Hiromi en concert le 17 octobre à l’Auditorium de Lyon

Hiromi en concert le 17 octobre à l’Auditorium de Lyon

Entre tradition et modernité, l’étourdissante Hiromi

La pianiste Hiromi se produit le 17 octobre à l’Auditorium de Lyon dans le cadre d’une coproduction avec Jazz à Vienne et Rhino Jazz(s) Festival. Les réjouissances musicales seront ébouriffantes à n’en point douter.

300_hiromiCe concert avec « The Trio Project » conduit par Hiromi inaugure la saison « Jazz et Musiques du Monde 2016/17 » de l’Auditorium de Lyon présentée dans la chronique du 27 avril. La pianiste Hiromi (Hiromi Huehara) se produit en trio avec le bassiste Jimmy Johnson qui remplace Anthony Jackson précédemment annoncé. Nul doute que sur sa basse à 5 cordes, le bassiste de James Taylor conjuguera son talent à celui du batteur Simon Philips. Ce dernier puise quant à lui ses racines dans un rock plutôt swing. Avec de tels musiciens, on peut parier que l’énergie sera au rendez-vous sur scène.

Hiromi s’inscrit dans la lignée de ces jeunes pianistes virtuoses formées au Japon. On se rappelle le choc éprouvé à son écoute lors de sa première venue en 2003 dans le cadre du Rhino Jazz(s) Festival. Sa prestation au Festival Jazz à Vienne en 2011 avait ensuite tenu toutes ses promesses. On ne doute pas que les amateurs de jazz attendent avec impatience la venue de la pianiste le 17 octobre à 20h à l‘Auditorium de Lyon.

Cette enfant prodige du piano, formée dès 6 ans au sein de la fameuse Yamaha School of Music a  fréquenté ensuite le Berklee College of Music de Boston avant de se faire connaître en 2003 lorsqu’elle enregistre l’album « Another Mind » avec le soutien du grand Ahmad Jamal.hiromi En 2009 elle enregistre à Tokyo, le double CD live « Duet » avec Chick Corea. Elle devient ensuite une véritable coqueluche auprès des publics du Japon et d’ailleurs.

Son dixième opus « Spark » (Concord/Universal) sorti cette année montre une Hiromi toujours aussi phénoménale et débordante d’énergie. Ses influences sont multiples. D’Oscar Peterson à Ahmad Jamal, en passant par Bach et Liszt, avec des détours du côté de « Sly & The Family Stone » et King Crimson. Pour faire court, un jazz marqué de l’empreinte du rock et du classique.

Avec sa technique prodigieuse et sa virtuosité dopées par une audace étonnante, Hiromi donne rendez-vous à tous les amateurs de jazz le 17 octobre à 20h, à l’Auditorium de Lyon pour un concert qui mélange tradition et modernité.

Pour mieux se préparer à mieux vivre la soirée, un « propos d’avant-concert » est aussi proposé (entrée libre) à 19h dans le Bas-Atrium de l’Auditorium. Sans oublier un tour sur le site de la pianiste et une petite « mise en oreille vidéo » pour se motiver à ne pas rater ce concert

Saison 2018/19 à l’Auditorium de Lyon

Saison 2018/19 à l’Auditorium de Lyon

Portée par l’excellence artistique, la saison 2018/2019 de l’Auditorium-Orchestre National de Lyon promet d’intenses moments musicaux du côté du Jazz et des Musiques actuelles. De quoi se réjouir !

lire plus
Marjolaine Reymond présente « Demeter No Access »

Marjolaine Reymond présente « Demeter No Access »

Une fois de plus, Marjolaine Reymond s’aventure hors des cadres et refuse d’enfermer son art dans des frontières de style. Avec un talent créatif hors norme elle mêle toutes les couleurs de sa palette d’artiste dans l’univers ensorcelant de « Demeter No Access ». Telle une prêtresse hallucinée, elle continue à inventer un monde dans lequel il fait bon s’immerger.

lire plus
Kenny Barron présente « Concentric Circles »

Kenny Barron présente « Concentric Circles »

