La flûtiste Rotraut Jäger annonce la sortie de l’album « Sonafari » de son groupe Sonambique. Avec le quartet, elle sillonne la Suisse et fait escale à Lyon, le 28 mars 2020 au Jazz Club Lyon Saint-Georges. La belle aubaine que de découvrir l’album puis d’aller vivre live les musiques de Sonambique. Au programme, des promesses de jazz aux influences latines, des rythmes des Caraïbes et des mesures impaires à profusion.
Label ECM-Focus1-Septembre 2016
Trois Album ECM, « Atmospheres », « Ida Lupino », « Rumi Songs »
Pour explorer l’identité ECM, « Label ECM-Focus1 » présente trois albums ECM parus le 02 septembre 2016. « Atmospheres », « Ida Lupino » et « Rumi Songs ». Magie. Interaction. Voyage.
Premier album de ce « Label ECM-Focus1 », le double CD « Atmosphères » réunit Tigran Hamasyan (piano), Arve Henriksen (trompette), Eivind Aarset (guitare) et Jan Bang (samples live et samples). L’idée de ce disque remonte à 2013 lorsque Manfred Eicher a entendu à la radio un extrait d’un duo qui réunissait Tigran Hamasyan et le musicien électro Jan Bang. Le potentiel de cette association l’a conduit à proposer aux deux musiciens de se réunir avec Eivind Aarset et Arve Henriksen.
Un enregistrement d’une grande intensité créatrice s’est déroulé en juin 2014 dans l’Auditorio Stelio Molo RSI de Lugano. Enregistrement et mixage du double album se sont déroulés en trois jours, dans un seul et même mouvement, dans la tradition des enregistrements ECM dédiés à l’improvisation.
Tous les musiciens impliqués dans « Atmospheres » ont déjà enregistré chez ECM dans des configurations variées. La présence du pianiste entraîne les musiciens norvégiens vers d’autres territoires que les leurs. A l’époque de l’enregistrement Tigran Hamasyan travaillait sur « Lyis i Luso » ce qui explique que l’on retrouve sur le disque du quartet des thèmes du compositeur arménien Komitas Vardapet (1968-1935). Ils émergent comme des îlots dans les vagues musicales d’improvisation de l’album.
Ainsi les orientations mélodiques de Tsirani tsar, Garun a, Hoy Nazan se réfèrent à l’univers arménien. Le trompettiste Arve Henriksen transforme ces ambiances en les incorporant dans son propre univers. Sa sonorité dont la douceur est proche de celle du duduk crée des territoires brumeux et flottants. Dès le titre d’ouverture, Traces I, le guitariste Eivind Aarset choisit ses notes avec soin et met en place des environnements musicaux subtils et oniriques.
Jan Bang traite le son en temps réel et capte des boucle de sons qu’il traite en les réinjectant dans le son d’ensemble qui épaissit. Les samples donnent un reflet déformant aux sonorités émises par les musiciens et cela concourt à créer une atmosphère mystérieuse. C’est troublant, un peu comme si le son retournait chaque fois à son origine. La pochette de l’album évoque avec justesse les ambiances atmosphériques nuageuses de l’album.
« Atmosphere » est un peu comme une œuvre expérimentale à l’esthétique fluctuante et magique. Tous les détails sonores ont leur importance et participent à l’ambiance quasi flottante de la musique.
Deuxième album de ce « Label ECM-Focus1 », le CD « Ida Lupino » où se retrouvent Giovani Guidi (piano), Gianluca Petrella (trombone), Louis Sclavis (clarinette) et Gerald Cleaver (batterie). Pour cet enregistrement Manfred Eicher a associé le batteur américain et l clarinettiste français au duo déjà constitué par le pianiste et le tromboniste italiens. Les deux derniers avaient déjà joué avec Cleaver mais Sclavis n’avaient jamais croisé la route de ces trois artistes.
Enregistré et mixé en trois jours en février 2015 dans l’Auditorio Stelio Molo RSI de Lugano, l’album est encore réalisé dans la pure tradition ECM. Le CD « est une photographie exacte de l’endroit où nos quatre voyages individuels nous ont mené et ce que nous avons été capables de faire ensemble. Ceci n’aurait pas pu se réaliser de la sorte sans Manfred qui d’une certaine manière est le cinquième musicien du groupe, à l’écoute de chaque note, de chaque son, de chaque détail… » affirme Giovanni Guidi.
Au centre de l’album on retrouve la complicité des deux grands improvisateurs italiens que sont Giovani Guidi et Gianluca Petrella
. Leur l’entente remonte à l’époque où tous deux jouaient dans l’orchestre du trompettiste Enrico Rava. Depuis, leur relation musicale n’a fait que s’étoffer. La musique de l’album « Ida Lupino » est donc fondée sur le duo que les deux autres musiciens surprennent et stimulent.
