Henri Texier présente « Chance »

Henri Texier présente « Chance »

Une belle aubaine entre allégresse et nostalgie

Henri Texier est de retour en quintet avec un opus intitulé « Chance », en écho à celle qui lui permet « d’être toujours ici et maintenant » et « de n’avoir que peu de regrets ». Avec Sébastien Texier, Vincent Lê Quang, Manu Codjia et Gautier Garrigue, le contrebassiste délivre une musique où se croisent allégresse et nostalgie. Une aubaine que de découvrir le nouveau projet de cette figure emblématique du jazz européen.

Henri Texier

Henri Texier©Sylvain Gripoix

Deux ans après « Sand Woman », le contrebassiste et compositeur Henri Texier revient avec un nouveau projet, « Chance » (Label Bleu/L’Autre Distribution) annoncé pour le 28 février 2020.

Six lettres riches de sens pour celui qui est Inscrit depuis plus de quarante ans dans le paysage du jazz français et européen et chemine avec fidélité depuis les années 80 avec Label Bleu chez qui il a enregistré une vingtaine d’albums.

Aux côtés du leader, on retrouve la fidèle équipe de « Sand Woman » avec la souplesse expressive de Sébastien Texier (saxophone alto, clarinette, clarinette-alto), l’expression volubile de Vincent Lê Quang (saxophones ténor et soprano), les ambiances spatiales de Manu Codjia (guitare) et le jeu fluide, puissant et souple de Gautier Garrigue (batterie).

Écouter « Chance » est une aubaine. Cela permet de renouer avec l’idiome identifiable entre mille du contrebassiste, avec les couleurs profondes du chant de son instrument et son groove chargé d’émotions.

« Chance »

Henri Texier évoque lui-même ce que recouvre pour lui le titre de son nouvel album : « Chance, d’avoir pu jouer avec tant de merveilleux musiciens, d’avoir partagé avec tant d’artistes inspirés et féconds qui ont eu confiance en [lui] et {lui] ont tellement transmis…. d’avoir été et de toujours être suivi par un public chaleureux et fidèle… après toutes ces années, de n’avoir que peu de regrets… »

Sans oublier…

Les fidèles

Soucieux de n’omettre personne parmi ceux qui ont contribué à la réussite de son aventure musicale, le contrebassiste évoque ceux qui l’ont accompagné au long de ses projets discographiques et qui ont aussi été présents à ses côtés pour son nouvel album « Chance » :  « Chance, d’avoir pu mener à bien mes projets artistiques en toute liberté et en particulier mes albums fidèlement captés par Philippe Teissier Du Cros,  illustrés le plus souvent par Guy Le Querrec et mis en image par Christophe Rémy. »

Les musiciens

Parmi les éléments constitutifs de sa bonne fortune, il inclut aussi les musiciens déjà à ses côtés sur « Sand Woman », présents sur scène et sur le nouvel opus : « Chance, d’avoir pu réunir Sébastien Texier, Vincent Lê Quang, Manu Codjia et Gautier Garrigue, si brillants et inspirés musiciens grâce auxquels je peux continuer à découvrir et à explorer des territoires aux confins de cette musique si riche en émotions. »

Une prose conforme à son art musical

« Chance, d’avoir eu suffisamment d’énergie pour ressentir la liberté, l’exaltation, l’état d’apesanteur, la plénitude que procure la Musique de Jazz. »

A travers la prose qu’utilise Henri Tixier pour définir sa carrière, on perçoit l’essence même de l’art qu’il développe en musique. La juste note/le juste mot, des phrases précises qui sous-tendent l’émotion.

De nostalgie en allégresse

couverture de l'album Chance du contrebassiste Henri TexierPour vibrer aux échos « Chance », il suffit de se laisser porter de nostalgie en allégresse, au fil des ambiances lunaires ou solaires.

Le répertoire compte quatre compositions signées par Henri Texier, « Simone et Robert » pour Simone Weil et Robert Badinter & Pina B, dédié à Pina Bausch disparue en 2009, Standing Horse et Chance et quatre autres proposées par les musiciens, Cinecitta crédité à Sébastien Texier, Jungle Jig à Manu Codjia, Le Même Fleuve à Vincent Lê Quang et Laniakea à Gautier Garrigue.

Ainsi, de nouveaux paysages musicaux.se mêlent aux ambiances typiques des compositions du leader et à ses mélodies entêtantes  Ambiance onirique et mélancolique de Laniakea, échappée galactico-rock de Jungle Jig. Souvenirs nostalgiques du cinéma italien évoqués par Cinecitta et navigation éplorée sur Le Même Fleuve.

Nostalgie

La contrebasse lyrique, l’alto, la clarinette boisée et le ténor ombrageux accompagnent la nostalgie de Cineccitta que réveille le jeu dense de la batterie et  la guitare aérienne et fougueuse. Ballade introspective, dédiée à Simone Veil et Robert Badinter, Simone et Robert est gorgée du spleen que soufflent la clarinette bluesy et le ténor sentimental. La contrebasse se fait sentimentale sur les accords évanescents de la guitare.

Sur un scintillement de cymbales, les soufflants et la guitare dessinent le paysage musical onirique de Lanikea dont la ligne mélodique mélancolique à souhait s’étire vers les lignes de fuite de l’énigmatique galaxie. A la barre du bateau qui navigue sur Le même fleuve, le ténor élance un chorus céleste pour tenter d’échapper à la puissante contrebasse tellurique.

Allégresse

Sur Jungle Jig, le quintet s’ébroue dans la jungle avec une allégresse qui fait quelques détours vers des sentiers enrockés. Après le thème joué à l’unisson par l’alto, le ténor et la guitare, l’alto incisif brode un chorus ébouriffant sur une ligne de basse au swing indéfectible. Libérée, la guitare engage un solo éloquent et groovy qui entraîne la batterie dans un solo d’une rare densité. Dédié à la chorégraphe Pina Bausch, Pina B. respire l’allégresse et légèreté. Propulsée par la batterie au jeu dynamique, la clarinette s’enthousiasme. Le ténor très libre ouvre l’espace pour accueillir le chorus flamboyant de la contrebasse. ça danse dans tous les sens.

Standing Horse

Ce solo inspiré et sautillant permet de saisir l’essence même de l’art du contrebassiste. Henri Texier démontre sa maîtrise technique sur l’instrument, son modernisme et sa capacité unique à faire coexister dans son langage rythme et mélodie, l’un valorisant l’autre sans jamais l’éteindre. Du grand Texier !

Hymne à l’espérance

On se laisse enivrer par la mélodie irradiante de Chance portée par le jeu ensorcelant des tambours organiques. Les arabesques de la guitare et les notes aériennes des soufflants s’affranchissent des contraintes pour s’envoler vers l’espérance. Ce morceau porte l’empreinte singulière des compositions inscrites par Henri Texier au patrimoine du jazz européen.

Pour plonger live dans les ambiances de « Chance » et retrouver sur scène Henri Texier (contrebasse), Sébastien Texier (saxophone alto, clarinette, clarinette alto), Vincent Lê Quang (saxophones ténor et soprano), Manu Codjia (guitare) et Gautier Garrigue (batterie), RV à Paris le 21 mars 2020 à 19h30 au Café de la Danse, pour le concert de sortie de l’album.

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