Jazz Campus en Clunisois 2018 – Concert Pique-nique

Jazz Campus en Clunisois 2018 – Concert Pique-nique

Christophe Monniot - Didier Ithursarry

Le duo d’un Sax’oiseau et d’un Arbr’accordéon

Pour les festivaliers de Jazz Campus, le 24 août 2018 débute avec le rituel incontournable du « concert pique-nique » dans le parc du Haras de Cluny. Cette année, Christophe Monniot et Didier Ithursarry assurent la nourriture spirituelle du déjeuner sur l’herbe. Le public tombe sous le charme du duo. Un des meilleurs souvenirs de l’édition 2018 du festival.

Malgré un temps incertain, le concert « pique-nique » se tient dans le Parc du haras de Cluny. Avec le duo Christophe Monniot & Didier IthursarryChristophe Monniot et Didier Ithursarry au Concert Pique-nique de Jazz Campus le 24 aout 2018 c’est un « retour aux racines des musiques populaires » que promet Didier Levallet au public rassemblé sous les larges branchages du grand tilleul. Des musiciens au public en passant par les organisateurs, toutes les mines affichent leur sourire en guise de soleil.

Les couvertures et les nappes s’étalent sur la pelouse, les chaises se déplient, les verres se remplissent, les corps se détendent, les oreilles se font attentives, le concert peut advenir… les instruments prennent la parole pour le grand bonheur de tous.

Le duo

Christophe Monniot (saxophones sopranino et alto) et Didier Ithursarry (accordéon) n’en sont pas à leur première collaboration. Leur art en duo relève d’un véritable dialogue. Un même souffle inspiré traverse les anches des saxophones et habite les lames de l’accordéon.

Tous deux ont enraciné leur pratique dans les musiques populaires des bals musette et sont par ailleurs d’ardents improvisateurs. Brillants techniciens, ils n’en sont pas moins de sensibles créateurs. De leur complicité résultent des échanges porteurs tour à tour d’énergie, de sensibilité, de précision ou de folie.

Impressions musicales

Au fil du concert, les deux instruments se croisent, s’unissent ou cheminent côte à côte. Sax’oiseau et arbr’accordéon s’entendent à merveille. Le discours musical du duo respire la liberté, pulse l’énergie du jazz et s’enracine dans un monde qui allie tradition des arts populaires et précision des musiques contemporaines.

Large et chaleureux l’accordéon ouvre des fenêtres de liberté au saxophone alto qui se promène du paroxysme au murmure. Lyrique et virtuose le sopranino élève son chant qu’accompagne la plainte grave et sensible de l’accordéon. Le saxophone pose des points d’interrogation auquel répondent les soupirs de l’accordéon.

Le concert

Après le joyeux et enlevé Biguine pour Sushi le duo sopranino-accordéon se fait plus poétique avec un morceau inspiré par un air de l’Opéra de Bizet, Les Pêcheurs de Perles. C’est ensuite au tour de l’alto d’intervenir aux côtés du piano à bretelles sur le superbe Passion que l’accordéoniste Tony Murena a dédié à sa femme.Christophe Monniot au Concert Pique-nique de Jazz Campus le 24 aout 2018

Avec son humour habituel Christophe Monniot confie avoir fait le choix de l’amour et préféré jouer Passion plutôt que le non moins célèbre thème Indifférence que le même Tony la Murène a aussi dédicacé à sa compagne ! A l’occasion le saxophoniste précise que que le duo a gravé un album intitulé « Hymnes à l’amour » à sortir prochainement.

Le duo évoque ensuite l’univers des Forçats, ceux qui sont en détention… mais pas seulement (dixit Christophe Monniot). L’atmosphère change et regarde ensuite vers les Balkans avec un morceau présenté comme un Song for my mother. L’accordéon se fait ambianceur durant l’improvisation poignante du saxophone alto.Partitions de Christophe Monniot au Concert Pique-nique de Jazz Campus le 24 aout 2018

Un troisième souffle s’invite au concert… celui du vent qui taquine micros et les partitions. Quelques pinces à linge et d’habiles réglages des techniciens, et le tour est joué. Rien ne perturbe le concert qui se poursuit de belle manière.

