Zoom sur Jazz à Vienne 2017 avec Benjamin Tanguy

Zoom sur Jazz à Vienne 2017 avec Benjamin Tanguy

 Partir du passé pour construire l’avenir du jazz

Du 29 juin au 13 juillet, Jazz à Vienne propose 14 soirées au Théâtre Antique. Benjamin Tanguy, coordinateur artistique du festival, met en évidence les liens qui se tissent au cœur des soirées et révèle les lignes de cohérence de cette édition 2017.

Après avoir présenté la programmation du festival jazz à Vienne 2017 avec ses stars, ses hommages et ses soirées thématiques on a souhaité s’entretenir avec Benjamin Tanguy, le coordinateur artistique du festival pour en savoir plus. On le remercie d’avoir accepté de faire un zoom explicite sur les liens qui sous-tendent la trame de l’organisation et donnent du sens à cette programmation.

Nicole Videmann : pouvez-vous préciser ce qui caractérise cette édition 2017 du festival Jazz à Vienne ?

Benjamin Tanguy : cette édition 2017 se déroule du 29 juin au13 juillet avec de nombreux hommages à des artistes qui ont marqué l’histoire du jazz et de la musique au sens large du terme. A vrai dire, l’idée n’est pas de rendre des hommages dans un contexte nostalgique en prétendant que « la musique c’était mieux avant ». En fait, il s’agit plutôt d’avancer avec le passé pour construire l’avenir. Il convient de se rendre compte de tout ce que ces artistes (à qui l’on rend hommage) ont apporté et en même temps de se dire que la nouvelle génération de musiciens possède cela en héritage et qu’elle l’assume. Autrement dit, les musiciens d’aujourd’hui se sont construits avec cette musique-là et donc ce qu’ils vont produire dans le présent et dans l’avenir sera influencé par ces artistes disparus.

C’est bien le cas avec John Coltrane qui est un des musiciens qui a le plus révolutionné le jazz, lui qui était à l’aise sur de nombreux registres (be-bop, hard-bop, free jazz) et qui était autant attiré par des musiques indiennes que par des musiques africaines. Un tel artiste continue d’influencer les musiciens. Ceux qui apprennent le jazz dans les écoles de musique, dans les conservatoires et même de manière autodidacte sont influencés par Coltrane.

Un projet comme la rencontre entre Jeff Mills et Émile Parisien, le 03 juillet lors de la Soirée Hommage à John Coltrane, s’inscrit dans cet axe et correspond à ce que le festival aime présenter. En l’occurrence, avant d’avoir connaissance de leur projet à l’automne dernier, on savait que Coltrane faisait partie des influences du saxophoniste Émile Parisien mais on ignorait que Jeff Mills était un passionné de Coltrane. Leur rencontre prouve que des musiciens actuels a priori fort différents arrivent à communiquer musicalement autour de l’œuvre de musiciens disparus qui les ont influencés. Nous souhaitons faire connaître au public la musique de ceux qui influencent encore aujourd’hui les artistes d’aujourd’hui.

Pour Prince il s’agit de la même chose. Jeanne Added qui a débuté dans le jazz est capable de chanter pendant 4 heures d’affilée la musique de Prince avec beaucoup d’émotion. Ce qu’on veut présenter le le 08 juillet, c’est une soirée consacrée à la musique de Prince et non pas faire défiler des artistes qui ont joué avec lui. Bien sûr Larry Graham a été un de ses bassistes mais il n’a joué avec Prince que durant une période. En guise d’Hommage à Prince, on initie donc une création avec deux artistes qui représentent Prince et le funk à la française, Jeanne Added et Marco Prince, et Juan Rozoff qui fut un des ambassadeurs de la funk dans les années 90 aux côtés de FFF (Fédération Française de Funk) même s’il a depuis un peu quitté la scène funk. Il y aura aussi Trombone Shorty qui a joué avec Prince et qui se produit très souvent avec Lenny Kravitz, lui-même très influencé par Prince.

Dans toute la programmation de Jazz à Vienne il y a un fil. Par exemple Keziah Jones vient sur scène le 13 juillet dans la All Night Jazz avec un nouvel EP qui précède un album à venir à la rentrée. Or, sur cet album et donc dans le répertoire qu’il va présenter il y a des reprises de Coltrane et de Fela Kuti (auquel est consacrée la journée du 02 juillet) et l’on sait aussi combien Keziah Jones est influencé par Prince. Il existe donc des liens entre tous ces artistes présentés et ceux du passé.

L’idée est de mettre en évidence tout ce que le passé nous a appris, de ne pas lui tourner le dos et en même temps de ne pas adopter un côté nostalgique, d’être fier de ce que ces musiciens disparus ont apporté à la musique et de continuer à avancer avec leur musique.

