Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Dans le Salon de Musique de Vincent Segal

Ami de longue date des Nuits de Fourvière, le violoncelliste Vincent Segal a rêvé tenir un salon de musique à l’Odéon. Le festival a exaucé ce vœu et intégré un nouveau concept dans sa programmation… « Les Salons de Musique des Nuits ». Ainsi, le 23 juin 2019, au théâtre de l’Odéon, le public a rejoint Vincent Segal et ses invités dans son Salon de Musique. La soirée est aussi l’occasion de célébrer les 15 ans du Label Nø Førmat! Liberté et complicité ont présidé au déroulement de cette soirée à la fois intime et festive.

Cet Echo#3Nuits de Fourvière 2019 fait un clin d’œil à la soirée inaugurale des « Salons de Musique des Nuits de Fourvière ».

Le violoncelliste Vincent SeLe violoncelliste Vincent Segal, Echo#3-Nuits de Fourvière 2019gal a tenu son Salon de Musique le 23 juin 2019, dans l’intimité du Théâtre de l’Odéon dont l’acoustique idéale a permis au public de saisir les moindres nuances de l’expression des musiciens invités. Après cette ouverture à l’Odéon, d’autres Salons de Musiques vont se tenir Salle Molière et le cycle 2019 va se terminer dans la Grande Salle de l’Opéra de Lyon avec Vinicio Capossela .

La soirée du 23 juin 2019 célèbre aussi les 15 ans du label Nø Førmat! Son directeur et fondateur Laurent Bizot pratique un travail qui confine à l’artisanat, bien loin de celui des grandes majors. Il cultive le défrichage des talents et prospecte en direction de musiques atypiques et inventives. Vincent Segal fait partie des artistes signés chez Nø Førmat ainsi que plusieurs de ses invités, Ballaké Sissoko, Piers Faccini et Gérald Toto.

Quid du Salon de Musique de Vincent Segal ?

Avant même l’arrivée des artistes sur la scène de l’Odéon, le public découvre le décor du salon de Musique de Vincent Segal. Un ciel dégagé, quelques martinets, une douce atmosphère, des chaises, une sonorisation a minima, un canapé de bois, une table avec une bouteille de vin et quelques verres, un ensemble de percussions en fond de scène et en toile de fond la vue dégagée sur Lyon et le Mont Blanc qui se détache.

Premier invité, le public par l’affiche alléchée manifeste un calme bienveillant et attend avec curiosité le déroulement de cette soirée atypique. Dans l’assistance, des musiciens, des néophytes, des curieux, des inconditionnels de Vincent Segal venus de sa ville natale (Reims) pour l’écouter de nouveau. Sur les gradins et le proscénium, l »ambiance est chaleureuse et conviviale, à l’image d’ailleurs de ce que sera cette soirée.

C’est Richard Robert (conseiller artistique musiques et responsable des productions) lui-même qui vient ouvrir la soirée. Avec son humour habituel, ce fin connaisseur musical reprécise le concept de la soirée. Carte blanche à Vincent Segal qui dans le cadre intime de son salon va convier quelques amis musiciens à échanger en toute liberté et sans limite de temps… peut-être jusqu’au bout de la nuit !Echo#3-Nuits de Fourvière 2019, le salon de musique de Vincent Segal

Le maître de céans arrive ensuite accompagné de ses invités. Côté jardin, ses fidèles complices de scène Ballaké Sissoko (kora) et Piers Faccini (chant, guitare) ainsi que Gérald Toto (voix, guitare), tous signés chez Nø Førmat! Côté cour, les deux complices du label ACT, le saxophoniste Émile Parisien et l’accordéoniste Vincent Peirani avec lesquels Vincent Segal n’a jamais joué. Un peu en arrière la percussionniste Lucie Antunes dont on découvrira qu’elle a fréquenté le Conservatoire National Supérieur de Lyon au même titre que Vincent Segal … mais avec quelques années d’écart, ce qui n’est en rien un obstacle à leur collaboration.

Pour Vincent Segal, un salon de musique ce serait « une fête idéale où les uns et les autres ne se connaissent pas tous »…. Il précise aussi que la soirée n’a été précédée d’aucune répétition, juste des échanges, des propositions, « ils ont travaillé intérieurement ». et la musique va leur permettre de faire connaissance. On a bien compris, Vincent Segal donne le tempo, propose, suggère et ses invités saisissent et croisent librement les notes, le tout dans une ambiance détendue de confiance absolue.

Début de soirée, les musiciens font connaissance

La soirée débute avec un duo kora/violoncelle où Vincent Segal et Ballaké Sissoko reprennent le morceau qu’ils ont joué pour la première fois. Les confidences musicales du duo transportent tout de suite le public dans leur univers intime, quelque part sous un arbre, la nuit. Vincent Segal invite ensuite Vincent Peirani à se joindre au duo que le violoncelliste entame avec le guitariste et chanteur Piers Faccini, son ami depuis de trente ans. Très vite la magie opère et la plainte de l’accordéon résonne avec celle de la voix et du violoncelle.

Kora et violoncelle cheminent ensuite aux côtés de la guitare et de la voix de Gerald Toto qui libère son imaginaire en un chant sensible et fragile. La mélopée inspire le soprano qui mêle son souffle venu d’orient et croise les notes de la kora.

Après trente minutes de musique, Vincent Segal perçoit, tout comme le public, cette proximité qui s’installe entre les musiciens et il en profite pour proposer un exercice périlleux à Émile Parisien. « Avec Lucie on va venir, tu commences libre avec ce que tu veux et tu dois nous emmener à Naples. Quand on est à Naples on va commencer les percussions et là …. ». Le surdoué du saxophone n’en est pas à son premier défi. La petite mélodie du soprano s’étoffe et la musique s’évade dans le sud de l’Italie, les percussions invitent à danser, la voix de Piers Faccini s’élève et avec eux le public déambule dans les rues de la cité napolitaine.

La partie est gagnée, l’esprit de la fête est bien là. Les invités ont fait connaissance, la soirée peut continuer. Captivé par les propos musicaux, le public adhère sans retenue et s’immerge dans l’ambiance conviviale du Salon de Musique de Vincent Segal.

Après la convivialité, les confidences

Les musiciens continuent à converser. Un blues entamé par Piers Faccini rallie tous les musiciens qui le rejoignent sur les chemins de l’Alabama. Vincent Peirani y va d’un chorus inspiré sur son melodica. La spontanéité est de mise et Gerald Toto, prend le relai vite suivi par l’ensemble des musiciens. L’accordéon se fait percussion, la kora et le soprano improvisent, le violoncelle soutient le rythme et vient le temps d’un petit verre de vin alors que l’accordéon entonne le « petit vin blanc ».

Du canapé où il s’est installé, le maître de la soirée donne le top au duo Parisien/Peirani qui ne se fait pas prier et entame un Temptation rag d’anthologie. Suspendu au souffle des deux instruments, le public suit le duo dans ses délires improvisés et ses fausses fins et leur réserve une superbe ovation.

Après avoir soulevé l’enthousiasme du public, les invités du Salon de Musique en viennent aux confidences. Les cordes de la kora et du violoncelle guident la musique dans les rues d’une cité africaine au soleil couchant. Le soprano-muezzin double le chant du violoncelle, la kora égrène son chant interrogatif auquel répond l’accordéon.

Une fin de soirée sérieuse et riche en émotions

Vient alors le moment des « choses sérieuses ». Ballaké Sissoko que Vincent Segal nomme le « Maître de la Nuit », élève sur la kora un solo magique dans la nuit étoilée. Variations rythmiques et envolées lyriques arrêtent la fuite du temps.

Dans le silence de la nuit, la percussionniste Lucie Antunes interprète en solo, Psappha de Iannis Xénakis. Quatre mailloches varient rythmes et timbres sur congas, bongos, cloches, claves, cymbales, grosse caisse, tambour. Entre martèlements métalliques, battements violents sur les peaux, frappes irrégulières ou brèves percussions boisées, s’invite le silence. La musique incantatoire fascine et conquiert tous les invités, sur scènes ou dans les gradins.

Difficile de relancer après une telle prestation. Vincent Segal engage donc un défi aux musiciens, jouer le plus piano possible tous ensemble… un beat a minima s’installe et ouvre l’espace à Piers Faccini et son délicat Black Rose. Violoncelle, kora et accordéon le rejoignent. L’émotion est à son comble mais il échoit à Emile Parisien et Vincent Peirani de continuer. Pour se faire, le soprano entame la composition de Sydney Bechet, Song of the Medina (Casbah), cheval de bataille habituel du duo rejoint par la kora et le violoncelle.

« Une fête ce sont des gens partent et des amis qui arrivent à l’improviste« …

Vincent Segal invite donc un nouvel invité sur scène un musicien joueur de duduk rencontré récemment sur un festival et qui réside à Lyon. Un duo troublant s’établit entre les chants si proches du duduk et du soprano. Kora et violoncelle enchaînent ensuite un superbe morceau où transparaît une fois de plus la connivence des deux artistes.

