, Benoit Thévenout au piano, François Gallix à la contrebasse et Nicolas Serret à la batterie, elle présente un set dont on retient l’interprétation soignée du poème de Victor Hugo, Demain dès l’aube.

Soucieuse de performance vocale, la chanteuse gomme la dimension émotionnelle de son chant mais le public de Vienne apprécie celle qu’il a découverte à la télévision ou sur les scènes de la proche ville de Valence.

Le saxophoniste Émile Parisien et l’accordéoniste Vincent Peirani rejoignent la scène avec les six musiciens qu’ils ont réunis pour rendre hommage au grand Joe Zawinul.

« File Under Zawinul » rassemble huit musiciens dont quatre anciens compagnons de route du pianiste autrichien. Alignés en fond de la scène ces derniers assurent la fondation rythmique de la musique. Paco Serry à la batterie, Mino Cinelu aux percussions, Aziz Samahoui au chant et aux percussions et Linley Marthe à la basse.

Tony Paeleman au Fender Rhodes et Manu Codjia à la guitare entourent le duo Emile Parisien-Vincent Peirani. A l’occasion il sied de rappeler que l’accordéon a été l’instrument de début de Zawinul.

C’est Gibraltar, un thème de Wayne Shorter écrit à la grande période de « Weather Report », qui ouvre le set endiablé. Émile Parisien dit ensuite son plaisir de pouvoir rendre hommage au légendaire compositeur et pianiste Joe Zawinul avec cette bande d’artistes talentueux réunis à l’occasion.

Pas de doute l’énergie est de la partie. Le groupe enchaîne avec Madagascar puis Orient-Express et emporte le public de « Jazz à Vienne » dans un voyage au cours duquel les percussions et les interventions vocales d‘Aziz Samahoui apportent une coloration singulière et essentielle.

Paco Sery fait le show et galvanise le public qui manifeste très vite et très fort son enthousiasme. De bout en bout du set, Émile Parisien parcourt le plateau, s’immerge dans le flot débordant d’énergie de la musique. Il stimule les musiciens, les encourage, capte les vibrations qu’il restitue lors de ses chorus.

Assurée sans faille par les quatre anciens compères de Zawinul, la rythmique de File Under Zawinul génère certes une énergie incandescente mais assure aussi une mise en place précise garante de l’expression des solistes. Explosive et pulsatile la musique n’en demeure pas moins lyrique et créative. L’inspiration circule et les interventions des uns stimulent le discours des autres. Les solos fluides et acérés fusent de la guitare, les claviers fondent l’architecture de la musique, l’accordéon chante et harmonise, le saxophone se lamente. Ancré dans le sol, la basse fusionne avec la batterie et les percussions.

La déferlante musicale et la rythmique incandescente des huit musiciens du « File Under Zawinul » ont emballé le public de « Jazz à Vienne » comblé par un rappel généreux. Soutenue par la Spedidam, la Soirée French Touch a été à la hauteur des attentes des spectateurs..

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

Enregistré durant le premier confinement « en un peu moins d’un mois » avec le guitariste François Delporte, l’album « 40 Mélodies » du trompettiste Ibrahim Maalouf possède les atouts requis pour se nicher sous le sapin de Noël 2021. La guitare et la trompette microtonale à quatre pistons, inventée par le père d’Ibrahim Maalouf, dialoguent au fil de 43 titres dont 3 inédits où le trompettiste revisite son répertoire. « 40 Mélodies » à écouter en toute intimité et à partager plus largement.

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LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

Malgré la crise de l’industrie phonographique et la crise sanitaire, un nouvel label de Jazz est né… LP3 45-Records. Fruit de l’association de trois musiciens de jazz de renommée internationale Luigi Grasso, Yaron Herman, Laurent Courthaliac et du chef d’entreprise Peter Schnur, ce label fait sien le concept, « Less is More ». Il propose des albums vinyle 33 tours 3 titres enregistrés dans le lieu de vie des artistes. Les deux premiers sont annoncés pour le 18 décembre 2020, Kurt Rosenwinkel et René Urtreger.

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Mauro Gargano présente « Nuages »

Mauro Gargano présente « Nuages »

Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Jazz à Vienne – Hommage à John Coltrane

Jazz à Vienne – Hommage à John Coltrane

La musique de Coltrane… élixir vital

Le 03/07/2017, « Jazz à Vienne » célèbre la mémoire de John Coltrane disparu le 17 juillet 1967. Un triple plateau pour un hommage à Coltrane. Deux illustres saxophonistes qui ont partagé la scène avec lui, Pharoah Sanders et Archie Shepp. Deux artistes contemporains, Emile Parisien et Jeff Mills.

Aujourd’hui encore les confins de l’univers musical de Coltrane constituent des frontières dont les musiciens continuent d’explorer les limites. Pour en saisir la substance et s’en abreuver, pour la comprendre et s’en inspirer, pour s’y immerger et se régénérer, pour communier avec l’art de celui qui représente sans doute pour l’ensemble des musiciens de jazz une référence incontournable. Il ne s’agit pas de le dépasser mais plutôt de le révérer pour pourvoir à son tour inventer son propre univers.

Nul mieux que Pharoah Sanders n’a de légitimité pour ouvrir cette soirée hommage à John Coltrane, lui qui fut son compagnon de route pendant les dernières années de sa vie (de septembre 1965 jusqu’au 17 mai 1967), lui qui est en quelque sorte devenu à sa mort l’héritier de son legs spirituo-musical. Il s’agit de plus de la première apparition de Pharoah Sanders sur la scène du Théâtre Antique de Vienne. Un évènement donc à plusieurs titres que la venue de ce saxophoniste, ce d’autant plus que l’artiste est âgé de 77 ans.

