Andrea Motis sort « Emotional Dance » chez Impulse!

Andrea Motis sort « Emotional Dance » chez Impulse!

Andrea Motis, chanteuse et trompettiste

Après six albums avec le bassiste Joan Chamorro, la chanteuse-trompettiste et compositrice Andrea Motis débute en leader chez Impulse! sur l’album « Emotional Dance ». Enregistré à New York autour d’un groupe américano-catalan, l’opus valorise la voix de cette artiste repérée en 2012 par Quincy Jones.

Co-produit par Joan Chamorro et le duo Jay Newland/Brian Bacchus (connus pour leur travail auprès de Norah Jones ou Gregory Porter) l’album « Emotional Dance » (Impulse!/Universal) sorti le 17 février 2017 propose un jazz solide aux accents très actuels. Son identité résulte de la réunion de musiciens espagnols, partenaires habituels d’Andréa Motis, et de jazzmen américains.

En effet, sur « Emotional Dance », la jeune trompettiste et chanteuse Andrea Motis, est entourée des musiciens catalans avec lesquels elle travaille régulièrement, le contrebassiste Joan Chamorro qui a été son professeur dès ses débuts dans le jazz, le pianiste lgnasi Terraza, le guitariste Josep Traver et le batteur Esteve Pi rejoints sur deux titres par le saxophoniste Perico Sambeat.

Par contre, sur les conseils de Brian Bacchus et de Jean-Philippe Allard, directeur chez Universal, Andréa Motis a invité des musiciens américains à rejoindre le noyau dur de ses compagnons habituels. Le vibraphoniste Warren Wolf, Scott Robinson au saxophone baryton, l’accordéoniste Gil Goldstein et le percussionniste Café Da Silva. Sur cinq titres on entend aussi un saxophoniste ténor américain qui a déjà joué avec Andrea Motis et Joan Chamorro à Barcelone en 2016. Il s’agit de Joel Frahm dont les interventions sont un pur bonheur.

Si la pochette présente Andrea Motis avec sa trompette, elle assume aussi sur « Emotional Dance » son statut de chanteuse avec grand talent. Le charme d’une voix de contralto claire et souple qui s’adapte à tous les styles. Du jazz sans surprise à écouter sans a priori. Un album élégant et équilibré. Quatorze titres dont sept reprises et sept compositions originales.

Les reprises sortent des sentiers battus. He’s funny that way ouvre l’album de belle manière, Never will I Marry de Franck Loeser, You’d be so nice to come home to de Cole Porter, le fameux Baby Girl d’Eddy Jefferson qui reprend les chorus de Lester Young sur « These foolish things », I remember you de Johnny Mercer, Señor Blues d’Horace Silver et Chega da Saudade d’Antonio Carlos Jobim et Vinicius de Moraes. Si les reprises respectent l’esprit des titres originaux, elles n’en sonnent pas moins très moderne et les solistes proposent des échanges charpentés.

C’est une composition du pianiste lgnasi Terraza, Emotional Danse qui donne son titre à l’album. Située au centre du répertoire, cette bossa-nova au climat chargé d’émotions positives incite à une « danse émue » où la tendresse du vibraphone épouse le lyrisme du piano. Sur l’album figure aussi trois compositions originales d’Andrea Motis. La ballade poignante If you give more than you can ouvre l’album suivie de I didn’t tell them why plus pêchu. Save the Orangutan, le troisième titre écrit par la trompettiste, est un instrumental au climat hard-bop où la trompette en découd avec le sax ténor de Joel Fram.

