« Blue Xmas » par Miles Davis et Bob Dorough

« Blue Xmas » par Miles Davis et Bob Dorough

« Joyeux Noël » ou « Blue Xmas », on a choisi

Plus que quatre jours avant Noël. Diffuser de la musique dite « de Noël » à cette occasion est quelquefois tentant. Bien loin des chants traditionnels, chrétiens ou païens, c’est « Blue Xmas » qui figure dans le ciel de Noël des « Latins de Jazz… & Cie ».

Ce « Blue Xmas » figure sur le 33 Tours intitulé « Facets » pressé en 1973 (49 ans déjà) par le label CBS (Columbia Broadcasting System) dans la collection « Aimez-vous le Jazz » supervisée par Henri Renaud. Le disque regroupe plusieurs titres enregistrés à New-York par Miles Davis entre 1956 et 1962 avec des orchestres dont la composition varie.

300_facets-de-miles-davis_couvAinsi sur le disque on peut écouter quatre titres enregistrés le 25 juin 1958 avec un onztet où l’on retrouve entre autres musiciens aux côtés de Miles Davis, l’altiste Phil Woods, le pianiste Bill Evans et le contrebassiste Paul Chambers. Du beau monde qui interprète Jitterburg Waltz, Round Midnight, Wild Man Blues et Django sur des arrangement et sous la direction de Michel Legrand.

Deux autres titres ont aussi été gravés sur « Facets » par le quintet classique de Miles Davis des années 1955/1956 avec John Coltrane au saxophone ténor, Red Garland au piano, Paul Chambers à la contrebasse et Philly Joe Jones à la batterie. Il s’agit de Sweet Sue enregistré le 09 octobre 1956 et Budo capté le 27 octobre 1955.

Un autre titre de « Facets », Jazz Suite for Brass est à porter au crédit d’un grand orchestre dirigé par Gunter Schuller avec Miles Davis au flugelhorn et JJ Johnson au trombone. C’est le même orchestre augmenté de John Lewis au piano et Dik Horowitz aux percussions qui interprète Three Little FeelingsMiles Davis joue de nouveau de la trompette. Les deux morceaux ont été enregistrés à New-York en octobre 1956.

Enfin deux autres titres figurent sur la face A de l’album, Devil May Care et Blue Xmas. Miles Davis les a enregistrés avec un sextet composé par lui-même à la trompette, Wayne Shorter au saxophone ténor, Frank Rehak au trombone, William Correa (plus connu ensuite sous le nom de Willie Bobo) aux bongos, Paul Chambers à la contrebasse, Jimmy Cobb à la batterie et Bob Dorough au chant.

Si le sextet a enregistré Blue Xmas le 21 août 1962 en même temps que Nothing like you (absent sur « facets »), c’est le 23 août que le titre Devil May Care est mis en boîte. La production du groupe s’arrêtera là. Blue Xmas fait partie de la compilation de Noël produit en 1962 par le label Columbia. Il est ensuite repris sur l’album « Facets ». Pour précision, ces derniers titres ont été enregistrés entre les sessions des 27 juillet, 13 août et 6 novembre 1962 qui figureront ensuite sur l’album « Miles Davis with The Gil Evans Orchestra ».

Pour revenir à la petite histoire de Blue Xmas, entre 1959 et 1962, Columbia demandait aux artistes jazz de son catalogue d’enregistrer des titres en lien avec Noël qui étaient ensuite compilés sous l’appellation « Jingle Bell Jazz ». C’est ainsi qu’en 1962 le trompettiste Miles est sollicité par Columbia qui lui suggère de travailler avec le chanteur Bob Dorough. Le trompettiste compose la musique et le chanteur écrit les paroles. Le résultat n’est sans doute pas conforme aux critères définis à l’époque pour une « chanson de Noël » et le titre a dû trancher parmi les airs traditionnels enregistrés par les autres musiciens contemporains de Miles Davis.

C’est pour cette non-conformité qu’on a écouté et réécouté ce titre jusqu’à ce que le sillon du disque vinyl soit presque usé. De facto, il s’agit de paroles un rien cyniques qui critiquent ce que l’on peut nommer « le mauvais esprit » de Noël. Pour se garder de trop de critiques, Dorough juxtapose d’ailleurs un sous-titre  au morceau, To Whom It May Concern mis entre parenthèses. En ajoutant, « à qui de droit », Il entend ainsi que tout le monde n’est pas concerné par le texte de la chanson.

Aujourd’hui, Blue Xmas reste encore d’actualité quand il dénonce les Pères Noël de pacotille qui déambulent dans les rues, avec leurs costumes fantaisistes loués, leurs fausses barbes et leurs grands sourires qui sonnent faux. De nos jours encore les pauvres errent dans les rues pendant que d’autres courent pour remplir faire leurs emplettes et remplir les chaussures. Dorough dénonce le faux semblant de générosité des gourmands qui donnent quelques sous aux nécessiteux, aux enfants et aux sans-abri. Il jette un regard critique sur les « zillions » de cartes de Noël. A l’époque il n’y avait pas les sms et les réseaux sociaux qui démultiplient le phénomène.

Bref, même si le titre n’a pas vraiment enchanté Miles Davis qui a eu un regard assez critique sur ses enregistrements réalisés avec Bob Dorough, on écoute malgré tout Blue Xmas avec plaisir.

Et pour finir on reprend avec Bob Dorough…

Blue Christmas, that’s the way you see it when you’re feeling blue
Blue Xmas, when you’re blue at Christmastime
You see right through,
All the waste, all the sham, all the haste
And plain old bad taste

Sidewalk Santy Clauses are much, much, much too thin
They’re wearing fancy rented costumes, false beards, and big fat phony grins
And nearly everybody’s standing round holding out their empty hand or tin cup
Gimme gimme gimme gimme, gimme gimme gimme
Fill my stocking up
All the way up
It’s a time when the greedy give a dime to the needy

Blue Christmas, all the paper, tinsel and the fal-de-ral
Blue Xmas, people trading gifts that matter not at all
What I call
Fal-de-ral
Bitter gall . . . Fal-de-ral.