Pour l’occasion, Pharoah Sanders est accompagné de Gene Calderazzo à la batterie, William Henderson au piano et Oli Hayhurst à la contrebasse, musiciens qu’il ne cessera de présenter tout au long du set tant semble grand son plaisir de jouer avec eux. Il est vrai que le trio sert à merveille la musique de Pharoah Sanders et lui permet de déployer toute l’étendue de son art. Ils font battre la pulsation vitale de la musique.

Tel un phare qui éclaire l’héritage du Maître, Pharoah Sanders va déployer toute sa science du saxophone. On retrouve la plainte déchirée de ses lamentations incantatoires qui s’élève au-dessus du tapis magique tissé par l’admirable section rythmique toute dévolue au service du Pharaon. Des ballades déchirantes alternent avec morceaux plus rythmiques teintés de senteurs ibériques ou d’effluves venus des Caraïbes. Entre gros son et plainte nostalgique, le saxophone donne à entendre des aigus poignants ou des graves telluriques, des sonorités évoquant de caverneuses cornes de brume.

Naima, Olé, … De thème en thème le Pharaon, s’impose sur scène tel un sphinx hiératique irrigué par la vitalité de la musique modale de Coltrane. En effet, si le saxophoniste prend le temps de s’asseoir en début de set entre deux interventions pour écouter avec attention le jeu de ses musiciens, il délaisse la chaise au fur et à mesure de la soirée comme régénéré, revitalisé par la musique.

Cabotin il esquisse des pas de danse sur le devant de la scène, chante et engage le public à l’accompagner. Rien de racoleur dans l’attitude, plutôt le plaisir de donner, de partager, de convier le public à la célébration. Et ça fonctionne. les spectateurs restent comme fascinés, par le jeu de Pharoah Sanders qui, s’il a certes perdu en force n’en demeure pas moins porteur d’émotions puissantes voire même doté d’un lyrisme hypnotique.

Après un changement de plateau rapide, place au duo Émile Parisien-Jeff Mills. Le saxophoniste français et le DJ de Detroit explorent le mythique album enregistré par Coltrane en 1964, « A Love Supreme ».

Les jeux de lumières et la distance qui séparent les deux intervenants ne sont en rien des obstacles à la cohésion de leur prestation. Les deux compères se lancent dans leur incursion au sein de la musique de Coltrane. Spectacle fascinant et passionnant. Le contraste frappe. On retrouve Jeff Mills concentré en diable et Émile Parisien tel qu’en lui-même, vibrant et énergique. 

La collaboration est fructueuse. Qu’il renvoie des samples de piano ou les boucles enregistrées live à partir des improvisations du saxophoniste, Jeff Mills fait preuve d’une acuité, d’une justesse et d’une finesse étonnantes. Émile Parisien quant à lui manifeste son habituelle verve furieuse et élégante qui ne cesse de surprendre et de toujours se renouveler. Un vrai processus de création instantanée est en cours devant les yeux du public fasciné. Si ce n’est la forme, rien ne change, l’improvisation alimente le cœur du jazz qui bat vivace et transfiguré.

Émile Parisien et Jeff Mills proposent une musique libre et renouvelée, vivante et surprenante, passionnante et singulière. Ils ouvrent les portes de l’avenir à la musique de Coltrane. Les deux passeurs possèdent la clé pour renouveler l’expression du jazz modal coltranien. La liberté, garant essentiel de l’évolution de cette musique dont l’avenir se projette décidément avec bonheur.

Le spectacle est fascinant et convainquant. Les deux exégètes de la musique de Coltrane projettent un langage renouvelé où encore une fois opère l’élixir de vie du jazz coltranien. Sans réserve, le public renvoie une ovation spontanée à la prestation qui a convaincu les plus réticents.

Le dernier set appartient au saxophoniste Archie Shepp venu avec un all-star composé du trompettiste Amir ElSaffar, du pianiste Jason Moran, et du batteur Nasheet Waits. Les rejoindront très brièvement, et cela est fort dommage, la chanteuse française Marion Rampal et le saxophoniste britannique Shabaka Hutchings représentant de la nouvelle génération du saxophone.

S’il a lui aussi joué et enregistré avec John Coltrane, à 80 ans, Archie Shepp propose une prestation qui met tout autant en valeur ses compositions personnelles que celles de Coltrane.

Il est vrai que ce charismatique musicien se prévaut d’être un témoin et un gardien de la musique noire américaine et il affiche clairement par son discours son ancrage dans le free jazz dont il fut une figure phare, mais aussi dans le blues, fondement de la musique afro-américaine dans lequel il s’est beaucoup trempé dans les dernières années de sa carrière.

Archie Shepp annonce d’emblée tirer son inspiration de celui qu’il se plaît maintenant à nommer son « Grand Frère ». Après Syeeda’s Song Flute, Archie Shepp invite la chanteuse Marion Rampal à le rejoindre pour seulement deux titres, ce qui est plutôt frustrant. On aurait aimé entendre plus la voix à la fois forte et fragile de cette musicienne empreinte de la dimension mélodique de la musique de Coltrane. On en dira tout autant pour la courte intervention de Shabaka Hutchings dont on a déjà vanté le talent et que le public aura tout le loisir de découvrir au Club de Minuit ce même soir.

Du haut de son tabouret dont il ne descendra guère, Archie Shepp expose via son saxophone les sons issus de la souffrance et de la révolte de ses frères. Soutenu par un orchestre vigoureux et inventif, le saxophoniste convoque Coltrane à travers Naima et après quelques flottements termine par une vibrante ballade bluesy.

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

Enregistré durant le premier confinement « en un peu moins d’un mois » avec le guitariste François Delporte, l’album « 40 Mélodies » du trompettiste Ibrahim Maalouf possède les atouts requis pour se nicher sous le sapin de Noël 2021. La guitare et la trompette microtonale à quatre pistons, inventée par le père d’Ibrahim Maalouf, dialoguent au fil de 43 titres dont 3 inédits où le trompettiste revisite son répertoire. « 40 Mélodies » à écouter en toute intimité et à partager plus largement.