Pour la première fois, la chanteuse a enregistré en studio trois morceaux en catalan. La splendide Matilda est à porter au crédit du saxophoniste Perico Sambeat qui avait déjà enregistré le morceau en 2003 avec Brad Mehldau, Kurt Rosenwinkel, Ben Street et Jeff Ballard sur l’album « Friendship » (ACT) où Carmen Canela assurait la partie vocale. Le chorus de soprano de Perico Sambeat croise sa spirale avec celle du tendre chant d’Andrea Motis. Sur un tempo à trois temps s’envole La Gavina (la mouette), une composition de Frederico Sires Puig. C’est sur une inspiration plus folk que se termine l’album avec le titre Louisiana O els camps de Cotó écrit par le groupe « Els Amics de les Arts »

Andrea Motis ne délaisse pas sa trompette et ses interventions ne cessent de surprendre. A  21 ans la jeune Barcelonaise fait preuve d’une grande musicalité sur son instrument qu’elle étudie depuis l’âge de sept ans. Élégance d’une sonorité entre cuivre et ambre. Elle articule ses phrases avec beaucoup d’aisance avec peu d’attaque mais toujours une grande justesse.

La voix d’Andrea Motis voyage sur le fil de l’histoire du jazz, de Cole Porter à Horace Silver avec des clins d’oeil à tous les styles, swing, west-coast, hard-bop, bossa-nova… Son timbre un peu nasal évoque la manière dont Chet Baker chantait à ses débuts. Sa voix élastique d’une grande justesse enchaîne des phrases courtes avec tendresse ou vélocité. Si elle excelle dans les ballades et les bossa-novas qu’elle phrase comme seules savent le faire les Brésiliennes, elle sait performer sur les tempi rapides. Elle sait aussi se faire bluesy et funky et conserve un grain de douceur un rien acidulé ou voilé au gré des morceaux et des ambiances. 

 

Andrea Motis présente le répertoire de son nouveau projet « Emotional Dance » à Paris le 17 mars à 19h30 au Café de la Danse.

Jazz Confiné #1

Faute de pouvoir vivre le jazz en concert en cette période de confinement, pourquoi ne pas profiter de quelques vidéos enregistrées par des musiciens d’ici et d’ailleurs. Dans cette rubrique « Jazz Confiné #1 », place à des solos, des duos et un trio.

lire plus
Les précieuses « Happy Hours » de Christophe Marguet

Les précieuses « Happy Hours » de Christophe Marguet

Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.

lire plus
International Jazz Day 2020

International Jazz Day 2020

​En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !

lire plus
Youn Sun Nah annonce son prochain album « She Moves On »

Youn Sun Nah annonce son prochain album « She Moves On »

Nouvel album et Youn Sun Nah … bientôt sur scène !

Le 19 mai 2017, la chanteuse Youn Sun Nah revient avec un nouvel album, « She Moves On » (ACT). Cette sortie discographique coïncide aussi avec le retour de l’artiste sur les scènes françaises. Ces deux nouvelles vont réjouir les amateurs de cette chanteuse magnétique aux performances vocales hors du commun.

Depuis le printemps 2015, la chanteuse sud-coréenne Youn Sun Nah est absente des scènes européennes qu’elle a délaissées pour rejoindre sa terre natale. Sa voix sans pareille et sa simplicité ont conquis tous les publics. La chanteuse a enregistré trois albums sur le label ACT, « Voyage » en 2009, « Same Girl » en 2010 et « Lento » 2013. Les deux derniers furent disques d’or (plus de 50 000 exemplaires). Son retour va ravir le public tombé sous le charme de sa voix aux mille éclats.

Quatre ans après « Lento » Youn Sun Nah annonce son retour le 19 mai 2017 avec la sortie de « She Moves On » (ACT),  le nouvel album qu’elle va présenter sur scène dès le printemps 2017.

Improvisatrice hors pair dotée d’une fabuleuse technique vocale, Youn Sun Nah s’est imposée comme une figure incontournable dans le paysage du jazz vocal actuel. La chanteuse maîtrise les mille nuances d’une voix à la fois pure et sensuelle, profonde et puissante, chaude comme le feu et acérée comme la glace. Adepte du minimalisme elle fait se côtoyer les extrêmes. Elle cultive en effet une esthétique qui alterne entre joie et mélancolie, entre furie et douceur.

Avec « She Moves On », Youn Sun Nah livre une nouvelle fois une œuvre coloriste. Elle exploite ses nombreuses possibilités harmoniques et une large palette d’émotions, aussi bien pour ses propres compositions que pour une exploration iconoclaste des répertoires de Jimi Hendrix, Joni Mitchell ou Paul Simon.

