Péristyle de Lyon 2017 – Jazz Estival

Péristyle de Lyon 2017 – Jazz Estival

15ème édition du Jazz (F)estival au Péristyle

Du 08 juin au 02 septembre 2017 le jazz réinvestit le Péristyle de l’Opéra de Lyon. Versant estival de l’AmphiJazz de l’Opéra, il est devenu en 15 ans un rendez-vous incontournable.

Ainsi, la presqu’île lyonnaise et plus précisément le quartier des Terreaux résonneNT tout l’été des échos de ce club de jazz en terrasse. Les amateurs de jazz lyonnais voient avec plaisir arriver le Jazz (f)Estival du Péristyle de Lyon 2017 qui va fêter sa quinzième édition. Durant l’été sous les arcades du Péristyle de l’Opéra de Lyon il s’agit d’un vrai festival de jazz même s’il n’ose afficher lui-même cette appellation.

Durant soixante-quatorze des soirées estivales de 2017, dimanches exclus, le Péristyle devient la vitrine du jazz régional et se permet même d’inviter des musiciens de renommée nationale. François Postaire organise une programmation qui présente de nombreux courants du jazz. Du style Nouvelle-Orléans au jazz le plus contemporain, en passant par le swing, le be-bop, le hard-bop, différents idiomes de world-jazz venu des Balkans, de l’Orient ou de bien ailleurs encore, des formes instrumentales et d’autres vocales. D’année en année on découvre de nouveaux groupes, on suit l’évolution de formations plus anciennes, on observe de nouvelles associations de musiciens.

Les concerts du Péristyle sont en accès libre et l’on peut simplement écouter la musique ou faire le choix de profiter de la carte de cette quasi-brasserie estivale éphémère. Dans les faits, on peut parler de « café-jazz » ou de « jazz en terrasse ». Trois sets s’échelonnent dans la soirée, à 19h, 20h15 et 22h. Certes il n’est pas toujours aisé de pouvoir accéder au premier set qui est très fréquenté et trouver un siège pour cette séance relève presque de l’impossible. Mais les groupes jouent en général trois jours et il reste donc huit sets pour réaliser l’exploit de s’asseoir pour mieux écouter.

De nombreux curieux découvrent la musique sous les arcades au cours de leurs déambulations citadines et se saisissent de l’occasion pour une écoute occasionnelle. D’autres spectateurs sont des habitués qui reviennent régulièrement au fil des saisons et des soirées. Quoi qu’il en soit, au Péristyle, le jazz vit et s’écoute dans d’excellentes conditions. Il serait vraiment dommage de ne pas en profiter

Même si tous les rendez-vous du Péristyle de Lyon 2017 valent le déplacement, on a repéré trois moments essentiels de la programmation. Les concerts d’ouverture, ceux de la semaine du 14 juillet et ceux du feu d’artifice final.

Du 08 au 10 juin 2017, c’est le Wilhelm Coppey Quartet qui ouvre la saison du Péristyle de Lyon 2017.

Constitué de deux solistes de choix avec le pianiste Wilhelm Coppey et le trompettiste Christophe Metra et d’une paire rythmique incontournable avec le contrebassiste Patrick Maradan et le batteur Cédric Perrot, ce groupe a développé depuis de nombreuses années une esthétique très personnelle. Ils pratiquent le bop et le hard-bop avec lyrisme et efficacité et on attend avec impatience de découvrir leurs dernières compositions qu’ils viennent d’enregistrer.

Du 10 au 15 juillet, place à la Freedom Jazz Suite que propose le saxophoniste Lionel Martin.

On peut faire confiance à ce musicien dont le talent et la notoriété ne cessent de croître, pour célébrer la musique à l’occasion de la fête nationale du 14 juillet, des jours qui précèdent et de celui qui suit. Les 10 et 11 juillet, Lionel Martin se produit en trio avec le violoniste et chanteur Medhi Kruger et le pianiste Raphaël Chambouvet dont le retour est attendu. Surprise, surprise ! Projet à découvrir. Les 12 et 13 juillet, place au duo qui interprète le répertoire de leur album « Jazz before Jazz ». On ne s’en lasse pas. C’est l’occasion où jamais de savourer la musique de Louis Moreau Gottschalk interprétée par Lionel Martin et Mario Stanchev (piano). Les 14 et 15 juillet, Lionel Martin choisit de s’exprimer en quartet avec à ses côtés son compère saxophoniste Nassim Brahimi qui ne cesse de surprendre, Olivier Truchot qui est cette fois à l’orgue (et l’on ne s’en plaint pas) et Sangoma Everett dont les baguettes savent toujours faire des miracles rythmiques.

Le Péristyle de Lyon 2017 se termine en feu d’artifice avec La Compagnie Impérial qui anime la dernière semaine de la saison du 28 août au 02 septembre.