Lots of hungry, homeless children in your own backyards
While you’re very, very busy addressing
Twenty zillion Christmas cards
Now, Yuletide is the season to receive and oh, to give and ahh, to share
But all you December do-gooders rush around and rant and rave and loudly blare
Merry Christmas
I hope yours is a bright one, but for me it’s blue…

Ouvrages consultés : 
- Miles Davis, L'autobiographie, Miles Davis avec Quincy Troupe, Presses de la Renaissance; 1989, 354 p, page 223
- Miles Davis, Ian Carr, Editions Parenthèses, Colection Epistrophy, 1991, 328p, p158
Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

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Oboman et Aquarela proposent « A Bela Vida »

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A la tête de son trio Aquarela, le hauboïste et joueur de cor anglais Jean-Luc « Oboman » Fillon présente « A Bela Vida », troisième album qu’il consacre aux musiques brésiliennes. Entouré de ses deux compères brésiliens, le mandoliniste Eduardo Miranda et le guitariste Tuniko Goulart, le leader invite le percussionniste brésilien Zé Luis Nascimento à les rejoindre. Avec de tels virtuoses, mélodies et rythmes brésiliens frémissent de lyrisme et d’élégance. Une évasion bienvenue en ces temps bouleversés pour retrouver le goût de la Bela Vida.

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Thomas Delor revient avec « Silence the 13th »

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Après le somptueux et singulier « The Swaggerer », le batteur et compositeur Thomas Delor récidive avec « Silence the 13th », un deuxième album tout aussi convaincant que le premier. Entouré des compagnons déjà présents sur son premier opus, le leader confirme ses qualités de compositeur et d’instrumentiste. L’album cultive l’art de la nuance et séduit par ses pulsations contrastées, ses couleurs captivantes et ses silences… véritables notes de musique.

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« E.S.T. Symphony », hommage à  Esbjörn Svensson

« E.S.T. Symphony », hommage à Esbjörn Svensson

Vision symphonique de la musique du trio E.S.T.

Le label ACT célèbre la musique du mythique Esbjörn Svensson Trio, huit ans après la disparition de son leader.  Enregistré avec les deux musiciens du trio, l’album « E.S.T. Symphony » est arrangé par Hans Ek qui dirige le Royal Stockholm Philharmonic Orchestra. Hommage lumineux et inspiré.

En fait, dès 2003, le pianiste Esbjörn Svensson, disparu dans un accident de plongée en 2008, avait commencé à arranger l’un de ses thèmes, Dodge The Dodo, pour orchestre de chambre. L’album s’enracine donc sur l’idée du pianiste qui souhaitait créer une fresque musicale à partir de quelques uns de ses thèmes.

« E.S.T. Symphony » (ACT/PIAS) fait suite à cette initiative d‘Esbjörn Svensson.9034-2_Titel.indd

Le canevas de l’album « E.S.T. Symphony » reprend une sélection de dix compositions du pianiste arrangées par le chef d’orchestre suédois Hans Ek qui dirige le Royal Stockholm Philharmonic Orchestra. Les deux membres du trio, le bassiste Dan Berglund et le batteur Magnus Oström participent à l’enregistrement rejoints par d’autres musiciens de l’écurie ACT.

Qui a vécu au moins un concert du Esbjörn Svensson Trio a été pénétré par la musique du trio et été transporté dans un ailleurs musical vigoureux aux couleurs contrastées. Il est vrai que le trio plus communément nommé par ses initiales EST. a gravé treize albums qui ont marqué de leur sceau le début du siècle.

De prime écoute « E.S.T. Symphony » surprend un peu par la densité de la trame orchestrale et la nouvelle coloration que les arrangements de Hans Ek donne aux morceaux. Pourtant très vite on retrouve l’esprit de la musique du trio EST, ses secousses énergiques et ses nuances lumineuses. Cette impression résulte sans doute de la densité cuivrée de l’orchestre qui amplifie les effets électrifiés du bassiste Dan Berglund. On retrouve les accents reconnaissables et la puissance de la frappe du batteur Magnus Oström très présent sur toutes les plages. Les deux compères contribuent pour beaucoup à restituer l’ambiance originelle d’EST.

Le choix des titres participe pour beaucoup à cette réactivation des sensations originellement ressenties à l’écoute du trio EST. Après le prélude résonnent les emblématiques From Gagarin’s Point of View et When God Created the Coffeebreack où le pianiste Iro Rantala a la lourde charge de tenir le clavier. Lui-même compositeur d’un concerto pour cordes et piano s’en tire d’ailleurs plutôt bien.

Le saxophoniste Marius Neset prend ensuite la main sur Seven Days of Falling qui s’élève avec puissance et majesté. Sur Wonderland Suite, c’est le trompettiste Verneri Pohjola qui se saisit du gouvernail qu’il laisse ensuite au pianiste jusqu’à un ébouriffant solo du batteur Magnus Oström.

De titre en titre on apprécie la musicalité qui se dégage de l’album. Les ambiances planantes alternent avec des titres à l’orhestration plus subtile. « E.S.T. Symphony » se termine avec une interprétation tonique de Behind the Yashmak qui fait suite à une sublime version de Viaticum Suite.

Les brillants arrangements orchestraux engendrent souvent une atmosphère à la résonance plutôt classique mais la tonalité jazz reprend vigueur grâce aux interventions solides du bassiste Dan Berglund soutenu par son actuel complice Johan  Lindström à la pedal steel guitare.

« E.S.T. Symphony » témoigne de la vitalité toujours actuelle de la musique du trio EST dont les mélodies et la rythmique demeurent uniques et inoubliables.

Une bonne idée serait aussi d’écouter ou ré-écouter quelques-uns des albums phares du Esbjörn Svensson Trio pour s’immerger dans l’univers que le pianiste avait créé avec ses deux compagnons.

Ce pourrait être « From Gagarin’s Point Of View » (1999), « Strange Place For Snow » (2002), « Good Morning Susie Soho » (2002), « Seven Days Of Falling » (2003), Viaticum (2005) ou « Tuesday Wonderland » (2006) tous réalisés sous le label ACT.

Pour se mettre dans l’ambiance du disque, le making of de l’album …

… et pour finir une visite sur le site du label ACTmusic pour accéder à l’exhaustivité des albums du Esbjörn Svensson Trio et écouter des extraits de l’album « E.S.T. Symphony ».

Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

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Sélection « Label Stunt#1 » pour belle fin année 2016

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Quelques pépites 2016 du Label Stunt

Avec la sélection « Label Stunt#1 », on découvre en cette fin d’année 2016 quelques albums essentiels de ce label scandinave. Un jazz diversifié et de qualité pour surprendre et contenter tout amateur curieux.

stunt_logo_200Stunt Records, relai de la société musicale scandinave basée à Copenhague, Sundance Music, privilégie une grande exigence artistique, un design graphique exclusif et une qualité de son haut de gamme. En 25 ans, il s’est  forgé une solide réputation. Le profil musical des artistes signés est tourné vers le jazz même s’il outrepasse souvent les genres, avec un métissage de différents styles musicaux.

flashbacksdedications_couvL’album « Flashbacks & Dedications » sorti le 21 octobre propose onze compositions du pianiste Ole Matthiessen. Empreint de musique modale mais aussi ancré dans la chanson traditionnelle danoise, cet album met à l’honneur les vertus fondamentales du jazz. Le pianiste s’est entouré de la crème de la scène danoise. Tous ont d’ailleurs été récompensés par le prestigieux prix Ben Webster. Le trompettiste Henrik Bolberg, le saxophoniste ténor américain Bob Rockwell, basé au Danemark depuis 30 ans, le contrebassiste Jesper Lundgaard et le batteur Ole Streenberg.