L’ambiance évolue de nouveau lorsque le duo empoigne España Cañi, un morceau phare du répertoire des bals musette que Christophe Monniot et Didier Ithursarry ont pratiqué. Sur ce thème-roi du paso doble, l’interprétation des deux complices s’éloigne des versions habituelles sans pour autant se couper de sa dimension traditionnelle. Ils y rajoutent un soupçon d’amour supplémentaire via des langueurs nostalgiques saisissantes.

Didier Ithursarry au Concert Pique-nique de Jazz Campus le 24 aout 2018Le dernier morceau du set porte le nom de celle qui l’inspire, Soso (chère au cœur du saxophoniste). Porté par l’accordéon dont le son large évoque la profondeur de l’attachement, le saxophone élève avec délicatesse une ode amoureuse zébrée de fulgurances éperdues auxquelles succèdent de tendres motifs apaisés. Une déclaration d’amour vigoureuse et apaisée qui sied au cadre champêtre du concert.

Mis en appétit, le public en redemande et le duo interprète un dernier morceau dédié cette fois au père du saxophoniste. On peut alors goûter une dernière fois à la vélocité allègre du sopranino et à la chaleureuse vibration des lames de l’accordéon.

On aurait bien repris un supplément musical après ce pique- nique savoureux qui laisse à la bouche un sacré goût de revenez-y.

Bientôt… « Hymnes à l’amour »

On quitte malgré tout le concert rassuré à l’idée de pouvoir bientôt goûter de nouveau à la musique de Christophe Monniot et Didier Ithursarry lors de sortie de l’album « Hymnes à l’amour » (ONJ/L’Autre Distribution) annoncé pour le 16 novembre 2018.

Plusieurs rendez-vous se profilent.pour retrouver la musique de Christophe Monniot et Didier Ithursarry, A l’automne dans une prochaine chronique Chorus des « Latins de Jazz ». Sur scène, le 30 novembre 2018 au Petit Duc d’Aix-en-Provence et le 07 décembre 2018 à La Dynamo de Banlieue Bleue de Pantin.

Claude Tchamitchian présente « Poetic Power »

Claude Tchamitchian présente « Poetic Power »

Associé au saxophoniste Christophe Monniot et au batteur Tom Rainey, Claude Tchamitchian présente « Poetic Power ». Cet album matérialise la nouvelle aventure musicale du contrebassiste dans la formule orchestrale réduite du trio. Après ses projets orchestraux à l’écriture foisonnante, le leader joue la carte de l’épure. Entre écriture et improvisation, les échanges des musiciens développent une promenade déambulatoire libre et inventive, poétique et puissante.

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ECM publie « Life Goes On » de Carla Bley

ECM publie « Life Goes On » de Carla Bley

Riche de cinquante années d’existence, le label ECM continue sa saga et annonce pour le 14 février 2020 la sortie de « Life Goes On », le nouvel album de Carla Bley en trio. A ses côtés, le bassiste Steve Swallow et le saxophoniste Andy Sheppard. Comme le titre l’indique, l’opus se fait l’écho de la « renaissance » de la pianiste et compositrice. Entre ombre et lumière, entre silence et grâce, l’album restitue la musique de la vie, une fantaisie minimaliste pleine d’humour et de légèreté.

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Coup de cœur pour Didier Ithursarry Trio & « Atea »

Coup de cœur pour Didier Ithursarry Trio & « Atea »

Sur « Atea » l’accordéoniste Didier Ithursarry ouvre la porte de l’univers qu’il a créé avec Pierre Durand à la guitare et Joce Mienniel aux flûtes. Loin des formats habituels, le trio invite à pénétrer dans un espace vibrant qui puise son inspiration dans le monde, ses paysages et ses traditions musicales. Inspirés, les musiciens fondent un monde imaginaire qui transporte l’oreille dans des ailleurs dépaysants, vibrants et passionnants.

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Jazz Campus en Clunisois 2018 – 23 août 2018

Jazz Campus en Clunisois 2018 – 23 août 2018

Entre écriture et improvisation … tout un programme

Le 23 août 2018, Jazz Campus en Clunisois propose un menu musical étoffé. En ouverture le duo de Jean-Marc Larché/Yves Rousseau au Farinier des Moines puis un double plateau au Théâtre Les Arts avec le duo Benjamin Moussay/Claudia Solal suivi du trio « Un Poco Loco ». Le triomphe de l’improvisation.

