« Sfumato », Emile Parisien Quintet avec Joachim KĂŒhn

« Sfumato », Emile Parisien Quintet avec Joachim KĂŒhn

L’Ă©lĂ©gance furieuse de « Sfumato »

« Sfumato », le dernier album en quintet du saxophoniste Émile Parisien poursuit une aventure commencée en 2015 à « Jazz in Marciac ». Le pianiste allemand Joachim Kühn apporte son expérience et son talent. Énergie et liberté font bon ménage.

CoverL’album « Sfumato » (ACT/[PIAS]) annoncé pour le 07 octobre résulte d’une aventure musicale initiée en 2015 lors d’une carte blanche proposée au saxophoniste Émile Parisien par le festival « Jazz in Marciac ».

Après avoir joué avec Daniel Humair et Michel Portal, rien d’étonnant à ce qu’Émile Parisien se soit rapproché du légendaire pianiste Joachim Kühn qui, avec les deux premiers cités, a contribué à l’émergence d’un jazz européen. Ainsi le nouveau projet d’Émile Parisien en quintet réunit Joachim Kühn au piano, Manu Codjia à la guitare, Simon Taillieu à la contrebasse et Mario Costa à la batterie. Deux invités prestigieux, le clarinettiste Michel Portal et l’accordéoniste Vincent Peirani, rejoignent le quintet sur trois plages de l’album.

« Sfumato », le jazz libre et créatif d’un quintet intergénérationnel. Les années de différence qui séparent le pianiste de ses jeunes partenaires ne font pas obstacle à leur entente car une même philosophie musicale les unit. Créer une musique instantanée construite en symbiose où improvisation et énergie s’allient pour créer des climats émotionnels variés.

EMILE PARISIENOuvert sur toute les cultures et les genres musicaux Émile Parisien est un artiste multi-récompensé, désigné « Artiste de l’année » par le Prix Django Rheinhardt en 2012, distingué aux » Victoires du Jazz » à deux occasions, (2009 et 2014), nommé « Artiste Spedidam ». Sa large vision musicale lui a permis de se produire en en quartet, en duo, avec Yaron Herman, Vincent Peirani, Michel Portal et Daniel Humair. Il a aussi prêté ses services à Stéphane Kerecki, Anne Paceo et bien d’autres. Émile Parisien est un des représentants de la jeune scène européenne actuelle du jazz contemporain comme jadis le fut Joachim Kühn.

© RinderspacherC’est en effet au sein du trio Kühn/Jenny-Clark/Humair que le pianiste a contribué à dessiner un jazz européen créatif. Dans cette même dynamique de jazz libre, Joachim Kühn a aussi joué avec Ornette Coleman, Archie Shepp ou Pharoah Sanders. C’est donc son talent et sa riche expérience que le pianiste apporte au quartet d’Émile Parisien. Ainsi, Joachim Kühn, par son jeu qui allie classicisme et modernisme vient tempérer la virtuosité étincelante d’Émile Parisien. Dans Duet for Daniel Humair les deux solistes rivalisent de liberté et construisent un discours moderne et nuancé proche de la musique contemporaine. 

Émile Parisien vit le jazz tant avec son esprit qu’avec son corps. S’il s’agite sur scène et peut dérouter certains spectateurs par ses mouvements anarchiques, le saxophoniste produit une musique au swing indubitable. Le voir s’agiter et grimacer sur scène fait souvent oublier que sa musique coule avec une fluidité toute naturelle. Cela devient une évidence à l’écoute de « Sfumato ». En effet a contrario de ses postures corporelles ou de ses mimiques faciales, le flow du saxophoniste respire. Même sur les tempi rapides une musique précise coule du saxophone soprano en fusion.

Parisien_Kuehn13Les musiciens s’amusent et content des histoires. Le Clown Tueur de la fête foraine narré en trois parties et les deux épisodes de Balladibiza. Les invités, Michel Portal et Vincent Peirani, ne sont pas en reste sur les trois titres où ils interviennent. Ils participent à la tonalité alternativement sombre et lumineuse de l’album.

Tous les instrumentistes du groupe jouent à part égale. La virtuosité éblouissante d’Émile Parisien. Le jeu lyrique de Joachim Kühn. La guitare réverbérée et écorchée de Manu Codjia. Le groove tellurique de Mario Costa et Simon Tailleu qui soutiennent  avec brio l’expression des solistes. On a particulièrement été sensible aux deux compositions de Joachim Kühn qui mettent en valeur l’alchimie du groupe. Arôme de l’Air tonique et enlevé et Brainmachine plus sombre et torturé.