L’accent est mis dans ce disque sur l’improvisation collective mais aussi sur l’émergence d’airs résolument lyriques créés en temps réel ou précédemment écrits. Pourtant dans l’opus il y a deux exceptions à ce principe du « tout improvisé ». Ida Lupino, le célèbre thème de Carla Bley qui donne son titre à l’album. C’est un peu comme un hommage rendu à cette pianiste qui fête ses 80 ans en 2016 et avec qui le tromboniste a eu l’occasion de jouer. On peut aussi y voir un clin d’oeil à Paul Bley qui a popularisé cette mélodie et inspire beaucoup le jeu de Guidi. Per i morti di reggio Emilio est par ailleurs une sorte de « protest song » écrit par Fausto Amodei.
Sur « Ida Lupino », les interactions entre les musiciens, la finesse du batteur, les qualités d’improvisateur mélodique et véloce du clarinettiste jointes à la complicité et la capacité d’adaptation du duo piano-trombone influent sur l’ambiance de cet album plein de créativité et de fraîcheur.
Dernier album de ce « Label ECM-Focus1 », l’opus « Rumi Songs » qui réunit le saxophoniste norvégien Trygve Sein, la chanteuse mezzo-soprano Tora Augestad, l’accordéoniste Frode Haltli et le violoncelliste Svante Henryson. Si les trois instrumentistes ont déjà enregistré chez ECM, c’est par contre la première apparition de la chanteuse sur un disque ECM.
L’enregistrement a été réalisé après que le saxophoniste ait affiné sur scène le répertoire des Rumi Songs, entre 2013 et 2015. Hormis une piste, le disque a été enregistré en trois jours en février 2015 au Rainbox Studio d’Oslo et produit par Manfred Eicher. Sacha Kleis a réalisé la pochette de « Rumi Songs » à partir d’une photo de Knut Bry.
C’est la poésie du persan Jelaluddin Rumi (1207-1273) qui inspire le cycle de chansons des Rumi Songs de Trygve Sein. Le poète né dans l’actuel Afghanistan a vécu au Tadjikistan et a fini sa vie en Anatolie comme maître soufi et poète. Trygve Seim décrit son œuvre comme « de la poésie très humaine, transcendant les religions, les pays et les races ». Les textes de Jelaluddin Rumi sont traduits en anglais par Coleman Barks ainsi que Kabir et Camille Helminsky pour le titre Seing Double.
Trygve Seim a commencé à écrire la musique de ses premiers Rumi songs en 2003 sur l’impulsion de la regrettée chanteuse Anne-Lise Berstsen. Après avoir essayé de multiples orchestrations, le saxophoniste s’est arrêté à la formule instrumentale actuelle saxophone/voix/accordéon/violoncelle qui valorise les textes. Les dix titres font alterner écriture et séquences d’improvisations. Le saxophoniste est entré chez ECM en 2001 avec « Different Rivers » qui a obtenu un immense succès. Il a depuis participé à une vingtaine d’enregistrements chez ECM invité par d’autres interprètes. « Rumi Songs » est son second album en tant que leader. Pour mettre la poésie arabe en musique, le saxophoniste s’est imprégné de musique arabe en étudiant au Caire. Il a aussi travaillé avec le musicien égyptien Fathy Salama. Ainsi, cet improvisateur reconnu qu’est Trygve Seim a élargi sa palette qu’il a mise au service de la poésie
.
Chanteuse et actrice, Tora Augestadt s’est d’abord spécialisé dans le répertoire allemand de la première moitié du 20ème siècle (Brecht, Weill) et a participé à la création de nombreuses œuvres théâtrales (Cage, Schoenberg). Elle dirige son propre orchestre « Music for a While » qui mêle jazz et musique ancienne.
Très créatif, l’accordéoniste Frode Haltli inscrit son travail dans la musique nouvelle, la musique folk et l’improvisation. Le violoncelliste Svante Henryson travaille dans le contexte de la musique de chambre et se produit aussi en solo.
When I see your face est coloré d’ambiances orientales ainsi que le titre Whirling Rhythms qui reflète le voyage du saxophoniste parti honorer la tombe du poète lors de la célébration annuelle qui lui est consacrée. On s’immerge dans l’atmosphère sereine et lumineuse du chant There is something Kiss we want qui termine l’album.
« Rumi Songs » reflète la lumière et la sérénité du silence. Il en résulte un paysage sonore riche en couleurs et en sensations. Un voyage contemplatif irradiant de la force de la vie et de la foi.
On explore prochainement d’autres enregistrements du Label ECM dans un futur billet « Label ECM-Focus2 ».