Cette compagnie regroupe des musiciens créateurs et improvisateurs parmi les plus actifs de la scène française. C’est l’énergique Imperial Quartet qui débute les 28 et 29 août avec les saxophonistes Gérald Chevillon et Damien Sabatier, le basssiste Joachim Florent et le batteur Antoine Leymarie. Les 30 et 31 août, place à l’Imperial Orpheon avec l’accordéoniste et chanteur Rémy Poulakis qui rejoint les saxophonistes et le batteur. Ça va dépoter. Le 01 et 02 septembre, l’Imperial Quartet augmenté de Ibrahima Diabaté (dundun/tamani/goni) et Oumarou Bambara (djemb,/tamani/balafon) vont faire pulser la musique avec Imperial Pulsar. Musique festive en perspective !

Outre ces trois focus, balises essentielles de la saison, la programmation tout entière vaut le détour. Pour mieux organiser les agendas de l’été et prévoir d’y aller seul ou entre amis, rien de mieux qu’une visite sur le site du Péristyle de Lyon 2017.

Adrien Chicot est de retour avec « City Walk »

Adrien Chicot est de retour avec « City Walk »

Après « All in » et « Playing in the Dark », Adrien Chicot est de retour avec « City Walk ». Fidèle à ses complices, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Jean- Pierre Arnaud, le pianiste propose un album d’une fougue et d’une élégance rares. La musique moderne, fluide et rythmique évoque avec justesse les atmosphères urbaines.

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Clin d’œil à Claudio Miotti et « CLAXXX »

Clin d’œil à Claudio Miotti et « CLAXXX »

Sur l’album « CLAXXX », le trio du guitariste Claudio Miotti présente une musique singulière. La guitare baryton du leader s’unit aux clarinettes lyriques de Matteo Pastorino et au solide groove de la batterie de Jean-Baptiste Pinet. Entre rock rageur et jazz nuageux la musique hésite et privilégie les contrastes.

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« Hymnes à l’amour » de Christophe Monniot et Didier Ithursarry

« Hymnes à l’amour » de Christophe Monniot et Didier Ithursarry

Proposé par le saxophoniste Christophe Monniot et l’accordéoniste Didier Ithursarry, l’album « Hymnes à l’amour » enchante les oreilles et réjouit les âmes. Un recueil de huit hymnes qui fleurent bon l’amour et le bonheur de jouer. Le propos musical réjouit par les propositions inventives de ces deux poètes de la musique libre.

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« Let’s BasH! » de Jowee Omicil

« Let’s BasH! » de Jowee Omicil

Une invitation à la joie universelle

Avec « Let’s BasH! », le canadien Jowee Omicil, propose un album audacieux et coloré. Le souffleur multi-instrumentiste croise mélodies et rythmes tout au long d’un voyage sans frontière. Un jazz arc-en-ciel, groovy, joyeux et décomplexé.

A travers le titre de l’album, « Let’s BasH! » (Jazz Village/Pias) sorti le 14 avril 2017, Jowee Omicil, fait référence à la joie et à l’amour qui baignent les douze titres de l’album. Amour pour les musiques, amour pour les figures de son panthéon, amour dédié au monde entier et aux pays dont il capte l’âme et les rythmes.

Ce fils de pasteur né à Montréal a grandi entre les communautés haïtienne et québécoise. Imprégné de gospel, des sonorités des chorales et des fanfares, il étudie le saxophone. Outre les musiques des combos de compas et les cadences des fêtes de sa communauté, Jowee Omicil écoute les saxophonistes altistes, Steve Coleman, Kenny Garrett puis rencontre Ornette Coleman avec qui il établit une relation de proximité pleine de déférence. Installé à New-York, il continue son apprentissage dans les clubs, la rue et le métro puis s’installe à Paris mais il continue toujours de naviguer entre ses ports d’attache.

Après trois disques (« Let’s do it », « Roots & Grow » et « Naked ») « Let’s BasH! » est en quelque sorte son premier album « international » où il entreprend de raconter des histoires. La mélodie y tient une place de choix. Sur cet opus, Jowee Omicil brasse avec une certaine audace toutes sortes de musiques. Musique créole, musique indienne, musique touareg, musique capverdienne, sans oublier jazz, gospel, soul et blues. On l’entend à la clarinette, aux saxophones soprano et alto, au cornet, au piano Rhodes et aussi au chant.

Autour de lui, une équipe élargie et énergique comme une famille musicale chaleureuse et dynamique. Trois bassistes, le Libérien Kona Kahsu, le Camerounais Jendah Manga, le Martiniquais Michel Alibo et un contrebassiste Justwody Cereyon. Deux pianistes/claviéristes, le Guadeloupéen Jonathan Jurion et le Guyanais Jean-Philippe Dary. Un guitariste, le serbe Nenad Gajin. Deux batteurs, le Martiniquais Laurent-Emmanuel Tilo Berthollo et le Camerounais Conti Bilong. Le percussionniste tabliste canadien Jeffrey Deen.

On aurait attendu du seul soliste de l’album, le leader, qu’il développe plus ses interventions pourtant inspirées et fulgurantes ou nostalgiques et pensives mais sans doute a-t-il concentré son énergie créative pour architecturer, organiser et mettre en forme un album cohérent et porteur d’énergie positive.