« Avant de se retrouver sur les quais (!!!) » pour poursuivre la soirée, Vincent Segal conçoit de donner une fin officielle à la soirée avec « une tarentelle, un drop mandingue et un retour à la tarentelle« . Bien entendu la fièvre gagne le public autant que les musiciens tant et si bien que la musique se continue après cette fin qui n’en est pas vraiment une, car le voyage se poursuit en direction de La Réunion et plus encore…

Vincent Segal a gagné son pari. Dans son Salon de Musique, portée par les artistes durant presque trois heures, la musique de ses invités s’est avéré un sublime outil de communication. Pourvoyeuse d’images et d’émotions, elle a transcendé les différences, incité à la confiance, appelé aux confidences et redonné le goût du partage et l’envie de sourire.

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Ami de longue date des Nuits de Fourvière, le violoncelliste Vincent Segal a rêvé tenir un salon de musique à l’Odéon. Le festival a exaucé ce vœu et intégré un nouveau concept dans sa programmation… « Les Salons de Musique des Nuits ». Ainsi, le 23 juin 2019, au théâtre de l’Odéon, le public a rejoint Vincent Segal et ses invités dans son Salon de Musique. La soirée est aussi l’occasion de célébrer les 15 ans du Label Nø Førmat! Liberté et complicité ont présidé au déroulement de cette soirée à la fois intime et festive.

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Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

A la tête d’un octet rutilant qui réunit des musiciens venus de l’Espagne, de Cuba, du Venezuela et des États-Unis, le pianiste Chick Corea plonge de nouveau dans son héritage musical espagnol, latin et flamenco. Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »… une immersion vivifiante dans le jazz latin de Chick Corea.

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Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

Un feu d’artifice vibrant de latinité

A la tête d’un octet rutilant qui réunit des musiciens venus de l’Espagne, de Cuba, du Venezuela et des États-Unis, le pianiste Chick Corea plonge de nouveau dans son héritage musical espagnol, latin et flamenco. Chick Corea - The Spanish Heart Band : « Antidote »… une immersion vivifiante dans le jazz latin de Chick Corea.

couverture de l'album Antidote de Chick Corea - The Spanish Heart BandAnnoncé pour le 28 juin 2019, l’album « Antidote » (Concord/Universal) marque une nouvelle étape latine dans la discographie de Chick Corea.

Dans la droite ligne de « Touchstone » and « My Spanish Heart », le pianiste continue à explorer les styles musicaux espagnol et afro-cubain avec à ses côtés, « The Spanish Heart Band » au casting exceptionnel. Des thèmes de Paco de Lucía, Antonio Carlos Jobim et Igor  Stravinsky s’ajoutent à des reprises de ses deux albums fétiches.

« My Spanish Heart »

« Mes racines sont italiennes, mais mon cœur est espagnol. J’ai grandi avec cette musique. Ce nouveau groupe est un mélange de tous les merveilleux et différents aspects de mon amour et de mon expérience vis-à-vis de ces rythmes qui constituent une grande partie de mon patrimoine musical. »  Chick Corea

Tout au long de sa longue carrière, le légendaire compositeur, pianiste et claviériste Chick Corea a exploré la musique bien au-delà des frontières du jazz. De nombreuses fois au fil des décennies, il a approfondi cet héritage des traditions espagnole, latine et flamenco qu’il nomme « My Spanish Heart ».

Depuis pratiquement ses débuts, la musique de Chick Corea a été empreinte de latinité. D’ailleurs il se  plait à évoquer le premier concert qu’il a écouté à son arrivée à New York en 1960, une prestation du percussionniste d’origine cubaine Mongo Santamaría au Birdland. Une grande partie de son « Spanish Heart » provient de cette époque où pendant les pauses de ses concerts, il allait écouter Tito Puente, Machito, Ray Barretto, Eddie Palmieri qui jouaient au Palladium.

Chick Corea ne fait aucun mystère de son amour pour la musique espagnole, latine et pour flamenco. Ça commence en 1972, par une de ses compositions les plus connues, Spain inspiré par le Concierto de Aranjuez de Joaquin Rodrigo. Le morceau a d’ailleurs été enregistré d’innombrables fois depuis, y compris par Paco De Lucía et Tito Puente.

En 1976, le pianiste sort « My Spanish Heart » avec Stanley Clark, Don Alias, Steve Gadd, Jean Luc Ponty et Gayle Moran où figure le thème Armando’s Rhumba dédié à son père. Cet album qui fusionne de manière innovante jazz et musique latine traditionnelle, fait partie des grands classiques de Corea.

Seize ans plus tard, en 1982, le pianiste s’est de nouveau aventuré sur un terrain musical similaire avec l’album « Touchstone » auxquels participaient entres autres, Al di Meola, Stanley Clarke and Lenny White et le légendaire guitariste flamenco Paco De Lucía sur deux titres, Touchstone et Yellow Nimbus.

En 2019, sur « Antidote » Chick Corea explore de nouveau ses influences espagnoles et latines avec le premier album de son nouveau The Spanish Heart Band, un octet multi-culturel auquel se joignent Rubén Blades, Gayle Moran Corea, et Maria Bianca.

The Spanish Heart Band

Pour se lancer dans cette nouvelle exploration dynamique de ses racines de cœur, le virtuose du clavier âgé de 78 ans a réuni autour de lui The Spanish Heart Band, un groupe de huit brillants musiciens.

Ainsi, une rythmique imparable entoure Corea avec le maître cubain de la basse Carlitos Del Puerto et le percussionniste vénézuélien Luisito Quintero qui ont joué sur l’album « Chinese Butterfly » (2018) enregistré par Corea en collaboration avec Steve Gadd. La batterie est confiée à Marcus Gilmore qui suit les traces de son grand-père, le grand Roy Haynes, lequel a d’ailleurs lui aussi collaboré avec Corea.

Outre la section rythmique, The Spanish Heart Band compte deux musiciens originaires d’Espagne, le guitariste de flamenco Niño Josele et le saxophoniste/flûtiste Jorge Pardo, qui ont tous deux travaillé avec le maître du flamenco Paco de Lucía. A leurs côtés, un duo de soufflants imparable composé du trompettiste Michael Rodriguez et du tromboniste Steve Davis. Enfin, le groupe accueille le danseur de flamenco Nino de los Reyes.

A cet octet multiculturel expert en flamenco et en rythmes latins s’ajoutent les voix de Rubén Blades, de Gayle Moran Corea et Maria Bianca.

De plage en plage

L’album ouvre avec la chanson titre et la voix de Rubén Blades qui se joint à l’ensemble des musiciens de l’octet. Le morceau se développe jusqu’à la transe à laquelle participe aussi le danseur. Dans la même dynamique on écoute avec un plaisir indicible la nouvelle version du célèbre Armando’s Rhumba déjà présent sur « My Spanish Heart » et dédié par le pianiste à son père. Sur ce nouvel arrangement, on savoure les rutilantes interventions du trombone, de la flûte et de la trompette. La guitare émerveille par son énergie et le piano se réinvente puis laisse place à une fusion rythmique éblouissante qui déclenche un un véritable séisme musical.

Les percussions dialoguent ensuite avec les pas du danseur en ouverture de Nimbus jaune, écrit à l’origine pour le duo Corea/De Lucía. The Yellow Nimbus - Part 1, donne libre expression aux couples guitare/palmas/danseur et flûte/piano qui échangent dans un tourbillon flamenco éblouissant et nuancé. Advient ensuite The Yellow Nimbus - Part 2, une autre facette du thème où l’on se laisse porter par les échanges entre le piano exultant et la guitare virtuose. Une musique enivrante.

Le chœur vocal luxuriant de Prelude To My Spanish Heart résonne comme une offrande religieuse qui précède une version revisitée de My Spanish Heart. Pris sur un rythme un rien danzon, la voix et les cuivres laissent place à un solo fougueux du piano puis à un chorus solaire de la trompette suivi d’un scat inspiré du chanteur. De Duende, le groupe propose une version quasi atmosphérique aux résonances percussives étranges autant que délicates. Flûte, trombone, trompette et piano amorcent le thème, très vite suivis par les huit musiciens qui engagent des échanges habités par la grâce… l’âme du flamenco affleure !

Chick Corea revisite de manière fort originale Zyryab, cette composition de Paco de Lucia qui porte le nom du poète et musicien du persan-africain du IXe siècle espagnol. Le leader a enregistré la version originale du titre avec le guitariste en 1990. La musique de 2019 restitue l’esprit d’un flamenco authentique nimbé d’influences espagnoles et moyen orientales qui sont mis en valeur par des arrangements riches et contrastés.

Chick Corea explore aussi le célèbre Desafinado composé par Antônio Carlos Jobim. Il choisit de poser la voix soul un peu détimbrée de Maria Bianca pour faire écho au titre qui signifie désaccordé. Sur un tempo plus rapide que le titre originel, le clavier conte avec allégresse et fluidité cette triste histoire d’amour. Avec le très court Pas de Deux, Corea introduit un autre genre musical, via un arrangement pour piano-solo d’un morceau du ballet « The Fairy’s Kiss » de Stravinsky. Seul au piano, Corea danse avec son instrument. Un enchantement plein de délicatesse.

L’album se termine avec Admiration sur lequel flûte aérienne et guitare lumineuse rivalisent d’inspiration. Si Corea endosse le rôle de pianiste, on perçoit surtout dans ce titre son implication dans les arrangements et les orchestrations qui élèvent ce morceau au firmament des étoiles. Les pas du danseur concluent le morceau. On flotte loin des contingences terrestres.

