L’arc en ciel vocal de Samara Joy

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

Une étoile montante prometteuse

Accompagnée par le trio du guitariste Pasquale Grasso, la jeune vocaliste Samara Joy présente son premier album éponyme paru le 09 juillet 2021. Avec un talent inouï, elle explore quelques-uns des standards du Great American Songbook. Porteuse d’émotion et chargée d’un groove inouï, sa voix rajeunit les grands standards. Une étoile montante du jazz vocal à suivre absolument !

visuel de l'album Samara Joy de Samara JoyAprès avoir remporté en 2019 la prestigieuse compétition de chant au Sarah Vaughan International Jazz Vocal Competition, c’est le 09 juillet 2021 que la chanteuse Samara Joy a sorti son premier album, « Samara Joy » chez Whirlwind Recordings. A 21 ans seulement cette étoile montante du jazz vocal est produite par le vétéran des nominations aux Grammy, Matt Pierson.

Sur son premier disque, Samara Joy est accompagnée par le trio du guitariste virtuose Pasquale Grasso qui réunit autour de lui le contrebassiste Ari Roland et le légendaire batteur Kenny Washington. Douze pistes pour la découvrir et prendre la mesure de cet arc en ciel vocal qu’est la voix de Samara Joy.

Samara Joy McLendon

Samara Joy McLendon a grandi dans le Bronx entourée d’une famille de musiciens. La musique est une part intégrante de son identité. Ses grands-parents paternels, Elder Goldwire et Ruth McLendon, étaient les leaders de « The Savette », un groupe de gospel originaire de Philadelphie. Son père a tourné avec le célèbre artiste gospel Andrae Crouch, et elle a grandi dans une maison remplie du son des chansons de son père et les musiques de nombreux artistes de Gospel et de rhythm and blues parmi lesquels on peut citer Stevie Wonder, Lalah Hathaway, George Duke, Musiq Soulchild, Kim Burrell, Commissioned et bien d’autres. Elle précise : « Ma mère et mon père m’ont permis d’avoir accès à un large spectre musical allant de Luther Vandross et Chaka Khan en passant par George Duke et Stevie Wonder ». Elle n’a pas chanté à l’église et a découvert le jazz au lycée grâce à ses amis. 

Depuis ses débuts, elle est comparée avec Sarah Vaughan et Ella Fitzgerald. Pourtant, même si l’on retrouve dans l’album la trace prégnante de l’inspiration que leurs voix ont exercé sur la jeune vocaliste, la jeune chanteuse précise : « En fait, je n’avais jamais entendu parler de Sarah Vaughan avant l’université. Mes amis écoutaient beaucoup de jazz et m’ont prêté beaucoup de leurs albums préférés. C’est la version de Sarah de « Lover man » et les enregistrements de Tadd Dameron avec le trompettiste Fats Navarro qui ont tout changé pour moi, ça m’a converti. »

Depuis, elle n’a cessé de creuser à la recherche de ses racines jazz et à n’en pas douter, son travail a abouti car l’album « Samara Joy » constitue une belle réussite.

« Samara Joy » (Whirlwind Recording)

Sur les douze pistes de l’album « Samara Joy » enregistré en octobre 2020 à New-York (Oktaven Studio) et sorti le 09 juillet 2021, l’interprétation pleine de fraîcheur de la chanteuse allie insouciance et nostalgie. Sa voix possède à la fois fraîcheur et profondeur, force et souplesse. Avec une facilité perceptible à l’écoute, la jeune chanteuse de 21 ans réussit avec ce premier album, une performance qui devrait faire l’unanimité dans le milieu du jazz.

En ouverture, la voix de velours de la chanteuse caresse Stardust, la chanson populaire composée en 1927 par Hoagy Carmichael. Avec un vibrato léger et fort bien maîtrisé, le chant distille avec douceur le texte de la chanson alors que la sonorité pétillante et le jeu virtuose du guitariste ne sont pas sans évoquer ceux de Joe Pass.

C’est ensuite sur un tempo medium que le trio interprète Everything Happens To Me. La voix au timbre juvénile swingue avec insouciance, grâce et souplesse. L’improvisation trop courte du guitariste propose des lignes mélodiques aux notes claires et détachées et le contrebassiste offre une superbe variation du thème à l’archet. Avec aisance, la chanteuse procède à de grands écarts de tessiture sans jamais laisser percevoir aucun forçage de voix.

Samara Joy pulse avec facilité et sans aucun effort quels que soient les différents tempos du thème If You Never Fall In Love With Me sur lequel elle conjugue aisance, swing et vitalité. La chanteuse interprète ensuite avec une désinvolture désarmante, la chanson de Matty Malneck, Lets Dream in the Moonlight que le trio a pris sur une pulsation ultra-rapide. Elle rend ainsi hommage à Billie Holiday qui en avait écrit des paroles. On est époustouflé par le solo virtuose du guitariste.

Le contraste est grand avec la reprise du thème de Frankie Laine, It Only Happens Once, qui résonne comme un hommage à Nat King Cole. Dotée d’une sensualité à fleur de voix, la voix se pare d’un vibrato pourvoyeur d’une grande émotion. Sur Jim, la chanteuse reprend les paroles que Billie Holiday avait posées sur la mélodie de Nelson A. Shawn et Caesar Petrillo. On se laisse charmer de bout en bout par sa voix limpide et élégante.

Avec The Trouble With Me Is You, il s’agit d’un nouveau clin d’œil à Nat King Cole. D’ailleurs, Samira Joy interprète ce standard comme le ferait un crooner. Sa voix veloutée fait glisser les notes et son chant flexible se fait intime. Le solo du guitariste distille un moment de pur bonheur. Sur un tempo de valse, la voix se fait plus grave et plus incisive, elle semble se jouer des grands écarts de notes qu’elle maîtrise à la perfection, ce qui surprend au regard de son jeune âge.

La chanteuse donne ensuite une version imprégnée d’une puissance nostalgie de la ballade de Jimmy Davis, Lover Man. Samara Joy étire les paroles avec une force expressive renversante. Le timbre de sa voix se fait plus chaleureux sur Only A Moment Ago que le trio prend sur le rythme chaloupé d’un calypso qui invite à bouger. Sur la compositon d’Irving Mills, Moonglow, le chant devient plus nasal. C’est sur ce titre que la chanteuse répond à l’archet de la contrebasse par deux riffs de 8 secondes, avec le soutien de la guitare. On aurait apprécié que ces scats esquissés soient plus longs et plus structurés.

L’album se termine avec But Beautiful. Seulement accompagnée par la guitare aux accords charmeurs, la voix se charge d’émotion sur la superbe ballade de Jimmy Van Heusen qu’elle interprète avec sobriété. Ce titre permet vraiment de prendre la mesure de l’étendue du registre de la voix traversée par le fantôme de la majestueuse Ella.

Samara Joy est entrée dans l’univers des chanteuses de jazz quatre ans seulement après son inscription au Purchase College de New-York. Sa première réalisation discographique laisse augurer d’un avenir prometteur pour cette toute jeune-femme dont la voix se pare déjà de toutes les couleurs de l’arc en ciel.

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

Accompagnée par le trio du guitariste Pasquale Grasso, la jeune vocaliste Samara Joy présente son premier album éponyme paru le 09 juillet 2021. Avec un talent inouï, elle explore quelques-uns des standards du Great American Songbook. Porteuse d’émotion et chargée d’un groove inouï, sa voix rajeunit les grands standards. Une étoile montante du jazz vocal à suivre absolument !

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Echo#2-Nuits de Fourvière 2021

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Ciel dégagé, température estivale et vent léger président à la soirée du 18 juillet 2021 qui voit se produire Stefano Bollani puis Thomas de Pourquery sur la scène du Grand Théâtre de Fourvière. Les deux jazzmen avaient enchanté le public des Nuits de Fourvière lors de leur première venue, en 2017 pour le pianiste et en 2018 pour le saxophoniste. Si Stefano Bollani se produit de nouveau en solo, c’est à la tête de son Supersonic que revient Thomas de Pourquery. Une soirée pourvoyeuse de contrastes et de surprises. Deux concerts irrésistibles et inoubliables.

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Echo#5-Jazz à Vienne 2021

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Avec un double plateau alléchant et des conditions atmosphériques estivales, la soirée du 05 juillet 2021 du festival Jazz à Vienne a comblé le public du Théâtre Antique. Après Vincent Peirani et ses invités, le contrebassiste Avishai Cohen venu en trio a offert une prestation magistrale. Les vibrations musicales ont déclenché les ovations d’une foule enthousiaste qui a apprécié l’engagement et la générosité des musiciens.

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Echo#2-Nuits de Fourvière 2021

Echo#2-Nuits de Fourvière 2021

Musique irrésistible et ascensionnelle

​Ciel dégagé, température estivale et vent léger président à la soirée du 18 juillet 2021 qui voit se produire Stefano Bollani puis Thomas de Pourquery sur la scène du Grand Théâtre de Fourvière. Les deux jazzmen avaient enchanté le public des Nuits de Fourvière lors de leur première venue, en 2017 pour le pianiste et en 2018 pour le saxophoniste. Si Stefano Bollani se produit de nouveau en solo, c’est à la tête de son Supersonic que revient Thomas de Pourquery. Une soirée pourvoyeuse de contrastes et de surprises. Deux concerts irrésistibles et inoubliables.

Cet Echo#2-Nuits de Fourvière 2021 se souvient de la soirée du18 juillet 2021 dont l’affiche réunit le pianiste Stefano Bollani puis le saxophoniste Thomas de Pourquery et son Supersonic.

