Le concert solaire de Camille Bertault à Ecully

Le concert solaire de Camille Bertault à Ecully

Loin de tous les codes, un chant passionné

Le 12 avril 2019 marque la première venue de la chanteuse Camille Bertault sur une scène de la métropole lyonnaise. Elle présente son projet « Pas de Géant » au Centre Culturel d’Ecully. Au regard du succès hexagonal et international de l’artiste, l’évènement est de taille, pourtant point de rush du public. Conquis par une artiste passionnée qui ne manque pas d’air et se joue de tous les codes, les spectateurs présents se sont loués d’être venus et sont repartis enchantés.

On ne cesse au fil des ans de se questionner quant à la volatilité du public de jazz à Lyon (d’ailleurs, on se demande s’il existe vraiment) et à son suivisme peu raisonné qui les entraîne vers ce qui est déjà vu, connu et porté par la vague. Souvent mobilisés par des artistes surexposés qui font le buzz, les amateurs de jazz ont pourtant la mémoire courte car ils ont vite oublié le flot d’intérêt fort justifié qu’ont provoqué en 2015 les exploits de Camille Bertault partagés sur les réseaux sociaux lorsqu’elle reprenait le chorus de John Coltrane sur Giant Steps et enthousiasmait par ses scats ébouriffants.

Une affluence relative au premier concert de Camille Bertault dans la région lyonnaise est sans doute à relier avec le début des congés scolaires mais cela procède peut-être aussi d’un réel manque de curiosité. A moins que cela ne témoigne d’une faible inclinaison du public à quitter les scènes en vue, les sentiers fléchés et des routes balisées du jazz or ce sont sur ces terrains non formatés que la chanteuse Camille Bertault et son quartet s’aventurent  avec brio.

Camille Bertault à Ecully

Camille Bertault Quartet à Ecully le 12 avril 2019Le 12 avril 2019 sur la scène du Centre Culturel d’Ecully, la chanteuse Camille Bertault est entourée d’un trio qui réagit à la moindre de ses incartades vocales. En effet, le pianiste Fady Farah, le contrebassiste Christophe Minck et le batteur Donald Kontomanou pratiquent un accompagnement sur-mesure qu’on pourrait même qualifier d’accompagnement haute-couture.

Les trois musiciens pratiquent une écoute et une réactivité de chaque instant lesquelles alliées à leur virtuosité et leur sens aigu du tempo leur permettent de suivre les déambulations acrobates de la chanteuse. Cette dernière leur accorde un très large espace d’expression tout au long du set ce qui permet au public de prendre la mesure de leurs talents. Le pianiste virtuose et lyrique diversifie les nuances de son jeu au fil des morceaux. Le contrebassiste (et bassiste électrique sur un titre) assure un soutien solide que renforce le tempo infaillible d’un batteur rôdé à toutes les rythmiques.

Le répertoire

En une heure, le quartet enchaîne onze titres et un rappel. Un répertoire éclectique qui mêle avec bonheur et fantaisie chanson française, reprises de jazz et compositions de la chanteuse. Avec humour Camille Bertault présente chaque titre et permet ainsi au public de saisir la multiplicité de ses inspirations. Solaire elle s’investit dans sa musique qu’elle habite avec conviction et conserve ce brin de spontanéité qui rend les artistes si humains.

La chanteuse Camille Bertault à Ecully, photo de Didier MartinezAprès Nouvelle York, Camille Bertault interprète un medley en référence aux compositeurs qui l’ont inspirée. Goldberg-Arbre Ravéologique-Satièsque, un exercice périlleux qui mêle scats vertigineux et textes inspirés. Suit une révérence à Georges Brassens avec une version coquine de Je me suis fait tout petit puis le quartet propose sa version de Comment te dire adieu, qui a valu le succès à Françoise Hardy dans les années 60. L’interprétation de la Camille Bertault met autant en valeur la partie musicale de Goland que les paroles de Gainsbourg avec des parenthèses parler-chanter tout à fait dans l’esprit de l’auteur. Après Certes qui évoque les grandes vérités de la vue ordinaire, vient le moment désaltérant et enivrant du concert.

