« Rebirth », la seconde naissance de Samy Thiébault
Le retour du saxophoniste Samy Thiébault promet d’être un temps fort de la rentrée musicale 2016. En effet, la sortie de son sixième album « Rebirth » est annoncée pour le 30 septembre chez Gaya Records. On note avec intérêt la participation du trompettiste Avishai Cohen et celle d’Eric Légnini à la prise de son et au mixage.
Fort d’un quartet à l’énergie infinie, soudé par une forte amitié, après six albums et dix années de jeu collectif intense et aventureux, le saxophoniste et flutiste Samy Thiébault présente le 30 septembre prochain sa nouvelle aventure musicale et son nouvel opus, « Rebirth ».
A ses côtés on retrouve Adrien Chicot au piano, Sylvain Romano à la contrebasse et Philippe Soirat à la batterie. Le quartet s’étoffe avec la venue du saxophoniste Jean-Philippe Scali et le percussionniste Meta. L’intervention du trompettiste Avishai Cohen en « Guest Star » fait plus que prêter son nom. En effet il inscrit pleinement son discours dans les couleurs de l’album et dans la direction musicale de Samy Thiébault.
Comme le titre de l’album le laisse entendre, « Rebirth » signe une renaissance artistique pour Samy Thiébault, l’affirmation d’un nouveau cycle de vie et de musique avec des lignes mélodiques inspirées au saxophoniste par ses racines marocaines, l’Afrique de l’Ouest où il a grandi.
L’influence classique n’est pas en reste tout au long de « Rebirth » avec des adaptations brûlantes et mystiques des Tableaux d’une exposition de Moussorgski, et également de Ravel avec deux versions adaptées de Laideronnette, impératrice des pagodes repris de M Mère l’Oye. Au centre de l’album, Samy Thiébault propose aussi une Enlightments Suite en trois partie dont chaque segment est développé à partir dune séquence mélodique empruntée à une pièce d’Erik Satie intitulée « le Fils de l’Etoile ».
Visiblement le saxophoniste suit sa bonne étoile qui continue à éclairer son chemin musical. On a hâte de suivre la trace de Samy Thiébault dans les nouveaux territoires lumineux qu’il explore avec » Rebirth »
Pour découvrir « Rebirth », le nouvel album de Samy Thiébault rien de mieux qu’un premier clip, Rebirth ! avant d’aller écouter l’artiste en concert à Paris du 10 au 12 Novembre2016 au Duc des Lombards.
En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !
Suite aux dispositions annoncées par le Président de la République le 13 avril 2020, Dominique Delorme et ses équipes informent de l’annulation de l’édition 2020 du Festival des Nuits de Fourvière qui devait avoir lieu du 02 juin au 31 juillet 2020.
Après l’allocution du 13 avril 2020 du Président de la République qui interdit les festivals jusqu’à mi-juillet, l’équipe de Direction de festival Jazz à Vienne a annoncé le 14 avril 2020 « le report à l’été 2021 de la 40ème édition qui devait se tenir du 25 juin au 11 juillet prochain ».
Le 22 août Jean « Toots » Thielemans s’en est définitivement allé. Il laisse orphelins tous les amoureux de la mélodie. Depuis 2014 il avait quitté les scènes qui pleuraient déjà son absence. Aujourd’hui, il laisse un grande vide dans le monde du jazz où il avait imposé avec talent l’harmonica chromatique.
On a été bercé et même ému par celui qui se sentait bien « entre un sourire et une larme ». C’est en effet la petite phrase qui figure sur son siteet par laquelle il se définissait lui-même : « I feel best in that little space between a smile and a tear ». C’est par le talent de ses prestations, sa virtuosité et ses improvisations brillantes et sensibles que Toots Thielemans a sorti l’harmonica de la catégorie des instruments hétéroclites, « miscellaneousinstruments » comme disent les américains, pour le hisser au rang des instruments respectables. C’est d’ailleurs Clifford Brown lui-même qui lui avait fait ce compliment.
Avec « Toots » la musique respire, sourit et pleure tour à tour. On est enchanté par les mille nuances de son expression qui balaye tous les spectres des émotions, de la joie à la tristesse sans oublier l’espoir et la tendresse. « Toots » on aime ton harmonica gros comme un cœur !
Décédé à 94 ans, l’harmoniciste belge avait d’abord adopté l’accordéon avant de se pencher vers la guitare puis de choisir enfin l’harmonica chromatique. C’est sur cet instrument que Toots Thielemans a acquis le respect des plus grands musiciens de la sphère du jazz dans laquelle il a évolué depuis les années 50. Il a aussi été honoré par de nombreuses récompenses. Le roi Albert II de Belgique l’a nommé « Baron » en 2001. La même année, il est honoré du titre de « Professeur Honoris Causa » par les 2 universités de Bruxelles. En 2009 il reçoit le Jazz Master Award de la NEA (National Endowment for the Arts), une des plus hautes distinctions remise aux musiciens américains Le titre de « Commandeur des ordres de Rio Branco » lui est remis par Gilberto Gil en 2006.
Installé très tôt aux États-Unis, il joue dans le Charlie Parker’s All Stars. Il est appelé par Benny Goodman puis est engagé par George Shearing avec lequel il tourne comme guitariste pendant 6 années. Dans les années 60 il vit quelques temps en Suède où il côtoie Svend Asmussen et Niels Henning Orsted-Pedersen (NHOP) et commence à siffler en s’accompagnant à la guitare. C’est d’ailleurs avec cette instrumentation (guitare/sifflet) qu’il grave en 1962 une de ses compositions, Bluesette, sorte de valse-blues devenue depuis un standard. On peut l’écouter sur le disque « The Whistler & His Guitar » où « Toots » tient la guitare et double les lignes de thème et de chorus en sifflant.
Il a bien sûr aussi interprété Bluesette à l’harmonica tout au long de ses concerts, en se renouvelant sans cesse tant il savait nuancer son expression et varier les climats de ses improvisations. La version enregistrée en 2009 à Rotterdam restitue à merveille la délicatesse de l’interprétation de cet harmoniciste poète.
Bluesettesonne encore autrement lorsque « Toots » croise Stevie Wonder qui joute avec le Belge à l’harmonica. Le duo est saisissant … même si l’image laisse à désirer.
De retour aux États-Unis « Toots » rencontre Quincy Jones (1965) avec lequel il collabore comme soliste. C’est aussi à cette époque qu’il commence à composer des musiques de films (Midnight Cowboy en 1969 puis suivrontSalut l’Artiste, Jean de Florette), ..). Sa vie musicale va ensuite naviguer en les États-Unis, la Belgique et l’Europe. Tout au long de ses longues années il a joué avec quelques-uns des plus grands musiciens du jazz, Ella Fitzgerald, Dizzy Gillespie, Oscar Peterson, Quincy Jones, Bill Evans, Jaco Pastorius, Natalie Cole, Pat Metheny … et bien d’autres.
Parmi les nombreux enregistrements de « Toots » Thielemans, on peut retenir une sélection de quelques albums qu’on ne se lasse pas d’écouter.
C’est en 1979 qu’est enregistré « Affinity » (Columbia/Warner Bross). Sur ce joyau musical « Toots » a rejoint le pianiste Bill Evans, le saxophoniste Larry Schneider, le contrebassiste Marc Johnson et le batteur Eliot Zigmund. On écoute Body and Soul joué en trio (« Toots », Bill Evans et Marc Johnson).
L’album « Live in the Netherlands » (Pablo/Carrère) enregistré en 1982 avec Joe Pass (guitare) et NHOP (contrebasse) où l’harmoniciste siffle aussi.