Le 04 mai 2018 Kenny Barron présente chez Blue Note son tout dernier projet, « Concentric Circles ». L’album confirme, s’il est encore besoin de la préciser, le talent de ce pianiste élu sept fois « meilleur pianiste de l’année » par les JJA. Un album à l’image de la prestigieuse carrière de l’artiste.

lire plus
« Diwan of Beauty & Odd » de Dhafer Youssef

« Diwan of Beauty & Odd » de Dhafer Youssef

Étranges poèmes enluminés de Beauté

Après « Birds Requiem », Dhafer Youssef revient avec « Diwan of Beauty & Odd ». Union parfaite entre la musique soufi et le jazz d’aujourd’hui, cet album célèbre la beauté et l’étrange.

diwan-of-beauty-and-odd_couvDédié à Damas et entièrement enregistré dans le mythique studio de Sear Sound à New-York, l’album « Diwan of Beauty & Odd » (OKeh/Sony) sorti le 16 septembre, propose treize poèmes musicaux. Une plongée sonore dans un monde céleste où Dhafer Youssef invite un orchestre de jazz à sa mesure. A ses côtés, la fine fleur du jazz new-yorkais. Le pianiste Aaron Parks, le trompettiste Ambrose Akinmusire, le contrebassiste Ben Williams et le batteur Mark Guiliana. Il s’agit du premier album que l’artiste enregistre entièrement avec un groupe de musiciens américains.

L’alliage des influences orientales et du groove urbain, la coexistence de la tradition et de la modernité projettent à travers ce nouvel opus musical un message de paix.

Le chant lumineux de Dhafer Youssef génère une énergie positive qui suspend le temps. A l’écoute de « Diwan of Beauty & Odd » on flotte comme en apesanteur. On savoure les délices de l’étrange où même l’ombre s’éclaire de beauté.

dhafer-youssef-2_photoflavienprioreauCertes cet album est plus enraciné dans le jazz que « Birds Requiem » mais on retrouve les chants traditionnels soufis, ses mélodies aériennes et les envols saisissants de la voix de Dhafer Youssef. La brillance des performances vocales de l’artiste coexiste avec une forte portée émotionnelle.

Le trompettiste Ambrose Akinmusire pénètre et épouse l’univers du chanteur. C’est merveille de les écouter se répondre ou jouer à l’unisson. Le toucher délicat du pianiste Aaron Parks soutient et sublime l’élévation du chant. Leur communion sur le titre d’ouverture Fly Shadow Fly est saisissante. Même après l’entrée de la batterie et du oud, le piano brode encore de précieuses enluminures.

Dhafer Youssef transcende les genres et les frontières des mesures simples. Pour mieux camper l’étrange et magnifier la beauté il utilise les mesures impaires qui complexifient les structures et créent une tension palpable. La section rythmique épouse alors les mélodies et induit un groove organique dont Dhafer Youssef prétend qu’il incarne la vie. Cette pulsion insuffle son énergie à la voix qui élève sa prière vers des contrées célestes où désir et mélancolie irriguent la vie pour le meilleur et pour le pire.

Une profonde cohérence du répertoire fait apparaître l’album est comme un tout où chaque titre contribue à valoriser et à compléter l’autre. Certes chaque thème a son identité propre et on peut distinguer des moments où le battement ternaire du jazz prévaut sur l’atmosphère hypnotique du chant soufi comme par exemple Cheerful Meshuggah mais in fine, l’album est plus que la somme de tous ces titres pris séparément. Il vaut par son ensemble et s’impose comme un tout insécable.

Les illustrations du livret et celles de la couverture évoquent le monde de Francis Bacon et sa peinture où coexistent beauté et étrangeté. On a souri en lisant la dédicace que Dhafer Youssef fait figurer à la fin de son album. Il dédie « Diwan of Beauty & Odd » « à ceux qui ne l’écouteront pas et à ceux qui ne l’aimeront pas ». Dommage … on l’a écouté et on l’a aimé mais même s’il ne s’adresse pas directement à nous, on ne s’en séparera pas !

