Le 10 octobre 2024, Vincent Sorel publie « Martial Solal : une vie à l’improviste », un roman graphique dédié à Martial Solal. Publié aux Editions du Layeur, ce superbe ouvrage rend hommage au célèbre pianiste décédé le 11 décembre 2024.
Ellinoa & Wanderlust Orchestra – « Ville Totale »
Voyage orchestral incantatoire
« Ville Totale » marque le retour discographique de la compositrice vocaliste et cheffe d’orchestre Ellinoa et son Wanderlust Orchestra. Un voyage musical incantatoire qui imagine les retrouvailles entre l’Homme et la Nature. Une exploration musicale où poésie et narration, jazz, pop et musique contemporaine allient leurs textures au sein d’une riche palette sonore. Une fable écologique et dystopique qui évolue entre énergie et délicatesse.
Après « Wanderlust » (Les P’tits Cailloux du Chemin/Music Box Publishin /inOuïe distribution) publié en 2018 avec le Wanderlust Orchestra et « The Ballad of Ophelia » (Les P’tits Cailloux du Chemin Music Box Publishing/Absilone-Socadisc) enregistré en quartet avec Arthur Henn (voix, contrebasse), Paul Jarret (guitare) associés au quatuor Les Enfants d’Icare, Ellinoa est de retour le 21 octobre 2022 à la tête du Wanderlust Orchestra.,
Elle présente « Ville Totale » (Les p’tits cailloux du chemin/L’autre Distribution), une toute nouvelle création, conçue et réalisée en 3D sonore.
« Ville Totale » - Ellinoa & Wanderlust Orchestra

Wanderlust orchestra©Sylvain Golvet
Le projet « Ville Totale » réunit quinze musicien.ne.s au sein du Wanderlust Orchestra, mini big band qui sonne comme un orchestre symphonique réduit.
A la fois compositrice, vocaliste, improvisatrice et cheffe d’orchestre, Camille Durand alias Ellinoa (chant et narration) intègre sa voix pure et cristalline comme un instrument aux côtés du piano de Thibault Gomez, de la guitare de Matthis Pascaud, de la flûte de Sophie Rodriguez, de la clarinette basse et du cor anglais de Balthazar Naturel, du saxophone alto d’Illyes Ferfera et du saxophone ténor de Pierre Bernier, du trombone de Paco Andreo, des violons d’Héloïse Lefebvre et Widad Abdessemed, de l’alto de Séverine Morfin, du violoncelle de Juliette Serrad, de la contrebasse de Arthur Henn et des deux batteries de Gabriel Westphal et de Léo Danais.
Ellinoa a co-écrit les textes de « Ville Totale » avec Christelle Bakhache, impliquée au sein du Conservatoire d’Espaces Naturels en Haute-Savoie dans la conservation des espaces naturels et des espèces.
« Ville Totale »… une ville qui inquiète autant qu’elle rassure, une ville entre foule et isolement, entre richesse et pauvreté, entre abondance et stérilité, une ville dont l’album narre la métamorphose… « Ville totale », un conte imaginaire où se côtoient écologie et philosophie… « Ville Totale » un voyage orchestral chatoyant en onze étapes.
Au fil des titres

