The Source, premier album de Tony Allen chez Blue Note

The Source, premier album de Tony Allen chez Blue Note

Retour à la Source du jazz ou nouvelle Source musicale ?

Avec « The Source », le batteur Tony Allen grave à 76 ans son premier album chez Blue Note. Couleurs et rythmes témoignent de la vitalité et de la modernité du père de l’Afrobeat. « The Source », le jazz de Tony Allen, entre Afrique et Amérique.

L’album « The Source », annoncé pour le 08 septembre 2017 suit la parution de « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers », un premier EP de quatre titres paru le 19 mai 2017. Tous deux sont enregistrés par Tony Allen chez Blue Note.

De ce douzième album, le batteur nigérian dit qu’il s’agit d’un véritable rêve d’enfant, du disque de sa vie. Après 50 ans de carrière, il s’agit du premier album gravé par Tony Allen chez Blue Note, label prestigieux de l’histoire du jazz. L’esthétique sonore de l’opus s’inscrit en ce sens dans la plus pure tradition du jazz légendaire enregistré chez Blue Note. En effet l’album « The Source » bénéficie de la technologie analogique, de l’enregistrement à la gravure en passant par le mixage. Un retour aux traditions des origines qui donne un grain très particulier à l’album.

A l’écoute de « The Source », on peut se demander si l’album témoigne pour le batteur d’un retour à la Source du jazz ou si cet enregistrement peut être considéré comme une nouvelle Source musicale. En fait sans doute s’agit-il un peu des deux. En effet, si la musique témoigne de l’esthétique sonore et des traditions du jazz, elle véhicule aussi une modernité orchestrale très actuelle

La lecture de la chronique d’avril « Tony Allen annonce la sortie d’un EP en hommage à Art Blakey » permet d’en savoir plus sur Tony Allen, sa trajectoire musicale aux côtés de Fela Kuti dès 1964 puis sa carrière personnelle après 1979.

En 2017, pour l’écriture des onze titres de l’album « The Source », Tony Allen s’est rapproché du saxophoniste Yann Jankielewicz avec qui il travaille depuis l’album « Secret Agent » de 2009. Autour du batteur sont réunis quelques-uns des meilleurs musiciens actuels. Le saxophoniste Yann Jankielewicz, le tromboniste et tubiste Daniel Zimmermann, les saxophonistes Rémi Sciuto et Jean-Jacques Elangue, le trompettiste Nicolas Giraud, le pianiste Jean-Philippe Dary, le guitariste Indy Dibongue et le contrebassiste Mathias Allamane. Sans oublier deux invités de marque avec lesquels Tony Allen a déjà collaboré, le pianiste Damon Albarn sur le titre Cool Cats et le claviériste et coproducteur Vincent Taurelle sur Life is beautiful.

De bout en bout des onze titres le batteur tient les rênes de la musique à laquelle il impose son rythme si particulier où flirtent souplesse et rigueur. De l’afrobeat irisé des rayons d’une fanfare africaine ensoleillée comme dans Push and Pull comme un clin d’oeil à Charlie Mingus…

La batterie fait pulser le cœur de la musique mais les couleurs de l’orchestre irradient l’album de leur lumière. Incisifs et colorés les instruments inscrivent leur discours dans les ruptures rythmiques. Ainsi le battement de Bad Roads s’illumine du son cuivré de la trompette, Cruising est réchauffé par la pulsation boisée de la contrebasse, Woro Danse frémit sous les assauts puissants et sensuels du saxophone baryton, Cool Cats sautille au rythme du saxophone ténor, Wolf Eat Wolf vibre avec le chant puissant du trombone, On Fire est embrasé par le chorus brûlant du piano…

« The Source ». Onze plages inventives et colorées. A la fois retour à la source et renouveau musical, le jazz de Tony Allen est irrigué des polyrythmies africaines et vibre de couleurs chaleureuses et modernes.

 

Un jour après la sortie de l’album « The Source » chez Blue Note, le batteur Tony Allen se produit le 09 septembre 2017 à 20h à la Grande halle de La Villette, dans le cadre de « Jazz à la Villette. Pour l’occasion, il sera accompagné des saxophonistes Irving Acao Sierra et Rémi Sciuto, du tromboniste et tubiste Daniel Zimmermann, du claviériste Jean-Philippe Dary et du contrebassiste Mathias Allamane.
Tony Paeleman présente « The Fuse »

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Le pianiste, claviériste et compositeur Tony Paeleman présente « The Fuse », son troisième album en tant que leader. A la tête de son trio électrique, il fait exploser les sons jusqu’à la transe. Avec le bassiste Julien Herné et le batteur Stéphane Huchard, il rend hommage aux musiques des années 80. Impossible de résister à la puissance survitaminée de cet album groovy et électrique.

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Théo & Valentin Ceccaldi – « Constantine »

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Théo & Valentin Ceccaldi pilotent « Constantine », un voyage musical immersif dans leur histoire familiale. Avec leurs amis du Grand Orchestre du Tricot, le violoniste et le violoncelliste ont invité une myriade d’amis, toutes générations confondues, venus du jazz, du rock ou des musiques traditionnelles. Force émotionnelle, nostalgie poétique et lyrisme flamboyant irriguent cette fresque évocatrice d’exil et d’orient. Il fait bon embarquer dans ce road-movie dépaysant.

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Jazz à Vienne#40… Premiers noms de la programmation

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Programmée du 23 juin au 10 juillet 2021, la 40ème édition du festival « Jazz à Vienne » se prépare. Les premiers noms de la programmation laissent augurer de belles soirées et la perspective pour le public de retrouver la musique plus vivante que jamais. Jazz à Vienne#40 donne RV avec Jamie Cullum, Anne Paceo, Salif Keita, Keziah Jones, Julia Sarr, Ibrahim Maalouf, Erik Truffaz, A.Cohen Trio & Vincent Peirani.

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Gregory Porter annonce un nouvel album

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« Nat King Cole & Me » chez Blue Note

Gregory Porter annonce la sortie prochaine chez Blue Note de « Nat King Cole & Me ». Avec ce nouvel album, le chanteur rend un hommage sincère au légendaire chanteur et pianiste qui a influencé sa musique et sa vie.

Nat King Cole constitue un véritable fil rouge dans la vie de Gregory Porter depuis son enfance. Avec l’album « Nat King Cole & Me » le chanteur rend un hommage sincère à celui dont il a coutume de dire que “C’est un homme qui sortait vraiment de l’ordinaire. Il nous a laissé des musiques tellement grandes — si belles à écouter — qu’on ne peut que subir l’influence de ce timbre extraordinaire, son style, ce cool absolu.”