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LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

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Malgré la crise de l’industrie phonographique et la crise sanitaire, un nouvel label de Jazz est né… LP3 45-Records. Fruit de l’association de trois musiciens de jazz de renommée internationale Luigi Grasso, Yaron Herman, Laurent Courthaliac et du chef d’entreprise Peter Schnur, ce label fait sien le concept, « Less is More ». Il propose des albums vinyle 33 tours 3 titres enregistrés dans le lieu de vie des artistes. Les deux premiers sont annoncés pour le 18 décembre 2020, Kurt Rosenwinkel et René Urtreger.

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Mauro Gargano présente « Nuages »

Mauro Gargano présente « Nuages »

Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Jazz à Vienne – Christian Scott

Jazz à Vienne – Christian Scott

Une musique fascinante, puissante et esthétique

Le 30 juin 2017 à « Jazz à Vienne », Christian Scott et son groupe assurent la seconde partie de la soirée. Malgré les conditions météorologiques défavorables et un début de concert un peu différé, le public apprécie à sa juste mesure la musique novatrice du trompettiste.

Christian Scott que l’on avait découvert aux côtés de Marcus Miller en 2009 s’inscrit dans la droite ligne des souffleurs de la Nouvelle-Orléans. En peu de temps le neveu du saxophoniste Donald Harrison Jr. s’est forgé un style très personnel en participant à la création de la Stretch Music. Ce jeune trompettiste né en 1983 ne cesse d’étonner par sa capacité à intégrer des influences modernes dans le jazz centenaire. On peut évoquer sans grande erreur une filiation qu’il aurait avec un autre musicien qui a bien avant lui fait évoluer le jazz selon une logique similaire, un certain trompettiste prénommé Miles.

Le concert de ce 30 juin 2017 restera gravé dans les mémoires de celles et ceux qui ont bravé le froid et la pluie. Malgré les circonstances peu favorables, le trompettiste a très vite recueilli des applaudissements nourris et fait briller  de bonheur les yeux des spectateurs.

Il est vrai qu’il sait y faire le bougre. Non seulement il joue à merveille mais il prend aussi le temps de présenter ses musiciens et de louer leurs qualités dont on s’apercevra très vite qu’elles sont à l’aulne de ses dires. Il sait aussi narrer avec humour les déboires subis tout au long de sa journée suite à des impérities des transports aériens. Le public ainsi détendu peut alors se concentrer tout entier sur la musique, en savourer la puissance et les nuances et se laisser gagner par l’émotion.

Christian Scott est entouré d’une section rythmique hors pair avec Lawrence Fields (piano, claviers), Luques Curtis (contrebasse) et Mike Mitchell (batterie). A ses côtés, la flutiste Elena Pinderhughes que l’on a découverte sur le second album d’Ambrose Akinmusire. Son jeu aérien, fluide et limpide tranche avec celui du leader plus mordant et puissant qui utilise alternativement Sirenette et Reverse Flugel, des modèles de trompettes qui portent sa signature.

La musique du groupe témoigne de sa très forte cohésion où chacun prend sa place sans omniprésence. Il en ressort un climat fusionnel qui porte un discours très moderne pourtant ancré dans la tradition du jazz. Contemplatives ou puissantes, sereines ou guerrières les ambiances varient. Les improvisations cristallines du pianiste et les interventions du contrebassiste captivent. Le batteur transforme le paysage rythmique de chaque morceau et assure une assise solide sans faille aucune. La section rythmique constitue une solide charpente qui porte les deux solistes et leur permet de s’exprimer en toute liberté.

Lorsque Christian Scott conte son vécu d’enfant aux côtés de son grand-père, Donald Harrison Sr., Grand Chef de quatre tribus d’Indiens Noirs de Louisiane (Brave, Creole Wild West, White Eagles et Guardians of the Flame). Christian Scott lui-même est cette année devenu chef indien de sa tribu nommée Yamasee ou Brave. A travers le discours qu’il tient on comprend que Christian Scott aTunde Adjuah souhaite lutter contre les discriminations et changer le monde grâce à la musique, l’amour et la solidarité vis à vis des démunis oubliés de la société.

Tel un guerrier félin il enchaîne sa narration avec un hymne tribal dédié à l’amour où le batteur devient le cœur battant d’une musique chargée d’émotion, de profondeur et de puissance. De la mêlée s’élève le chant volubile et fluide de la flutiste. Les effets électroniques de la trompette contribuent à donner encore plus de lumière et de respiration au message de cette musique organique et très physique.

La cohésion du groupe a imposé son énergie à la musique traditionnelle et moderne à la fois. Les variations d’ambiances de la section rythmique implacable ont donné libre cours à l’expression des solistes. Les envolées limpides et aériennes de la flutiste ont éclairé de lumière la partition de la soirée. Le jeu physique et précis du trompettiste a convaincu tant par son mordant que par ses fulgurances lyriques. De ce concert le public repart heureux et conquis.

Pour rentrer plus avant dans le monde de Christian Scott, on conseille l’écoute des l’albums « Ruler Rebel » et « Diaspora », deux premiers opus de la Centennial Trilogy que Christian Scott produit pour célébrer le centenaire du jazz.

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

Enregistré durant le premier confinement « en un peu moins d’un mois » avec le guitariste François Delporte, l’album « 40 Mélodies » du trompettiste Ibrahim Maalouf possède les atouts requis pour se nicher sous le sapin de Noël 2021. La guitare et la trompette microtonale à quatre pistons, inventée par le père d’Ibrahim Maalouf, dialoguent au fil de 43 titres dont 3 inédits où le trompettiste revisite son répertoire. « 40 Mélodies » à écouter en toute intimité et à partager plus largement.