Des plages de l’album se dégage un flou artistique. Difficile en fait de définir le climat global du disque qui navigue dans des atmosphères aux couleurs changeantes. N’est-ce pas ce qu’annonce le titre de l’album en faisant référence à une technique de peinture, le sfumato qu’employaient les artistes de la Renaissance pour flouter la réalité ?

Comme si la virtuosité des musiciens dissimulait la réalité de la musique pour mieux la révéler. « Sfumato », un album où les artistes suggèrent la musique et la mettent en perspective. Un jazz d’une liberté tout à fait contrôlée et d’une grande vitalité où alternent écriture et séquences d’improvisation.

 

Aimée Allen en tournée en France et Suisse

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Le pianiste McCoy Tyner est mort

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Kandace Springs intÚgre le légendaire label Blue Note

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« Soul Eyes », l’album Blue Note de Kandace Springs

Le Label Blue Note accueille Kandace Springs, une nouvelle chanteuse-pianiste. AnnoncĂ© pour le 30 septembre, son premier album porte le nom du standard de Mal Waldron, « Soul Eyes ». C’est plutĂŽt un bon prĂ©sage et on se rĂ©jouit de dĂ©couvrir cette nouvelle voix.

couverture de l'album Soul Eyes de Kandace SpringsLa venue d’une nouvelle artiste attire d’autant plus l’attention qu’elle revendique l’influence de grandes chanteuse de jazz. En effet, Kandace Springs, pianiste, chanteuse et songwriter de 27 ans installĂ©e Ă  Nashville revendique clairement l’influence d’artistes de jazz telles que Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Nina Simone, Roberta Flack et Norah Jones.

En 2014, la chanteuse Ă©tait plutĂŽt orientĂ©e R&B/hiphop, idiome dans lequel elle obtenait alors un franc succĂšs. MalgrĂ© cela Kandace Springs se remet en question et souhaite trouver une autre direction musicale. C’est dans cet intervalle qu’elle attire l’attention de Prince qui  l’invite Ă  se produire avec lui lors d’un concert donnĂ© pour le 30Ăšme anniversaire de « Purple Rain ». L’honneur est grand et Prince l’encourage Ă  persĂ©vĂ©rer et Ă  trouver son propre son.

« Soul Eyes » un album qui chante l’amour. Un dĂ©licat voile nimbe le chant de Kandace Springs d’une aura magique qui devrait toucher le cƓur d’un large public. Son chant teintĂ© de nostalgie se promĂšne entre une soul trĂšs cool et un chant jazzy nocturne.

Pour enregistrer l’album « Soul Eyes » la chanteuse retrouve les producteurs, Carl Sturken et Evan Rogers avec lesquels elle a dĂ©jĂ  travaillĂ© mais elle se rapproche du cĂ©lĂšbre producteur Larry Klein dont on sait qu’il a Ă©tĂ© en proximitĂ© de Melody Gardot, Lizz Wright et Joni Mitchell.

Kandace Springs

Kandace Springs©Mathieu Bitton

Sur l’album « Soul Eyes », Kandace Springs assure le chant et les parties de piano. Elle est accompagnĂ©e des guitaristes Dean Parks et Jesse Harris, de l’organiste Pete Kuzma, du bassiste Dan Lutz, du batteur Vinnie Colaiuta et du percussionniste Pete Lorpela. Terence Blanchard la rejoint sur deux morceaux dont le titre Ă©ponyme et Too Long to Last Ă  l’ambiance torride oĂč le trompettiste dĂ©livre un solo dĂ©chirant.

Le pĂšre de Kandace Springs Ă©tait chanteur Ă  Nashville et ainsi la musique a trĂšs tĂŽt fait partie de l’environnement de la jeune-femme. Elle apprend le piano Ă 10 ans mais la passion de la chanteuse pour la musique remonte vraiment Ă  l’Ă©coute du premier album de Norah Jones, « Come Away With Me » que lui offre un ami de son pĂšre en 2002. Elle tombe sous le charme du titre The Nearness of You qui devient en quelque sorte un repĂšre marquant pour sa personnalitĂ© musicale. C’est d’ailleurs ce titre qu’elle chante lors de concerts Ă  Nashville. Ceux qui ont dĂ©couvert Rihanna, les producteurs Carl Sturken et Evan Rogers la repĂšrent alors et lui proposent de signer avec leur maison de production mais Ă  17 ans Kandace Springs temporise et continue Ă  chanter Ă  Nashville.