On apprécie aussi l’écoute de « Footprints » (Emarcy/Universal) enregistré en 1989 avec le regretté Mulgrew Miller au piano, Rufus Reid à la basse et Louis Nash à la batterie. D’entrée de jeu, c’est à la guitare et en sifflant que « Toots » expose le thème de Wayne Shorter. Il répond ensuite au pianiste par un chorus à l’harmonica. Absolument renversant ! L’interprétation de la GymnopédieN°1 de Satie vaut aussi son pesant d’or. Les autres titres sont à l’avenant.
A recommander aux amateurs de Musique et Jazz brésiliens, les 2 volumes « The Brazil project » enregistrés en 1992 et 1993 chez Private Music avec une flopée de musiciens brésiliens. Autour de « Toots » sont réunis Luiz Bonfá, Lee Ritenour, Gilberto Gil, Oscar Castro-Neves, Milton Nascimento, Dori Caymmi, Djavan, Chico Buarque, João Bosco, Luis Bonfá, Edu Lobo, Paulinho Da Costa, Ivan Lins, Eliane Elias, Dave Grusin, Mark Isham, Brian Bromberg, Marc Johnson et d’autres encore. Obrigado, « Toots » !
En 2001, l’album « Toots Thielemans - Kenny Werner » (Emarcy/Universal) réunit l’harmoniciste et le trompettiste pour 71’31 ». Même si de facto l’album est un régal de bout en bout, on aime particulièrement les versions de Smile et de What a wonderful world.
On espère qu’Olivier Ker Ourio et Grégoire Maret, devenus aujourd’hui les dignes filleuls de « Toot » sauront perpétuer la mémoire et l’art de ce grand harmoniciste dont ils déjà intégré une partie de l’héritage musical.
Il y aura sans doute aussi un grand moment d’émotion lors de la deuxième édition du Festival Toots Jazz La Hulpeparrainé par Toots Thielemans. Du 09 au 11 septembre, à la Hulpe (à quelques kms de Bruxelles), trois jours de jazz en l’honneur de Toots Thielemans. On retrouve entre autres Philip Katerine, Richard Galliano et Didier Lockwood, dans le répertoire qu’ils ont présenté à « Jazz à Vienne » en 2015 et Michel Jonasz accompagné par Jérôme Regard, Manu Katché et Jean-Yves D’Angelo.
Pour terminer ce clin d’oeil en hommage à Toots Thielemans, une vidéo « coup de cœur » où l’on retrouve « Toots » avec le bassiste Jaco Pastorius dont il a été très proche. Dans cette vidéo, Jaco est …au piano. Les deux musiciens interprètent un thème cher au bassiste, Three Views of a secret.
En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !
Suite aux dispositions annoncées par le Président de la République le 13 avril 2020, Dominique Delorme et ses équipes informent de l’annulation de l’édition 2020 du Festival des Nuits de Fourvière qui devait avoir lieu du 02 juin au 31 juillet 2020.
Après l’allocution du 13 avril 2020 du Président de la République qui interdit les festivals jusqu’à mi-juillet, l’équipe de Direction de festival Jazz à Vienne a annoncé le 14 avril 2020 « le report à l’été 2021 de la 40ème édition qui devait se tenir du 25 juin au 11 juillet prochain ».
A la clef de Jazz Campus en Clunisois : Liberté & Création
La quarantième édition de Jazz Campus en Clunisois est restée fidèle à sa ligne directrice. Grâce à la ténacité remarquable de Didier Levallet, le festival a proposé un jazz créatif et évolutif. Pour lui donner raison, le public n’a pas boudé son plaisir et les musiciens généreux se sont éclatés.
Centrée sur un jazz en mouvement, la programmation de Didier Levallet a fait se côtoyer des musiciens de renommée internationale et de nouveaux venus inventifs. Du 13 au 20 août, lors du festival Jazz Campus en Clunisois, un jazz ouvert et inventif s’est exprimé sur les différentes scènes du festival et a proposé un très large éventail d’expressions et d’orchestres (du big-bang au duo).
On a apprécié la diversité des styles et des groupes écoutés les 18 et 19 août. Trois concerts très différents, trois moments de plaisir partagé avec un public conquis et des musiciens heureux de jouer.
La soirée du 18 août au Théâtre les Arts de Cluny présente le trio du guitariste Marc Ducret associé au trio « Métatonal ». Virtuose de la guitare, Marc Ducret est associé depuis vingt ans avec le batteur Eric Echampard et le contrebassiste Bruno Chevillon. Avec eux il pratique un jazz créatif et sans cesse renouvelé. « Métatonal » regroupe le saxophoniste alto Christophe Monniot, le trompettiste Fabrice Martinez et le tromboniste Samuel Blaser.
Le sextet installe une atmosphère détonante et énergique. Le toucher nerveux, précis et claquant de Ducret stimule le groupe. Entre rock et blues, il déchire le son et mène le bal. Les solistes croisent le fer et au fil d’un même morceau l’ambiance se tend, s’épaissit et se déchire sans omettre de ménager des trouées éthérées.
Au trombone, Samuel Blaser alterne entre puissance cuivrée et fluidité. De la trompette de Fabrice Martinez jaillissent de lumineux chorus. Christophe Monniot construit avec puissance et précision des improvisations qui sont de réels moments de grâce. La frappe orageuse d’Eric Echampard se transforme en un toucher coloriste aux dégradés raffinés lorsque ses balais caressent les cymbales. Bruno Chevillon chemine de bout en bout avec précision et justesse, attentif et réactif aux climats.
Dans cette foisonnante forêt de sons, les musiciens habitent l’espace de liberté que prodigue la musique et génèrent des climats rageurs électriques voire même sulfureux sans omettre de ménager des espaces de poésie salvatrice. Les titres se succèdent, Influence, Dialecte, Kumiho. On retient son souffle pour mieux savourer la musique intense puissante mais chaleureuse. Le plaisir que prennent les musiciens à jouer exsude de leurs instruments et transparait sur leurs visages.
En fin de concert, Marc Ducret dédie le morceau 64 au saxophoniste Guillaume Orti présent dans la salle (il anime les ateliers d’orchestre des stages). Le thème rend hommage à Bob Dylan, celui qui a déclenché chez Ducret l’envie de jouer. 64 reprend deux titres de Dylan, The Time they are a changin’ et Wigwam reliés par une courte boucle musicale écrite par Ducret. Entre guitare et harmonica, Marc Ducret fait monter la pression avec souplesse et puissance. Félin et reptilien à la fois, le guitariste déroule l’étendue de son savoir-faire et fait montre d’un plaisir extrême à partager ce concert avec ses comparses.
On garde du concert de Marc Ducret trio + « Métatonal », le souvenir d’un concert jubilatoire et incandescent dont on aurait aimé qu’il n’ait pas de fin. Un plaidoyer pour la musique vivante.
Le 19 août, un pique-nique est proposé à midi dans la cour du haras national de Cluny. En guise de menu musical, un concert du « Possible(S) Quartet ». Assis dans l’herbe, le public a répondu présent pour écouter les quatre musiciens installés sous l’ombre bienveillante des branches d’un majestueux tilleul centenaire. Deux trompettistes, Rémi Gaudillat et Fred Roudet, un tromboniste Loïc Bachevillier et un clarinettiste, Laurent Vichard réunis pour livrer un jazz de tous les possible(S).
Quatre soufflants pour un voyage imaginaire. Entre fanfare et orchestre « chambriste », les compères content des histoires musicales aux éclats cuivrés et aux titres évocateurs. Chassez le naturel, il revient au Tango, La tendresse de la sauterelle, Les poilus, Nuit et Entre-danse, Se faire appeler Arthur, L’armée des poètes.L’imagination des spectateurs vogue de tableau en tableau, au gré des ambiances nuancées. On apprécie l’équilibre qui existe entre l’espace de liberté propice à l’improvisation et les mouvements orchestraux où la mélodie repose sur une rythmique solide assurée par les autres instrumentistes.