Depuis 41 ans, Didier Levallet soutient et valorise avec opiniâtreté les musiques improvisées et les valeurs qui lui sont associées, liberté, créativité, remise en question et renouvellement des formes et des idées musicales.

Cet art de l’improvisation permet aux musiciens de concevoir une sorte d’écriture spontanée qui s’opère en temps réel. Ces moments musicaux improvisés s’appuient quelquefois sur les œuvres préexistantes de grands auteurs baroques, classiques ou contemporains à moins qu’elles ne s’inscrivent dans le corps des compositions originales écrites par les musiciens eux-mêmes. Il advient aussi que les artistes s’expriment dans des espaces de libre improvisation.

Au Farinier des Moines

« Continuum » - Jean-Marc Larché et Yves Rousseau

Le 23 août 2018 à 19h, le saxophoniste Jean-Marc Larché et le contrebassiste Yves Rousseau présentent leur programme « Continum » dans le Farinier des Moines de l’Abbaye de Cluny. Ce lieu se prête tout à fait à à la musique de ce duo, tant par la qualité de son acoustique que par la sérénité que dégage cet espace propice au recueillement et à l’écoute.  Jean-Marc Larcher et Yves Rousseau, le 23 aout 2018 à Jazz Campus en Clunisois

Au répertoire du programme de « Continuum », alternent les compositions de ces deux artistes qui collaborent depuis plus de vingt ans. Adeptes tout autant de l’écriture que de l’improvisation, Jean-Marc Larché et Yves Rousseau sont des (ra)conteurs. Inspirés par des œuvres baroques ou contemporaines. Les deux complices proposent une musique sereine où les fulgurances côtoient les murmures.

Sous le berceau de châtaignier, tel un oiseau éperdu, le saxophone chanteur lance son libre-chant soutenu par la force chaleureuse de la contrebasse. Le public recueilli et attentif a apprécié les confidences que les deux musiciens ont délivré en grande connivence.

Au Théâtre les Arts

« Butter in my Brain » –  Benjamin Mousay et Claudia Solal

Benjamin Moussay, le 23 aout 2018 à Jazz Campus en Clunisois Claudia Solal, le 23 aout 2018 à Jazz Campus en ClunisoisEn ouverture de la première partie de la soirée du 23 août 2018,, Didier Levallet évoque les chansons « offshore » que proposent le pianiste Benjamin Moussay et la chanteuse Claudia Solal. A posteriori, le concert a tout à fait répondu à cette promesse.

Les deux artistes devisent sans filet. Les échanges entre le piano, les claviers et la voix sont explosifs et réservent de belles surprises. Loin des traditionnels duos piano-voix, Claudia Solal et Benjamin Moussay se promènent tels des funambules entre poèmes improvisés, improvisations libres et compositions.

Le pianiste plante les décors, la chanteuse dessine les costumes et ensemble ils scénarisent leur répertoire « Continuum ». Le duo enchaîne les titres avec une réelle théâtralité et présente l’univers singulier de leurs confidences où l’improvisation règne en maître.Benjamin Moussay et Claudia Solal, le 23 aout 2018 à Jazz Campus en Clunisois

The grass is greener, Nightcap for Sparrows, Butter in my Brain, The house that Jack Built, Smokehouse on the Ocean dédié à Martial Solal, Trees Are Green, I Confess se succèdent et comblent le public qui soutient chaleureusement les performances du duo.

On aurait volontiers repris une tartine de Butter in my Brain.!

« Feelin’ pretty » - Un Poco Loco

En seconde partie de la soirée du 23 août 2018 Didier Levallet a programmé le trio « Un Poco Loco » qui porte le nom d’une composition de Bud Powel et incarne pour lui « la vitalité de la musique improvisée ».

Atypique dans son instrumentation, le groupe réunit le tromboniste Fidel Fourneyron, le saxophoniste et clarinettiste Geoffroy Gesser et le contrebassiste Sébastien Beliah. Le dernier projet des trois artistes, « Feelin’ Pretty », consiste en une relecture inventive de « West  Side Story » de Leonard Bernstein. Inspirés du chef d’œuvre du compositeur américain, les jeunes artistes ont pris leurs distances vis à vis de ce monument musical qu’ils ont décortiqué et dont ils proposent une version impertinente et drôle.