Encore une fois, le miracle du son est advenu grâce à la qualité du travail réalisé par Gérard de Haro, Nicolas Baillard et Clément Gallice, du studio de la Buissonne à Pernes les Fontaines. Après cinq jours d’enregistrement en octobre 2015 et les étapes de mixage et mastérisation, la musique du bouillonnant Jowee Omicil propage le message de son auteur, « Let’s BasH! ».

« Let’s BasH! ». Douze titres, douze ambiances, douze clins d’oeil. Jowee Omicil rend hommage à ses figures tutélaires ou à des lieux géographiques porteurs de fortes traditions musicales. Des mélodies simples aux tonalités lascives ou entêtantes. Une fête rythmique dont les teintes oscillent entre joie et nostalgie.

En ouverture de l’album Jowee Omicil adresse un Let’s Just BasH! hip-hop et groovy au monde entier. Il dédie une biguine aux allures néo-orléannaises à la Martinique et monte sur Le Pont d’Avignon qu’il démonte et reconstruit en dédicace à la France. Il adresse une dédicace à Tinariwen et deux titres aux musiques du Cap-Vert dont un hommage au clarinettiste Luis Morais.

Sur Chaplin Bash!, la clarinette et les tablas projettent avec un certain humour affectueux, la démarche burlesque et émouvante de Charlie Chaplin. Something Clear dédié à Sade impulse une rythmique lancinante sur laquelle le leader pose des riffs réitératifs au Rhodes alors que Jean-Philippe Darry prête sa voix sur ce morceau lascif. 

Avec Love & Honesty, une promenade métronomique, Jowee Omicil rend hommage à Ornette Coleman. Sur Ballad for Roy Hargrove le leader embouche le sax soprano. Le climat se fait d’abord tendre puis adviennent des variations rythmiques servies avec brio par le trio Alibo/Jurion/Bertholo. Le leader lâche son énergie et les cinq musiciens joignent leurs voix à l’hommage au trompettiste avant que le tempo ne ralentisse de nouveau pour laisser place à la complainte du cornet de Jowee Omicil.

One Note for Miles. Onze minutes d’une musique habitée de l’esprit du légendaire Miles Davis à qui est elle est adressée La rythmique obsédante et le chant pensif et nostalgique de Jowee Omicil restituent tout à fait les ambiances davisiennes.

« Let’s BasH! ».  Avec une relative audace, Jowee Omicil élabore une musique comme on confectionne un rhum arrangé ou un plat goûteux. Dans un bain rythmique multiculturel avec un brin de créolité, un zeste de soul, un soupçon d’humour et des mélodies simples qui se retiennent. Une musique universelle et populaire. Une musique qui prétend amener le monde à la liberté et qui ne se prend pas la tête.

Adrien Chicot est de retour avec « City Walk »

Adrien Chicot est de retour avec « City Walk »

Après « All in » et « Playing in the Dark », Adrien Chicot est de retour avec « City Walk ». Fidèle à ses complices, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Jean- Pierre Arnaud, le pianiste propose un album d’une fougue et d’une élégance rares. La musique moderne, fluide et rythmique évoque avec justesse les atmosphères urbaines.

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Clin d’œil à Claudio Miotti et « CLAXXX »

Clin d’œil à Claudio Miotti et « CLAXXX »

Sur l’album « CLAXXX », le trio du guitariste Claudio Miotti présente une musique singulière. La guitare baryton du leader s’unit aux clarinettes lyriques de Matteo Pastorino et au solide groove de la batterie de Jean-Baptiste Pinet. Entre rock rageur et jazz nuageux la musique hésite et privilégie les contrastes.

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« Hymnes à l’amour » de Christophe Monniot et Didier Ithursarry

« Hymnes à l’amour » de Christophe Monniot et Didier Ithursarry

Proposé par le saxophoniste Christophe Monniot et l’accordéoniste Didier Ithursarry, l’album « Hymnes à l’amour » enchante les oreilles et réjouit les âmes. Un recueil de huit hymnes qui fleurent bon l’amour et le bonheur de jouer. Le propos musical réjouit par les propositions inventives de ces deux poètes de la musique libre.

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Nuits de Fourvière 2017 – Focus sur Orchestra di Piazza Vittorio

Nuits de Fourvière 2017 – Focus sur Orchestra di Piazza Vittorio

Avec Mario Tronco, un « Don Giovanni » au-delà des genres

En 2017 le festival des Nuits de Fourvière invite de nouveau Mario Tronco et l’Orchestra di Piazza Vittorio Un nouvel opéra de Mozart avec cette fois la création d’un « Don Giovanni » androgyne incarné par Petra Magoni.

Comme on a déjà eu  l’occasion de l’écrire dans la présentation de la programmation des Nuits de Fourvière 2017, le festival est attaché à Mario Tronco et à l’Orchestra di Piazza Vittorio. La rencontre du chef d’orchestre avec Les Nuits de Fourvière a lieu en 2009 autour de Mozart avec une relecture originale et toute personnelle de « La Flûte enchantée » qui a triomphé en ouverture. Petra Magoni y campait une Reine de la Nuit sublime, tonique et inspirée. Forts et fiers de ce succès (le spectacle a fait le tour du monde) et fidèle à cette équipe (où l’on retrouve Leandro Piccioni qui n’est autre que l’arrangeur d’Ennio Morricone) le festival produit « Carmen », en 2013.