Stefano Bollani - Variations pour piano sur Jesus Christ Superstar

Pantalon blanc, chemise colorée et cheveux gris attachés, c’est un Stefano Bollani souriant qui s’adresse au public attentif du Grand Théâtre de Fourvière auquel il dit son plaisir de se retrouver à Lyon. En effet, le pianiste et compositeur italien s’était produit à l’Odéon le 18 juillet 2017, en première partie d’une Nuit Italienne mémorable. A l’issue d’un set exubérant, le musicien transalpin avait conquis l’ensemble des spectateurs et spectatrices présents.

Echo#2-Nuits de Fourvière 2021, visuel de l'album Piano Variations on Jesus Christ Superstar de Stefano BollaniLe pianiste et compositeur Stefano Bollani précise d’emblée combien il a été séduit à 14 ans, par la musique, l’histoire et l’atmosphère des scènes du film « Jesus Christ Superstar » d’Andrew Lloyd Webber & Tim Rice. Cinquante ans après la parution de l’album-concept original « Jesus Christ Superstar », il a d’ailleurs gravé sa propre version de l’opéra rock, sur son album « Piano Variations on Jesus Christ Superstar », une version instrumentale pour piano dont il a présenté plusieurs titres au public de Fourvière. Il s’agit en fait d’improvisations très libres sur la structure et les mélodies originales qu’il se réapproprie via différents styles musicaux.

Après une interprétation enflammée et lyrique du Prélude composé par ses soins et malgré le vent qui disperse les partitions, Stefano Bollani donne ensuite une version vigoureuse et bluesy de Heaven On Their Minds qu’il joue tantôt assis tantôt debout emporté par sa flamme. Complètement immergé dans sa musique, le pianiste poursuit avec le délicat Everything’s Alright où très vite, la délicatesse se double d’un lyrisme éperdu de la main droite avant que la musique ne s’apaise de nouveau.

Il présente les trois premiers morceaux puis invite le public à pénétrer « dans le monde des méchants ». Ses deux mains dialoguent comme les protagonistes de l’histoire que le pianiste conte avec force conviction et mille nuances.

Après un moment véhément, il radoucit son propos avant de s’animer de nouveau entre phrasés caribéens et phrasés concertants. Il enchaîne ensuite Pilate’s Dreams, The Temple et I Don’t Know How to Love Him. La ballade mélancolique jouée avec une très grande sensibilité donne à entendre les prémices de la condamnation du Jésus après quoi le jeu du pianiste se fait plus percussif, authentifiant ainsi la dimension dramatique du moment.

©Marion Tisserand

Après avoir qualifié Ponce Pilate « d’hygiéniste » qui se lavait les mains (!..), déclenchant ainsi de grands rires dans l’assemblée, Stefano Bollani se remet au piano pour Gethsemane, un morceau tout en délicatesse où sa main droite entame le dialogue avec le Seigneur. Puis, différents moments musicaux se suivent où alternent véhémence, interrogations, silences et réflexions avant de se terminer par de délicates notes qui signent l’acceptation de sa mort.

Vient ensuite King Herod’s Song, un morceau que le pianiste qualifie de « vaudeville », juste avant la tragédie, où se mêlent rythmes de fox-trot, de bossanova et dont le rythme va en s’accélérant. Le contraste est grand avec Trial before Pilate où la main gauche bourdonne alors que la droite plaque des accords avec force. La musique se calme ensuite, se teinte de blues avant d’enfler de nouveau. Emporté par son jeu puissant qui reprend le thème de Superstar, le pianiste joue debout avant de terminer en délicatesse avec John Nineteen : Forty-One joué sur un tempo de ballade étiré à l’extrême. Le pianiste salue le public et sort de scène mais revient très vite, sous les vivas, rappelé par le public enthousiaste qui en redemande encore.

Après une ovation fournie, c’est Il Sentiero, une de ses propres compositions qu’il interprète. D’abord esquissée, la mélodie se répète sur un rythme ternaire, de légère elle devient plus appuyée et l’on se promène à la suite du pianiste sur un sentier musical qui fait alterner trouées lumineuses, sous-bois plus sombres, pour se terminer dans une clairière ensoleillée et paisible…. ces cinq dernières minutes musicales recèlent toutes les nuances de l’art de Stefano Bollani.

Thomas de Pourquery & Supersonic

Après sa participation à la soirée « Hommage à Nougaro » proposée le 24 juin 2018 sur la scène de l’Odéon de Fourvière avec Babx et André Minvielle, le saxophoniste, chanteur et compositeur Thomas de Pourquery revient à Fourvière en 2021 avec son groupe Supersonic.

La nuit est tombée quand la scène s’éclaire. Le son de la trompette s’élève. Après une introduction musicale qui déclenche les applaudissements nourris du public, la voix de Thomas de Pourquery s’élève au-dessus de la musique du groupe. Sa voix souvent grave s’envole avec facilité dans les aigus. Le front ceint de perles, il salue le public, remercie les organisateurs… le spectacle peut commencer.

Car il s’agit en effet tout autant d’un concert que d’un spectacle. Le son est au rendez-vous, les éclairages sont inspirés, le décor est planté… la navette Supersonic est prête à décoller, le public se prépare à monter dans la machine stellaire avec les six musiciens présents sur scène, Thomas de Pourquery (saxophone alto, chant), Arnaud Roulin (piano, claviers, Moog et synthétiseurs), Fabrice Martinez (trompette, bugle, chant), Laurent Bardainne (saxophone ténor, chant), Frederick Galiay (basse, chant) et Edward Perraud (batterie, chant).Echo#2-Nuits de Fourvière 2021, visuel de l'album Back to the Moon de Thomas de pourquery & Supersonic

Après Take-off et Joy qui mettent le spectacle en orbite, advient Back to The Moon, comme un alunissage vigoureux dans le monde stellaire du sextet qui présente, dixit le leader « les nouvelles mélopées » de « Back to The Moon », album à sortir le 17 septembre 2021 sous le nouveau label de Thomas de Pourquery, Lying Lions Productions.

La basse ronflante et la batterie pulsatile font merveille et dynamisent voix et instruments solistes. Thomas de Pourquery tombe la veste et pose ses perles, les fulgurances de son alto croisent celles de la trompette. Tout s’enchaîne sans discontinuer, riffs de basse, lamentations du ténor, chant de la foule que le leader invite à les rejoindre. Les pieds dans le jazz, la tête entre rock et pop, le sextet joue avec énergie.

Dans une totale communion, le groupe propose un répertoire pourtant nouveau mais déjà totalement maîtrisé. Mise en place parfaite, interactions de chaque instant. Les ambiances se suivent et se renouvellent, gravité, légèreté, humour. Cuivrée, la musique se fait martiale puis céleste sans oublier de swinguer. Poussé par l’ardent batteur à la chemise toujours fleurie, l’alto chante solo puis hurle avant de rejoindre les cintres de la scène avec une citation de Ne me quitte pas. Le « Chevalier Blanc »,

© Marion Tisserand pour Jazz-Rhones-Alpes.com

Fabrice Martinez ainsi présenté par Thomas de Pourquery, lance l’introduction de Yes Yes Yes Yes avant que tout le groupe ne se retrouve pour un moment sidérant. Propulsés par une musique quasi-sidérale, les spectateurs sont prêts à décoller, portés par la basse tellurique, la batterie dopée, les synthés aux sonorités tournoyantes, la trompette interstellaire, le ténor puissant et l’alto vociférant.

Alors que le groupe débute I Gotta dream, Thomas de Pourquery stimule le public qu’il trouve « trop bien installé, trop bien vacciné », lui demande de se lever et de « faire les essuie-glaces avec les bras au-dessus de la tête en rythme » et ça fonctionne, tout le monde obéit au doigt et à l’œil au leader alors que la musique se développe de manière exponentielle. Le saxophoniste les félicite, « pas mal pour des provinciaux… dans le milieu du panier » et parvient même à les faire chanter avec lui, tant dans les graves que dans les aigus. La musique se fait de plus en plus dense.

Après avoir taquiné de nouveau le public, Thomas de Pourquery annonce le dernier morceau. Féroce et inspiré comme jamais, Edward Perraud derrière sur ses fûts et ses cymbales fait monter plus encore la tension sur la reprise de Caetano Veloso, O Estrangeiro qui explose de mille feux. L’air devient musique, on la respire, on la vit, elle vibre en chacun.e.

Pour le plus grand bonheur du public, le groupe revient pour un rappel et interprète une version délicate de Love in Outer Space de Sun Ra auquel Thomas de Pourquery et Supersonic ont consacré leur premier album « Play Sun Ra » sorti en 2014.

Deux concerts épiques et inoubliables. Comme l’a dit Thomas de Pourquery, « les étoiles sont tout près finalement »… Le 18 juillet 2021, elles étaient sur la scène du Grand Théâtre de Fourvière et le public est monté au ciel avec Stefano Bollani puis avec Thomas de Pourquery et ses complices du Supersonic.

Avec tous nos remerciements à Marion Tisserand et Jazz-Rhône-Alpes pour les photos de Stefano Bollani et Thomas de Pourquery & Fabrice Martinez qui témoignent de la prestation de ces artistes sur la scène du Grand Théâtre de Fourvière, le 18 juillet 2021.
L’arc en ciel vocal de Samara Joy

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Accompagnée par le trio du guitariste Pasquale Grasso, la jeune vocaliste Samara Joy présente son premier album éponyme paru le 09 juillet 2021. Avec un talent inouï, elle explore quelques-uns des standards du Great American Songbook. Porteuse d’émotion et chargée d’un groove inouï, sa voix rajeunit les grands standards. Une étoile montante du jazz vocal à suivre absolument !

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Echo#2-Nuits de Fourvière 2021

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Echo#5-Jazz à Vienne 2021

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Avec un double plateau alléchant et des conditions atmosphériques estivales, la soirée du 05 juillet 2021 du festival Jazz à Vienne a comblé le public du Théâtre Antique. Après Vincent Peirani et ses invités, le contrebassiste Avishai Cohen venu en trio a offert une prestation magistrale. Les vibrations musicales ont déclenché les ovations d’une foule enthousiaste qui a apprécié l’engagement et la générosité des musiciens.