Au fil du concert, les thèmes de Bernstein se révèlent aux détours des morceaux travestis, découpés puis ré-assemblés avec insolence et humour. S’y ajoutent trois compositions originales « inspirées de loin… », dixit Fidel Fourneyron.

Explorée tour à tour par les trois musiciens, la dimension rythmique prédomine dans l’expression du trio mais la musique explore largement les champs harmonique et mélodique. Les timbres des instruments se complètent,  les improvisations s’imbriquent, les lignes mélodiques se croisent dans de denses climats harmoniques. Un véritable travail d’orfèvrerie.

"Un Poco Loco", le 23 aout 2018 à Jazz Campus en ClunisoisLa folie affleure à chaque instant pourtant la mise en place demeure précise. En effet chaque membre du trio maîtrise techniquement son instrument ce qui permet à chacun de jouer avec aisance et de laisser libre-court à sa créativité et à son imagination pour improviser et échanger en totale interaction.

Porté par l’accueil enthousiaste du public, le trio revient jouer América dont il propose une version lumineuse et contrastée. Avec générosité « Un Poco Loco » répond une seconde fois aux rappels du public et interprètent une superbe et surprenante mouture minimaliste du thème de Dizzy Gillespie, Tin Tin Deo.

Tels trois solistes échappés d’un big band, Fidel Fourneyron, Geoffroy Gesser et Sébastien Beliah réalisent la performance absolue de restituer à trois une dimension orchestrale porteuse d’un dynamisme explosif et d’une riche texture harmonique. Les festivaliers ne s’y sont pas trompés et ont réservé une véritable ovation au vigoureux et savoureux travail de ce trio un peu fou.

Claude Tchamitchian présente « Poetic Power »

Claude Tchamitchian présente « Poetic Power »

Associé au saxophoniste Christophe Monniot et au batteur Tom Rainey, Claude Tchamitchian présente « Poetic Power ». Cet album matérialise la nouvelle aventure musicale du contrebassiste dans la formule orchestrale réduite du trio. Après ses projets orchestraux à l’écriture foisonnante, le leader joue la carte de l’épure. Entre écriture et improvisation, les échanges des musiciens développent une promenade déambulatoire libre et inventive, poétique et puissante.

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ECM publie « Life Goes On » de Carla Bley

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Riche de cinquante années d’existence, le label ECM continue sa saga et annonce pour le 14 février 2020 la sortie de « Life Goes On », le nouvel album de Carla Bley en trio. A ses côtés, le bassiste Steve Swallow et le saxophoniste Andy Sheppard. Comme le titre l’indique, l’opus se fait l’écho de la « renaissance » de la pianiste et compositrice. Entre ombre et lumière, entre silence et grâce, l’album restitue la musique de la vie, une fantaisie minimaliste pleine d’humour et de légèreté.

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Coup de cœur pour Didier Ithursarry Trio & « Atea »

Coup de cœur pour Didier Ithursarry Trio & « Atea »

Sur « Atea » l’accordéoniste Didier Ithursarry ouvre la porte de l’univers qu’il a créé avec Pierre Durand à la guitare et Joce Mienniel aux flûtes. Loin des formats habituels, le trio invite à pénétrer dans un espace vibrant qui puise son inspiration dans le monde, ses paysages et ses traditions musicales. Inspirés, les musiciens fondent un monde imaginaire qui transporte l’oreille dans des ailleurs dépaysants, vibrants et passionnants.

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Jazz Campus en Clunisois 2018 – Letters to Marlene

Jazz Campus en Clunisois 2018 – Letters to Marlene

Une poésie musicale sensible et puissante

La venue à Jazz Campus en Clunisois le 22 août 2018 de Guillaume de Chassy, Christophe Marguet et Andy Sheppard permet au public du festival d’écouter leur nouveau projet « Letters to Marlene ». Traversé par une force émotionnelle bouleversante, le public a accueilli avec chaleur ce projet ambitieux et réussi.