« Flashbacks & Dedications », les amateurs de jazz moderne vont y trouver leur compte car l’improvisation y tient une grande part.

sinti-du-monde_couvParu le 21 octobre, l’album « Sinti du Monde » de Dorado et Amati Schmitt convient aux passionnés de musique manouche. En effet le guitariste Dorado Schmitt fait partie de ceux qui déclenchent l’enthousiasme des passionnés de la musique héritée de Django Rheinhardt. Entouré de Xavier Nikq à la contrebasse, Franco Rehstein et Essen Strandvig à la guitare, Dorado Schmitt est rejoint par son fils Amati Schmitt. Déjà virtuose, le jeune guitariste fait preuve d’un talent certain. L’enregistrement a eu lieu au décours de l’édition 2015 du festival danois Vinterjazz et s’est fait sans aucun artifice, après le départ du public.

« Sinti du Monde », l’acoustique et l’atmosphère ont inspiré les musiciens. L’esprit de la fête est présent et la musique célèbre le jazz manouche.

in-denmark-oscar-pettiford_couvLes amateurs de titres inédits sont comblés par la réédition d’un album publié le 21 octobre. Il s’agit de l’opus « In Denmark 1959-1960 » qui réunit Oscar Pettiford & Jan Johansson avec Stan Getz en invité. Oscar Pettiford est présent sur les dix-sept plages de l’album et le pianiste Jan Johansson le rejoint après les cinq premières plages où l’instrument est tenu par le pianiste Bent Axen.

Il est vrai qu’à la fin des années cinquante, le contrebassiste Oscar Pettiford s’est installé dans la capitale danoise en pleine transformation culturelle avec le début du club « Jazzhus Montmartre ». Le jazz déferle alors sur la ville et le saxophoniste ténor américain Stan Getz est invité par le trio constitué de Jan Johansson, Oscar Pettiford et Joe Harris à la batterie. Trois titres résultent d’un enregistrement live réalisé en 1959 à l’occasion d’un concert au Tivoli Gardens. L’interprétation de la composition de Benny Golson,  I remember Clifford, constitue un moment phare de l’album où l’on retrouve l’inspiration sensible du grand Getz dont le lyrisme émeut encore.

La second partie de l’album est focalisée sur le travail du duo Pettiford/Johansson avec le vibraphoniste Louis Hjulmand. Trois thèmes suédois traditionnels sont interprétés par Johansson en solo.

« In Denmark 1959-1960 », un album historique à savourer avec gourmandise.my-scandinavian-blues_us4_couv

Avec « US4 My Scandivinian Blues - A Tribute to Horace Parlan » sorti le 14 novembre, on a entre les oreilles une pure pépite. Sur le CD, onze compositions originales du répertoire d’Horace Parlan interprétés par Adam Nussbaum à la batterie, Tomas Franck au saxophone ténor, Thomas Clausen au piano et Roger Pedersen à la contrebasse, avec la voix de Sinne Eeg sur deux morceaux. Sur le DVD on peut visionner six enregistrements du projet.

La sortie de cet album est donc l’occasion de se pencher sur la vie de ce pianiste qui a développé un style très personnel après avoir été frappé par la polio qui a paralysé sa main droite. Horace Parlan a enregistré avec Mingus dans les années 50 et a signé quelques albums sous son nom chez « Blue Note ». Il s’est ensuite produit aux côtés de Dexter Gordon, Archie Shepp, Sonny Rollins, Chet Baker et bien d’autres. Il quitte ensuite les USA pour échapper à la ségrégation raciale et trouve refuge au Danemark qui devient son pays d’adoption.

Il participe plus tard avec sa femme à l’éclosion d’un  label qui a fait les beaux jours du jazz, SteepleChase. Malgré cela il est aujourd’hui confronté à une vie difficile qui le conduit à sacrifier ses dernières économies pour la réalisation de cet album et de cette vidéo.

Sur ce second extrait du DVD on aperçoit Horace Parlan et on devine son bonheur à l’écoute des titres. Quelques images d’archives constituent aussi de très beaux moments à partager.

« US4 My Scandivinian blues - A tribute to Horace Parlan », un album vibrant de l’âme du jazz. Du pur bonheur de bout en bout des deux supports audio et vidéo. A partager largement.

the-voyage_couv_t-clausen-f-caliStunt Records a une vision élargie sur le jazz et propose aussi des musiques inédites. C’est le cas de l’album « The Voyage » sorti le 15 novembre et enregistré par Thomas Clausen et Francesco Cali. Un duo Piano/Accordéon qui fonctionne plutôt bien.

Le premier, Thomas Clausen est un pianiste jazz qui a suivi une formation classique. Italien naissance, le second, Francesco Cali, est un accordéoniste lui aussi au cursus plutôt classique.

Les deux solistes proposent un voyage dans des univers aux atmosphères variées. Ils puisent leur inspiration dans la musique européenne, traditionnelle et classique, le choro brésilien, le tango et le jazz. La continuité du répertoire est séduisante et le propos plutôt minimaliste. On se laisse porter par les ballades mélancoliques et on vibre aux accents passionnés de certaines plages. La musique déroule des climats où Satie aurait laissé son empreinte et le voyage nous entraîne dans des contrées lointaines où résonne un tango tempéré.

« The Voyage », pour illuminer des fins de soirée  et voguer vers la sérénité. Une musique chaleureuse et tranquille à la beauté intemporelle.

Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

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Thomas Delor revient avec « Silence the 13th »

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Abou Diarra célèbre le blues mandingue avec « Koya »

Abou Diarra célèbre le blues mandingue avec « Koya »

Le blues ensorcelant et apaisant de « Koya »

« Koya », le nouvel album d’Abou Diarra, se profile entre émotion et énergie, entre poésie malienne et blues. Un monde musical situé entre tradition et modernité.