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LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

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Mauro Gargano présente « Nuages »

Mauro Gargano présente « Nuages »

Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Jazz à Vienne – Ahmad Jamal présente « Marseille »

Jazz à Vienne – Ahmad Jamal présente « Marseille »

Musique rythmique et hypnotique

La soirée du 30 juin 2017 ouvre avec le pianiste Ahmad Jamal qui vient présenter le répertoire de son dernier album « Marseille ». Le maître du clavier rend un hommage à la ville solaire qui l’a séduit. Comme sur le disque il gratifie « Jazz à Vienne » de trois versions du thème éponyme.

Prévu à l’origine en seconde partie de soirée, le concert de ce géant du piano est avancé pour des raisons logistiques liées au transport du groupe de Christian Scott. Le public s’en accommode et applaudit l’entrée en scène des musiciens. D’emblée Ahmad Jamal présente le groupe. Alors que la soirée s’annonce tristement pluvieuse et froide, on se demande si la sorcellerie de la musique parviendra à faire rayonner sur scène le soleil de « Marseille », le dernier album du pianiste paru le 09 juin 2017.

C’est la version instrumentale de Marseille Part. 1 qui débute le set. Dès ce premier morceau on saisit que, comme l’album, le concert va privilégier la dimension percussive.

En effet le duo constitué du batteur Herlin Riley et du percussionniste Manolo Badrena va s’en donner à cœur joie aux côtés du pianiste qui n’aura cesse de mettre en évidence le côté dynamique de sa musique. Le contrebassiste James Cammack assume la charge d’impulser sur chaque morceau le riff d’accompagnement qu’il décline ostinato sans faillir. Cela octroie une grande liberté aux deux autres rythmiciens qui dialoguent de bout en bout du concert. Ahmad Jamal les encourage, prend plaisir à les écouter et s’arrête même parfois pour les regarder.

Le quartet interprète avec vigueur la version tonique et revisitée de Sometimes I Feel like A Motherless Child. Malgré ses 87 ans, Ahmad Jamal  assure avec brio sa part du travail et déploie tout son art. Sa main gauche omniprésente harmonise avec vigueur et laisse sa main droite se charger de séquences narratives virtuoses. 

Même si le troisième thème s’autorise une apparence de ballade, la rythmique demeure omniprésente. Les climats coloristes du percussionniste émargent du côté des rythmes latins alors que le batteur assume avec rigueur la dimension jazz du duo. Déclinés à peu près tous selon le même rituel, les morceaux proposent de longues montées en puissance qui donnent la parole au Maître du clavier. Cela accentue la dimension hypnotique de sa musique.

L’interprétation dynamique de Baalbeck ponctué d’un solo de contrebasse précède la venue de Mina Agossi tout de rouge vêtue. Celle qui a traduit en français les paroles écrites par Ahmad Jamal sur le thème Marseille rejoint le quartet pour chanter la version Marseille Part. 2. Le morceau prend l’allure d’une ballade sereine et bienfaisante dont les accents sensuels tranchent avec le climat rythmique appuyé du concert.

Après la sortie de scène de la chanteuse, le pianiste présente de nouveau les membres de l’orchestre avant de continuer.avec une version revue et latinisée du grand standard Les Feuilles Mortes. Ahmad Jamal décompose le thème pour le reconstruire et parvient encore à surprendre le public qui le gratifie d’applaudissements fournis malgré le froid humide qui s’ajoute à la pluie.

Entre alors sur scène le rappeur Abd Al Malik qui interprète Marseille Part. 3. Avant d’entamer la chanson, le slammeur salue le public de quelques rimes supplémentaires. « Vienne je t’aime, Vienne tu es belle sous la pluie » puis poursuit le déroulé du morceau porté par son flow si reconnaissable. Ahmad Jamal l’honore de congratulations appuyées auxquelles se joignent les spectateurs.

Le groupe revient pour un rappel ultime avant de quitter la scène sous les applaudissements nourris du public.

La sorcellerie de la musique n’est pas parvenue à vaincre les intempéries naturelles qui ont sans doute parasité le public dans son écoute mais n’ont pu les empêcher d’apprécier la superbe prestation d’Ahmad Jamal et de son groupe.

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

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Mauro Gargano présente « Nuages »

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Disparition de la pianiste Geri Allen

Disparition de la pianiste Geri Allen

Geri Allen, une grande figure du jazz féminin

Le 27 juin 2017 à Philadelphie, disparait la pianiste, compositrice américaine Geri Allen âgée de 60 ans. Son départ laisse un vide immense dans le monde du jazz. Son brillant talent lui a valu de jouer auprès des plus grands et d’être reconnue par l’ensemble de la communauté jazz.

Née et grandie à Détroit, Geri Allen a étudié à Détroit puis avec Nathan Davis à la Howard University de Washington. Dans les années 80 à New-York elle suit l’enseignement de Kenny Barron qui a été déterminant pour elle.

Son jeu de piano très personnel s’est nourri de nombreuses influences résultant des écoutes attentives de ses aînés qu’elle admirait et d’une vie riche en rencontres. On peut citer entre autres Herbie Hancock, le free jazz mais aussi le blues et la soul.

Elle a cultivé l’éclectisme en s’abreuvant des musiques populaires tout autant que celles des scènes d’avant-garde. Ainsi elle a développé un jeu très singulier que l’on peut taxer d’économe d’où est bannie toute note superflue. Cela lui a valu d’être repérée par les plus grands et de jouer avec nombre d’entre eux dont Ornette Coleman, Charles Lloyd, Dave Holland, Jack DeJohnette et bien d’autres encore.