Après le succès des deux précédentes réalisations, Mario Tronco et l’Orchestra di Piazza Vittorio reviennent du 13 au 15 juin 2017 sur la scène du Grand Théâtre de Fourvière avec la création internationale d’un « Don Giovanni », d’après Wolfgang Amadeus Mozart.

En prélude à la création de « Don Giovanni » du 13 au 15 juin 2017 en première mondiale dans le Grand Théâtre de Fourvière, Dominique Delorme, directeur des Nuits de Fourvière a organisé le 22 mai 2017, une rencontre avec Mario Tronco au cinéma Pathé Bellecour de Lyon.

La projection du documentaire « L’Orchestra di Piazza Vittorio » (réalisé en 2006 par Agostino Ferrente) présente les origines de l’orchestre.

Cet Orchestra di Piazza Vittorio résulte d’une aventure humaine, sociale et politique dont Mario Tronco a fait battre le cœur. La naissance de l’orchestre découle du sauvetage des locaux du Cinéma Apollo de la Piazza Vittorio qu’entreprennent avec une extrême détermination Mario Tronco et son « Associazione Apollo 11 ». Dans les années 2000 la paupérisation gagne le quartier de l’Esquilin, près de la gare de Termini où la vie socio-économique se dégrade. Devant l’afflux d’immigrés, les Romains fuient le quartier où le dernier lieu culturel, le cinéma Apollo est fermé par la mairie.

En 2001, alors que le gouvernement Berlusconni est revenu au pouvoir, Mario Tronco entreprend un vrai combat pour réintroduire la vie culturelle dans le quartier via la réhabilitation du Cinéma Appolo. Il conçoit de le transformer en Théâtre et rêve d’ouvrir l’établissement par le concert d’un orchestre « international » et donc multiculturel. Le film narre cette aventure qui va s’échelonner de l’automne 2001 au 24 novembre 2002, jour où l’Orchestra di Piazza Vittorio donne son premier concert sur la scène du Théâtre dans le cadre de l’ouverture du Romaeuropa Festival.

On voit Mario Tronco et ses amis du Comité de l’Esquilin chercher des musiciens au sein des différentes communautés immigrées, les trouver, les auditionner, les aider, les stimuler. On découvre les difficultés auxquelles ils sont confrontés pour mener à bien leur projet (réfection des locaux, recherche de financements, organisation de la logistique, …) mais on perçoit les découragements et les efforts des hommes et femmes qui projettent espoir et volonté pour devenir membres de cet orchestre dont Mario Tronco a fait naître le désir chez eux.

De beaux moments de partage humain se déroulent sur l’écran entre Peppe l’Italien, Raul l’Argentin, Carlos l’Équatorien, Leandro l’Italien, Omar le Cubain, Houcine et Ziad les Tunisiens, Bilal l’Indien, et bien d’autres encore. Petit à petit l’orchestre cosmopolite se met en place. C’est pourtant seulement durant la semaine qui précède la date du concert que tout va se jouer au cours de répétitions laborieuses, anarchiques et épiques. Pour finir, la cohésion se fait. L’Orchestra di Piazza Vittorio est né le 22 novembre 2002, en ouverture du Romaeuropa Festival devant un public nombreux et participatif … « même si le concert ressemble plutôt à une répétition générale » d’après Mario Tronco.

Mario Tronco a transformé, une utopie en une réalité merveilleuse. Depuis l’orchestre a fait ses preuves, des musiciens sont restés, d’autres sont partis et d’autres encore arrivent ou reviennent.

Après la projection du film, Mario Tronco apporte aussi quelques éclairages à propos de l’orchestre qui travaille actuellement pour finaliser la préparation de la tant attendue création de « Don Giovanni ». Depuis 2008 où Dominique Delorme a découvert l’orchestre, après qu’il ait fait un tout du monde, Mario Tronco, l’Orchestra di Piazza Vittorio et les Nuits de Fourvière ont travaillé ensemble. On se souvient des magnifiques créations que furent « La Flûte enchantée » et « Carmen » et on attend avec impatience, celle de « Don Giovanni ».

Réalisé par le festival des Nuits de Fourvière en partenariat avec Groupama, l’Institut Culturel Italien et Filarmonica Romana, « Don Giovanni » sera dirigé par Mario Tronco, ce chef d’orchestre iconoclaste à l’imaginaire sans pareil. Il propose un spectacle où les frontières des genres sont abolies et les limites de l’éros repoussées. Comme de coutume l’Orchestra di Piazza Vittorio a une approche ludique de la musique classique et son style va au-delà de la conception traditionnelle des genres musicaux.

L’orchestre toujours porteur de la même liberté d’expression qu’à ses débuts se réjouit de présenter à travers le spectacle « Don Giovanni », cet icône de la liberté. La création va éclairer d’une manière nouvelle l’opéra-comique de Mozart. Dans cette variante contemporaine du célèbre mythe du dix-huitième siècle, Mario Tronco porte un regard « autre » sur le protagoniste et lit différemment les rapports entre les personnages. Transposé dans un décor de Cotton Club imaginaire en 2050, la voix androgyne du rôle-titre de Don GIovanni est confiée à Petra Magoni.