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Echo#5-Jazz à Vienne 2021

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Vincent Peirani - Avishai Cohen

Avec un double plateau alléchant et des conditions atmosphériques estivales, la soirée du 05 juillet 2021 du festival Jazz à Vienne a comblé le public du Théâtre Antique. Après Vincent Peirani et ses invités, le contrebassiste Avishai Cohen venu en trio a offert une prestation magistrale. Les vibrations musicales ont déclenché les ovations d’une foule enthousiaste qui a apprécié l’engagement et la générosité des musiciens.

Echo#5-Jazz à Vienne 2021 propose un retour sur la soirée du 05 juillet 2021

Carte Blanche à Vincent Peirani

Accompagné de son quintet Living Being, l’accordéoniste Vincent Peirani ouvre la soirée. Avec son « Chamber Rock Orchestra », il propose une ré-interprétation du répertoire de son album « Night Walker » (2018) pour laquelle il a convié un ensemble de quatorze cuivres des élèves de la section classique du Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR) de Lyon dirigés par Thierry Seneau. D’après le leader, la présence de ses deux autres invités, Vincent Segal (violoncelle) et Piers Faccini (chant, guitare) doit contribuer à « apporter un brin de délicatesse ».

Après Angel of Mercy, que chante Piers Faccini accompagné de Vincent Peirani, Vincent Segal et Tony Paeleman, retour au répertoire de l’album Living Being II « Night Walker » avec Émile Parisien (saxophone soprano), Tony Paeleman (fender rhodes), Julien Herné (basse/guitare électrique) et Yoann Serra (batterie) regroupés autour du leader pour interpréter Bang Bang de Sonny Bono.

Le quintet installe ensuite l’alchimie musicale de Unknown Chemistry puis le leader invite les élèves du CRR à rejoindre la scène pour « étoffer » l’orchestre sur Le clown sauveur de la fête foraine. Le soprano lyrique et toujours très expressif d’Émile Parisien installe une atmosphère étrange voire inquiétante sur ce thème de Vincent Peirani. Le set continue avec le retour du chanteur/guitariste, du violoncelliste et l’ensemble des cuivres et les ambiances se diversifient. Par bonheur, un chorus rayonnant de Tony Paeleman et une échappée orientale d’Émile Parisien dominent la dense masse orchestrale.

Déterminé à instaurer des contrastes, le leader rappelle Piers Faccini et Vincent Ségal pour interpréter deux titres du guitariste sur lesquels s’étirent les contrechants du violoncelle et de la voix du chanteur. Le set se poursuit avec des morceaux qui font alterner interventions des cuivres, du violoncelliste et du chanteur/guitariste. Certes, la volonté du leader de varier les climats est réussie mais à vrai dire les solos toujours captivants d’Émile Parisien et les sonorités exacerbées des keyboards sont les bienvenus dans les paysages sonores souvent très (trop) denses.

Après le poétique Black Rose de Piers Faccini sur lequel les notes du clavier sont soutenues par le jeu délicat des balais et le chant nostalgique de l’archet, l’ensemble des musiciens entament Call Song de Purcell dont ils donnent une version qui a l’air de plaire au public. Une dramaturgie musicale tente de s’instaurer sur scène et déclenche sur les gradins une intense émotion qui augmente encore lorsque la plainte céleste du soprano s’élève au-dessus de la masse orchestrale. Standing ovation et rappel véhément. Le quintet revient sur scène pour un « vrai dernier morceau ». Le premier set de la soirée se termine avec la composition de Vincent Peirani Falling, une mélancolique ballade nocturne sur laquelle Piers Faccini a posé des paroles.

La Carte Blanche offerte à Vincent Peirani a permis au public de découvrir ses invités et sa capacité à accueillir et à partager. Il n’en demeure pas moins une relative frustration car, soucieux de mettre en valeur son projet, le leader est peut-être demeuré un peu trop en retrait.

Avishai Cohen, magistral et généreux

Echo#5-Jazz à Vienne 2021_Avishai Cohen Trio_2021.07.5C’est en trio que le contrebassiste Avishai Cohen se présente sur la scène du Théâtre Antique. Avec au piano, son complice de trois ans Elchin Shirinov et à la batterie, la jeune Roni Kaspi, formée par Terri Lyne Carrington au Berklee College of Music de Boston.

Les trois premiers morceaux permettent de s’immerger dans la musique que le trio prépare pour le prochain album du leader…. contrepoint entre piano et contrebasse, solo brillantissime du piano, batterie pointilliste. Fasciné, le public découvre ces nouveaux territoires musicaux avec lesquels il n’est pas encore familier mais dès le quatrième thème, il retrouve ses repères. Lancinants échanges entre piano/contrebasse. Phrasés percussifs de la main droite du pianiste, motifs orientaux de sa main gauche, jeu musclé de la contrebasse déclenchent les vivats de la foule enthousiaste.

Le concert continue et les riffs réitératifs du piano propulsent la contrebasse pulsatile. Le dialogue des deux instruments confine à la communion. Le piano s’éloigne un instant de ses mélopées méditerranéennes pour s’évader vers des contrées bop. Le contrebassiste entretient une relation presque charnelle avec son instrument sur lequel il s’exprime avec puissance et lyrisme. Une grande complicité est perceptible entre Elchin Shirinov et Avishai Cohen. Sous le regard bienveillant et stimulant du leader, le pianiste répond au chant de l’archet par un chorus enfiévré.

Après ces échanges véhéments, changement d’atmosphère avec une ballade à la trame délicate. Contrebasse et piano conversent avec délicatesse, soutenus par la souple pulsation des balais sur cymbales et peaux. Sur le clavier, les notes chantent en réponse à la ligne lyrique de la contrebasse. Nouveau contraste sur le titre suivant dont le propos s’inscrit dans la tradition musicale séfarade. Après avoir exposé le thème à l’archet, Avishai Cohen tire les cordes d’une main alors qu’il percute la caisse de son instrument. Son chorus tellurique stimule Elchin Shirinov dont le chorus dévale comme un torrent indomptable mais, maître de son clavier il canalise son énergie après avoir déclenché des tonnerres d’applaudissements.

Avishai Cohen pose sa contrebasse mais revient très vite sous les rappels. Seul sur scène, il propose alors au public quelque chose de « very special »… un blues… une complainte incantatoire qu’il élève à l’archet et à la voix… au final, on reconnait Sometimes I Feel Like a Motherless Child. Moment d’intense émotion. Il enchaîne alors avec Alfonsina Y El Mar, ce thème qu’il affectionne et a déjà offert au public de Vienne lors de ses précédentes venues. Sa voix chaude croise les notes graves des cordes. Il termine en chantonnant avec légèreté puis enchaine en trio avec un morceau qui met en valeur un chorus vigoureux et véloce que Roni Kaspi articule avec force sous le regard bienveillant d’Avishai Cohen. Après une dernière fausse sortie, le contrebassiste revient pour un dernier morceau sur lequel, poussée par un riff nerveux du pianiste, la batteuse fait gronder son instrument.

Avec Avishai Cohen, le Théâtre Antique de Vienne a chaviré. Une fois de plus, le musicien a offert au public de Jazz à Vienne un concert inoubliable où ont coexisté lyrisme, puissance, émotion, humour, générosité.

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

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Echo#2-Nuits de Fourvière 2021

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Echo#5-Jazz à Vienne 2021

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Echo#4-Jazz à Vienne 2021

Raul Midón - Manu Katché/One Shot Not

Pour la dixième soirée de la 40ème édition de Jazz à Vienne le festival propose un double plateau. Raul Midón ouvre la soirée puis Manu Katché recrée sur la scène l’esprit du projet One Shot Not sur la chaîne Arte. Au programme une farandole d’invités, Célia Kameni, Raul Midón, Jazzy Bazz, Sophie Hunger, Michel Jonasz et en invité surprise… Sting dont la prestation a enflammé les gradins du du Théâtre Antique.

Cet Echo#4-Jazz à Vienne 2021 fait un clin d’œil à la soirée du 04 juillet 2021.

L’univers unique de Raul Midón

 

Echo#4-Jazz à Vienne 2021_Raul Midón

Raul Midon©Pierre Corvaisier

Lunettes noires, casquette sur la tête, le chanteur, auteur compositeur guitariste et interprète américain Raul Midón commence son set debout au milieu de la scène avec sa guitare en bandoulière et un set de deux bongos devant lui. Après une courte bossa nova, il présente un morceau plus folk qu’il termine en spoken word.

Après avoir exprimé son plaisir de se retrouver de nouveau sur la scène de Jazz à Vienne il interprète I Really Want To See You Again, un morceau de son dernier album « Mirror » sorti en 2020. Il enchaîne avec Sunshine I Can fly qu’il débute avec un solo de trompette à la voix et continue en chantant alors qu’il s’accompagne de la main droite sur les percussions pendant que la main gauche pince les cordes de sa guitare. Après ce titre il s’assied pour jouer Cold cuts and coffee, un autre titre de « Mirror ».

Le répertoire qu’il présente permet de prendre la mesure de l’étendue de ses influences, folk, soul, blues, samba et rythmes sud-américains, jazz et rap. Sa maîtrise du finger picking sur sa guitare et ses slap-attacks font merveille Il revient interpréter un dernier titre après un rappel enthousiaste du public dynamisé qui a chanté avec lui, tout au long du set, avec grande ferveur.

Manu Katché, un « One Shot Not » live inédit

C’est une grande soirée de retrouvailles que la batteur Manu Katché a concocté autour de son projet One Shot Not dont il propose une version live inédite sur la scène du Théâtre Antique pour « mélanger les genres et les générations ».