Le trio et la chanteuse entament une version peu conventionnelle du fameux Je Bois. La composition d’Alain Goraguer inspire à la chanteuse une explosion vocale susceptible de faire éclater le cristal des verres préalablement vidés. Quant aux paroles de Boris Vian, elles suscitent chez Camille Bertault une chorégraphie élégante qui la voit déambuler et tituber sur scène. Le public enivré par sa prestation l’accompagne d’une totale empathie lorsqu’elle tombe à terre et retient même ses applaudissements comme sidéré par sa chute. « Une première » confesse la chanteuse habituée à se relever plus vite, car en général la chute et l’arrêt de la musique donnent le signal des vivats… mais à Ecully, le public reste coi devant cette simulation réaliste de l’ivresse. Un p’tit verre n’aurait d’ailleurs pas été de refus pour trinquer avec elle !

La chanteuse Camille Bertault à Ecully, photo de Didier MartinezCamille Bertault a posé des paroles en Portugais sur House of Jade de Wayne Shorter dont le titre devient Casa de Jade. Elle rend ainsi hommage au compositeur et au Brésil. Accompagnée par le batteur devenu percussionniste délicat, la voix souple et caressante esquisse un climat éthéré. Seule au piano, la chanteuse enchaîne avec Tantôt qui évoque toutes les personnalités susceptibles d’habiter tout un chacun. Une délicieuse escapade comme un clin d’œil espiègle de la chanteuse aux différents états d’âme qui peuvent l’assaillir.

Par ses paroles, Entre les deux immeubles convoque le phénomène de la création à partir de la vue que perçoit la chanteuse assise au quinzième étage derrière le clavier de son piano. Affres fascinantes de l’inspiration que dessinent les quatre artistes, entre nuages obscurs et soleil inspirant. Sur Winter in Aspremont le piano lyrique et très expressif dialogue avec la voix dans un chorus sensible où il enjambe les intervalles et les caresse. La voix lui répond, glisse, se rattrape, remonte et se suspend entre les portées où elle étire le fil d’une intense mélancolie. Un superbe moment d’émotion que cette berceuse écrite par la chanteuse pour les adolescents.

Pour terminer le concert, le quartet propose sa version de Giant Steps renommé par la chanteuse Là où tu vas. Les paroles qu’elle a écrites retracent les évènements des deux dernières années qui lui ont fait franchir ce fameux « Pas de Géant », titre de son deuxième album et du projet qui tourne depuis deux ans sur les scènes du monde entier. Une interprétation éblouissante et totalement maîtrisée. En rappel, Camille propose une courte version échevelée de Forró brasil que son auteur Hermeto Pascoal ne renierait pas.

La chanteuse s’amuse et se joue des codes

Dire de Camille Bertault qu’elle est chanteuse ne peut suffire à la définir. Certes elle pratique la musique via ses cordes vocales et sa respiration mais surtout la chanteuse joue avec la musique. Non contente de cela, telle une actrice, elle met en scène les textes des chansons qu’elle interprète, avec son visage, son sourire, ses bras et son corps tout entier. Ainsi théâtralisée, la scène devient vraiment son terrain de jeu, dans le sens ludique du terme, car à n’en pas douter, queue de cheval en bataille, la chanteuse muse et s’amuse avec la musique, jubile et prend un plaisir visible à se jouer de tous les codes, au risque de surprendre les tenants d’un jazz conventionnel.

Avec la légèreté d’un papillon la voix de Camille Bertault échappe à la gravitation, s’élève dans les hautes sphères et redescend, se pose puis semblable à une abeille butine les notes dont elle extrait la substantifique sève pour la transformer en des scats fulgurants. Avec aisance, elle change de tempo sans transition, pratique des écarts vertigineux avec une agilité peu commune. Sa diction précise permet de savourer la teneur des textes. Dans son chant se télescopent syncopes, glissandos, murmures, décalages et breaks abrupts.