Les musiciens du « Possible(s) Quartet » mettent leurs qualités techniques au service de la narration orchestrale. Le cadre bucolique et la musique poétique et élégante ont comblé un auditoire attentif où se côtoyaient toutes les générations.
Le soir du 19 août, le Théâtre les Arts de Cluny accueille le « Brotherhood Heritage » qui rend hommage à l’esprit de la musique du « Brotherhood of Breath » (Confrérie du Souffle), big-band issu d’un orchestre Sud-Africain réfugié en Europe pour cause d’apartheid dans les années soixante. Ce « Brotherhood of Breath » a influencé la scène européenne du jazz sous la houlette de Chris McGregor jusque dans les années 90. Le contrebassiste Didier Levallet a fait partie des dernières moutures de cet orchestre historique. Il co-pilote avec le pianiste François Raulin le projet du « Brotherhood Heritage » qui reprend en partie le répertoire de l’orchestre d’origine et mêle des compositions originales écrites dans le même esprit, comme Hymne to Breath, de François Raulin.
Sur scène sont réunis des musiciens aguerris à la musique improvisée et ouverts aux expériences. Comme le dit François Raulin tous ces musiciens ont en commun la « capacité de s’exprimer en trois accord et de groover ». On retrouve le saxophoniste et clarinettiste anglais Chris Biscoe qui a lui aussi fait partie des dernières moutures du « Brotherhood of Breath ». Raphaël Imbert (saxophone), François Corneloup (saxophone baryton), Michel Marre et Alain Vankenhove (trompette), Simon Goubert (batterie), Jean-Louis Pommier et Mathias Mahler (trombone). Le spectacle a été créé à Jazz sous les Pommiers où il a reçu un accueil enthousiaste.
Au court du concert vibre l’esprit de la fête. Les instrumentistes saisissent tous les espaces de liberté et les mettent à profit pour s’exprimer. La masse sonore rutile. L’orchestre propose une musique ensoleillée et chaleureuse, une sorte de musique du bonheur profondément enracinée dans les rythmes africains. Les corps des musiciens sont habités de cette joie et les visages irradient de lumière. La texture sonore change de couleur au gré des improvisations et des orchestrations. Des arrangements aux échos ellingtonniens succèdent aux extravagances des solistes qui rivalisent de créativité et de fantaisie.
Rutilant, le « Brotherhood Heritage » groove en toute liberté. La musique rayonne et le concert est une réussite incontestable. Dommage qu’il y ait une fin à cette parenthèse d’allégresse.
Il faudra attendre encore douze longs mois pour retrouver Jazz Campus en Clunisois et s’immerger de nouveau dans un jazz libre et créatif.
En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !
Suite aux dispositions annoncées par le Président de la République le 13 avril 2020, Dominique Delorme et ses équipes informent de l’annulation de l’édition 2020 du Festival des Nuits de Fourvière qui devait avoir lieu du 02 juin au 31 juillet 2020.
Après l’allocution du 13 avril 2020 du Président de la République qui interdit les festivals jusqu’à mi-juillet, l’équipe de Direction de festival Jazz à Vienne a annoncé le 14 avril 2020 « le report à l’été 2021 de la 40ème édition qui devait se tenir du 25 juin au 11 juillet prochain ».
Après le concert de sortie de l’album « Rencontre » sur la scène de Cybèle du festival de Vienne, le Duo Desiderio-Oliveira revient au Péristyle. Avec 3 sets par soirée, c’est l’occasion rêvée pour écouter et savourer en direct le répertoire du disque. Mélodies chatoyantes et rythmes brésiliens tressent une musique colorée.
Originaire de Rio de Janeiro, le batteur-percussionniste Zaza Desiderio, a grandi en vrai carioca avec le Choro et la Samba. Dans le Nordeste, à Recife, c’est leFrevo et le Macaratú qui ont bercé le pianiste Ewerton Oliveira. Ces deux Brésiliens ont donc baigné dans la tradition musicale de deux villes différentes et éloignées. De la même génération, les deux artistes ont pourtant en commun d’avoir grandi en écoutant les musiques traditionnelles de leurs régions respectives, les musiques instrumentales brésiliennes, les classiques de la Bossa-Nova, la Música Popular Brasileira (Musique Populaire Brésilienne) et aussi le jazz. Rien ne favorisait la rencontre de Zaza Desideiro et Ewerton Oliveira sur le territoire de ce vaste Brésil.
La vie les a conduits séparément en France en 2010 et le hasard a fait se rejoindre leurs routes à Lyon, ville où ils se sont installés et qu’ils ont adoptée. Pratiquer et écouter la musique à Lyon les a conduit à se côtoyer lors de soirées musicales puis à croiser leurs notes. Au fil du temps, les deux musiciens devenus plus proches envisagent de jouer ensemble et de composer quelques thèmes. Au gré des rencontres humaines, de belles personnes les encouragent à persévérer et à aller plus loin.
Ainsi, né en France du hasard de leur rencontre et de leur culture respective, le Duo Desiderio-Oliveira murit un projet musical dont l’album « Rencontre »… « encontro » est le résultat.
Les deux compères engagent une démarche de financement participatif et la collecte de fonds leur permet d’enregistrer l’album au TooTee Studio les 03, 04, 05 et 06 mars 2016. Mixage et mastering ont été réalisés par Pierre Baudinat. « Rencontre » sort chez Diapason et est distribué par Socadisc (distributeur de musique indépendant).
« Rencontre », l’album porte bien son nom. Il a pu voir le jour grâce à la force des relations nouées par ces deux musiciens depuis leur arrivée à Lyon. Si les deux complices savent nouer les relations humaines, leur créativité leur permet aussi de tisser une musique alimentée par les nombreuses influences musicales qui ont nourri leur inspiration. Entre joie et nostalgie l’opuspalpite au rythme du jazz et des musiques du Brésil. Un disque coloré qui fait écho aux harmonies chatoyantes des chemises des deux complices.
Rythmes variées et mélodies ciselées irriguent un répertoire de 19 titres dont 17 compositions originales écrites à part quasi égale par les deux musiciens ou résultant d’une co-écriture. Les deux Lyonnais d’adoption reprennent aussi avec bonheur le thème Capivarad’Hermeto Pascoal, compositeur si cher à Ewerton et le duo interprète aussi le populaire Eu Vi Mamãe Oxum na Cachoeira um.
Certes réussir un album n’est pas chose aisée et l’avoir fait est déjà un challenge mais parvenir à transformer un répertoire léché en une musique de concert est encore un pari plus risqué. Ce d’autant plus que l’exercice du duo est exigeant et requiert en temps réel une maîtrise technique infaillible sur les instruments mais aussi une connivence sans faille entre les deux protagonistes.
Le Duo Desiderio-Oliveira a gagné aussi sur ce tableau de la musique live. En effet, chaque set de la soirée du 16 août au Péristyle apporte sa part de surprises et se teinte d’une couleur différente. Les climats se suivent et les textures ne se ressemblent pas. Un set pugnace et tendu précède un autre plus introverti et ciselé. Pour finir, l’ambiance se fait plus ludique et la prise de confiance aidant, l’espace de liberté augmente et les improvisations s’étoffent avec réussite. De bout en bout la musique vibre de sincérité et de complicité, de précision et de folie à la fois, de maîtrise et de d’imagination. Les regards des deux musiciens ne se quittent pas, les sourires irradient leur visage, leur attention demeure de bout en bout. La salle du Péristyle témoigne d’une écoute attentive et d’une réactivité extrême. Toutes les chaises sont tournées vers la scène.