Dans les années 80, Geri Allen intègre le collectif M-Base. Avec Steve Coleman, Greg Osby, Gary Thomas et la chanteuse Cassandra Wilson, la pianiste s’inscrit dans le développement d’un jazz nouveau qui allie hard bop et free jazz. Elle fait même partie des « Five Elements », l’orchestre le plus funky du saxophoniste Steve Coleman avec qui elle enregistre sur son premier album en 1985 « Motherland Pulse ».

En 1985 elle grave aussi son premier disque en leader « The Printmakers » dont elle signe tous les  thèmes. A ses côtés Anthony Cox et Andrew Cyrille. L’année suivante elle enregistre en solo « Home Grown ». En 1988 elle participe avec Charlie Haden et Paul Motian à l’album « Etudes » et sortira avec eux trois autres disques. Elle intègre même le Liberation Music Orchestra Montreal de Charlie Haden pour des concerts en 1989.

En 1990 elle signe chez Blue Note et sa notoriété grandit. Sur l’album « Twenty-One » (1994) elle est rejoint par une rythmique de premier plan en les personnes de Ron Carter et Tony Williams. En 1995 elle est nommée lors des Soul Train Music Awards pour cet album « Twenty One ». Geri Allen collabore ensuite avec le saxophoniste Ornette Coleman sur deux opus sortis en 1996 intitulés « Sound Museum ».

En octobre 2016, Geri Allen a sorti  « Perfection », un album enregistré avec David Murray (saxophone) et Terri Lyne Carrington (batterie-percussions).

Geri Allen a été reconnue par ailleurs pour ses talents de compositrice et de pédagogue. Ainsi, en 2006, elle est sollicitée pour composer une œuvre en hommage aux victimes de l’attentat du 11 septembre 2001, « For the Healing of the Nations », une suite jazz sacrée pour voix. On note aussi qu’en 2014 elle est nommée directrice du Pitt Jazz Studies au poste qu’avait occupé Nathan Davis celui avec qui, dans les années 80 elle a joué et longuement étudié l’ethnomusicologie. Pour précision, elle a a consacré sa thèse d’ethnomusicologie au clarinettiste et saxophoniste Eric Dolphy.

On n’oubliera pas la grande figure du jazz féminin qu’incarne Geri Allen et l’on aime à se rappeler son incarnation de la pianiste Mary Lou Williams dans « Kansas City« , le film de Robert Altman. On se souvient aussi de sa tournée récente dans un trio féminin avec Esperanza Spalding (contrebasse) et Terri Lyne Carrington (batterie-percussions).

Enfin on garde un souvenir ému de la présence de Geri Allen le 11 septembre 2016 sur la scène de la Philharmonie de Paris dans le cadre de Jazz à la Villette pour une soirée hommage au pianiste McCoy Tyner avec qui elle et Craig Taborn ont partagé la scène.

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

Enregistré durant le premier confinement « en un peu moins d’un mois » avec le guitariste François Delporte, l’album « 40 Mélodies » du trompettiste Ibrahim Maalouf possède les atouts requis pour se nicher sous le sapin de Noël 2021. La guitare et la trompette microtonale à quatre pistons, inventée par le père d’Ibrahim Maalouf, dialoguent au fil de 43 titres dont 3 inédits où le trompettiste revisite son répertoire. « 40 Mélodies » à écouter en toute intimité et à partager plus largement.

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LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

Malgré la crise de l’industrie phonographique et la crise sanitaire, un nouvel label de Jazz est né… LP3 45-Records. Fruit de l’association de trois musiciens de jazz de renommée internationale Luigi Grasso, Yaron Herman, Laurent Courthaliac et du chef d’entreprise Peter Schnur, ce label fait sien le concept, « Less is More ». Il propose des albums vinyle 33 tours 3 titres enregistrés dans le lieu de vie des artistes. Les deux premiers sont annoncés pour le 18 décembre 2020, Kurt Rosenwinkel et René Urtreger.

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Mauro Gargano présente « Nuages »

Mauro Gargano présente « Nuages »

Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Richard Bona-Création Jeune Public Jazz à Vienne

Richard Bona-Création Jeune Public Jazz à Vienne

Le Théâtre Antique transformé en cour de récréation

Le 29 juin 2017 à 10h, la Création Jeune Public ouvre le festival Jazz à Vienne. C’est le bassiste et chanteur Richard Bona qui assure la douzième édition de cet évènement destiné à sensibiliser les enfants du pays viennois à la musique jazz.

Avant l’arrivée sur scène de Richard Bona, maître d’œuvre 2017 de la Création Jeune Public, les 6000 enfants des classes primaires du pays viennois prennent place sur les gradins du Théâtre Antique devenu très vite une grande cour de récréation. Les jeunes spectateurs manifestent bruyamment leur plaisir d’être là et réclament à grands cris la venue des artistes.

Dès que Richard Bona débute son set, la cour de récré se transforme en une salle de classe assidue. Les enfants écoutent avec attention le bassiste venu en trio. Très vite ils chantent avec lui Guantanamera et enchaînent sur la ballade composée par Henri Salvador, Une Chanson douce.

Richard Bona convoque ensuite sur le devant de la scène un premier groupe d’enfants vêtus de tee-shirts rouge, bleu et jaune et munis d’instruments de percussion. Les jeunes accompagnent le trio sur le célèbre Watermelon Man du pianiste Herbie Hancock. Le spectacle se poursuit avec un groupe de choristes invités à chanter une berceuse africaine que propose Richard Bona. Le Théâtre entier reprend et le chanteur amuse l’assistance avec des imitations de cris d’animaux.

Émérite maître de chœur de ces 6000 enfants, Richard Bona parvient ensuite à obtenir le silence. Il invite alors les enfants à écouter l’improvisation du pianiste Osmany Paredes sur une ballade dont le bassiste expose le thème. Conscient que la concentration d’écoute des enfants ne peut durer trop longtemps, Richard Bona les interpelle d’un vigoureux « Et maintenant on va danser ».