300_couv-koya_abou-diarraSur les onze plages de l’album « Koya » (Mix et Métisse/L’Autre Distribution), sorti le 10 novembre, Abou Diarra chante et s’accompagne du kamale n’goni, sorte de harpe/luth africaine utilisée à l’origine par les chasseurs de sa région natale. L’album rend hommage à sa mère dont il porte le nom. On écoute d’ailleurs sa voix voilée sur  le titre Koya Blues.

Abou Diarra a composé et écrit la totalité des titres et est accompagné de ses complices de scène, Daouda Dembelé à la guitare et Moussa Koita aux claviers. Si l’harmonica de Vincent Bucher renforce la tonalité blues, les discrètes touches d’électro apportées par Nicolas Repac (chargé de la direction artistique) contribuent à moderniser l’ambiance de l’album

« Koya », le quatrième album d’Abou Diarra, promène son blues entre la tradition malienne et une modernité bienheureuse et ronde irriguée des samples de Nicolas Repac.

Formé par « Vieux Kanté », un maître virtuose de l’instrument et aveugle, Abou Diarra a sillonné pendant plusieurs mois les routes d’Abidjan-Bamako-Conakry à pied, accompagné de son seul instrument le kamale n’goni qui restitue la douce mélancolie du Mali. Grâce aux cordes supplémentaires ajoutées par Abou Diarra, l’instrument devient guitare, basse ou même percussion … et le miracle opère tant sur les ballades nostalgiques que sur les rythmes endiablés. Ainsi Tunga sonne comme un reggae qui ne dit pas son nom. Le rythme de Ma chérie incite à la danse et on respirerait presque la poussière de la piste de danse.

Les flutes peuhles et mandingues enregistrées par Simon Wensé contribuent à la dimension traditionnelle de la musique. Ainsi, Djalaba résonne des plaintes de la flûte qui joint son chant aux voix. Par contre sur Koya Blues, le dialogue entre la flûte et l’harmonica accentue l’ambiance lancinante de ce blues qui fait un clin d’oeil complice à la musique du Mississippi.

Le grand Toumani Diabaté est invité et la sonorité magique de sa kora résonne sur Labanko et Djarabi. En bambara, « Djarabi » signifie « Mon amour ». On écoute ce titre qui a inspiré le clip ci-après réalisé par Maet Charles avec la complicité de Victor Delfim. On apprécie la chorégraphie de Jean-Paul Mehansio interprétée par le danseur lui-même et Lorna Goiame.

« Un homme et une femme s’observent et s’apprivoisent. de la solitude au désir, de la rupture à la tendresse, un temps suspendu au creux de la rencontre amoureuse ». 

Sur « Koya », Abou Diarra pratique un métissage réussi entre tradition wassoulou, l’afrofunk, le blues et le jazz dont il a exploré les techniques. Ça groove tout au long des onze titres de l’album !

Pour écouter Abou Diarra sur scène avant la fin de cette année 2016, rendez-vous le 24 décembre au Nouveau Théâtre de Montreuil dans le cadre du Festival Africolor… et en avant-goût, cette vidéo enregistrée en direct au cours du concert Ocora Couleurs du Monde avec Françoise Degeorge et le Festival Africolor 12 nov 2016

Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

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Lucy Dixon swingue sur « Lulu’s Back In Town »

Lucy Dixon swingue sur « Lulu’s Back In Town »

Lucy Dixon, années 30/40, swing, guitares et claquettes

D’emblée, la pochette de l’album « Lulu’s Back in Town » donne le ton. Le noir et blanc et la tenue un rien rétro évoquent les années 30/40. La démarche déterminée de Lucy Dixon laisse augurer d’une belle énergie. Un concentré de swing, un brin de nostalgie et des claquettes en prime.

300_couv-album-lucy-dixonSorti le 23 octobre, « Lulu’s Back in Town » (B Stream/L’Autre Distribution) est vraiment un album dont l’écoute est stimulante. En rupture avec la morosité atmosphérique ambiante de ce début d’hiver, les quinze titres donnent la pêche. C’est en effet un grand plaisir que de se laisser booster par le swing que Lucy Dixon impulse aux standards des années 30/40 interprètés avec tonus et légèreté, tout en respectant la tradition, sans pour autant manquer d’originalité.

Dopée par le swing d’enfer de la triplette Samy Daussat à la guitare et des frères Gastine, David à la guitare et Sébastien à la contrebasse, Lucy Dixon ne pleure pas son énergie et mène son répertoire tambour battant, ou plutôt devrait-on écrire claquettes trépidantes. En effet, la chanteuse ne se contente pas de chanter. Forte de son expérience dans la troupe « Stomp » dont elle a fait partie pendant 10 ans, la belle anglaise propose un jazz tonique et au chant elle associe avec bon goût, percussions et claquettes.

Avec elle on chante et siffle Get Happy et on se prend même à danser… enfin à essayer car quand elle attaque Fascinating Rythm ou Nagasaki, c’est mort ! On ne peut plus suivre. Du coup on se prend à regretter que l’album ne propose que des titres audio, il nous reste à imaginer la prestation de l’artiste ou mieux à regarder une vidéo tournée lors du Festival « Jazz à Saint Germain-des-Prés » où l’on peut apprécier le spectacle qu’elle propose live avec son trio guitares/contrebasse.

Avec l’efficace rythmique manouche qui l’accompagne de bout en bout, Lucy Dixon sait aussi changer de tempo, comme par exemple sur It don’t mean a thing qu’elle prend sur un rythme ralenti. Par ailleurs, sur When somebody thinks you’re wonderful et sur le titre phare de l’album, Darling je vous aime beaucoup, Lucy Dixon adopte un registre plus romantique qui lui permet de mettre en valeur l’esthétique de son chant.

C’est aussi un beau moment que d’écouter Lucy Dixon interpréter When I get low I get high avec quelques sons de claquettes, seulement accompagnée par Steve Argüelles qui assure certes le rythme mais est aussi responsable de la réalisation de cet album. Tout au long du disque, la prise de son de Philippe Teissier Ducros permet de saisir les nuances de la prestation de Lucy Dixon qui joue autant de sa voix que de ses jambes.

On note avec intérêt l’intervention du pianiste Laurent de Wilde sur deux titres, Lulu’s Back In Town et I’m living In A Great Big Way et on apprécie aussi la chaleureuse coloration que donne la section de cuivres sur le titre éponyme de l’album, Get Happy et Fascinating Rythm.

A vrai dire « Lulu’s Back in Town » devrait ravir toutes celles et ceux qui apprécient la tradition du swing et le parti pris de Lucy Dixon qui restitue l’esprit de ce style tout en lui apportant une fraîcheur et une légèreté  qui ne sont pas sans évoquer la comédie musicale.