Le « batteriste »- percussionniste Zaza Desideiro démultiplie son talent. Son énergie est tout entière consacrée aux rythmes complexes qui se succèdent et balaient quasiment l’entièreté des musiques du Brésil. Sa frappe précise et musicale alterne entre pandeiro, triangle et batterie. Entre les claviers du piano et ceux des synthétiseurs « Korg » et « Yamaha », le pianiste Ewerton Oliveira jongle de belle manière au gré des climats et sait utiliser à bon escient les sonorités du « Moog » aux ambiances un peu cosmiques.
Lors de la soirée du 16 août, on a aimé l’atmosphère des rues avec Passeanda Nas Ruas et l’immersion dans le climat plus tragique de Caminho Mysterioso. La belle se peigne joue d’insolence. Au gré des rythmes variés, les mélodies brodent de nouveaux univers, la pression monte, la belle nous provoque et pour terminer est applaudie à tout rompre. Acorda e Vai fait un clin d’oeil à la génération funky des Brésiliens et les spectateurs balancent en rythme. Raiz de Mandeioca déclenche son lot d’applaudissements et Zaki no Frevo nous transporte dans les rythmes du Nordeste. Avec délice on découvre la saudade sautillante et bleue de Tereza no blues. Sur Aline si belle, les deux musiciens se partagent le piano pour interpréter ce titre qui est un lando, rythme afro-péruvien pour lequel le percussionniste utilise coquillages et bois du piano pour remplacer le cajon.
On a particulièrement apprécié l’interprétation nuancée du thème Capivara d’Hermeto Pascoal aux ruptures rythmiques foisonnantes et on retient aussi l’interprétation du titre Estrada de São Saruêqui évoque un lieu imaginaire, véritable paradis où coule le miel et les fruits à foison. « Moog » et triangle y font monter la tension musicale qui éclate en un feu d’artifice. La suave comptine Linda Flor de Manhã est interprétée en hommage à la fille d’un ami pour laquelle elle a été composée. Les musiciens ont aussi fait un clin d’oeil à Antonio Carlos Jobim à deux reprises. D’abord, Samba da Una Nota So prise sur un rythme rapide et se termine par un 4/4 piano-batterie. Ensuite, O morro não temvezinterprété en rappel du dernier set avec un invité surprise, le pianiste Olivier Truchot qui a partagé les claviers avec Ewerton et s’en est donné à cœur joie.
Les concerts donnés au Péristyle par le Duo Desiderio-Oliveira prouvent l’équilibre symbiotique qui existe entre les deux instrumentistes. Face au public, le répertoire gagne en épaisseur, les morceaux sont densifiées et magnifiés. La mise en place est soignée et rigoureuse. Les dimensions rythmique, mélodique et harmonique sont explorées sous toutes leurs facettes et la grande place laissée à l’expression personnelle via l’improvisation comble d’aise le public venu écouter les deux musiciens.
On reste immergé dans la dynamique colorée des musiques du Duo Desiderio-Oliveira avec une écoutedu titre Estrada De São Saruê issu de l’album « Rencontre ».
En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !
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Après l’allocution du 13 avril 2020 du Président de la République qui interdit les festivals jusqu’à mi-juillet, l’équipe de Direction de festival Jazz à Vienne a annoncé le 14 avril 2020 « le report à l’été 2021 de la 40ème édition qui devait se tenir du 25 juin au 11 juillet prochain ».
Martial Solal en trio dans la Grande Salle de l’Opéra de Lyon
La saison de l’Amphi Jazz débute par un coup d’éclat. Le pianiste Martial Solal se produira en trio le 14 octobre 2016 pour un concert exceptionnel dans la Grande Salle de l’Opéra. On salue avec bonheur la venue de cet improvisateur talentueux.
A peine la programmation du Jazz Estival au Péristyle se termine-t-elle que se profile celle de l’Amphi-Jazz. Avec en ouverture, le 14 octobre à 20h30, un concert de Martial Solal en trio dans la Grande Salle de l’Opéra de Lyon,François Postaire entame donc la saison Amphi-Jazz 2016/17 par un évènement prestigieux à plusieurs titres.
D’abord, il est vrai que les musiques du Mondes et le Jazz ne sont pas légion à pénétrer dans la Grande salle de L’opéra de Lyon, temple de la musique lyrique. On garde en mémoire deux moments magiques. Le 30 janvier 2016, lorsque la voix de la fadiste Kátia Guerreiro a résonné dans la Grande Salle et a comblé de bonheur les spectateurs venus écouter son répertoire « Até ao fim ». Le 31 mai 2008 quand fut accueilli dans cette même salle, le projet jazz « Follow The Song Lines » dirigé par Dirk Brossé avec David Linx & Maria João au chant et Mario Laginha & Diederik Wissels au piano. Ce soir-là les musiciens ont partagé ensemble le bonheur de la création instantanée et celui d’interpréter une écriture peaufinée et inventive que le public avait apprécié. Le Jazz via Martial Solal est donc de nouveau invité dans la Grande Salle le 14 octobre 2016.
Par ailleurs la présence de Martial Solal se fait rare sur les scènes françaises, enfin et surtout (!) Martial Solal n’est pas un pianiste lambda. Respecté par ses pairs, il est reconnu bien au-delà de la France (Europe, USA, …) comme une référence parmi les plus prestigieux pianistes de jazz.
Pour tous ces motifs, la venue de Martial Solal est vraiment exceptionnelle. La lecture rapide de « Martial Solal - libr’explorateur du piano » permet de prendre la mesure de l’ampleur de sa carrière. Par son talent prodigieux et sa singularité, cet artiste a marqué l’histoire du jazz européen. Il est sans aucun doute aujourd’hui l’un des plus grands pianistes improvisateurs.
Il convient donc absolument de ne pas rater ce rendez-vous du 14 octobre dans la Grande Salle de l’Opéra de Lyon. Pour l’occasion, Martial Solal est accompagné à la contrebasse par le Danois Mads Vinding avec lequel il avait enregistré entre autre opus, le disque » Contraste » en 1999. La collaboration de Bernard Lubat sera cette fois à la batterie (et non au piano comme en 2014 où lui et Solal dialoguaient sur deux pianos). On retrouve aussi en invitée, la chanteuse et improvisatrice Claudia Solal, fille émérite du pianiste.
Le répertoire du concert n’est pas connu mais on fait confiance au pianiste pour proposer un déluge d’idées et pour dérouler sur son clavier des inventions mélodiques hors pairs, des trouvailles harmoniques étonnantes et des improvisations renversantes, le tout avec le soutien des complices réunis autour de lui.
En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !
Suite aux dispositions annoncées par le Président de la République le 13 avril 2020, Dominique Delorme et ses équipes informent de l’annulation de l’édition 2020 du Festival des Nuits de Fourvière qui devait avoir lieu du 02 juin au 31 juillet 2020.
Après l’allocution du 13 avril 2020 du Président de la République qui interdit les festivals jusqu’à mi-juillet, l’équipe de Direction de festival Jazz à Vienne a annoncé le 14 avril 2020 « le report à l’été 2021 de la 40ème édition qui devait se tenir du 25 juin au 11 juillet prochain ».
Considéré comme une personnalité importante du jazz moderne, Martial Solal est reconnu bien au-delà du jazz comme un des plus grands pianistes contemporains. Technicien virtuose il s’est imposé comme improvisateur hors pair et possède un style singulier qui demeure ancré dans les racines du jazz.