Echo#4-Jazz à Vienne 2021_Manu Katché/One Shot Not

Manu Katché©Simon Bianchetti

Il a convié quelques-uns de ceux et celles qui ont compté pour lui dans sa vie professionnelle depuis ses débuts jusqu’à aujourd’hui.

Il est accompagné par son house band, le même groupe qui l’a accompagné sur son dernier album « The Scope » sorti en 2020, Jérôme Regard (basse, contrebasse), Patrick Manouguian (guitare), le jeune Elvin Galland (piano, claviers électroniques) lesquels sont rejoints par le pianiste Alfio Origlio (piano, Rhodes).

Au fil du set, Manu Katché est de retour, micro à la main sur le devant de scène pour présenter les invités et contextualiser leur venue. Ainsi, tour à tour se succèdent Célia Kaméni qui chante un titre du boss et deux de l’album qu’elle a enregistré avec Alfio Origlio.

Pour prouver, si besoin il en était, « qu’on peut mélanger les genres », il présente le rappeur Jazzy Bazz qui interprète deux titres dont Paris me mange gravé sur « The Scope » et une de ses propres compositions.

C’est ensuite au tour de la guitariste chanteuse Sophie Hunger de venir « performer » sur scène, une artiste que Manu Katché a découverte lorsqu’elle chantait avec Erik Truffaz. Après deux titres, elle reprend un titre du trompettiste qui était sur la scène de Jazz à Vienne le 28 juin 2021. Dommage que la voix de la chanteuse soit presque totalement couverte par le gros son du band.

Sans oublier de remercier les techniciens et toute l’équipe du festival, Manu Katché convie Raul Midón, avec lequel il a tourné en trio aux côtés de Richard Bona. Avec une grande aisance et beaucoup de swing, le chanteur interprète Don’t take it back mais là encore, sa voix est écrasée par l’orchestre.

Manu Katché invite ensuite le chanteur « bienveillant, poète et bluesman », Michel Jonasz dont les chansons ont « bercé son adolescence ». En costume gris et chemise grise, le chanteur vient interpréter trois de ses grands tubes, Du blues du blues, Lucie et Super nana que le public reprend spontanément avec lui. Là encore la voix du chanteur peine à surmonter le son du groupe mais avec un grand professionnalisme et un enthousiasme non feint, le chanteur déclenche ovation sur ovation.

Echo#4-Jazz à Vienne 2021_Sting

Sting©Collectif des Flous Furieux Gregory Rubinstein

Arrive alors pour Manu Katché, le moment de convoquer son invité surprise dont une grande partie du public était déjà visiblement déjà informé… Sting. Manu Katché le présente comme un « artiste complet et bienveillant » qui a révolutionné la musique ». La star britannique gagne la scène avec le guitariste Dominic Miller.

Toujours svelte et élégant, Sting s’assied et exprime son contentement d’être sur scène mais fait part aussi de son inquiétude car « ça fait bientôt deux ans qu'[il n’est] pas monté sur scène ». Un cri s’élève de la foule…. « on va t’aider » (!). L’ancien leader de Police attaque avec Message in a bottle. Certes on oublie presque que l’on eSt dans un festival de jazz mais le charisme et le talent de Sting font merveille et le niveau de sa prestation est tel qu’elle convainc même les plus réticents. Le public répond avec enthousiasme à l’artiste qui met littéralement le feu au Théâtre Antique.

Sting appelle ensuite Célia Kanémi (qui fait office de choriste) pour chanter English man in New-York. Sur les gradins et dans le proscénium les lampes des téléphones remplacent les briquets pendant que l’artiste chante Every Little Thing She Does Is Magic. La soirée se termine dans l’euphorie avec la reprise de If You Love Somebody Set Them Free en guise de rappel de cette soirée festive.

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

Accompagnée par le trio du guitariste Pasquale Grasso, la jeune vocaliste Samara Joy présente son premier album éponyme paru le 09 juillet 2021. Avec un talent inouï, elle explore quelques-uns des standards du Great American Songbook. Porteuse d’émotion et chargée d’un groove inouï, sa voix rajeunit les grands standards. Une étoile montante du jazz vocal à suivre absolument !

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Echo#2-Nuits de Fourvière 2021

Echo#2-Nuits de Fourvière 2021

Ciel dégagé, température estivale et vent léger président à la soirée du 18 juillet 2021 qui voit se produire Stefano Bollani puis Thomas de Pourquery sur la scène du Grand Théâtre de Fourvière. Les deux jazzmen avaient enchanté le public des Nuits de Fourvière lors de leur première venue, en 2017 pour le pianiste et en 2018 pour le saxophoniste. Si Stefano Bollani se produit de nouveau en solo, c’est à la tête de son Supersonic que revient Thomas de Pourquery. Une soirée pourvoyeuse de contrastes et de surprises. Deux concerts irrésistibles et inoubliables.

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Echo#5-Jazz à Vienne 2021

Echo#5-Jazz à Vienne 2021

Avec un double plateau alléchant et des conditions atmosphériques estivales, la soirée du 05 juillet 2021 du festival Jazz à Vienne a comblé le public du Théâtre Antique. Après Vincent Peirani et ses invités, le contrebassiste Avishai Cohen venu en trio a offert une prestation magistrale. Les vibrations musicales ont déclenché les ovations d’une foule enthousiaste qui a apprécié l’engagement et la générosité des musiciens.

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Echo#5-Jazz à Vienne 2021

Echo#3-Jazz à Vienne 2021

Soirée Cuba

Tous les éléments étaient au rendez-vous pour que la soirée Cuba de la 40ème édition du festival Jazz à Vienne soit une réussite. Après la musique rutilante du sextet mené par le bassiste et chanteur Richard Bona & le pianiste Alfredo Rogridez, la star cubaine Roberto n’a pas été en reste et a offert au public une prestation généreuse. La présence à ses côtés d’Omara Portuondo a insufflé un brin de tendre nostalgie à un set fort dynamique au demeurant.

Cet Echo#3-Jazz à Vienne 2021 se souvient de la soirée « Cuba » du 02 juillet 2021 dont le double plateau a tenu toutes ses promesses.

Le set éclatant de Richard Bona & Alfredo Rogridez

Si le premier, natif du Cameroun (1967), avait été repéré par Joe Zawinul qui en avait fait le bassiste de Syndicate, le second, originaire de La Havane (1985) avait séduit Quincy Jones. Les routes du bassiste et du pianiste se sont ensuite croisées au fil des ans et leurs collaborations sont nombreuses sur scène et même en studio où Richard Bona rejoint Alfredo Rodriguez pour graver avec lui la ballade Raices sur son album « Tocororo ».Echo#3-Jazz à Vienne 2021_Richard Bona & Alfredo Rodriguez

Annoncés en trio, Richard Bona et Alfredo Rodriguez se présentent finalement en sextet pour leur premier concert ensemble à Jazz à Vienne. A leurs côtés, le trompettiste Carlos Sarduy, le tromboniste Denis Cuni, le percussionniste Jose Montana et le batteur Ludwig Afonso.

Après un morceau introductif hyper dynamique, le sextet entame un morceau plus calme qui permet d’apprécier un chorus fort inspiré du tromboniste. Après une introduction magistrale du percussionniste, le groupe propose un morceau sur lequel le pianiste fait montre d’une grande virtuosité puis un dialogue complice s’établit entre le piano et la basse véloce. Les palmas sont de la partie et la musique se poursuit avec bonheur dans un idiome qui se promène entre classique et flamenco.

Après une introduction de la trompette bouchée, la voix de Richard Bona s’élève au-dessus de sa basse ronflante et chante Bilingo dont les accents évoquent autant les musiques de l’Afrique que celles de Cuba. Les cuivres s’en donnent à cœur joie et après un chorus de la main droite seule sur le clavier, Alfredo Rodriguez entame un solo éblouissant. Les yeux fermés, il joue debout et chante en même temps que les notes déferlent sur le clavier. La rythmique tellurique stimule le trombone dont l’intervention soulève des tonnerres d’applaudissements. L’atmosphère survoltée retombe un peu ensuite sur le morceau Raices (racines) présenté par Alfredo Rodriguez qui dit à l’occasion son plaisir d’être à Vienne dans « ce si bel endroit » et remercie le public. La ballade qu’il a composée pour Richard Bona se déroule dans un climat de douce sérénité entre piano, voix, basse, batterie effleurée aux balais et bugle.

La voix de Richard Bona entame le morceau suivant pendant que le public le soutient de ses battements de mains et très vite l’orchestre rejoint le bassiste pour un calypso ensoleillé. Après un chorus court mais endiablé du piano, le bassiste demande « où sont les danseurs de Vienne » et engage avec succès le public à chanter. L’ambiance monte encore d’un cran et tout le monde se lève sur les gradins et dans le parterre… (un instant durant, les consignes de distanciation sont oubliées).

Le set se poursuit avec un morceau aux accents africains. Le rythme s’accélère et les cuivres se donnent à fond. Après un break et quelques douceurs, une autre syncope entraîne le groupe sur le tempo d’enfer où percussions et batterie font le show. Encouragé par l’adhésion vibrante du public à la musique, Richard Bona lui propose de danser sur du makossa. Une fois encore tout le monde est debout et oscille au rythme de la musique chaleureuse et rutilante.

Le sextet sort de scène sous les applaudissements du public. Seuls reviennent le bassiste et le pianiste. Après avoir remercié le public et l’organisation qui les accueillent « toujours comme des rois », Richard Bona souhaite « calmer les esprits ». Pour gagner un pari qu’il a fait avec son partenaire, il se propose de chanter en espagnol. Le duo interprète alors une version très courte de la zamba Alfonsina y el mar. Le concert se termine ainsi dans une atmosphère adoucie.