NV : qu’en est-il en ce qui concerne David Bowie ?

BT : Cela procède de la même logique pour ce qui concerne le magnifique hommage qui sera rendu par Seu Jorge lors de la All Night Jazz. Suite à la disparition de David Bowie, le guitariste et chanteur brésilien Seu Jorge a décidé de jouer en live les morceaux de Bowie qu’il interprétait en brésilien dans le film de 2004 « La vie Aquatique » de Wes Anderson. Sur la scène du Théâtre Antique le 13 juillet, Seu Jorge va chanter exclusivement en brésilen, simplement accompagné de sa guitare acoustique dans un décor très marin évoquant le film, avec le bonnet rouge (référence à Cousteau) et des images du film qui seront projetées sur les écrans. Après 22h quand la nuit sera tombée, Seu Jorge sera seul sur scène… ce sera magique. On rêvait depuis 6 ans de faire venir cet artiste au festival. Cette année nous avons su très tardivement que sa venue était confirmée et nous nous en réjouissons.

NV : on peut donc percevoir un délicat fil d’Ariane qui relie tous ces hommages ?

BT : Oui c’est vrai. A vrai dire c’était quasi incontournable pour ceux qui ont disparu comme Coltrane et Fela Kuti (décédés respectivement en 1967 et 1997), mais il ne s’agit pas uniquement de marketing a priori. En fait on essaie de créer des liens, de proposer ces spectacles à un nouveau public.

Par exemple l’hommage à Zawinul n’est pas corrélé avec le fait que 2017 constitue une date anniversaire de sa mort (2007). En fait, à l’origine on envisageait de proposer une éventuelle « Carte Blanche » à Vincent Peirani. L’accordéoniste évoque alors ses après-midis d’adolescence où il relevait les chorus de Joe Zawinul. On ignorait tout à fait que l’accordéoniste Peirani avait pu être influencé par Zawinul. En outre son binôme musical Émile Parisien avait déjà rendu un hommage à Zawinul en juillet 2010 au Parc Floral avec Paco Sery. Du coup ils ont conçu un projet qui sera présenté le le 04 juillet dans le cadre de la Soirée French Touch. Il faut s’attendre à quelque chose d’assez génial puisqu’il y aura aussi à leurs côtés des musiciens qui ont joué avec Joe Zawinul en l’occurrence, Lindley Marthe (basse) Paco Serry (batterie), et aussi Aziz Sahmaoui (percussions).

NV : en quelque sorte il existe un passage de témoin entre les « créateurs disparus » et la nouvelle génération ?

BT : Oui et cela devrait permettre au public de continuer à évoluer en même temps que le jazz comme cela s’est déjà fait depuis les années 20 au fur et à mesure de l’évolution des styles, du swing au be-bop, puis au hard bop, au free jazz ou à la fusion etc… Certes certains publics sont restés fidèles à une chapelle ou à une autre mais l’essentiel pour le festival est d’essayer de faire plaisir à tous ces fans de jazz, d’aller vers d’autres publics et aussi de faire du lien entre les publics et les musiques.

Pour y parvenir, il convient de présenter des projets cohérents, de tenter quand cela est possible de faire du lien entre la première scène et la tête d’affiche, même si cela n’est pas toujours très simple sur 15 jours de festival. Il est vrai que cela est complqué car l’organisation des tournées ne permet pas toujours de travailler les thèmes de manière suivie. Les artistes pressentis en septembre ne sont plus toujours disponibles en février…

NV : au-delà de la programmation qu’est-ce qui différencie  le festival Jazz à Vienne de tous les autres festivals de jazz français ?

BT :après réflexion et avec le sourire… C’est le lieu magique que constitue le Théâtre Antique de Vienne. D’abord il possède une acoustique exceptionnelle et aussi il induit une proximité rare entre les artistes et le public. Ce « mur d’humanité » impressionne les artistes autant de jour que de nuit. De plus, les musiciens voient la Vierge Noire de Pipet qui surplombe le Théâtre. Particulièrement lorsqu’elle est éclairée durant la nuit certains artistes ressentent une sorte de connexion mystique.

Il y a aussi un autre élément propre à Jazz à Vienne. Le public ne vient pas pour être vu, pour se montrer, il vient pour l’échange, pour vivre la musique en direct. De nombreux festivaliers se retrouvent d’année en année, ils se sont approprié le lieu et se placent presque toujours au même endroit. Pour eux, Jazz à Vienne est un rendez-vous annuel vis à vis duquel ils manifestent une sorte d’attachement populaire. Ce festival appartient  finalement à tout le monde et surtout aux musiciens. Il est vrai que créé par des passionnés, le festival Jazz à Vienne a toujours eu le souci de mettre en avant la musique et les musiciens qui sont les stars du festival.