Né à Alger, il étudie le piano classique puis découvre le jazz à travers les enregistrements que le saxophoniste « Lucky Starway » (Lucien Seror) lui faisait écouter (Benny Goodman, Coleman Hawkins, …). Il devient ensuite musicien professionnel en 1945 et s’installe à Paris en 1950 où il accompagne de nombreux solistes de passage dans les Clubs de jazz de la capitale comme le Club Saint-Germain (Kenny Clarke, Eric Dolphy, Dizzy Gillespie, Django Reinhardt,…). En 1956il forme son premier bigband avec lequel il enregistre ses propres compositions.
Il compose aussi des bandes originales pour le cinéma comme par exemple celle du film de Godard « A bout de souffle » en 1959 et celle de « Léon Morin prêtre » pour Melville en 1961. Parallèlement Il s’intéresse déjà à la musique orchestrale et enregistre aussi en solo dès 1956. Il se produit aussi en quartet et en trio. En l’occurrence, dans les années 60 il s’associe avec Guy Pedersen et Daniel Humair avant de partir jouer aux Etats-Unis. En effet, dès 1963, il est accueilli et acclamé aux États-Unis (Festival de Newport) où Il se produit ensuite régulièrement en duo avec le saxophoniste alto Lee Konitz.
Au fil des années Martial Solal a éprouvé son art pianistique au sein de différents trios. D’abord avec Gilbert Rovère et Charles Bergonzi puis au sein de son fameux trio « piano - 2 contrebasses » (1969/70) qui fut une réussite musicale mais essuya à l’époque un échec commercial. Il a ensuite joué en trio avec différentes associations contrebasse-batterie des musiciens suivants : les contrebassistes Gary Peacok et Marc Johnson et les batteurs Max Roach, Peter Erksine et Paul Motian. Son trio avec les frères Moutin a aussi connu une grande gloire.
Le pianiste a aussi beaucoup exploré la musique en duo, exercice qui l’a toujours passionné. Il a confronté son discours musical à de nombreux musiciens : Lee Konitz, NHOP, Eric Watson, Enrico Rava, Stéphane Grapelli, Eric Le Lann, Jean-Louis Chautemps, Toots Thielemans, Didier Lockwood, Daniel Humais, Johnny Griffin et bien d’autres, la liste est loin d’être exhaustive.
Martial Solal affectionne aussi la direction d’orchestre. Dans les années 80 il travailla avec un bigband dont la forme évolua au fil des années au profit d’un medium band, orchestre de taille assez réduite. Plus précisément l’orchestre devint le Dodecaband avec lequel il explore entre autre répertoire la matière musicale de Duke Ellington puis le New Decaband avec une instrumentation originale qui compte alors un cor et une voix (celle de sa fille Claudia Solal). En matière d’orchestration, les références de Martial Solal sont diverses, de Duke Ellington et Count Basie à Debussy, Ravel, Stravinsky et Bartók.
C’est enfin en solo que Martial Solal s’est souvent produit. Son art est alors tel qu’il emplit l’espace et comble d’aise ceux qui ont le bonheur de l’écouter.
Martial Solal ne se cantonne pas au jazz. Il a approché la Musique Contemporaine auprès de Marius Constant qui dirigeait l’ensemble Ars Nova. C’est avec lui qu’en 1977 Martial Solal composa Stress pour trio de jazz, piano, quintette de cuivres et percussion. C’est après une rencontre avec Pierre Sancan qu’il étudie dans les années 70 la technique classique du piano dans la perspective d’une meilleure maîtrise du clavier. En effet, pour lui « la technique conditionne l’imagination … […] … conditionne (le) style »(1) et « le contrôle de l’instrument donne à l’improvisateur des possibilités illimitées »(2). Sa liberté tonale jointe à sa technique pianistique lui a permis de développer son talent pour l’improvisation.
Martial Solal pratique un jazz moderne. Lorsqu’il improvise, il conte des histoires. Sa musique inventive et impalpable s’envole et ménage des moments de suspension qui laissent pantois les auditeurs. Mélodiste hors pair, Martial Solal affectionne les ruptures rythmiques et les digressions harmoniques. Sa virtuosité dépourvue de tout cliché explose les conventions habituelles.
Il n’est pas possible d’oublier de mentionner son humour proverbial qui se manifeste entre autre forme à travers de nombreux titres de ses compositions comme « Jazz Frit », « L’allée Thiers et le poteau laid », « Averty c’est moi ».
C’est en reconnaissance à son talent que la Ville de Paris a créé en en 1998 le Concours International de Piano Jazz qui porte son nom et consacre de nouveaux talents. Il a influencé toute une génération de pianistes et ses qualités d’instrumentiste, compositeur et orchestrateur sont reconnues bien au-delà des frontières de la France.
Martial Solal a reçu en 1993 le Grand Prix National de Musique qui est attribué en France une fois par an à un musicien (tous styles de musiques confondues). Enfin, il a été récompensé en 1999 par le Jazzpar Prize, véritable « prix Nobel » du jazz attribué pour la première fois à un Français.
1 - Entretien avec Xavier Prévost, Martial Solal, Compositeur de l'Instant, Michel de Maule INA, 2005, p.129-130
2 - Martial Solal, Ma vie sur un tabouret, Actes Sud, 2008, p.117
En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !
Suite aux dispositions annoncées par le Président de la République le 13 avril 2020, Dominique Delorme et ses équipes informent de l’annulation de l’édition 2020 du Festival des Nuits de Fourvière qui devait avoir lieu du 02 juin au 31 juillet 2020.
Après l’allocution du 13 avril 2020 du Président de la République qui interdit les festivals jusqu’à mi-juillet, l’équipe de Direction de festival Jazz à Vienne a annoncé le 14 avril 2020 « le report à l’été 2021 de la 40ème édition qui devait se tenir du 25 juin au 11 juillet prochain ».
Avec « Day Breaks », Norah Jones revient à ses racines Jazz
Norah Jones annonce la sortie de son prochain album, « Day Breaks », à paraître le 07 octobre. Avec ce nouvel opus splendide, la pianiste chanteuse revient à ses racines jazz. La boucle est bouclée.
Dans son 7ème album en solo, elle revient à ses racines et au piano. Sur « Day Breaks » (Blue Note/Universal), Norah Jones entremêle avec une rare subtilité country, folk, rock, soul et jazz. Elle est cette fois accompagnée par de véritables légendes du jazz comme le saxophoniste Wayne Shorter, l’organiste Dr Lonnie Smith et le batteur Brian Blade déjà présent sur son premier disque et dont le jeu constitue l’épine dorsale de ce nouvel album.
Cet album à découvrir le 07 octobre compte douze titres. Neuf compositions originales. toutes écrites ou co-écrites par Norah Jones et des reprises d’Horace Silver (Peace), Duke Ellington (Fleurette Africaine) et Neil Young (Don’t be denied).
Norah Jones exprime la richesse et la diversité de la musique américaine et en attendant la sortie de l’album le 07 octobre, on écoute le titre Carry On dont la tonalité apaisante rappelle un peu l’ambiance de son premier album « Come Way with me ».
Outre l’écoute de ce premier single, il convient de noter sur l’agenda des concerts de cette fin d’année, celui de Norah Jones qui sera à Lyon le 11 novembre à 20h, à l’Amphithéâtre 3000 de la Cité Internationale.
En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !
Suite aux dispositions annoncées par le Président de la République le 13 avril 2020, Dominique Delorme et ses équipes informent de l’annulation de l’édition 2020 du Festival des Nuits de Fourvière qui devait avoir lieu du 02 juin au 31 juillet 2020.
Après l’allocution du 13 avril 2020 du Président de la République qui interdit les festivals jusqu’à mi-juillet, l’équipe de Direction de festival Jazz à Vienne a annoncé le 14 avril 2020 « le report à l’été 2021 de la 40ème édition qui devait se tenir du 25 juin au 11 juillet prochain ».