On se réjouit par avance de pouvoir bientôt écouter « Nat King Cole & Me » où le crooner aux deux Grammy Awards interprète quelques titres classiques du fameux Nat King Cole. Chez Blue Note, on ne fait pas les choses à moitié. En effet Gregory Porter pose sa voix sur des arrangements orchestraux signés du fameux Vince Mendoza.

C’est avec le concours du London Studio Orchestra et d’un groupe de musiciens composé du pianiste Christian Sands, du bassiste Reuben Rogers et du batteur Ulysses Owens que Gregory Porter revisite quelques-unes des plus célèbres chansons qu’interprétait Nat King Cole alors chez Capitol Records.

Gregory Porter annonce « Nat King Cole & Me » pour le 27 octobre 2017. Au répertoire, Smile, Mona Lisa, L-O-V-E, Nature Boy, The Christmas Song et dix autres titres.

En attendant la chronique à venir, on écoute le chanteur présenter son album …

Nat King Cole & Me - Album Trailer (Teaser) by Gregory Porter on VEVO.

Tony Paeleman présente « The Fuse »

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Le pianiste, claviériste et compositeur Tony Paeleman présente « The Fuse », son troisième album en tant que leader. A la tête de son trio électrique, il fait exploser les sons jusqu’à la transe. Avec le bassiste Julien Herné et le batteur Stéphane Huchard, il rend hommage aux musiques des années 80. Impossible de résister à la puissance survitaminée de cet album groovy et électrique.

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Théo & Valentin Ceccaldi – « Constantine »

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Jazz à Vienne#40… Premiers noms de la programmation

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Auditorium de Lyon – Ravel et le Jazz

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Modernité et sensibilité

Le 28 septembre 2017, « Ravel et le Jazz » ouvre la programmation Jazz à l’Auditorium de Lyon. L’ONL et un quintet de jazz interprètent un programme orchestré par le saxophoniste  Lionel Belmondo. Ravel, entre jazz et musique classique.

Comme annoncée en mai 2017, la programmation « Jazz, Rock et Chanson Française » de l’Auditorium de Lyon se profile comme un grand cru. Aux confins du Jazz et de la musique classique, c’est le spectacle « Ravel et le Jazz » qui ouvre avec brio cette saison 2017/2018.

En son temps Maurice Ravel faisait déjà référence au jazz à propos de sa musique. En effet, en 1928, au cours de son voyage aux États-Unis, dans la revue Musical Digest, le compositeur français enjoignait ses contemporains à prendre le jazz au sérieux en lançant son fameux « Take Jazz Seriously ! ». Quelques mois plus tôt, le deuxième mouvement de sa Sonate pour violon et piano, sous-titrée « Blues », se présentait selon ses propres dires comme « du jazz stylisé, plus français qu’américain de caractère, peut-être ».

Sur une commande de l’Opéra national de Bordeaux et dans le prolongement de ses différentes expériences pour formation de chambre, orchestre symphonique et chœur, le saxophoniste Lionel Belmondo a élaboré « Ravel et le Jazz », un programme qui explore à l’aune de son langage, le jazz, une sélection de pièces puisées dans le versant le plus intime de l’œuvre ravélienne, privilégiant le répertoire de chambre et certaines compositions méconnues.

Lionel Belmondo possède toutes les qualités pour arranger un tel répertoire. En effet, depuis « Hymne au Soleil », album salué de trois Victoires de la Musique en 2003, le saxophoniste n’a eu de cesse de mettre au jour les correspondances qui relient l’univers du jazz à celui des grands compositeurs classiques tels que Gabriel Fauré, Erik Satie, Claude Debussy, Lili Boulanger et Maurice Ravel.

Coproduit par l’Auditorium de Lyon et « Jazz à Vienne », « Ravel et le Jazz » est présenté le 28 septembre 2017 à 20h à l’Auditorium de Lyon. Sur scène, l’ONL conduit par Christophe Larrieu et un quintet de jazz réuni autour du saxophoniste Lionel Belmondo. A ses côtés, son frère Stéphane Belmondo à la trompette, le pianiste franco-américain Jacky Terrasson, le contrebassiste Thomas Bramerie et le batteur Simon Goubert.

Ces musiciens sont des jazzmen reconnus et émérites et comptent parmi ceux qui savent intégrer la modernité du jazz dans leur discours tout en restant ancrés dans la tradition la plus respectueuse des racines de cette musique née au XXème siècle. 

Au programme de la soirée, des extraits d’œuvres d’Érik Satie, Claude Debussy et Maurice Ravel arrangées par Lionel Belmondo et des compositions du saxophoniste, Ballade sur le nom de Maurice Ravel et YAL (à la mémoire de Yusef Lateef).

A ne pas rater, le « Propos d’avant-concert » animé par le trompettiste Stéphane Belmondo et Aline Sam-Giao, la directrice de l’Auditorium. Proposé en entrée libre dans le bas-atrium à 19h, ce court moment constitue une immersion dans le contexte musical qui permet de profiter mieux encore de la soirée.

Quatre-vingts ans après la mort de Ravel, les harmonies de sa musique vont résonner dans la salle de l’Auditorium de Lyon. Une soirée où syncopes et mélodies vont rendre un hommage sensible à la modernité et à la liberté de la musique de Ravel.

Tony Paeleman présente « The Fuse »

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Théo & Valentin Ceccaldi – « Constantine »

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Jazz à Vienne#40… Premiers noms de la programmation

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Les 40 ans de Jazz Campus en Clunisois

Les 40 ans de Jazz Campus en Clunisois

Un festival engagé et à taille humaine

Le 26 août 2017, après huit jours de concerts et six ateliers animés par les musiciens les plus en vue de la scène de jazz contemporaine, c’est la fête des 40 ans de Jazz Campus en Clunisois. Fidèle aux valeurs de ses origines, le festival réinvestit l’enceinte de l’Abbaye de Cluny.

Ce quarantième anniversaire est à l’image du festival. L’esprit de la fête prévaut pour les 40 ans de Jazz Campus en Clunisois sans clinquant.

Les festivités demeurent à taille humaine et restent en accord avec la ligne tracée depuis le début par Didier Levallet, le fondateur de cet évènement dont la persévérance a permis au  festival de vivre sans se renier. Concerts, déambulations, improvisations et échanges dans une ambiance de convivialité bon enfant.

La soirée valorise la liberté et son corolaire en musique, l’improvisation. Les murs et le sol des allées sont ornés par l’affiche élaborée à cette occasion.

La soirée débute avec « Les Snoopies », un groupe régional qui propose une musique fraîche et tonique et accueille les festivaliers dans l’enceinte même de l’abbaye dès 19h15. L’accent est donc ainsi mis sur le soutien que le festival a toujours apporté aux jeunes talents.