Avec une grande conviction Camille Bertault a offert à Ecully un concert dont la teneur maîtrisée a convaincu un public venu la découvrir. Solaire et sans esbroufe, la chanteuse très bien accompagnée développe un art qui emprunte sa liberté au jazz mais puise dans la force de la poésie et la fantaisie d’une théâtralité charmante. Loin de tous les formats, Camille Bertault pratique un chant passionné et passionnant.

Un grand merci à Didier Martinez et Jazz-Rhone-Alpes.com pour les clichés de Camille Bertault.
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Magma fête ses 50 ans avec « Zëss »

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Le jour du Néant

Pour célébrer son demi-siècle, Magma annonce la sortie d’un nouvel album. Il va falloir attendre le 28 juin 2019 pour découvrir « Zëss »…. Le Jour du Néant. Pour son cinquantenaire, le groupe de Christian Vander prépare aussi une tournée mémorable. Magma, c’est reparti !

couverture de Zess, l'album de MagmaPour son cinquantième anniversaire, Magma revient avec un nouvel album intitulé « Zëss », Le jour du Néant, annoncé pour le 28 juin 2019. Zess est une œuvre musicale composée dans les années 1970 par Christian Vander pour Magma.

A ce jour, il n’existe pas de bande studio connue de cette partition. Une œuvre de 38 minutes dont l’enregistrement a été différé. Quatre décennies après sa première esquisse, Zëss va enfin prendre forme discographique à l’occasion des 50 ans de ce groupe légendaire à l’identité unique et inclassable.

Magma un univers à nul autre pareil

Aux confluences du jazz, du rock et de la musique avant-gardiste, Magma a engendré un univers à nul autre pareil. On peut parler de groupe à géométrie variable car le groupe a évolué mais des fondamentaux l’habitent de bout en bout. Une polyrythmie intense, une puissance féroce et le kobaïen, une langue imaginaire inventée par Christian Vander lui-même pour les vocalistes du groupe.

Créé en 1969 par le batteur Christian Vander, lui-même grandi sous l’aile d’Elvin Jones et nourri de l’œuvre musicale de John Coltrane, Magma possède une aura singulière.

Après une pause de près de 10 ans, Magma a repris en 1992, s’est reformé en 1996, a multiplié les concerts dans le monde et a enregistré 23 albums. Depuis ses débuts, quelques 150 musiciens ont gravité dans l’orbite du groupe auquel ils ont prêté leur contribution et leur énergie. Aujourd’hui Magma fascine trois générations de spectateurs qui se mobilisent autour de la musique de la formation.

En 2019

Une tournée internationale…

Pour son cinquantenaire Magma débute une tournée internationale en Finlande, revient en France le 26 juin 2019 à la Philharmonie de Paris pour un concert prometteur (au moins trois heures et de nombreuses surprises) , continue le 02 juillet 2019 au Nuits de Fourvière et poursuit au japon, en Allemagne, Suède, Angleterre, Belgique… ICI pour consulter la liste actualisée des concerts officiels.

… et « Zëss » à sortir le 28 juin 2019

A n’en pas douter la forme orchestrale choisie par Christian Vander pour « Zëss » sera la mieux à même de lui donner la dimension onirique qu’elle mérite et de dépasser encore les précédentes réalisations.

RV le 28 juin 2019, pour écouter « Zëss », la nouvelle offrande de Magma, cette formation légendaire, indomptable et fascinante.

 

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Auditorium de Lyon – Youn Sun Nah

Auditorium de Lyon – Youn Sun Nah

« Immersion » dans une bulle de vibrations

Le lundi 13 mai 2019, l’Auditorium de Lyon accueille la chanteuse Youn Sun Nah. Au sommet de son art, la diva coréenne vient présenter le répertoire de son tout nouveau projet « En Immersion ». Un RV essentiel pour plonger en apnée dans la bulle vocale unique de Youn Sun Nah. Des promesses de vibrations sensibles.

