Le pianiste McCoy Tyner est décédé le 06 mars 2020 à l’âge de 81 ans. Avec lui s’éteint le dernier membre du quartet de Coltrane dans lequel il a joué de 1960 à 1965. Son héritage a révolutionné l’art du piano jazz moderne. Après une riche carrière de leader, il laisse le souvenir d’un musicien lumineux et discret dont le jeu unique et reconnaissable demeure une référence essentielle du jazz moderne.
« Les Racines du Ciel », nouvel album de Frédéric Viale
Le groove sensible et rêveur de Frédéric Viale
Annoncé pour le 08 novembre, le quatrième album de l’accordéoniste Frédéric Viale tombe à pic pour illuminer l’automne. « Les Racines du Ciel », onze plages teintées d’une énergie solaire où mélancolie et poésie font bon ménage. Un vagabondage méditatif au groove rayonnant.
« Les Racines du Ciel » (Diapason/Absilone/Socadisc) s’inscrit dans la droite ligne de « La Belle Chose »
paru en 2013. Aux côtés de Frédéric Viale demeure l’équipe chaleureuse et complice des trois Brésiliens déjà présents sur l’album précédent. Les interventions innovantes du guitariste Nelson Veras apportent une touche précieuse à la palette du quartet. Le bassiste Natallino Neto assure un soutien rythmique et harmonique sans faille. La souplesse sans pareille de Zaza Desiderio confirme décidément la place qu’occupe le batteur dans l’hexagone. Une telle section rythmique basse-batterie permet aux deux solistes de s’élancer sans risque dans des improvisations vertigineuses.
« Les racines du Ciel ». Un son original et une poésie à fleur de peau. Les rythmes colorés tressent les rubans de la nostalgie. La vie pleure ou rit mais l’énergie triomphe même si le silence respire et prend part à la fête.
Le son limpide et clair de l’accordéon de Frédéric Viale doit tout à Thierry Paillet et à l’équipe Pigini. En effet c’est sur un instrument crée spécialement pour lui, le « New Cassoto FV », que l’accordéoniste s’exprime sur toutes les plages de l’album. Bien sûr, le phrasé précis de l’artiste et sa sensibilité lui appartiennent en propre. Sans doute d’ailleurs puise-t-il la chaleur de son discours aux racines d’un ciel qu’irrigue le soleil provençal ?
En fait le titre de l’album « les Racines du Ciel », celui de la composition éponyme et l’illustration de la pochette se réfèrent au tableau de Véronique Denoyel, une amie peintre de Frédéric Viale. L’accordéoniste dit puiser sa sensibilité et son inspiration dans cette image et les couleurs de la nature. C’est d’ailleurs elle qui a inspiré Le Printemps et Ballade Automnale, deux ballades nostalgiques qui évoquent les couleurs de ces saisons changeantes. On aime le duo poétique accordéon/guitare de cette Ballade Automnale dédiée au contrebassiste Eric Fassio. Sur Le Printemps, on valse dans les langueurs que dessine l’accordina de Frédéric Viale.
« Les Racines du Ciel » célèbre un jazz qui joue à cache-cache avec des influences rythmiques abreuvées de mélodies épurées. Dans Canto, Frédéric Viale fait un clin d’œil aux polyrythmies brésiliennes et offre ce titre à un grand amoureux des musiques du Brésil, Daniel Goyone, un pianiste qui l’a beaucoup inspiré. Sur L’être timbré, la guitare déjoue les codes du tango que rappelle l’accordéon à demi-mot. Sans brusquerie Frédéric Viale et ses compagnons suggèrent plus qu’ils n’affirment.
On rêve de séjourner à Ormea, ce petit village piémontais que dessine la mélodie jouée par Frédéric Viale en souvenir de de son beau-père. Les broderies festonnées de Nelson Veras apportent douceur et tendresse.
Les valses jalonnent l’album qui ouvre avec Le Roi Louiss, hommage joyeux rendu au grand organiste Eddy Louiss. Valse Nuisette s’amuse avec le tempo assuré fermement par le bassiste et l’accordéoniste alors que les syncopes du guitariste et batteur tentent de déjouer le rythme établi. Quant au grand standard musette de Joseph Colombo et Tony Murena, Indifférence, il subit les assauts des balais du batteur avant de démarrer sur une rythmique afro à trois temps où la basse s’en donne à cœur joie. Il n’empêche que ce titre ainsi déstructuré se trouve rajeuni mais demeure fascinant et garde tout son charme.