Kandace Springs

Kandace Springs©Mathieu Bitton

Quelques annĂ©es plus tard, aprĂšs avoir hĂ©sitĂ© Ă  entrer dans une Ă©cole de design automobile, la jeune-femme recontacte les producteurs. Elle rejoint New-York et travaille d’arrache-pied jusqu’Ă  obtenir une audition avec le prĂ©sident de Blue Note, Don Was qui tombe sous le charme de son interprĂ©tation de I Can’t Make you love me de Bonnie Rait. Aujourd’hui Kandace Springs appartient Ă  l’Ă©curie « Blue Note » et met un pied dans le monde du jazz.

Sur le CD « Soul Eyes » la chanteuse Kandace Springs interprĂšte le standard de Mal Waldron qui donne son nom Ă  l’album. Elle a aussi choisi deux titres Ă©crits par le guitariste Jesse Harris, Talk to Me et Neither Old Nor Young. Elle reprend par ailleurs deux chansons de Shelby Lynne, Thought it Would Be Easier et Leavin’. La chanteuse intĂšgre quelques influences funk en incluant The World is a Ghetto dont elle donne une interprĂ©tation souple et chaleureuse. Elle a co-Ă©crit avec Carl Sturken et Evan Rogers la ballade Fall Guy et Novocaine Heart. On prĂ©fĂšre le tempo plus tonique du second titre Ă  l’ambiance quasiment sirupeuse du premier.

C’est Rain Falling qui termine l’album. Kandace Springs interprĂšte seule piano-voix, ce titre de sa composition. Cette ballade nostalgique et soignĂ©e se dĂ©tache de la couleur globale de l’album et laisse augurer une possible incursion de la chanteuse dans un monde musical oĂč le blues et le jazz seraient invitĂ©s plus largement comme sur le clip oĂč elle interprĂšte « Soul Eyes » seule au chant et au piano

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Le retour de « Shabaka & The Ancestors »

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« Les Nébuleuses », nouvel album de Christophe Dal Sasso

« Les Nébuleuses », nouvel album de Christophe Dal Sasso

 « Les Nébuleuses », un album qui ne manque pas de souffle

AprĂšs sa relecture en grand orchestre de l’Ɠuvre de John Coltrane, « A Love Supreme », Christophe Dal Sasso inaugure un nouveau cycle de compositions. L’album « Les NĂ©buleuses » est inspirĂ© du phĂ©nomĂšne astronomique du mĂȘme nom. De la thĂ©orie du big band Ă  la thĂ©orie du big bang !

300_nebuleuses_couvL’album « Les NĂ©buleuses » (jazz&people/Harmonia Mundi) est sorti le 23 septembre sous le label de jazz participatif français jazz&people. Il s’agit du nouveau projet du flutiste, compositeur et arrangeur Christophe Dal Sasso inspirĂ© cette fois par le phĂ©nomĂšne astronomique des nĂ©buleuses. C’est le mĂȘme label participatif qui avait soutenu le prĂ©cĂ©dent projet de Christophe Dal Sasso  et Lionel Belmondo « John Coltrane : A Love Supreme » paru en 2014. Dave Liebman avait alors apportĂ© sa participation lors de concerts inoubliables.

Aussi diverses que les nĂ©buleuses de l’espace, les compositions de Christophe Dal Sasso proposent des univers diffĂ©rents. L’Ă©coute de l’album « Les NĂ©buleuses » prĂ©cipite l’auditeur dans une musique singuliĂšre. Entre forme Ă©crite et impro­visation, prin­cipes sĂ©riels et jazz post-coltranien, le projet musical est ambitieux et exigeant.

Sept piĂšces directement inspirĂ©es des nĂ©buleuses dont elles portent le nom et des images restituĂ©es par le tĂ©lescope spatial Hubble, livrant le spectacle fascinant de ces entitĂ©s extrĂȘmement lointaines et incertaines aux gĂ©omĂ©tries Ă©tonnamment rĂ©guliĂšres ou bien totalement entropiques, parfois vivement colorĂ©es par les gaz ionisĂ©s dont elles sont faites.christophe-dal-sasso

Pour restituer ces univers, Christophe Dal Sasso associe un trio Ă  cordes et un quintet de jazz. Cette formation est Ă  l’image de ces nĂ©buleuses cĂ©lestes qui restent imprĂ©visibles dans leurs Ă©volutions. Elles sont constamment menacĂ©es de s’effondrer sur elles-mĂȘmes et de disparaĂźtre. Le compositeur parvient Ă  projeter Ă  travers sa musique ces Ă©tats variables et instables qui prennent corps Ă  travers des textures sonores mouvantes.