Réactifs et très au fait des mouvements attendus, les jeunes spectateurs, les professeurs des écoles, les instituteurs et les accompagnateurs réagissent et se lancent dans une danse cubaine sous la stimulation de l’orchestre. Ça bouge sur scène, dans le proscénium et sur les gradins. Le set se termine par un rappel demandé par le public.

Ce 29 juin 2017, le Spectacle Jeune Public a privilégié la dimension interactive, ludique et chaleureuse et Richard Bona est parvenu à associer les enfants à sa prestation musicale. Le bassiste à la voix de miel a réussi le challenge de conduire les jeunes dans son monde aux confins du jazz et des traditions africaines, cubaines et plus largement latines. Par contre on regrette qu’il n’ait pas poussé la pédagogie au-delà en contextualisant le cadre de référence des morceaux interprétés.

Visiblement l’ensemble des classes (maîtres et enfants) avaient préparé la séance. Tous semblaient connaître paroles, musiques et mouvements et c’est sans doute là que se tient l’essentiel de la dimension pédagogique de cette Création Jeune Public 2017. On a aussi compris que la mise en place scénique de la prestation a sans doute été précédée d’un temps de préparation entre Richard Bona, enfants et professeurs.

On a enfin observé que ces jeunes scolaires ont endossé très vite le rôle d’un certain type de spectateur. Celui qui répond aux sollicitations des musiciens, qui participe au spectacle et manifeste bruyamment son adhésion quand on lui demande. De cela on est certain.

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

Enregistré durant le premier confinement « en un peu moins d’un mois » avec le guitariste François Delporte, l’album « 40 Mélodies » du trompettiste Ibrahim Maalouf possède les atouts requis pour se nicher sous le sapin de Noël 2021. La guitare et la trompette microtonale à quatre pistons, inventée par le père d’Ibrahim Maalouf, dialoguent au fil de 43 titres dont 3 inédits où le trompettiste revisite son répertoire. « 40 Mélodies » à écouter en toute intimité et à partager plus largement.

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LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

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Malgré la crise de l’industrie phonographique et la crise sanitaire, un nouvel label de Jazz est né… LP3 45-Records. Fruit de l’association de trois musiciens de jazz de renommée internationale Luigi Grasso, Yaron Herman, Laurent Courthaliac et du chef d’entreprise Peter Schnur, ce label fait sien le concept, « Less is More ». Il propose des albums vinyle 33 tours 3 titres enregistrés dans le lieu de vie des artistes. Les deux premiers sont annoncés pour le 18 décembre 2020, Kurt Rosenwinkel et René Urtreger.

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Mauro Gargano présente « Nuages »

Mauro Gargano présente « Nuages »

Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Clin d’œil à Nils Landgren Funk Unit et « Unbreakable »

Clin d’œil à Nils Landgren Funk Unit et « Unbreakable »

Du funk européen efficace et confortable

« Unbreakable » marque le retour du Nils Landgren Funk Unit. Annoncé pour le 30 juin 2017, cet album ajoute un dixième chapitre à l’histoire du célèbre sextet scandinave. Du funk européen bien (… voire trop bien) léché.

« Unbreakable » (ACT/PIAS) sort après 25 années d’existence du Funk Unit de l’homme au trombone rouge, le suédois Nils Landgren. A travers le titre de l’opus, le sextet du tromboniste annonce la couleur, celle de sa longévité. En effet, sur cet album, les six musiciens se disent inséparables face au temps et aux évènements. Sur les 10 plages de leur nouveau disque ils se montrent déterminés à jouer encore et encore leur musique. Un funk singulier aux couleurs européennes.

Aux côtés de Nils Landgren, on retrouve le bassiste Magnum Coltrane Price, le guitariste Andy Pfeiler, le saxophoniste Jonas Wall, le claviériste Petter Bergander et le batteur Robert Ikiz.

Sur l’album, trois pointures viennent épauler le Nils Landgren Funk Unit. Sur cinq titres, Ray Parker Jr., le guitariste de Détroit qui a écrit entre autres hits le célèbre « Ghostbusters » en 1984. Sur une plage le trompettiste Randy Brecker dont on se souvient qu’il a commencé sa carrière en tant que membre de « Blood Sweat and Tears » avant de rejoindre les « Jazz Messengers » d’Art Blakey, de jouer avec son frère Michael sans oublier son passage au sein de « Steps Ahead ». Sur un morceau, le trompettiste Tim Hagans qui a d’abord tourné avec Stan Kenton et Woody Herman et a notamment enregistré avec Steps Ahead, Maria Schneider, et Joe Lovano.

Unbreakable, composé par Nils Landgren, ouvre l’album avec réussite. Une intro de guitare de la légende du funk de Detroit, Un riff funky qui annonce la suite. On apprécie aussi Just A Kiss Away, une composition du regretté pianiste Allen Toussaint et le savoureux Rockin After Midnight de Marvin Gaye sur lequel Ray Parker Jr. chante aussi et où Randy Brecker intervient en solo.

C’est aussi avec Ray Parker Jr. que le Funk Unit reprend Stars In Your Eyes, et re-jouent à leur manière la même vieille histoire » gravée en 1980 par Herbie Hancock sur l’album Monster. On préfère cette version plus soul et plus souple que celle de naguère souvent samplée mais nettement plus pop-rock.

« Unbreakable » résonne du groove dynamique du Nils Landgren Funk Unit, ce singulier orchestre de funk scandinave. Des arrangements de cuivres très précis issus d’un soul jazz européen, des riffs de guitares et des arrangements qui regardent quelquefois du côté de « Kool and the Gang ». Une section rythmique unie qui assure le groove sans faillir. Certes rien d’échevelé, ni de torride mais une musique dont les accents populaires devraient ravir les amateurs d’un funk-soul efficace et confortable.