Après l’album « Letters to Marlene » paru le 09 mai 2018 sous le label NoMadMusic, le pianiste Guillaume de Chassy, le batteur Christophe Marguet et le saxophoniste Andy Sheppard sont invités le 22 août 2018 sur la scène du Théâtre les Arts de Cluny. Avec un plaisir affiché, Didier Levallet annonce les trois musiciens venus présenter la version « live » de leur projet.

Lors de la sortie du disque, on a déjà apprécié « Letters to Marlene », cette « arme musicale porteuse d’espoir » qui allie puissance et sensibilité. Après le concert du trio, on est convaincu par la version scénique de la musique qui a aussi emporté l’adhésion du public.

« Letters to Marlene » sur scène

Des archives sonores intégrées à la trame musicale

Sur scène, le projet « Letters to Marlene » intègre de belle manière des archives sonores qui font plus encore résonner le sens du projet.

Elles enrichissent la trame musicale où se reflètent plus encore l’engagement de Marlene Dietrich, son refus du nazisme, son soutien vis à vis des forces alliées et la dimension humaine de cette artiste. En effet, la force et les émotions générées par les témoignages vocaux renforcent la perception de la lumière, de l’espoir et de l’énergie contenus dans la musique. Les voix d’Hitler, Churchill et de Gaulle glacent ou stimulent. Celles de Marlene Dietrich et de Jean Gabin contribuent à l’humaniser.

Un trio complice

D’emblée on est frappé par la proximité scénique des musiciens, reflet de leur extrême complicité musicale. De fait, ce sont bien trois musiciens qui interprètent les compositions de Christophe Marguet et Guillaume de Chassy mais chez eux point d’ego parasite, point de démonstration.

Tout au long du concert, leur écoute mutuelle génère de superbes interactions. Les expressions individuelles fusionnent et c’est bien de l’expression d’un trio dont il s’agit. Un trio où chacun est au service de l’autre, où le trait de l’un inspire la parole de l’autre et oriente son expression. Il en résulte une musique somptueuse et cohérente.

Un concert vibrant de nuances

Déroulé en trois époques, le répertoire capte l’attention du public qui vibre de bout en bout.

Au fil des thèmes, la soirée propose des moments chargés de joie, d’énergie, de rêve, de recueillement, d’espoir et de force. Entre fragilité et force la musique déroule des climats oniriques où vivent solitude et nostalgie. Elle développe aussi des moments furieux qui évoquent le combat et l’engagement. Elle fait affleurer le drame mais privilégie l’espoir.

Après la prière délicate élevée tout en souplesse à Lili Marleen le propos de la musique s’épaissit. Martiales, les troupes américaines débarquent sur America au découpage rythmique complexe.

Et in Terra Pax Hominibus Bonae Voluntatis ouvre sur le chant recueilli du saxophone puis les trois musiciens unissent leur voix pour tisser une sérénade lyrique. Sur Les Ardennes le saxophone se faufile parmi les tirs croisés de la batterie et du piano. Le climat d’abord intimiste du thème The Dress gagne ensuite en intensité.Letters to Marlene - G. de Chassy-C. Marguet-A. Sheppard_300 à Jazz Campus en Clunisois le 22 aout 2018

A Dinner at Marlene’s Place développe un climat alerte et dense. La superbe composition de Christophe Marguet, Ein Koffer in Berlin, apparait comme un des moments-clés du concert. Dans la musique en expansion l’énergie croise la poésie, le lyrisme s’unit au silence qui convoque une poésie poignante. Sur Falling in Love Again les musiciens invitent sur scène le fantôme de Marlene à travers sa voix qu’ils accompagnent. Un moment bouleversant.

En rappel, Guillaume de Chassy, Christophe Marguet et Andy Sheppard offrent au public le climat sépia d’un Last Dance poignant de mélancolie.

Après un tel concert, le retour à la réalité est difficile mais demeurent de superbes souvenirs de « Letters to Marlene ». Le souffle poétique du saxophone ténor, le chant inspiré du soprano lyrique. Sur les cymbales et la batterie, la frappe puissante des baguettes, la rondeur des mailloches, la souplesse des mains, les tendres caresses des balais. Le « colorisme » joyeux, l’expression dramatique du piano et ses délicates envolées.