Avec attention le public écoute installé dans l’herbe ou attablé tout en savourant les produit proposés par les producteurs locaux. C’est peu de dire combien sont savoureux tous les mets et libations liquides proposés… le tout consommé avec modération par les musiciens, les organisateurs, les stagiaires et les spectateurs.

Après ce bain de musique rafraîchissant est donné le signal du concert promenade. Une déambulation menée par « Musica Brass », la fanfare chamarrée rompue aux animations festives que guident conjointement Jean-Louis Autin et Michel Deltruc, co-animateurs de l’atelier fanfare. Sans ce faire prier le public emboîte le pas à la troupe musicale et s’engage dans le dédale de l’abbatiale et de ses jardins.

La promenade est émaillée d’arrêts à des stations où interviennent la plupart des animateurs des ateliers.

« Stations cordes » avec deux contrebasses et un violoncelle où Didier Levallet rejoint Jean-Philippe Viret et Vincent Courtois. Les trois improvisateurs croisent le fer pour le plus grand plaisir des spectateurs attentifs et nombreux.

On se dirige ensuite vers la « station trombone » pilotée par Fidel Fourneyron. En haut des marches d’une des sorties du bâtiment et tourné face aux jardins et au Farinier des Moines, le tromboniste propose une aubade improvisée à la nuit tombante. Il rallie les suffrages unanimes de l’assemblée assise sur les escaliers ou debout dans les allées.

La fanfare bat le rappel et la troupe des festivaliers les suit. En musique on s’éloigne du bâtiment et dans la nuit on traverse les jardins pour rejoindre « la station saxophone- batterie » au pied du Farinier des Moines. Dans l’ombre se détache la frêle silhouette de Céline Bonacina qui embouche son saxophone baryton pour offrir un récital impromptu qu’elle commence seule. Elle est ensuite rejointe par le batteur Hary Ratsimbazafy. Les spectateurs massés devant le farinier ou grimpés sur les escaliers applaudissent sans retenue le dialogue des deux musiciens.

Point de répit pour la fanfare qui rejoint le bâtiment et le cortège s’achemine en musique dans les couloirs rénovés vers la « station piano » tenue par Denis Badault. Encadré par le saxophoniste Jean-Paul Autin et le percussionniste Michel Deltruc, le pianiste rompu à la pratique de l’improvisation s’amuse et offre un moment plaisant au public toujours participatif. Dans l’assemblée on repère Sophia Domancich, Simon Goubert et bien sûr Didier Levallet qui porte un regard attentif à la manifestation.

Après avoir applaudi la fanfare pour sa ronde festive bien orchestrée, les spectateurs prennent un répit bien mérité et se regroupent auprès des producteurs locaux pour quelque dessert ou rafraîchissement salutaires.

Tout le monde rejoint ensuite le devant de la scène pour un concert festif donné par « Le Peuple Etincelle » composé de François Corneloup au saxophone soprano, Fabrice Vieira à la guitare, Michael Geyre à l’accordéon, Eric Duboscq à la basse et Fawzi Berger aux percussions. Le slogan du groupe est simple… Musique festive du Sud-Ouest et au-delà. Le guitariste, compagnon habituel de Bernard Lubat annonce la couleur d’emblée. « C’est de la musique à danser, de la musique 2.0… que chacun danse comme il veut ». Les cinq musiciens vont s’employer à entraîner le public dans la danse et ils vont y parvenir. Au fil de la soirée, on danse certes mais on savoure aussi avec délice les improvisations ébouriffantes de François Corneloup.

Comme promis la musique se promène du côté du Sud-Ouest mais on capte des rythmes rappelant les danses de Bretagne, de l’Écosse ou d’Irlande. Avec le groupe on part en musique du côté du Brésil et on rejoint les Caraïbes avant une ronde circassienne endiablée. La participation masculine laisse à désirer mais comme toujours les femmes se mobilisent pour que la fête des 40 ans de Jazz en Clunisois batte son plein.

Les musiciens ont commencé le concert assis. C’est debout qu’ils le terminent, heureux d’avoir entraîné dans leur musique originale le public réuni pour fêter le samedi 26 août les 40 ans de Campus en Clunisois.

Après la danse, on se quitte non sans se donner tous rendez-vous en 2018 pour une nouvelle édition de Jazz Campus en Clunisois.

Tony Paeleman présente « The Fuse »

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Théo & Valentin Ceccaldi – « Constantine »

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Jazz à Vienne#40… Premiers noms de la programmation

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Jazz Campus en Clunisois 2017 – African Jazz Roots

Jazz Campus en Clunisois 2017 – African Jazz Roots

Voyage musical lumineux

Le 25 août 2017, à 21h, le Théâtre Les Arts de Cluny affiche complet. Le public s’est mobilisé pour écouter le nouveau projet « African Jazz Roots » de Simon Goubert et Ablaye Cissoko. Rythmes et lumière.

C’est avec un enthousiasme non dissimulé que Didier Levallet présente devant une salle comble le projet et les musiciens invités par Jazz Campus en Clunisois pour la dernière soirée au Théâtre Les Arts de Cluny. Le batteur Simon Goubert et le joueur de kora Ablaye Cissoko co-leaders du projet « African Jazz Roots ».  Ils se présentent en quartet avec à leurs côtés le contrebassiste Jean-Philippe Viret et la pianiste Sophia Domancich.

Le répertoire rend à la fois hommage à la tradition musicale sénégalaise et au jazz de John Coltrane. La musique du groupe est conçue pour valoriser les fondements musicaux communs aux deux langages.

Les quatre musiciens ont contribué à l’écriture du répertoire et Simon Goubert a assuré la direction du projet. Malgré la grande complicité qui existe entre les quatre protagonistes, il n’en demeure pas moins qu’un travail préalable a été nécessaire. En effet, le projet n’a aucunement l’objet de simplement juxtaposer le vocabulaire du jazz et l’expression traditionnelle de la kora. Le propos du groupe est vraiment de générer une coexistence et de vrais liens entre les deux idiomes.

Il est vrai que le travail avait déjà commencé entre les deux leaders en 2010 lors de leur première rencontre au Festival de Saint-Louis-du-Sénégal suivi en 2011 par l’enregistrement de l’album « African Jazz Roots » sorti en novembre 2012.

Les artistes du quartet ont confronté leurs approches différentes de la musique, pour cerner précisément les fonctionnements, les rôles de chacun et aussi pour intégrer la kora dont les caractéristiques physiques exigent du musicien qu’il pratique un accordage spécifique pour pouvoir moduler son expression dans un mode ou dans un autre. Cet exercice délicat est une condition préalable essentielle à laquelle Ablaye Cissoko est obligé de se plier avant de commencer un morceau en fonction du mode musical dans lequel le morceau est écrit, pour pouvoir s’exprimer au sein du groupe.