ConstituĂ© de Youri BessiĂšres (violon), Martin Rodriguez (violon alto) et Jean-Philippe Feiss (violoncelle), le trio Ă  cordes Ă©labore une trame structurĂ©e. Sur ce tissu souple et stable vont pouvoir se nouer les interactions dynamiques du quintet de jazzmen qui rĂ©unit Christophe Dal Sasso (flĂ»te), Pierre de Bethmann (piano, Fender Rhodes), David El-Malek (saxophones tĂ©nor et soprano), Manuel MarchĂšs (contrebasse) et Lukmil Perez Herrera (batterie). L’Ă©criture du composietur varie d’un titre Ă  l’autre et restitue le caractĂšre instable des nĂ©buleuses aidĂ© en cela par la force des improvisations des instrumentistes. Chaque composition constitue une Ɠuvre en soi.

Dans l’espace musical créé par le quintet jazz et le trio Ă  cordes oscillent les vibrations des pulsars et flotte la matiĂšre gazeuse interstellaire. Au grĂ© des piĂšces, les trajectoires instrumentales s’entrecroisent ou se tĂ©lescopent. Sur l’orbite rĂ©guliĂšre des cordes, les mĂ©lodies ascendantes du saxophoniste se chargent de l’Ă©nergie que dĂ©gage le pianiste. La batterie vĂ©hĂ©mente sculpte des paysages Ă©clatĂ©s oĂč la contrebasse libĂšre son chant chromatique.

Avec « NĂ©buleuses », on se promĂšne musicalement de La NĂ©buleuse d’Orion qui ouvre le disque Ă  La nĂ©buleuse de l’HĂ©lice qui le termine. Chaque titre gĂ©nĂšre sa propre ambiance, son univers unique. Ainsi La NĂ©buleuse du Crabe rĂ©sonne d’Ă©trangetĂ© alors que La NĂ©buleuse de l’ƒil du Chat tournoie sur elle-mĂȘme. NGC 2440 sĂ©crĂšte comme une aura vaporeuse censĂ©e Ă©voquer la naine blanche situĂ©e au cƓur de la nĂ©buleuse du mĂȘme nom.

Les trois parties de la piĂšce intitulĂ©e Les piliers de la crĂ©ation Ă©voquent les trois colossales colonnes de poussiĂšres interstellaires qui ont contribuĂ© Ă  inspirer le nom de la nĂ©buleuse. Christophe Dal Sasso utilise le systĂšme de composition par miroirs et transposition de Pierre Boulez. Chaque piĂšce possĂšde un aspect rythmique spĂ©cifique. Écoute bouleversante. On s’Ă©lĂšve dans un monde musical dĂ©paysant.

On a aussi dĂ©collĂ© aux vibrations du titre V838 situĂ© au centre du rĂ©pertoire de l’album et dĂ©diĂ© au quintet de jazz. Au Fender Rhodes, Pierre de Bethmann insuffle une Ă©nergie spatiale. PropulsĂ© par le batteur, David El-Malek dĂ©colle littĂ©ralement. On est aspirĂ© dans un monde qui n’est pas sans rappeler le jazz Ă©lectrique des annĂ©es 70.

Christophe Dal Sasso n’est pas le premier Ă  avoir Ă©tĂ© inspirĂ© par l’univers interstellaire. En effet « Les NĂ©buleuses » ont une gĂ©nĂ©alogie. Avant lui, la pianiste Mary Lou Williams a dĂ©veloppĂ© une sĂ©rie de compositions inspirĂ©es par les constellations du Zodiaque. On se rappelle aussi les explorations interstellaires de John Coltrane en quĂȘte d’un son cosmique. On se souvient enfin du « Jazz in the Space Age » de George Russell qui prophĂ©tisait en 1960 la gĂ©nĂ©ralisation de concepts chromatiques que l’on trouve Ă  l’Ɠuvre dans ce disque « Les NĂ©buleuses ».

AprĂšs avoir rĂȘvĂ© sur les insondables mystĂšres de l’univers, Christophe Dal Sasso traduit sa rĂȘverie par le biais d’une Ɠuvre qui explore diffĂ©rentes formes musicales et bouleverse les repĂšres habituels. « Les NĂ©buleuses » un album incontournable qui interpelle et impose sa singularitĂ©.

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Le retour de « Shabaka & The Ancestors »

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AndrĂ© Minvielle prĂ©sente l’album « 1time »

AndrĂ© Minvielle prĂ©sente l’album « 1time »

André Minvielle dévoile son monde intime et magique

L’album « 1time » du voc’alchimiste AndrĂ© Minvielle est sorti le 23 septembre. Le chanteur joue avec les rythmes et les mots. Sa voix chaleureuse invite Ă  un voyage oĂč syncope et syntaxe explosent de rire Ă  chaque virage.

couv_minvielle1timelow« 1time ». Comment Ă©noncer et comprendre  le titre de l’album ?  « Intime » ou « One time » ? Libre Ă  chacun. En tout cas on  ne peut l’Ă©couter one time seulement car cet opus est comme un piĂšge. On vient vite Ă  l’Ă©couter plus encore pour en dĂ©couvrir tous les sens, pour en explorer tous les rythmes et pĂ©nĂ©trer dans le monde d’AndrĂ© Minvielle.