Youn Sun NAh

Yun Sun Nah©Sung Yull Nah

Après Archie Shepp, Madeleine Peyroux, Anouar Brahem et Brad Mehldau, c’est au tour de Youn Sun Nah de fouler la scène de lAuditorium-Orchestre National de Lyon le 13 mai 2019 à 20h. Réalisé en coproduction avec « Jazz à Vienne », le concert de la chanteuse coréenne est le dernier mais non le moindre de la saison jazz 2018/2019 de l’Auditorium-Orchestre National de Lyon.

Le temps a passé depuis 2003 où l’on découvrait avec bonheur la jeune chanteuse Youn Sun Nah dans la petite église de Pavezin durant le Rhino Jazz(s) Festival. Depuis, la chanteuse a atteint le statut de diva du jazz et ses concerts conservent toujours le même attrait car elle ne cesse de renouveler et enrichir son art. Youn Sun Nah s’inscrit en effet, aujourd’hui comme une figure incontournable dans le paysage du jazz vocal international.

Dotée d’une fabuleuse technique vocale, cette improvisatrice hors pair développe des scats ébouriffants mais pratique aussi avec ferveur l’art du minimalisme. Sa voix se pare de mille nuances et fait se côtoyer des climats extrêmes. Entre joie et mélancolie, furie et douceur, Youn Sun Nah promène son timbre de soprano sur un spectre esthétique élargi.

De Séoul… à Paris

Née à Séoul d’une mère actrice de comédies musicales et d’un père chef de chœur, la jeune Youn Sun Nah apprend le piano et chante des gospels avec le Korean Symphony Orchestra avant d’étudier la musique et d’approfondir le chant.

Francophile, la jeune-femme rejoint ensuite Paris pour étudier le chant à l’Institut National de Musique de Beauvais, au Conservatoire Nadia et Lili Boulanger et au CIM (école de Jazz et Musiques Actuelles). Chez elle se produit alors le déclic et naît son intérêt pour le jazz avec des tournées et des prix obtenus lors des concours organisés dans les festivals de jazz.

Chanteuse puis star internationale de Jazz

De « Reflets », son premier album sorti en Corée en 2001 à « Voyage » paru en 2008, Youn Sun Nah confirme son statut de chanteuse de jazz. En 2010, « Same Girl » (ACT) la consacre parmi les artistes lauréats d’un Disque d’or (en France). Le même album reçoit un Echo Jazz Award en Allemagne et un Korean Music Award en Corée.

Les plus grands festivals de jazz ouvrent leur scène (Montréal, Marciac, Monterey, Java ou Montreux) à Youn Sun Nah. En 2013, elle affirme son intérêt pour les ballades sur l’album « Lento » (ACT), lui aussi récompensé d’un disque d’or en France et en Allemagne. Ce succès confirme la reconnaissance de la chanteuse parmi les voix qui comptent dans le jazz.

Entre 2009 et 2015 elle enchaîne les concerts et parcourt les scènes internationales avec une escale le 23 février 2014 à Sochi où elle chante durant la Cérémonie de clôture des Jeux Olympiques d’hiver. Partout ses prestations obtiennent un égal succès mais au printemps 2015 elle décide de s’accorder une pause et prive le public de sa présence sur scène.

En 2017

Après deux années sabbatiques passées à se ressourcer chez elle, à Séoul, Youn Sun Nah fait son retour en 2017 avec l’album « She Moves On » (ACT) dont elle présente aussi le répertoire en concert. C’est d’ailleurs lors de sa tournée européenne qu’elle triomphe le 09 juillet 2017 sur la scène du Théâtre Antique de Jazz à Vienne qui l’avait déjà accueillie en 2014 en duo avec Ulf Walkenius.

En 2019

couverture de l'album Immersion de Youn Sun NahLe 08 mars 2019 voit la sortie de son dixième album « Immersion » qui marque aussi un tournant dans sa carrière de Youn Sun Nah. Elle quitte en effet le label européen ACT et signe chez Arts Music, une division de Warner Music Group, qui fait écho à la dimension internationale de sa carrière.

