Le vocalchimiste André Minvielle et le quintet normand Papanosh ont mis en musique textes et poèmes de Jacques Prévert. Sur « Prévert Parade », les six complices font swinguer la poésie de Prévert. Animées par un même esprit libertaire, poésie et musique dialoguent en fanfare. Mots et tempo battent des mains, les vers valsent et entrent en transe. Une fête enlevée où liberté rime avec Poésie, Humour et Musique.
« Upward spiral » de Brandford Marsalis quartet et Kurt Elling
Brandford Marsalis & Kurt Elling tissent une spirale ascendante
Le talentueux Brandford Marsalis a invité Kurt Elling à rejoindre son quartet. Il en résulte un album somptueux dont le nom, « Upward Spiral » est évocateur. Avec la musicalité de cette spirale ascendante, on est propulsé au septième ciel.
Le saxophoniste Brandford Marsalis a engagé son quartet dans un projet musical dont le chanteur Kurt Elling est l’invité. Au regard de la qualité des musiciens on pouvait s’attendre à une réussite. En fait il s’agit de bien plus que cela… émotion et surprise de bout en bout de l’album. Les musiciens conversent et improvisent sur des schémas musicaux sans cesse renouvelés. Ils mettent leur virtuosité au service d’une musique sans esbroufe.
De fait, c’est un réel quintet qui a gravé les douze thème de l’album « Upward spiral » (Okeh/Sony Music). Aux côtés du saxophoniste Brandford Marsalis on retrouve Joey Calderazzo au piano, Eric Revis à la contrebasse, Justin Faulkner à la batterie et pour cinquième instrument, la voix de Kurt Elling.
Brandford Marsalis et ses musiciens souhaitaient enregistrer avec un chanteur. Aux yeux de Brandford Marsalis, ce sont les qualités de Kurt Elling qui ont fait de lui le candidat idéal pour ce partenariat. La souplesse et la chaleur de sa voix et surtout son statut de « vrai » jazzman ». Le projet s’est affiné durant les deux années qui ont précédé l’enregistrement réalisé à la Nouvelle Orléans. Un répertoire de douze titres retenus après concertation entre les cinq musiciens. Douze mélodies avec chacune son tempo et son univers propres.
Des standards de jazz. There’s a boat dat’s leavin’ soon for New York » de Gerswhin ouvre le disque. Doxy de Sonny Rollins sur les paroles écrites par Mark Murphy. I’m a fool to want you interprété en duo voix-saxophone. Une version sensible de Blue Gardenia.
Des chansons magnifiées dont les reprises gagnent en épaisseur et en nuances. « From One Island to another » de Chris Whitney. Blue Velvet, le thème de Lee Morris et Bernie Wayne, chanté rubato. Le merveilleux Practical Arrangement de Sting gagne encore en puissance. Conduits avec finesse par la batterie, voix et saxophone enroulent habilement leurs parties sur Só Tinha de ser com você, une bossa nova peu connue de Tom Jobim. Un tempo tout en suspension fait sonner d’étrange manière West Virginia Rose, la composition de Fred Hersch. Kurt Elling habitué au « spoken word », dit avec conviction Momma Said, un texte de Calvin Forbes, sur une musique de Brandford Marsalis.
A n’en pas douter, les deux compositions originales pourraient à elles seules justifier l’enregistrement. Cassandra song, une ballade d’exception. Les huit minutes minute d’écoute paraissent trop courtes, on souhaiterait que la musique ne s’arrête pas. Sur cette composition de Brandford Marsalis mise en paroles par Kurt Elling, le jeu délicat du pianiste et celui de la section rythmique sont mis en valeur autant que la voix du chanteur et celle saxophone soprano. Enfin on est propulsé au septième ciel par la spirale ascendante du dernier titre de l’album que l’on se prend à chantonner bien longtemps après l’écoute du disque. Ce pourrait bien devenir un standard. Voix et saxophone soprano s’élèvent avec lyrisme mais simplicité sur ce The return (Upward spiral) composé par Joe Calderazzo avec des paroles de Kurt Elling.