« Diwan of Beauty & Odd »,  une ode poétique et lumineuse à un monde pacifié dont le cœur battrait au rythme de la musique de Dhafer Youssef.

Saison 2018/19 à l’Auditorium de Lyon

Saison 2018/19 à l’Auditorium de Lyon

Portée par l’excellence artistique, la saison 2018/2019 de l’Auditorium-Orchestre National de Lyon promet d’intenses moments musicaux du côté du Jazz et des Musiques actuelles. De quoi se réjouir !

lire plus
Marjolaine Reymond présente « Demeter No Access »

Marjolaine Reymond présente « Demeter No Access »

Une fois de plus, Marjolaine Reymond s’aventure hors des cadres et refuse d’enfermer son art dans des frontières de style. Avec un talent créatif hors norme elle mêle toutes les couleurs de sa palette d’artiste dans l’univers ensorcelant de « Demeter No Access ». Telle une prêtresse hallucinée, elle continue à inventer un monde dans lequel il fait bon s’immerger.

lire plus
Kenny Barron présente « Concentric Circles »

Kenny Barron présente « Concentric Circles »

Le 04 mai 2018 Kenny Barron présente chez Blue Note son tout dernier projet, « Concentric Circles ». L’album confirme, s’il est encore besoin de la préciser, le talent de ce pianiste élu sept fois « meilleur pianiste de l’année » par les JJA. Un album à l’image de la prestigieuse carrière de l’artiste.

lire plus
B. Trotignon et M. Garay présentent « Chimichurri »

B. Trotignon et M. Garay présentent « Chimichurri »

« Chimichurri », entre nostalgie mélodique et frénésie percussive

Après cinq ans de collaboration sur les scènes, Baptiste Trotignon et Minino Garay annoncent la sortie de « Chimichurri », leur premier album en duo. Un voyage musical entre les univers des deux musiciens.

300_trotignon-garay_chimichurri_couv« Chimichurri », une instrumentation acoustique minimale, un piano et des percussions. « Chimichurri », deux musiciens prodigieux, le pianiste Baptiste Trotignon immergé dans la culture européenne et le percussionniste-batteur Minino Garay inscrit dans la tradition sud-américaine et le monde afro-américain.

Annoncé pour le 23 septembre 2016, l’album « Chimichurri » (OKeh/Sony) se promène à travers les univers musicaux des deux artistes et narre une histoire tressée entre Nord et Sud, entre « le son du bois et celui des peaux ».

« Chimichurri », un séduisant équilibre entre énergie et mélodie. Deux instrumentistes complices inventent une musique qui navigue entre nostalgie et frénésie. Un jazz brut aux saveurs épicées qui célèbre l’esprit de la fête mais n’oublie pas la poésie.

300_baptistetrotignonmininogaray_par_pontenpie_03Les deux musiciens jouent ensemble sur scène depuis 2011 et cet album est donc la suite logique de leur travail. Enregistré en mai 2015 à Buenos Aires, l’album « Chimichurri » est le premier du pianiste sous le label OKeh.

Tout au long des quinze titres du disque, énergie et nostalgie circulent, mélodie et percussion rivalisent et s’équilibrent. Il arrive que les touches du piano se fassent percussives alors que la mélodie se blottit sur les peaux des percussions. Comme si le fameux condiment sud-américain évoqué dans le titre de l’album, le piment Chimichurri, induisait un équilibre harmonieux entre tous les éléments qui fondent le disque. Très savamment organisé, le répertoire fait alterner les ambiances. Il propose quelques mélodies très populaires, deux standards du jazz et du tango ainsi que deux compositions de Baptiste Trotignon.

300_baptistetrotignonmininogaray_par_pontenpie_04 La Cumbiada de Gerardo Di Giusto et les deux célèbres tangos de Carlos Gardel, La Perigrinacion et Sus Ojos Se Cerraron émargent du côté de l’Argentine. C’est un climat afro-cubain tendu qui s’installe sur Vamos, la composition de Baptiste Trotignon, déjà enregistré par les deux artistes sur l’album du même nom enregistré par Minino Garay en 2015.