Difficile donc de chroniquer un album aussi riche que « 1time » (Complexe articole de dĂ©territorialisation/L’Autre Distribution). En effet, on ne sait comment l’apprĂ©hender pour le prĂ©senter sans le trahir. En fait, « 1time » se suffit Ă  lui-mĂȘme et du coup, on serait tentĂ© d’Ă©crire tout simplement : « 1time », un disque Ă  Ă©couter et Ă  réécouter sans modĂ©ration pour apprĂ©hender l’intimitĂ© musicale de cet artiste unique qu’est AndrĂ© Minvielle. 57 minutes de dĂ©territorialisation musicale française. Pourtant on ne peut s’y rĂ©soudre car ce serait faire fort peu de crĂ©dit Ă  cet objet prĂ©cieux que signe AndrĂ© Minvielle.

En livrant son « intime », Minvielle invite Ă  pĂ©nĂ©trer dans son monde. Dans son univers de chanteur-musicien-poĂšte qui tĂ©lescope rythmes et syllabes. Dans son territoire de chercheur collectionneur d’accents. Dans les sphĂšres du rugby, des champignons, des crapauds et de la terre vivante. Dans les mondes de ses amis et de ceux qui l’inspirent, Sylvie Servoise et son « Art de l’intime », Claude Laurius et son livre « L’AnthropocĂšne », le bassiste et sculpteur Fernand « Nino » Ferrer, les poĂštes Jacques PrĂ©vert et AndrĂ© BĂ©nĂ©detto, George Baux avec qui il a rĂ©alisĂ© l’album, Patrick Auzier, l’artificier de la Cie Lubat et sa fille qui reprend le flambeau sans oublier Charles Baudelaire et son poĂšme en prose « Enivrez-vous ».

Sur « 1time », la pulsation des rythmes croise la scansion des mots. La musique vibre au rythme de la poĂ©sie Ă  moins que ce ne soit l’inverse. Comme l’Ă©crit AndrĂ© Minvielle dans le livret de prĂ©sentation de l’album, cet opus est un hommage qu’il rend Ă  Saint Cop et Ă  sa compagne Sainte Axe et, il faut le dire, c’est une rĂ©ussite. Le voc’alchimiste, Ă  moins que ce ne soit le vocal-chimiste, trousse les rimes et dĂ©trousse les notes comme nul autre.

andre-minvielleDans le morceau Présentation, André Minvielle teste la nouvelle compagne de son intime, la main-vielle à roue fabriquée sur mesure par Jacques Grandchamp pour accompagner son chant. Dans cet album, il choisit de convier une bande de musiciens complices.

Dans Intime One time, le titre d’ouverture, le premier invitĂ© est le crĂ©ateur du festival « Uzeste Musical », Bernard Lubat avec qui il a longtemps collaborĂ©. Avec Lubat au piano Fender, le rythme balance « de l’extime au next time ». Dans Le facteur d’accent on retrouve avec bonheur Abdel Sefsaf, l’ancien chanteur stĂ©phanois du groupe DĂ©zoriental. Son scat furieux constitue un moment phare de l’album. Il revient sur A Fungi ! oĂč il prend une improvisation fongique Ă©chevelĂ©e.

Le groupe « Journal Intime » est lui aussi conviĂ©. Fred Gastard au saxophone baryton, Sylvain Bardiau Ă  la trompette et Matthias Mahler mĂȘlent leurs timbres chaleureux aux voix de Juliette et AndrĂ© Minvielle sur la valse Le Verbier qui vante les mĂ©rites des vers « de belle vertu » qui fertilisent la terre. A vrai dire l’anthropophone Minvielle affirme de nouveau son intĂ©rĂȘt pour la terre dans Keskifon, un rap-soul-bluesy inspirĂ© par le travail de Claude Laurius qui a fondĂ© les bases de la climatologie. Non seulement le titre groove mais en plus il est plus pĂ©dagogique qu’un livre pour expliquer « l’effet de serre ».

stcop_couv_minvielle1timelowSur Nino, AndrĂ© Minvielle convoque « Journal Intime » et « Ti’bal Tribal » composĂ© de sa fille cadette Juliette Minvielle voix/piano, du saxophoniste Illyes Ferfera et du bassiste Fernand « Nino Ferrer pour un rythm’ & blues funky comme une ode Ă  St Cop. La pulsation du morceau n’a rien Ă  envier aux meilleurs orchestres de funk.