Claude Tchamitchian présente « Poetic Power »

Claude Tchamitchian présente « Poetic Power »

Associé au saxophoniste Christophe Monniot et au batteur Tom Rainey, Claude Tchamitchian présente « Poetic Power ». Cet album matérialise la nouvelle aventure musicale du contrebassiste dans la formule orchestrale réduite du trio. Après ses projets orchestraux à l’écriture foisonnante, le leader joue la carte de l’épure. Entre écriture et improvisation, les échanges des musiciens développent une promenade déambulatoire libre et inventive, poétique et puissante.

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ECM publie « Life Goes On » de Carla Bley

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Coup de cœur pour Didier Ithursarry Trio & « Atea »

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Tony Bennett & Diana Krall en duo sur “Love Is Here To Stay”

Tony Bennett & Diana Krall en duo sur “Love Is Here To Stay”

Célébration élégante de la musique de Gershwin

Tony Bennett et Diana Krall célèbrent ensemble la musique de George et Ira Gershwin sur l’album “Love Is Here To Stay”. Le premier album en commun de ces deux stars du jazz vocal américain procure un plaisir d’écoute dont il serait dommage de se priver… du jazz classique et délicieux.

Couverture de l'album "Love Is Here To" par Tony Bennet et Diana KrallAprès avoir déjà gravé des titres ensemble en 2001 et 2006, Tony Bennett et Diana Krall reviennent en duo le 14 septembre 2018 avec l’album “Love Is Here To Stay” (Verve Records/Columbia Records/Universal).

Un duo pas banal, un vénérable vétéran de l’art vocal masculin âgé de 92 ans et une diva du jazz canadien qui brille autant derrière son piano que devant son micro.

120ème anniversaire de la naissance de George Gershwin

Ces deux stars de deux générations différentes ont en commun d’une part un succès qui ne se dément ni pour l’une ni pour l’autre et d’autre part un amour paratgé pour la musique de Gershwin. L’album “Love Is Here To Stay” tombe à pic et sa sortie précède de peu le 26 septembre, date du 120ème anniversaire de la naissance de George Gershwin,

« Love Is Here To Stay », premier album en commun du duo

Tony Bennett et Diana Krall ont tourné ensemble en 2000 et ont ensuite enregistré des titres en duos, Alright, Okay, You Win sur “Playin’ With My Friends” en 2001 et The Best is yet to come sur “Duets : An American Classic” en 2006, deux albums du chanteur. Par contre ce nouvel opus, « Love Is Here To Stay », est de fait leur premier album en commun.

Après Amy Winehouse et Lady Gaga, Tony Bennett chante en tandem avec Diana Krall (qui délaisse son clavier) et ce n’est pas pour déplaire aux amateurs de jazz vocal.

Sur “Love Is Here To Stay” on retrouve avec plaisir le duo accompagné par le pianiste Bill Charlap, le contrebassiste Peter Washington et le batteur Kenny Washington sur douze standards gershwiniens dont les très connus S’ Wonderful, qui ouvre l’album, Love Is Here to Stay, They Can’t Take That Away From Me, Nice Work If You Can Get It et Fascinating Rhythm.

Pour la première fois, les deux chanteurs enregistrent My One and Only and I’ve Got A Crush On You jamais encore gravés, ni par l’un, ni par l’autre.

Deux titres en solo

Si les artistes duo interprètent dix morceaux en duo, chacun chante un titre en solo.

Sur But not for me, Diana Krall excelle de souplesse et de décontraction alors que Bill Charlap prodigue à la chanteuse un accompagnement minimaliste auquel tout vocaliste aspire. Notes choisies et posées sur le clavier comme des perles sur un fil musical épuré et étiré qui laisse toute latitude à la chanteuse pour s’exprimer avec délicatesse, sensibilité et grâce.

Quant à Tony Bennett, il attaque Who Care en douceur avec Bill Charlap puis adopte le tempo plus swing qu’impulse le trio et le morceau se termine après un superbe chrorus du pianiste avant que le chanteur ne boucle le dernier titre de l’album avec autorité.