Quand on sait que l’instrument possède 21 cordes on conçoit combien l’affaire se corse. Ainsi au cours du concert de ce 25 août 2017, Ablaye Cissoko a dû accorder son instrument à plusieurs reprises pour pouvoir s’exprimer alternativement sur trois modes, le mode Syllaba, le mode Toumara et le mode Sawouta. On comprend aussi pourquoi, le joueur de kora limite ses interventions lorsqu’il existe des modulations au cours d’un même titre puisqu’il ne peut se ré-accorder en cours de morceau.

De plus la kora ne pouvant s’accorder dans tous les modes utilisés en jazz cela contraint les compositeurs à prendre cela en compte dans leur écriture pour qu’il soit possible à Ablaye Cissoko d’improviser librement. De facto, c’est bien en ce sens que les quatre musiciens ont élaboré le répertoire du groupe et c’est en grande partie pour cela que la fusion des deux mondes musicaux fonctionne.

Avant le concert Simon Goubert évoque la fantastique forêt de baobabs qui existe entre Dakar et Saint-Louis du Sénégal et qui l’a inspiré pour écrire le titre De Dakar à Saint-Louis. Le groupe enchaîne avec une composition de Jean-Philippe Viret en hommage à Saint Awawa. Le contrebassiste dont on apprécie l’élégance ouvre le morceau à l’archet et avec la kora, il esquisse le thème d’une fluidité exquise. La harpe-luth donne ensuite à entendre son chant lumineux que soutiennent avec légèreté le piano et la batterie d’une souplesse inouïe.

Pendant qu’Ablaye Cissoko accorde son instrument, Simon Goubert fait patienter le public et exprime avec simplicité la relation qui le lie avec ce pays et ses traditions.

Avant de jouer le morceau suivant composé de deux thèmes qu’il a lui-même écrits, le griot apporte quelques précisions quant au message qu’il transmet à travers les paroles chantées en mandingue. Le texte est une mise en garde qui exhorte l’homme à « se connaître et à rester dans es limites », à « conserver sa dignité et le droit de refuser, de dire non aux dirigeants, d’en avoir le courage ». Il se lève pour chanter et s’adresse tour à tour à ses compagnons et aux auditeurs. D’abord véhément, le chant devient une lamentation que poursuit la complainte de la kora.

Après les remerciements qu’adresse Simon Goubert à Didier Levallet pour tout ce qu’il « a fait pour la musique, les musiciens, le festival et la Bourgogne », le groupe continue avec Au Loin, le thème de Sophia Domancich qui donne son titre à l’album du groupe déjà pressé.

Ce morceau écrit et interprété dans la pure veine coltranienne est suivi de la composition de Simon Goubert Sur le Pont Faidherbe écrit en hommage à cet édifice emblème de Saint-Louis-du-Sénégal. Les interventions du batteur sur ce morceau final ne sont pas sans évoquer la puissance et la verve d’un certain Elvin Jones. En réponse à l’accueil enthousiaste du public, les musiciens reviennent pour un rappel, visiblement heureux de l’accueil reçu.

Au final, le répertoire réalise une fusion réussie entre le langage du jazz moderne et les sources de la musique mandingue que le griot, chanteur et joueur sénégalais de kora Ablaye Cissoko (de son vrai nom Kimintang Mahamadou Cissoko) incarne à la perfection. La grande rigueur rythmique et harmonique, les couleurs traditionnelles de la kora et de la voix du griot participent à créer un climat où la transe induite par les mélopées entêtantes de la kora résonnent avec celles que l’on retrouve dans le jazz modal coltranien.

Sur la rythmique subtile impulsée par la batterie,la kora et le chant habité du griot sont soutenus par le jeu délicat de la contrebasse et les nuances du piano. Il en ressort une dimension incantatoire voire spirituelle.

A l’issue de la soirée Simon Goubert propose au public de repartir avec un enregistrement qui reprend le répertoire du concert. Il s’agit de l’album « Au Loin » (Ma Case Prod)  dont la sortie est annoncée pour le 22 septembre 2017 et que l’on retrouve prochainement dans une chronique.

Sous le charme de cette musique lumineuse, on se laisse transporter dans voyage musical nuancé et riche dont on ressort dépaysé et serein.

Merci à Simon Goubert et Ablaye Cissoko pour leur disponibilité et les précisions fournies.
Tony Paeleman présente « The Fuse »

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Théo & Valentin Ceccaldi – « Constantine »

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Jazz Campus en Clunisois 2017 – Concert pique-nique

Jazz Campus en Clunisois 2017 – Concert pique-nique

Duo Leïla Martial & Valentin Ceccaldi

Le « concert pique-nique » commence la journée du 25 août 2017 à Jazz Campus en Clunisois. Cette année, la nourriture spirituelle des festivaliers est offerte par Leïla Martial & Valentin Ceccaldi qui se produisent en duo dans le Parc du tilleul au Haras National de Cluny. Beau moment de poésie musicale.

Pour le « concert pique-nique » du quarantième anniversaire de Jazz Campus en Clunisois, Didier Levallet a invité deux improvisateurs de la nouvelle génération. La chanteuse Leïla Martial et le violoncelliste Valentin Ceccaldi. Ils présentent leur projet « Le Fil » à l’ombre du grand tilleul du Haras National de Cluny. Les festivaliers, les musiciens, les stagiaires et les organisateurs apprécient cette année encore de se retrouver pour savourer un moment magique. Chacun vient à 12h30 avec son panier-repas, le festival et les musiciens offrent la « nourriture spirituelle ». Le cadre bucolique et le temps clément favorisent l’écoute.

La musique improvisée représente le terrain de jeu favori de ces deux jeunes artistes. Leïla Martial a déjà donné un aperçu de son talent le 23 août 2017 au Théâtre les Arts lors du concert « Circles ».d’Anne Paceo et de son groupe dont la chanteuse fait partie. Deux jours après, le public curieux se presse pour découvrir plus avant les acrobaties vocales de cet électron libre de la voix. Outre son association en duo avec la chanteuse sur leur projet « Le Fil », le violoncelliste Valentin Ceccaldi est aussi impliqué dans le jeune collectif orléanais Tricollectif dont il est un des co-fondateurs. Il joue par ailleurs au sein de l’ONJ d’Olivier Benoît et dans de nombreux autres groupes.

