A 75 ans, le pianiste Keith Jarrett sort un opus inédit intitulé « Live in Budapest ». Publié chez ECM, ce double album restitue la teneur d’un récital capté en 2016 au Béla Bartók National Concert Hall lors d’un récital donné dans la capitale hongroise. Une plongée dans le monde unique de Keith Jarrett devenu le maître absolu de l’improvisation en piano solo.
André Minvielle présente l’album « 1time »
André Minvielle dévoile son monde intime et magique
L’album « 1time » du voc’alchimiste André Minvielle est sorti le 23 septembre. Le chanteur joue avec les rythmes et les mots. Sa voix chaleureuse invite à un voyage où syncope et syntaxe explosent de rire à chaque virage.
« 1time ». Comment énoncer et comprendre le titre de l’album ? « Intime » ou « One time » ? Libre à chacun. En tout cas on ne peut l’écouter one time seulement car cet opus est comme un piège. On vient vite à l’écouter plus encore pour en découvrir tous les sens, pour en explorer tous les rythmes et pénétrer dans le monde d’André Minvielle.
Difficile donc de chroniquer un album aussi riche que « 1time » (Complexe articole de déterritorialisation/L’Autre Distribution). En effet, on ne sait comment l’appréhender pour le présenter sans le trahir. En fait, « 1time » se suffit à lui-même et du coup, on serait tenté d’écrire tout simplement : « 1time », un disque à écouter et à réécouter sans modération pour appréhender l’intimité musicale de cet artiste unique qu’est André Minvielle. 57 minutes de déterritorialisation musicale française. Pourtant on ne peut s’y résoudre car ce serait faire fort peu de crédit à cet objet précieux que signe André Minvielle.
En livrant son « intime », Minvielle invite à pénétrer dans son monde. Dans son univers de chanteur-musicien-poète qui télescope rythmes et syllabes. Dans son territoire de chercheur collectionneur d’accents. Dans les sphères du rugby, des champignons, des crapauds et de la terre vivante. Dans les mondes de ses amis et de ceux qui l’inspirent, Sylvie Servoise et son « Art de l’intime », Claude Laurius et son livre « L’Anthropocène », le bassiste et sculpteur Fernand « Nino » Ferrer, les poètes Jacques Prévert et André Bénédetto, George Baux avec qui il a réalisé l’album, Patrick Auzier, l’artificier de la Cie Lubat et sa fille qui reprend le flambeau sans oublier Charles Baudelaire et son poème en prose « Enivrez-vous ».
Sur « 1time », la pulsation des rythmes croise la scansion des mots. La musique vibre au rythme de la poésie à moins que ce ne soit l’inverse. Comme l’écrit André Minvielle dans le livret de présentation de l’album, cet opus est un hommage qu’il rend à Saint Cop et à sa compagne Sainte Axe et, il faut le dire, c’est une réussite. Le voc’alchimiste, à moins que ce ne soit le vocal-chimiste, trousse les rimes et détrousse les notes comme nul autre.
Dans le morceau Présentation, André Minvielle teste la nouvelle compagne de son intime, la main-vielle à roue fabriquée sur mesure par Jacques Grandchamp pour accompagner son chant. Dans cet album, il choisit de convier une bande de musiciens complices.
Dans Intime One time, le titre d’ouverture, le premier invité est le créateur du festival « Uzeste Musical », Bernard Lubat avec qui il a longtemps collaboré. Avec Lubat au piano Fender, le rythme balance « de l’extime au next time ». Dans Le facteur d’accent on retrouve avec bonheur Abdel Sefsaf, l’ancien chanteur stéphanois du groupe Dézoriental. Son scat furieux constitue un moment phare de l’album. Il revient sur A Fungi ! où il prend une improvisation fongique échevelée.
Le groupe « Journal Intime » est lui aussi convié. Fred Gastard au saxophone baryton, Sylvain Bardiau à la trompette et Matthias Mahler mêlent leurs timbres chaleureux aux voix de Juliette et André Minvielle sur la valse Le Verbier qui vante les mérites des vers « de belle vertu » qui fertilisent la terre. A vrai dire l’anthropophone Minvielle affirme de nouveau son intérêt pour la terre dans Keskifon, un rap-soul-bluesy inspiré par le travail de Claude Laurius qui a fondé les bases de la climatologie. Non seulement le titre groove mais en plus il est plus pédagogique qu’un livre pour expliquer « l’effet de serre ».
Sur Nino, André Minvielle convoque « Journal Intime » et « Ti’bal Tribal » composé de sa fille cadette Juliette Minvielle voix/piano, du saxophoniste Illyes Ferfera et du bassiste Fernand « Nino Ferrer pour un rythm’ & blues funky comme une ode à St Cop. La pulsation du morceau n’a rien à envier aux meilleurs orchestres de funk.
Le guitariste Sylvin Marc invité par « Ti’bal Tribal » fait chalouper Sacré Éole et Madada. Ce dernier titre fait un clin d’oeil à la plasticienne Marina Jolivet dont le pingouin coquin figure au pied de la statuette de St Cop qu’elle a colorisée en bleu et jaune.