C’est dans le cadre de sa tournée européenne que Youn Sun Nah fait escale sur la scène de l’Auditorium-Orchestre National de Lyon, le 13 mai 2019 à 20h. Pour l’occasion elle se présente en trio accompagnée de Tomek Miernowski aux guitares, piano, synthétiseur et programmation et Rémi Vignolo dont les talents vont se déployer entre batterie, contrebasse, basse électrique et programmation.

Ce concert est à saisir comme une opportunité pour plonger dans le monde musical sensible de Youn Sun Nah et vibrer à l’écoute de la voix pure et sensuelle, souple et puissante, chaleureuse et piquante, claire et limpide, élégante et sensible de la chanteuse. Une expérience à vivre comme un moment de ressourcement pour capter les ondes de zénitude mais aussi pour absorber les éclats d’énergie qui parcourent tour à tour le chant de Youn Sun Nah.

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Jeremy Pelt triomphe au Hot Club de Lyon

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Un jazz moderne pétri dans le groove

Le dimanche 07 avril 2019, le public se presse dans la cave pleine à craquer du Hot Club de Lyon pour la dernière soirée du « Hot Club Jazz Festival ». En quintet, trompettiste Jeremy Pelt a déclenché l’enthousiasme nourri des spectateurs conquis par son univers moderne pétri dans le groove. Un jazz post bop sans concession et sans cliché mais non sans références.

S’il fait partie de l’élite du jazz new-yorkais, le trompettiste américain Jeremy Pelt n’en néglige pas moins l’Europe où il tourne régulièrement. Il a visiblement craqué sur la cave du Hot-Club de Lyon où il revient le dimanche 07 avril 2019 pour la clôture « Hot Club Jazz Festival ».Quintet de Jeremy Pelt au Hot Club de Lyon le 07 avril 2019

La cave est pleine à craquer quand Jeremy Pelt monte sur scène accompagné par Chien Chien Lu (vibraphone) dont il s’agit de la première venue en Europe, Victor Gould (piano), Richie Goods (contrebasse) et Allan Mednard (batterie). D’un bout à l’autre de la soirée, le leader a posé sur ses compagnons et sur le public son regard attentif et bienveillant.

Deux sets, deux facettes

Avant de débuter le premier set, le leader apporte des précisions quant au projet présenté. Le quintet va exposer les cinq parties de la « Suite Rodin », une suite musicale gravée sur l’album « The Artist » sorti en 2018 et inspirée à Jeremy Pelt par le travail du sculpteur français Auguste Rodin.

Tels des plasticiens dynamiques, le quintet façonne les cinq pièces jouées en hommage à Rodin et propose un jazz contemporain très riche qui sculpte la matière sonore avec exubérance ou délicatesse selon les pièces, Appel aux armes, Dignity and Despair (Bourgeois de Calais), Sol Tace (La Porte de l’Enfer), Camille Claudel (L’éternel printemps) et Epilogue en point d’orgue.

Un univers musical contemporain aux climats contrastés dont la richesse enchante le public.

Le second set permet d’apprécier une facette artistique différente du quintet avec d’autres titres de l’album, Water Colors, Feito, dédié au peintre espagnol Luis Feito, As of Now mais aussi While You Are Gone, composé par le saxophoniste Lucky Thompson. C’est l’occasion pour les spectateurs d’accéder à un autre  aspect de l’expression du quintet.

Un jazz post bop à l’expression conventionnelle où se côtoient groove urbain et ballade délicate, climat survolté et mélancolie bleutée.

Impressions de concert

Entre énergie et délicatesse, la musique développe un savant alliage de puissance et de souplesse. Une écoute constante règne parmi les musiciens en interaction permanente.