Le guitariste Sylvin Marc invitĂ© par « Ti’bal Tribal » fait chalouper SacrĂ© Éole et Madada. Ce dernier titre fait un clin d’oeil Ă  la plasticienne Marina Jolivet dont le pingouin coquin figure au pied de la statuette de St Cop qu’elle a colorisĂ©e en bleu et jaune.

Étranges Ă©trangers, le poĂšme de Jacques PrĂ©vert (toujours d’actualitĂ©) mis en musique par Minvielle, Les crapauds Ă  l’ambiance hallucinante et drolatique… tous les titres de l’album valent le dĂ©tour. Il reste juste Ă  laisser tourner le disque en boucle sur la platine ou sur tout autre support et Ă  Ă©couter jusqu’Ă  plus soif ! ET surtout ne pas oublier de faire un tour sur le site d’AndrĂ© Minvielle.

Il est aussi vrai qu’une autre option permet de dĂ©couvrir le nouveau rĂ©pertoire d’AndrĂ© Minvielle, l’Ă©couter en live. Dans ce cas, un tour du cĂŽtĂ© du Studio de l’Ermitage à Paris s’impose le 11 Octobre Ă  21h pour la sortie de l’album « 1time » avec Juliette et AndrĂ© Minvielle, Fernand Ferrer et Journal intime (Fred Gastard, Sylvain Bardiau, Matthias Malher).

Aimée Allen en tournée en France et Suisse

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« Free », le nouvel album de Guillaume Perret

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Guillaume Perret, « Free »… en solo et sans filet

Guillaume Perret bouscule de nouveau le paysage du jazz. Il choisit cette fois de naviguer libre et seul. Avec « Free », il dĂ©place les balises et se libĂšre des contraintes. Il lĂšve le voile sur l’essence de sa musique.

guillaumeperretfree_couvAprĂšs avoir explosĂ© les conventions du jazz avec « The Electric Epic » qui lui avait valu d’ĂȘtre remarquĂ© par John Zorn et d’enregistrer en 2009 sous le label Tzadic, Guillaume Perret a contribuĂ© Ă  rĂ©volutionner les repĂšres du jazz. Son ouverture d’esprit l’a conduit alors Ă  explorer d’autres horizons musicaux et Ă  pratiquer une musique hors normes, la fusion de tous les styles qui l’ont influencĂ©. De cela tĂ©moigne l’album « Open me » sorti en 2014.

On l’a aimĂ© avec « The Electric Epic ». Aujourd’hui il explore diffĂ©remment l’univers sonore et on le dĂ©couvre « solo » dans « Free » (Kakoum Records/Harmonia Mundi) dont la sortie est annoncĂ©e le 23 septembre. L’ouverture d’esprit de Guillaume Perret et son désir de découverte le poussent en effet à explorer un nouveau son. En utilisant des pédales et des effets, il propulse son saxophone Ă©lectrifiĂ© dans un univers surprenant et inclassable qui dĂ©payse et invite à la rĂȘverie. Performant en solo avec son saxophone et ses machines filtrant le son, Guillaume Perret nous restitue l’ampleur d’un orchestre entier Ă  lui tout seul.

En fait, par l’Ă©lectrification de son instrument et les dispositifs d’effets associĂ©s, le musicien peut produire les sons de tous les instruments de l’orchestre. Ainsi le saxophone gĂ©nĂšre sonoritĂ©s et rythmes d’une percussion, d’une grosse caisse ou d’une caisse claire, d’une basse, d’une guitare ou d’un synthĂ©. Guillaume Perret a enregistrĂ©, Ă©ditĂ© et mixĂ© l’album « Free » en 9 jours. Pas de programmation, tout est jouĂ© en temps rĂ©el. Une prise par morceau mais aucune post production. Avec son seul saxophone traitĂ©, l’artiste recrĂ©e des sections d’orchestre ou des prod Ă©lectro, un drive de batterie ou la suspension d’une basse.

Choisir le terme « free » en guise de titre d’album procĂšde d’une dĂ©marche qui peut paraĂźtre provocatrice Ă  certains. En effet d’aucuns verront dans l’utilisation de ce mot une rĂ©fĂ©rence au courant musical du free jazz dont la musique de Perret est loin d’ĂȘtre le reflet. En fait on comprend que l’artiste a besoin de se libĂ©rer des contraintes de l’orchestre, de s’autoriser Ă  naviguer en toute libertĂ© au grĂ© de ses inspirations, de ses envies et de donner ainsi Ă  entendre la bande-son de son imaginaire. C’est d’ailleurs ce que Guillaume Perret prĂ©tend. « Conçu comme une musique de film, « Free » se veut un parcours libre au travers de diffĂ©rents paysages, diffĂ©rentes Ă©motions ».

