Sur « Two Roses », le contrebassiste Avishai Cohen livre un nouvel album. Entouré de son trio jazz et de l’Orchestre Symphonique de Göteborg dirigé par Alexander Hanson, le musicien fusionne jazz et musique symphonique. La puissance orchestrale enrichit la palette de couleurs de ses compositions. Tel un citoyen du monde, le leader réalise avec ce disque le projet d’une vie et célèbre celle qu’il envisage comme sa véritable patrie, la Musique.
« Ancestral Memories » par Baptiste Trotignon et Yosvany Terry
Un jazz contemporain issu de la tradition
Baptiste Trotignon et Yosvany Terry présentent « Ancestral Memories ». Née du partage des cultures de ces deux musiciens, cette création inédite propose une musique irriguée des traditions musicales des deux artistes. Un jazz du XXIème siècle qui combine rythme et énergie, tradition et modernité.
Annoncé pour le 02 juin 2017, l’album « Ancestral Memories » (OKeh /Sony) est riche des métissages issus des traditions
musicales de chacun des deux artistes. Celles qui ont émergé de la diaspora africaine aux États-Unis, à Cuba et dans les anciennes colonies françaises. Les deux musiciens ont capturé l’âme d’un riche héritage musical.
Ainsi l’album est irrigué des rythmes, mélodies et harmonies de la Caraïbe, de la Nouvelle-Orléans, de la Louisiane Française, de la Réunion mais aussi de Haïti (dont est issue la grand-mère du saxophoniste) et de Cuba, son île natale.
Portés par une section rythmique solide et soudée, Baptiste et Trotignon et Yosvany Terry s’expriment en toute liberté et croisent leurs idiomes avec bonheur sur « Ancestral Memories ». Le répertoire du projet s’inscrit certes dans une dynamique de métissage musical mais privilégie la forme d’un jazz énergique et sensible. Irrigué des coutumes et des mémoires des musiques traditionnelles propres aux deux leaders, l’album séduit par sa cohésion et sa tonalité moderne.
Aux côtés du pianiste Baptiste Trotignon et du saxophoniste/percussionniste Yosvany Terry une mise en place rythmique précise est assurée par une paire rythmique soudée composée du bassiste Yunior Terry, frère du saxophoniste et de l’incomparable Jeff « Tain » Watts à la batterie.
On est peu surpris de l’engagement de Baptiste Trotignon dans ce nouveau projet inédit où il a collaboré avec Yosvany Terry à l’élaboration d’un programme musical unique soutenu et subventionné dans le cadre d’un programme d’échange de jazz franco-américain.
En effet, on connaît le pianiste français pour être adepte des rencontres inédites car outre sa carrière en solo et les groupes avec lesquels il a enregistré, Baptiste Trotignon affectionne depuis longtemps les rencontres inédites et multiplie les collaborations musicales scéniques ou discographiques diverses et toujours réussies. Concerts en duo avec Tom Harrell, Brad Mehldau, Nicholas Angelich, Alexandre Tharaud, Mark Turnerou Christophe Miossec. Sans oublier son implication dans la musique de chambre. Enregistrements en duo avec Mark Turner et plus récemment avec Minino Garay pour « Chimichurri » son premier album chez Okeh.
Saxophoniste, percussionniste et compositeur, le Cubain Yosvany Terry vit à New-York depuis 1999. Après avoir étudié la musique classique à la Havane à la prestigieuse école nationale des Arts et au Conservatoire Amadeo Roldan, Yosvany Terry a travaillé ensuite avec les pianistes Chucho Valdes et Frank Emilio avant de continuer ses études de musique à New-York où il a étudié composition, orchestration et contrepoint. Dès son arrivée à New-York, il a été très bien accueilli dans le milieu du jazz et de la musique contemporaine. Il a eu l’occasion de jouer avec avec Brandford Marsalis, Dave Douglas, Steve Coleman, Roy Hargrove, Jeff « Tain » Watts et Gonzalo Rubalcaba. Il se produit aujourd’hui en leader à la tête de son quintet.
Les deux musiciens, Yosvani Terry et Baptiste Trotignon se sont engagés ensemble pour intégrer leurs traditions musicales ancestrales respectives dans un quartet de jazz actuel. Il en résulte un album inspiré. Le répertoire témoigne d’une grande cohésion d’ensemble. Les dix titres de l’album proposent des climats aux rythmiques et aux tonalités changeantes.
Tempo effréné de Erzulie où l’alto s’envole et le piano exulte dans un chorus tonique. Légèreté d’un Minuet Minute sautillant soutenu par une section rythmique exceptionnelle. Rythme chaloupé sur The French Quarter qui swingue mais affiche une modernité certaine. La composition Ancestral Memories, signée par Yosvany Terry, affiche un climat tourné vers un jazz résolument contemporain où brillent les fulgurances inspirées du saxophoniste.
Bohemian Kids et Hymn, les deux ballades de l’album, permettent aux solistes de s’exprimer avec une grande sensibilité. Sur le premier titre on peut apprécier la légèreté du toucher du pianiste et le son pur du soprano qui s’élève avec grâce. Sur le second morceau, empreint de romantisme, le propos est plus serein et éthéré. Composé par Baptiste Trotignon, Basta la Beguine fleure bon les rythmes des Caraïbes. Le pianiste brille par son phrasé fluide et inventif.