En attendant la sortie de l’album on retrouve les musiciens…
Le pianiste McCoy Tyner est mort
Visuel 2020 de Jazz Campus en Clunisois
Cette année encore, c’est un volatile haut en couleurs qui se pavane sur le visuel 2020 de Jazz Campus en Clunisois. L’oiseau hausse le col et ouvre le bec pour donner rendez-vous au public du 15 au 22 août 2020. Il siffle aussi l’ouverture des inscriptions pour les stages 2020. Plumes lissées et œil vif, il attend avril pour annoncer la programmation.
Chick Corea Trilogy rime avec Magie à l’Auditorium de Lyon
Le 29 février 2020, après la prestation de Chick Corea Trilogy, le public de l’Auditorium de Lyon a encore des étoiles dans les yeux. Il se félicité d’avoir assisté au concert éblouissant du pianiste entouré de ses complices, le contrebassiste Christian McBride et le batteur Brian Blade. Ce soir-là Chick Corea Trilogy rime avec Magie. Trois virtuoses inspirés en conversation musicale… un pur moment de bonheur.

Le silence est palpable et la sobriété sensible des deux interprètes renouvelle ce titre tant de fois interprété.
Originaire de São Paulo au Brésil, Fernando DelPapa joue du cavaquinho dès l’âge de 13 ans. Il gagne Paris en 2000 où il s’engage dans des études d’ethnomusicologie. Parallèlement il s’engage dans les aventures musicales de différents groupes :Orquestra do Fubá, Roda do Cavaco et Terça Feira Trio où il se fait connaître sous le nom de Fernando Cavaco.
Pour précision, l’album « Eu Tambèm » (Helico Music/L’autre Distribution) sorti le 23 septembre 2016 a pu être réalisé grâce à un financement participatif.
Le rythme de la samba pagode plane sur tout le disque. O Mar où chante la trompette de Robinho Antunes, résonne comme un clin d’oeil au grand compositeur du genre, Paulinho da Viola. Les lignes de basses insistantes et les saveurs nordestines du titre Olho Magico exercent un attrait infini. On bouge sur les sonorités africaines de Meu Barraco. On voyage du désert du Nordeste à celui du Texas à l’écoute de Couro Cru. La nostalgie de Quebra Cabeça n’est pas sans évoquer l’univers de de Chico Buarque. Palafitas fleure bon le romantisme d’une ancienne modinha où accordéon, guitare et violoncelle aspirent à des escapades mexicaines.


On peut donc remercier de cette initiative Lionel Martin et Ouch! Records, le label qu’il a créé. Lionel Martin est le saxophoniste du groupe d’éthiorock uKanDanZ. On a aussi pu l’entendre avec Georges Garzone, Mario Stantchev, Louis Sclavis ou Steve Mackay. En plus d’être musicien, Lionel Martin est aussi passionné de disques vinyles et de fil en aiguille… « Ellington on the air » est inscrit dans le jeune catalogue du label Ouch! Records. 
« Mr Bongo Record Club Vol 1 » est une compilation de « trésors » qui tournaient sur les platines durant de fameuses soirées mix devenues légendaires. Le légendaire Gilles Peterson a repéré ces morceaux depuis longtemps et le Label Bongo est fort inspiré de remettre en pleine lumière vingt titres, vingt diamants bruts à découvrir. Ainsi, grâce à ce premier volume, des morceaux de choix s’adressent aux auditeurs du XXIème siècle qui n’étaient peut-être pas nés dans ces fameuses années 60 et 72 qui célébraient toutes les formes de musique.
Parce qu’un bonheur ne va jamais seul, le Label Bongo réédite le 04 novembre, « Krishnanda » le seul album qu’ait réalisé Pedro Santos en 1968. De son vrai nom, Pedro Sorongo, l’auteur de cet opus était percussionniste. Il a joué avec Elis Regina, Sebastião Tapajós, Baden Powell et fabriquait, inventait même des percussions.
Le groupe « Barbatuques » a été formé en 1995 à São Paulo par Fernando Barba. Cet ensemble musical de human beatbox a produit son premier album en 2002 et s’est fait connaître lors de nombreux rassemblements ou festivités au Brésil mais aussi en Europe à partir de 2005. Les « Barbatuques » ont enregistré aux côtés de la chanteuse Camille en 2007 et sont venus en 2008 aux Nuits de Fourvière à Lyon.