NV : en 2017 au-delà de ces points déjà évoqués, sur quoi souhaitez-vous attirer l’attention des festivaliers ?

 BT : 37 années de festival n’empêchent pas de s’interroger et d’envisager des remises en question pour avancer. Après avoir dématérialisé la billetterie, on fait le choix de passer au paiement sans espèces via l’utilisation d’une carte ou d’un pass. On parle de paiement cashless. Plus besoin de fouiller dans les poches ou les sacs à la recherche de billets, de pièces, des files d’attente moins longues, un système rapide et sécurisé sans blocage à la caisse où il n’y aurait plus de monnaie. Les festivaliers peuvent charger sur la carte ou le pass le montant de leur choix, de chez eux ou sur place et peuvent alors payer de manière rapide et sécurisée…

NV : … et ainsi on peut être encore plus disponible pour profiter de la musique et la partager avec ses voisins en toute convivialité !

Propos recueillis le 18 avril 2017 auprès de Benjamin Tanguy, coordinateur artistique de Jazz à Vienne
Ricardo Del Fra dévoile « Moving People »

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Après « My Chet My Song », Ricardo Del Fra revient le 19 octobre 2018 avec l’album « Moving People ». Dix compositions originales centrées autour des voyages et de l’espoir des populations en mouvement à la recherche d’un monde meilleur. Entouré par des musiciens venus de larges horizons le contrebassiste livre une œuvre musicale lyrique et chargée d’émotions.

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Ray Lema signe « Transcendance »

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Ray Lema présente son nouvel album « Transcendance » annoncé pour le 19 octobre 2018. A la tête d’un sextet énergique, le pianiste exprime son amour pour la musique. Sur neuf titres inédits, sa musique universelle invite à un voyage au cœur des rythmes. Un condensé de joie pour vivre la transe en danse.

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Clin d’œil à Hubert Dupont & Smart Grid

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Après son projet « Golan-Al Joulan », le contrebassiste Hubert Dupont revient à la tête d’un quartet saxophone alto-piano-contrebasse-batterie. Via le titre de son album,, « Smart Grid », le leader confirme une évidence, le jazz serait affaire de réseau intelligent. La nouvelle est bonne même si elle n’est pas vraiment nouvelle. Hubert Dupont replonge dans les flux de la musique improvisée pour le meilleur.

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Tony Allen annonce la sortie d’un EP en hommage à Art Blakey

Tony Allen annonce la sortie d’un EP en hommage à Art Blakey

De Art Blakey à Tony Allen via Blue Note

Le batteur Tony Allen annonce la sortie chez Blue Note d’un EP de quatre titres avant la parution prochaine de son premier album sur le label mythique annoncé pour septembre 2017. « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers » rend hommage au batteur de jazz américain Art Blakey, influence majeure de Tony Allen.

En attendant la sortie de son album attendu pour l’automne, Tony Allen annonce la parution d’un EP de quatre titres produit par Vincent Taurelle, « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers » (Blue Note/Universal) disponible dès le 19 mai 2017.

Moanin, A Night In Tunisia, Politely et Drum Thunder Suite. Quatre standards des « Jazz Messengers » rejoués à travers le prisme de l’afrobeat.

Le style de Tony Allen tient autant des influences nigérianes et africaines que de celles des boppers rythmiciens que furent Kenny Clarke, Max Roach et Art Blakey. Surnommé « Bihaina » en Afrique où il a longtemps séjourné, le batteur Art Blakey (1919-1990) est cité comme le plus africain des batteurs américains de jazz. Il est aussi identifié comme l’un des pères du be-bop à la batterie, au même titre que Kenny Clarke et Max Roach.

Quand Tony Allen a entendu Art Blakey la première fois à Lagos dans les années 1960, il s’est imaginé écouter plusieurs percussionnistes jouant ensemble. Lorsqu’il réalise qu’un seul homme produit cela sur un seul et même instrument, il conçoit d’aborder son instrument de la même manière, comme un orchestre. Il déclare d’ailleurs : « je m’engage dans la batterie comme dans un orchestre, j’essaye de rendre mon jeu orchestral ».

Tony Allen pratique « l’articulation/désarticulation des éléments de la batterie, insiste sur la charley et la cymbale ride permettant de lâcher les coups sur les autres tambours ».

D’origines nigériane et ghanéenne, le batteur Tony Allen est né à Lagos le 12 août 1940. Il débute son instrument à dix-huit ans tout en travaillant comme technicien radio. En 1964, Tony Allen commence à jouer avec Fela Anikulapo Kuti. Du jazz, ils vont évoluer vers leur propre style, l’afrobeat, invention parachevée lors de leur tournée américaine de 1969, aux côtés de musiciens afro-américains, à cette époque houleuse de l’après-assassinat de Martin Luther King.