Robert Lapassade, un Jazz « Body and Soul » plein de « Brio »
Homme de Radio, musicien et journaliste, Robert Lapassade est inscrit depuis longtemps dans le paysage du Jazz Rhône-Alpin. Son humour et son professionnalisme font de lui un personnage authentique, attachant et singulier.
Nous le remercions d’avoir accepté de répondre à quelques questions après un des « points-presse » qu’il anime pour le « festival Jazz à Vienne » depuis de nombreuses années. De ses réponses émerge le portrait sensible d’un amateur de musique groovy.
Nicole Videmann : Avant de commencer, peux-tu nous donner quelques éléments qui précisent ton rapport au jazz ?
Robert Lapassade : Natif de Léopoldville (devenu Brazzaville) au Congo Belge, j’ai vécu dans ce pays juste avant l’Indépendance jusqu’à l’âge de 7 ans. Même si j’en ai des souvenirs très flous, j’y ai emmagasiné des tas de choses. Des ambiances, des odeurs, des façons de vivre, un rythme de vie et les musiques. Tout ceci peut contribuer à expliquer que j’ai toujours aimé la musique qui puise ses racines dans le groove d’une manière générale, qu’il s’agisse d’une musique ethnique traditionnelle ou de la funk soul américaine. Ces premières influences sont sans doute déterminantes car j’aime un type de jazz qui a quelques unes de ses racines du côté de l’Afrique. De fait, ma façon de voir le jazz et de l’apprécier dépendent de ce terme groove. Je suis donc plus africain et afro-américain dans mon appréciation de la musique. C’est à dire que les formes de jazz puisées aux sources de la musique européenne me touchent moins spontanément.
NV : Quel est le premier souvenir qui a marqué ta relation au jazz ?
Robert Lapassade : Mes premiers souvenirs remontent à l’époque de mes 8 ou 9 ans. Ils se situent du côté du blues car le premier disque que j’ai entendu après l’avoir piqué dans la discothèque de mon père c’est l’American Folk Blues Festival un 45 tours avec Willie Dixon, John Lee Hooker, Champion Jack Dupree et T-Bone Walker. Ça a été ma première « grosse baffe ». J’ai surtout focalisé au début sur John Lee Hooker et ensuite j’ai appréhendé le jazz traditionnel de la Nouvelle-Orléans dont mon père était fan. Chez moi à l’époque on écoutait le duo Louis Armstrong-Ella Fitzgerald tous les dimanches matin et cela a imprégné ma façon d’écouter la musique.
Cela rejoint ce que j’ai dit précédemment. J’affectionne les choses positives dans la musique. Évidemment quand quelque chose est profondément sombre et sincère je peux vibrer mais j’aime surtout la joie, le soleil qu’amène la musique. Par exemple, si on prend On the sunny side of the street, c’est un morceau que j’ai apprécié autant par sa musique que par ce que le titre évoque lui-mêm. C’est à dire que pour moi la musique est synonyme de bonheur et de mouvement.
J’ai ensuite acheté mon premier 45 touts à 13 ans et c’était Jimmy Hendricks. Il y a donc comme une continuité. Ainsi mes racines sont donc plus du côté du blues, de la pop et du rock que du côté du jazz que j’ai commencé à apprécier seulement ensuite.
En effet, dans les années 70 s dans le rock j’ai apprécié les artistes qui faisaient des ponts avec la pop musique, des gens comme Miles Davis, Weather Report, ceux du Jazz-Rock mais j’ai aussi été fou d’Ornette Coleman, de Coltrane, de Gato Barbieri (époque « Bolivia ») qui m’a amené vers les musiques du Monde car j’ai beaucoup aimé ce que le jazz a fait des musiques traditionnelles, comme le fit Gato Barbieri.
J’ai aussi un gros souvenir de Roland Kirk, cet ovni qui m’a marqué. Je précise par ailleurs que dans les années 70, j’appréciais aussi les « minets » avec les pulls shetland jaune-citron au-dessus du nombril. On écoutait alors la Soul et les séries « Formidable Rythm & Blues » de cette époque produites par les états sudistes (Georgie, Texas, Louisiane, Alabama) en particulier, Otis Redding, Wilson Pickett était mon idole et James Brown aussi. En fait, en 71, tout était bon.
NV : Quel est ton mode d’écoute préféré pour apprécier le jazz ?
Robert Lapassade : Cela a évolué avec le temps mais aujourd’hui j’écoute finalement plus la musique à travers les vidéos qu’à travers les disques. Il y a une quinzaine d’années lors de l’essor de l’Internet j’ai découvert U Tube et une myriade de documents, d’extraits de concerts, des émissions de télé, des artistes dont on n’avait jamais rien vu en Europe. Cela vaut autant pour le jazz que pour la pop musique dont on avait vu Woodstocks, Tommy (la Comédie musicale des Who). Les premiers films qui sont sortis à propos du rock étaient rarissimes et la distribution était aléatoire. On avait peu d’images et notre imaginaire se construisait à travers les pochettes de disques, les photos, les commentaires intérieurs que l’on dévorait. D’un seul coup à partir des années 2000 je me suis mis à dévorer tous ces clips dont on ne connaissait aucune image et j’ai gardé aujourd’hui ce tic de continuer à apprécier la musique en images, y compris les nouveautés. Je me moque du format. Je suis parti du vinyle au CD et aujourd’hui la musique dématérialisée sur mon ordi me convient même si je regrette la perte de l’objet vinyle et de ses pochettes. Avec la vidéo j’ai la perception du son mais aussi celle de l’image du musicien, de ce que le personnage dégage musicalement. Cela me convient et m’aide à mieux le percevoir. C’est peut-être ce qui explique que j’aime moins la musique électronique où les personnalités s’éclipsent au profit de la musique.
NV : Quelle est dans l’absolu la forme de jazz que tu écoutes avec le plus de plaisir ?
Robert Lapassade : …. Je suis embarrassé pour répondre car je suis éclectique et de plus je m’ennuie vite. En une heure il me faut écouter plusieurs types de musique.
En fait, j’ai beaucoup aimé quand le jazz a essayé de trouver l’esprit de la fusion, comme Miles Davis l’avait fait. Là j’ai retrouvé mon goût pour le groove, les improvisations, les instrumentistes, la compétencs et la créativité des musiciens de jazz. J’ai bien aimé ce jazz là mais je reviens facilement au jazz plus classique. En effet, même s’il se fait aujourd’hui des formes merveilleuses de musiques avec de supers musiciens et de supers enregistrements. je préfère tout de même écouter les modèles originaux, c’est à dire Ornette Coleman qui reste un maître, Miles Davis période cool et aussi par exemple Randy Weston pour le rapport qu’il a eu avec les musiques ethniques.
…. En fait et je le dis rarement mais mon musicien préféré dans le jazz c’est Thelonious Monk car il est à la fois un personnage et une musique et j’adore sa musique. C’est implacable rythmiquement, en quelque sorte, je dirais que ça groove. ….En fait j’aime les allumés dans le jazz, Sun Ra, Pharoah Sanders.
NV : Quel est l’instrument de musique auquel tu es le plus attaché ?
Robert Lapassade : Dans le jazz, c’est le saxophone que je préfère. En fait j’aime la voix humaine, le chant et du coup pour moi, le saxophone s’en rapproche beaucoup et c’est pour cela qu’il est mon instrument préféré. Je préfère le ténor et surtout le baryton et dont les sons graves qui me touchent vraiment.
NV : Quand tu es en pleine forme, quels musiciens, quels styles de musique, disques ou titres écoutes-tu volontiers ?