Après les soirées parisiennes de décembre à l’Olympia et au Sunset, Lucy Dixon sera au Jazz Club d’Annecy le 16 décembre et le 17 décembre au Jazz Club Lyon Saint Georges qui affiche complet. Pour suivre l’actualité de la chanteuse et connaître les dates des concerts à venir sur les scènes françaises, rien de mieux qu’une visite du site de Lucy Dixon. Get happy !

Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

Le contrebassiste Pierre Marcus poursuit son chemin et présente son troisième album, « Following the right way ». Non content de jouer avec Baptiste Herbin, Irving Acao, Simon Chivallon et Thomas Delor, figures marquantes de la scène jazz française actuelle, il leur adjoint des invités. L’album propose une promenade dont les jalons font écho à l’itinéraire personnel du leader. Le propos solide et fort actuel demeure enraciné dans la tradition. L’oreille ne s’y trompe pas et suit avec bonheur le contrebassiste sur la voie qu’il continue à tracer.

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Oboman et Aquarela proposent « A Bela Vida »

Oboman et Aquarela proposent « A Bela Vida »

A la tête de son trio Aquarela, le hauboïste et joueur de cor anglais Jean-Luc « Oboman » Fillon présente « A Bela Vida », troisième album qu’il consacre aux musiques brésiliennes. Entouré de ses deux compères brésiliens, le mandoliniste Eduardo Miranda et le guitariste Tuniko Goulart, le leader invite le percussionniste brésilien Zé Luis Nascimento à les rejoindre. Avec de tels virtuoses, mélodies et rythmes brésiliens frémissent de lyrisme et d’élégance. Une évasion bienvenue en ces temps bouleversés pour retrouver le goût de la Bela Vida.

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Thomas Delor revient avec « Silence the 13th »

Thomas Delor revient avec « Silence the 13th »

Après le somptueux et singulier « The Swaggerer », le batteur et compositeur Thomas Delor récidive avec « Silence the 13th », un deuxième album tout aussi convaincant que le premier. Entouré des compagnons déjà présents sur son premier opus, le leader confirme ses qualités de compositeur et d’instrumentiste. L’album cultive l’art de la nuance et séduit par ses pulsations contrastées, ses couleurs captivantes et ses silences… véritables notes de musique.

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Le « Duo Intermezzo » fête ses 10 ans

Le « Duo Intermezzo » fête ses 10 ans

Le Tango enflammé du « Duo intermezzo »

Depuis 10 ans, le « Duo Intermezzo » réunit le bandonéon de Sébastien Authemayou et le piano de Marielle Gars. Animés par un esprit novateur, les deux artistes interprètent un répertoire sensible centré sur le Tango.

Deux musiciens issus des conservatoires. Deux instruments polyphoniques. Entre classique et jazz, Sébastien Authemayou et Marielle Gars se retrouvent en 2006 autour de la musique du célèbre compositeur argentin Astor Piazzola et fondent le « Duo Intermezzo ».

C’est le début de dix ans de création autour du tango nuevo pour lequel ils conçoivent des arrangements spécifiques afin de mettre en valeur cette musique dont la mélancolie n’a d’égale que la rage qui l’habite.

L’énergie du duo se consacre d’emblée à l’univers300_couv_duo-intermezzo_astor-piazzola-balada-para-un-loco-copie d’Astor Piazzola, ce compositeur argentin à l’origine d’une musique unique, le tango nuevo. Les deux musiciens rendent en effet hommage au Maître argentin et restituent l’énergie et la subtilité de son univers tanguistique.

C’est ainsi qu’en 2012, le « Duo intermezzo » enregistre l’album « Astor Piazzola, Balada para un loco » (Indésens/Calliope Records). Sur les neuf plages de l’album, bandonéon et piano interprètent quelques-unes des compositions les plus connues de Piazzola. Libertango, Adios Noniño, Michelangelo’70.

Ils ajoutent une des quatre saisons, Invierno porteño et des adaptations instrumentales du répertoire de tango chanté avec Balada para un loco, Chiquilin de Bachin et Ave Maria.

On peut ci-après écouter des extraits de concerts consacrés à la musique d’Astor Piazzola, ambassadeur et initiateur du tango moderne. On apprécie le piano énergique et percussif, le bandonéon charmeur et déchiré et la sensibilité des deux artistes qui restituent l’univers du tango nuevo.

Après la sortie de « Balada para un loco » et une année de concerts célébrant le vingtième anniversaire de la disparition du Maître argentin, le « Duo Intermezzo » s’engage dans un nouveau projet fondé sur la concordance existant entre l’œuvre de Jean-Sébastien Bach et celle d’Astor Piazzola. Il en résulte un nouvel album, « Bach & Piazzola - Tête à tête » (Indésens/Calliope Records).

300_couv_duo-intermezzo_bach-piazzollaSur ce nouvel opus, le dialogue instrumental bandonéon/piano restitue une conversation musicale entre les esthétiques des deux compositeurs. D’emblée, on ne perçoit que les différences qui séparent les deux écritures pourtant très vite il apparaît que le principe de la fugue est un point commun entre Bach et Piazzola.

En son temps, Bach a toujours été à la recherche des nouveautés musicales et son œuvre colossale a inspiré de nombreux compositeurs tels Mozart, Mendelssohn, Chostakovitch et inspire encore de nombreux musiciens de jazz comme Keith Jarrett, Richard Galliano, Gary Burton ou Bobby McFerrin. Par ailleurs, Bach fut une des nombreuses inspirations d’Astor Piazzola qui a lui aussi composé en référence aux principes de la fugue et utilisé des marches harmoniques typiquement baroques. Muerte del angel, Primavera Porteña et Fugata sont autant de compositions crées par Piazzola en hommage au Cantor de Leipzig.

La grande réussite du « Duo Intermezzo » réside en ce que les deux musiciens s’expriment à partir de transcriptions et d’arrangements personnels inédits. Avec talent, Sébastien Authemayou et Marielle Gars parviennent ainsi à instaurer un dialogue fécond entre les instruments et les langages des deux grands compositeurs mais ils n’en restent pas là. Les deux artistes réussissent vraiment à créer des tête à tête de morceaux qui justifient le titre de l’album. En témoigne cet enregistrement où Otoño Porteño d’Astor Piazzolla s’entremêle avec un extrait de la Fugue BWV 889 en la mineur de Jean-Sébastien Bach, capté en concert le 6 août 2016 pour les Musicales de Bormes les Mimosas au Château de Bormes les Mimosas.