« Antidote », un album dynamique d’une grande musicalité. Sur les onze pistes, le jazz de Chick Corea - The Spanish Heart Band vibre d’une latinité qui enchante, il fait rêver et incarne peut-être le rôle de la musique et des artistes: aider à lutter contre le quotidien souvent sombre et peu amène, contribuer à apporter un dose d’espoir et de bonheur… comme un antidote contre la morosité ambiante.

Après l’écoute de l’album « Antidote », il tarde de retrouver live Chick Corea - The Spanish Heart Band. RV le 03 juillet 2019 à Jazz à Vienne, le 04 juillet 201 à Enghien-les-Bains 9, le 30 juillet 2019 à Marciac. ICI, pour connaître l’ensemble des autres dates de la tournée de Chick Corea - The Spanish Heart Band 

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Ami de longue date des Nuits de Fourvière, le violoncelliste Vincent Segal a rêvé tenir un salon de musique à l’Odéon. Le festival a exaucé ce vœu et intégré un nouveau concept dans sa programmation… « Les Salons de Musique des Nuits ». Ainsi, le 23 juin 2019, au théâtre de l’Odéon, le public a rejoint Vincent Segal et ses invités dans son Salon de Musique. La soirée est aussi l’occasion de célébrer les 15 ans du Label Nø Førmat! Liberté et complicité ont présidé au déroulement de cette soirée à la fois intime et festive.

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Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

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Clin d’œil à Tabasco Quintet & « The Very Last Blues »

Clin d’œil à Tabasco Quintet & « The Very Last Blues »

Limpide et mordant à la fois

Tabasco Quintet maintient le cap avec son deuxième album, « The Very Last Blues » dont le titre marque la filiation avec celui de son premier opus, « The Last Blues ». Groove mordant et mélodies limpides coexistent avec bonheur au fil des neuf plages qui ménagent de belles surprises.

Après « The Last Blues » paru sur le Petit Label en 2015, Tabasco revient en 2019 avec un deuxième album, « The Very Last Blues » (Clapson/Inouïe Distribution).

Tabasko Quintet

Tabasco©Cristof Echard

L’album propose une musique à la fois limpide et mordante qui fait alterner rêveries mélodiques sensibles et escapades rythmiques dépaysantes.

Pour ce deuxième enregistrement, Tabasco est devenu quintet. Toujours à la barre du groupe fondé en 2014, le saxophoniste Robin Nicaise et les frères Réchard, Loïc à la guitare et Ivan à la contrebasse. Invité sur le premier opus, le pianiste Leonardo Montana a cette fois intégré le groupe. A leurs côtés, c’est Fred Pasqua qui, avec souplesse et dynamisme, pilote tambours, cymbales et baguettes.

« The Very Last Blues »

Couverture de l'album "The Very Last Blues" par Tabasco QuintetAprès avoir rôdé sur scène les nouveaux morceaux de son répertoire, Tabasco Quintet est entré au studio du Prado où l’album a été enregistré et mixé par Pierre Dachery, les 11 et 12 décembre 2018.

Avec une grande fluidité, les ambiances varient au fil du répertoire. Hormis le célèbre When I Grow Too Old to Dream (Sigmund Romberg et Oscar Hammerstein), les huit autres titres sont à porter au crédit de Robin Nicaise, Ivan et Loïc Réchard.

Sur « The Very Last Blues », Tabasco Quintet propose un jazz moderne à la croisée de nombreuses influences. Entre effluves de funk néo-orléanais et pointes de néo-bop, la musique capte des vents venus d’orient, des vapeurs bluesy et des souffles lyriques. Entre groove tendu et souple balancement alternent mélodies caressantes et envolées syncopées.

Ambiances de voyage

Le message est clair d’emblée, nul besoin de réfléchir, il faut y aller, Go Go Go… On se laisse porter par la sonorité ample et feutrée du ténor qui tisse la mélodie puis on navigue au gré des chorus inspirés des solistes qui se succèdent. Le voyage continue avec Mer de nuit, un rêve enivrant que saxophone et guitare développent sur un motif réitératif du piano qui confine à l’obsession. Après ces deux compositions du bassiste, le saxophoniste signe Mountain Journey. L’entente est parfaite entre le style mélodique du ténor et la fluidité expressive de la guitare.

C’est une excursion plus sportive qu’a conçue le guitariste en écrivant Trocadero. A la croisée d’un funk enchanteur et d’un jazz moderne, le morceau se densifie au fur et à mesure des interventions des solistes que la section rythmique propulse avec énergie. Il fait bon ensuite flotter En Apesanteur sur la superbe ballade écrite par le saxophoniste. On a l’impression que le temps se dilate sous le souffle évanescent du ténor. Le jeu mouvant de la guitare et la caresse des balais font s’évaporer les notes.

Le voyage continue sur un tapis volant porté par Scirocco à l’inspiration plus orientale et à la métrique complexe. Cette composition du contrebassiste inspire au piano et à la batterie des interventions animées. Sur Comète (Part II) crédité au saxophoniste, on est propulsé dans une sphère néobop où guitare et ténor s’en donnent à cœur joie sur une rythmique stimulante.

Après l’espace, on explore le temps avec une échappée libre sur les syncopes de Janvier composé par le guitariste. Un moment réjouissant entre lyrisme du ténor, jeu pointilliste du piano et envolées bensonniennes de la guitare. L’album se termine avec le célèbre When I Grow Too Old To Dream composé en 1934 par Sigmund Romberg et tant de fois repris. Sur un tempo très étiré, Tabasco Quintet en donne une version sensible où le ténor élève son chant expressif et velouté entre blues et gospel.

RV à Paris, le 25 juin 2019 au Sunside pour la sortie officielle de l’album « The Very Last Blues » du Tabasco Quintet avec Robin Nicaise (saxophone ténor), Loïc Réchard (guitare), Leo Montana (piano), Ivan Réchard (contrebasse) et Fred Pasqua (batterie).

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

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Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

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Le contrebassiste Avishai Cohen revient avec « Arvoles »

Le contrebassiste Avishai Cohen revient avec « Arvoles »

Retour aux sources de son inspiration jazz

Avec « Arvoles », le contrebassiste Avishai Cohen opère un retour aux sources de son inspiration jazz. Sur la moitié des plages de ce superbe opus, il revient au trio acoustique avec le pianiste Elchin Shirinov et le batteur Noam David. Sur les cinq autres titres de l’album, le trio est rejoint par Björn Samuelsson au trombone et Anders Hagberg à la flûte. Un opus vibrant et dynamique.

couverture de l'album Arvoles du contrebassiste Avishai CohenAprès son dernier opus « 1970 », sorti en 2017 et tourné vers la pop, le contrebassiste Avishai Cohen délaisse la voix, la basse électrique et le piano pour revenir à la contrebasse acoustique.

Sur « Arvoles » (Razsdaz Recordz/Warner Music), son dix-septième album studio sorti le 07 juin 2019, le contrebassiste propose un projet qui diffère du précédent, tant au niveau du son que des ambiances. Il retrouve le cœur de l’idiome jazz qui a fondé son identité si singulière.

« Arvoles »

« Pour moi, Arvoles est une musique nouvelle, une sorte de réflexion sur l’univers qui m’a entouré ces dernières années. On pourrait dire que ce nouvel album dévoile une autre partie de ma personnalité. Si vous écoutez les deux albums du début à la fin, vous aurez une bonne idée de l’homme, du mari et du père que je suis. » Avishai Cohen

Sur cet album dont le titre Arvoles signifie « arbres » en ladino (ancienne langue parlée par le peuple séfarade de la diaspora), le compositeur et contrebassiste Avishai Cohen se produit en trio acoustique sur la moitié des dix pistes, avec à ses côtés le pianiste azerbaïdjanais Elchin Shirinov  et le batteur Noam David, originaire de Jérusalem. Sur les cinq autres titres, le tromboniste Björn Samuelsson et le flûtiste Anders Hagberg renforcent le trio piano/contrebasse/batterie.

« Arvoles » rassemble une chanson traditionnelle (Arvoles) et neuf compositions instrumentales originales qu’Avishai Cohen a écrites au cours des dernières années et qui n’étaient pas censées se retrouver sur le même album mais qui coexistent avec bonheur. Le leader en a conçu tous les arrangements et les a enregistrées aux Nilento Studios en Suède entre le 18 Février 2019 et le 15 mars 2019.

La pochette de l’album reproduit un tableau d’Ora Cohen, la mère du contrebassiste. Les couleurs et le graphisme s’accordent tout à fait avec la teneur musicale de l’opus, nostalgique et romantique, délicat mais empreint d’une force vitale.

Sur « Arvoles », les idées se bousculent et foisonnent autour de ce qui constitue l’ADN jazz du contrebassiste Avishai Cohen. Une musique somptueuse et dynamique dont les subtiles harmonies vibrent et éclatent au fil de plages où coexistent envolées lyriques et mélodies nostalgiques.

Au fil des plages

L’album ouvre avec Simonero introduit par la contrebasse vite rejointe par le piano et la batterie puis par la flûte et le trombone. Les chants et contrechants des instruments tissent une superbe texture musicale sur laquelle le piano virevoltant brode un chorus lumineux.

