« Quelques notes sur la liberté », le film de Benjamin Delattre consacré à Michel Portal et produit par Sophie Faudel pour Mélisande Films, a été réalisé au cours des années 2021, 2022 et 2023. L’album du même nom en est la bande originale et constitue le dernier témoignage discographique de Michel Portal, ce musicien, inventeur, créateur et figure majeure du jazz et de la musique contemporaine.
Jazz Campus en Clunisois 2025 – Evolution
Vocaliste jongleur et funambule
Au Théâtre les Arts de Cluny, le public a rendez-vous avec Evolution, un trio international pas ordinaire. Le vocaliste suisse Andreas Schaerer dialogue avec le guitariste finlandais Kalle Kalima et le bassiste suisse Jules Martinet. Prouesses et percussions vocales, riffs de guitare virtuoses, lignes de basse palpitante. Les genres se croisent au sein de la musique singulière et inédite de cet artiste charismatique dont la prestation a enthousiasmé le public du Festival Jazz Campus en Clunisois.
A 20h30, Andreas Schaerer foule la scène du Théâtre les Arts de Cluny et vient présenter son projet Evolution avec à ses côtés, Kalle Kalima (guitare) et Jules Martinet (contrebasse,basse). A l’issue du concert, parler de performance est tentant, évoquer la virtuosité est incontournable, mais si les acrobaties vocales interpellent, elles font coexister énergie et émotions.
Acrobate de la voix, Andreas Schaerer se profile comme vocaliste plus que chanteur. En effet, dans son art virtuose se mêlent beat box, improvisations et phrasés lyriques. Cris et scats se croisent, onomatopées et paroles flirtent. La prise de risque est de chaque instant. Qu’il siffle ou fasse tourbillonner les notes, ce funambule des portées ne laisse pas indifférent.
Le set ouvre avec les effets électriques de la guitare accompagnée en fond de scène par une basse au son métallique. Casquette noire vissée sur la tête, Andreas Schaerer se fait bruitiste. Micro dans la man droite, il siffle, murmure, grogne, claque de la langue. Très mobile, il propulse les sons aigus dans les cintres de la scène, sa main gauche en entonnoir entre sa bouche et son oreille gauche, avec juste un peu d’écho. Il dialogue avec le guitariste dont le chorus impressionne.
Le leader remercie le public de sa présence et présente le programme Evolution élaboré avec son amis finlandais Kalle Kalima qui vient d’Helsinski et avec lequel il conduit de nombreux projets. Il se félicite de jouer avec le (contre)bassiste Jules Martinet dont il a récemment découvert les talents de chanteur… mais lui sait gré de ne pas chanter ce soir !
Juché sur un tabouret, le vocaliste enchaîne de sa voix de soprano et invite la mélancolie sur scène. Sifflements, hululements et chants se mêlent sur un riff de guitare et de contrebasse. Le répertoire se poursuit. Sur un motif bluesy de la contrebasse imperturbable, la voix se fait caressante, chaleureuse, suave même. Le chant module et coexiste avec les percussions vocales au-dessus des nappes électriques grinçantes plaquées par le guitariste qui utilise de « pied de maître » ses pédales d’effets et distord les sons à merveille. Moment exaltant !
Avec un inouï talent d’improvisateur, Andreas Schaerer jongle avec les notes et avec les mots. Si l’énergie réside au cœur de son chant, elle chemine avec une sensibilité qui confine à la fragilité. Ce contraste participe pour beaucoup à définir l’art de ce vocaliste qui met sa virtuosité au service de son inspiration.
Après une tentative dissertative (un peu laborieuse) autour du terme évolution, le Bernois entame le titre Evolution composé par Kalle Kalima sur des paroles de sa conjointe Essi Kalima. Le chanteur propulse son chant atonal sur un solide accompagnement rythmique. Sur la pulsation démoniaque de la guitare, la basse se fâche littéralement à travers un solo de basse et saturé.
Andreas Schaerer poursuit ses acrobaties vocales : sifflements et chants simultanés, voix diphonique, claquements de langue, multi-sons, scats. Son corps mobile vibre au diapason de sa voix. Kalle Kalima lui répond par un chorus étincelant au-dessus duquel le chant marque la pulsation impulsée par Jules Martinet dont la basse joue à la limite de la saturation. Harmoniques, notes piquées, arpèges dissonants, le guitariste semble s’amuser.