« Love Is Here To Stay », un album de jazz vocal d’un classicisme avéré dont l’écoute procure un bien-être certain. Au sommet de la maîtrise de leur art, Tony Bennet et Diana Krall renouvellent quelques-uns des grands standards du jazz vocal. Avec une élégance inouïe et une aisance sans pareille, le duo ouvre les portes d’un monde musical délicieux. Ce serait dommage de bouder son plaisir !

Claude Tchamitchian présente « Poetic Power »

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Associé au saxophoniste Christophe Monniot et au batteur Tom Rainey, Claude Tchamitchian présente « Poetic Power ». Cet album matérialise la nouvelle aventure musicale du contrebassiste dans la formule orchestrale réduite du trio. Après ses projets orchestraux à l’écriture foisonnante, le leader joue la carte de l’épure. Entre écriture et improvisation, les échanges des musiciens développent une promenade déambulatoire libre et inventive, poétique et puissante.

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ECM publie « Life Goes On » de Carla Bley

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Coup de cœur pour Didier Ithursarry Trio & « Atea »

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Ambronay 2018 – Les concerts du Chapiteau

Ambronay 2018 – Les concerts du Chapiteau

Musiques du Monde entre Orient et Occident

Du 14 septembre au 07 octobre, le prestigieux Festival Ambronay 2018 élargit sa 39ème édition au Cosmos tout entier. Outre sa prestigieuse programmation d’œuvres baroques, le festival propose aussi des Musiques du Monde de haut vol sur sa seconde scène, le Chapiteau.

Visuel Festival Ambronay 2018Après avoir consacré les deux premiers volets de son tryptique Vibrations à la Lumière en 2016 puis au Souffle en 2017, le Festival d’Ambronay 2018 prend pour thème final, le Cosmos.

Les concerts proposés affichent de grands noms de la musique baroque, des stars comme René Jacobs, Paul Agnew, Leonardo García Alarcón, Jordi Savall, Laurence Equilbey et Veronique Gens mais aussi des étoiles montantes avec Valer Sabadus, Dmitry Sinkovsky, Sébastien Doucé, Les Surprises, Les Ombres, Sollazzo Ensemble. Sans oublier des artistes et groupes émergents avec la 5ème édition du Festival eeemerging et sa constellation de nouveaux talents.

En point d’orgue à ce voyage dans les galaxies du baroque, une « Journée Cosmique » est proposée le 06 octobre sous le parrainage bienveillant d’Hubert Reeves qui invite à le rejoindre sous les cieux étoilés. Le site du Festival ambronay 2018 permet de découvrir la programmation exhaustive de cette édition,

En 2018, Daniel Bizeray et le festival d’Ambronay promettent des moments festifs sur sa seconde scène, le Chapiteau. Le programme des réjouissances annoncées est alléchant. Dès16h les dimanches, des spectacles jeune-public. Dès 21h les samedis, des concerts de Musique du Monde avec des « afters » en entrée libre au Bar du Festival les 15, 22 et 29 septembre.

3MA : Anarouz, à 21h le samedi 15 septembre 2018

Rendez-vous sous le chapiteau avec 3MA pour écouter des Musiques traditionnelles d’Afrique émaillées d’Improvisations avec 3 musiciens virtuoses venus du MAli, de MAdagascar et du MAroc. Le spectacle intitulé Anarouz, « Magie » en berbère, promet des variations musicales généreuses prodiguées par Ballaké Sissoko (kora), Driss El Maloumi (oud) et Rajery (valiha).

Après 22h30 la soirée se poursuit avec le rituel « After » au Bar du festival. Place aux musiques d’Iran avec le duo qui réunit Navid Abbassi (tar et chant) et David Bruley (percussions).

Bab Assalam, à 21h le samedi 22 septembre 2018

Le Chapiteau accueille le trio Bab Assalam avec Khaled Aljaramani (oud, chant), Raphaël Vuillard (clarinettes) et Mohanad Aljaramani (percussions, chant). Un voyage franco-syrien où les instruments incitent à la méditation musicale. Bab Assalam prolonge la soirée après 22h30 au Bar du Festival après 22h30 pour un « After » qui prolonge le voyage hors du temps et de l’espace que propose le trio.

