Comme l’année précédente, le palmarès des Victoires du jazz 2020 a été dévoilé sur la page Facebook des Victoires du Jazz… 6 catégories, 11 lauréats avec nombreux ex æquo et une Victoire d’Honneur pour L’Orchestre National de Jazz dirigé par Frédéric Maurin. Cette année, en raison de l’épidémie de Covid, pas de cérémonie mais un documentaire de présentation des lauréats à venir le 24 octobre 2020 dans Passage des Arts, sur France 5 à 22h30.
Clin d’œil au Caratini Jazz Ensemble & « Instants d’Orchestre »
Dix instants, miroir de vingt ans de musique
Pour son vingtième anniversaire le Caratini Jazz Ensemble publie un nouvel album « Instants d’orchestre ». Habilement construit, l’opus regroupe des instants marquants de l’histoire de l’orchestre. Des instantanés musicaux du passé projetés dans le présent. Le temps sublimé.
Annoncé pour le 22 septembre 2017, « Instants d’Orchestre » (Caramusic/L’Autre Distribution) propose des extraits de plusieurs albums enregistrés par le Caratini Jazz Ensemble entre 1999 et 2013. Une sorte de rétrospective choisie par Patrice Caratini lui-même pour témoigner de la vie de cet orchestre unique.
Fondé par Patrice Caratini en 1997, le Caratini Jazz Ensemble est une grande formation qui s’inscrit dans la continuité du Onztet, premier orchestre créé par le contrebassiste en 1979. Aujourd’hui le Caratini Jazz Ensemble rassemble des musiciens français parmi les meilleurs, toutes générations et tous styles d’expression confondus.
Depuis sa création, le Caratini Jazz Ensemble a imposé sa singularité qui tient en grande part à la personnalité de son leader, le contrebassiste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre, Patrice Caratini. Sous sa direction, le Caratini Jazz Ensemble incarne en quelque sorte une machine à remonter le temps et à explorer l’avenir avec une trentaine de programmes allant du jazz contemporain au bal populaire avec des incursions dans la chanson ou les musiques caribéennes, sans compter d’autres projets montés en interaction avec le théâtre, la danse ou le cinéma.
A l’écoute de l’album « Instants d’Orchestre » on perçoit l’aptitude du Caratini Jazz Ensemble à restituer l’essence même des musiques dans leur hétérogénéité. Au fil des dix titres de l’album on peut écouter (sans être exhaustif) la plupart des membres historiques de l’orchestre, Patrice Caratini (contrebasse et direction), André Villéger (saxophones, clarinettes), Claude Egea (trompette), Pierre Drevet (trompette), François Bonhomme (cor), Denis Leloup (trombone), François Thuillier (tuba), Thomas Grimmonprez (batterie), Sebastian Quezada (percussion). Sans oublier d’autres musiciens mis en valeur lors de leurs solos comme Christophe Monniot (saxophone alto), Matthieu Donarier (saxophone), Sara Lazarus (chant), David Chevallier (banjo, guitare), Alain Jean-Marie (piano), Manuel Rocheman (piano), Rémi Sciuto (saxophone).
Pour précision, « Instants d’Orchestre » propose des extraits des albums suivants qu’on peut refaire tourner sur les platines :
- « Darling Nellie Gray - Variations sur la musique de Louis Armstrong » (Label Bleu/Harmonia Mundi) de 1999
- « Anything Goes. Les chansons de Cole Porter » (Le Chant du Monde/Harmonia Mundi) en 2000
- « From The Ground » (Le Chant du Monde/Harmonia Mundi) en 2002
- « Latinidad » (Le Chant du Monde/Harmonia Mundi) en 2009
- « Body And Soul » (Caramusic/L’Autre Distribution) en 2013, autour du film éponyme d’Oscar Micheaux.
Ancré dans l’histoire du jazz et dans les traditions populaires sans rien sacrifier à la modernité et aux expressions contemporaines les plus exigeantes le Caratini Jazz Ensemble donne à entendre sur « Instants d’Orchestre » des plages où plusieurs temporalités se télescopent, celle du jazz avec des répertoires inscrits dans l’histoire de cette musique et celle de l’orchestre de 1999 à 2013.