Tony Allen fut le batteur de Fela Kuti mais aussi son directeur artistique. D’ailleurs Fela lui-même a affirmé: « Sans Tony Allen il n’y aurait pas d’afrobeat ». Avec Fela Kuti & Africa 70, Tony Allen participe aux enregistrements majeurs du groupe tels que « Jealousy Progress » (1978), « No Accomodation for Lagos » (1978) ou « No Discrimination » (1978). 36 albums à leur crédit.

En 1979 Tony Allen rompt avec le chanteur et rejoint l’Europe pour tracer sa propre voie. Il travaille avec de nombreux musiciens notamment avec Ray Lema et Roy Ayers, le « Never Expect Power Always » et surtout Manu Dibango sur l’album « Wakafrika »  en 1994. Avec son propre album « Black Voices » Tony Allen réalise en 2000 la fusion entre afrobeat, rock, funk et hip-hop. En 2003  il sort l’album « Home Cooking », alliant pureté du style et des mélopées traditionnelles avec dub, funk et sonorités électroniques puis « Unsung Heroes » et « Soul II Soul ».

Après un « Tony Allen Live » en 2004, le batteur retourne à ses racines en enregistrant, dans son pays natal, le disque « Lagos No Shaking » en 2006. En 2007, Tony Allen et son nouveau groupe dénommé ‘The Good, The Bad and The Queen’ rend hommage au chanteur Bono, activiste investi dans des missions humanitaires africaines, sur l’album « In The Name of Love : Africa Celebrates U2 » (2008).

Depuis plusieurs années Tony Allen tente de nombreuses expériences (techno, électro). En 2012, le maître de l’afrobeat participe à « Rocket Juice & the Moon », avec le bassiste Flea (du groupe ‘Red Hot Chili Peppers’) et Erykah Badu. Damon Albarn, l’ex-chanteur de Blur est également présent sur le titre Go Back, extrait du dixième album solo de Tony Allen, « Film of Life », paru en octobre 2014 et produit par le groupe français les « Jazzbastards » (Ludovic Bruni, Vincent Taeger et Vincent Taurelle) chez Jazz Village.

On peut dire aujourd’hui que le batteur connaît une seconde jeunesse à Paris et en France. On se souvient avoir écouté un concert donné par Tony Allen en « Hommage à Art Blakey » le 11 mars 2016 dans le cadre du festival A Vaulx Jazz.

En 2017, en enregistrant le répertoire d’Art Blakey, Tony Allen, le batteur inventeur de l’Afrobeat se fait plaisir et rend  hommage à l’une de ses sources d’inspiration, Art Blakey, le batteur inventeur du hard bop. On se rappelle qu’Art Blakey enregistrait en son temps sur le label historique Blue Note. Ainsi avec « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers », le nouveau projet de Tony Allen gravé sur Blue Note, la boucle est bouclée. Blue Note relie donc ces deux batteurs essentiels.

On découvre le premier single de l’EP « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers » qui permet d’écouter la version que Tony Allen donne de Moanin’, la composition du pianiste Bobby Timmons.

Rendez-vous prochainement pour retrouver Tony Allen et la sortie de l’album complet « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers » attendu pour la rentrée d’automne chez Blue Note.
Ricardo Del Fra dévoile « Moving People »

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Clin d’œil à Hubert Dupont & Smart Grid

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Youn Sun Nah explore un nouvel univers, « She Moves On »

Youn Sun Nah explore un nouvel univers, « She Moves On »

La chanteuse va de l’avant mais conserve son ADN

Sur son nouvel album « She Moves On », la chanteuse Youn Sun Nah explore plusieurs facettes de la musique nord-américaine. Quatre ans après « Lento » sa voix unique n’a rien perdu de son élégance et de son potentiel émotionnel. Ballades touchantes, mélodies nostalgiques… Youn Sun Nah fait mouche.

Les titres des albums de Youn Sun Nah enregistrés sous le label ACT parlent… En 2009 la chanteuse dit son goût pour le « Voyage ». En 2013 avec « Lento » elle affirme son intérêt pour les ballades. Si en 2011 sur « Same Girl », elle avouait être restée la même, en 2017 sur « She Moves On », Youn Sun Nah explore d’autres contrées et avance mais sa voix n’en demeure pas moins reconnaissable dès la première note.

« She Moves On ». Sur ce nouvel opus, l’univers musical de la chanteuse Youn Sun Nah évolue. Le titre de l’album lui-même annonce la couleur. Elle va de l’avant, elle tourne la page en quelque sorte mais elle n’en renie pas pour autant son esthétique. Son ADN, sa VOIX, demeure. En effet, la chanteuse possède toujours ce pouvoir de captiver l’auditeur. Elle transforme son chant en ondes porteuses de mille éclats qui deviennent autant d’émotions lumineuses. 