La mise en scène prévoit de placer les musiciens en hauteur sur des plates-formes à différents niveaux qui délimitent un espace circulaire scindé par une paroi de miroirs. Les musiciens sont conçus comme des personnages dans leurs fugues musicales et existentielles. Le lieu sera chargé d’énergie, de lumière et de vie.

L’aventure est aujourd’hui bien avancée pour exaucer encore une fois le rêve impossible de Mario Tronco et permettre à la musique de « Don Giovanni » de prendre vie sous la forme d’une nouvelle création avec l’Orchestra di Piazza Vottorio du 13 au 15 juin 2017 sur la scène du Grand Théâtre de Fourvière.

Pour en savoir plus encore sur la distribution des artistes qui donneront vie « Don Giovanni », rendez-vous sur le site des Nuits de Fourvière.

Adrien Chicot est de retour avec « City Walk »

Adrien Chicot est de retour avec « City Walk »

Après « All in » et « Playing in the Dark », Adrien Chicot est de retour avec « City Walk ». Fidèle à ses complices, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Jean- Pierre Arnaud, le pianiste propose un album d’une fougue et d’une élégance rares. La musique moderne, fluide et rythmique évoque avec justesse les atmosphères urbaines.

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Clin d’œil à Claudio Miotti et « CLAXXX »

Clin d’œil à Claudio Miotti et « CLAXXX »

Sur l’album « CLAXXX », le trio du guitariste Claudio Miotti présente une musique singulière. La guitare baryton du leader s’unit aux clarinettes lyriques de Matteo Pastorino et au solide groove de la batterie de Jean-Baptiste Pinet. Entre rock rageur et jazz nuageux la musique hésite et privilégie les contrastes.

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« Hymnes à l’amour » de Christophe Monniot et Didier Ithursarry

« Hymnes à l’amour » de Christophe Monniot et Didier Ithursarry

Proposé par le saxophoniste Christophe Monniot et l’accordéoniste Didier Ithursarry, l’album « Hymnes à l’amour » enchante les oreilles et réjouit les âmes. Un recueil de huit hymnes qui fleurent bon l’amour et le bonheur de jouer. Le propos musical réjouit par les propositions inventives de ces deux poètes de la musique libre.

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Ahmad Jamal revient avec « Marseille », son nouvel album

Ahmad Jamal revient avec « Marseille », son nouvel album

Ode hypnotique à la cité phocéenne

Le 09 juin 2017, Ahmad Jamal revient avec « Marseille », son nouvel album. Un nouvel opus du talentueux pianiste et compositeur constitue toujours un évènement très attendu. Il offre une partition ensoleillée et une interprétation inspirée comme une lettre d’amour musicale dédiée à Marseille, la ville intemporelle.

Ahmad Jamal revient avec « Marseille » (Jazz Village/Pias), son tout nouvel album dédié à la cité phocéenne vivante et animée. Ce géant qui figure au panthéon de la « musique classique américaine » ou « la musique afro-américaine » comme il aime à nommer le jazz, fait son retour discographique après « Blue Moon » (2012) et « Saturday Morning » (2013) déjà enregistrés sous le label Jazz Village.

Le titre Marseille qui donne son nom à l’album est repris sous trois versions. Une instrumentale en ouverture et deux autres vocales. Abd Al Malik et Mina Agossi en sont les interprètes. On note avec intérêt cette initiative dont le pianiste fait preuve à quatre-vingt-six ans en introduisant un texte sur sa musique et en collaborant avec deux « voix » atypiques et deux personnalités fortes de la scène française. Cette relative audace artistique apparaît comme le symbole d’un d’esprit ouvert et témoigne d’une jeunesse certaine.

C’est en août 2016 au festival Jazz in Marciac que le pianiste a interprété le titre Marseille en avant-première mondiale. En invitant la chanteuse Mina Agossi et le slameur Abd Al Malik, Ahmad Jamal a alors offert deux versions de cette composition dont il a écrit la musique et les paroles que la chanteuse a ensuite traduites.

« Marseille, ta voix ne cesse de m’appeler, … ville d’éternité, …. ma vie est remplie de toi, Marseille… je ne peux t’oublier tellement je t’aime, ville lumière, Marseille… »

Sur l’album on retrouve la version du slameur portée par son flow intense et captivant. Ce rappeur cinéaste et poète est, comme le pianiste, un ardent défenseur d’un islam tolérant et réfléchi  et la scansion de son chant donne encore plus de force à son discours. Empreinte d’une nonchalance presque sereine, la version de la chanteuse qui ferme l’album, tranche avec la force de celle du rappeur. L’accompagnement tout en suspension d’Ahmad Jamal prodigue la légèreté qui convient pour rendre le chant des deux artistes plus lumineux encore, comme ensoleillé par les rayons d’un soleil estival.

Sur l’album « Marseille », le pianiste est accompagnée par le contrebassiste James Cammack déjà présent à ses côtés dans les années 80/90, du percussionniste Manolo Badrena, ancien membre du groupe Weather Report et du batteur Herlin Riley, souvent écouté aux côtés de Wynton Marsalis. Le quartet tourne comme une machine bien huilée. Comme Ahmad Jamal l’a toujours pratiqué, il s’agit bien d’un jeu interactif où la parole circule entre les quatre partenaires.