Le morceau suivant débute avec une tonique improvisation de guitare et des effets de re-recording. Parsemé d’aigus lancinants et éthérés, le chant sensible aux accents folk prend son envol.
Andreas Schaerrer prend ensuite la parole en bernois (car parler français lui « grille le cerveau « !) pendant que basse et guitare scandent un rythme pulsatile. Il interroge le public pour savoir s’il est « multi-tâches » avant de continuer le concert. Guitare et voix débutent puis sur les tribulations de la guitare, la voix prend un son de trompette et improvise dans un climat allègre.
Jules Martinet ouvre le titre suivant et expose la ligne mélodique en même temps qu’il fait sonner accords et harmoniques. Suite au chorus véhément de la contrebasse, Andreas Schaerer libère un solo de trompette bouchée puis enchaîne avec des friselis de cymbales délicate et s’installe un climat de sérénité. Les trois complices se retrouvent pour terminer le morceau. Le leader annonce alors qu’il leur reste « deux pralines salées » à partager avec le public.
Toujours expressif des pieds à la casquette, le leader émet sifflements, pose délicatement son chant aigu sans paroles, expose une mélodie aux inflexions profondes sous le regard attentif de ses compagnons de scène.
On serait tenté d’intituler ce morceau onirique « Songe d’une nuit clunisoise ». Après avoir félicité Didier Levallet pour son festival débuté il y a 48 ans, Andreas Schaerer entame une incantation qui gagne en puissance puis la guitare improvise dans les aigus et la basse électrique les rejoint.
Les applaudissements nourris du public engagent le chanteur à proposer en rappel un chant aux accents spirituels, comme une brève célébration en réponse aux ondes positives qui se dégagent dans la salle du Théâtre les Arts de Cluny.
Avec un inouï talent d’improvisateur, Andreas Schaerer jongle avec les notes et avec les mots. Si l’énergie réside au cœur du chant d’Andreas Schaerer, elle chemine avec une sensibilité qui confine à la fragilité. Ce contraste participe pour beaucoup à définir l’art du vocaliste qui met sa virtuosité au service de son inspiration.
Michel Portal – « Quelques notes sur la liberté »
Jazz Campus en Clunisois 2026 – La programmation
En Bourgogne du Sud, du 15 au 22 août 2026, le festival « Jazz Campus en Clunisois » donne rendez-vous à un large public pour vivre au rythme du jazz et des musiques improvisées. Cette année encore, groupes et musicien(n)es programmé(e)s sont le reflet de la créativité de l’héritage du jazz d’aujourd’hui. Presque exclusivement consacrée à la scène française, la programmation du festival fait la part belle à ce qui se fait de plus innovant, espiègle ou impertinent dans le jazz.
« Elegant People » de Biréli Lagrène
Sur son nouvel album « Elegant People », Biréli Lagrène se montre en recherche d’essentiel. Grande maîtrise instrumentale mais aucune acrobatie démonstrative. En quartet, il revisite des classiques du jazz américain et se saisit d’autres mélodies ancrées dans sa mémoire. Le blues est la fondation principale de toutes ces variations musicales parées d’élégance et de fraîcheur.















De ses propos se dégagent des impressions cosmiques. Sur une rythmique de ballade,Romain Nassini installe un climat stratosphérique avant que ses arpèges esquissés à traits rapides et un roulement de batterie tonique aux baguettes n’ouvrent l’espace au trombone. Il nous échappe pourquoi le leader se positionne dos tourné au public, face à ses compagnons pour les diriger un instant. Le public est mis en orbite par les cymbales de la batterie frappées par les mailloches et la guitare qui étire le rythme. Romain Nassini enchaîne avec une improvisation limpide et son Rhodes installe un climat vaporeux. Stimulée par les rythmiciens, la musique s’intensifie au fil des accords, la batterie instaure un tempo rock et le trombone « royal » intervient sur la pulsation binaire. Le public réagit en écho et applaudit avec ferveur avant un retour au thème… le calme après la tempête… !