Pour sa tournée, Youn Sun Nah est entourée d’un quartet américain avec Jamie Saft (piano, orgue Hammond, Fender Rhodes), Brad Jones (contrebasse) et Dan Rieser (batterie) qui ont tous trois participé à l’enregistrement de ce nouvel album aux studios Sear Sound, au cœur du quartier de Hell’s Kitchen de New York, et enfin Clifton Hyde (guitares).

 
« Jazz à Sète »se déroule du 13 au 20 juillet 2017. Les Sétois sont des veinards car le 22 février dernier, le festival a annoncé en avant-première la venue de la chanteuse Youn Sun Nah à Sète le 17 juillet prochain (places en vente dès le 02 mars).

Jazz Confiné #1

Faute de pouvoir vivre le jazz en concert en cette période de confinement, pourquoi ne pas profiter de quelques vidéos enregistrées par des musiciens d’ici et d’ailleurs. Dans cette rubrique « Jazz Confiné #1 », place à des solos, des duos et un trio.

lire plus
Les précieuses « Happy Hours » de Christophe Marguet

Les précieuses « Happy Hours » de Christophe Marguet

Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.

lire plus
International Jazz Day 2020

International Jazz Day 2020

​En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !

lire plus

José James sort « Love In A Time Of Madness » chez Blue Note

José James habille sa voix de R&B

Avec « Love In A Time Of Madness », son quatrième album chez Blue Note, le chanteur José James clame son éclectisme. Dans ce nouvel opus consacré à l’amour, le songwriter new-yorkais opère une mue tout à fait réussie en chanteur R&B.

Après avoir sorti en 2015 un album de jazz en hommage à Billie Holiday, « Yesterday I Had The Blues », José James prend une certaine distance avec le jazz. Le 24 février il sort « Love In A Time Of Madness », son septième album, le quatrième sur le prestigieux label Blue Note. Si le chanteur ne s’est jamais laissé emprisonner par les barrières stylistiques, il penche aujourd’hui vers le R&B, un R&B teinté d’électro.

Avec son titre, « Love In A Time Of Madness », l’album annonce la tonalité…« L’amour dans une époque de folie ». Douze plages où s’entremêlent soul, pop, électro, gospel, jazz, funk et au final… le R&B triomphe. Certes la voix du chanteur se pare des atours de la séduction mais si José James joue la corde du charme, il sait changer de registre. Un album réussi que l’on écoute sans se lasser avec beaucoup de plaisir.

Dans un contexte électro teinté de rose, José James ouvre l’album avec un titre à l’allure pseudo romantique, Always There. Les paroles évoquent une relation solide « …I can count on you over and ever, forever and ever. » dont on se doute qu’elle ne va pas durer.

Effectivement, dès le second titre, le ton change et le romantisme passe au second plan. En effet, avec What Good Is Love, le ton change, l’inquiétude pointe, des percussions glaciales rendent l’ambiance un peu menaçante. Le chanteur évoque les mensonges, les affres de la séparation. Sur le troisième titre Let It Fall José James évoque la condition du célibataire. Pour ce titre plutôt soigné il fait intervenir le chanteur Mali Music sur fond de guitare acoustique et de percussions.

Avec Live Your Fantasy et Ladies Man c’est un R&B teinté d’électro-funk qui pointe son nez. A l’écoute de ces deux titres on est transporté dans les faubourgs de Minneapolis et plane l’ombre de Prince. Les synthés débrident leur rythme, les mélodies deviennent obsédantes et l’on se prend à les fredonner avec les voix de l’album. Ne serait-ce pas plutôt de la pop ? Peu importe, on succombe au rythme. Le mouvement s’impose au corps et il prend l’envie de bouger, de danser. On peut parier que ces deux titres vont faire fureur sur les dance floors.