Comme à son habitude le maître du clavier n’en dit jamais plus qu’il n’en faut mais capte l’attention de l’auditeur du début à la fin des huit titres de « Marseille ». L‘esthétique musicale du pianiste recèle toujours autant de subtilité, dans son approche rythmique certes mais aussi dans la relation qu’il entretient avec la mélodie et le silence. Soutenu par une section rythmique souple et solide, Ahmad Jamal construit une musique habitée d’une pulsation hypnotique et propose une promenade musicale lumineuse sur son les 88 touches de son clavier.

Outre les trois versions de Marseille, l’album propose des standards aux versions revivifiées et allégées et des compositions dont les interprétations bénéficient toutes d’une pulsation rythmique continue aux variations subtiles. Bien qu’on apprécie depuis longtemps l’inventivité et la maîtrise d’Ahmad Jamal, on se laisse encore surprendre et charmer par son phrasé rythmique unique et la grande part qu’il accorde au silence dans son expression.

Sur I came to see you/you were not there, on est séduit par sa manière d’improviser. Il demeure au plus près du thème et esquisse une ligne de chant aérienne grâce à l’inventivité harmonique prodiguée par sa main gauche qui laisse ainsi toute latitude à sa main droite pour ajouter des perles de silence à sa légère broderie musicale.

On est renversé par la relecture sans aucun cliché du grand standard Autum Leaves. Sur les presque neuf minutes que dure le morceau, le pianiste transfigure la mélodie qu’il accompagne d’harmonies sans cesse renouvelées, il la décompose et la recompose à l’envi. Sur le morceau Pots en verre, c’est la précision de la section rythmique qui permet à un groove nonchalant de s’installer. Le luxuriant accompagnement du percussionniste contribue à doter le morceau d’un climat coloré mais subtil.

On est interpellé par la transformation que le quartet fait de Sometimes I Feel like A Motherless Child. Le chant gospel prend l’allure d’une chanson minimaliste sautillante et légère dont on ne doute pas qu’il s’élève efficacement vers celui à qui il s’adresse à l’origine. A contrario on est frappé par la puissance qui se dégage de Baalbeck où le pianiste explore plus qu’à l’habitude le registre grave du clavier et ponctue son discours de frappantes interrogations percussives.

Tel un innovateur perpétuel, Ahmad Jamal persiste à pratiquer cet art du piano tout en suspension dynamique. En 1958, Miles Davis déclarait : « Toute mon inspiration vient d’Ahmad Jamal ». Avant tous les autres, il avait apprécié et vanté l’aptitude unique du pianiste à occuper l’espace sonore et à concevoir une architecture aérée et dynamique pour sa musique. C’est bien cette caractéristique autant que la longévité créative du pianiste qui ont participé à faire d’Ahmad Jamal une véritable légende.

A l’écoute de « Marseille » il apparaît clairement que le pianiste est à l’apogée de son art et que sa créativité ne tarit point. On retient la performance vocale du chanteur Abd Al Malik sur Marseille dont la vidéo restitue la force …

Ahmad Jamal offre deux concerts à Marseille pour la sortie de l’album les 12 et 13 juin 2017 à 20h30 à l’Opéra dans le cadre du festival « Marseille Jazz des Cinq Continents ». Il est aussi sur la scène du Théâtre Antique de Vienne le 30 juin à 20h30 dans le cadre du festival Jazz à Vienne. Il se produit aussi du 3 au 6 juillet 2017 à 20h au Théâtre de l’Odéon à Paris.

Adrien Chicot est de retour avec « City Walk »

Adrien Chicot est de retour avec « City Walk »

Après « All in » et « Playing in the Dark », Adrien Chicot est de retour avec « City Walk ». Fidèle à ses complices, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Jean- Pierre Arnaud, le pianiste propose un album d’une fougue et d’une élégance rares. La musique moderne, fluide et rythmique évoque avec justesse les atmosphères urbaines.

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Clin d’œil à Claudio Miotti et « CLAXXX »

Clin d’œil à Claudio Miotti et « CLAXXX »

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« Hymnes à l’amour » de Christophe Monniot et Didier Ithursarry

« Hymnes à l’amour » de Christophe Monniot et Didier Ithursarry

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Anat Cohen publie « Rosa dos Ventos » et « Outra Coisa »

Anat Cohen publie « Rosa dos Ventos » et « Outra Coisa »

La clarinette enchanteuse d’Anat Cohen

Le 28 avril 2017, la clarinettiste Anat Cohen a sorti deux albums qui célèbrent la musique du Brésil. « Outra Coisa » en duo avec le guitariste Marcello Gonçalves et « Rosa dos Ventos » avec le Trio Brasileiro. Deux facettes de la musique brésilienne servies par le talent unique de cette virtuose de la clarinette.