Clin d’œil à Rotraut Jäger et « Sonafari »
Carte Blanche à Rita Marcotulli au Musée des Confluences
Le Musée des Confluences de Lyon donne Carte Blanche à Rita Marcotulli le 08 mars 2020 à 16h. Pour la Journée Internationale des Droits des Femmes, « Women in Jazz » met les femmes à l’honneur sur la scène du Grand Auditorium avec un double plateau ». La pianiste et compositrice italienne vient à la tête d’un quartet inédit composé de Lisa Wulff, Benita Hastrup et Andy Sheppard. La première partie est assurée par le quartet Freya. Les compositrices de jazz devraient aussi être à l’honneur.
Henri Texier présente « Chance »
Henri Texier est de retour en quintet avec un opus intitulé « Chance », en écho à celle qui lui permet « d’être toujours ici et maintenant » et « de n’avoir que peu de regrets ». Avec Sébastien Texier, Vincent Lê Quang, Manu Codjia et Gautier Garrigue, le contrebassiste délivre une musique où se croisent allégresse et nostalgie. Une aubaine que de découvrir le nouveau projet de cette figure emblématique du jazz européen.
On a portant craint le pire en voyant la couverture de l’album qui émarge aux frontières d’un monde féérique où sévirait un cupidon de pacotille. On a dépassé le packaging, écouté le contenu musical choisi par Nels Cline et découvert une réalisation originale dont la qualité s’est imposée d’emblée. Le guitariste donne à son album un tempo bien éloigné de celui que nous impose le « vivre vite » quotidien. C’est un bonheur sans pareil de savourer la musique de « Lovers », comme on le fait avec un carreau de chocolat qu’on laisse fondre doucement pour mieux en apprécier la saveur.
Avec de nombreux enregistrements à son actif, le guitariste et compositeur Nels Cline a exploré une panoplie de nombreux styles musicaux, musique alternative et expérimentale, musique punk et jazz. Aujourd’hui on le connaît surtout pour sa participation au groupe de rock « Wilco » mené par Jeff Tweedy. Le guitariste conduit par ailleurs de nombreux autres projets personnels dont cet album fait partie. En effet Nels Cline avoue que « Cela fait bien 25 ans que je rêve de ce disque … qui devait depuis toujours s’appeler « Lovers ».
Nels Cline reprend It Only Has to happen once d’Arto Lindsay. Il se démarque un peu de l’ambiance bossa-post funk que le créateur avait choisi lors de l’enregistrement de l’album « Greed » en 1988 avec « Ambitious lovers » (Airto Lindsay, Peter Scherer et Paulinho da Viola). Pourtant la version du titre enregistré par Nels Cline n’en demeure pas moins en étroite filiation avec la version d’origine à travers les bidouillages saturés des cordes de guitares.
son nouvel album « Country For Old Men » (Impulse!/Universal) qui sortira le 30 septembre 2016.
La collaboration de Jacky Terrasson et de Stéphane Belmondo remonte à leurs débuts dans le monde du jazz, il y a près de trente ans. Une époque où ils entretenaient déjà une relation musicale privilégiée. Ils se sont retrouvés il y a six ans pour un concert donné en duo dans le sud-ouest de la France au Festival de Saint-Emilion. Depuis ils ont eu l’occasion de cultiver leur complicité et de donner naissance à un univers qui leur appartient en propre. « Mother » (Impulse!/Universal) dont la sortie est annoncée pour le 02 septembre, est l’aboutissement logique de leurs retrouvailles.
L’album ouvre avec First Song, le morceau poignant de Charlie Haden dont les deux musiciens font ressortir la beauté mélancolique. Il se referme avec une interprétation splendide du célèbre Que reste-t-il de nos amours ? de Chauliac et Trenet sorti en 1943.
des musiques de Debussy, Poulenc, Ravel et Fauré.
Fort d’un quartet à l’énergie infinie, soudé par une forte amitié, après six albums et dix années de jeu collectif intense et aventureux, le saxophoniste et flutiste Samy Thiébault présente le 30 septembre prochain sa nouvelle aventure musicale et son nouvel opus, « Rebirth ».
Le quartet s’étoffe avec la venue du saxophoniste Jean-Philippe Scali et le percussionniste Meta. L’intervention du trompettiste Avishai Cohen en « Guest Star » fait plus que prêter son nom. En effet il inscrit pleinement son discours dans les couleurs de l’album et dans la direction musicale de Samy Thiébault.
Dans son 7ème album en solo, elle revient à ses racines et au piano. Sur « Day Breaks » (Blue Note/Universal), Norah Jones entremêle avec une rare subtilité country, folk, rock, soul et jazz. Elle est cette fois accompagnée par de véritables légendes du jazz comme le saxophoniste Wayne Shorter, l’organiste Dr Lonnie Smith et le batteur Brian Blade déjà présent sur son premier disque et dont le jeu constitue l’épine dorsale de ce nouvel album.
et des reprises d’Horace Silver (Peace), Duke Ellington (Fleurette Africaine) et Neil Young (Don’t be denied).