En apéritif et en entrée, une pièce de Fauré puis une de Purcel sont revisitées par le duo. Il propose ensuite le plat de résistance, un morceau inspiré par le triptyque de Jérôme Bosch « Le Jardin des délices ». La chanteuse a écrit des paroles sur la pièce composée par le violoncelliste. Le propos du morceau cible la représentation d’Adam et Eve, avec un zoom plus précis sur Eve et plus encore sur le cas des femmes. Tout un programme qui engage la femme à se libérer et à vivre « Eve, lève-toi et danse avec la vie ». Après un dernier morceau en guise de dessert où les deux protagonistes dialoguent en symbiose le duo offre en gourmandise, une chanson d’amour, Oh My Love de John Lennon mais leur version est bien loin de l’originale.

Chaque morceau déroule son lot de surprises et de contrastes. Les couleurs sonores des climats se suivent sans se ressembler mais s’enchaînent de belle manière. L’alternance des ambiances réserve des surprises. Lignes évanescentes et flottantes, paroxysmes vocaux, douceurs et murmures, espiègleries acrobatiques, bruitisme, onomatopées.

Certes la chanteuse utile ses pédales d’effet mais son talent consiste (entre autre) à intégrer les effets de manière à ce qu’il soit une extension même de ses cordes vocales. Leila Martial explore toute l’étendue de sa tessiture. Sa voix très claire fait exploser les aigus les plus cristallins comme les graves les plus telluriques.

Fort d’une technique inouïe, Valentin Ceccaldi débride son énergie et laisse cours à sa sensibilité et son lyrisme. Il tresse des climats poétiques qui ouvrent l’espace pour accueillir les envolées de la chanteuse.

Le son est cette fois encore assuré par Boris Darley et bien que le concert se déroule en  plein air, il bénéficie d’une sonorisation excellente,  condition sine qua non pour percevoir l’essence même de la musique du duo et suivre le « Fil » sur lequel les deux funambules s’expriment.

Tendue sur le « Fil » du rêve la musique chambriste aux accents spirituels et envoûtants du duo a enchanté, amusé et impressionné le public. Le propos soigné, alternativement sérieux et déjanté du duo reçoit l’accueil chaleureux qu’il mérite.

Tony Paeleman présente « The Fuse »

Tony Paeleman présente « The Fuse »

Le pianiste, claviériste et compositeur Tony Paeleman présente « The Fuse », son troisième album en tant que leader. A la tête de son trio électrique, il fait exploser les sons jusqu’à la transe. Avec le bassiste Julien Herné et le batteur Stéphane Huchard, il rend hommage aux musiques des années 80. Impossible de résister à la puissance survitaminée de cet album groovy et électrique.

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Théo & Valentin Ceccaldi – « Constantine »

Théo & Valentin Ceccaldi – « Constantine »

Théo & Valentin Ceccaldi pilotent « Constantine », un voyage musical immersif dans leur histoire familiale. Avec leurs amis du Grand Orchestre du Tricot, le violoniste et le violoncelliste ont invité une myriade d’amis, toutes générations confondues, venus du jazz, du rock ou des musiques traditionnelles. Force émotionnelle, nostalgie poétique et lyrisme flamboyant irriguent cette fresque évocatrice d’exil et d’orient. Il fait bon embarquer dans ce road-movie dépaysant.

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Jazz à Vienne#40… Premiers noms de la programmation

Jazz à Vienne#40… Premiers noms de la programmation

Programmée du 23 juin au 10 juillet 2021, la 40ème édition du festival « Jazz à Vienne » se prépare. Les premiers noms de la programmation laissent augurer de belles soirées et la perspective pour le public de retrouver la musique plus vivante que jamais. Jazz à Vienne#40 donne RV avec Jamie Cullum, Anne Paceo, Salif Keita, Keziah Jones, Julia Sarr, Ibrahim Maalouf, Erik Truffaz, A.Cohen Trio & Vincent Peirani.

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Jazz Campus en Clunisois 2017- D. Badault-D. Pifarély

Jazz Campus en Clunisois 2017- D. Badault-D. Pifarély

Improvisation, espace sacré entre forme et liberté

D. Badault-D. Pifaréli. Double plateau pour la soirée du 24 août 2017. . Un solo du pianiste Denis Badault suivi d’un concert du Dominique Pifarély Quartet. Au cœur de la soirée, l’improvisation.

Avec « Deux en Un », c’est un clin d’oeil malicieux que propose Denis Badault aux compositeurs du jazz et au grands maîtres du piano. En 2017 il anime un des ateliers des stages proposés par le festival Jazz Campus en Clunisois. Le pianiste fait partie de ces musiciens avec qui le festival entretient des liens depuis longtemps. Il a été le quatrième directeur artistique de l’ONJ et se prévaut d’une relation privilégiée avec l’improvisation.

Ce pédagogue et savant compositeur est connu pour son tempérament facétieux. Il confie durant le récital qu’il prend plaisir a interpréter ce soir-là sur la scène du Théâtre Les Arts des grands standards de jazz qui ne constituent pas vraiment son fonds de commerce habituel. Il propose donc de faire se télescoper des grands titres du jazz en les combinant deux par deux. Pour donner une dimension plus ludique à son propos, il engage le public à reconnaître les titres associés.

When I Fall in Love/In a Sentimental Mood, Pénélope/Over The Rainbow, Blue in Green/Dolphin Street, et de nombreux autres titres dont Un Américain à Paris, If I Should Lose You, Aux Marches du Palais mais avec le sourire le pianiste avoue y avoir ajouté certaines de ses compositions originales.

Certaines associations mettent plus l’accent sur la dimension rythmique de l’expression alors que d’autres combinaisons privilégient l’espace harmonique et la recomposition mélodique. Sur le clavier le toucher se fait léger et délicat ou pulsatile et véhément. De bout en bout du répertoire le pianiste capte l’attention du public amusé et intéressé par le jeu proposé.

Belle mise en bouche que ce début de soirée. Une gourmandise savante et pétillante, délicate et raffinée.

En présentant Dominique Pifarély, Didier Levallet évoque la première venue du violoniste à Cluny en 1978 et la longévité de sa collaboration avec le festival durant les années 70, 80 et 90 alors que son statut de violoniste et improvisateur soliste prenait bonne tournure dans le milieu du jazz et qu’il intégrait en 1992 le fameux label indépendant ECM dont on connait l’engagement dans le champ des musiques improvisées. Les années passant le violoniste n’a eu cesse de travailler avec le festival et la venue de Dominique Pifarély ce 24 août 2017 à Cluny représente le 39ème anniversaire de son histoire avec Didier Levallet et le festival.