Tous deux réalisés chez Anzik Records et publiés le 28 avril 2017, les albums « Rosa Dos Ventos » et « Outra Coisa » saluent le Brésil et renforcent le lien de la clarinettiste Anat Cohen avec sa musique. Si les deux opus célèbrent des idiomes différents, ils sont irradiés par la lumineuse clarinette de cette artiste virtuose et sensible.

Sur « Rosa Dos Ventos », Anat Cohen s’associe avec l’ensemble brésilien « Trio Brasileiro »  pour explorer la musique traditionnelle du choro brésilien et ses reflets modernes. C’est la deuxième collaboration enregistrée entre Anat Cohen et le trio après « Alegria Da Casa » gravé en 2015. Sur « Outra Coisa », Anat Cohen joue en duo avec le guitariste brésilien Marcello Gonçalves.

L’Israélienne de New York, Anat Cohen, sœur du trompettiste Avishai Cohen a grandi dans une famille de musiciens à Tel Aviv en Israël et vit à New-York depuis 1999. La clarinettiste virtuose et créative a tissé des liens très forts avec le Brésil dont elle s’est approprié la culture jusqu’à presque la faire sienne. Elle s’intéresse à la musique du Brésil en général et au choro en particulier.

Avec Anat Cohen et sa clarinette on visite le Brésil, ses fleurs, ses saisons, ses paysages et on saisit l’esprit de ses musiques. Elle se promène dans le choro avec une grande aisance tout autant que dans les thèmes de Moacir Santos. Avec une grande vitalité mais beaucoup de nuances, elle sait se faire exubérante et lyrique ou plus sophistiquée et tendre. Son invention mélodique couplée à un sens très développé du rythme lui permet de s’adapter aux climats de toutes les compositions Ses phrasés véloces évoquent le souffle des vents furieux ou la caresse des alizés, sa maîtrise du son lui permettent de se promener avec une aisance extrême du registre aigu à celui des graves. Alternativement lumineuse, douce, chatoyante ou légère, Anat Cohen enchante littéralement la musique des deux albums.

Après une première collaboration avec le Trio Brasileiro sur le disque « Alegria Casa » enregistré en 2015, qui présentait la combinaison de choros traditionnels et de pièces originales, Anat Cohen sort « Rosa Dos Ventos ». Cet opus est une nouvelle étape fascinante dans l’évolution de l’association entre le trio et la clarinettiste. L’album propose uniquement des compositions originales écrites par les membres du Trio Brasileiro et par Anat Cohen.

Trio Brasileiro s’est formé en 2011 et se consacre à l’exécution du choro, musique traditionnelle brésilienne, ainsi qu’à leurs propres compositions contemporaines, inspirées par le choro. Le trio est composé de Douglas Lora, un célèbre guitariste membre du Brasil Guitar Duo, de Dudu Maia, un des meilleurs virtuoses de mandoline du Brésil et du batteur/percussionniste Alexandre Lora.

Le choro est musique qui a pris naissance au milieu du XIX siècle à Rio de Janeiro. Comme quelques autres styles contemporains comme le Dixieland et le jazz de la Nouvelle-Orléans des origines, il a été créé par la combinaison des danses européennes traditionnelles, polka,  valse et mazurka avec des rythmes africains et sud-américains. C’est un style qui convient tout à fait aux improvisateurs virtuoses.

Sur « Rosa Dos Ventos », l’instrumentation reproduit celle de l’orchestre traditionnel du choro avec la caractéristique guitare à 7 cordes, la clarinette et le pandeiro. Le traditionnel bandolim, version brésilienne de la mandoline, est remplacé dans le Trio Brasileiro par un inhabituel bandolim à 10 cordes alors que le bandolim traditionnel possède 4 séries de 2 cordes pour un total de 8. Outre le pandeiro, le percussionniste utilise par ailleurs d’autres instruments de percussion dont le Hand Pan, un instrument à percussion aux couleurs sonores intrigantes.

Les compositions varient de la forme traditionnelle du choro à d’autres beaucoup plus audacieuses et modernes. Sur O Ocidente Que Se Oriente les sons du Hand Pan évoquent des influences d’indie-rock contemporains mais bien sûr on perçoit surtout le climat doux-amer du traditionnel choro. On note aussi une influence sous-jacente du blues et du flamenco sur Flamenco où le Hand Pan aux sonorités relaxantes soutient l’expressif chant de la clarinette qui explore le registre aigu de son instrument alors que la guitare esquisse des rappels de flamenco.

On est surpris par Ijexá où la clarinette sautille d’aise sur un rythme issu de la tradition du candomblé. On craque à l’écoute de Sambalelê écrit par Anat Cohen qu’elle interprète en duo avec le pandeiro, l’exercice est absolument décoiffant de virtuosité. On rêve de danser sur Valsa Do Sul composé par la clarinettiste. Une valse légère où le chant de la clarinette évoque les rayons de soleil qui jouent à cache-cache avec les vents légers que tressent les deux instruments à cordes soutenus par le pandeiro exubérant.

Tout en se promenant dans ces différents styles et traditions, Anat Cohen et les trois musiciens du Trio Brasileiro, tous virtuoses, excellent dans l’improvisation et contribuent à bouleverser quelque peu les références du choro traditionnel qu’ils réinventent.