You know I Know et Closer affichent sans ambiguïté une couleur carrément électro qui n’est pas sans évoquer les ambiances de ses premiers disques sortis par Gilles Peterson, le célèbre DJ de la BBC. Véritable caméléon de rêve, José James termine l’album avec I’m Yours un brin gospellisant. Un titre teinté d’espoir où résonne la voix de la légendaire Oleta Adams. L’amour triomphe de tous les aléas et la boucle est bouclée.

Sur l’album « Love In A Time Of Madness », José James s’éloigne très clairement du jazz même si les fondamentaux du style ressurgissent de temps à autre comme par exemple dans To be With You où le chanteur apaisé adopte sa voix chaude de crooner pour clamer son amour à la femme qu’il aime. Une véritable ode à l’amour. Un clip réalisé par Tyler Dunning Evans présente To be With You sur une chorégraphie imaginée par Hope Boykin, de la célèbre compagnie de danse new-yorkaise Alvin Ailey.

Serpent, corbeau et pétales de roses … tentation ou maléfice, ensorcellement ou séduction, à chacun sa vision de l’amour. En tout cas avec les douze titres de « Love In A Time Of Madness », José James laisse à chacun le choix de préférer son ambiance. En cela l’album fait très fort car avec son mélange des genres, l’album et le chanteur vont rallier sans aucun doute les suffrages de publics très variés.

 

En tournée en France, José James présente le répertoire de l’album « Love In A Time Of Madness » dans plusieurs villes de l’hexagone. Il est annoncé à Lyon, le 22 avril à 20h30 au Transbordeur et le 24 avril à 20h30 au New-Morning à Paris.

Jazz Confiné #1

Faute de pouvoir vivre le jazz en concert en cette période de confinement, pourquoi ne pas profiter de quelques vidéos enregistrées par des musiciens d’ici et d’ailleurs. Dans cette rubrique « Jazz Confiné #1 », place à des solos, des duos et un trio.

lire plus
Les précieuses « Happy Hours » de Christophe Marguet

Les précieuses « Happy Hours » de Christophe Marguet

Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.

lire plus
International Jazz Day 2020

International Jazz Day 2020

​En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !

lire plus
Label ECM-Focus4-Janvier-février 2017 – Pianistes

Label ECM-Focus4-Janvier-février 2017 – Pianistes

« Danse », « The Invariant », « Sooner and Later », « Daylight Ghosts »


« Label ECM-Focus4 » continue l’exploration du label ECM et de son identité singulière. En ce début 2017, ECM propose les albums de quatre pianistes aux univers très différents. Colin Vallon, Benedikt Jahnel et Julia Hüllsman, tous en trio et Craig Taborn en quartet.

Premier album de ce « Label ECM-Focus4 », celui du Colin Vallon Trio sorti le 13 janvier 2017, « Danse ». Après « Rruga » (2011) et « Le Vent » (2014) « Danse » est le troisième opus en trio du pianiste Colin Vallon chez ECM où il a aussi participé aux deux albums de la chanteuse Elina Duni, “Matanë Malit” (2012) et « Dallёndyshe » (2012).

Aux côtés du pianiste, le batteur Julian Sartorius déjà présent sur l’album « Le vent » de 2014. Son jeu de batterie foisonne de détails rythmiques précis qu’il dispense avec insistance en soutien aux lignes tout aussi obsédantes de la contrebasse de Patrice Moret, intégré au trio de Colin Vallon depuis 2004. L’entente piano/contrebasse est très forte puisque tous deux participent aussi au quartet de la chanteuse Elena Duni et se retrouvent au sein du groupe « Parallels » du saxophoniste Nicolas Masson.

Imposer son nom dans l’univers surpeuplé des trios piano/basse/batterie n’est pas chose évidente, pourtant le Colin Vallon trio y est parvenu depuis sa création en 1999. Le pianiste ne met pas en avant ses talents de soliste mais esquisse la mélodie puis définit avec ses partenaires un cadre où se libère l’expression collective. Si le pianiste a composé neuf des onze pièces de l’album, le contrebassiste a contribué au répertoire avec Tinguely, une pièce tellurique et étrange.