Advient ensuite la délicate mélodie bucolique d’Arvoles qui donne son nom à l’album. Au rythme des caresses des balais, la contrebasse livre un chorus virtuose et poétique qui inspire un solo romantique au piano.

Le trio se retrouve sur Face Me que le piano entame par un riff énergique décliné sur un fond aux couleurs moyen-orientales. L’archet s’amuse sur les cordes de la contrebasse et développe un chorus énergique et virtuose. Le quintet entame ensuite le lyrique Gesture #2 où les deux soufflants rivalisent en contrepoint autour de la mélodie aux allures néoclassiques. La contrebasse aérienne fusionne avec le piano qui joue en décalage.

Plutôt alerte, Elchinov développe plus tard, en trio, un motif en boucle qui inspire une grande euphorie au pianiste. Exécuté en quintet, Childhood for Carmel se pare de teintes baroques. La flûte élégante devise avec le trombone plaintif alors que sur la contrebasse nostalgique alternent archet et pizzicati aux couleurs plaintives.

Le trio continue avec Gesture #1 qui pourrait s’intituler requiem pour une seule note, celle que tient le piano sur un rythme soutenu. Les solides lignes de contrebasse s’enflamment et libèrent l’espace pour un solo tendu du piano. Intitulé à juste titre Nostalgia, le morceau suivant se développe en deux mouvements. Le piano flirte d’abord avec une romantique mélancolie suivie d’un rythme latin subtil qui inspire à la contrebasse une échappée talentueuse et maîtrisée.

Le quintet revient sur New York 90’s, une composition au thème enivrant et à la pulsation rock asymétrique. Sur la mélodie du piano se superpose le souffle énergique du trombone. L’album se termine avec le quintet qui fait swinguer la belle mélodie de Wings. La contrebasse groove avec éloquence suivi d’une envolée majestueuse du piano. Évocateurs d’ambiances West-Coast, les arrangements donnent presque l’impression qu’un big band a rejoint le quintet.

Pour écouter live le contrebassiste Avishai Cohen en concert, RV le 30 juin 2019 dans le cadre de La Défense Jazz Festival puis à Jazz à Junas, dans le Gard, le 19 juillet 2019, à Marciac le 07 août 2019 et à la Cigale, à Paris, le 17 novembre 2019. ICI pour connaître l’ensemble des dates des concerts du contrebassiste Avishai Cohen.

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Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

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A la tête d’un octet rutilant qui réunit des musiciens venus de l’Espagne, de Cuba, du Venezuela et des États-Unis, le pianiste Chick Corea plonge de nouveau dans son héritage musical espagnol, latin et flamenco. Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »… une immersion vivifiante dans le jazz latin de Chick Corea.

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Clin d’œil à Doctor3 & « Canto Libero »

Clin d’œil à Doctor3 & « Canto Libero »

Du groove dans la mélancolie

Toujours innovateur en matière de jazz, le trio Doctor3 revient avec l’album « Canto Libero », consacré à la musique de Lucio Battisti, figure légendaire de la chanson italienne. Danilo Rea au piano, Enzo Pietropaoli à la contrebasse et Fabrizio Sferra à la batterie réussissent à adapter en jazz de manière innovante la teneur pop des chansons de celui qui fut une idole en Italie. Ils insufflent le groove du jazz dans les mélodies mélancoliques.

couverture de l'album Canto Libero de Dctor3Avec le jazz transalpin, les bonnes surprises vont bon train et la sortie de « Canto Libero » (Jando Music/Via Veneto) sorti le 24 mai 2019 fait partie de ces opus qui surprennent autant qu’ils enchantent.

Il est vrai que Doctor3 n’en est pas à son coup d’essai et une fois encore le talent de mélodistes et d’improvisateurs du pianiste Danilo Rea, du contrebassiste Enzo Pietropaoli et du batteur Fabrizio Sferra leur permet de livrer avec un nouvel opus qui s’avère une réussite incontestable.

Doctor3

Profondément ancré dans le jazz le plus innovateur, Doctor3 affiche depuis ses débuts une très large ouverture d’esprit en direction de toutes les musiques. Il affectionne la reprise de compositions cultes de pop, rock ou de standards de jazz qu’ils se réapproprient et transforment tout en leur conservant leur authenticité et leur originalité.

Diplômé du conservatoire de musique de Santa Cecilia à Rome, le pianiste italien Danilo Rea fait ses débuts avec Roberto Gatto et Enzo Pietrapaoli avec qui il constitue le « Trio di Roma » en 1975. Accompagnateur de grands jazzmen tels Chet Baker, Phil Woods, Steve Grossman, Aldo Romano ou Art Farmer, Danilo Rea joue aussi dans le domaine de la pop italienne pour Pino Daniele, Domenico Modugno et Gianni Morandi. A partir de 1989, il accompagne régulièrement la chanteuse Mina (Mina Anna Mazzini) pour laquelle Lucio Battisti a composé.

En 1997, Danilo Rea forme Doctor3 avec Enzo Pietrapaoli (contrebasse) et Fabrizio Sferra (batterie). Au fil de son aventure, le trio affiche sa marque de fabrique, sortir des sentiers battus, regarder en direction des autres musiques et innover tout en demeurant ancré dans son idiome.

Doctor 3 incarne ce jazz italien qui mêle avec réussite, mélodies sensibles et trésors d’improvisations.

En 2009, Doctor3 s’est séparé mais en 2014, Danilo Rea, Enzo Pietropaoli et Fabrizio Sferra se retrouvent et reprennent leur aventure avec de nouvelles idées et riche de toute l’expérience acquise individuellement. En 2014 sort l’album « Doctor3 » qui reprend entre autres tubes, Let It Be, Life on Mars, Hallelujah, Light My Fire ou How Deep Is Your Love.

« Canto Libero »

En 2019, « Canto Libero » propose un album qui reprend dix compositions de l’auteur-compositeur-interprète italien Lucio Battisti auquel Doctor3 ajoute le souffle inspiré de trois interludes de leur cru. Un voyage suspendu sur un arc en ciel d’émotions.

D’abord bercé par le piano qui ouvre l’album et chante la douce mélodie mélancolique Pensieri e parole, on se laisse ensuite surprendre par le rythme binaire que le trio impulse sur Il mio canto libero qui resplendit de riches harmonies. On craque plus tard à l’écoute de la ritournelle nostalgique de Perché no jouée sur un battement subtil des balais avant de se laisser captiver par le chorus inspiré de la contrebasse.

Après le punchy et enrocké Doctor 01, on se laisse envahir par le doute qui se dégage de Con il nastro rosa. L’ambiance change ensuite avec le tempo  funky de Il tempo di morire où le piano vagabond improvise à cœur joie. La complicité du trio est particulièrement perceptible dans ce morceau gorgé d’énergie jazz.

Après les harmonies raffinées qui soufflent sur le bucolique Emozioni, l’interlude Doctor 02 advient comme une respiration percussive qui dynamise l’écoute. On est alors prêt à apprécier le chorus énergique du piano qui enflamme la section rythmique sur 29 Settembre.

Soucieux de pourvoir aux nuances et de faire varier les climats, Doctor3 enchaîne avec Mi ritorni in mente, qui se déroule comme un rêve musical évocateur de tendres pensées poursuivies dans Fiori rosa fiori di pesco dont la métrique plus cadencée incite à l’éveil. Les notes cristallines de Doctor 03 engagent à une douce méditation avant que ne se termine la promenade dans le monde de Lucio Battisti avec Umanamente uomo : il sogno qui résonne d’un doux réalisme mais demeure paré d’une tendre poésie

Sur « Canto Libero », le trio Doctor3 réussit le challenge d’adapter en jazz les musiques de Lucio Battisti. Dynamique et sensible la musique s’écoule avec naturel, restitue l’essence des compositions originales et insuffle un souffle de groove impulsé avec une énergie maîtrisée.

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Ami de longue date des Nuits de Fourvière, le violoncelliste Vincent Segal a rêvé tenir un salon de musique à l’Odéon. Le festival a exaucé ce vœu et intégré un nouveau concept dans sa programmation… « Les Salons de Musique des Nuits ». Ainsi, le 23 juin 2019, au théâtre de l’Odéon, le public a rejoint Vincent Segal et ses invités dans son Salon de Musique. La soirée est aussi l’occasion de célébrer les 15 ans du Label Nø Førmat! Liberté et complicité ont présidé au déroulement de cette soirée à la fois intime et festive.

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Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

A la tête d’un octet rutilant qui réunit des musiciens venus de l’Espagne, de Cuba, du Venezuela et des États-Unis, le pianiste Chick Corea plonge de nouveau dans son héritage musical espagnol, latin et flamenco. Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »… une immersion vivifiante dans le jazz latin de Chick Corea.