Ellinoa
Après l’introduction instrumentale de Ville Totale et son bouillonnement sonore chaotique, la musique se libère à travers le chant qui incarne la renaissance de la Nature. L’improvisation du ténor laisse ensuite échapper un flot de notes tumultueuses, support d’un élan vital palpable. La plage suivante, Urbs Maxima, résonne comme un manifeste. La voix d’Ellinoa dénonce avec force la survenue de cet espace urbain contrôlé. Plus loin, Air Conditionné donne la parole au saxophone alto et à la flûte qui soufflent des bribes de notes éparses parmi les traits et pincements des cordes. De l’orchestre émerge par la suite une ligne mélodique lumineuse puis le solo bouillonnant du saxophone alto décoiffe de nouveau le paysage sonore.
Accompagnée par le piano, le chant puissant et poétique d’Ellinoa évoque La Mémoire du Monde. L’orchestre les rejoint, le violon s’envole dans un solo acrobatique au-dessus de « la ville inféconde » suivi du hautbois qui s’exprime d’abord seul puis avec l’orchestre, faisant entendre des sonorités déchirantes aux accents orientaux. La voix scintillante de la chanteuse reprend le récit et conclut le titre, propulsée en avant par un orchestre vigoureux.
Le répertoire continue avec Lianes dont l’atmosphère sonore s’inscrit dans l’univers de la musique contemporaine. Piano et orchestre restituent un climat mystérieux puis la voix limpide d’Ellinoa revient et charme par son expressivité. Sur Ascenceur émotionnel, Ellinoa parle de la Nature et de la vie qui reprennent leurs droits et fissurent le béton de la ville. L’orchestre traduit les métamorphoses de cette mégapole et avec force, porte la musique de cette plage au paroxysme.
Le début de Parkour est morcelé par les scansions du chant d’Ellinoa et les arrangements subtils et singuliers de l’orchestre. Le développement du solo de trombone ensorcelle tout autant d’ailleurs que les timbres de l’orchestre qui suggèrent la transformation de la Ville à l’aube de son effondrement. L’oreille est immergée dans une dense matière sonore.
Avec Effleurvescence, complet changement de climat. Après la chute… une autre Ville advient ! La voix parlée d’Ellinoa tient en suspension tout au long de la renaissance qu’elle évoque, soutenue par la guitare et la contrebasse puis elle vocalise seule. Survient ensuite Après la pluie sur lequel son chant se joint à l’orchestre somptueux dans un puissant crescendo et sa voix enflammée chante la résurrection de la Nature, soutenue par la puissance orchestrale du Wanderlust Orchestra qui improvise à qui mieux mieux.
Plant Bombing surprend par son climat incantatoire, le chant répétitif et la flûte aux sonorités perçantes. L’orchestre submerge l’oreille autant qu’elle l’étonne par sa force percussive et sa vigueur.
L’album se termine avec La Canopée. Ellinoa parle depuis la canopée alors qu’elle regarde « la nouvelle vie » qui émerge. Les sons graves des vents fusionnent avec les aigus des instruments à cordes. La voix et l’orchestre s’unissent dans un crescendo et leur expression confine à la transe. Symphonique et intense la musique clôt l’album « Ville Totale » et vient alors l’envie de réécouter le projet de bout en bout.
Rendez-vous le 09 novembre 2022 à 20h au Café de la Danse (Paris) pour écouter Ellinoa & Wanderlust Orchestra.
« Martial Solal : une vie à l’improviste » par Vincent Sorel
Le pianiste, compositeur et arrangeur Martial Solal est mort
Le 11 décembre 2024, le pianiste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre Martial Solal est mort à l’âge de 97 ans. Le monde de la musique est en deuil et pleure la disparition de ce prodigieux artiste considéré comme un maître de l’improvisation. Son empreinte demeure à jamais inscrite dans l’univers du jazz français et international.
« Looking Back », le swing enchanteur de Scott Hamilton
Le saxophoniste ténor américain Scott Hamilton célèbre ses 70 ans avec « Looking Back ». Sa sonorité patinée semble venue d’un autre temps, celui des big-bands des années 30 à l’époque où est né le « jazz swing ». Ancré dans la plus pure tradition de ce style, Scott Hamilton swingue avec aisance et élégance. Un enchantement dont on ne se lasse pas.
Né de la rencontre avec le percussionniste brésilien Adriano Tenorio, l’album « Meva Festa » réunit autour du pianiste dix musiciens issus de générations diverses parmi lesquels l’iconique batteur André Ceccarelli (75 ans), le tout jeune tromboniste Robinson Khoury (25 ans) et aussi le percussionniste Adriano Dos Santos Tenorio, le bassiste Jérémy Bruyère, les trompettistes Alexis Bourguignon et Nicolas Folmer, le saxophoniste (alto et baryton) Lucas Saint Cricq, le saxophoniste ténor et flutiste Stéphane Guillaume et la chanteuse Laura Dausse.
Outre ses propres compositions, Nino, Balagora, Le Tcha de la Tchatche et Sacré Éole, De Dame et d’Homme et Esperanza l’Aranesa où il s’associe à Marc Perrone, le leader reprend La Lega, un traditionnel italien, assaisonne à la « sauce minvielle » El criollo camino to Chazz de Mingus qui devient Cumba Jazz Fusion, interprète Daphné de Django Reinhardt porté par le swing inouï de Marcel Loeffler, dynamise de belle manière Jubilee Stomp de Duke Ellington avec les soufflants du Trio Journal Intime rejoints par Christophe Monniot. André Minvielle fait groover Cajuina de Caetano Veloso sur lequel la voix de Juliette apporte un souffle de fraîcheur. Sans oublier l’incomparable Besame Mucho de Consuelo Velazquez où le chant et les scats de Minvielle rivalisent avec le saxophone de Christophe Monniot.






Rendez-vous à 20h30 sur la scène du Théâtre les Arts de Cluny avec le projet « Curiosity » de David Chevallier. Guitariste émérite et compositeur inspiré, il a fondé un trio avec le contrebassiste Sébastien Boisseau et le batteur Christophe Lavergne avant d’inviter le trompettiste Laurent Blondiau à les rejoindre. Le quartet va conjuguer lyrisme et improvisation au fil d’un set dont l’originalité devrait être le maître mot.
En 2018, le pianiste Franck Woeste a sorti l’album « Libretto Dialogues Vol 1 » (Phonart/Socadisc/Belove) enregistré dans son studio Libretto, lequel opus a été suivi d’un second volume en 2019. Chacun des dix titres de chaque opus restitue un instantané musical issu du dialogue du pianiste avec dix musiciens invités à jouer avec lui en duo spontané, « sans filet ».
Composé de Maëlle Desbrosses (alto, voix), Pierre Tereygeol (guitare, voix) et Hélène Duret (clarinettes, voix) le trio dénommé Suzanne se produit à 19h au Farinier de l’Abbaye. Au programme, instrumentation singulière, mouvements fugitifs et séquences poétiques ou ironiques.