Cinq musiciens inspirés conversent avec simplicité. « Upward Spiral », un album comme un concentré de pure musicalité à savourer sans modération et à partager.
Clin d’œil à « Prévert Parade », Minvielle & Papanosh
Macha Gharibian présente « Joy Ascension »
Sorti le 24 janvier 2020, « Joy Ascension » propose un voyage dans les paysages variés qu’explore Macha Gharibian. D’envolées lyriques en pulsations hypnotiques, le troisième album de la pianiste et chanteuse creuse son sillon entre jazz, soul-folk et blues, sans vraiment choisir son port d’attache. Un univers sonore contrasté et ouvert qui ne manque ni d’audace ni de subtilité. Une méditation intimiste chargée d’allégresse et de générosité.
Clin d’œil à RP3 & « In Odd We Trust »
En 2020, Rémi Panossian Trio fête ses dix années d’existence et saisit l’occasion pour sortir un cinquième opus. Le titre, « In Odd We Trust », et la pochette annoncent la couleur. Étrange, vous avez dit étrange ?… en fait, pas si étrange que cela de la part de ce trio RP3 inventif et espiègle. Cet album anniversaire aurait tout aussi bien pu s’intituler « Dream & Groove ».
« Ojos de Novia » (Alama Rec. /Harmonia Mundi) propose treize titres aux influences berbères prononcées. Fidèle à la tradition musicale séfarade, Mor Karbasi y apporte son propre métissage marocain, perse et maure.
la langue ladino emportée par les juifs séfarades d’Andalousie au Moyen-âge, lorsqu’ils furent exilés en 1492 par un décret des rois catholiques. Cette langue inventée par les rabbins espagnols traduit mot à mot l’hébreu en castillan. C’est par son grand-père, juif marocain, que Mor Karbassi s’est ouverte à cette riche culture. Passionnée par toute cette histoire elle y découvre ses racines. Sa voix prend son envol et s’épanouit dans tous les registres qu’elle explore.
l’album « Eros » (Tuk Music/Bonsaï),
le trompettiste sarde, Paolo Fresu, et le pianiste cubain, Omar Sosa, proposent treize morceaux dont un titre fantôme gravé à la suite du douzième morceau. Les noms des morceaux évoquent les émotions de l’amour.
Sur « Triple entente », les trois instrumentistes prennent le parti de pratiquer le jeu musical (un jeu de musicien il s’entend …) de la démarcation. Plus explicitement il s’agit, à partir de la trame harmonique d’un standard, de créer un nouveau morceau. C’est de cette manière que Charlie Parker avait détourné le titre How High is the Moon et avait créé Ornithology.
« Brel » (Jazz Village/Harmonia Mundi), un disque enregistré en Belgique (à Gand) par David Linx, chanteur né à Bruxelles et un big-band basé à Bruxelles, le Brussels Jazz Orchestra (BJO). Un hommage qui emprunte les sentiers du jazz pour honorer Jacques Brel. Inspiré par la force des textes, David Linx insuffle la souplesse de son jazz. Le swing coloré du BJO impulse une énergie nouvelle aux grands standards de Brel.
les paris effraient, loin de là. Après avoir tourné pendant deux ans avec « A NOUsGARO » en souvenir de son ami Claude Nougaro, il a conçu de travailler de nouveau avec Frank Vaganée, le directeur artistique du BJO pour « chanter Brel ». Ensemble ils ont choisi onze des grands succès de Brel et les présentent en dix titres aux rythmes et ambiances variées. La voix du chanteur et le tissu musical étincelant du BJO font alliance pour servir textes et rythmes.
dans leur précédent opus, « Visions Fugitives » (Vision Fugitive/Harmonia Mundi).
Les œuvres de Gershwin ont autant été interprétées par des musiciens issus de la sphère classique que par les jazzmen. Dans « Gershwin », le propos musical de Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva émarge dans un univers dont l’esthétique se situe à l’interface du jazz et de la musique classique. Au premier, les musiciens empruntent la liberté, au second ils capturent l’esprit de Ravel. Avec ces deux interprètes, oublié le cliché du glissando de la clarinette introductif de la « Rhapsodie in Blue » qui retrouve les « fondamentaux » de la musique classique.