Roberto Fonsaca invite Omara Portuando & Ben Wendel

Originaire de la Havane, Roberto Fonseca n’en est pas à son premier passage à Vienne où il est déjà venu en 2013, 2014 et 2017. Cette fois, le pianiste présente son propre projet entouré du bassiste et contrebassiste Yandy Martinez et du batteur Ruly Herrera. Costume trois pièces bleu, chemise et baskets de couleur blanche, pork pie hat sur la tête, le pianiste entre en scène, salue rapidement et s’installe au piano.

Après une courte intro basse/batterie, son toucher délicat enchante le clavier puis il se fait plus percussif et les notes perlent sous ses doigts alors que la section rythmique le stimule. On perçoit la très grande complicité qui règne entre les membres du trio qui interprète un premier morceau jazzy très nuancé.

Après avoir salué le public et présenté Yandy Martinez et Ruly Herrera, le pianiste appelle le saxophoniste Ben Wendel à les rejoindre pour interpréter avec eux Kachucha. Après une courte introduction, le saxophone entame un long chorus aux sonorités éraillées qui se déroule tel un fleuve sinueux puis le leader encourage le public à chanter. Par contre dès le début du morceau suivant, le pianiste engage la foule à ne point applaudir alors qu’en solo il expose la facette classique de ses influences musicales. Très vite il revient à son style habituel et sur son clavier, sa main gauche soutient avec vigueur sa main droite volubile. Petit clin d’œil à Chick Corea avec des échos d’Armando’s Rumba puis le pianiste invite basse et batterie à le rejoindre.

Après une introduction à l’archet, le groupe entame Besame Mucho. Un ange passe… toucher pointilliste, piano un rien romantique. Très concentré, le pianiste offre un chorus d’une absolue délicatesse sur un tempo étiré. Ces variations sur Besame Mucho constituent à n’en pas douter un moment essentiel du concert de Roberto Fonseca.

Ben Wendel rejoint de nouveau le groupe et le saxophoniste entame un dialogue moderne avec le piano. Poussé par l’énergique section rythmique, le saxophone ténor défie le pianiste alors sur son clavier électrique. Le match d’improvisation continue et après un chorus du saxophoniste qui propulse ses notes fulgurantes dans les aigus, c’est au tour du batteur de s’exprimer soutenu par le piano percussif. Le public manifeste avec ferveur son plaisir.

Après la sortie de scène du saxophoniste, Roberto Fonseca annonce la venue d’Omara Portuando à propos de laquelle il ne tarit pas d’éloges. Il quite ses claviers etr evient du fond de scène avec la chanteuse radieuse à son bras. Il l’aide à s’installer avant d’entamer El Negrito. De sa voix très timbrée et très ferme, la chanteuse semble s’amuser à dialoguer avec le piano très doux. Ben Wendel les rejoint et la chanteuse entame une ballade dont les trémolos sont chargés d’émotion. Le trio et la chanteuse interprètent ensuite La Ultima Noche. Après un chorus velouté et plein de tendresse du bassiste, Omara Portuando interpelle le public avec une belle vigueur, le visage visiblement irradié du bonheur de vivre ce moment musical.

Rappelé par le public qui scande le titre du morceau précédent, le trio revient et rejoint par le saxophoniste, Roberto Fonseca termine le set par Mambo pa la niña. Enchanté par l’ensemble de la prestation, le public termine la soirée debout et danse sans réserve jusqu’au bout de cette soirée Cuba fort réussie.

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

Accompagnée par le trio du guitariste Pasquale Grasso, la jeune vocaliste Samara Joy présente son premier album éponyme paru le 09 juillet 2021. Avec un talent inouï, elle explore quelques-uns des standards du Great American Songbook. Porteuse d’émotion et chargée d’un groove inouï, sa voix rajeunit les grands standards. Une étoile montante du jazz vocal à suivre absolument !

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Echo#2-Nuits de Fourvière 2021

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Ciel dégagé, température estivale et vent léger président à la soirée du 18 juillet 2021 qui voit se produire Stefano Bollani puis Thomas de Pourquery sur la scène du Grand Théâtre de Fourvière. Les deux jazzmen avaient enchanté le public des Nuits de Fourvière lors de leur première venue, en 2017 pour le pianiste et en 2018 pour le saxophoniste. Si Stefano Bollani se produit de nouveau en solo, c’est à la tête de son Supersonic que revient Thomas de Pourquery. Une soirée pourvoyeuse de contrastes et de surprises. Deux concerts irrésistibles et inoubliables.

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Echo#5-Jazz à Vienne 2021

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Avec un double plateau alléchant et des conditions atmosphériques estivales, la soirée du 05 juillet 2021 du festival Jazz à Vienne a comblé le public du Théâtre Antique. Après Vincent Peirani et ses invités, le contrebassiste Avishai Cohen venu en trio a offert une prestation magistrale. Les vibrations musicales ont déclenché les ovations d’une foule enthousiaste qui a apprécié l’engagement et la générosité des musiciens.

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Echo#5-Jazz à Vienne 2021

Echo#2-Jazz à Vienne 2021

Soirée Piano

La pluie n’a pas arrêté le public venu le 29 juin 2021 pour la soirée Piano proposée par le festival Jazz à Vienne. Après une première partie consacrée à une prestation solo du pianiste Brad Mehldau, la scène du Théâtre Antique rend hommage au pianiste Michel Petrucciani avec dix musiciens réunis autour de ses musiques. Une soirée aux couleurs musicales contrastées.

Echo#2-Jazz à Vienne 2019 revient sur la soirée du 29 juin 2021 où le piano était à l’honneur.

La musique entropique de Brad Mehldau

Au public demeuré impassible sous la pluie pour l’écouter, Brad Mehldau propose un concert solo où sa technique vertigineuse soutient sa virtuosité durant les plus de soixante-dix minutes d’un concert solo inouï où le pianiste repousse très loin les limites de l’improvisation.

Le visage creusé, le cheveux grisonnants coupés courts, Brad Mehldau ne fait qu’un avec le Steinway. Sur le clavier du piano devenu comme une extension de lui-même, il développe durant presque soixante dix minutes, une musique élégante et subtile, fluide et raffinée, une musique à la fois sophistiquée et bouillonnante. Une musique en constante expansion… une musique entropique.

Au début du concert, tout en jouant, il regarde d’un œil amusé les festivaliers occupés à rabattre les capuches de leurs ponchos. Plus tard, il leur fera part de son « plaisir d’être là avec [eux] » et les remerciera d’être venus et d’être restés malgré ce « stormy weather ».

Concentré à l’extrême, les yeux fermés, tantôt le corps en arrière, le visage dans le prolongement de ses bras tendus sur le clavier, tantôt penché sur le clavier, la tête tournée de trois-quarts vers le public, juste au-dessus des touches qu’il caresse presque de ses joues, Brad Mehldau ouvre la soirée avec un set durant lequel il propose au public la quintessence de son style en solo.

On a l’impression d’écouter deux pianos. A la recherche de la note idéale, les deux mains du pianiste dialoguent, s’amusent sur le clavier comme deux complices totalement indépendantes. La main droite légère et sautillante improvise stimulée par les ostinatos rythmiques de la vigoureuse main gauche. Avec précision, les doigts détachent les notes, martèlent le clavier ou l’effleurent. Entre harmonie et contrepoint, les accords se croisent, les variations se suivent et toujours… et toujours, la musique respire.

Brad Mehldau invite le public à pénétrer dans son monde intérieur. Précis et puissant son phrasé sait aussi se faire léger et véloce. Les climats musicaux oscillent entre intimité et intensité, blues et gospel, romantisme et mélancolie. Teintées de bleu, les atmosphères se parent d’une douce mélancolie ou d’une tendre gravité.

Après un premier morceau de Radiohead, il interprète une version tout en souplesse de I’m The Walrus de John Lennon/Paul McCartney puis In The Kitchen, une composition personnelle gravée sur son tout dernier album « Ego » sorti en 2020 chez Nonesuch puis reprend Baby’s In Black, un autre titre des Beatles. Après avoir invité John Coltrane dans son répertoire, il interprète une version tout en délicatesse du thème de David Bowie, Life on Mars. Le retour du ciel bleu coïncide avec son interprétation de Go to Sleep de Radiohead.

A son écoute, on ressent l’impression de planer en toute liberté sur un tapis volant dans un espace où coexistent intensité et légèreté. Après ce moment de recueillement empreint de tendresse, il continue avec une ballade très contrastée dont la ligne musicale varie entre confidence et fièvre, entre murmures et phrases véhémentes proches de la colère pour finalement s’apaiser dans la douceur.

Après une ovation soutenue, Brad Mehldau revient pour un rappel qu’il offre au public en le remerciant d’être resté pour l’écouter en dépit des circonstances pluvieuses. Avec un humour certain, il fait le choix de jouer pour l’occasion Here’s That Rainy Day qu’il interprète avec une légèreté indicible sur un rythme ternaire… et l’on se prend à rêver que la musique de Brad Mehldau inspire les pluies à venir sur le Théâtre Antique de Vienne.

Hommage à Michel Petrucciani

Sous un ciel plus clément, une farandole de neufs musicien.ne.s du jazz actuel viennent rendre hommage à Michel Petrucciani que le festival Jazz à Vienne à invité sur la scène du Théâtre Antique en 1982, 1984, 1988, 1991, 1993 et 1996. Disparu le 06 janvier 1999 à l’âge de 36 ans, après une carrière fulgurante en France et à l’international, le pianiste demeure aujourd’hui encore un repère essentiel pour tous les musiciens.

Sur la scène se succèdent au fil de différents plateaux, Franck Avitabile (piano), Laurent Coulondre (piano, orgue Hammond), Jacky Terrasson (piano), Géraldine Laurent (saxophone alto), Andrea Motis (trompette), Flavio Boltro (trompette), Pierre Boussaguet (contrebasse), André Ceccarelli (batterie) et Aldo Romano (présentation et batterie). Par leurs notes, ils honorent la mémoire de Michel Petrucciani dont ils interprètent quelques compositions parmi lesquelles September Second, Rachid, Looking up et aussi le standard Body and Soul souvent joué par Michel Petrucciani.