Autour du violoniste, le Dominique Pifarély quartet réunit le pianiste Antonin Rayon, le contrebassiste Bruno Chevillon et le batteur François Merville. Au cours du concert, le groupe interprète des pièces pas encore enregistrées et des parties (de parties… dixit Dominique Pifarély) du répertoire de « Tracé Provisoire » le dernier album du Dominique Pifarély Quartet, sorti en juin 2016 chez ECM. La rumeur qui vient, Le peuple effacé, …

Sur scène, on perçoit le lien qui relie les musiciens profondément concentrés. Entre eux existe une grande perméabilité et circule une communication indéniable qui leur permet de réagir en temps réel à l’évolution de la musique. La frontière entre improvisation et composition est ténue. A partir d’éléments structurels écrits, les thèmes, les musiciens développe le discours improvisé qui mêle abstraction et lyrisme.

La connivence qui existe au sein du quartet permet au batteur, au pianiste et au contrebassiste de créer un espace idéal au sein duquel le violoniste laisse libre cours à son expression aventureuse. Dominique Pifarély mobilise son énergie et construit des improvisations lyriques. Il dessine des lignes furieuses suivies de mélodies aux teintes dramatiques ou oniriques.

Entre rêverie intemporelle et divagations abstraites, la musique s’écrit dans l’instant, se charge de lumière et rayonne de toute sa force poétique.

Au service du son d’ensemble, le quartet produit une vraie musique de groupe et chacun des protagonistes a toute liberté pour s’exprimer. Bruno Chevillon apporte une grande attention aux textures sonores. Il éclaire son jeu d’ombres et de lumières. Il fait vibrer les tréfonds des graves et briller les faîtes des aigus. Effleurant les cordes de la contrebasse de son médiator, il évoque les sonorités boisées du gembre.

Soutenu par le violoniste et le pianiste, le contrebassiste prend aussi quelquefois la main sur la rythmique via des riffs réitératifs. Ainsi soulagé de son rôle de rythmicien François Merville peut laisser libre cours à toute sa science des timbres et devenir un mélodiste impressionniste. Le jeu incisif et très créatif d’Antonin Rayon est tout entier au service du groupe

Concentrés et habités par la musique, quatre rythmiciens, quatre mélodistes, quatre improvisateurs se passent le relai pour créer un tissu musical unique. Au gré des césures et des ruptures, écriture et liberté conjuguent leurs forces et brodent un langage aventureux et singulier.

Aux confins de la musique contemporaine et du jazz improvisé, le Pifarély Quartet construit une musique combative et contemplative qui a comblé les auditeurs. Ils repartent avec les yeux et oreilles emplis de souvenirs musicaux lumineux et l’âme nourrie par une musique précieuse.

Tony Paeleman présente « The Fuse »

Tony Paeleman présente « The Fuse »

Le pianiste, claviériste et compositeur Tony Paeleman présente « The Fuse », son troisième album en tant que leader. A la tête de son trio électrique, il fait exploser les sons jusqu’à la transe. Avec le bassiste Julien Herné et le batteur Stéphane Huchard, il rend hommage aux musiques des années 80. Impossible de résister à la puissance survitaminée de cet album groovy et électrique.

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Théo & Valentin Ceccaldi – « Constantine »

Théo & Valentin Ceccaldi – « Constantine »

Théo & Valentin Ceccaldi pilotent « Constantine », un voyage musical immersif dans leur histoire familiale. Avec leurs amis du Grand Orchestre du Tricot, le violoniste et le violoncelliste ont invité une myriade d’amis, toutes générations confondues, venus du jazz, du rock ou des musiques traditionnelles. Force émotionnelle, nostalgie poétique et lyrisme flamboyant irriguent cette fresque évocatrice d’exil et d’orient. Il fait bon embarquer dans ce road-movie dépaysant.

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Jazz à Vienne#40… Premiers noms de la programmation

Jazz à Vienne#40… Premiers noms de la programmation

Programmée du 23 juin au 10 juillet 2021, la 40ème édition du festival « Jazz à Vienne » se prépare. Les premiers noms de la programmation laissent augurer de belles soirées et la perspective pour le public de retrouver la musique plus vivante que jamais. Jazz à Vienne#40 donne RV avec Jamie Cullum, Anne Paceo, Salif Keita, Keziah Jones, Julia Sarr, Ibrahim Maalouf, Erik Truffaz, A.Cohen Trio & Vincent Peirani.

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Jazz Campus en Clunisois 2017 – Anne Paceo

Jazz Campus en Clunisois 2017 – Anne Paceo

Musique organique et onirique

Le mercredi 23 août 2017, le Festival Jazz Campus en Clunisois accueille Anne Paceo et son projet « Circles » au Théâtre Les Arts. Pour leur dernier concert de l’été, la batteuse et son groupe se produisent devant une salle comble et conquise.

La renommée d’Anne Paceo n’est plus à faire mais c’est la première fois que la batteuse se produit dans le cadre de Jazz Campus en Clunisois dont Didier Levallet tient les rênes depuis 40 ans. Fidèle à ses valeurs, ce dernier continue à programmer du jazz libre et créatif. Il a tenu en cette année anniversaire à inviter des représentants de la jeune génération en même temps que d’anciens compagnons de route du festival. Anne Paceo valorise d’ailleurs en fin de concert la contribution essentielle de Didier Levallet et de son festival à la perpétuation de la musique vivante.

C’est un orchestre sans basse que présente Anne Paceo avec la chanteuse Leila Martial, le claviériste Tony Paeleman et le saxophoniste Christophe Panzani. Sur scène on compte quatre musiciens mais on comprend très vite que la participation de l’ingénieur du son en la personne de Boris Darlay est essentielle sur scène (comme en studio).

Le groupe joue le répertoire de l’album « Circles » sorti en 2016 (enregistré avec Émile parisien au saxophone).

Toutes les compositions sont à porter au crédit d‘Anne Paceo qui restitue à travers douze titres les impressions et émotions vécues au cours de ses aventures dans une quarantaine de pays. Ainsi on peut écouter durant le concert nombre de titres de l’album « Circles » comme Sunshine, Tzigane, Polar night, Circles, Toundra, Sable, Maynmar folk song mais Anne Paceo propose aussi au public de Cluny une nouvelle composition, Hope, écrite récemment durant une résidence artistique au Moulin d’Andé, en Normandie.

Le concert tient toutes ses promesses et on voyage dans des contrées musicales dépaysantes. La musique se fait tour à tout organique, pulsatile, tendre ou onirique. Les climats évoquent le froid ou la chaleur, la douceur ou la combativité. Gardienne du tempo, Anne Paceo pilote le navire et les séquences rythmiques s’enchaînent avec une précision étonnante. Tous les musiciens participent à la pulsation de la musique et assument le rôle de la basse qui ne manque à aucun moment. L’énergie circule entre les quatre protagonistes et chacun est très attentif à la réaction de l’un ou  l’autre d’entre eux.

