Coup de cƓur
 pour Yes! Trio & « Groove du Jour »

Coup de cƓur
 pour Yes! Trio & « Groove du Jour »

Swing, Vitalité et Modernité

Pas question en cet automne 2019 de passer Ă  cĂŽtĂ© de « Groove du Jour ». Porteur de bout en bout d’un groove vibrant, d’un swing Ă©lastique et d’une modernitĂ© Ă©tonnante, cet opus est le fait du Yes! Trio qui rĂ©unit le batteur Ali Jackson, le contrebassiste Omer Avital et le pianiste Aaron Goldberg. Un grand « OUI » Ă  cet album plein de vitalitĂ© qui donne la pĂȘche et le sourire !

couverture de l'album Groove du Jour du Yes! TrioAu dĂ©but des annĂ©es 1990, Ali Jackson (batterie), Aaron Goldberg (piano) et Omer Avital (contrebasse) se sont connus Ă  New-York oĂč ils ont appris et pratiquĂ© un jazz plein de vitalitĂ© et de swing. Chacun a ensuite menĂ© avec brio sa propre carriĂšre.

AprĂšs « Yes ! », un premier disque gravĂ© par Yes! Trio en 2009, les talentueux musiciens se sont de nouveau rĂ©unis en studio en 2018 pour enregistrer le tonique « Groove du Jour » (jazz&people/PIAS).

De bout en bout des dix titres de « Groove du Jour », Yes! Trio propose une musique joyeuse et exaltante que l’on ne se lasse pas d’Ă©couter. Avec enthousiasme on dit « Oui » Ă  ce jazz vibrant qui porte haut l’esprit et les couleurs du swing.

Yes! Trio

Avant de devenir les pointures internationales qu’ils sont aujourd’hui, le pianiste Aaron Goldberg, le contrebassiste Omer Avital et le batteur Ali Jackson se sont rencontrĂ©s Ă  New-York au dĂ©but des annĂ©es 1990. AnimĂ©s d’un mĂȘme esprit et de l’envie de jouer, ils ont alors appris de leurs aĂźnĂ©s et ont captĂ© la vitalitĂ© du swing qui depuis figure dans leur ADN.

Trois jeunes musiciens…

  • NĂ© en 1976 d’un pĂšre contrebassiste de jazz, Ali Jackson a reçu durant son adolescence des conseils de Max Roach, Donald Byrd et Betty Carter. Avant de quitter DĂ©troit pour s’installer Ă  New-York, il avait dĂ©jĂ  accompagnĂ© Aretha Franklin.
  • De son cĂŽtĂ©, Aaron Goldberg est issu de Boston. NĂ© en 1974, il dĂ©couvre le jazz au lycĂ©e et bĂ©nĂ©ficie ensuite de l’enseignement de Jerry Bergonzi.
  • NĂ© en IsraĂ«l en 1971 de parents d’origine marocaine et yĂ©mĂ©nite, Omer Avital frĂ©quente le lycĂ©e Thelma-Yellin de Tel Aviv, vĂ©ritable pĂ©piniĂšre du jazz israĂ©lien avant de gagner New-York.

… se rencontrent Ă  New-York…

Le batteur et le pianiste se sont croisĂ©s en 1991 lors d’auditions passĂ©es Ă  la Manhattan School of Music. Le contrebassiste a quant Ă  lui rencontrĂ© Aaron Goldberg en 1992 sur les bancs de la New School for Jazz and Contemporary Music et a connu Ali Jackson au cours d’une tournĂ©e en Europe. En 1995 Omer Avital joue rĂ©guliĂšrement au Smalls Jazz Club au sein de diffĂ©rents groupes et c’est dans ce club que les trois musiciens se rapprochent vraiment.

… mĂšnent leur carriĂšre personnelle

Entre temps chaque membre du Yes! Trio a mené une brillante carriÚre personnelle comme sidemen et/ou leader.