Invité à se mêler à l’hommage, Tony Petrucciani, le père du pianiste, les rejoint. Sur le piano il tente d’égrener quelques notes de Misty, un morceau d’Erroll Garner qui fut un des pianistes préférés de Michel Petrucciani. En compagnie de Franck Avitabile, il joue quelques mesures de Nuages (de Django Reinhardt)  sur sa guitare puis tous deux présentent une courte version de Someday My Prince Will Come. Le set se termine avec une version chaloupée et applaudie de Brasilian Suite qui réunit les trois soufflants, André Ceccarelli, Pierre Boussaguet et Laurent Coulondre.

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

Accompagnée par le trio du guitariste Pasquale Grasso, la jeune vocaliste Samara Joy présente son premier album éponyme paru le 09 juillet 2021. Avec un talent inouï, elle explore quelques-uns des standards du Great American Songbook. Porteuse d’émotion et chargée d’un groove inouï, sa voix rajeunit les grands standards. Une étoile montante du jazz vocal à suivre absolument !

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Echo#2-Nuits de Fourvière 2021

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Echo#5-Jazz à Vienne 2021

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Echo#5-Jazz à Vienne 2021

Echo#1-Jazz à Vienne 2021

Soirée Brésil… la fête a repris ses droits !

Après de 24 mois de silence, les pierres du Théâtre Antique de Vienne vibrent de nouveau avec bonheur au son des notes de jazz. Après la soirée Afrique qui a marqué l’ouverture de la 40e édition de Jazz à Vienne avec Salif Keita, Keziah Jone et Julia Sarr, c’est au tour des musiques brésiliennes de résonner dans l’enceinte magique du Théâtre Antique. Le 26 juin le soleil est de la partie, le public se presse pour écouter Lucas Santtana puis Chico César. La soirée Brésil est un succès.

Echo#1-Jazz à Vienne 2021, les gradins du Théâtre Antique de VienneDans cet Echo#1-Jazz à Vienne 2021, le Brésil est à l’honneur. Les gradins du Théâtre Antique de Vienne frémissent de l’enthousiasme du public et retrouvent leur physionomie habituelle.

En première partie, Carte Blanche est donnée au compositeur, chanteur et guitariste brésilien Lucas Santtana.

Neveu de Tom Zé et héritier du mouvement tropicaliste, Lucas Santtana entre en seul en scène. D’une voix très posée et en toute simplicité, il dit au public son plaisir d’être là et l’invite à chanter avec lui… « Personne ne lâche la main de personne, les yeux dans les yeux, les gens avec les gens prennent soin de chacun…. ».

Echo#1-Jazz à Vienne 2021, Lucas SanttanaLes applaudissements crépitent. Pas de doute, une grande partie de la communauté brésilienne de Lyon est présente. Le chanteur fait référence à son album « O Céu é Velho Há Muito Tempo » « composé après l’élection du président Brésil pour se donner du courage… car il y avait beaucoup à faire ». Comme bien d’autres avant lui au temps de la dictature, il affirme ainsi son engagement politique. Pour l’aider à se faire comprendre du public, il sollicite l’aide d’un compatriote qu’il nomme « Dieu » (?) et dont la Voix jaillit des haut-parleurs et traduit ses paroles en français avec un petit accent brésilien !

Lucas Santtana poursuit sur sa guitare acoustique avec Meu Primero Amor, « une chanson d’amour un peu triste » et sa voix s’envole dans les aigus pour conter l’histoire d’un Roméo pauvre et d’une Juliette, jeune-fille riche, évoquant l’écart qui existe entre les classes sociales brésiliennes.

Echo#1-Jazz à Vienne 2021, Lucas Santtana invite Baptiste HerbinIl appelle ensuite son premier invité à le rejoindre sur scène. Il s’agit du saxophoniste français Baptiste Herbin dont le Brésil est devenu la terre d’adoption et dont on connaît la belle histoire qu’il entretient avec le Brésil.

Après un premier morceau à l’alto où le saxophoniste laisse libre cours à son lyrisme et enchaîne sextolets et glissandos habiles. Il embouche le soprano pour interpréter un morceau qui figure au milieu du film de la BO « De rouille et d’os » d’où fusent des citations de la superbe Samba de Una Nota so de Jobim. Ce duo plutôt fusionnel enchante le public. Lucas Santtana se saisit ensuite de sa guitare électrique pour interpréter un morceau plus ancien. Il stimule le public pour qu’il l’accompagne pendant que Baptiste Herbin marque le tempo en frappant dans ses mains avant de reprendre l’alto. Il termine en embouchant ses deux saxophones avant de quitter la scène.

Le guitariste interprète ensuite un titre d’inspiration « chamanique » que le public écoute avec attention puis un morceau chanté en anglais avant de reprendre la guitare acoustique… et l’on regrette vraiment de ne pas être lusophone.

Lucas Santtana appelle ensuite son deuxième invité, Joao Salva, un Brésilien qui habite à Lyon depuis 20 ans et que ses fans mobilisés nombreux, applaudissent à tout rompre. Le guitariste, chanteur et percussionniste entre sur scène avec son berimbau et le duo joue trois morceaux dont les ambiances varient entre intimité et ferveur.

Après un rappel fourni, Lucas Santtana revient seul pour un dernier morceau inédit qui sera dans son prochain album à sortir l’année prochaine. « Demain c’est les régionales en France, vous votez… moi mon vote, c’est pour le climat ! » et sa chanson en témoigne… « … où sont les civilisés, tous les copains tous les copines… qui habitent la terre… ils savent que la biospère, c’est la nouvelle ère » suivi par le chœur du Théâtre Antique.

Echo#1-Jazz à Vienne 2021, Chico CesarA la suite de l’annulation de tournée européenne de Seu Jorge, la seconde partie de soirée est assurée par Chico César connu lui aussi pour son engagement politique. Il débute seul sur la scène qu’il parcourt avec énergie avant d’être rejoint par les membres de son groupe qu’il présente, Natalino Netto (basse), Zé Luis Nascimento (percussions, batterie) et Rodrigo Viana (guitare). Après « Mama Africa », les thèmes s’enchaînent.

Malgré le vent fraîchissant qui traverse le Théâtre Antique, la température augmente dans la fosse. Chico César met littéralement le feu aux gradins du Théâtre. Il pilote avec ferveur son set comme une célébration qu’il termine avec spectateurs et spectatrices venus le rejoindre sur scène.

Porté par le charisme du leader, le public se lève oubliant les recommandations sanitaires… la fête a repris ses droits !

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

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« Hope »… le jazz du XXIème siècle de Marc Ribot et Ceramic Dog

« Hope »… le jazz du XXIème siècle de Marc Ribot et Ceramic Dog

Fureur, refus, résistance et espoir

​Avec « Hope », Marc Ribot et ses complices de Ceramic Dog proposent en neuf titres un concentré de ce qui constitue l’ADN musical du groupe. En se promenant dans tous les territoires qu’il affectionne, le power trio propose avec quelques invités un album furieux et poétique qui pourrait incarner le jazz du XXIème siècle.

visuel de l'album Hope de Marc Ribot's Ceramic DogConstitué du guitariste Marc Ribot, du bassiste/multi instrumentiste Shahzad Ismaily et du batteur Ches Smith, le trio Ceramic Dog a conçu « Hope », un album qui évoque l’étonnante période que le monde a traversé et traverse encore

Ce n’est certes pas avec « Hope » (Enja /Yellow Bird/L’Autre Distribution) à sortir le 25 juin 2021 que l’on va pouvoir inscrire Marc Ribot et ses acolytes de Ceramic Dog dans une catégorie. Nul ne s’en plaindra et d’ailleurs il serait vain de tenter de discriminer si le troisième album du groupe est plutôt jazz que rock, s’il se promène dans les territoires funk ou folk, reggae ou cool. L’essentiel en revanche est bien de dire, voire même de crier haut et fort encore une fois que la musique de Ceramic Dog étonne, interpelle, emballe littéralement car elle porte en elle une vie et un message qu’elle transmet sans filtre.

« Hope », une musique sans complaisance imprégnée de fureur, de résistance et de refus mais surtout, une partition porteuse d’espoir comme le signifie son titre. « Hope », une potion musicale déconfinée comme un remède contre la déprime.

Contexte

Marc Ribot

MarcRibot©Ebru Yildiz

Quand mai 2020 est arrivé, Marc Ribot a commencé à trouver qu’être déprimé était déprimant. Il « n’avai[t] pas vu [s]es partenaires depuis février ». Les membres du trio se sont donc retrouvés au studio Figure 8 (le studio de Shahzad Ismaily) pour enregistrer ce qui allait devenir « Hope ». Certes l’album restitue des instantanés de la vie en période de pandémie et reflète les incertitudes de notre époque mais sur chaque morceau est perceptible ce qui relie les membres du trio Ceramic Dog, la passion de jouer ensemble depuis 2008.

Certains des enregistrements précédents de Marc Ribot sont plus immédiatement politiques. Ainsi le dernier disque du guitariste « Songs of Resistance 1942-2018 », paru en 2018 est profilé 100% agitprop, sans culpabilité aucune. Quant à « YRU Still Here? » de Ceramic Dog paru la même année, il comporte l’intense et poignant Muslim Jewish Resistance et le punky Fuck La Migra. Ainsi, pour Ches Smith, « cet album, contrairement au précédent, donne plus l’impression d’un burnout politique ».

L’enregistrement

Dès l’entrée en studio, le groupe a mis en place un lourd protocole sanitaire : se laver les mains, et jouer bien éloignés les uns des autres. Si éloignés qu’ils ne se voyaient même pas pendant l’enregistrement. Ils ont eu à cœur d’éviter que l’état des poumons du bassiste –déjà bien abîmés- n’empire et que cela ne compromette plus encore sa santé. Mais grâce aux compétences techniques du bassiste, ils s’entendaient d’une manière parfaite et presque inédite.