Tout en chantant, sourire aux lèvres, André Minvielle marque le rythme en battant des mains sur un sac plastique posé sur sa poitrine puis Géraldine Laurent prend un chorus virtuose et allègre. C’est ensuite en duo que le pianiste et le chanteur interprètent Débit de l’eau, débit de lait, chanson écrite en 1943 par Charles Trenet et Francis Blanche. Des scats vocaux parsèment l’intervention du chanteur.
Géraldine Laurent pendant que Guillaume de Chassy assure la rythmique au clavier. Nostalgie et rêve sont au rendez-vous sur la scène du Théâtre les Arts.
Guillaume de Chassy dont les traits mélodiques de la main droite sont soutenus par l’accompagnement rythmique de la main gauche. Quelques dissonances donnent du piment au discours. Le duo se reforme et réinstalle une douce tendresse musicale avant que le rythme ne monte en intensité jusqu’à la fin du morceau.
En rappel le trio interprète De Dame et d’homme, musique de Marc Perrone sur laquelle André Minvielle a écrit des paroles. Un hommage chargé d’émotion rendu à cet artiste qui ne peut plus jouer mais a écrit d’un doigt, le livre « Tu vois, c’est ça qu’on cherche » (Éditions de l’Humanité) qui sortira à Uzeste en août 2025. Le lendemain le trio sera d’ailleurs en Gascogne, au festival « Uzeste Musical » où il présentera le répertoire de « Trenet en chantant ».











Pour la saison 2025/26, l’Orchestre National de Lyon est toujours au cœur de la programmation sous la direction de Nikolaj Szeps-Znaider avec Gustav Mahler, Richard Strauss et Wolfgang Amadeus Mozart mais aussi avec des répertoires moins fréquentés et la création contemporaine. Par ailleurs, l’Auditorium de Lyon invite cheffes, chefs et orchestres et réserve une place renforcée à la musique baroque en accueillant Emmanuelle Haïm et le concert d’Astrée. Au cours de cette année 2025/2026, l’institution propose une nouvelle Biennale d’Orgue qui valorise l’instrument historique de l’Auditorium.
C’est avec l’Orchestre national de Lyon que Zaho de Sagazan commence sa tournée symphonique au printemps 2025. Nouvelle étoile de la chanson française, Zaho de Sagazan revisite les chansons de son premier album, « La Symphonie des éclairs », et leur offre une nouvelle dimension dans l’écrin de l’Orchestre national de Lyon. Elle fait étape à l’Auditorium pour trois dates, les 29, 30 et 31 octobre 2025 à 20h.
Le chanteur malien Salif Keïta signe son grand retour scénique et discographique avec « So Kono », album acoustique et intime. Ce monument de la musique mandingue se livre pour la première fois dans un format acoustique épuré. La scène de l’Auditorium l’accueille le 10 octobre 2025 à 20h. Avec sa guitare et dans un format acoustique, il va présenter reprises et nouvelles compositions avec à ses côtés Mamadou Kone (calebasse) et Djessou Mory Kanté (guitare).


Annoncé pour le 06 juin 2025, l’album « Open Up Your Senses » (Artwork Records/[PIAS]) annonce la venue d’une nouvelle « grande voix » dans le monde du jazz, celle de
En 2023, alors qu’il ne pratique le jazz que depuis 5 ans, il remporté la récompense de la très prestigieuse « Sarah Vaughan International Jazz Vocal Competition » devant le public et un jury qui compte Christian McBride, bassiste multi-primé aux Grammy Awards et conseiller en jazz du New Jersey Performing Arts Center de (NJPAC) de Newark, dans le New Jersey et Al Pryor, producteur et consultant A&R (Artists and Repertoire), trois fois lauréat d’un Grammy Award. Ainsi, après le chanteur américain originaire de Chicago, G. Thomas Allen, récompensé en 2021, Tyreek McDole est devenu l’un des deux seuls chanteurs masculins à avoir obtenu cet honneur en 12 ans d’histoire du concours.


Sorti le 04 avril 2025, « Laberinto de Luz » (Nomades Kultur/L’autre distribution) résume l’univers de 