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En trio, Philip Catherine présente « Manoir de mes Rêves »

En trio, Philip Catherine présente « Manoir de mes Rêves »

Des nuages de swing souple et sensible

Les guitares de Philip Catherine et Paulo Morello s’associent à la contrebasse de Sven Faller sur « Manoir de mes Rêves », un album délicieux et élégant. Le trio complice tisse une atmosphère teintée d’une tendre mélancolie. Virtuosité joyeuse et sensibilité lyrique se mêlent en un cocktail musical ressourçant. Limpide, la musique flotte sur de souples nuages de swing.

couverture de l'album Manoir de mes Rêves de Philip Catherine, Paulo Morello etSven FallerLes deux guitaristes Philip Catherine et Paulo Morello se connaissent depuis 2010. En 2017, ils s’associent avec le contrebassiste Sven Faller avec lequel ils s’engagent dans une collaboration complice.

Après le succès de leur tournée de 2018, ils décident de passer en studio et enregistrent un album qui porte le nom d’une de leurs compositions préférées de Django Reinhardt, « Manoir de mes Rêves » (Enja Yellow Bird/l’Autre Distribution) annoncé pour le 21 juin 2019.

Le répertoire de l’album propose des compositions du Paris des années 50 et 60 que Philip Catherine aimait quand il était un jeune mais il compte aussi des standards de jazz qu’il affectionne, deux mélodies associées à la chanteuse belge Maurane sans oublier la superbe bossa nova Recado et une version remarquable de To Philip, une composition du jeune pianiste italien Nicola Andrioli, membre du Philip Catherine quartet.

Le trio

Philip Catherine

Depuis les années 60, Philip Catherine est devenu une référence incontestable du jazz européen d’aujourd’hui. A 18 ans il tournait déjà en Europe avec le trio de Lou Bennett. Au fil des années et des collaborations menées avec Charles Mingus, Chet Baker, Stéphane Grappelli, Dexter Gordon, Larry Coryell, Tom Harrell, NHOP (pour n’en citer que quelques-uns), le guitariste belge a développé un style et une sonorité identifiables et uniques.Il a joué sur les scènes les plus prestigieuses, de la Philharmonique de Berlin au Carnegie Hall de New York, du Concertgebouw d’Amsterdam à l’Olympia et la Salle Pleyel à Paris.

Guitariste virtuose, Philip Catherine est aussi un compositeur talentueux. Il a enregistré plus de 20 albums sous son nom et collaboré avec de grands artistes de tous horizons. Sa carrière est couronnée de succès tant auprès du public que des professionnels ce qui lui a valu de recevoir le prix du « Best International Guitarist » lors des prestigieux Echo Jazz Awards 2016 à Hamburg, pour son album « The String Project – Live in Brussels » (ACT Music) sorti en sept 2015.

Paulo Morello

Très polyvalent, le guitariste allemand et aime le jazz et la musique brésilienne. En 2001, Paulo Morello s’est fait connaître en Europe et Amérique du Sud avec son projet “Bossa Nova Legends” mené avec Kim Barth (saxophone, flutes). On l’a aussi écouté aux côtés de l’organiste Jimmy Smith et de la chanteuse Roberta Gambarini, de Paul Kuhn, Ivan Lins, Airto Moreira, et des guitaristes Larry Coryell et Ulf Wakenius. Depuis de nombreuses années, avec Jermaine Landsberger (orgue, fender rhodes) et Christoph Huber (batterie), il poursuit son Trio “Hammond Eggs” qui  a invité le trompettiste Randy Brecker et les saxophonistes Bob Mintzer, Tony Lakatos et Kim Barth.

Avec son quartet qui réunit Lula Galvao (guitare), Dudu Penz (basse) & Mauro Martins (batterie), il a sorti en 2018 l’album « Sambop » (IN+OUT Records), un superbe mélange de jazz et de musique brésilienne.

Sven Faller

Entre 1994 et 2000, Sven Feller a vécu à New York, où il s’est fait connaître comme instrumentiste mais aussi comme un arrangeur et compositeur. Il a joué aux États-Unis, en Europe, à Singapour, au Mexique et au Brésil avec une variété d’artistes parmi lesquels les saxophonistes Chico Freeman, Scott Hamilton et Bobby Watson et les guitaristes Ulf Wakenius, Larry Coryell, Philip Catherine et Charlie Mariano.

« Manoir de mes rêves »

Le titre de l’album dit beaucoup de l’importance qu’a eue Django Reinhardt pour Philip Catherine mais les douze plages présentent une vision élargie des musiques qu’il affectionne et pratique.

Django, Brassens et Salvador

C’est sur un très souple tempo de bossa nova que le trio caresse tendrement Manoir de mes rêves, composé par Django Reinhardt. Les guitaristes sont complémentaires. Limpide et aérien, Philip Catherine glisse des inflexions bluesy alors que Paulo Morello se fait plus éloquent. Sur les harmonies lumineuses, le morceau distille un charme infini.

L’album ouvre avec les Amoureux des Bancs Publics, une composition de George Brassens. C’est le premier guitariste qu’a écouté Philip Catherine en 1954 et dont il a toujours apprécié les mélodies. Le trio insuffle une douce mélancolie à ce titre.

Sur l’album on retrouve deux morceaux composés par Henri Salvador qui a brièvement joué dans le groupe de Django. Les deux guitaristes s’expriment avec une légèreté sans pareille sur L’ombrelle et le Parapluie. Les phrases ciselées de Paolo Morello et les chorus en accords de Philip Catherine entretiennent un swing tout en retenue. Pas encore résonne d’une sobriété qui met en valeur la musicalité de cette composition qui flotte en souplesse et en légèreté au-dessus des cordes.

Clin d’œil à Maurane

Avec le titre de Michel Berger, Les Uns Contre Les Autres, Philip Catherine reprend sur l’album ce morceau qu’il a joué après la disparition la chanteuse belge en 2018. Tel un hommage, le titre est imprégné d’une émotion délicate et d’une chaleureuse tendresse. L’atmosphère demeure recueillie sur Enfant des Étoiles écrit pour Maurane par l’ami belge de Philip Catherine, Evert Verhees. Une plage empreinte de sobriété et de délicatesse.

To Philip, comme un songe

Composé par le pianiste Nicola Andrioli qui fait partie du quartet de Philip Catherine, To Philip représente sans doute un des points forts de l’album. Le morceau résonne comme un songe porté par la sonorité éthérée de la guitare de Philip Catherine.

Versus Jazz

Le trio adopte un tempo middle apaisant pour interpréter Insensiblement, la composition de Paul Misraki… un rien de tendresse saupoudrée par Philip Catherine et quelques pincées de lyrisme insufflé par Paulo Morello.

C’est une version mélancolique que le trio donne de Jardin d’Hiver, une composition peu connue de l’organiste Eddy Louiss, à ne pas confondre avec le titre d’Henri Salvador. Par contraste, Claudia’s Delight, composée par Paulo Morello et dédiée à sa femme, déclenche une furieuse envie de sautiller et de danser le foxtrot.

L’album se termine par les accords radieux de I’ll See You In My Dreams, cette composition d’Isham Jones que les trois complices revitalisent d’un élastique swing manouche. La mélodie est exposée par Philip Catherine et doublée en block chords par Paulo Morello.

Recado, un message ensoleillé

Avec une douce langueur ensoleillée, le trio reprend Recado, la célèbre composition du brésilien Djalma Ferreira. C’est avec le saxophoniste Barney Wilen que Philip Catherine avait découvert ce thème. Avec une maîtrise parfaite, le trio insuffle au morceau ce balanção si caractéristique qui étire et décale le tempo pour donner au final une impression de balancement élastique tout en souplesse.

Virtuoses sans jamais afficher leur technique, Philip Catherine, Paulo Morello et Sven Faller jouent dans une parfaite complémentarité. La formule de ce trio à cordes leur permet de montrer de nombreuses facettes de leur talent et leur octroie une grande liberté. Derrière une simplicité apparente, la musique de « Manoir de mes Rêves » propose des développements d’une richesse inouïe. La musique respire et procure une sensation de détente et d’apaisement.

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Ami de longue date des Nuits de Fourvière, le violoncelliste Vincent Segal a rêvé tenir un salon de musique à l’Odéon. Le festival a exaucé ce vœu et intégré un nouveau concept dans sa programmation… « Les Salons de Musique des Nuits ». Ainsi, le 23 juin 2019, au théâtre de l’Odéon, le public a rejoint Vincent Segal et ses invités dans son Salon de Musique. La soirée est aussi l’occasion de célébrer les 15 ans du Label Nø Førmat! Liberté et complicité ont présidé au déroulement de cette soirée à la fois intime et festive.

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Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

A la tête d’un octet rutilant qui réunit des musiciens venus de l’Espagne, de Cuba, du Venezuela et des États-Unis, le pianiste Chick Corea plonge de nouveau dans son héritage musical espagnol, latin et flamenco. Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »… une immersion vivifiante dans le jazz latin de Chick Corea.

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Clin d’œil à Gabriel Westphal & « Petites histoires »

Clin d’œil à Gabriel Westphal & « Petites histoires »

Histoire(s) d’un Circa’jazz étoilé

Il était une fois… les « Petites histoires », le premier album du batteur-compositeur Gabriel Westphal. Ce musicien complet a rejoint la compagnie du Cirque dans les Étoilés pour lequel il a composé et joué des morceaux lors de spectacles. Après un travail de réorchestration, il donne une vie autonome à ces « Petites histoires »… captures d’instants festifs, nostalgiques et poétiques d’un circa’jazz étoilé.

couverture de l'album Petites histoires de gabriel WestphalVibrer au rythme de l’actualité musicale demeure essentiel mais ne dispense pas porter un regard curieux sur des trésors qu’il serait dommage de rater au prétexte qu’un album serait paru en 2018.