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

Enregistré durant le premier confinement « en un peu moins d’un mois » avec le guitariste François Delporte, l’album « 40 Mélodies » du trompettiste Ibrahim Maalouf possède les atouts requis pour se nicher sous le sapin de Noël 2021. La guitare et la trompette microtonale à quatre pistons, inventée par le père d’Ibrahim Maalouf, dialoguent au fil de 43 titres dont 3 inédits où le trompettiste revisite son répertoire. « 40 Mélodies » à écouter en toute intimité et à partager plus largement.

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LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

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Malgré la crise de l’industrie phonographique et la crise sanitaire, un nouvel label de Jazz est né… LP3 45-Records. Fruit de l’association de trois musiciens de jazz de renommée internationale Luigi Grasso, Yaron Herman, Laurent Courthaliac et du chef d’entreprise Peter Schnur, ce label fait sien le concept, « Less is More ». Il propose des albums vinyle 33 tours 3 titres enregistrés dans le lieu de vie des artistes. Les deux premiers sont annoncés pour le 18 décembre 2020, Kurt Rosenwinkel et René Urtreger.

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Mauro Gargano présente « Nuages »

Mauro Gargano présente « Nuages »

Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Clin d’œil à Catia Werneck et « Jongando »

Clin d’œil à Catia Werneck et « Jongando »

Polyrythmies et percussions entraînantes

Sur « Jongando » Catia Werneck explore de nouveaux territoires et rend hommage au Jongo, cette musique traditionnelle brésilienne considérée comme l’ancêtre de la samba.

Avec ce nouvel album « Jongando » (10h10/Sony Music Entertainment) sorti le 14 avril 2017 Catia Werneck prend ses distances avec son environnement habituel teinté de jazz et de bossa pour célébrer le Jongo avec dix titres rythmés et percutants alliant tradition et modernité.

Cette musique traditionnelle du Brésil précède la samba et a influencé par ses rythmes répétitifs le funk carioca, musique actuellement très prisée au Brésil. Le Jongo se caractérise par des polyrythmies complexes que mènent d’entraînantes percussions.

L’album « Jongando » est le fruit d’une rencontre décisive entre Catia Werneck et le bassiste, guitariste et arrangeur Munir Hossn. La chanteuse a écrit les textes et composé les musiques avec Munir Hossn qui a travaillé les arrangements et l’accompagne. Autour d’eux la solide section rythmique assurée par le contrebassiste Damian Nueva et les percussionnistes Adriano Tenerio et Ze Luis Nascimento

On est conquis par deux titres à la modernité convaincante, Opçao de vida et Carta do Ze. On a trouvé des repères plus traditionnels sur deux autres morceaux très plaisants, Rosario De Maria Jongo et Viva Eles.

L’album plutôt festif ménage une relative place à la mélancolie sur 30 Anos qui chante l’amour de la chanteuse pour le Brésil. Par contre si l’adaptation de la chanson de Jacques Brel, Les Cœurs Tendres, chantée en français a le mérite d’être très personnelle, son environnement musical très rythmique ne déclenche guère d’émotion a contrario de la chanson originale.

Porté par le rythme des percussions l’album « Jongando » concilie avec bonheur la tradition du Jongo et une réelle modernité. Si la voix de la chanteuse conserve son attrait habituel, la trame percussive séduit par sa richesse et sa diversité. Un album qui sort des sentiers battus.

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

Enregistré durant le premier confinement « en un peu moins d’un mois » avec le guitariste François Delporte, l’album « 40 Mélodies » du trompettiste Ibrahim Maalouf possède les atouts requis pour se nicher sous le sapin de Noël 2021. La guitare et la trompette microtonale à quatre pistons, inventée par le père d’Ibrahim Maalouf, dialoguent au fil de 43 titres dont 3 inédits où le trompettiste revisite son répertoire. « 40 Mélodies » à écouter en toute intimité et à partager plus largement.

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LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

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Malgré la crise de l’industrie phonographique et la crise sanitaire, un nouvel label de Jazz est né… LP3 45-Records. Fruit de l’association de trois musiciens de jazz de renommée internationale Luigi Grasso, Yaron Herman, Laurent Courthaliac et du chef d’entreprise Peter Schnur, ce label fait sien le concept, « Less is More ». Il propose des albums vinyle 33 tours 3 titres enregistrés dans le lieu de vie des artistes. Les deux premiers sont annoncés pour le 18 décembre 2020, Kurt Rosenwinkel et René Urtreger.

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Mauro Gargano présente « Nuages »

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Avec « Nuages », le contrebassiste Mauro Gargano présente son quatrième projet en tant que leader. La musique du quartet projette dans la contemplation d’un ciel lumineux parcouru de nuages sereins et légers. L’on se prend à redouter qu’ils ne se chargent d’électricité orageuse mais rien de tel n’advient. En effet, même si quelques souffles de vent effleurent le répertoire, rien ne parvient à troubler la sérénité des poétiques nuages musicaux.

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Clin d’œil à Vitto Meirelles et « Vem Rei »

Clin d’œil à Vitto Meirelles et « Vem Rei »

Un univers pluriel sans frontière

Auteur, compositeur et interprète, le brésilien Vitto Meirelles revient en 2017 avec « Vem Rei ». Les rythmes croisent les mots et les mélodies sur un album aux sonorités colorées et chaleureuses.

Le carioca Vitto Meirelles invite quelques-uns des artistes qu’il a côtoyés à se joindre à  lui sur son nouvel album « Vem Rei » (10h10/Sony Music Entetainment) sorti le 24 avril 2017. Ainsi, on écoute entre autres, Gilberto Gil et Agnès Jaoui au chant, Vincent Segal au violoncelle, Arto Lindsay et Sébastien Martel à la guitare.