Robert Lapassade : … Il m’est difficile de répondre car ceci va à l’encontre de ce que je fais. Je ne le réécoute un disque que dix ans après, juste pour le redécouvrir. Bien sûr quand j’étais gamincela je faisais cela, écouter un album jusqu’à l’user mais plus aujourd’hui.
NV : Pour le formuler autrement, quelle musique associerais-tu au terme « bonheur » ?
Robert Lapassade : Sitting on the Dock of the Bay d’Otis Redding, cela me bluffe même 45 ans après, cela re-déclenche des bonnes émotions.
J’aime aussi tous les morceaux de James Brown (jusque dans les années 80), cela me « file la patate » quoi qu’il arrive. Bob Dylan me permet de me poser et de faire un peu d’introspection, j’en suis un fan depuis toujours. Enfin apprécie au dessus-de tout David Crosby, If I could only remermber my name, un album avec un coucher de soleil. La pureté à l’état brut. C’est mon disque de chevet !
Certes tout cela est certes un peu éloigné du jazz mais j’y suis venu après 25 ans voire 30 ans d’écoute de musique rock et soul. En fat le jazz est pour moi significatif de « confort ». Je m’explique, j’aime le côté feutré du jazz. C’est ce que j’écoute quand j’ai envie de me sentir « confortable » mais je ne l’associe pas forcément au « plaisir » et à la « profondeur ».
En fait ce serait plutôt des râgas qui me rendraient le plus heureux et m’apporteraient la sérénité.
NV : Quelle serais ta démarche pour sensibiliser au jazz une de tes connaissances ?
Robert Lapassade : Par facilité je lui ferai écouter un disque jazz manouche qui a pour qualité principale d’apporter la joie de vivre par son swing et ses mélodies. A moins que je ne lui propose de visionner par exemple le film « Latcho drom ». Je lui ferai ensuite écouter les grands saxophonistes en commençant par Coleman Hawkins puis la musique de Duke Ellington et pour finir Thelonlious Monk.
NV : Pour quel musicien serais-tu capable de faire des milliers de kilomètres ?
Robert Lapassade : Cela aurait pu être Prince… en prenant une comète même si, par bonheur j’ai pu le voir trois fois à Paris.
En fait je me déplacerais volontiers pour écouter Charles Lloyd. Pour dire vrai, aujourd’hui quand j’écoute un concert, trois titres suffisent à me combler. Je préfère continuer ensuite à l’apprécier en solitaire chez moi (quand il existe des témoignages de cette musique bien sûr).
NV : Quelle musique de jazz écoutes-tu rarement ?
Robert Lapassade : Le Dixieland et le style New-Orleans, même s’il a été ma première tendresse et si bien sûr j’aime encore la voix de Louis Armstrong mais en dehors de lui ….
NV : Quels sont les trois albums fétiches dont tu ne te séparerais-pas ?
Robert Lapassade : Pour répondre en biaisant un peu, je garderais trois albums de compilations. une compilation de jazz, une compilation de soul-funk et une compilation de rock avec du folk et du rock progressif. Bien sûr je m’occuperais moi-même de faire ces compilations pour être sûr d’y trouver uniquement ce que j’apprécie !
NV : Quels seraient les trois artistes que tu souhaiterais réunir pour une affiche de concert inédite ?
Robert Lapassade : … ce n’est pas simple. Je pense au saxophoniste ténor américain David Murray associé à Félix Wazekwa, chanteur de rumba zaïrois qui s’exprime en lingala et pour finir Selwyn Birchwood (celui qui ouvre la soirée blues de « Jazz à Vienne »)
NV : Quels sont les trois mots qui définissent « ton » jazz ?
Robert Lapassade : Pour moi j’associe le jazz au mot « Brio » et à une dimension qui regrouperait les termes » viscéral » et « spirituel ».
NV : Est-ce que l’expression « Body and Soul » pourrait convenir ?
Robert Lapassade : C’est tout à fait cela. En effet, le jazz que j’aime c’est lorsque le musicien exprime avec toute l’énergie de son corps ce qui habite son âme au plus profond et cela bien sûr, avec brio.
Propos recueillis le 09 juillet 2016 au Festival "Jazz à Vienne"
En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !
Suite aux dispositions annoncées par le Président de la République le 13 avril 2020, Dominique Delorme et ses équipes informent de l’annulation de l’édition 2020 du Festival des Nuits de Fourvière qui devait avoir lieu du 02 juin au 31 juillet 2020.
Après l’allocution du 13 avril 2020 du Président de la République qui interdit les festivals jusqu’à mi-juillet, l’équipe de Direction de festival Jazz à Vienne a annoncé le 14 avril 2020 « le report à l’été 2021 de la 40ème édition qui devait se tenir du 25 juin au 11 juillet prochain ».
Harold López-Nussa, capitaine à la barre de « El Viaje »
L’album « El Viaje » invite au voyage. Sur le pont, à la barre et au piano, le capitaine Harold López-Nussa. A ses côtés les copilotes, Alune Wade et Adrián Ruy López-Nussa. La musique groove au fil d’un voyage dont La Havane est le port d’attache.
« El Viaje » (Mark Avenue/Harmonia Mundi) présente le trio d’Harold López-Nussa avec son jeune frère Adrián Ruy López-Nussa (batterie, percussions) et le Sénégalais Alune Wade (basse, chant). Sur certains titres, le trio est augmenté avec des invités dont le père d’Harold López-Nussa, Francisco Ruy López-Nussa (batterie), Mayquel González (trompette, buggle), Dreiser Durruthy (percussions, chant) et Adel González (percussions).
L’album a été enregistré à la Havane qui représente pour le pianiste plus qu’une toile de fond. En effet, son propre voyage musical part toujours de la Havane pour mieux y revenir. S’il a étudié la musique classique puis la musique populaire de Cuba et le jazz, ses fondamentaux restent ancrés dans la culture de son pays. Malgré cela Harold Lopez-Nussa demeure toujours avide de voyages musicaux pour découvrir d’autres rivages et étoffer son inspiration. C’est ainsi qu’il se projette dans le monde à partir de Cuba avec ses propres bagages mais y revient toujours enrichi de nouvelles influences issues de ses confrontations avec d’autres cultures.
Harold López-Nussa a entamé en 2015 une collaboration avec le bassiste sénégalais Alune Wade sur l’album « Havana-Paris-Dakar ». A la suite de cette expérience, le pianiste cubain construit avec le bassiste un nouveau travail musical où culture cubaine et africaine se côtoient, l’album « El Viaje ».
« El Viaje » est un voyage à la fois rythmique et mélodique. D’escale en escale on cabote sur les rivages du jazz et on met le cap sur des destinations de rêve. Les inspirations sont donc diverses mais de titre en titre un groove efficace, plaisant et dépaysant s’installe. Les ambiances changent, les rythmes varient mais la musique conserve des couleurs chaleureuses.
L’ambiance du morceau d’ouverture Feriaévoque une soirée festive où des invités cubains, africains et new-yorkais confronteraient leurs souvenirs musicaux. On aurait aimé être autour de cette piste de danse animée par des musiciens qui invitent « Evidence » comme un clin d’oeil à Thelonious Monk. On a aussi particulièrement apprécié Bacalao Con Pan, un classique que Chucho Valdes avait joué avec Irakere. De la tradition, Harold Lopez-Nussa et ses compagnons conservent une rythmique soutenue et des alternances entre salsa, rumba et danzon mais ils rafraîchissent les racines originelles par des accents de modernité.
Sur Lobo’s Cha, le toucher du piano se fait romantique, la basse langoureuse. Les lignes mélodiques délicates se teintent de nostalgie. En s’imprégnant d’une mélancolie toute parisienne, le boléro évolue. La rythmique le transforme en un cha-cha-cha aux accents plus modernes. On est conquis.