Ce clin d’œil à « Petites histoires » (Music Box Publishing) est l’occasion de se projeter dans le monde sensible issu de l’imaginaire du compositeur et  batteur Gabriel Westphal. C’est de son expérience entamée en 2012 avec la compagnie du Cirque dans les Étoiles avec les Petites Histoires de Cirque qu’est né « Petite histoires », son premier album en tant que leader.

Gabriel Westphal

La carrière du jeune Gabriel Westphal est déjà riche de nombreuses expériences. Batteur, multi-instrumentiste, compositeur, il est aussi diplômé de Musiques Actuelles et est sorti major de la promotion 2012 du Centre des Musiques Didier Lockwood où il a étudié auprès de Benoît Sourisse, André Charlier, Jean Gobinet, Karl Jannuska, Frank Agulhon, François Laizeau, Mokhtar Samba…

Musicien complet, il a multiplié les expériences au sein de nombreux projets dans des styles très variés (jazz, rock, pop, funk, blues …). En 2012, il fonde Red Chocolate Trio où se rassemblent toutes ses influences et aussi All Mice, un projet plus jazz-pop. On le retrouve aussi avec le Wanderlust Orchestra ou Le Bal Jacquin. En 2012 il rejoint la compagnie du Cirque dans les Étoiles. Cette compagnie circassienne possède une école de cirque basée à Aubergenville et produit des spectacles en tournée. Elle évolue entre cirque et théâtre forain, jonglerie et théâtre d’objets.

De cette collaboration germe un projet très personnel qui va devenir « Petite histoires », le premier album en tant que leader de Gabriel Westpahl.

Du cirque à l’album

Le challenge était de taille… transposer en un récit musical cohérent, les pièces que Gabriel Westphal a composées et jouées avec Arthur Henn pour le Cirque dans les Étoiles. Au final, le pari est réussi, l’album est un enchantement.

A la suite d’un travail de réarrangement, le jeune compositeur est parvenu à développer des textures sonores singulières et sensibles. Pour les parties de contrebasse et de mandoline, Gabriel Westphal a fait appel à Arthur Henn, son compagnon de spectacles. Antoine Laudière (guitares, banjo) et Eric Allard-Jacquin (accordéon) les ont rejoints. Le leader a enregistré lui-même les autres instruments (batterie, percussions et instruments additionnels).

« Petites histoires » …

Au fil des dix-huit titres de l’album, on s’évade dans un univers singulier qui flirte entre jazz, musique manouche, chansons de naguère et rêveries poétiques. Teintées de mélancolie mais néanmoins porteuses de l’esprit de la fête, ces petites histoires musicales projettent des ambiances imaginaires et évoquent un monde riche en sensations et en émotions subtiles. Images de cirque d’une enfance révolue, souvenirs de musique des films italiens patrimoniaux de Nino Rota ou Ennio Morricone, pas de danses esquissées sur la piste des cabarets d’antan.

Musiques d’ici et d’ailleurs

Échos de musiques de l’Europe de l’Est sur Les doigts du rabbin, tempo médium swing et mélodie bluesy de Boulinette, réminiscence de jazz manouche sur l’ébouriffant Wake Up.

Sur les ailes de la mélodie

On ne se lasse pas d’écouter Petites histoires, cette simple et belle mélodie où l’accordéon radieux s’envole sur un tempo blue grass joué au banjo et à la contrebasse.

Et si l’on dansait ?

On se prend à danser le cha-cha-cha et à clopiner au sons des claves de Montagne russe, on esquisse un pas de tango sur un Tour de piste, superbe ballade peu orthodoxe où accordéon et mandoline se marient et où l’esprit de Piazzola affleure sous la mélodie légère. On se laisse entraîner au rythme du mélancolique Strange Stuff qui hésite entre boléro et rumba, sans oublier de valser à en perdre haleine sur cette Moulinette où l’accordéon regarde du côté de Rota puis d’Azzola à moins que l’on ne préfère chalouper sur Valseuse, une java-valse coquine où accordéon, mandoline et banjo croisent leurs notes.

Promenade au pays du rêve et de la magie

On déambule les mains dans les poches sur Petit à petit puis on continue la promenade sur le swinguant Pile ou face. Vient ensuite le temps de rêver sur Tintin, d’imaginer un spectacle de magie en écoutant Mr vp ou de vivre un tour de prestidigitation avec Le fakir, composition insolite et intrigante.

Cinéma et conte d’antan

Welcome résonne de la nostalgie d’un voyage dans les studios du cinéma de Fellini alors que sur Tom Pouce, le banjo résonne de la nostalgie des ambiances chères à Ennio Morricone. La petite fille aux allumettes ravive les couleurs émouvantes de l’orgue de barbarie qui résonnait dans les ruelles enneigées des contes d’antan.

Construit avec équilibre par Gabriel Westphal, l’assemblage des tableaux de « Petites histoires » fait varier les ambiances qui s’enchaînent avec beaucoup de fluidité. Le sourire aux lèvres et des étoiles plein les yeux, on se laisse porter au fil des dix-huit pistes de l’opus sans jamais s’ennuyer.

 
Après avoir écouté l’album, RV avec le Cirque dans les Étoiles pour deux représentations exceptionnelles de « Petites histoires de cirque »  à Aubergenville les 23 et 25 juin 2019.
Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Ami de longue date des Nuits de Fourvière, le violoncelliste Vincent Segal a rêvé tenir un salon de musique à l’Odéon. Le festival a exaucé ce vœu et intégré un nouveau concept dans sa programmation… « Les Salons de Musique des Nuits ». Ainsi, le 23 juin 2019, au théâtre de l’Odéon, le public a rejoint Vincent Segal et ses invités dans son Salon de Musique. La soirée est aussi l’occasion de célébrer les 15 ans du Label Nø Førmat! Liberté et complicité ont présidé au déroulement de cette soirée à la fois intime et festive.

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Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

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Echo#2-Nuits de Fourvière 2019

Echo#2-Nuits de Fourvière 2019

Les Plutériens

En 2019, la collaboration se poursuit entre les Nuits de Fourvière et le Théâtre de la Renaissance d’Oullins avec la création d’un opéra-poème d’anticipation, « Les Plutériens ». Le 13 juin 2019, pour la première de cet opéra-poème d’anticipation, les gradins de la grande salle sont remplis. Installé dans la fusée avec les musiciens de l’ARFI, le chœur Spirito, Thérémine, Vélimir et Cantos pour une odyssée opératique en 3 actes, le public a vécu cette aventure avec un plaisir évident. De copieux applaudissements ont salué la réussite de ce projet ambitieux et réussi.

Cet Echo#2-Nuits de Fourvière 2019 revient sur la première représentation de l’opéra en trois actes pour orchestre, trois personnages principaux et chœur créé le 13 juin 2019 dans la grande salle du Théâtre de la Renaissance de la ville d’Oullins (69).

Sur un scénario digne d’une BD d’anticipation ou d’une fiction série B, va se nouer un drame surréaliste en trois actes. Dirigée par la capitaine, Thérémine, une fusée conduite par le pilote Vélimir décolle de la Terre pour échapper à une catastrophe. L’équipage est constitué des onze musiciens de la Marmite Infernale de l’ARFI et les huit choristes de Spirito.. En plus des humains, la navette intersidérale compte aussi un  ordinateur quantique du nom de Cantos. Ainsi se profile l’aventure de ces terriens voués à devenir « Les Plutériens ».

En quarante ans, la bande des musiciens de la planète Arfi ont déjà intégré jazz, ciné-concert et théâtre musical dans la marmite de leur Folklore Imaginaire. Avec « Les Plutériens », la Marmite Infernale (grand orchestre de l’ARFI) ajoute la forme « opéra » à ses références. Si cet opéra-poème d’anticipation conserve la structure classique de l’opéra, il n’en reste pas moins que l’ADN de l’ARFI demeure inchangé. L’écriture musicale collective et la forme de l’œuvre s’inscrivent dans l’identité profonde des arfiens (ou arfistes au choix )

Sur un livret original de Charles Pennequin et avec une mise en scène de Guillaume Bailliart, l’ARFI a monté avec l’ensemble Spirito un opéra qui flirte avec jazz, du rock, musique contemporaine et improvisation. En trois actes, les musiciens, le chœur et les trois personnages principaux narrent une odyssée intergalacticosidérale sidérante dont la trame narrative convoque chez le spectateur des flashes de souvenirs qui regardent en direction de Kubrick via l’ordinateur quantique Cantos,.

Acte I

Dans la Marmite Cosmique alternent moments de tension et d’apaisement entre les pensées et les interrogations des humains et les circuits saturés de l’ordi. Mots et notes se croisent et interagissent. A la musique d’un big band jazz libéré, la partition intègre bruitisme et explosions. Les paroles jaillissent, sont remâchées, ressassées, mélangées, renversées, déversées de manière plutôt obsessionnelle mais pas forcément toujours captés d’emblée par tous les passagers de la salle qui se laissent pourtant pénétrer par le discours et porter par l’histoire.