Al Viento, à 21h le samedi 29 septembre 2018

Sur la scène du Chapiteau, place au duo subtil qui réunit Pedro Soler (guitare flamenca) et Gaspar Claus (violoncelle) autour de leur projet Al Viento. Le chant profond de la guitare flamenca du père prend toute sa force aux côtés de la plainte du violoncelle caressant ou éraillé du fils. Avec ce duo subtil, la tradition flamenca s’invente une modernité.

Après 22h30, Arandel poursuit la soirée avec un « After électro » intitulé « Switched on Bach ». Tout un programme en perspective !

Estrellas Argentinas, à 21h le samedi 06 octobre 2018

Bien connue des spectateurs du Festival pour ses apparitions lumineuses dans l’Abbatiale auprès de Leonardo García Alarcón, la soprano Mariana Flores rend hommage aux femmes d’Amérique Latine accompagnée au piano et à la guitare par Quito Gato.

Un récital qui présente quelques-unes des plus belles chansons populaires argentines du XXème siècle avec sans doute, Chiquilin de Bachin d’Astor Piazzola, Volver de Carlos Gardel, Dorotea la cautiva et Alfonsina y el mar extraits de la suite Mujeres Argentinas de Ariel Ramírez, mais aussi des mélodies d’Amérique du Sud comme La Flor de la Canela de la péruvienne Chabuca Granda.

Ces étoiles argentines, « Estrellas Argentinas » s’inscrivent dans la « Journée cosmique » du 06 octobre 2018.

« Journée cosmique » le 06 octobre 2018

Pour cette « Journée Cosmique » du 06 octobre 2018 parrainée par l’écrivain, astrophysicien et cosmologue Hubert Reeves, le Festival Ambronay 2018 propose quatre concerts et une conférence d’Hubert Reeves. Une expérience à vivre entre Abbatiale et Chapiteau avec une constellation d’activités.

Outre « Estrellas Argentinas » déjà évoquées et proposées à 21h sous le Chapiteau, le public peut écouter à 15h dans l’Abbatiale « Heavenly Fantasy » par Hopkinson Smith et son luth, poursuivre à 17h sous le Chapiteau avec la conférence d’Hubert Reeves intitulée « Vibrations, du cosmos à la musique », retrouver Itay Jedlin et le Concert Étranger qui interprètent « Conversation avec le ciel » à l’Abbatiale. La soirée se termine avec La Bella Stella, des madrigaux et motets de l’Ars Nova français et italien joués par le Sollazzo Ensemble.

Claude Tchamitchian présente « Poetic Power »

Claude Tchamitchian présente « Poetic Power »

Associé au saxophoniste Christophe Monniot et au batteur Tom Rainey, Claude Tchamitchian présente « Poetic Power ». Cet album matérialise la nouvelle aventure musicale du contrebassiste dans la formule orchestrale réduite du trio. Après ses projets orchestraux à l’écriture foisonnante, le leader joue la carte de l’épure. Entre écriture et improvisation, les échanges des musiciens développent une promenade déambulatoire libre et inventive, poétique et puissante.

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ECM publie « Life Goes On » de Carla Bley

ECM publie « Life Goes On » de Carla Bley

Riche de cinquante années d’existence, le label ECM continue sa saga et annonce pour le 14 février 2020 la sortie de « Life Goes On », le nouvel album de Carla Bley en trio. A ses côtés, le bassiste Steve Swallow et le saxophoniste Andy Sheppard. Comme le titre l’indique, l’opus se fait l’écho de la « renaissance » de la pianiste et compositrice. Entre ombre et lumière, entre silence et grâce, l’album restitue la musique de la vie, une fantaisie minimaliste pleine d’humour et de légèreté.

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Coup de cœur pour Didier Ithursarry Trio & « Atea »

Coup de cœur pour Didier Ithursarry Trio & « Atea »

Sur « Atea » l’accordéoniste Didier Ithursarry ouvre la porte de l’univers qu’il a créé avec Pierre Durand à la guitare et Joce Mienniel aux flûtes. Loin des formats habituels, le trio invite à pénétrer dans un espace vibrant qui puise son inspiration dans le monde, ses paysages et ses traditions musicales. Inspirés, les musiciens fondent un monde imaginaire qui transporte l’oreille dans des ailleurs dépaysants, vibrants et passionnants.

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