On retrouve avec plaisir l’univers de « West Side Story » de Leonard Bernstein évoqué à travers cinq titres. Maria, Tonight, I Feel Pretty, Somewhere sont irrigués d’une pulsation portoricaine à laquelle un jazz brut et organique « tire la bourre ». Les rythmes s’accélèrent, vibrent et finalement explosent en crescendo, à la fin du célèbre America.

Sur un tempo rapide, Baptiste Trotignon fait preuve d’une virtuosité extrême pour interpréter le Chorinho Pra Ele d’Hermeto Pascoal où l’on cherche sans le trouver le balanço brésilien. Côté du jazz c’est Monk et Parker qui sont honorés. Sur Trinckle Tinkel Baptiste Trotignon fait des clins d’œil à Fats Waller et à Errol Garner. Par ailleurs, il prend Passport sur un tempo d’enfer que Bud Powell n’aurait pas renié. Une douce légèreté plane sur Jenny Wren de Paul Mc Cartney alors que le climat de Fly, composé par le pianiste, se fait plus plus romantique.

Du dialogue entre le piano de Baptiste Trotignon et les percussions de Minino Garay émerge un album plein de contrastes. « Chimichurri » évolue entre une énergie presque brute qui frôle le chaos et de tendres mélodies où la poésie prend le dessus.

Saison 2018/19 à l’Auditorium de Lyon

Saison 2018/19 à l’Auditorium de Lyon

Portée par l’excellence artistique, la saison 2018/2019 de l’Auditorium-Orchestre National de Lyon promet d’intenses moments musicaux du côté du Jazz et des Musiques actuelles. De quoi se réjouir !

lire plus
Marjolaine Reymond présente « Demeter No Access »

Marjolaine Reymond présente « Demeter No Access »

Une fois de plus, Marjolaine Reymond s’aventure hors des cadres et refuse d’enfermer son art dans des frontières de style. Avec un talent créatif hors norme elle mêle toutes les couleurs de sa palette d’artiste dans l’univers ensorcelant de « Demeter No Access ». Telle une prêtresse hallucinée, elle continue à inventer un monde dans lequel il fait bon s’immerger.

lire plus
Kenny Barron présente « Concentric Circles »

Kenny Barron présente « Concentric Circles »

Le 04 mai 2018 Kenny Barron présente chez Blue Note son tout dernier projet, « Concentric Circles ». L’album confirme, s’il est encore besoin de la préciser, le talent de ce pianiste élu sept fois « meilleur pianiste de l’année » par les JJA. Un album à l’image de la prestigieuse carrière de l’artiste.

lire plus
Ambronay 2016 – Las Hermanas Caronni

Ambronay 2016 – Las Hermanas Caronni

« Las Hermanas Caronni », loin des musiques formatées

Samedi 17 septembre le duo des jumelles Caronni ouvre le cycle des « réjouissances sous le Chapiteau » que propose le Festival d’Ambronay. « Las Hermanas Caronni » offrent un concert hors des sentiers battus, comme une invitation au voyage.

« Las Hermanas Caronni » est un duo instrumental et vocal. Gianna au chant et aux clarinettes (clarinette et clarinette basse). Laura au chant « lead » et au violoncelle. Elles sont toutes les deux impliquées dans la composition des morceaux qu’elles interprètent. Avec trois albums à leur actif depuis leur venue en France dans les années 90, les sœurs font entendre une musique qui prend racine dans les traditions de leur pays natal, l’Argentine. A ce titre leur production s’inscrit dans ce qu’il est convenu de nommer « Musique du monde ». Pourtant leur identité musicale dépasse largement cette appellation.

En effet, immergées très jeunes dans la pratique de la musique baroque, « Las Hermanas Caronni » se sont aussi familiarisées avec la musique amérindienne et la pratique des percussions. De leur solide bagage musical classique acquis ensuite dans les conservatoires argentins et français (Lyon), les sœurs ont atteint une parfaite maîtrise instrumentale, Par ailleurs les deux artistes portent un intérêt certain pour le jazz et la liberté que l’improvisation procure. Di Donatto, Portal et Sclavis sont quelques-uns des clarinettistes de référence cités par Gianna.