Batterie et claviers unissent leurs voix pour permettre aux solistes de s’exprimer en toute liberté. Les nappes sonores de Tony Paeleman accentuent le caractère fluide du chant. La voix claire de Leila Martial génère des mélodies aériennes et limpides et sait murmurer mais se transforme aussi en de puissantes tornades rythmiques et incantatoires. Le saxophone soprano de Christophe Panzani lance des notes étoilées en direction de la voix de la chanteuse et tous deux établissent de superbes dialogues de bout en bout du concert. Leurs échanges sereins deviennent parfois aventureux et ils devisent alors sur un fil tendu au-dessus du flot délivré par la batterie et les claviers.

On entend galoper les rennes et sonner les clochettes des traineaux, on ressent le froid tranchant du grand Nord à travers les souffles du saxophone et des voix, Anne Paceo joint la sienne à celle de Leila Martial à de nombreuses occasions.

La frappe sèche de la batterie et les séquences rythmiques complexes contribuent aux variations du climat musical. On a vibré sans retenue sur A tempstade où le saxophone ténor malaxe la substance sonore sans rupture et où la batterie offre un solo physique prodigieux de précision et de vitalité.

Le public quitte le Théâtre les Arts enthousiasmé par le concert généreux et la dimension viscérale de la musique proposée par Anne Pacéo, Leila Martial, Tony Paeleman et Christophe Panzani.

Tony Paeleman présente « The Fuse »

Tony Paeleman présente « The Fuse »

Le pianiste, claviériste et compositeur Tony Paeleman présente « The Fuse », son troisième album en tant que leader. A la tête de son trio électrique, il fait exploser les sons jusqu’à la transe. Avec le bassiste Julien Herné et le batteur Stéphane Huchard, il rend hommage aux musiques des années 80. Impossible de résister à la puissance survitaminée de cet album groovy et électrique.

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Théo & Valentin Ceccaldi – « Constantine »

Théo & Valentin Ceccaldi – « Constantine »

Théo & Valentin Ceccaldi pilotent « Constantine », un voyage musical immersif dans leur histoire familiale. Avec leurs amis du Grand Orchestre du Tricot, le violoniste et le violoncelliste ont invité une myriade d’amis, toutes générations confondues, venus du jazz, du rock ou des musiques traditionnelles. Force émotionnelle, nostalgie poétique et lyrisme flamboyant irriguent cette fresque évocatrice d’exil et d’orient. Il fait bon embarquer dans ce road-movie dépaysant.

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Jazz à Vienne#40… Premiers noms de la programmation

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Décès du guitariste John Abercrombie

Décès du guitariste John Abercrombie

Un grand improvisateur disparaît

Décédé le 22 août 2017, le guitariste John Abercrombie laisse un grand vide dans le monde du Jazz. Musicien du label ECM depuis 1974, son jeu fluide et aérien se caractérise par une sensibilité et une musicalité sans pareilles.

Né en 1944 à Port Chester dans l’état de New York, John Abercrombie a commencé la guitare à l’âge de 14 ans. Attiré par le rock et le blues, il s’est très vitre orienté vers le jazz après avoir écouté Barney Kessel. A l’issue d’un cursus au Berklee College of Music de Boston, il s’installe à New York et se fait remarquer sur les scènes du jazz.

En 1974, il enregistre « Timeless », son premier album chez ECM avec Jack DeJohnette et Jan Hammer. En 1975, il grave le premier disque du trio Gateway, un groupe au leadership collectif composé de DeJohnette et Dave Holland. A la fin des années 70, John Abercrombie enregistre trois albums chez ECM avec son premier quartet composé de Richie Beirach, George Mraz et Peter Donald.

Le guitariste a participé à plus d’une cinquantaine de séances ECM, sous son nom mais aussi aux côtés de prestigieux musiciens tels que Jack DeJohnette, Kenny Wheeler (« Deer Wan »), Enrico Rava (« The Pilgrim and the Stars »), Jan Garbarek (« Eventyr »), Ralph Towner ou encore Charles Lloyd (« The water is wide »).

Son goût pour Jim Hall et Wes Montgomery, ses principales influences, n’ont pas empêché son intérêt pour l’exemple libérateur d’Ornette Coleman et de Jimi Hendrix et son profond attachement au le sens du lyrisme de Bill Evans. John Abercrombie a aimé jouer librement mais a aussi pratiqué les standards. C’est ainsi que dans ses albums on retrouve cette double influence.

Le guitariste a progressivement pris ses distances avec le jazz-rock de ses débuts et le jeu rapide et technique associé à ce style. Au fil des années il exploré des espaces sonores plus larges aux tonalités impressionnistes. Ainsi durant les quinze dernières années il a abandonné le médiator au profit du contact direct du pouce avec la corde et ainsi son jeu est devenu plus doux, son phrasé plus fluide et sa sonorité plus chaude. Ses improvisations limpides n’en sont pas moins demeurées incisives et riches.

De la large discographie de John Abercrombie chez ECM, on souhaite évoquer son dernier album « Up and Coming », sorti le 23 janvier 2017 et enregistré aux Studios Avatar de New York en compagnie du producteur Manfred Eicher. A la réécoute de l’album on est frappé par sa lumière quasi-crépusculaire.

Il s’agit du second enregistrement de John Abercrombie avec le pianiste Marc Copland, le contrebassiste Drew Gress et le batteur Joey Baron après « 39 Steps ». Les huit plages restituent une ambiance teintée d’un lyrisme mélodique inouï et de subtilités harmoniques et rythmiques. Cinq compositions originales du guitariste, deux thèmes de Marc Copland et la reprise de Nardis de Miles Davis aux accents evansiennes.

Tony Paeleman présente « The Fuse »

Tony Paeleman présente « The Fuse »

Le pianiste, claviériste et compositeur Tony Paeleman présente « The Fuse », son troisième album en tant que leader. A la tête de son trio électrique, il fait exploser les sons jusqu’à la transe. Avec le bassiste Julien Herné et le batteur Stéphane Huchard, il rend hommage aux musiques des années 80. Impossible de résister à la puissance survitaminée de cet album groovy et électrique.

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Théo & Valentin Ceccaldi – « Constantine »

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Jazz à Vienne#40… Premiers noms de la programmation

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Label ECM-Focus9-Août 2017 – Ambiances

Label ECM-Focus9-Août 2017 – Ambiances

« Tangents », « Far From Over », « Incidentals »

« Label ECM-Focus9 » propose de découvrir trois nouveaux albums ECM à paraître le 25 août 2017. « Tangents » du Gary Peacock Trio, « Far From Over » du Vijay Iyer Sextet et « Incidentals » du Tim Berne’s Snakeoil. Trois esthétiques. Trois ambiances.