« Danse » a été enregistré dans le magnifique studio Aditorio Stelio Molo de la RSI à Lugano en live, sans écouteurs ni séparations acoustiques. La musique y gagne en fraîcheur et en authenticité.

« Danse ». Des rythmes doux et insistants qui explorent la dimension du temps. Des passages au calme recueilli et d’autres où la musique déclenche des séismes. Une musique sensible et subtile qui bouleverse les repères.

Deuxième album de ce « Label ECM-Focus4 », l’opus « The Invariant » du pianiste berlinois Benedikt Jahnel Trio sorti le 13 janvier 2017, cinq ans après « Equilibrium ». Constitué du pianiste Benedikt Jahnel, du bassiste espagnol Antonio Miguel et du batteur canadien Owen Howar, le trio célèbre son dixième anniversaire.

Cette constance du trio constitue un « invariant » dans la vie du musicien Benedikt Jahnel et vaut son titre à l’album, « The Invariant ». Dire que le trio pratique la musique tout comme un chercheur résout une équation est tentant. En effet, Benedikt Jahnel est un compositeur prolifique amoureux de la musique et des mathématiques. Il développe des motifs pianistiques sur des textures aux mailles variables dessinées par les dynamiques échanges de la contrebasse et de la batterie.

Further Consequence ouvre l’album et reprend là où le précédent disque « Equilibrium » s’était arrêté en 2012. Ce continuum dans le style témoigne de ce qui caractérise le Benedikt Jahnel Trio. On peut parler d’une continuité qui n’engendre pourtant aucune monotonie. La tendre ballade For the Encore contraste avec Mirrors dont le propos tempéré du piano se voit dynamisé par le son boisé de la contrebasse et avec Part of The Game où le flot de notes du piano déboule en réponse à l’appel d’ouverture que lancent batterie et la contrebasse.

Produit par Manfred Eicher, « The Invariant » a été enregistré en avril 2016 dans l’Oslo’s Rainbow Studio.

« The Invariant ». La dynamique du trio crée une musique soignée et subtile. Les mélodies simples alternent avec des moments de pur lyrisme. D’un morceau à l’autre les climats et les rythmes évoluent. Entre écriture et improvisation, les interactions musicales génèrent un équilibre collectif harmonieux au swing absolu. Un album singulier et attachant.

Ce « Label ECM-Focus4 » présente un troisième trio piano/contrebasse/batterie, celui de la pianiste berlinoise Julia Hülsmann qui collabore avec le label ECM depuis 2008, année où elle enregistre « The End of a Summer » avec ceux qui sont devenus ses partenaires réguliers, le contrebassiste Marc Muellbauer et le batteur Heinrich Köbberling. En 2011 elle grave avec eux « Imprint » puis le trio devient quartet avec le trompettiste/buggliste Tom Arthurs et advient l’album « In Full View », en 2013. Le même quartet accueille le chanteur Theo Bleckmann sur le disque « A Clear Midnight  » autour de la musique de Kurt Weill. 

Fidèle au label ECM, la pianiste Julia Hülsmann revient au trio avec l’album « Sooner and Later » annoncé pour le 24 février 2017. Cette artiste est une militante acharnée du jazz allemand ce qui lui a valu d’être récompensée du prix d’honneur du WDR (Westdeutscher Rundfunk) pour son action en faveur des musiciens de jazz.

Sur les onze titres de l’album « Sooner and Later » on retrouve la musique du trio dans sa pleine maturité après que le groupe ait conduit sa musique tout autour du monde, de l’Europe à l’Amérique du Nord sans oublier le Pérou et surtout la Chine et l’Asie Centrale. De cette dernière tournée témoigne l’interprétation de Biz Joluktuk. Le groupe a découvert ce morceau interprété par un jeune violoniste du Kirghizistan. La pianiste a ré-harmonisé le morceau et il en ressort une musique libre et suspendue entre son et silence.