« …quand nous sommes entrés dans le studio, j’ai pensé que nous allions trouver quelque chose qui parlait à notre époque… un message en bouteille à nos auditeurs tout aussi naufragés (imaginaires). Mais une fois que nous avons commencé, c’était tellement amusant de jouer que nous avons oublié les catastrophes à l’extérieur. Au lieu de cela, nous avons « parlé » d’autres moments que nous ne pouvions pas encore voir : comme le jour, 5 mois plus tard, où les gens de Tout Brooklyn dansaient dans les rues pour la joie. » …. “Nous étions si heureux de jouer, d’enregistrer, de faire de la musique à nouveau” … “Dans les temps futurs –s’il y a des temps futurs, quand les gens se retourneront vers l’année que nous venons de vivre, ils n’y croiront pas. Mais cet album en a été à la fois le témoin et notre corde de sauvetage.” Marc Ribot

Le répertoire

Les précautions mises en place, le trio s’est lancé dans l’enregistrement de huit morceaux originaux, quatre du guitariste, trois pièces à créditer aux membres du trio et d’une reprise de Wear Your Love Like Heaven de Donovan.

Si Wanna, le troisième morceau du disque, reflète la joie incalculable qu’a eu le groupe à se retrouver et à jouer, certains titres, comme B Flat Ontology qui ouvre l’album, sont des histoires minimalistes qui traduisent l’ennui, une certaine forme d’inutilité ressentis par le guitariste ces derniers temps. Pour Marc Ribot, « c’est la chanson la plus déprimante jamais écrite. Beaucoup plus déprimant que le Kindertotenlieder de Mahler. Bien, beaucoup plus déprimant. »

Ceramic Dog

Ceramic Dog©EbruYildiz

A propos de They Met In The Middle sur lequel intervient le saxophoniste alto Darius Jones, Marc Ribot déclare : « Mes racines No Wave ont refait surface… C’est une chanson qui parle de la manière de ne pas aller quelque part. Vous pouvez vous rendre nulle part en restant au même endroit, ou en tournant en rond. Cette chanson parle également de gens qui vont dans des endroits puis en reviennent. Il y a différentes manières d’aller nulle part.” Le titre The Activist est quant à lui plus une satire qu’un reproche. “J’ai écrit ceci après avoir participé au millionième meeting politique qui n’allait nulle part.” déclare Marc Ribot. “Ainsi, dans cette chanson, je me paie ces gens qui prennent réellement du plaisir à balancer ces propos radicaux merdiques, au lieu de mettre vraiment les mains dans le cambouis et de faire ce qu’il y a à faire en urgence.”

Loin de toute catégorisation politique, historique, voire musicale, deux longs instrumentaux, l’antepénultième The Long Goodbye et l’avant-dernier Maple Leaf Rage, offrent 23 minutes de respiration aux commentaires poétiques de Marc Ribot. “Je pense que Marc a une manière très picturale de suivre son intuition, pour savoir si l’on a besoin ou pas d’un moment instrumental après des morceaux plus lyriques ou centrés autour du texte. Il me semble que cela se rapproche d’une intuition subtile, du bon équilibre, de ressentir l’expérience émotionnelle de l’auditeur » témoigne Shahzad Ismaily.

De la dépression à l’espoir

En ouverture B-Flat Ontology sonne comme une chanson bluesy, une sorte de lamentation où la voix dépressive et réverbérée du chanteur guitariste se fait entendre sur un beat reggae avec des accents punk. La déprime n’est pas loin. Sur Nickelodeon, le chant se fait plus alerte sur les battements funk des tambours. La guitare mordante tient un riff reggae et plus loin le toucher du musicien devient plus nerveux. Avec Wanna, la musique du trio se met à gronder et à claquer sur un fond de rock déjanté et furieux qui laisse exploser la joie de jouer du groupe.

La tonalité change avec The Activist. Marc Ribot laisse sourdre un vent de colère à travers des paroles satiriques sur la ligne de basse pulsatile, la batterie hypnotique et en arrière-plan la voix de Syd Straw. Ça sent le soufre !

Au mitan de l’album, la sonorité jazzy et très claire de la guitare sonne avec grâce sur Bertha The Cool où la magie opère comme jamais entre les trois compères. Le jeu tout en attaque de Marc Ribot affirme avec feeling un monde chargé d’espoir.

Le propos musical de They Met In the Middle se fait plus dense et plus sombre. Les interventions free et déchirées du saxophoniste alto Darius Jones répondent en force au parlé-chanter de Marc Ribot qui n’est pas sans évoquer la voix de Tom Waits. Au secours ! On tourne en rond, le désespoir n’est pas loin.

Au début de l’instrumental The Long Goodbye, la musique semble plus sereine et même poétique. La guitare s’exprime d’abord avec tendresse et lyrisme puis devient saturée et plus agressive sur une rythmique rock enragée à laquelle répond l’alto à la sonorité débridée. Musique bipolaire qui balance entre quiétude et déchaînement et se conclut dans l’apaisement. Le trio propose ensuite Maple Leaf Rage, un autre instrumental qui débute dans un climat sonore pictural apaisé avec les violoncelles de Rubin Khodeli et Gyda Valtysdottir qui interviennent et donnent des accents psychédéliques à la musique. Au fil des mesures, guitare et rythmique font monter la tension et après un break, la guitare laisse échapper des fulgurances convulsives sur le tempo que martèlent cordes et batterie. La frénésie s’installe et après un paroxysme, l’incendie déclenché par la guitare en colère s’éteint doucement mais sous les braises résiduelles, sourd encore le chant désespéré des violoncelles qui font écho aux accords désaccordés de la guitare.

Avec Wear your Love like Heaven, la voix de Marc Ribot parle sa joie de refaire de la musique et sur sa guitare un rien saturée, la mélodie sonne avec une tendresse infinie alors que les balais effleurent toms et cymbales avec délicatesse. Tout redevient possible, l’espoir est de mise… on y croit !

Avec Ceramic Dog, le guitariste Marc Ribot se produira en Italie, le 15 juillet 2021 à Brugnera (Pordenone). Il sera en France le 17 juillet 2021 à Sotteville Les Rouen dans le cadre du festival Pacific. En Belgique, le Gent Jazz Festival accueille le trio le 18 juillet 2021. ICI pour connaître l’ensemble des dates du trio.

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

Accompagnée par le trio du guitariste Pasquale Grasso, la jeune vocaliste Samara Joy présente son premier album éponyme paru le 09 juillet 2021. Avec un talent inouï, elle explore quelques-uns des standards du Great American Songbook. Porteuse d’émotion et chargée d’un groove inouï, sa voix rajeunit les grands standards. Une étoile montante du jazz vocal à suivre absolument !

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Echo#2-Nuits de Fourvière 2021

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Ciel dégagé, température estivale et vent léger président à la soirée du 18 juillet 2021 qui voit se produire Stefano Bollani puis Thomas de Pourquery sur la scène du Grand Théâtre de Fourvière. Les deux jazzmen avaient enchanté le public des Nuits de Fourvière lors de leur première venue, en 2017 pour le pianiste et en 2018 pour le saxophoniste. Si Stefano Bollani se produit de nouveau en solo, c’est à la tête de son Supersonic que revient Thomas de Pourquery. Une soirée pourvoyeuse de contrastes et de surprises. Deux concerts irrésistibles et inoubliables.

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Echo#5-Jazz à Vienne 2021

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Avec un double plateau alléchant et des conditions atmosphériques estivales, la soirée du 05 juillet 2021 du festival Jazz à Vienne a comblé le public du Théâtre Antique. Après Vincent Peirani et ses invités, le contrebassiste Avishai Cohen venu en trio a offert une prestation magistrale. Les vibrations musicales ont déclenché les ovations d’une foule enthousiaste qui a apprécié l’engagement et la générosité des musiciens.

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« Too Short » par Fabien Mary and The Vintage Orchestra

« Too Short » par Fabien Mary and The Vintage Orchestra

Swing XXXL

« Too Short », le premier album en big band de Fabien Mary réalisé avec The Vintage Orchestra est sorti le 28 mai 2021 sur le label jazz&people. Membre de l’orchestre depuis ses débuts, le trompettiste a composé et arrangé l’intégralité de la musique de ce disque. Répertoire original, couleurs chatoyantes, improvisations inspirées. Dix pièces inscrites dans la grande tradition du jazz orchestral. Du swing XXXL !

Depuis plus de vingt ans, Fabien Mary se passionne pour le jazz. Après avoir sorti en mars 2018 l’élégant « Left Arm Blues » (jazz&people/PIAS) à la tête d’un brillant octet, le trompettiste revient en mai 2021 avec « Too Short » (jazz&people/PIAS) à la tête du big band The Vintage Orchestra dont il est l’un des membres fondateurs depuis 2001 avec Erick Poirier et Sophie Alour et Dominique Mandin.

Après « Left Arm Blues » écrit pour un octet de la main gauche par le leader, immobilisé suite à une chute son bras droit qui l’empêchait de jouer, Fabien Mary a cette fois composé et arrangé les riches partitions de « Too Short » pour un big band de 17 musiciens.

The Vintage Orchestra

Autour du pianiste Florent Gac, du contrebassiste Yoni Zelnik et du batteur Andrea Michelutti se déploient une section de trompettistes comprenant Erick Poirier, Julien Ecrepont, Fabien Mary, Malo Mazurié, une section de saxophonistes/flûtistes/clarinettistes comptant Dominique Mandin, Olivier Zanot, Thomas Savy, David Sauzay, Jean-François Devèze et une section de trombonistes constitué de Michaël Ballue, Michaël Joussein, Jerry Edwards, Martin Berlugue, Didier Havet. C’est Dominique Mandin qui assure la fonction de directeur musical. Parmi les musiciens qui ont enregistré la musique de Fabien Mary, 11 étaient déjà présents sur le premier disque du Vintage Orchestra en 2003.