Sur le chapiteau tombe la pluie. Sous le Chapiteau « Las Hermanas Caronni » installent une douce poésie empreinte de sérénité. L’élégance de leur musique triomphe des éléments naturels.

las-harmanas-caronni_ambronay-chapiteau_17092016_nvC’est en toute simplicité et vêtues de noir que les jumelles Caronni présentent leur duo et leur répertoire. Elles ont le souci de caractériser les influences de leur musique et donnent des repères au public d’Ambronay toujours curieux de découvrir les artistes présentés sous le Chapiteau. Parmi les treize titres inscrits au répertoire proposé, huit appartiennent à leur album « Navega Mundos » (Les Grands Fleuves/L’Autre Distribution) sorti en novembre 2015.

La tradition argentine imprègne le répertoire de « Las Hermanas Caronni ». Les musiques du Nord-Ouest de l’Argentine inspirent Cansino, un duo instrumental très calme, presque méditatif qui incite à prendre le temps. C’est du côté des traditions amérindiennes que les sœurs tirent leur inspiration pour le titre Esta cajita qui met en évidence la dimension percussive de ces musiques, l’une utilisant le corps du violoncelle et l’autre les « sabots de chèvre » pour marquer le tempo.

Les jumelles se réapproprient un tango de 1942, Yuyo Verde (« herbe folle »), dont elles donnent une version très libre.las-harmanas-caronni-3_ambronay-chapiteau_17092016_nv En effet, après une introduction instrumentale sensible elles s’évadent du cadre traditionnel du tango. Le murmure de la clarinette s’enroule autour de la mélodie nostalgique que chantent les cordes du violoncelle mais la passion reste sous-jacente. C’est La Chica del 17, un tango « vintage » que les sœurs interprètent en l’honneur à leur grand-mère qui leur a transmis le gout du chant. Laura entraîne son violoncelle dans une danse enlevée et sautillante. Avec Chamuya c‘est la milonga qu’explorent « Las Hermanas Caronni ». Ce titre plein d’humour figure sur leur deuxième album « Vuela ». Il s’agit d’une « milonga chinoise » écrite en souvenir de la période où elles croisent Juan Carlos Cáceres et jouent dans un orchestre de tango dans le quartier de Belleville à Paris. Le violoncelle lyrique laisse la parole à la clarinette basse très expressive qui ponctue son discours de citations de « La vie en rose » et de « Summertime ». La voix de Laura s’en mêle et installe une ambiance chinoise avant de reprendre des tonalités plus argentines.

La musique de « Las Hermanas Caronni » fait aussi des escapades du côté de la péninsule ibérique avec El Espagñol un morceau instrumental mélancolique d’inspiration espagnole. Les musiciennes font un clin d’œil à l’Andalousie avec leur reprise du titre des « Doors », Spanish Caravan. Pour pimenter le tout elles insèrent des bribes d’un morceau classique qu’elles donnent à découvrir au public. Il s’agit de « Tableaux d’une exposition » de Moussorgsky.

« Las Hermanas Caronni » saluent aussi la France avec une version très personnelle du morceau de Brassens, Je me suis fait tout petit. Leur pointe d’accent charmant accompagne leur interprétation de ce titre où la clarinette prend des accents klezmer et la voix de Laura se lance dans un scat très souple. Interrompues par les applaudissements du public abusé par la fin du scat, les sœurs ne se laissent pas déstabiliser et reprennent le morceau pour le terminer avec une fantaisie quelque peu dramatisée sur les cordes du violoncelle.

Avec émotion, les sœurs rappellent l’arrivée de leurs grands-parents suisses-italiens sur la terre argentine et interprètent Pachamama, « terre-mère » en leur mémoire. Les deux voix se superposent, puis la clarinette brode et esquisse un pas de tango.