Ardente et nuancée, la section rythmique fait preuve d’une réactivité de chaque instant. Les solides lignes de basse de la contrebasse s’allient avec le drumming féroce de la batterie pour stimuler les solistes et propulser leurs chorus. La frappe précise et légère des mailloches sur les lames du vibraphone font alterner sonorités éthérées, perles réverbérées et notes cristallines lumineuses qui rivalisent de force avec celles du piano qui enjambe les harmonies avec fluidité.

Chaque morceau est pour le trompettiste l’occasion de démontrer l’étendue de son talent. Avec aisance, Jeremy Pelt joue sans démonstration et son discours évite les clichés. Redevable autant à Woody Shaw qu’à Freddie Hubbard ou Wynton Marsalis, il inscrit son jazz dans la mouvance post bop. Glissandos subtils, notes choisies et posées avec soin, accentuations toniques, souffle puissant. Avec ou sans sourdine, la trompette densifie le climat jusqu’au paroxysme ou tempère ses ardeurs et allège l’ambiance. Jeremy Pelt s’exprime entre ombre et lumière, entre mélodies évanescentes et propos ardents.

Au final, le jazz vitaminé et moderne du quintet de Jeremy Pelt a captivé et stimulé l’imagination du public de la même manière que les sculptures de Rodin ont fasciné le trompettiste compositeur et les musiciens. Les spectateurs visiblement comblés ont manifesté leur enthousiasme pour un concert dont les oscillations rythmiques, les riches trames harmoniques et les chorus inspirés ont permis d’apprécier un jazz enflammé où groove et délicatesse coexistent avec bonheur.

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« Slow » par Yoann Loustalot et Julien Touery 4tet

« Slow » par Yoann Loustalot et Julien Touery 4tet

« Slow » réinvente la lenteur

Le quartet mené par le trompettiste Yoann Loustalot et le pianiste Julien Touery propose un album dont le titre annonce le propos, « Slow ». Loin de toute performance, le propos musical immerge dans des paysages sonores envoûtants. Impression de flottement, sensation de répit… le temps se dilate, il ralentit et advient le calme. Une ode à la lenteur pour lutter contre la rapidité.

Des premières aux dernières notes, « Slow » (Bruit Chic/ L’autre Distribution) entre en résonance avec le titre que les musiciens ont choisi de donner à leur disque dont la sortie est annoncée pour le 26 avril 2019.

Ces quatre artistes parmi les plus actifs et les plus talentueux de la scène hexagonale du jazz, Yoann Loustalot (trompette, bugle), Julien Touery (piano), Eric Surmerian (contrebassiste) et Laurent Paris (percussions) ont accordé leur musique au rythme de la lenteur dans un monde où la rapidité est devenue référence.

Par son esthétique, « Slow » réinvente la lenteur. L’album capte l’essence du temps qui s’en trouvé ralenti, dilaté, comme suspendu. Les ondes sonores déclenchent des sensations oniriques, des impressions impalpables. Une écoute en mode introspectif permet à la pensée d’accéder aux nuances des ondes sonores, de vibrer au rythme des échanges, de saisir chaque instant, et savourer chaque note, chaque silence, d’accéder au plaisir et à la beauté intrinsèque de la musique.

Les musiciens

Yoann Loustalot et Julien Touery 4tet

©Youri Lenquette

Parmi les nombreux projets où ils se croisent et ceux qu’ils mènent individuellement, le trompettiste et bugliste Yoann Loustalot et le pianiste Julien Touery ont uni leurs talents à ceux du contrebassiste Eric Surmerian et du percussionniste Laurent Paris pour composer et interpréter le répertoire de l’album « Slow » qui les réunit.

Fondateur du label « Bruit Chic », le trompettiste Yoann Loustalot mène de front plusieurs projets parmi lesquels les quartets « Old & New Songs » et « Lucky Dog ». Référence incontestée en matière de trompette, Enrico Rava dit de lui qu’il « n’est pas juste un beau son. Non |il] est le son de l’âme et il est si profond et si authentique que chaque note compte et conte ». Rien d’étonnant donc à ce que le trompettiste français invite sa trompette et son bugle dans le projet « Slow ».