Sur El Viaje, le morceau éponyme de l’album, on embarque dans un bateau qui se balance doucement sur l’eau. Le chant voilé de la trompette s’élève et dialogue avec la basse et la voix caressante d’Alune Wade. L’expression lyrique du piano flotte sur un filet délicat tissé par les percussions
Le voyage se poursuit d’escale en escale. On se promène avec Mozambique en Mi bémol puis on se dirige vers Oriente pour rejoindre ensuite Inspiración En Connecticut. On parcourt l’Afrique avec Africaoù la voix de Dreiser Duruthy alliée aux percussions fait le lien entre les racines communes de l’Afrique et de Cuba. Sur Una Fábula, la voix et la basse d’Alune Wade, le piano et la trompette content une fable pendant que le batteur et ses balais dessinent des contre-jours pour nous ramener en souplesse à Cuba avec le morceau Me Voy Pa’ Cuba. La voix du chanteur et sa basse chaloupent sur la trame jouée délicatement par le pianiste. Mais Cuba c’est aussi et surtout la patrie du rythme et le morceau s’accélère dès que le port approche pour finir dans une danse-transe.
Les onze plages de l’album proposent des univers différents où l’élégance est toujours de mise. Même si les jeux des solistes sont brillants, leurs interventions ne tournent pas à l’exhibition, à l’exubérance ou à l’esbroufe. C’est toujours la musicalité qui triomphe quel que soit le tempo et les ambiances.
La sortie de l’album « El Viaje » est annoncée pour le 23 septembre et Harold Lopez-Nussa sera en tournée à partir de septembre. En attendant de l’écouter sur scène on le retrouve pour une présentation de l’album.
En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !
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L’énergie souple et sensible du « Jazz Trio » fait mouche
Du 04 au 06 août, la musique énergique et harmonieuse du « Jazz Trio » a conquis le public attentif . Dans les travées du Péristyle, écoute, encouragements spontanés et applaudissements. Un véritable enchantement !
Durant trois jours le Péristyle assume vraiment sa vocation de salle de concert pour le plus grand plaisir de tous les spectateurs. Manu Vallognes (basse électrique), Eric Teruel (piano) et Yvan Oukrid (batterie) tissent une musique nuancée qui enchante et respire. On perçoit la complicité qui circule entre les musiciens du « Jazz Trio ». La joie du partage illumine leurs échanges et les densifient. C’est avec une énergie mâtinée de souplesse et de sensibilité que les trois compères proposent un répertoire de compositions originales d’Eric Teruel et de standards revisités avec talent.
Côté trio, Eric Teruel n’en est pas à son coup d’essai. Il a en effet déjà enregistré précédemment trois albums en trio sous son nom puis a opté pour le solo et ensuite le quintet sans oublier son travail autour de la chanson française, le cinéma et le groupe « Mei Teï Sho ». Avec ses deux nouveaux complices, il a fondé le « Jazz Trio » depuis plus d’un an. Yvan Oukrid et Manu Vallognes sont aussi des musiciens émérites dont le talent est reconnu depuis longtemps.
L’univers de ce « Jazz Trio » est singulier. La musique coule tout en souplesse et en finesse. Une musique à la mise en place peaufinée. Les arrangements des standards surprennent et dépaysent l’auditeur. Sur sa U-basse fretless Manu Vallognes tisse une trame harmonique tout en rondeur. Ses introductions lyriques et ses chorus précis teintent de poésie les morceaux du trio. A la batterie, Yvan Oukrid maîtrise les balais et prodigue alors un soutien efficace mais discret. Par contre, il sait tempêter avec force et énergie quand le tempo l’impose. Rythmiciens avérés, les deux musiciens prodiguent un environnement qui laisse toute latitude au pianiste pour improviser.
C’est en effet grâce à l’accompagnement attentif de ses deux compagnons qu’Eric Teruel peut laisser court à son talent. On ne peut s’empêcher de retrouver chez lui des traits qui évoquent fugacement Ahmad Jamal ou Michel Petrucciani bien qu’il s’exprime en fait dans un idiome qui lui appartient en propre. Aérien et précis il sculpte les ballades comme des haïkus. Par contre son toucher sait se faire tonique et véloce sur les rythmes soutenus qu’il maîtrise. Ses postures font échos à ses interventions. Debout au-dessus de son siège lors des chorus tendus. Félin et détendu lorsque sa main droite danse sur le clavier et brode les thèmes ou les impros. Il surfe avec aisance sur le tapis déroulé par la basse et la batterie. Tout cela sans jamais se départir de son sourire.
Chez les trois musiciens, pas d’esbroufe, pas de gimmicks. Loin des modes qui se démodent le « Jazz Trio » propose une musique construite au gré d’une inspiration sans cesse renouvelée. Il explore tous les territoires. Il sait se déchaîner mais aussi évoluer avec délicatesse sur les ballades ou les rythmes médium. Les compositions du pianiste déclenchent l’enthousiasme. Sur Deep Trip, les musiciens explorent le registre de la nostalgie. Sur Foolish dance, le swing implacable du trio est servi par une mise en place précise. Pris sur un train d’enfer, Rescue porte quant à lui très bien son titre. Sans inhibition, décoiffant et tonique, il propose un 4/4 échevelé. On apprécie que ces musiciens confrontent leur art aux standards souvent boudés par la jeune génération. Ils les déconstruisent pour se les approprier avec simplicité et bon goût. On a écouté avec bonheur Invitation et son introduction de basse évocatrice de Jaco Pastorius. You and the Night and the Music pris sur un tempo rapide permet un solo de batterie débridé.
« Jazz Trio ». Un bain de musique vivifiante et ciselée dans laquelle il fait bon s’immerger. Trois musiciens complémentaires qui unissent leurs talents pour créer une musique très personnelle.
A l’occasion des concerts du Péristyle on apprend qu’un disque du « Jazz Trio » est annoncé pour la rentrée. « Mad train » (Label TroisFoisplusMusic). Les spectateurs en profitent en avant première. L’album sera disponible mi-octobre mais il est possible de le commander sur http://www.tfpm.org/madtrain.html.
Onze titres comme onze gares qui reflètent l’esthétique singulière du « Jazz Trio ». On a vraiment envie de monter dans ce train finalement pas si fou que cela. A moins que la folie ne consiste à créer une musique vivante à l’encontre des tendances actuelles plutôt lisses et sans âme.
Un petit avant-goût du disque avec cette vidéo de With a song in my Heart
En raison de la pandémie du Covid-19, il en va pour le Jazz Day 2020 comme pour les autres évènements culturels… on reste chez soi ! Point de concerts live, ni à Lyon, ni ailleurs. Pour autant pas question cette année que le 30 avril ne sombre dans les oubliettes. D’ailleurs pour cette Journée Internationale du Jazz 2020, l’Unesco et Herbie Hancock proposent des Conférences Interactives et un Global Concert en ligne avec des artistes du monde entier. Place à un International Jazz Day 2020… At Home !
Suite aux dispositions annoncées par le Président de la République le 13 avril 2020, Dominique Delorme et ses équipes informent de l’annulation de l’édition 2020 du Festival des Nuits de Fourvière qui devait avoir lieu du 02 juin au 31 juillet 2020.
Après l’allocution du 13 avril 2020 du Président de la République qui interdit les festivals jusqu’à mi-juillet, l’équipe de Direction de festival Jazz à Vienne a annoncé le 14 avril 2020 « le report à l’été 2021 de la 40ème édition qui devait se tenir du 25 juin au 11 juillet prochain ».