Acte II

Quand survient l’Amour, l’épopée sidérale se complique. Tout se mélange, pensées et pulsions, ode gouroutique et fitness quantique menés par Cantos et soutenus par les percussions alors que le chœur/équipage vêtu de combinaisons bleues et de casques sombres danse dos à la salle. Tel un orgasme musical, la musique enfle alors que les corps de Thérémine et Vélimir exultent dans le module de jonction.

Sur scène, dans la cabine, les arfiens en combinaison orange décompressent au cours d’un épisode où tous se souviennent des bouillabaisses, pizzas et autres souvenirs de mets terrestres pour mieux oublier les rations si peu appétissantes qui leur sont proposées. Les « blagues de vieux » fusent en même temps que rires et exclamations joyeuses. Après un freetime délirant des musiciens et du chœur, le drame se profile avec le retour des deux personnages principaux.

Acte III

Les années ont passé. Après l’amour vient le temps de l’Émancipation. Perruques et casques tombent, tout se délite. Thérémine prend une décision radicale et abat Vélimir d’une balle dont on suit la course au ralenti (…!). Après un requiem joué par violon et contrebasse autour du pilote que veille Thérémine, le corps du défunt s’en va dans l’espace (des escaliers) où il chante.

Advient alors le triomphe de Cantos qui prend la parole et part dans un délire épique. Pour finir l’ordinateur choisit d’avoir « chaud à en crever »… la marmite intersidérale pénètre le soleil. Les Plutériens finissent poussières d’étoiles alors que plus loin dans l’espace, Thérémine observe cette fin fatale, bouteilles d’oxygène sur le dos.

Sur scène, portée par les voix et les instruments, l’univers devient marmite infernale au son d’une musique qui prend aux accents évocateurs des ambiances de Magma.

Ainsi se termine une belle journée … pour la pensée et malgré la vermine ! Quid de la vie ? La question reste posée après le spectacle au déroulement très fluide et maîtrisé par l’ensemble des acteurs/chanteurs/musiciens.

Au terme de trois années de travail, l’opéra-poème d’anticipation « Les Plutériens » a reçu un accueil chaleureux, soutenu et bien mérité de la part des spectateurs qui n’ont pas boudé leur plaisir. Certes, le spectacle ne laisse pas indifférent et le public ne ressort pas indemne de ce voyage intergalactico-musical. A la sortie de la salle l’on se demande si l’on est toujours terrien ou devenu plutérien. Dans les couloirs puis dans la rue la question demeure en suspens. L’un.e fait choix de se taire, l’autre erre ou bien se terre. De facto, on est devenu plus-que-terrien et ça, ce n’est pas rien, c’est de toute manière plus que rien et l’on n’en dira rien de plus.

Pour savoir en quoi l’aventure des Plutériens peut contribuer à augmenter la vison du terrien, une solution existe… courir à Oullins au Théâtre de la Renaissance pour les deux autres représentations à venir de cet opéra, les 14 et 15 juin 2019 dans le cadre des Nuits de Fourvière 2019.

 
Thérémine / Marie Nachury - Vélimir / Antoine Läng - Cantos / rôle partagé :Xavier Garcia, Martin Barré, Elvire Tapie, Coline Galeazzi                     

La Marmite Infernale (Grand orchestre Arfi) : Michel Boiton (batterie, percussions), Jean Bolcato (contrebasse), Olivier Bost (trombone, guitare), Clémence Cognet (violon), Xavier Garcia (sampler, traitements, laptop), Christophe Gauvert (contrebasse, basse electrique), Clément Gibert (sax alto, clarinettes), Christophe Girard (accordéon), Guillaume Grenard (trompette, tuba), Christian Rollet (batterie, percussions), Guy Villerd (saxophone)

Spirito : Camille Grimaud, Nathalie Morazin (sopranos) Caroline Adoumbou, Landy Andriamboavonjy, Isabelle Deproit, Célia Heulle, Hélène Peronnet, Laura Tejeda-Martin (altos)

Guillaume Bailliart : mise en scène - Romain Nicolas & Christian Rollet : dramaturgie - Gaspard Gauthier : lumières : Thierry Cousin : son –  Martin Barré : régie générale Elvire Tapie : plateau  - Coline Galeazzi : costumes - Charles Pennequin : livret - Nicole Corti : préparation du chœur

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Ami de longue date des Nuits de Fourvière, le violoncelliste Vincent Segal a rêvé tenir un salon de musique à l’Odéon. Le festival a exaucé ce vœu et intégré un nouveau concept dans sa programmation… « Les Salons de Musique des Nuits ». Ainsi, le 23 juin 2019, au théâtre de l’Odéon, le public a rejoint Vincent Segal et ses invités dans son Salon de Musique. La soirée est aussi l’occasion de célébrer les 15 ans du Label Nø Førmat! Liberté et complicité ont présidé au déroulement de cette soirée à la fois intime et festive.

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Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

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Echo#1-Nuits de Fourvière 2019

Echo#1-Nuits de Fourvière 2019

Sarah Lenka - Biréli Lagrène

L’affiche du 12 juin 2019 des Nuits de Fourvière promet du jazz. Après la chanteuse Sarah Lenka, Biréli Lagène est de retour à Fourvière. En trio avec le contrebassiste Chris Minh Doky et le percussionniste Mino Cinélu, le guitariste produit un concert enchanteur qui déclenche l’enthousiasme d’un public conquis.

Cet Echo#1-Nuits de Fourvière 2019 revient sur cette soirée du 12 juin 2019.

Les spectateurs venus nombreux au théâtre de l’Odéon se réjouissent du temps clément qui se profile. Dans le ciel quelques nuages gris s’effilochent, le soleil brille sur la ville de Lyon, la lune est déjà dans le ciel… place au jazz !

Sara Lenkah

Pour sa première venue au festival des Nuits de Fourvière, la chanteuse française défend et présente quelques titres de son dernier opus, « Women’s Legacy » dont le répertoire rend hommage aux femmes esclaves afro-américaines des prisons agricoles des États-Unis.

Après un précédent album consacré à Bessie Smith, Sarah Lenka tente cette fois de se réapproprier l’héritage complexe et douloureux de ces femmes dont les droits étaient bafoués.

Pour se faire, elle se présente en quintet avec à ses côtés le guitariste Taofik Farah, le contrebassiste Géraud Portal, le batteur Yoann Serra et aux claviers Cong Minh Pham. De sa voix singulière, nasillarde et éraillée, Sarah Lenka propose un set aux teintes folk-country-blues. Après le chant de résistance Ain’t Gonna Let Nobody-Turn Me Around qui s’élève comme prière sur un tempo très lent, elle enchaîne avec Be So Blind puis Last Kind Word. Son chant enfle, se fait plus intense et confine au cri sur Trouble So Hard qu’avait interprété en son temps Vera Hall.

Sur le chant de travail Black Betty, la batterie martèle une pulsation qui laisse percevoir la charge physique et mentale qui pesait sur ces femmes opprimées par l’esclavage. Le set se termine avec Riding in a Buggy qu’avait aussi chanté Vera Hall.

Dans un tel contexte mémoriel, on était en droit d’attendre un set empreint de profondeur et de mélancolie. Il n’en fut rien. En effet Sarah Lenka a certes chanté avec grande conviction mais elle a surtout consacré beaucoup d’énergie pour conquérir et soulever le public de Fourvière. Un morceau supplémentaire aurait été préférable à ses harangues engageant le public à « f….. le bordel » et à allumer les lampes des téléphones pour « se souvenir de ces femmes qui se sont battues ».

Biréli Lagrène

Pour le deuxième concert de présentation de son album « Storyteller », le guitariste Biréli Lagrène arrive sur scène le sourire aux lèvres accompagné du percussionniste Mino Cinelu, présent sur le disque et du solide et inventif contrebassiste new-yorkais Chris Minh Doky.

Le set débute de fort belle manière avec One Take suivi de Wave pris sur un tempo rapide et souple. La sonorité acoustique très claire de la guitare est soutenue par les percussions exubérantes et la solide contrebasse. Une grande complicité se dégage du trio dont les échanges se déroulent avec beaucoup de fluidité.

Derrière une désinvolture affichée, Biréli Lagrène développe des fulgurances éblouissantes qui éclatent de mille feux et déclenchent des applaudissements spontanés sur les gradins. Le guitariste dit son plaisir retrouver Fourvière après sa dernière venue en 2010 et exprime avec simplicité combien « le public a besoin de bonne musique et les musiciens d’un bon public » et affirme fort justement que « ce soir l’harmonie est présente ».

Biréli Lagrène se montre à son meilleur niveau. On ne se lasse pas de la virtuosité qu’il développe avec une joyeuse énergie mais sans esbroufe. Dans son jeu alternent lyrisme, délicatesse et élégance. Il utilise les pédales d’effets pour faire varier les ambiances et stimuler l’inventivité de ses compagnons de scène. Mino Cinelu alterne entre batterie et percussions sur lesquelles il s’exprime avec un enthousiasme non feint. Il s’amuse comme un fou, donne de la voix sur Storyteller où son chant semble convoquer les esprits de ses ancêtres. Il parvient presqu’à déclencher le souffle de la tempête sur le cajon…

Après une version samba du standard jazz On The Green Dolphin Street, le trio propose Freedom Jazz Dance qui se teinte d’électricité et évoque des ambiances redevables à un certain Miles Davis avec lequel Mino Cinelu a joué. Les spectateurs délaissent les gradins et gagnent le proscénium pour se rapprocher des musiciens. Le concert se termine en beauté avec le légendaire Sunny de Bobby Hebb tant de fois repris (Stevie Wonder, Franck Sinatra, Wes Montgomery, George Benson, …).