Polyvalent et adepte de genres musicaux très variés qu’il maîtrise tous, le pianiste Julien Touery s’est fait connaître dans le quartet du saxophoniste Emile Parisien mais il participe aussi à de nombreux autres projets en tant que leader ou accompagnateur (Sylvain Kassap, Louis Sclavis, Vincent Peirani, Manu Codjia..).

Yoann Loustalot et Julien Touery prennent la plume et composent, à raison de cinq morceaux pour le trompettiste et trois pour le pianiste, auxquels Eric Surmerian et Laurent Paris ajoutent chacun un titre. Entre juillet et septembre 2018 le répertoire est enregistré dans les conditions du live au Studio Gil Evans d’Amiens par Philippe Teissier du Cros qui réalise aussi mixage et mastérisation au Studio Boxson à Paris.

Tempo lento

Depuis toujours les compositeurs font figurer sur les partitions des annotations indicatives du tempo. Les interprétations des musiciens suivent ou adaptent les consignes Sur « Slow », la promenade musicale évolue sur des tempi qui évoluent entre largo, lento et adagio, moderato peut-être. En jazz c’est souvent le terme de ballade qui désigne des morceaux joué sur un tempo lent.

Sur « Slow » les sonorités soignées des instruments et les mélodies dessinent une musique impressionniste dont les ambiances chambristes rivalisent de nuances. Elles suggèrent des sensations variables dont les climats musicaux engendrent des visions fixes ou mouvantes. On entend craquer les glaces, souffler les vents, respirer la terre, on perçoit le mouvement imperceptible des herbes et le déplacement des nuages. Ainsi captivée par les atmosphères, l’écoute se laisse porter par le tempo de la musique dont la lenteur permet de pénétrer dans la profondeur de l’art musical et d’en saisir l’essence.

Voyage introspectif et paysages pointillistes

Au fil de ses dix plages, « Slow » invite à un voyage introspectif dans des paysages pointillistes où calme et beauté trouvent refuge.

couverture de l'album Slow par Yoann Loustalot et Julien Touery 4tetClimat envoutant de Table Rase qu’instaure le bugle et les notes perlées du piano. Beauté apaisante d’une navigation viking que suggère la sonorité majestueuse du bugle sur Fjords. Froidure de Sonning und Dabei Kalt, un paysage pointilliste que sculptent les rayons ensoleillés de la trompette. Ambiance délicate puis atmosphère énigmatique règnent sur le titre Vers l’Ouest.

Sans renier la lenteur, Sur le tard saisit le mouvement d’une trompette qui vole, papillonne, butine au-dessus du motif répétitif de piano et des battements rythmiques des percussions. Mélopée construite sur deux accords réitératifs, Winter porte la complainte pénétrante de la trompette qui s’insinue au plus profond du corps et de l’esprit soutenue par le cristal des notes du piano. L’archet plaintif et la sonorité ample du bugle habillent Vers le Nord d’une gravité profonde.

Le piano angélique et lumineux les rejoint et instaure un climat propice au recueillement et à l’introspection. Du chaos surgit la vie. D’un grondement métallique émerge le chant symbiotique de la trompette et du piano. Metal ne porterait-il pas les échos du big bang originel ? De la terre au ciel, le bugle s’élève son chant céleste sur Ama Lur Gaixoa. Le temps se dilate plus encore et la rêverie advient avec Saoul les nuages, poésie musicale absolue.

« Slow », comme une immersion au pays de la lenteur. La musique cherche son inspiration loin des esthétiques conventionnelles dont elle fait table rase. Elle flotte dans des contrées hivernales ensoleillées et froides habitées par l’eau ou les glaces, dérive plus à l’ouest, se frotte à de métalliques éclats, se développe aux heures tardives dans des atmosphères ennuagées où règne le calme.

Rendez-vous le 30 mai 2019 à 21h pour la soirée de lancement de l’album « Slow » au « Studio de l’Ermitage » à Paris. En première partie de soirée, le pianiste Jozef Dumoulin présente son solo de Fender Rhodes.

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