Après dix ans de concerts et deux enregistrements récompensés « Choix de France Musique », le « Duo Intermezzo » poursuit sa route, toujours animé du même souffle de créativité et de liberté. On attend avec impatience la parution de  leur prochain opus « Invitación » à paraître en 2017 chez Klarthe Records/Harmonia Mundi. Sans doute les deux artistes réservent-ils à cette occasion de nouvelles surprises et des rencontres musicales avec d’autres compositeurs.

En attendant, on les écoute interpréter le Preludio 9 d’Astor Piazzolla juxtaposé avec l’Adagio de la Toccata BWV 564 de Jean-Sébastien Bach à partir d’un enregistrement réalisé en concert et en plein air au Théâtre de Verdure de Cotignac le 03 août 2016 dans le cadre de l’édition 2016 du Festival du Rocher en partenariat avec le Festival Gloriana.

Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

Le contrebassiste Pierre Marcus poursuit son chemin et présente son troisième album, « Following the right way ». Non content de jouer avec Baptiste Herbin, Irving Acao, Simon Chivallon et Thomas Delor, figures marquantes de la scène jazz française actuelle, il leur adjoint des invités. L’album propose une promenade dont les jalons font écho à l’itinéraire personnel du leader. Le propos solide et fort actuel demeure enraciné dans la tradition. L’oreille ne s’y trompe pas et suit avec bonheur le contrebassiste sur la voie qu’il continue à tracer.

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Oboman et Aquarela proposent « A Bela Vida »

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A la tête de son trio Aquarela, le hauboïste et joueur de cor anglais Jean-Luc « Oboman » Fillon présente « A Bela Vida », troisième album qu’il consacre aux musiques brésiliennes. Entouré de ses deux compères brésiliens, le mandoliniste Eduardo Miranda et le guitariste Tuniko Goulart, le leader invite le percussionniste brésilien Zé Luis Nascimento à les rejoindre. Avec de tels virtuoses, mélodies et rythmes brésiliens frémissent de lyrisme et d’élégance. Une évasion bienvenue en ces temps bouleversés pour retrouver le goût de la Bela Vida.

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Thomas Delor revient avec « Silence the 13th »

Thomas Delor revient avec « Silence the 13th »

Après le somptueux et singulier « The Swaggerer », le batteur et compositeur Thomas Delor récidive avec « Silence the 13th », un deuxième album tout aussi convaincant que le premier. Entouré des compagnons déjà présents sur son premier opus, le leader confirme ses qualités de compositeur et d’instrumentiste. L’album cultive l’art de la nuance et séduit par ses pulsations contrastées, ses couleurs captivantes et ses silences… véritables notes de musique.

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Kurt Elling … « The Beautiful Day »

Kurt Elling … « The Beautiful Day »

Kurt Elling (en)chante Noël

« Kurt Elling sings Christmas ». Le chanteur célèbre Noël avec « The Beautiful Day ». Un disque qui tranche avec la platitude des ritournelles habituelles. Quatorze plages d’un jazz lumineux.

A l’occasion de Noël, loin du tumulte superficiel et sans effets de paillettes, Kurt Elling grave « The Beautiful Day », un véritable album de jazz. Un enchantement éloigné de tous les poncifs habituels en la matière. Pour sa première réalisation chez Okeh/Sony, le baryton de Chicago a le bon goût de réaliser un disque à l’atmosphère accueillante.

« The Beautiful Day », une chaleureuse bulle musicale où l’on s’immerge. On se sent entouré par la voix du chanteur comme par une écharpe de tendresse. On baigne dans des ambiances mystérieuses, dans des climats contemplatifs et reposants.

ke-sings-christmas-the-beautiful-day_couvOn a récemment pu apprécier les performances de Kurt Elling sur l’album « Upward Spiral » où il est l’invité du Brandford Marsalis Quartet. Sur « The Beautiful Day », le chanteur restitue l’essence d’un jazz dont il est un maître incontesté.

Kurt Elling sert l’idiome du jazz de belle manière entouré de son groupe régulier un peu augmenté. John McLean aux guitares, Stuart Mindeman aux claviers, Clark Sommers à la contrebasse, Jill Kaeding au violoncelle, Jim Gailloreto au saxophone soprano, Tito Carillo à la trompette, Kendrick Scott à la batterie et Kalyan Elling aux percussions. Sa fille Luiza joint sa voix à la sienne sur The Beautiful Day qui  termine l’album.

Avec un tel équipage, la magie du jazz opère, à moins que ce ne soit aussi celle de Noël. En effet, l’esprit de Noël préside tout au long de l’album qui ménage autant de surprises que de titres. On peut écouter des chants de Noël traditionnels interprétés comme on souhaiterait qu’ils le soient toujours. Same Old Lan Syne pris sur un tempo mâtiné de folk-rock de bon aloi. We Three Kings échappe à l’ambiance liturgique habituelle grâce au chant de la guitare et aux paroles de Tori Amos.

Little Drummer Boy s’impose comme un des titres phares de l’album. Voix, contrebasse et une batterie qui résonne comme une caisse claire des rues de la Nouvelle-Orléans.

L’album propose aussi des chants de Noël plus contemporains comme Star of Wonder et sa lumière paradisiaque, ainsi que The Snow is Deep on the Ground/ Snowfall ou Some Children See Him qui restitue tout l’esprit de Noël.

Insérées comme des enluminures précieuses, trois images intitulées Wenceslaus, en mémoire du chant de Noël « Good King Wenceslaus », écrit en 1853 par l’Anglais John Mason Neal. Kurt Elling fait le choix de découper le morceau en trois « images », trois respirations récurrentes sans paroles qui irradient l’album. 

The Michigan Farm constitue un autre repère essentiel de l’album. Une courte mélodie du compositeur norvégien Edvard Grieg pour laquelle Kurt Elling a écrit des paroles. Trois minutes durant lequel le temps est suspendu. Accompagnée par le piano, la voix du chanteur donne à entendre toute sa plénitude sur cette poésie mystérieuse.

En ouverture de l’album, on aime le délicieux Sing a Christmas Carol écrit par Leslie Bricusse pour le film musical « Scroodge » (1970) et arrangé par le bassiste Clark Sommers. Le thème s’illumine des lignes mélodiques que brode le saxophone soprano de Jim Gailloreto. Le swing tout en délicatesse de Christmas Children scintille comme une pépite discrète.

Bien que Noël figure en filigrane tout au long de l’album, « The Beautiful Day » ne célèbre pas la fête chrétienne. Il chante les louanges d’un moment où tendresse et souci de l’autre permettent à tout un chacun de se retrouver dans la douceur et une certaine mélancolie bienveillante. « The Beautiful Day »,  un album précieux à partager avec générosité tout autour de soi.

Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

Le contrebassiste Pierre Marcus poursuit son chemin et présente son troisième album, « Following the right way ». Non content de jouer avec Baptiste Herbin, Irving Acao, Simon Chivallon et Thomas Delor, figures marquantes de la scène jazz française actuelle, il leur adjoint des invités. L’album propose une promenade dont les jalons font écho à l’itinéraire personnel du leader. Le propos solide et fort actuel demeure enraciné dans la tradition. L’oreille ne s’y trompe pas et suit avec bonheur le contrebassiste sur la voie qu’il continue à tracer.

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Oboman et Aquarela proposent « A Bela Vida »

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Thomas Delor revient avec « Silence the 13th »

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Après le somptueux et singulier « The Swaggerer », le batteur et compositeur Thomas Delor récidive avec « Silence the 13th », un deuxième album tout aussi convaincant que le premier. Entouré des compagnons déjà présents sur son premier opus, le leader confirme ses qualités de compositeur et d’instrumentiste. L’album cultive l’art de la nuance et séduit par ses pulsations contrastées, ses couleurs captivantes et ses silences… véritables notes de musique.

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Visuel 2017 Jazz à Vienne

Visuel 2017 Jazz à Vienne

Un puzzle visuel pour annoncer « Jazz à Vienne » 2017

Image centrale du festival « Jazz à Vienne », le visuel 2017 a été dévoilé à l’occasion du concert du Chicago Blues Festival. Pour la trentième année consécutive, il est signé par l’artiste Bruno Théry.

300_jazzavienne_visuel-2017C’est en effet à l’occasion du concert du 22 novembre proposé par la saison 2016/17 de « Jazz à Vienne », que Benjamen Tanguy a présenté le visuel du Festival « Jazz à Vienne ». Dès le premier coup d’oeil on retrouve la palette artistique reconnaissable de Bruno Théry qui écrit l’histoire graphique des éditions du Festival « Jazz à Vienne » depuis maintenant trente ans.

Pour la première fois cette année, l’affichiste et peintre Bruno Théry présente pour « Jazz à Vienne », un puzzle visuel mêlant peinture, photographie et matière. A la manière du cubisme qui affectionnait les collages, l’artiste a souhaité retransmettre la richesse culturelle du festival pendant lequel « tous les pays, tous les genres, toutes les cultures, toutes les folies, parfums et horizons se réunissent […] apportant [ainsi] une alchimie et une richesse incroyable ».

Sur l’affiche, la caisse de résonance d’un instrument à corde, une percussion et une figure coquine dont les deux profils balayent l’horizon en quête de musiques surprenantes et créatives.

Bien sûr il faudra attendre quelques mois pour en savoir plus quant à la programmation du festival mais la billetterie « spéciale offres de Noël » est déjà en ligne pour celles et ceux qui souhaiteraient garnir quelques chaussures avec un abonnement open ou un jazz ticket.

Par contre on peut d’ores et déjà prendre rendez-vous avec « Jazz à Vienne » qui se déroulera du 29 juin au 13 juillet 2017. On compte sur Benjamin Tanguy et toute l’équipe chargée de la programmation artistique, Jean-Paul Boutelier, Reza Ackbaraly et Jean-Pierre Vignola pour concocter une édition riche en surprises.

Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

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Le contrebassiste Pierre Marcus poursuit son chemin et présente son troisième album, « Following the right way ». Non content de jouer avec Baptiste Herbin, Irving Acao, Simon Chivallon et Thomas Delor, figures marquantes de la scène jazz française actuelle, il leur adjoint des invités. L’album propose une promenade dont les jalons font écho à l’itinéraire personnel du leader. Le propos solide et fort actuel demeure enraciné dans la tradition. L’oreille ne s’y trompe pas et suit avec bonheur le contrebassiste sur la voie qu’il continue à tracer.

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Oboman et Aquarela proposent « A Bela Vida »

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Thomas Delor revient avec « Silence the 13th »

Thomas Delor revient avec « Silence the 13th »

Après le somptueux et singulier « The Swaggerer », le batteur et compositeur Thomas Delor récidive avec « Silence the 13th », un deuxième album tout aussi convaincant que le premier. Entouré des compagnons déjà présents sur son premier opus, le leader confirme ses qualités de compositeur et d’instrumentiste. L’album cultive l’art de la nuance et séduit par ses pulsations contrastées, ses couleurs captivantes et ses silences… véritables notes de musique.

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Gilles Peterson présente « Havana Cultura Anthology »

Gilles Peterson présente « Havana Cultura Anthology »

La musique cubaine plus créative que jamais

Les vingt-trois titres de « Havana Cultura Anthology » célèbrent les huit années de recherches et d’expérimentations musicales que Gilles Peterson a menées sur l’avant garde musicale de Cuba. La sortie de ce double CD dresse le portrait d’une culture musicale à la vitalité incontestable.

Il n’est plus utile de présenter la réputation de Gilles Peterson programmateur sur la radio 1 de la  BBC. Il passe ensuite en 2012 sur BBC radio 6 Music où il anime trois heures d’émission tous les samedis. Ce DJ est aussi producteur et responsable de label. C’est d’ailleurs sous cette casquette qu’il a réalisé des compilations thématiques autour des musiques brésiliennes, africaines et bien d’autre styles muscicaux où se mêlent l’électro, le hip-hop, le funk, le R&B, le jazz, des musiques teintée de world ou d’underground. Clairement, le père de l’Acid-Jazz est un vrai défricheur de talents et de musiques.

Invité en 2009 à Cuba par Havana Cultura, Gilles Peterson a alors enregistré avec la fine fleur de l’île, un double album, « Havana Cultura : The New Cuba Sound ». En 2010 il produit « Havana Cultura Sessions EP » avec Danay Suárez et aussi « Havana Cultura Remixed ». En 2011 la série continue avec « Havana Cultura : The Search continues » et il faut ensuite attendre 2014 pour que sorte « Havana Cultura MIx - The Soundclash! ». En 2015 Gilles Peterson travaille avec la chanteuse Daymé Arocena avec qui il réalise « Havana Cultura Sessions EP ». Cette initiative se poursuit jusqu’à 2016 où est publié « Havana Rumba Sessions ». L’ensemble de ce travail mené par Gilles Peterson avec Havana Cultura constitue une référence incontournable qui présente l’éventail des musiques cubaines actuelles..