Vitto Meirelles a écrit et composé treize titres inspirés de la vie quotidienne mais aussi de la situation sociale et politique au Brésil. Il a conçu tous les arrangements de l’album où se télescopent rythmes et sonorités variées. Ainsi le chanteur promène sans transition sa douce voix entre rock, pop, jazz, bossa, reggae et samba.

Veim Rei, le morceau éponyme de l’album évoque la vision que Vitto Mereilles a de Mickaël Jackson. Composé le jour de la mort du chanteur, le titre un peu bruitiste fait résonner un climat mélancolique et énigmatique. On aime Preto e Branca qui évoque le racisme encore très présent au Brésil. Une histoire d’amour impossible entre un homme noir et une femme blanche chantée sur un rythme doux mais plein d’amertume.

On se laisse porter par le balancement du Reggae do João qui rend hommage au grand maître de la bossa nova, João Gilberto. Chanté en duo avec Gilberto Gil, le titre développe une douceur extrême sur une rythmique alanguie. Les sons contrastés du violoncelle de Vincent Segal et de la guitare électrique de Seb Martel ne sont pas sans rappeler les couleurs acidulées de la pochette.

Si l’on émet quelque réserves quant au duo Notre Vie interprété en Français par Vitto Mereiles et Agnès Jaoui pour une tonalité un peu trop pop voire même presque mièvre, on retient par contre le dernier titre de l’album, Dias e Dias. Sur ce morceau, le violoncelle de Segal sublime la voix du chanteur qui explore avec aisance une tessiture très large allant des aigus voilés aux graves baignés de tendresse.

« Veim Rei ». Un album où tous les rythmes se croisent. Des couleurs nuancées. Des sonorités très actuelles. Le piquant d’un bonbon acidulé et la douceur d’un fruit bien mûr.  Vitto Meirelles manie avec aisance l’art des contrastes.

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

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LP3 45-Records, un nouvel label de Jazz est né

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Périscope-3ème édition de Résonance au Périscope en 2017

Périscope-3ème édition de Résonance au Périscope en 2017

Du 4 au 7 juillet 2017 : 4 soirées - 6 concerts gratuits

Du 4 au 7 juillet 2017 le Périscope de Lyon organise en résonance au festival « Jazz à Vienne », quatre soirées au Périscope et un concert exceptionnel à l’Église Sainte Blandine de Lyon. 6 concerts gratuits pour découvrir une face originale et singulière du jazz actuel.

Pour la troisième année cet évènement est organisé par le Périscope dans le cadre des Résonances Métropolitaines, en partenariat avec la Métropole de Lyon. Il fait écho au festival « Jazz à Vienne ». A cette occasion le Périscope donne « carte blanche » à la jeune scène française dont le travail actuel représente une face originale et singulière du jazz.

Cette scène de musiques innovantes qu’est le Périscope est en effet devenue un lieu incontournable du paysage jazz lyonnais. On prétend d’ailleurs que cette scène lyonnaise constitue une référence qui dépasse le strict cadre de la Métropole et même celui  de la Région.

Du 4 au 7 juillet 2017, Résonance au Périscope, c’est 4 soirées et 6 concerts gratuits.

Le 04 juillet 2017 à 19h à l’Église Sainte Blandine de Lyon se profile un concert acoustique exceptionnel proposé dans le cadre de Jazz Migration, un dispositif d’accompagnement de jeunes musiciens de jazz auquel participe activement le Périscope. On salue la venue du quatuor de saxophones MachautQuentin Biardeau. Les quatre saxophonistes Quentin Biardeau, Simon Couratier, Francis Lecointe et Gabriel Lemaire interprètent leur adaptation pour quatre saxophones de la « Messe de Notre Dame » de Guillaume de Machaut (XIVème siècle).

Pour rappel si impossible d’être présent(e)s à ce concert ou s’il vient l’envie de les réécouter… rendez-vous le 23 août 2017 au Festival Jazz Campus en Clunisois 2017 où se produit le groupe.

Ce même 04 juillet 2017 à 21h, le Périscope accueille le trio Schnellertollermeier. C’est une musique sans compromis que proposent Andi Schnellmann (basse), Manuel Troller (guitare) et David Meier (batterie). De l’impro entre modernité et rock.

La soirée du 05 juillet 2017 ouvre à 21h avec un solo du contrebassiste Joachim Florent, ce virtuose énergique impliqué au sein du collectif Coax. Place ensuite au trio Mèmaké qui réunit le saxophoniste Lionel Martin, le contrebassiste Benoit Keller et le batteur François Merville. Improvisations et échanges font battre le cœur de leur musique construite entre transe et apaisement.

A partir de 21h, le 06 juillet 2017, le Périscope accueille le quartet What If ? Avec Hugues Mayot (saxophone ténor), Jozef Dumoulin (claviers), Joachim Florent (basse électrique) et Franck Vaillant (batterie) dont le répertoire entièrement composé par le saxophoniste réserve bien des surprises.

Le 07 juillet 2017 dès 21h va résonner la musique du quintet Awake constitué du saxophoniste Romain Cuoq, du guitariste Anthony Jambon, du pianiste Leo Montana, du contrebassiste Florent Nisse et du batteur Nicolas Charlier. Le son de leur récent album enchante. De nombreuses nuances et de belles couleurs mélodiques.

Les 04, 05, 06 et 07 juillet 2017, il est vraiment tentant d’écouter, découvrir, partager et flâner sur la terrasse du Périscope en ce début d’été… sans oublier de faire un crochet du côté de l’Église Sainte Blandine le 04 juillet.

2020, Jazz sous le sapin#1… Ibrahim Maalouf & « 40 Mélodies »

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