Écrit par Hülsmann, le thème Thatpujai rend hommage à la pianiste de jazz Jutta Hipp dont il est l’anagramme. J.J., Soon et Der Mond jouent avec le rythme et les syncopes. Le piano rebondit sur les passerelles tendues par la batterie féline et la contrebasse sérieuse. L’oreille s’amuse de ces jeux rythmiques. Encore une fois, tous les membres de l’album ont contribué aux compositions. Comme Mehldau et bien d’autres musiciens de jazz, le Julia Hülsmann trio succombe à la musique du groupe britannique « Radiohead » dont il reprend avec inspiration le fameux All I Need.

Produit par Manfred Eicher, « Sooner and Later » a été enregistré en septembre 2016 dans le fameux Oslo’s Rainbow Studio. Toujours présent et attentif, le producteur du label ECM prodigue ses conseils tout en respectant le libre-arbitre des musiciens.

« Sooner and Later ». Une musique souple et dansante qui coule avec limpidité. Des atmosphères multiformes qui ne cessent de surprendre.Tempo étiré et césures rythmiques étonnantes. Le trio joue en équilibre avec le rythme, élément majeur du style de ce trio qui sait intégrer le silence à son discours.

C’est avec le quartet du pianiste/claviériste américain Craig Taborn que se termine ce « Label ECM-Focus4 ». Après le disque solo « Avenging Angel » paru en 2011 et « Chants » enregistré en trio et publié en 2013 chez ECM, le pianiste revient en leader pour son troisième album à la tête d’un quartet avec « Daylight Ghosts » attendu le 24 février 2017. On ne compte plus ses autres participations comme sideman aux côtés des musiciens phare du label ECM comme Roscoe Mitchell, Tim Berne, Chris Potter et Michael Formanek.

Craig Taborn réunit autour de lui, Chris Speed (saxophone ténor et clarinette), Chris Lightcap (contrebasse et basse électrique) et Dave King (batterie et batterie électronique) membre éminent du groupe « Bad Plus ».

La palette sonore des instruments est constitutive du climat singulier de l’album. La construction des morceaux surprend et séduit à la fois. Des fragments de mélodie entrent en collision avec des riffs ostinato développés sans fin comme des lignes de basse intranquilles. Entre électrique et acoustique les motifs s’assemblent et le mystère s’éclaircit au fur et à mesure du disque.

Riche de ses propres influences, chaque musicien contribue à colorer les plages de climats qui empruntent autant au rock qu’à la musique électronique. Sans omettre le clin d’oeil appuyé à ce jazz où la musique se fonde et se soude à partir de l’improvisation collective.

Des moments de grande quiétude peuplent The Great Silence et Subtle Living Equations. La clarinette éthérée de Chris Spedd apporte une lumineuse fragilité à la reprise de Jamaïcan Farewell du saxophoniste Roscoe Mitchell.

« Daylight Ghosts » a été enregistré aux Avatar Studios de New York City’s en présence du producteur Manfred Eicher.

Le disque dégage une énergie hypnotique intense et des ambiances spectrales alternatives. La technicité et la virtuosité des musiciens contribuent à la richesse sonore de l’album dont les climats troublants tiennent autant à la dimension collective qu’aux performances brillantes des solistes.

On explore très bientôt d’autres enregistrements du Label ECM dans un futur billet « Label ECM-Focus5 ».

Jazz Confiné #1

Faute de pouvoir vivre le jazz en concert en cette période de confinement, pourquoi ne pas profiter de quelques vidéos enregistrées par des musiciens d’ici et d’ailleurs. Dans cette rubrique « Jazz Confiné #1 », place à des solos, des duos et un trio.

lire plus
Les précieuses « Happy Hours » de Christophe Marguet

Les précieuses « Happy Hours » de Christophe Marguet

Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.

lire plus
International Jazz Day 2020

International Jazz Day 2020

​En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !

lire plus
Diana Krall annonce « Turn Up The Quiet »

Diana Krall annonce « Turn Up The Quiet »

Diana Krall revient au Great American Songbook

Nouvelle réjouissante, la célèbre pianiste et chanteuse de jazz Diana Krall annonce la sortie de son prochain album « Turn Up The Quiet » pour le 05 mai 2017. On aime son premier single, Night and Day.