« Ancestral Memories ». Baptiste Trotignon et Yosvany Terry évoquent la puissance du métissage et portent un regard inédit sur le mélange des cultures passées. Après avoir approfondi les musiques traditionnelles de leurs culturelles ancestrales, ils les transposent au XXIème siècle. Comme s’ils se servaient du passé pour aller plus loin, créer une nouvelle musique et la projeter vers demain.
L’été est l’occasion d’écouter live le répertoire de l’album « Ancestral Memories » et de voir le groupe en tournée. Rendez-vous avec Baptiste Trotignon, Yosvany Terry, Yunior Terry et Jeff « Tain » Watts, le 28 juillet 2017 dans le cadre de « Jazz à Vannes », du 01 au 03 août 2017 au Duc des Lombards à Paris et le 04 août 2017 au festival « Jazz in Marciac ».
Avishai Cohen dévoile « Two Roses »
Francesco Geminiani signe « Red Sky, Blue Water »
Le saxophoniste ténor et compositeur Francesco Geminiani signe « Red Sky, Blue Water ». Le musicien a composé un répertoire original très dynamique qu’il présente avec un ensemble de musiciens talentueux de la scène jazz internationale. Le répertoire restitue les rythmes de la vie urbaine. Neuf tableaux musicaux aux couleurs lyriques et sensibles.
Thierry Péala et Verioca Lherm célèbrent Tania Maria
Pour leur premier album en duo, Thierry Péala et Verioca Lherm revisitent avec brio l’œuvre de la grande pianiste, compositrice et chanteuse Tania Maria. Sur « a Tania Maria Journey », les deux complices font respirer les musiques qu’ils ornent de délicatesse et interprètent avec une ferveur perceptible. Avec grand naturel, ils signent une performance tout à fait réussie. Un disque festif et pétillant où les improvisations ont la part belle !
Comme on a déjà eu l’occasion de l’écrire dans la présentation de la 

et deux autres vocales. Abd Al Malik et Mina Agossi en sont les interprètes. On note avec intérêt cette initiative dont le pianiste fait preuve à quatre-vingt-six ans en introduisant un texte sur sa musique et en collaborant avec deux « voix » atypiques et deux personnalités fortes de la scène française. Cette relative audace artistique apparaît comme le symbole d’un d’esprit ouvert et témoigne d’une jeunesse certaine.
Après une première collaboration avec le Trio Brasileiro sur le disque « Alegria Casa » enregistré en 2015, qui présentait la combinaison de choros traditionnels et de pièces originales, Anat Cohen sort « Rosa Dos Ventos ». Cet opus est une nouvelle étape fascinante dans l’évolution de l’association entre le trio et la clarinettiste. L’album propose uniquement des compositions originales écrites par les membres du Trio Brasileiro et par Anat Cohen.
L’album « Outra Coisa » réunit la clarinettiste Anat Cohen & le guitariste Marcello Gonçalves autour d’un répertoire exclusivement composé des titres du grand compositeur et arrangeur brésilien Moacir Santos (1923-2006). Cet album est vraiment une toute autre chose que « Rosa Dos Ventos » évoqué précédemment. Tout diffère, les sonorités, les rythmes mais on retrouve bien sûr la virtuosité et la sonorité profonde et lumineuse de la clarinettiste qui imprègnee mélancolie la texture musicale de l’album.
Le 02 mai 2017, les Nuits de Fourvière organisent une rencontre et un showcase de Titi Robin à la librairie
Loin des musiques « dominantes anglo-saxonnes » (commercialement parlant) que sont le blues, le rock et le jazz et bien avant que n’existe le courant de la World Music et de ses aléas commerciaux, Titi Robin a forgé son propre langage auprès des communautés gitanes et orientales, mêlées à son environnement. Son approche musicale s’inspire de ces musiques traditionnelles orientales. Il joue « avec eux sans les imiter ». Titi Robin déclare que « les musique orientales, celle qui partent du sud de l’Europe, englobent la méditerranée et vont jusqu’au nord de l’Inde ont des lignes de force liées à l’histoire, avec des échanges au niveau de la musique mais aussi de la poésie, de la philosophie. Même si cela ne correspond pas aujourd’hui à une réalité géopolitique, pour moi le bassin méditerranéen, les Balkans et à travers l’Asie centrale jusqu’au Nord de l’Inde, aujourd’hui je trouve toujours des musiciens qui comprennent ma façon de jouer dans ces lieux-là. Même si les musiques sont différentes, on a une même logique de langage, ce qui n’est pas le cas avec le courant anglo-saxon, ce pour des raisons musicologiques. En effet, ma musique est plus modale alors que le jazz et le rock sont des musiques harmoniques ». Pour lui « un langage n’est jamais séparé d’une certaine philosophie, d’une manière de voir le monde et celle de ces musiques, me correspondent ».
A Fourvière le 05 juillet, « Rebel Diwana » est un jalon important dans le parcours de Titi Robin qui déclare : « Tazeri », mon dernier disque est le vingtième. Vingt albums, cela constitue une œuvre cohérente et je pense avoir exprimé ce que j’ai voulu dire. Il y a sans doute encore des malentendus mais aujourd’hui je peux aller plus loin. Sans faire de concession par rapport à mon langage je peux utiliser des instruments qui font partie de la musique dominante. Ainsi je prends une guitare électrique, je profite à plein du volume, de sa rugosité, des effets de distorsion, de l’épaisseur, du grain mais j’utilise les mêmes modes pour mes impros. »