Au-delà de toutes leurs influences musicales, « Las Hermanas Caronni » nourrissent leur répertoire de poésie et de douceur. On retient Macondo, composition écrite en hommage à l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez qui a situé à Macondo l’intrigue de son roman « Cent ans de solitude ». Elles nous rappellent d’ailleurs que ce roman est toujours d’actualité et que le temps tourne en rond. On a aimé les vers de Rainer Maria Rilke chantés sur la version inspirée de La mélodie des Choses dont la musique est écrite par Laura Caronni.

Le public ne cache pas son enthousiasme pour la musique des jumelles Caronni qui reviennent avec Drume negrita, une berceuse traditionnelle cubaine. « Las Hermanas Caronni » invitent ensuite les spectateurs à les rejoindre pour un After au Bar du Festival.

laura-caronni_ambronay-after_170916_nvC’est gianna-caronni_ambronay-after_cl_17092016_nvdans un bar bondé que les musiciennes sont accueillies pour l’After. Après leur généreuse prestation, elles jouent le jeu et offrent un second concert qu’elles animent avec patience et pédagogie. Elles se présentent et n’hésitent pas à donner des précisions très éclairantes concernant leurs trajectoires personnelles et les musiques qu’elles interprètent. On découvre la chacarera, rythme argentin inspiré de l’époque de la colonisation et typique de leur région d’origine, vers Rosario dans la campagne du nord-est de l’Argentine. C’est ensuite l’histoire d’un homme qui parcourt la pampa et dont la seule compagnie est celle d’un essieu grinçant, … en quelque sorte une rencontre musicale entre Jean-Sébastien (Bach !) et Atahualpa Yupanqui. En fin de soirée, elles entraînent le public à chanter avec elles une valse créole qui conte l’histoire d’un cheval têtu et indomptable.

Après cette soirée teintée d’une nostalgie toute argentine, il vient la tentation de réécouter « Vuela » et « Navega Mundos »  pour se replonger dans l’univers de « Las Hermanas Caronni » que l’on quitte avec regret. Par contre on se console en apprenant que prochainement leur premier album, « Baguala de la siesta » (actuellement indisponible) va être pressé de nouveau.

Saison 2018/19 à l’Auditorium de Lyon

Saison 2018/19 à l’Auditorium de Lyon

Portée par l’excellence artistique, la saison 2018/2019 de l’Auditorium-Orchestre National de Lyon promet d’intenses moments musicaux du côté du Jazz et des Musiques actuelles. De quoi se réjouir !

lire plus
Marjolaine Reymond présente « Demeter No Access »

Marjolaine Reymond présente « Demeter No Access »

Une fois de plus, Marjolaine Reymond s’aventure hors des cadres et refuse d’enfermer son art dans des frontières de style. Avec un talent créatif hors norme elle mêle toutes les couleurs de sa palette d’artiste dans l’univers ensorcelant de « Demeter No Access ». Telle une prêtresse hallucinée, elle continue à inventer un monde dans lequel il fait bon s’immerger.

lire plus
Kenny Barron présente « Concentric Circles »

Kenny Barron présente « Concentric Circles »

Le 04 mai 2018 Kenny Barron présente chez Blue Note son tout dernier projet, « Concentric Circles ». L’album confirme, s’il est encore besoin de la préciser, le talent de ce pianiste élu sept fois « meilleur pianiste de l’année » par les JJA. Un album à l’image de la prestigieuse carrière de l’artiste.

lire plus
Melingo, le tango du XXIème siècle

Melingo, le tango du XXIème siècle

« Anda », le tango blues halluciné de Melingo

Écouter « Anda », c’est comme visionner dix scènes d’un ciné-tango sonore peu conventionnel. C’est comme entrer dans un cabaret baroque où Melingo convoque Serge Gainsbourg, Erik Satie et d’autres fantômes felliniens qui peuplent le nouvel univers du chanteur.

200-220Melingo_couv Avec Anda » (World Village/Harmonia Mundi), le poète et clarinettiste argentin Daniel Melingo, inscrit définitivement le tango dans les musiques du XXIème siècle. L’album est conçu comme une bobine de ciné-tango, comme un road-movie sonore peuplé de voyous pittoresques et déjantés.