On a annoncé « Shes Moves On » le nouvel album de Youn Sun Nah et sa prochaine venue sur les scènes de l’hexagone durant le printemps et l’été. Vient maintenant le temps de présenter ce quatrième opus de la chanteuse coréenne chez ACT. Cet album est bienvenu après l’absence de la chanteuse sur les scènes européennes depuis le printemps 2015.

Annoncé pour le 19 mai 2017, l’album « She Moves On » (ACT/PIAS) donne à entendre Youn Sun Nah dans un nouvel environnement musical. La chanteuse explore la musique nord-américaine avec un tout nouveau quartet américain. En premier lieu il convient d’évoquer celui qui est le producteur et l’arrangeur de l’album, le pianiste et claviériste Jamie Saft.

Plutôt connu pour son travail auprès des musiciens de l’avant-garde américaine comme John Zorn, Marc Ribot, Cuong Vu et Chris Speed, Jamie Saft démontre aussi sur ce disque son talent d’accompagnateur. Ses subtiles variations génèrent de sensibles atmosphères qui conviennent tout à fait à l’expression nuancée de la chanteuse. Comme producteur Jamie Saft a veillé à doter l’album d’un son chaleureux et feutré qui évoque les chansons de ces grands compositeurs et/ou interprètes du passé. Rien de vintage pourtant. L’ambiance demeure ancrée dans le XXIème siècle.

Pour avoir accompagné des musiciens aussi différents qu’Ornette Coleman ou Elvis Costello, le contrebassiste Brad Jones est lui aussi l’homme de la situation. Batteur du groupe « The Little Willies », Dan Rieser a participé à plusieurs enregistrements de Norah Jones dont le fameux « Come Away With Me », ce qui laisse penser qu’il a quelque familiarité avec l’accompagnement des voix. On comprend qu’une telle section rythmique soit capable de s’adapter à des contextes très différents qui vont de l’avant-garde à la pop. Leur présence sur l’album contribue pour beaucoup à sa qualité.

Quant au guitariste qui intervient sur cinq titres, on ne pouvait rêver mieux puisqu’il il s’agit du talentueux Marc Ribot dont les interventions toujours aussi brillantes et inspirées contribuent à faire de cinq chansons les moments phares de l’album. On peut aussi noter l’intervention d’un quartet de cordes sur une composition originale qui tente de restituer l’ambiance des années 60. L’enregistrement de « She Moves On » s’est déroulé aux studios Sear Sound de New York, au cœur du quartier de Hell’s Kitchen.

Dans son nouveau répertoire, Youn Sun Nah explore avec talent quelques titres allant du rock à la pop, en passant par le folk, le jazz, sans oublier les musiques traditionnelles auxquelles s’ajoutent trois compositions originales, Traveller qui ouvre l’album, Too Late (où intervient le quatuor de cordes) et Evening Star en final.

Dans des albums précédents, la chanteuse avait déjà revisité des titres de pop, de chanson française (Philippe Sarde), de rock (Metallica, Tom Waits, Nine Inch Nails), des chants traditionnels (coréen et américain) et même un morceau de Scriabine. Sur son nouvel album, Youn Sun Nah explore uniquement des musiques nord-américaines. On retrouve deux chants traditionnels. Black Is The Colour Of My True Love’s Hair (1915) qu’a interprétée Nina Simone et la chanson A Sailor’s Life (18ème siècle) d’après la version arrangée par « Fairport Convention » où chantait Sandy Danny en 1969.

En ce qui concerne les reprises, certaines ont obtenu des triomphes en leur temps comme par exemple Teach The Gifted Chrildren, le fameux titre que Lou Reed a enregistré en 1980 sur « Growing Up in Public ». La tonalité bluesy enjouée donnée par Marc Ribot est accentuée par la sobriété vocale de la chanteuse et par l’accompagnement de la section rythmique qui se calque sur le titre original.

D’autres reprises sont moins connues comme la chanson She Moves On enregistrée en 1990 par Paul Simon sur l’album « The Rhythm of the Saints » où la section rythmique offre une caisse d’écho à la voix de la chanteuse qui, stimulée par la guitare accrocheuse, se fait un peu plus aventureuse. The Dawntreader enregistré en 1968 par Joni Mitchell sur son premier album studio « Song to a Seagul  » ne compte pas parmi les titres les plus connus de la chanteuse américaine. La comparaison entre les versions des deux chanteuses demeure à l’avantage de l’originale beaucoup plus sensible, même si l’accompagnement de Jamie Shaft se fait très discret. Sur le seul titre qui émarge quelque peu dans le répertoire jazz, Fools Rushing In de R. Bloom et J. Mercer, l’orchestre contribue à donner un côté lénifiant à cette chanson que même Sinatra n’avait pas pu gommer en 1940. 