  • Ali Jakson s’est illustrĂ© au sein du Jazz at Lincoln Center Orchestra sous la direction de Wynton Marsalis et a aussi jouĂ© avec Dee Dee Bridgewater, Kurt Rosenwinkel ou Jacky Terrasson.
  • De son cĂŽtĂ©, Aaron Goldberg a aussi travaillĂ© auprĂšs de Wynton Marsalis puis, Ă  la fin des annĂ©es 90, s’est illustrĂ© dans le quartet du saxophoniste Joshua Redman. Il a aussi collaborĂ© avec Freddie Hubbard, Nicholas Payton, Kurt Rosenwinkel et a constituĂ© plusieurs trios dont le dernier en date rĂ©unit Ă  ses cĂŽtĂ©s le contrebassiste Matt Penman et le batteur Leon Parker.
  • AprĂšs avoir cĂŽtoyĂ© Roy Haynes ou Jimmy Cobb lors de son arrivĂ©e Ă  New-York, Omer Avital a dĂ©veloppĂ© un tempĂ©rament de leader. AprĂšs trois ans passĂ©s en IsraĂ«l oĂč il Ă©tudie le oud, il s’immerge dans les musiques traditionnelles du Proche-Orient et aprĂšs avoir fondĂ© Yemen Blues, il dirige plusieurs autres groupes oĂč il mĂȘle le jazz Ă  la musique de ses racines. « Abutbul Music » (2016), « Avital meets Avital » (2017) et « Qantar » (2018), ses trois derniers opus tĂ©moignent de la richesse et de la diversitĂ© de son inspiration.

… et en 2019, sort « Groove du Jour »

S’il a fallu plus de quinze ans Ă  Ali Jackson, Aaron Goldberg et Omer Avital pour graver « Yes » en 2009, leur premier disque sorti en 2012, les trois musiciens n’ont pas attendu pas aussi longtemps pour envisager leur deuxiĂšme album. En effet, riches de leurs origines et de leurs cultures diffĂ©rentes, ils se sont retrouvĂ©s en octobre 2018 au studio de Meudon oĂč ils ont enregistrĂ© les dix pistes de leur deuxiĂšme album, « Groove du Jour » sorti le 11 octobre 2019 chez jazz&people.

Riche de vibrations inspirĂ©es et irriguĂ© d’une joyeuse Ă©nergie, « Groove du Jour » baigne dans le swing du dĂ©but Ă  la fin de ses cinquante-neuf minutes. Le jazz de Yes! Trio ne se prend pas la tĂȘte et circule avec chaleur entre les trois musiciens.

Au fil des titres

Tradition et modernité font bon ménage sur « Groove du Jour ». Les dix plages sont habitées par un groove dynamique qui ne se dément à aucun moment.

DĂšs le premier titre composĂ© par Ali Jackson, le dĂ©cor est posĂ©, on baigne dans un swing qui explose tout au long des marches de cet Escalier que le trio dĂ©vale et grimpe joyeusement. Un riff de contrebasse profile une Ă©lĂ©gante mĂ©lodie, la batterie propulse un groove Ă  toute Ă©preuve, le piano chante avec gaietĂ©, Yes! Trio a posĂ© le dĂ©cor mais beaucoup reste encore Ă  dire.

Le piano entame ensuite un motif musical qui libĂšre C’est Clair et sa chatoyante mĂ©lodie composĂ©e par Omer Avital. On se prend Ă  fredonner sur les harmonies bluesy et on en vient Ă  marquer le tempo quand le batteur se saisit du tambourin pour accompagner un piano funky soutenu par la solide ligne de basse.

C’est ensuite avec une grande modernitĂ© que le trio se rĂ©approprie Dr Jackle, la superbe composition du saxophoniste alto Jackie McLean reprise par Miles Davis sur l’album « Milestones » (1958) avec John Coltrane et Cannonball Adderley. AprĂšs un remarquable chorus, le piano Ă©clate de joie sur un tempo bop de fou. La contrebasse voltige avec aisance et sensibilitĂ© avant que la batterie ne dĂ©montre son savoir et sa rĂ©activitĂ© dans un 4/4 explosif.