Avec « Turn Up The Quiet » (Verve/Universal), Diana Krall revient au jazz et à la tradition du Great American Songbook qu’on se le dise. Pour cet album, elle retrouve le légendaire producteur Tommy Lipuma. Avec une telle affiche, on peut imaginer que les récompenses vont honorer un album dont le succès est quasi garanti.

Au programme de l’opus « Turn Up The Quiet », des reprises titres prestigieux L.O.V.E., Like Someone In Love, I’m Confessin’, Dream. Ce retour aux standards du jazz laisse augurer un opus soigné qui devrait rallier autant les suffrages des puristes de la tradition jazz que ceux du grand public qui affectionne de reconnaître ces grands thèmes devenus populaires.

On découvre le premier single de l’album où Diana Krall interprète une version sensuelle du célèbre Night and Day. Sur un rythme de bossa nova alangui marquée par le balançao de la guitare, la chanteuse étire le temps. Soutenue par les violons, sa voix légèrement embrumée murmure le thème qu’elle égrène au  piano avec délicatesse.

 

Diana Krall annonce la date de ses premiers concerts en France. Déplacement à prévoir pour toutes celles et ceux qui ne souhaitent pas rater sa venue en France. Elle donne rendez-vous aux amateurs de sa musique les 07 et 08 octobre 2017 à Paris et plus précisément à l’Olympia.

Jazz Confiné #1

Faute de pouvoir vivre le jazz en concert en cette période de confinement, pourquoi ne pas profiter de quelques vidéos enregistrées par des musiciens d’ici et d’ailleurs. Dans cette rubrique « Jazz Confiné #1 », place à des solos, des duos et un trio.

lire plus
Les précieuses « Happy Hours » de Christophe Marguet

Les précieuses « Happy Hours » de Christophe Marguet

Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.

lire plus
International Jazz Day 2020

International Jazz Day 2020

​En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !

lire plus
Label ECM-Focus4-Janvier-février 2017 – Pianistes

Label ECM-Focus3-Janvier 2017 – La voix de Theo Bleckmann

Theo Bleckman enregistre « Elegy » en leader chez ECM

Avec « Label ECM-Focus3 » se poursuit l’exploration de l’identité ECM. Sur l’album « Elegy » sorti le 27 janvier 2017, le chanteur Theo Bleckmann fait ses débuts comme leader chez ECM. Un album sublime où le chanteur évoque la mort sous un éclairage lumineux.

Après être apparu sur les deux albums ECM de Meredith Monk, « Impermanance » (2007) et « Mercy » (2002), Theo Blackmann a tenu un rôle important sur « A clear Midnight », l’album que la pianiste Julia Hülsmann a consacré en 2015 aux chansons de Kurt Weill. 

« Elegy » est le premier album de Theo Bleckmann comme leader chez ECM. Chanteur à la voix d’une pureté rare, il pratique son art avec audace comme le ferait un peintre. Sa voix pose des traits de lumière sur la toile musicale déroulée par le groupe. Le chanteur propulse librement ses vocalises sur les parois d’une bulle sonore dont il semble qu’elle réverbère les échos de sa voix.

Sur « Elegy » Theo Bleckmann est accompagné de son compagnon de longue date, le guitariste Ben Monder, du pianiste Shai Maestro et de la subtile section rythmique constituée de Chris Tordini et John Hollenbeck. Certes l’album met en vedette Theo Bleckmann comme chanteur mais aussi en tant que compositeur.

Porté par la performance collective de l’orchestre, le chant de Theo Bleckmann s’étire sur les accords du piano et sa voix de ténor Prend toute sa mesure dans l’univers singulier que tisse le guitariste Ben Monder avec qui le chanteur a déjà travaillé en duo. Si Bleckmann a aussi joué avec le batteur John Hollenbeck, c’est par contre une nouvelle collaboration qu’il entreprend avec le contrebassiste ChrisTordini et Shai Maestro dont le toucher léger presque minimaliste convient tout à fait au contexte de l’album. Le pianiste joue d’ailleurs un rôle majeur dans l’album dont il assume en grande partie le contexte harmonique sur lequel évolue le chanteur. Le pianiste est tout aussi impliqué dans la dimension rythmique assurée en grande partie par la guitare et la batterie.