Enregistré les 25 et 26 août août 2020 à l’auditorium du conservatoire de Persan (Val d’oise), « Too Short » permet d’apprécier quelques-uns des seize brillants solistes qui entourent Fabien Mary.

« Too Short »

Couverture de l'album Too Short de Fabien Mary and The Vintage OrchestraDe nombreuses improvisations toutes plus explosives et étincelantes les unes que les autres émaillent cet album dont le visuel un peu vintage évoque les couvertures des albums Blue Note et cadre tout à fait avec ce répertoire interprété dans la grande tradition des big bands. Les arrangements de Fabien Mary s’inscrivent dans l’esthétique des arrangeurs dont il revendique les influences en la matière, comme Thad Jones, Slide Hampton, Jimmy Heath, Duke Pearson, Oliver Nelson, Gil Evans, Mary Lou Williams, Gigi Gryce, Tadd Dameron, Bill Holman, Marty Paich, Toshiko Akiyoshi, Quincy Jones et Melba Liston.

Riche et sophistiquée, dense et stimulante, la musique ne manque ni de nuance ni de précision. De bout en bout des dix pistes de « Too Short », le big band fait éclater une musique fluide, jubilatoire et flamboyante. D’une absolue élégance et sans aucun maniérisme, la musique totalement maîtrisée est portée par un swing XXXL.

A vrai dire, l’album mérite bien son titre, « Too Short », car après une première écoute advient la frustration. On trouve le disque trop court et l’on est tenté de le faire tourner encore, et encore jusqu’à s’immerger dans la musique et s’en imprégner sans jamais se lasser.

Au fil du répertoire

En ouverture, l’orchestre affiche sur Too Short des couleurs rutilantes et Fabien Mary révèle à la fois ses talents d’arrangeur et de soliste solaire. Chaque membre du big band est au service du collectif. Le solo du ténor de David Sauzay est resplendissant de swing. Le titre évoque la musique du trompettiste et compositeur Thad Jones, grand héritier de la tradition afro-américaine du big band. Le répertoire se poursuit avec The Fall aux arrangements ciselés. La trompette de Malo Mazurié puis le trombone de Michaël Joussein swinguent d’une joie communicative. Leur expression est jubilatoire.

Sakura impressionne ensuite par le climat hypnotisant qu’impulse la ligne mélodique de la flûte ensorcelante. Le chorus parfaitement maîtrisé du pianiste Florent Gac introduit celui de la clarinette basse de Thomas Savy. L’improvisation brillante de la trompette de Julien Ecrepont permet d’apprécier sa sonorité à la fois élégante et vivifiante.

Plus loin, One For Slide rend hommage au tromboniste compositeur et arrangeur Slide Hampton (89 ans) avec qui Fabien Mary a joué en avril 2017 pour fêter ses 85 ans au Dizzy’s du Lincoln Center de New York au sein d’un octet dont le célèbre tromboniste faisait partie. Le tromboniste Michaël Joussein développe un solo d’une élégance rare. Son timbre suave tranche avec la fougue du saxophone ténor de David Sauzay. Soutenu par une solide technique, le pianiste Florent Gac délivre quant à lui une improvisation inspirée et ancrée dans la grande tradition du piano jazz. Des arrangements de Fabien Mary jaillissent de flamboyante couleurs sonores.

Fabien Mary dédicace ensuite D.P (song for Duke Pearson) au compositeur pianiste et chef d’orchestre américain Duke Pearson disparu en 1980. Une pièce remarquable de légèreté et de décontraction où flamboie le solo de l’altiste Olivier Zanot alors que celui du tromboniste Jerry Edwards est gorgé de swing. Par la suite, The Vintage Orchestra propose le très court Like Thousands of Butterflies, une ballade sensible exposée par la flûte sur un arrangement aux couleurs orchestrales nuancées et délicates, comme les ailes de ces papillons qu’évoque le morceau.

Le climat change du tout au tout avec le fervent Don’t Look Back conçu dans le plus pur style bebop. Il n’est pas sans évoquer la puissance du big band de Dizzy Gillespie et permet d’apprécier le jeu éclatant de l’orchestre, la nervosité du jeu des saxophonistes Thomas Savy et Olivier Zanot et aussi le chorus du batteur Andrea Michelutti.

La flûte de Dominique Mandin introduit le thème du morceau Hell’s Kitchen Blues, une ligne mélodique développée sur une grille de blues. La section éclatante des soufflants prend la suite et c’est plus loin à Fabien Mary de prendre une improvisation lyrique avec de longues phrases volubiles qui mettent en avant son habileté harmonique. L’alto de Dominique Mandin tisse un solo acidulé et tonique auquel répond la contrebasse de Yoni Zelnik qui n’en finit pas de paraphraser le thème avec humour. Un moment diaboliquement enivrant.

C’est ensuite 402, une ballade somptueuse qu’interprète The Vintage Orchestra dans un style West Coast. L’exquise délicatesse de ce morceau évoque les arrangements de Bill Holman, cité par Fabien Mary comme une de ses influences. Le tromboniste Jerry Edwards s’exprime avec une limpidité sans égale puis la masse orchestrale éblouit par ses flamboyances pleines d’éclat.

L’album se termine avec le chatoyant To the Lighthouse que l’on est tenté de rapprocher de l’esthétique du courant jazz cool. Un morceau aux arrangements sophistiqués où rayonne l’art du contrepoint. Le solo feutré du tromboniste Michaël Ballue inspire au pianiste Florent Gac un chorus irradié de swing.

« Too Short », un album chaleureux au swing omniprésent. The Vintage Orchestra irradie de mille couleurs et les improvisations des solistes contribuent à l’éclat du big band.

L’arc en ciel vocal de Samara Joy

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Echo#2-Nuits de Fourvière 2021

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Simon Bolzinger Trio – Jazz des cinq continents

Simon Bolzinger Trio – Jazz des cinq continents

Le 20 juin 2021 au Musée Provençal de Marseille

Dans le cadre de Jazz des cinq continents, le pianiste Simon Bolzinger rend hommage en trio aux musiques du continent latino-américain, le 20 juin 2021 à 20h au Musée Provençal de Marseille. Son album « Ritmos Queridos » opère la fusion entre musiques traditionnelles d’Amérique du Sud et Jazz. Promesses d’un voyage musical épicé en Amérique du Sud.

Le dimanche 20 juin 2021 à 20h, Jazz des cinq continents convie les amateurs de Jazz à écouter Sudameris Jazz Trio et Simon Bolzinger Trio, en plein air et en acoustique au théâtre de verdure du Musée provençal de Château Gombert.

Pour l’occasion, accompagné de ses fidèles compagnons de route, le contrebassiste Willy Quiko et le batteur Luca Scalambrino, le pianiste marseillais Simon Bolzinger invite le public à suivre son trio dans un voyage musical poétique et émouvant, un voyage où les énergies sacrées et ancestrales se mêlent aux harmonies jazz et aux grooves des rythmes qu’il chérit. Comme il l’a fait au fil des neuf titres instrumentaux de son cinquième album « Ritmos Queridos », le leader du trio passionné des musiques traditionnelles d’Amérique du Sud va proposer aux spectateurs de découvrir les rythmes du continent sud-américain et des Caraïbes.visuel de l'album Ritmos Queridos de Simon Bolzinger

Sorti en 2020, l’album « Ritmos Queridos » permet de découvrir neuf des « rythmes préférés » du pianiste Simon Bolzinger…joropo vénézuélien, huayno péruvien, côco brésilien combiné à salsa cubaine, zamba argentine, valse vénézuélienne, l’entraînant ijexá qui rythme les cortèges du carnaval au Brésil, danzón cubain, candombe uruguayen et bolero mexicain.

Avec passion mais non sans nuances, Simon Bolzinger les développe sur son piano, accompagné par Willy Quiko (contrebasse, basse) et Luca Scalambrino (batterie). Sur plusieurs morceaux, le trio invite le percussionniste Alvaro Perez.

Le trio opère une fusion musicale fort réussie entre rythmes traditionnels sud-américains et improvisations jazz que l’oreille savoure sans retenue. Sur de riches textures harmoniques, les musiciens rivalisent d’élégance et de virtuosité et combinent swing et musicalité.

Souvent lyriques et énergiques, la contrebasse et son archet se font romantiques sur Beau Soir & Dindi, un titre qui rapproche une courte version instrumentale du Beau Soir de Claude Debussy et Dindi, la composition d’Antonio Carlos Jobim. Empreint d’une douce sensualité, le morceau pétille d’une joie effervescente qui enchante l’oreille.

On savoure sans réserve les séquences exaltées qui ponctuent Montuno en Olinda et Danzón para Oxúm, deux compositions de Simon Bolzinger. L’oreille se laisse enchanter par l’énergique Baile de los morenos et ses accents à la fois soul et brésilien qui ne sont pas sans évoquer le latin jazz de Tania Maria. Plus loin, le tempo étiré de la composition d’Armando Manzanero, El ciego, permet d’apprécier la technique brillante et maîtrisée du pianiste. Son jeu sensible et subtil fait respirer ce bolero et suspend littéralement le cours du temps. Un pur moment de ravissement.

Pour découvrir et apprécier le répertoire que propose le Simon Bolzinger Trio, rendez-vous à 20h dans l’écrin du théâtre de verdure du Musée provençal de Château Gombert, le 20 juin 2021. En deuxième partie de soirée, le trio du pianiste invite le public à le suivre tout autour du continent sud-américain. L’occasion rêvée pour une escapade où groove et poésie enlacent les harmonies du jazz pour le meilleur. Dépaysement garanti et promesses d’un voyage musical entre énergie et émotion.

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