Théo & Valentin Ceccaldi – « Constantine »

Théo & Valentin Ceccaldi – « Constantine »

Force émotionnelle et nostalgie poétique

Théo & Valentin Ceccaldi pilotent « Constantine », un voyage musical immersif dans leur histoire familiale. Avec leurs amis du Grand Orchestre du Tricot, le violoniste et le violoncelliste ont invité une myriade d’amis, toutes générations confondues, venus du jazz, du rock ou des musiques traditionnelles. Force émotionnelle, nostalgie poétique et lyrisme flamboyant irriguent cette fresque évocatrice d’exil et d’orient. Il fait bon embarquer dans ce road-movie dépaysant.

Comme les fameux ponts de Constantine sur les gorges du Rhummel, la musique de l’album « Constantine » lance des passerelles entre les cultures et leurs expressions. Theo & Valentin Ceccaldi - Album ConstantineAvec leur nouveau projet, le violoniste Théo Ceccaldi et le violoncelliste Valentin Ceccaldi racontent un moment de leur histoire familiale. L’Algérie et l’exil constituent le fil rouge de cette saga musicale qui opère un retour sur les origines familiales de leur père Serge, né à Constantine et contraint à quitter l’Algérie en 1962 comme tant d’autres.

Sorti le 27 novembre 2020 en version digitale et le 11 décembre 2020 en album physique, « Constantine » (Brouhaha / L’Autre Distribution) émeut par la puissance de sa force évocatrice et enchante par la diversité de ses couleurs musicales. Avec une grande liberté, les deux frères retravaillent en version orchestrale, quelques-uns des thèmes de théâtre écrits par leur père pour la compagnie Gilles Pajon.

« Constantine » propose une peinture colorée évocatrice d’exil, de déracinement, de colonisation et décolonisation à travers des musiques qui génèrent sensations et impressions. Aussi sûrement que les ponts de Constantine, l’album relie les humains, les disciplines et les musiques.

Entourés par les musiciens du Grand Orchestre du Tricot, Théo & Valentin Ceccaldi font se rencontrer jazz, rock, musiques traditionnelle, classique et contemporaine en invitant Leïla Martial, Thomas de Pourquery, Fantazio, Yom, Abdullah Miniawy, Airelle Besson, Émile Parisien et Michel Portal. La lumineuse pochette de l’album est réalisée par le jeune et talentueux Jean Mallard.

La Tribu des frères Ceccaldi

A vrai dire, Théo & Valentin Ceccaldi sont sur cet album des interprètes discrets qui ont tenu à associer à leur projet leurs amis, leurs compagnons de toujours et de nouveaux venus.

Les compagnons de toujours

Le Grand Orchestre du Tricot constitue la famille de cœur des deux frères Ceccaldi. Avec Quentin Biardeau saxophone ténor, claviers) et Roberto Negro (piano, claviers), ils ont défini les choix esthétiques et procédé aux arrangements. Robin Mercier (récitant) a réécrit l’histoire et mis des mots sur la musique. Gabriel Lemaire (saxophones, clarinettes), Guillaume Aknine (guitares), Quentin Biardeau (saxophone ténor, claviers), Florian Satche (batterie, percussions) et Adrien Chennebault (batterie, percussions) ont posé leurs notes sur lesquelles a veillé Mathieu Pion.

Les amis invités

Il s’agit des musiciens et de musiciennes croisés sur le chemin depuis quelques années.

Fantazio qui a choisi d’aborder Frantz Fanon et la violence coloniale, Abdullah Miniawy, chanteur égyptien qui a quitté son pays pour poursuivre son rêve de créateur, Émile Parisien (saxophone soprano), Leïla Martial (voix), Airelle Besson (trompette), Thomas de Pourquery (voix, saxophone alto), Yom (clarinette) & Michel Portal (bandonéon, clarinette basse) posent leur regard et leur interprétation sur l’histoire collective contée par « Constantine ».

Voyage au fil des pistes de « Constantine »

Leila Martial est invitée sur Ampsaga, nom antique du Rhummel, important cours d’eau de Constantine. Véritable funambule des cordes vocales, elle intervient telle une plasticienne de la voix au-dessus d’un motif lancinant tenu par le collectif. Son chant envoûte l’oreille par ses murmures, ses gazouillis, ses bruitages, ses cris, ses onomatopées, ses scats.

Après l’introduction instrumentale de La règle du scarabée, plusieurs voix s’élèvent et créent un portail opératique dont les vibrations ne sont pas sans rappeler celles du Supersonic Orchestra de Thomas de Pourquery. Avec force, l’Orchestre du Tricot soutient le chant poignant et le solo délirant de son saxophone alto. Sur une ligne musicale baroque conduite par les cordes du violon et du violoncelle, Le retour des perdrix s’achemine vers des contrées orientales où la complainte de la clarinette de Yom insuffle des ondes chargées de sacré et de mysticisme.

Accompagné de la musique bouillonnante du collectif, la voix de Fantazio irrigue Une bonne dose de vent où il évoque la violence coloniale sur un ton plutôt facétieux. Les fantômes de Frantz Fanon, Jean Oury et François Tosquelles sont passés par ici. Sur Falak falak, le chanteur égyptien Abdullah Miniawy déclame un chant oriental auquel répondent les sonorités déchirantes des cordes du violon. Une forte émotion se dégage de cet échange poignant empreint de spiritualité.

La voix de Leïla Martial se déploie ensuite sur le bouleversant Sous les plis de l’aurore. Son chant d’abord délicat gagne en puissance puis se brise en un cri écorché qui flotte au-dessus de l’orchestration flamboyante du collectif. Les échos aux résonances post-rock laissent ensuite place aux percussions.

Avec souplesse, l’enchainement se fait avec Sigognac. Le soprano d’Émile Parisien invite à s’immerger dans une fresque musicale enfiévrée. Après une approche entamée sous le signe de la douceur, le soprano élève son chant lyrique avec puissance, projeté par les cordes du violoncelle au-dessus de l’Orchestre du Tricot. Le morceau se termine en une sarabande enflammée aux accents inquiétants.

L’atmosphère évolue et si la musique de La trace du papillon conserve sa force pulsatile, le jeu précis et clair de la trompette d’Airelle Besson dessine des ondes légères évocatrices d’un vol de papillon. Après d’étranges notes distillées sur les touches du piano et des claviers en guise d’introduction, le morceau s’achemine vers une route impétueuse que les cordes du violon gravissent au-dessus de l’abîme tempétueux tendu par l’orchestre somptueux. Un véritable ravissement !

A mi-chemin entre musique classique, musique argentine et jazz, Michel Portal intervient avec sa maestria habituelle sur l’envoûtant tango Et même le ciel. Son bandonéon fait courir des frissons d’érotisme sur les vagues fougueuses que développe l’Orchestre du Tricot. Les éclats bouillonnants du collectif déclenchent une majestueuse improvisation de la clarinette basse alors que la guitare électrise l’atmosphère.

L’album se termine par Horizon fantôme, un texte écrit et dit par Robin Mercier sur une musique évanescente. Un poème nostalgique évocateur de l’exil et de ses brûlures qui jamais ne s’éteignent.

La musique de « Constantine » emprunte sa force à l’histoire, la restitue et la transcende. Le souvenir ainsi avivé s’en trouve comme magnifié. « Constantine », un album conceptuel et ensoleillé et somptueux.

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