Les nouvelles inspirations de Guillaume Perret sont plus calmes que dans ses prĂ©cĂ©dents albums avec son groupe « Electric Epic ». Elles n’en restent pas moins Ă©nergiques et rythmĂ©es. Pour dĂ©couvrir le nouvel univers de l’artiste on a laissĂ© se dĂ©rouler l’album en boucle et on s’en est imprĂ©gnĂ©.

A l’Ă©coute de « Free », on capte les pulsations de la musique, on se laisse gagner par les sensations, on vibre au grĂ© des Ă©nergies et des rythmes qui Ă©voluent au fil des plages de l’album. Il en rĂ©sulte des Ă©motions lumineuses et d’autres plus sombres. On voyage comme en immersion dans le monde de Guillaume Perret. Une Ă©popĂ©e qui libĂšre vraiment l’oreille.

guillaume-perret-free-cover-digipack-3e-vol-ext-photoGuillaume Perret pare deux titres de lumiĂšre et les dĂ©die Ă  son fils. Susu, une boucle hypnotique qui n’en finit pas de tourner et En Good aux allures d’un calypso enchanteur que n’aurait pas reniĂ© Sonny Rollins.

On aime son clin d’oeil Ă  I Got Rythm et on sourit Ă  l’Ă©coute des rĂ©miniscences d’un bon vieux jazz qui swing sur She’s got Rythm Ă  l’ambiance jungle. Avec surprise on dĂ©couvre Heavy Dance, une galette Ă©lectro qui aurait mĂ©morisĂ© la musique de Bach.

Au fil des titres, les ambiances varient et c’est en apnĂ©e qu’on Ă©coute Cosmonaut Ă  l’atmosphĂšre sidĂ©rale. La pulsion aquatique exacerbĂ©e de Birth of Aphrodite renvoie au tableau de Boticelli oĂč la dĂ©esse nait de l’ocĂ©an. La spirale angoissante d’Inner Jail rĂ©sonne comme en Ă©cho Ă  Inside Song, chant sombre jailli des profondeurs insondables. Sur la vidĂ©o, Benjamin Flao (illustration) et Serge Sang (montage) ajoutent leurs talents Ă  celui du musicien.

On craque surtout sur Pilgrim, une mĂ©lopĂ©e erratique, celle du pĂšlerin errant Ă  la recherche de sa terre promise. Au-delĂ  de la musique dont elle restitue l’essence, la vidĂ©o donne Ă  voir la performance scĂ©nique de Guillaume Perret, entre saxophone Ă©lectrifiĂ©, pĂ©dales et dispositifs d’effets. VĂ©ritable trip pour les yeux et les oreilles.

« Free ». Une musique hybride et troublante qui évoque un imaginaire fantastique et provoque de très fortes sensations. Un album envoutant qui libĂšre et transporte.

Le site de Guillaume Perret constitue un passage incontournable pour en savoir plus sur l’artiste, sa musique et ses concerts Ă  venir. A ne pas rater, la date du 17 novembre au CafĂ© de la Danse, Ă  Paris. En attendant, on Ă©coute l’album sans modĂ©ration !

Aimée Allen en tournée en France et Suisse

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La tournĂ©e en France et en Suisse de la chanteuse et auteure-compositrice AimĂ©e Allen constitue une belle occasion pour dĂ©couvrir cette artiste amĂ©ricaine. Son album « Wings Uncaged » annoncĂ© en France pour le 20 mars 2020 permet d’apprĂ©cier sa voix chaleureuse et chargĂ©e de groove.

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Le retour de « Shabaka & The Ancestors »

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« Shabaka & The Ancestors » annoncent la sortie de « We Are Sent Here By History ». EnregistrĂ© sur 2 ans, entre Cape Town et Johannesburg, ce deuxiĂšme album du groupe rĂ©unit le saxophoniste londonien Shabaka Hutchings et ses musiciens de jazz sud-africains. L’opus rĂ©sonne comme une rĂ©flexion musicale sur la condition humaine en pleine agonie. Un poĂšme sonore comme une mĂ©ditation plutĂŽt sombre sur l’avenir de l’homme. Une mise en garde… sauve qui peut & espĂšre qui veut !