L’album « Outra Coisa » réunit la clarinettiste Anat Cohen & le guitariste Marcello Gonçalves autour d’un répertoire exclusivement composé des titres du grand compositeur et arrangeur brésilien Moacir Santos (1923-2006). Cet album est vraiment une toute autre chose que « Rosa Dos Ventos » évoqué précédemment. Tout diffère, les sonorités, les rythmes mais on retrouve bien sûr la virtuosité et la sonorité profonde et lumineuse de la clarinettiste qui imprègnee mélancolie la texture musicale de l’album.

L’album restitue la teneur d’une délicate conversation qu’entretiennent la guitare à sept cordes de Marcello Gonçalves et la clarinette d’Anat Cohen. Les discours des deux instruments sont très complémentaires. Le guitariste endosse tour à tour le rôle d’un délicat bassiste quand il accompagne le chant de la clarinette et celui d’un mélodiste brillant quand il répond sur les 7 cordes de sa guitare aux expressifs chorus de la clarinette.

Le titre de l’album du duo, « Outra Coisa », fait écho à celui de « Coisa », disque enregistré en 1965 par Moacir Santos avec grand orchestre qui interprète un répertoire dont tous les titres portent le nom de coisa (chose) et sont tous numérotés à partir de 1. Multi-instrumentiste (saxophoniste, clarinettiste et trompettiste), le compositeur et arrangeur a été très influencé dans son écriture par les musiques africaines et américaines.

Depuis longtemps, le guitariste Marcello Gonçalves était habité  par la musique de Moacir Santos que Baden Powell avait interprété sur l’album « Baden Powell swings with Jimmy Pratt ». Il n’imaginait pas alors pouvoir reproduire les riches sons orchestraux des compositions de Moacir Santos. Pourtant en lisant les partitions de Moacir Santos directement à partir de son répertoire de chansons, il a constaté que la musique s’adaptait parfaitement à la guitare à 7 cordes, dans la clé d’origine, comme si la musique avait été composée pour l’instrument qu’il pratique.

Marcello Gonçalves a passé une année à travailler sur ce répertoire. La clarinette était le premier instrument de Moacir Santos et le guitariste imaginait que ces compositions si belles à la guitare seraient magnifiées par la clarinette d’Anat Cohen qu’il connaissait depuis longtemps. Aussi quand Anat Cohen a visité le Brésil, il lui a proposé de prendre connaissance des arrangements sur lesquels il travaillait dans la perspective d’un travail conjoint. La clarinettiste a accepté et lui a proposé de se rencontrer directement dans un studio d’enregistrement et … l’album est né.

Coproduit par les deux interprètes, l’enregistrement studio de « Outra Coisa » s’est déroulé en deux jours en janvier 2016 à Rio de Janeiro puis a été mixé en juillet 2016 aux Battery Studios par Mark Wilder. Les arrangements de Marcello Gonçalves écrits pour leur duo apportent une grande fraîcheur aux compositions de Moacir Santos.

Sur l’album « Outra Coisa » le duo reprend les coisa 01, 05, 06, 09 et 10 du disque de 1965, « Coisa » de Moacir Santos. On a particulièrement apprécié le titre Coisa No. 1.

On est aussi tombé sous le charme du titre Amphibious présent sur le disque « Saudade » gravé en 1974 par Moacir Santos. Il ouvre l’album et  laisse augurer du climat de l’opus. La clarinette teinte d’une tendre mélancolie la samba Maracatucute que le compositeur avait gravé en 2011 sur l’album « Ouro Negro ». C’est sur ce même album que figurait Mãe Iracema dont la mélodie est ici servie par le talent inouï des deux artistes. Le titre Coisa n°10 restitue comme la coisa d’ouverture l’extrême entente musicale des deux instrumentistes à l’inspiration inépuisable.

Anat Cohen et Marcello Gonçalves ont gravé un album où règnent de bout en bout virtuosité, sensibilité et légèreté. Les deux musiciens accueillent avec générosité l’auditeur dans un monde enchanteur qu’il est difficile de quitter sans conserver le sourire et le souvenir d’un moment qui frise l’absolue perfection musicale et esthétique. 

Nominée aux JJA Jazz Awards 2017 dans la catégorie « Clarinetist of the Year » & « Multi-reeds Player of the Year », la clarinettiste Anat Cohen participe avec ces deux albums à redonner une fois encore ses lettres de noblesses à la musique brésilienne à travers une pratique totalement maîtrisée de la clarinette jazz. Pour en savoir plus encore sur la clarinettiste, une visite s’impose sur le site d’Anat Cohen

Anat Cohen sera en concert à 21h30 le 03 juillet 2017 au New Morning dans le cadre du Festival « All Stars » et d’une soirée plus précisément intitulée « Woman to Woman » où les Superwomen du Jazz prennent le pouvoir.
Ce soir-là un orchestre 100% féminin sera sur scène réunissant Renee Rosnes (direction, piano), Cécile Mclorin Salvant (voix), Anat Cohen (clarinette), Melissa Aldana (saxophone), Ingrid Jensen (trompette), Noriko Ueda (contrebasse), Sylvia Cuenca (batterie).
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