Plus tard, Yes! Trio pose aussi son empreinte sur I’ll Be Seeing You, la trĂšs populaire composition de Samuel Fain. La ballade se teinte d’abord d’une tendre nostalgie avant de gagner en intensitĂ© dans la derniĂšre partie que l’on peut sans hĂ©siter qualifier de sublime. Vient alors le temps de se laisser transporter par les Ă©chos moyen-orientaux de Muhammad’s Market. La composition d’Omer Avital sonne plutĂŽt funky et sert de tremplin au piano virtuose.

Le trio explore ensuite avec une grande libertĂ© le trĂšs rythmique ClaquĂ© proposĂ© par Ali Jackson. Sur le battement pulsatile de la batterie et le motif bluesy de la contrebasse, le piano mĂ©tamorphose le thĂšme de ClaquĂ© en un riff entĂȘtant. Sur Tokyo Dream on prend toute la mesure de la virtuositĂ© des trois protagonistes. Le solo inspirĂ© et lyrique d’Omer Avital confirme que le contrebassiste fait partie des grands maĂźtres de la contrebasse jazz. TrĂšs Ă  l’aise sur sa composition, Aaron Golberg truffe son discours de citations et tel un acrobate virtuose se promĂšne avec souplesse sur le clavier et stimule la batterie qui donne le meilleur de lui-mĂȘme.

Vient alors le moment de se laisser sĂ©duire par la fraĂźcheur de Groove du Jour, le thĂšme d’Ali Jackson qui donne son nom Ă  l’album. StimulĂ© par une rythmique Ă©nergique et en totale cohĂ©sion, le piano groove avec dĂ©contraction et humour.

A peine le temps de souffler, on est happĂ© par la cadence de batucada que la batterie impulse Ă  Flow. Le thĂšme complexe d’Omer Avital est exposĂ© Ă  vive allure par le piano avant que la contrebasse ne s’envole dans un solo aĂ©rien et vĂ©loce oĂč l’on capte des clins d’oeil Ă  Giant Steps. Le piano prend la suite et fait circuler le swing Ă  grand flot sur ce morceau d’Omer Avital avant que la batterie ne clĂŽture la piste par un feu d’artifice de samba. On en ressort comme enivrĂ© !

L’album se termine par Bed Stuy, une autre composition du contrebassiste. Le piano au jeu Ă©loquent colle au beat qu’impulsent les rythmiciens. Un parfait exemple de l’osmose qui rĂšgne au sein du Yes! Trio.

Sans passĂ©isme complaisant, les trois musiciens du Yes! Trio mettent leur technique au service d’un jazz chaleureux qui swingue avec souplesse entre tradition et modernitĂ©. Porteur d’Ă©nergie, libre et inventif, « Groove du Jour », ne manque pas de nuance et s’Ă©coute jusqu’au bout de la nuit.

Si l’on ne peut que se louer de la qualitĂ© de l’enregistrement qui met autant en valeur chacun des trois protagonistes du Yes! Trio il est vraiment tentant d’aller Ă©couter live Ali Jackson (batterie), Aaron Goldberg (piano) et Omer Avital (contrebasse) le 03 dĂ©cembre 2019 Ă  Paris dans la salle du New Morning dans le cadre du Festival Jazz’N’Klezmer qui propose d’Ă©couter Le Petit Mish-Mash en premiĂšre partie dĂšs 20h.

Obradović-Tixier Duo – « A Piece of Yesterday »

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Clin d’Ɠil Ă  Thomas Grimmonprez 4tet & « Big Wheel »

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Jazz en apesanteur

Avec son troisiÚme album « Big Wheel », le batteur et compositeur Thomas Grimmonprez propose un voyage musical en apesanteur. En quartet avec Manu Codjia, JérÎme Regard ou Matyas Szandai et Benjamin Moussay, le leader organise un superbe équilibre entre courants de tension et espaces de détente. Comme en apesanteur, la musique onirique flotte entre songe et poésie.

couverture de l'album Big Wheel de Thomas Grimmonprez 4tetSideman trÚs recherché, le batteur Thomas Grimmonprez poursuit sa carriÚre de leader. AprÚs « Bleu » (2009) et « Kaléidoscope » (2016), il revient avec un troisiÚme opus, « Big Wheel » (OutNote Records), sorti le 23 août 2019.