Étranges étrangers, le poème de Jacques Prévert (toujours d’actualité) mis en musique par Minvielle, Les crapauds à l’ambiance hallucinante et drolatique… tous les titres de l’album valent le détour. Il reste juste à laisser tourner le disque en boucle sur la platine ou sur tout autre support et à écouter jusqu’à plus soif ! ET surtout ne pas oublier de faire un tour sur le site d’André Minvielle.
Il est aussi vrai qu’une autre option permet de découvrir le nouveau répertoire d’André Minvielle, l’écouter en live. Dans ce cas, un tour du côté du Studio de l’Ermitage à Paris s’impose le 11 Octobre à 21h pour la sortie de l’album « 1time » avec Juliette et André Minvielle, Fernand Ferrer et Journal intime (Fred Gastard, Sylvain Bardiau, Matthias Malher).
Keith Jarrett sort « Live in Budapest »
« Kissed by the mist » par Giorgio Alessani
La voix embrumée de Giorgio Alessani swingue avec aisance sur les dix pistes de « Kissed by the Mist ». Une section rythmique et une section de cuivres issues de la scène jazz française actuelle, un orchestre symphonique… et le tour est joué, un nouveau crooner est né. Sans s’aventurer ni dans les aigus ni dans les graves, le chanteur façonne le registre médium avec souplesse et sans jamais forcer. Textes, mélodies et arrangements tissent la trame d’un délicieux album où vibrent les émotions.
Dexter Gordon – « Montmartre 1964 » (Storyville Records)
Le 06 novembre 2020, le Label Storyville Records propose « Montmartre 1964 », un album inédit de Dexter Gordon capté en direct en juillet 1964 au Jazzhus Montmartre. Le saxophoniste joue avec le trio composé du contrebassiste Niels-Henning Ørsted Pedersen, du batteur Alex Riel et du pianiste Tete Montoliu. Ce merveilleux opus témoigne de la maîtrise du jeu de ce géant du ténor au lyrisme confondant et à l’expression audacieuse. Un souffle de félicité venu de de l’âge d’or du jazz danois
Après avoir explosé les conventions du jazz avec « The Electric Epic » qui lui avait valu d’être remarqué par John Zorn et d’enregistrer en 2009 sous le label Tzadic, Guillaume Perret a contribué à révolutionner les repères du jazz. Son ouverture d’esprit l’a conduit alors à explorer d’autres horizons musicaux et à pratiquer une musique hors normes, la fusion de tous les styles qui l’ont influencé. De cela témoigne l’album « Open me » sorti en 2014.


Guillaume Perret pare deux titres de lumière et les dédie à son fils. Susu, une boucle hypnotique qui n’en finit pas de tourner et En Good aux allures d’un calypso enchanteur que n’aurait pas renié Sonny Rollins.
Les pieds dans la terre de ses ancêtres et la tête dans la modernité, Juan Carmona voue son art au flamenco. Son nouvel album « Perla de Oriente » (Nomades Kultur/L’autre Distribution) est à son image, insaisissable et intemporel. Le guitariste inscrit sa musique dans les pas de Paco de Lucia à qui il rend d’ailleurs hommage avec cet album.
Ce onzième opus teinté de reflets orientaux restitue le langage tout à fait personnel de Juan Carmona, celui qu’on avait aimé dans « Alchemya » et « Sinfonia Flamenca ». Dans ces enregistrements réalisés en studio dans les conditions du live, on perçoit la véracité de la création spontanée, les accents de sincérité de l’instantané, la complicité et la connivence qui lient les musiciens. Autour de Juan Carmona sont réunis Domingo Patricio aux flûte, pad et claviers, Bandolero aux percussions, El Bachi à la basse, Paco Carmona à la seconde guitare flamenca. El Piculabe assure le cante traditionnel flamenco et les pieds du danseur Sergio Aranda s’associent aux palmas assurés par Huanares alors que Noemie Humanes qui assure les chœurs. Le guitariste a invité de nouveaux venus dans son équipe. Thomas Bramerie à la contrebasse, Alex Ouemba à la batterie et Levon Minassian au duduk dont la présence constitue un atout indéniable.
Ce concert avec « The Trio Project » conduit par Hiromi inaugure
En 2009 elle enregistre à Tokyo, le double CD live « Duet » avec Chick Corea. Elle devient ensuite une véritable coqueluche auprès des publics du Japon et d’ailleurs.
La collaboration de Jacky Terrasson et de Stéphane Belmondo remonte à leurs débuts dans le monde du jazz, il y a près de trente ans. Une époque où ils entretenaient déjà une relation musicale privilégiée. Ils se sont retrouvés il y a six ans pour un concert donné en duo dans le sud-ouest de la France au Festival de Saint-Emilion. Depuis ils ont eu l’occasion de cultiver leur complicité et de donner naissance à un univers qui leur appartient en propre. « Mother » (Impulse!/Universal) dont la sortie est annoncée pour le 02 septembre, est l’aboutissement logique de leurs retrouvailles.
L’album ouvre avec First Song, le morceau poignant de Charlie Haden dont les deux musiciens font ressortir la beauté mélancolique. Il se referme avec une interprétation splendide du célèbre Que reste-t-il de nos amours ? de Chauliac et Trenet sorti en 1943.
des musiques de Debussy, Poulenc, Ravel et Fauré.
e Jazz via Martial Solal est donc de nouveau invité dans la Grande Salle le 14 octobre 2016.