On a particulièrement apprécié la reprise que Youn Sun Nah fait avec la guitare écorchée de Marc Ribot de Drifting, la ballade dont Jimi Hendrix avait gravé un premier jet mais qui fut publiée avec deux ajouts après sa mort en 1971 sur « The Cry of love » De même on a vibré lorsque Youn Sun Nah prend sa kalimba (piano à pouces) sur le titre traditionnel Black is The Color Of My True Love’s Hair. On a retrouvé les accents de fragilité et de puissance émotionnelle que sait prodiguer la chanteuse. Les notes posées avec parcimonie et sensibilité par la seule contrebasse respectent tout à fait ce climat intime.

A l’écoute de l’album « She Moves On » on oublierait presque que Youn Sun Nah est une improvisatrice émérite. En effet sur cet opus, les effets de l’orchestre sont soignés et la technique vocale de la chanteuse est mise au service d’une esthétique qui restitue avant tout la pureté et les mille nuances de sa voix ductile, souple et puissante. On aurait pourtant apprécié quelques interprétations plus toniques voire même les improvisations débridées auxquelles elle nous avait habituées sur scène. Sans doute cette forme d’expression spontanée et moins formelle convient-elle mieux aux concerts qu’au format discographique.

Un clip rapide pour écouter celle que l’on on a découvert en 2003 durant le Rhino Jazz(s) Festival dans la petite église de Pavezin. Le temps a passé et depuis, Youn Sun Nah a quasiment atteint le statut de diva du jazz.

 
On attend donc avec impatience d’écouter les scats ébouriffants de Youn Sun Nah lors des concerts à venir sur les scènes françaises, comme par exemple les 25 & 27 mai durant le festival « Jazz sous les pommiers » à Coutances, le dimanche 09 juillet 2017 au Théâtre Antique de Vienne dans le cadre du festival « Jazz à Vienne » ou durant le festival « Jazz à Sète » le 17 juillet prochain.
Ricardo Del Fra dévoile « Moving People »

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David Linx au Bémol 5 pour l’ouverture du club

David Linx au Bémol 5 pour l’ouverture du club

Le concert tient toutes ses promesses

Le 21 avril 2017, le public se presse pour écouter le groupe « InLab 4tet »et David Linx au Bémol 5, nouveau lieu du jazz lyonnais. Les spectateurs ont profité d’un concert généreux dans cet établissement rénové avec un goût très sûr.

L’attention des amateurs de jazz a été attirée sitôt l’annonce de l’ouverture de Bémol 5. Avec une affiche exceptionnelle, Yves Dorn, le maître de céans a mobilisé les fans de jazz vocal pour le concert d’ouverture du 21 avril et celui du 22 avril 2017. Stimulés par la venue du chanteur David Linx entouré par le groupe « InLab 4tet », les spectateurs sont venus nombreux pour le concert d’ouverture qui a affiché complet et dont la teneur a comblé l’assistance.

Dès leur arrivée au 01 rue de la Baleine dans le 5ème arrondissement de Lyon, les amateurs de jazz sont accueillis de manière tout à fait cordiale et professionnelle par la dynamique équipe du Bémol5. Ils découvrent alors l’ambiance cosy et chaleureuse des locaux rénovés avec goût par le propriétaire des lieux. Avant d’apprécier la musique, le public se restaure de produits gourmands et savoureux. Il est toujours de bon ton d’associer les plaisirs des sens et de faire palpiter les papilles avant que les vibrations de la musique ne comblent les oreilles.

Les musiciens du groupe « InLab 4tet » ouvrent le premier set par un titre de leur propre répertoire vite rejoints par David Linx qui interprète un premier morceau comme une « bénédiction » destinée au lieu. Après cette prière offerte à Bémol5, le concert continue et d’emblée on perçoit une belle alchimie entre le chanteur et les musiciens du groupe « InLab 4tet ».

Le saxophoniste Patrice Foudon, le pianiste Benoît Thevenot, le contrebassiste Alexandre Bès et le batteur Nicolas Serret ont totalement investi le répertoire proposé par le chanteur. David Linx reprend des morceaux de ses  albums « Changing Faces », « Rock my Boat », « Bandarkâh », « The Whistleblowers » et propose même de nouvelles pièces pas encore connues du public. Les titres se succèdent avec fluidité et les interactions musicales entre David Linx et ses accompagnateurs témoignent d’une réelle entente. De bout en bout du concert on perçoit entre les cinq musiciens une attention de chaque instant et une confiance mutuelle.