Avec Melingo, point question de tango conventionnel. Certes il nous avait déjà habitués à des univers singuliers avec « Corazón & Hueso » en 2011 puis avec « Linyera » en 2014. En 2016, Melingo poursuit son vagabondage musical avec dix titres d’une aventure picaresque qui régénère le tango. Au gré de ses inspirations, l’Argentin creuse ainsi le sillon d’un tango renouvelé. Un tango noir ambiancé à la Gardel teinté d’un surréalisme un peu sombre.

Tel un crooner bluesy le chanteur nous entraîne dans son nouvel univers. C’est avec plaisir qu’on retrouve la voix éraillée et rocailleuse de Melingo et de son opéra surréaliste en « tango-majeur ».

Se Vienne el Dos Mil, ouvre avec un son d’archive avec le pianiste et chef d’orchestre Osvaldo Pugliese (1905-1995), cet « ouvrier du tango » qui dialogue brièvement en 1987 avec Luis Alposta, le poète, dessinateur, peintre, essayiste, auteur de nombre des textes de Melingo. Ce court moment est suivi d’un long prologue instrumental au rythme étiré et à la mélodie lancinante qui flotte en totale liberté. Le ton est donné.320_Melingo©Nora-Lezano_MG

Les textes des deux titres suivants sont signés de Luis Alposta. D’abord A Lo Megata écrit en hommage au Japonais Tsunayoshi Megata qui diffusa le tango au Japon à partir de 1926 puis Igualito Que El Tango.

C’est ensuite un autre monde qui se profile. On découvre le soleil tropical en volant à travers les nuages pour finalement parvenir dans une forêt de Chine où tout explose. D’abord Sol tropical320_Melingo_©t_Nora-Lezano3, un tango alangui puis Volando Entre Las Nubes, titre instrumental inquiétant à l’ambiance western rocky. Enfin, le titre En Un Bosque De La China déjà évoqué dans l’article « Anda, le tango halluciné de Melingo ».

Melingo poursuit en parfait Intoxicated man qui dialogue avec le Gainsbourg de l’album « Du Jazz dans le ravin ». En musique on participe aux cauchemars du chanteur qui voit des « éléphants roses, des araignées sur le plastron d’un smoking, des chauves-souris au plafond du living-room ». Melingo se tourne ensuite vers Satie pour une Gnossienne instrumentale avant Espiral nostalgique en diable et enfin Anda qui termine l’album avec des ambiances aigres-douces.

Le tanguero Melingo travestit son personnage habituel mais que l’on ne s’y trompe pas, le tango demeure son cheval de bataille et est toujours le grand triomphateur. Un tango hors norme, un tango revigoré, un tango illuminé. Anda !

Saison 2018/19 à l’Auditorium de Lyon

Saison 2018/19 à l’Auditorium de Lyon

Portée par l’excellence artistique, la saison 2018/2019 de l’Auditorium-Orchestre National de Lyon promet d’intenses moments musicaux du côté du Jazz et des Musiques actuelles. De quoi se réjouir !

lire plus
Marjolaine Reymond présente « Demeter No Access »

Marjolaine Reymond présente « Demeter No Access »

Une fois de plus, Marjolaine Reymond s’aventure hors des cadres et refuse d’enfermer son art dans des frontières de style. Avec un talent créatif hors norme elle mêle toutes les couleurs de sa palette d’artiste dans l’univers ensorcelant de « Demeter No Access ». Telle une prêtresse hallucinée, elle continue à inventer un monde dans lequel il fait bon s’immerger.

lire plus
Kenny Barron présente « Concentric Circles »

Kenny Barron présente « Concentric Circles »

Le 04 mai 2018 Kenny Barron présente chez Blue Note son tout dernier projet, « Concentric Circles ». L’album confirme, s’il est encore besoin de la préciser, le talent de ce pianiste élu sept fois « meilleur pianiste de l’année » par les JJA. Un album à l’image de la prestigieuse carrière de l’artiste.

lire plus