Biréli Lagrène, Mino Cinelu et Chris Minh Doky ont embarqué la musique et le public dans un concert enchanteur dont même les étoiles ont pu profiter. Le guitariste ne se contente pas d’être un virtuose, il continue à réinventer son jeu toujours riche de nuances et de surprises.

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

Ami de longue date des Nuits de Fourvière, le violoncelliste Vincent Segal a rêvé tenir un salon de musique à l’Odéon. Le festival a exaucé ce vœu et intégré un nouveau concept dans sa programmation… « Les Salons de Musique des Nuits ». Ainsi, le 23 juin 2019, au théâtre de l’Odéon, le public a rejoint Vincent Segal et ses invités dans son Salon de Musique. La soirée est aussi l’occasion de célébrer les 15 ans du Label Nø Førmat! Liberté et complicité ont présidé au déroulement de cette soirée à la fois intime et festive.

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Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

A la tête d’un octet rutilant qui réunit des musiciens venus de l’Espagne, de Cuba, du Venezuela et des États-Unis, le pianiste Chick Corea plonge de nouveau dans son héritage musical espagnol, latin et flamenco. Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »… une immersion vivifiante dans le jazz latin de Chick Corea.

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Luca Aquino dévoile « Italian Songbook »

Luca Aquino dévoile « Italian Songbook »

La musique navigue entre intimité et lyrisme

Le trompettiste italien Luca Aquino revient avec « Italian Songbook ». Il dédie son nouveau projet aux standards de la musique italienne. Le répertoire de l’album explore musiques de film, grandes chansons de cantautori et fait un détour du côté de Chet Baker. Avec le pianiste Danilo Rea, l’accordéoniste Natalino Marchetti et Orchestra Filarmonica di Benevento, la musique navigue entre intimité et lyrisme.

Après « OverDOORS  » sorti en 2015 en hommage au groupe The Doors, Luca Aquino est retourné en studio avec un nouveau projet dédié à la musique italienne. Annoncé pour le 14 juin, l’album « Italian Songbook » (ACT/PIAS) restitue l’amour du leader pour les standards de son pays.

Luca Aquino

Reconnu pour ses projets innovants et le son unique de son instrument, Luca Aquino est l’un des plus talentueux joueurs de trompette italiens contemporains.

Né à Bénévent, dans le sud de l’Italie, il s’est formé à la trompette en autodidacte à partir de l’âge de dix-neuf ans. Après un premier album sorti en 2007 chez Universal Music en tant que leader, “Sopra Le Nuvole”, il enregistre un an plus tard “Lunaria” avec Roy Hargrove et Maria Pia De Vito en tant qu’invités, et remporte le prix “Top Jazz” décerné par le magazine italien Musica Jazz. Il grave ensuite des projets variés, « Amam  » (2009) puis « TSC », « Icaro Solo » (2010) avec solo de trompette et musique électronique.

Luca Aquino entreprend ensuite de nombreuses collaborations avec des musiciens et des artistes parmi lesquels on peut noter Mimmo Paladino, Manu Katché ou Carmine Ioanna avec lequel il enregistre « aQustico » (2013) chez Tuk Music. En 2015, le trompettiste sort son septième album en tant que leader, « OverDOORS », un hommage personnel à son groupe préféré, The Doors. 2016 est l’année de la production et de la commercialisation de la trompette signée “Aquino”, fabriquée à la main par l’artisan hollandais Hub Van Laar, sur la base de son style musical.

Le trompettiste Luca Aquino

Luca Aquino©Andrea Boccalini

Luca Aquino fait figure d’explorateur sonique innovant. Son dernier projet monumental de 2015 a été l’enregistrement d’un album sur le site archéologique de Pétra, en Jordanie, en collaboration avec l’Orchestre National Jordanien.

Pourtant le destin a changé le cours de la vie de Luca Aquino. En effet, alors qu’il s’apprêtait à aller sur un « Jazz-vélo-Tour » durant l’été 2017, il a contracté une paralysie soudaine et aiguë du nerf facial (paralysie de Bell) qui l’a empêché de toucher la trompette durant plus d’un an avant de relancer sa carrière. Le musicien a profité de cette période pour concevoir son projet « Italian Songbook », un opus très personnel en hommage à la musique traditionnelle et aux chansons populaires de son pays natal.

Standards de la musique italienne

Les douze titres de l’album « Italian Songbook » explorent un répertoire très large, depuis de légendaires musiques de film écrites par Ennio Morricone et Nino Rota jusqu’aux grandes chansons de cantautori, (chanteurs italiens) comme Luigi Tenco, Lucio Dalla et Fabrizio De André. Le leader étend même sa recherche en direction de pionniers de la musique italienne largement oubliés tels que Mario Pasquale Costa et Gorni Kramer. Il invite aussi un titre de Chet Baker, ce trompettiste qui lui est si cher.

Les musiciens

Enregistré en mars 2019 entre Rome, Naples et Turin, l’album restitue une musique qui navigue entre l’intimité de petites formations et l’opulence d’un accompagnement orchestral.

Ainsi, cette dichotomie contribue elle aussi à la singularité de cet « Italian Songbook ». L’opus propose donc une superbe alternance avec d’une part, huit titres empreints de douceur et de tendresse que Luca Aquino interprète soit en duo avec l’accordéoniste Natalino Marchetti, soit en trio quand le  pianiste Danilo Rea les rejoint. Le trompettiste se produit aussi en trio avec le guitariste Rino De Patre et le pianiste Fabio Giachino.

Parmi ces morceaux plutôt intimistes, l’album intercale quatre autres plages enregistrées avec le somptueux Orchestra Filarmonica di Benevento dirigé par Giovanni Francesca avec Fabio Giachino (piano, claviers), Rino De Patre (guitare) et Ruben Bellavia (batterie).

« Italian Songbook »

En duo

couverture de l'album Italian Songbook de Luca AquinoL’album ouvre et se termine avec deux titres interprétés en duo par Luca Aquino avec l’accordéoniste Natalino Marchetti. D’abord un premier hommage à Ennio Morricone avec la somptueuse mélodie de Deborah’s Theme du film « Il était une fois l »Amérique » de Sergio Leone que le bugle développe avec douceur et émotion. Pour finir, le duo rend hommage à Nino Rota et offre une version très simple et très expressive de la Strada.

En trio

  • Avec accordéon et piano, Luca Aquino offre une version lyrique de Scalinatella, la romance du compositeur napolitain Guiseppe Cioffi. Plus loin, soutenue par l’arrangement lumineux de ses deux compères, la trompette atmosphérique chante littéralement Caruso de Lucio Dalla. Les trois complices distillent ensuite avec douceur et sérénité, Un giorno dopo l’altro, la chanson de Luigi Tenco qui évoque la « fuite du temps ». La sonorité plaintive de la trompette se marie à merveille avec le contrechant de l’accordéon. Le trio parvient plus tard à faire valser Era de Mario Pasquale Costa et la trompette teinte la chanson napolitaine d’inflexions évoquant la saudade du fado. Pour finir, le même trio pare Anema e core d’une douce poésie qui touche vraiment l’âme et le cœur.
  • Avec guitare et piano, le trompettiste propose une version facétieuse de Pippo non lo sa de Gorni Kramer. Cette pièce écrite à l’origine pour traiter de la censure du régime fasciste, adopte ici un propos jazzy très virtuose et plein d’humour.

Avec l’Orchestra Filarmonica di Benevento

Sur quatre titres l’orchestre philharmonique est aux côtés de Luca Aquino. Sur La canzone dell’amore perduto, la trompette aérienne insuffle une brillance dramatique à la chanson de Fabrizio de André. Plus loin, la chanson d’amour Storia d’amore d’Adriano Celentano est ressourcée par l’orchestre philharmonique qui magnifie la trompette avec sourdine du leader.

L’orchestre ré-harmonise ensuite Almeno tu nell’ universo de Maurizio Fabrizio mettant en relief la sonorité nostalgique de la trompette rejointe par les claviers étranges. Enfin, c’est au trombone à pistons que Luca Aquino interprète So che ti perdero composé en 1962 par Chet Baker sous le titre I know i will lose you. On se souvient que le titre fut dirigé et arrangé par Ennio Morricone. La mélodie soufflée par le trombone se fait voluptueuse alors que le piano virtuose virevolte comme un papillon sur les volumes orchestraux somptueux.

Chaque note de cet « Italian Songbook » témoigne de la dévotion que Luca Aquino voue à son héritage musical. Le trompettiste parvient à faire ressortir la beauté de ces mélodies bien connues qui s’imprègnent de douceur et d’émotion. Un hommage émouvant à la musique italienne qu’il plait à écouter du plus tendre matin jusqu’au bout de la nuit la plus longue

Echo#3-Nuits de Fourvière 2019

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