Avec beaucoup de retenue et de sensibilité Patrice Foudon et David Linx échangent sur Down on Lovers Lane, un titre que le saxophoniste avait arrangé pour l’album « Changing Faces » enregistré par David Linx & The Brussels Jazz Orchestra en 2007. C’est à Alexandre Bès qu’il échoie de commencer High Time, un nouveau morceau sur lequel le chanteur a écrit des paroles spécialement pour la soirée. Sur ‘Round About Midnight  David Linx fait un clin d’oeil à Claude Nougaro vis à vis duquel il manifeste une sincère admiration. Benoit Thevenot prend des chorus qui lui valent de vifs applaudissements. Le premier set se termine avec The Whistleblowers qui emporte l’enthousiasme du public.

« InLab 4tet » débute le second set avec Noré Linskignousurb - Oh Wotticabcha, un titre de leur dernier album qui fait monter le pression préparant ainsi le retour sur scène de David Linx qui revient interpréter une ballade de son prochain album. Il appelle ensuite deux représentants de la nouvelle génération des chanteurs qui ont travaillé avec lui dans sa classe au Conservatoire Royal de Bruxelles, Emmanuelle Duvillard et Loïs le Van. Les trois chanteurs commencent a capella et s’en donnent à cœur joie avant d’être rejoints par le quartet. La prestation inattendue mais ébouriffante ravit le public.

Le second set se déroule crescendo. La réaction du public a été très chaleureuse vis à vis de l’énergie dégagée par le groupe et le chanteur sur une nouvelle composition du saxophoniste Sylvain Beuf. On a aussi apprécié la version de Think About A Way to Stay, un titre de l’album « Bandarkâh » enregistré en1998 par David Linx et Diederik Wissels.

Comme on l’a précisé dans un article précédent, il convient de souligner le talent et l’engagement des musiciens du « InLab 4tet » qui ont préparé le répertoire spécialement pour les deux concerts du Bémol5 et ont contribué largement à la réussite de la soirée. La qualité de leurs interventions et leur accompagnement a permis au chanteur de s’exprimer en toute confiance et de faire montre de toute l’étendue du talent qu’on lui connaît.

Doté d’une tessiture de trois octaves, David Linx possède une identité musicale singulière et l’on peut dire qu’il a marqué le chant jazz de son ADN. Sur la scène du Bémol5, il offre, comme toujours, une prestation qui déclenche l’enthousiasme du public. Son approche stylistique mêle mélodie, harmonie et rythme d’une manière unique. Il explore avec inventivité la dimension rythmique de la musique, il embrasse l’harmonie et embrase avec impertinences les lignes mélodiques. Il propulse le son avec énergie ou murmure de délicats propos. Riche d’une musicalité lumineuse et d’une présence scénique charismatique, David Linx offre une prestation raffinée, élégante et généreuse. Il parvient à ménager un équilibre harmonieux entre sensibilité et énergie. Tel un instrumentiste il orne son chant de somptueuses onomatopées. Véritables acrobaties vocales maîtrisées, ses scats n’oublient pas d’être élégants.

On regrette que les contraintes horaires n’aient pas permis d’entendre un rappel mais on comprend tout à fait qu’il faille ménager les riverains. Le concert a ravi l’ensemble du public et c’est bien l’essentiel pour les spectateurs, les musiciens, l’organisateur et surtout pour le jazz.

Peut-être même certains spectateurs reviendront le 22 avril pour le second concert du groupe et pour les prochaines soirées dont il trouveront toutes les indications sur le site du Bémol 5. On rappelle aussi les spectacles programmés par Yves Dorn au Bémol 5 à l’occasion du Jazz Day.

Ricardo Del Fra dévoile « Moving People »

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Après « My Chet My Song », Ricardo Del Fra revient le 19 octobre 2018 avec l’album « Moving People ». Dix compositions originales centrées autour des voyages et de l’espoir des populations en mouvement à la recherche d’un monde meilleur. Entouré par des musiciens venus de larges horizons le contrebassiste livre une œuvre musicale lyrique et chargée d’émotions.

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Ray Lema signe « Transcendance »

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Ray Lema présente son nouvel album « Transcendance » annoncé pour le 19 octobre 2018. A la tête d’un sextet énergique, le pianiste exprime son amour pour la musique. Sur neuf titres inédits, sa musique universelle invite à un voyage au cœur des rythmes. Un condensé de joie pour vivre la transe en danse.

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Clin d’œil à Hubert Dupont & Smart Grid

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Après son projet « Golan-Al Joulan », le contrebassiste Hubert Dupont revient à la tête d’un quartet saxophone alto-piano-contrebasse-batterie. Via le titre de son album,, « Smart Grid », le leader confirme une évidence, le jazz serait affaire de réseau intelligent. La nouvelle est bonne même si elle n’est pas vraiment nouvelle. Hubert Dupont replonge dans les flux de la musique improvisée pour le meilleur.