Tous les arrangements sont à porter au crédit de Patrice Caratini qui a aussi composé tous les titres sauf les deux pièces de Cole Porter, My Heart belongs to Daddy et What is this thing called love que l’on écoute
Pour son vingtième anniversaire, le Caratini Jazz Ensemble donnera deux concerts exceptionnels avec ses partenaires historiques. Le 30 septembre 2017 au studio 104 de Radio France qui a soutenu l’orchestre tout au long de son histoire et en a diffusé les créations dès les premiers concerts. Le 8 novembre 2017 à Sceaux, Les Gémeaux, Scène nationale qui a invité Patrice Caratini comme artiste associé pour la création de l’orchestre le 8 octobre 1997 et a accueilli neuf créations au cours des années suivantes.
Victoires du Jazz 2020
Diana Krall revient avec « This Dream of You »
C’est un morceau de Bob Dylan qui donne son titre à cet album où Diana Krall revisite avec élégance onze grands standards du jazz. Trois ans après « Turn up the quiet », la diva revient avec « This Dream of You » (Verve Records/Universal). Un album pastel riche d’un swing intime que la pianiste et chanteuse canadienne offre en hommage à son producteur Tommy Lipuma, disparu en 2017. Un opus enchanteur qui fait rêver et oublier la sinistrose ambiante.
« L’Heure espagnole » à l’Opéra de Lyon
En ouverture de saison, l’Opéra de Lyon propose « L’Heure Espagnole » de Maurice Ravel, une œuvre aux allures de fantaisie musicale, une facétie licencieuse. Ce premier opéra du compositeur français écrit sur un livret de Franc-Nohain brille d’audacieuses orchestrations. Conçues par Gregoire Pont, les images d’animation s’intègrent dans la mise en scène de James Bonas. Un cartoon coquin qui risque de cartonner !
aniel Humair réunit Stéphane Kerecki (contrebasse) et Vincent Lê Quang (saxophones soprano et ténor), deux talentueux musiciens du jazz français. Ainsi constitué le trio élabore un répertoire et un album « Modern Art » (Incises/Outhere) annoncé pour le 22 septembre 2017. L’opus propose de visiter musicalement quelques grands peintres de l’art moderne dont Daniel Humair a croisé la route et qui l’ont inspiré dans son activité picturale.
dessiner la musique et écouter ses traits musicaux contrastés et mouvants.

es des artistes du quartet leur ont permis de cerner les fonctionnements et les rôles de chaque instrument. La kora ne pouvant s’accorder dans tous les modes utilisés en jazz, les compositeurs doivent écrire en prenant en compte les modes musicaux accessibles aux 21 cordes de la kora pour qu’il soit possible à Ablaye Cissoko d’improviser librement. Ainsi, le groupe a conçu un répertoire de compositions originales et a intégré les caractéristiques physiques de la kora qui requiert un accordage spécifique pour chaque mode musical dans lequel le musicien doit s’exprimer.
L’album ouvre avec Sur le Pont Faidherbe, une composition de Simon Goubert écrite en hommage à cet édifice emblème de Saint-Louis-du-Sénégal et continue avec Au Loin, le thème de Sophia Domancich qui donne son titre à l’album. Écrit et interprété dans la pure veine coltranienne,
le morceau donne lieu à un échange très riche entre le joueur de kora et la pianiste.Tous deux sont portés par Simon Goubert au meilleur de sa forme. Ses interventions puissantes et sa verve ne sont d’ailleurs pas sans évoquer un certain Elvin Jones.
e vieux sage révèle l’alliance sonore subtile qui se crée entre le piano, la voix du griot et la kora. Dérivante permet d’apprécier l’élégance et la force tranquille de la contrebasse dont les cordes chantent la mélodie. Sur la première moitié du morceau la délicate improvisation de Jean-Philippe Viret procure un grand moment d’émotion.
Soutenu par des cymbales pointillistes, le piano enchaîne et improvise avec une légèreté tout en suspension. La batterie impulse ensuite une rythmique subtile mais solide qui permet à la harpe-luth de faire entendre son chant lumineux.
« Second Life », le trio composé de David Chevallier, Sébastien Boisseau et Christophe Lavergne propose une musique acoustique performante. Les sonorités évoquent celles des musiques folk américaines mais guitares et banjo dessinent avec subtilité un paysage très personnel.

Bien sûr les résonances entre les deux albums sont perceptibles. D’abord à travers le titre qui annonce d’emblée le lien existant entre « Re-Focus » et « Focus », ensuite via la pochette dont la teinte dominante émarge dans le bleu.