Le titre de l’album, « Elegy », réfère « à la mort ou évoque… la transcendance existentielle » que Theo Bleckmann a souhaité convovoquer. Malgré la gravité du contexte, le chanteur offre une musique lumineuse. Les climats changeants et contrastés nimbent la mortalité d’une aura d’espoir dénué de tristesse.

Les onze titres tressent les fils du silence avec les lignes de l’élégance. Des textes sur quatre des onze titres. De petites pièces instrumentales comme des respirations, comme des îles posées sur le fil de la vie. Sur les autres morceaux, Théo Bleckmann improvise et crée des ambiances qui empruntent la légèreté aux plumes des anges célestes.

On découvre avec intérêt la sublime interprétation de chanson de Sondheim Comedy Tonight  dont le chanteur donne une version assez éloignée de l’originale la dotant d’une tonalité mélancolique. Les arrangements planants restituent le souvenir de l’humour et du regard toujours amusé que sa mère récemment décédée portait encore à 91 ans sur les choses de la vie.

Toujours en référence à la thématique de l’album, les paroles To Be Shown to Monks at a Certain Temple sont celles d’un poème Zen sur lequel Theo Bleckmann a mis de la musique. « Il s’agit de ne pas abandonner, de ne pas penser à la mort, juste continuer à bouger, ne pas être morose, continuer à vivre » précise le chanteur.

Theo Bleckmann a écrit Take my life en pensant à Bach et à ses cantates et plus précisément Ich habe genug. Sur un rythme soutenu, la voix évoque un départ presque joyeux vers l’au-delà. Le chanteur imagine « ce que serait de mourir, de perdre peu à peu ses facultés : perdre la  voix, son pouls, son souffle ». L’orchestre porte la voix jusqu’au silence. Nul pathos, la vie/la mort, l’énergie avant la fin.

On vibre à l’écoute de la mélodieuse Elegy et on est touché par l’ambiance quasi fantomatique du morceau « Fields » où le toucher impressionniste du batteur évoque les mouvements des herbes qui ploient sous le souffle du vent changeant.

Enregistré aux Studios Avatar de New York, « Elegy » a bénéficié de toute l’attention du producteur Manfred Eicher qui a assuré la Direction artistique de l’album. C’est par exemple lui qui a suggéré d’utiliser des matériaux écrits par le chanteur comme des bases d’improvisations libres et de les insérer des respirations instrumentales, comme des îlots de sérénité entre les chansons. Ainsi l’album ouvre avec Semblance et se termine avec Alate alors qu’au milieu du répertoire Cortège résonne comme une marche funèbre.

« Elegy ». Une réussite absolue. Les atmosphères flottantes de l’album évoquent avec grâce les émotions liées au cycle immuable de la vie. Flexible et contrôlée la voix du chanteur évolue toute en retenue.

Très bientôt un billet « Label ECM-Focus4 » pour explorer d’autres enregistrements du Label ECM.

Jazz Confiné #1

Faute de pouvoir vivre le jazz en concert en cette période de confinement, pourquoi ne pas profiter de quelques vidéos enregistrées par des musiciens d’ici et d’ailleurs. Dans cette rubrique « Jazz Confiné #1 », place à des solos, des duos et un trio.

lire plus
Les précieuses « Happy Hours » de Christophe Marguet

Les précieuses « Happy Hours » de Christophe Marguet

Rien de mieux en ces temps « confinés » que d’écouter « Happy Hours », un opus réjouissant dont le titre tient toutes ses promesses. Ce sont en effet de « joyeuses heures » musicales que célèbre en quartet, le batteur et compositeur Christophe Marguet. Autour de lui, sont réunis le trompettiste Yoann Loustalot, le pianiste Julien Touéry et la contrebassiste Hélène Labarrière. Un jazz festif où explosent les couleurs de la vie.

lire plus
International Jazz Day 2020

International Jazz Day 2020

​En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !

lire plus