Après huit années de ce travail acharné à explorer la musique cubaine sous toutes ses formes actuelles, Gilles Peterson livre le 18 novembre 2016 « Havana Cultura Anthology », un double album produit sous son label Brownswood Recording. Les vingt-trois titres témoignent de la créativité cubaine contemporaine et de la diversité des expressions.

gilles-peterson-presents-havana-cultura-anthologyCe double album est le résultat du travail mené par Gilles Peterson depuis 2008, en collaboration étroite avec son Havana Cultura Band, qui réunit le meilleur des musiciens et chanteur(se)s cubains invité(e)s : Danay Suarez, Daymé Arocena, Telmary et Elain Morales, Mayra Carirad Valdes, Dreiser Sexto Sendido. Dans la galaxie du producteur on trouve les brillants re-mixeurs que sont Mala, Motor City Drum Ensemble, Owiny Sigoma, Poirier ou Michel Cleis.

A l’écoute des 23 titres du double album on découvre une musique aux visages multiples et à l’inventivité bouillonnante. Certes de nombreux morceaux, comme Arroz con Pollo ou Ipacuba, restituent la tradition afro-caribéenne teintée influencée quelquefois par la culture yoruba. D’autres titres restituent l’influence des musiques urbaines comme Check La Rima ou La Mulata Abusadora enregistré en 2011 sur « Havana Cultura : The Search continues ». On aime les couleurs jazz de Orisa et de Rezando qui tranchent avec les atmosphères plutôt house du Rezando remix par Michel Cleis ou de celui de La Plaza par Poirier. On vibre aux échos de La Rumba Experimental, un remix de Motor City Drum Ensemble gravé en 2016 sur « Havana Rumba Sessions ».

En comparant le double album « Havana Cultura Anthology » au Buena Vista Social Club du XXIème siècle, le producteur anglais Gilles Peterson affirme une vérité criante. En effet, cette anthologie témoigne de la vitalité de la musique cubaine toujours plus brillante et inventive que jamais.

Et pour se faire plaisir on survole en 8’59 le double album « Havana Cultura Anthology ». Que du bonheur ….!!!

Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

Le contrebassiste Pierre Marcus poursuit son chemin et présente son troisième album, « Following the right way ». Non content de jouer avec Baptiste Herbin, Irving Acao, Simon Chivallon et Thomas Delor, figures marquantes de la scène jazz française actuelle, il leur adjoint des invités. L’album propose une promenade dont les jalons font écho à l’itinéraire personnel du leader. Le propos solide et fort actuel demeure enraciné dans la tradition. L’oreille ne s’y trompe pas et suit avec bonheur le contrebassiste sur la voie qu’il continue à tracer.

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Oboman et Aquarela proposent « A Bela Vida »

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Thomas Delor revient avec « Silence the 13th »

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« Serpientes » sort son premier album, « Le Bruit de tes talons »

« Serpientes » sort son premier album, « Le Bruit de tes talons »

« Le bruit de tes talons », du post-tango insolent et passionné

Après le Tango Nuevo de Piazzola, le Tango Blues de Melingo, les huit musiciens du groupe Serpientes se revendiquent du « Post Tango ». Cet octet inventif sort un premier album déchaîné, « Le bruit de tes talons ». Un opus insolent et libre. Un tango mutant aux accents rock poignants.

« Serpientes » construit un tango transgenre où tragique et solennel se côtoient. Si le groupe transgresse les codes en s’abreuvant au rock et aux musiques improvisées, il ancre son discours dans la tradition.  Son premier album, « Le bruit de tes talons », offre un tango qui danse entre passion et modernité.


De fait, « Serpientes » est le prolongement du quartet « Tangoleon ». Ce quartet de tango crée par le pianiste Laurent Gehant et l’accordéoniste Sophie Azambre le Roy compte aussi le contrebassiste Mathieu Barbances et l’harmoniciste Emmanuel Bosser qui joue aussi d’un tas d’autres instruments étonnants. Pour créer un tango encore plus actuel tout en s’appuyant sur la tradition, le quartet s’est adjoint quatre autres instrumentistes. Ainsi, avec le batteur Jean-Pascal Molina, le guitariste électrique et chanteur Claude Whipple, la violoniste Caroline Pearsall et la violoncelliste Sabine Balasse, est né l’octet « Serpientes ».

couvserpientes-2Après recours à un financement participatif sur la plateforme numérique Proarti, « Serpientes » a pu finaliser les huit titres de l’album « Le bruit de tes talons » sorti le 29 novembre avec une magnifique pochette créée après 3 semaines de travail avec les typographes de « La fin du monde ». les morceaux sont principalement de compositions de Laurent Gehant ainsi que quelques morceaux prêtés par des compositeurs argentins contemporains. Sans oublier quelques standards de tango comme la version renouvelée de Volver que propose le groupe avec une ambiance surréaliste qui regarde du côté du western.

Les influences revendiquées par le groupe donne une idée de la pluralité des esthétiques qui se croisent au sein de l’expression de Serpientes. Astor Piazzola, Ennio Morricone, Nino Rota, Charlie Mingus, Carla Bley, John Zorn, Altertango, Vinicius Capossela, Surnatural Orchestra, Jerez Le Cam, Mr Bungle. Issu d’un tel creuset, pas étonnant que le discours musical de « Serpientes » soit riche, atypique et renouvelle le style du tango.

Ainsi, les huit conquistadors se lancent à l’assaut du tango et créent un post-tango qui prolonge en quelque sorte le tango originel de Gardel et le nuevo tango de Piazzola. Une musique qui prend des libertés avec celle des origines. Un tango qui aurait cannibalisé le rock et le jazz et détourné la puissance du premier et la liberté du second pour accentuer la dimension tragique d’un post-tango.

On aime Torpe et son ambiance tragique de fin du monde où la plainte du saxophone de Julien Loureau accentue et prolonge la dimension poignante du chant de Claude Whipple. Une ambiance sombre caractérise le titre 100m où l’harmonica ouvre le bal pour donner ensuite la parole à l’accordéon et aux cordes. Une sorte d’intrigue policière qui hésite entre nostalgie et humour où la silhouette d’une panthère rose chercherait le coupable d’un larcin commis au coin de sombres ruelles.

Le morceau Maïs transgénique est tout à fait représentatif de l’ADN de « Serpientes ». Il restitue l’essence même de ce post-tango imaginatif et progressif où la guitare électrique tranchante pilote l’orchestre loin des sentiers de randonnée du tango pour mieux y revenir.

 « Serpientes » parvient à élargir les frontières du tango sans le trahir. Ainsi irradié par un rock déchaîné, le tango conserve son ADN originel mais peut se projeter dans l’avenir. Étonnant et détonnant à la fois, « Le bruit de tes talons » invente une musique qui peut rallier les amateurs de jazz et de rocks même s’il peut questionner les puristes du tango.

Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

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Thomas Delor revient avec « Silence the 13th »

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