Thomas Grimmonprez a conçu « Big Wheel » en rĂ©fĂ©rence Ă  « la grande roue. La roue qui nous rappelle notre rapport au mouvement et au temps. La roue libre du lĂącher prise, du moment suspendu. La roue qui tourne rond dans un monde carrĂ©… C’est aussi le recommencement, la crĂ©ation perpĂ©tuelle. »

« Big Wheel » saisit par son énergie quasi impalpable, la profonde musicalité de ses climats et la fluidité expressive des instrumentistes.

Thomas Grimmonprez Quartet

Pour « Big Wheel », le batteur Thomas Grimmonprez fait le choix d’un quartet oĂč la contrebasse est tenue par JĂ©rĂŽme regard sur six titres et par Matyas Szandai sur l’autre tiers du rĂ©pertoire. Avec souplesse, la paire rythmique batterie-contrebasse navigue entre dĂ©licatesse et force, subtilitĂ© et Ă©nergie.

D’un bout Ă  l’autre de l’album, le piano d’une lĂ©gĂšretĂ© impalpable de Benjamin Moussay et la guitare limpide aux sonoritĂ©s spatiales de Manu Codjia devisent en totale symbiose. Leurs interactions trĂšs Ă©quilibrĂ©es traduisent une superbe entente. Techniques mais trĂšs expressifs, leurs Ă©changes rivalisent de musicalitĂ©.

Au fil du répertoire

Thomas Grimmonprez a composĂ© les neuf titres de cet album aux mĂ©lodies captivantes. Un rĂ©pertoire oĂč alternent climats planants aux lignes mĂ©lodiques Ă©thĂ©rĂ©es et ambiances captivantes au groove profond.

En ouverture de Big Wheel les balais subtils rebondissent en souplesse sur la caisse claire comme pour annoncer l’ambiance chimĂ©rique que tissent les lignes aĂ©riennes du piano, les sonoritĂ©s mĂ©ditatives de la guitare et le chant boisĂ© de la contrebasse. Pour finir, la quiĂ©tude s’impose.

DĂšs les premiĂšres notes, Sweet Cake permet ensuite de saisir l’alchimie profonde qui rĂšgne entre piano et guitare. Les baguettes Ă©nergiques impulsent une douce puissance et le solo de guitare dĂ©clenche un tourbillon euphorisant.

L’atmosphĂšre Ă©vanescente de Suspended Time dessine un tableau Ă©trange oĂč, dans un climat serein, piano et guitare rivalisent de propos inspirĂ©s. Le temps parait se dilater au long des envolĂ©es aĂ©riennes du piano que le batteur accompagne Ă  mains nues. Plus tard, piano et guitare exposent Ă  l’unisson la mĂ©lodie de l’Ă©trange et envoutant, Cats and Dogs. Dans ce tableau musical imaginaire, la guitare atteint des sommets d’inspiration et construit un solo envoĂ»tant.

Advient alors Heavy Soul sur lequel l’impulsion rythmique groovy de la batterie soutient l’improvisation radieuse de la guitare. Le quartet poursuit son exploration musicale sur Quiet, une courte ballade dont la ligne mĂ©lodique flotte et donne l’impression de vraiment suspendre le temps. AprĂšs les sombres et inquiĂ©tants nuages sonores qu’installent le piano et la guitare sur Hypnosis, la rythmique impulsive chasse les turbulences, Ă©claircit le ciel et permet un retour Ă  la rĂ©alitĂ©

Plus tard, le piano introduit avec lenteur la mĂ©lodie lumineuse aux inflexions latines de Spain Time. C’est ensuite Ă  la guitare aux sonoritĂ©s stratosphĂ©riques de conduire le morceau jusqu’à ses derniĂšres notes. Sur Highway, le dernier moreau de l’album, le quartet entame un voyage en roue libre sur une autoroute qui traverse des paysages teintĂ©s des souvenirs des musiques de Pat Metheny et Lyle Mays.

« Big Wheel » flotte en apesanteur. Suspendu entre une poĂ©sie sensible et une dĂ©licate rĂȘverie, il explore le temps et les rythmes. En quartet, Thomas Grimmonprez conte des histoires captivantes oĂč se croisent mĂ©lodies aĂ©riennes et envolĂ©es inspirĂ©es des solistes. Un album comme un rĂȘve oĂč il fait bon voguer.