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Pierre de Bethmann en résidence à l’AmphiJazz de Lyon

Pierre de Bethmann en résidence à l’AmphiJazz de Lyon

Pour sa 3ème résidence, le pianiste convoque 3 quartets

Du 17 au 20 mai 2017, l’AmphiJazz de l’Opéra de Lyon accueille le pianiste Pierre de Bethmann en résidence. Homme de défi, le musicien propose trois formats musicaux reflets de son univers musical multiforme.

Pour la troisième fois, François Postaire reçoit le pianiste Pierre de Bethmann en résidence. Il est vrai que l’AmphiJazz de Lyon suit avec intérêt le parcours de ce musicien dont l’activité musicale très dense ne cesse d’évoluer au fil du temps.

Lors de cette résidence de mai 2017, trois quartets à la géométrie variable. Lors des deux premières soirées de la résidence le pianiste se présente en trio et invite pour chaque concert un saxophoniste différent. C’est par contre un quartet claviers/percussions que Pierre de Bethmann propose pour le dernier concert de la résidence.

Depuis les années 90 et le trio « Prysm », Pierre de Bethmann poursuit plusieurs activités en parallèle. Son intense travail de sideman ne l’empêche pas de mener à bien plusieurs projets personnels. Les étapes successives du projet « Ilium » à géométrie variable dont la dernière mouture, le « Médium Ensemble » a sorti en 2016 un album intitulé « Exo (Médium Ensemble Vol2) » sous le label Aléa créé par le pianiste. Sans oublier le trio où le musicien prend le temps de travailler le swing en profondeur et avec lequel il a enregistré en 2015, sous le label Aléa, l’album « Essais (Volume 1) ». Enfin, le Quartet Shift » dont un album devrait paraître prochainement, sans doute à l’automne 2017.

Compositeur d’un répertoire exigeant dont les formes évoluent au fil du temps, Pierre de Bethmann fait confiance à sa famille musicale et à la force du collectif pour porter ses projets sans cesse tournés vers l’avenir. Sa nouvelle résidence convoque quelques-uns de ses plus fidèles compagnons de route. On lui fait confiance pour démontrer encore une fois ses talents de musicien et de créateur.

Ainsi le jeudi 18 mai à 20h30, Pierre de Bethmann se présente avec le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Tony Rabeson. Le Trio en titre de Pierre de Bethmann invite le saxophoniste Mark Turner.

Voilà bientôt trois ans que Pierre de Bethmann explore avec son nouveau Trio un répertoire de standards issus des traditions des deux bords de l’Atlantique augmentés de quelques compositions originales. On a d’ailleurs pu apprécier les talents de mélodistes de ces trois musiciens lors de leur concert du 07 juillet 2016 sur la scène de Cybèle dans le cadre du festival Jazz à Vienne. Ce jeudi soir, le trio du pianiste invite le saxophoniste ténor Mark Turner, qui s’est imposé au monde comme une référence incontournable de sa génération. Nul doute que l’idiome lyrique et raffiné du saxophoniste ne stimule l’inventivité de ce trio lumineux.

Le vendredi 19 mai à 20h30, c’est avec le contrebassiste Simon Tailleu et le batteur Karl Jannuska que se produit Pierre de Bethmann. Avec ce trio le pianiste invite le saxophoniste ténor Rick Margitza.

Simon Tailleu et Karl Jannuska sont membres du « Medium Ensemble » avec lequel Pierre de Bethmann explore des territoires innovants. Cette section rythmique d’une agilité renversante est chargée d’assurer une assise solide pour soutenir l’expression puissante et subtile de ce saxophoniste qui a joué aux côtés de Miles Davis. Au répertoire de la soirée des compositions choisies par l’un et l’autre des deux solistes.

Le samedi 20 mai à 20h30, place au quartet authentique de la soirée, un autre projet de Pierre de Bethmann en date de 2014. Il s’agit du Quartet Shift composé de Pierre de Bethmann et de Laurent Coulondre aux claviers, de Pierre-Alain Tocanier à la batterie et de Stéphane Edouard aux percussions.

Loin de l’acoustique des cuivres et des bois du « Médium Ensemble » et de ses musiques exigeantes, loin de la formule du trio piano-contrebasse-batterie au swing indubitable, ce Quartet Shift explore un répertoire créé en 2014 à L’apostrophe lors d’une résidence du groupe à Cergy-Pontoise.  On peut s’attendre à un univers aventurier et sans complexe forgé par les deux claviers et les deux instruments percussifs. A la clef, un répertoire festif où le groove devrait s’imposer sans conteste.

Il convient aussi de profiter de cette résidence à l’AmphiJazz de Pierre de Bethmann pour le découvrir en piano solo lors des AmphiMidis de 12h30. Deux rendez-vous.

Le mercredi 17 mai pour écouter le pianiste interpréter en solo une sélection de standards et le vendredi 19 mai pour le retrouver toujours en solo autour d’un répertoire constitué de compositions originales.

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