Annoncés pour le 25 août 2017, les trois albums présentés dans ce « Label ECM-Focus9 » témoignent de la volonté du Label ECM et de son producteur Manfred Eicher de soutenir et promouvoir des musiques dont le propos est de servir la création et l’innovation. Les musiciens demeurent libres et au centre du processus créatif. Ainsi les albums ECM restituent des expressions plurielles et fort différentes, tant au niveau de l’écriture que de l’interprétation. Chaque album se distingue par sa propre esthétique et son ambiance musicale singulière.

« Tangents » est le second album que le contrebassiste Gary Peacock a enregistré comme leader du trio qui réunit autour de lui le pianiste Marc Copland et le batteur Joye Baron. « Now This », le précédent album du Gary Peacock Trio, remonte à 2015.

Compter les participations de Gary Peacock sous le label ECM relève du défi. En effet le contrebassiste a enregistré aux côtés de nombreux artistes du catalogue ECM. Certes on le trouve associé à John Surman, Tony Oxley et Paul Bley ou encore en duo avec Paul Motian, Ralph Towner ou Marilyn Crispell. On n’oublie pas non plus l’album « Voice from the Past-Paradigm » enregistré en 1982 et réédité en 2016 où Gary Peacock joue avec Jan Garbarek, Tomasz Stanko et Jack DeJohnette. Impossible par ailleurs d’omettre les nombreux enregistrements gravés chez ECM par le trio qu’il constituait avec Keith Jarrett et  Jack DeJohnette.

Gary Peacock fait partie de ceux qui ont repensé le rôle de la contrebasse dans le jazz. Il s’est toujours fait entendre comme une voix mélodique indépendante. Il a décliné ce concept au sein de tous les groupes historiques auxquels il a participé et continue aujourd’hui à le faire au sein de son trio

Cinq titres de « Tangents » sont à porter au crédit de Gary Peacok dont le morceau qui donne son titre à l’album mais Joye Baron et Marc Copland ont aussi contribué au répertoire à raison d’un titre pour le premier et de deux pour le second. Le trio revisite aussi Blue in Green de Miles Davis et Spartacus, thème composé par Alex North pour le film de Stanley Kubrick.

Enregistré en mai 2016, « Tangents » est produit par Manfred Eicher.

« Tangents ». Une musique équilibrée et nuancée, raffinée et suspendue. Les improvisations du trio dessinent des paysages brumeux propices à la rêverie. Du swing impressionniste, des vibrations caressantes, des couleurs délicates. Aquarell’jazz.

C’est une ambiance plus intrigante que propose le second album de ce « Label ECM-Focus9 ». Avec « Far from Over » le pianiste/claviériste et compositeur Vijay Iyer offre son cinquième album à ECM depuis 2014. Le leader affirme les contours de son esthétique à la tête de son dynamique sextet d’un format plutôt classique, piano/clavier, contrebasse, batterie, saxophone alto, saxophone ténor, trompette.

Constituée du contrebassiste Stephan Crump et du batteur Tyshawn Sorey, la solide section rythmique soutient un trio de soufflants virtuoses et favorise leur expression. Ainsi, le saxophoniste alto Steve Lehman, le saxophoniste ténor, Mark Shim et le trompettiste Graham Haynes (fils de Roy) ont toute latitude pour improviser. La sensibilité de la trompette s’allie aux nuances profondes du saxophone ténor et aux sonorités acerbes de l’alto.

Le pianiste Vijay Iyer a composé les dix plages de l’album. Digne héritier de Monk, le pianiste pilote, organise les césures et dompte les rythmes qu’il s’agisse des séquences explosives de Down to the Wire et Good on the Ground, des atmosphères embrumées de Wake ou encore du funk musclé de Nope. Sur Far From Ever, le leader guide la réflexion musicale du sextet vers des limbes extatiques.

L’atmosphère étrange du très court End of The Tunnel rappelle les ambiances électriques davisiennes des années 60. En trio, le pianiste affecte un climat dramatique au titre For Amari Baraka dédié au poète Afro-Américain Everett LeRoi Jones. Sur Threnody, les musiciens unissent leurs lamentations jusqu’à la catharsis.

Enregistré en 2017 aux « Avatar Studios » de New-York, l’album « Far From Over » est produit par Manfred Eicher.

« Far from Over ». Une esthétique singulière entre énergie et sensibilité. Aves ardeur, les participants apportent leur contribution à une lutte musicale enfiévrée qui se colore de textures abstraites ou mélodiques. Un concentré de furie maîtrisée.

« Incidentals ». Troisième album, troisième ambiance évoquée dans ce « Label ECM-Focus9 ». Formation sans bassiste, Snakeoil réunit aux côtés de l’altiste, le guitariste Ryan Ferreira, le clarinettiste Oscar Noriega, le pianiste Matt Mitchell et le batteur/vibraphoniste Ches Smith.

Figure incontestée de la scène américaine d’avant-garde, l’altiste Tim Berne marque de son empreinte une musique à la pointe du  jazz moderne. C’est la quatrième fois que le saxophoniste grave en compagnie du Snakeoil et la seconde fois en quintet après « You’ve Been Watching Me » paru en 2015.

Sur « Incidentals », cinq plages dont SideShow, une épopée de 26 minutes où piano, saxophone, clarinette et guitare élèvent leur discours au-dessus du tonnerre de la batterie. La teneur de la musique est dense et puissante. Son écoute constitue une expérience singulière dont on ne sort pas indemne.

Au cœur de la musique. L’improvisation. Des motifs, des thèmes développés, déconstruits, transformés, réinventés. Les musiciens jouent avec la matière qu’ils malaxent comme l’ont fait en leur temps, ceux de l’AACM . L’espace sonore se dilate et se tend. Construction collective la musique canalise sa force et restitue une puissance inouïe. Viscérale et intellectuelle à la fois, elle propose des harmonies complexes, des phases lyriques, des expressions échevelées.

Enregistré en décembre 2014 à New-York dans les locaux du « ClubHouse », l’album est produit par Manfred Eicher.

« Incidentals ». Une musique sinueuse et labyrinthique. Une matière rugueuse aux textures flottantes. Des climats futuristes et des nappes sonores à couper le souffle.

On se retrouve bientôt dans un billet « Label ECM-Focus10 » pour explorer d’autres enregistrements du Label ECM.

Tony Paeleman présente « The Fuse »

Tony Paeleman présente « The Fuse »

Le pianiste, claviériste et compositeur Tony Paeleman présente « The Fuse », son troisième album en tant que leader. A la tête de son trio électrique, il fait exploser les sons jusqu’à la transe. Avec le bassiste Julien Herné et le batteur Stéphane Huchard, il rend hommage aux musiques des années 80. Impossible de résister à la puissance survitaminée de cet album groovy et électrique.

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