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Le pianiste McCoy Tyner est mort

Le pianiste McCoy Tyner est dĂ©cĂ©dĂ© le 06 mars 2020 Ă  l’ñge de 81 ans. Avec lui s’éteint le dernier membre du quartet de Coltrane dans lequel il a jouĂ© de 1960 Ă  1965. Son hĂ©ritage a rĂ©volutionnĂ© l’art du piano jazz moderne. AprĂšs une riche carriĂšre de leader, il laisse le souvenir d’un musicien lumineux et discret dont le jeu unique et reconnaissable demeure une rĂ©fĂ©rence essentielle du jazz moderne.

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Juan Carmona présente « Perla de Oriente »

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« Perla de Oriente », un flamenco aux accents orientaux

Le 23 septembre, Juan Carmona sort « Perla de Oriente » enregistrĂ© en studio dans les conditions du live Ă  l’occasion d’une tournĂ©e en Asie. AccompagnĂ© de son septet le guitariste parvient Ă  faire revivre l’émotion et la magie de ses concerts. Un flamenco entre modernitĂ© et tradition.

300_perla-de-oriente_couv_juan-carmonaLes pieds dans la terre de ses ancĂȘtres et la tĂȘte dans la modernitĂ©, Juan Carmona voue son art au flamenco. Son nouvel album « Perla de Oriente » (Nomades Kultur/L’autre Distribution) est Ă  son image, insaisissable et intemporel. Le guitariste inscrit sa musique dans les pas de Paco de Lucia Ă  qui il rend d’ailleurs hommage avec cet album.

Sans fioritures, loin des orchestrations et des albums sophistiquĂ©s, l’artiste revisite son rĂ©pertoire qu’il rĂ©interprĂšte et rĂ©invente. AprĂšs avoir parcouru la CorĂ©e du Sud, TaĂŻwan et la Chine, Juan Carmona fait de son carnet de route le fil rouge de l’album « Perla de oriente ». En effet, chaque titre Ă©voque le voyage et rappelle un souvenir de la tournĂ©e.

Mar de China, une alegria comme un reflet distant de la mer de Cadiz. La fine et dĂ©licate Casa de tĂ© inspirĂ©e de la cĂ©rĂ©monie du thĂ©. Perla de Oriente en souvenir de Shangai, un titre inĂ©dit comme une perle rare posĂ©e au carrefour entre Asie et Orient. Buleria prohibida qui rĂ©-interprĂšte la buleria traditionnelle. On frĂ©mit aux accents de la voix  Ă©corchĂ©e d’El Piculabe sur Luz de Manama. Le son nostalgique du duduk, cet instrument armĂ©nien en bois d’abricotier, teinte d’Ă©motions sensibles Perla de oriente qui termine l’album et donne envie d’Ă©couter de nouveau l’ensemble du rĂ©pertoire.

Virtuose confirmĂ©, Juan Carmona inscrit sa musique au croisement de la modernitĂ© et des traditions les plus vivantes d’Andalousie. « Perla de Oriente », son dernier album rĂ©sonne d’accents orientaux. Fluide et mĂ©lodique, harmoniquement riche, puissant et rythmĂ©, le flamenco du guitariste continue Ă  renouveler le style.

350_juan_carmona_photo_molinavisuals-2Ce onziĂšme opus teintĂ© de reflets orientaux restitue le langage tout Ă  fait personnel de Juan Carmona, celui qu’on avait aimĂ© dans « Alchemya » et « Sinfonia Flamenca ». Dans ces enregistrements rĂ©alisĂ©s en studio dans les conditions du live, on perçoit la vĂ©racitĂ© de la crĂ©ation spontanĂ©e, les accents de sincĂ©ritĂ© de l’instantanĂ©, la complicitĂ© et la connivence qui lient les musiciens. Autour de Juan Carmona sont rĂ©unis Domingo Patricio aux flĂ»te, pad et claviers, Bandolero aux percussions, El Bachi Ă  la basse, Paco Carmona Ă  la seconde guitare flamenca. El Piculabe assure le cante traditionnel flamenco et  les pieds du danseur Sergio Aranda s’associent aux palmas assurĂ©s par Huanares alors que Noemie Humanes qui assure les chƓurs. Le guitariste a invitĂ© de nouveaux venus dans son Ă©quipe. Thomas Bramerie Ă  la contrebasse, Alex Ouemba Ă  la batterie et  Levon Minassian au duduk dont la prĂ©sence constitue un atout indĂ©niable.

Pour en savoir encore plus sur Juan Carmona, la consultation de son site s’impose.

Quand l’actualitĂ© des concerts rime avec celle des sorties discographiques le plaisir n’en est qu’augmentĂ©. Ainsi on peut Ă©couter Juan Carmona et son septet  le 25 octobre au New Morning pour le concert de sortie de l’album « Perla de Oriente ».

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