Obradović-Tixier Duo – « A Piece of Yesterday »

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Laurent Coulondre propulse « Meva Festa »

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AndrĂ© Minvielle revient avec « Ti’bal Tribal »

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David Bressat revient avec « True Colors »

David Bressat revient avec « True Colors »

Arc-en-ciel musical entre pastel et flamboyance

Toujours Ă  la tĂȘte de son superbe quintet avec lequel il a sorti le vibrant « Alive ! » en 2017, le pianiste et compositeur David Bressat revient avec « True Colors ». EnregistrĂ© live en juin 2019 au Crescent, ce deuxiĂšme opus explore une harmonieuse palette de couleurs musicales. Entre flamboyance et pastel, un arc-en-ciel musical d’Ă©chappĂ©es lumineuses et de crĂ©pusculaires confidences.

CaptĂ© live au Crescent, l’album « True Colors » Ă  sortir le 01 novembre 2019, confirme le choix de David Bressat de privilĂ©gier la dynamique et les interactions, ce dont tĂ©moignait dĂ©jĂ  en 2017, le superbe « Alive ! » enregistrĂ© en direct dans le mĂȘme club mĂąconnais avec le saxophoniste Eric Prost, le trompettiste AurĂ©lien Joly, le contrebassiste Florent Nisse et le batteur Charles Clayette, dĂ©jĂ  prĂ©sents autour du pianiste et compositeur David Bressat.

Un quintet dynamique

Perceptible de bout en bout de l’album, la dynamique et l’enthousiasme qui rĂšgne au sein du quintet constitue en quelque sorte la toile de fond sur laquelle les musiciens peignent et font vibrer les couleurs de leur musique.

Selon la teneur des compositions, la palette de couleurs des artistes Ă©volue. Au grĂ© des mĂ©lodies, les traits des improvisations varient. De souples ils deviennent tendus, pointillistes ou Ă©pais. En fonction des harmonies, les teintes des accompagnements changent de dominante, se parent d’ombres ou de lumiĂšre. Changements de tempi et syncopes contribuent Ă  pigmenter la musique de contrastes, Ă  faire varier perspective et profondeur de champ.

Les sept plages de « True Colors » (Obstinato/InouĂŻes Distribution) tĂ©moignent de la complicitĂ© qui unit David Bressat, Eric Prost, AurĂ©lien Joly, Florent Nisse et Charles Clayette. Comme des coloristes exaltĂ©s ou recueillis, les cinq compĂšres teintent leur inspiration de couleurs musicales changeantes. En profonde harmonie, ils tissent des Ă©changes lumineux adoucis de subtiles nuances ou zĂ©brĂ©s d’effervescents contrastes. Le public ne s’y trompe pas et rĂ©agit au fil des cinquante-trois minutes de l’album.

Un répertoire arc-en-ciel

AprĂšs une courte introduction au piano, les deux soufflants exposent en contrepoint la mĂ©lodie bleu turquoise de Holi suivie d’un chorus de piano d’oĂč Ă©merge le solo flamboyant du tĂ©nor aux inflexions coltraniennes sur une spirale modale soutenue par la rythmique. Le chorus incandescent de la batterie dĂ©clenche les vivas du public avant un retour au thĂšme et une fin qui rassemble le groupe

David Bressat revient avec l'album True ColorsTrĂšs dĂ©coupĂ©, Triangulo se teinte de pourpre sous le souffle impĂ©tueux de la trompette. Le tĂ©nor plus veloutĂ© adoucit la couleur que le solo organique du piano contribue Ă  raviver. De Soleil DorĂ© Ă©mane une douce lueur crĂ©pusculaire; le piano mĂ©lancolique et bucolique inspire de douces lignes musicales aux soufflants. La puretĂ© du chorus de contrebasse Ă©voque la transparence d’un cristal autour duquel le piano esquisse un solo dont la texture tout en dĂ©licatesse Ă©voque la lueur dĂ©licate du crĂ©puscule.

Brodée par le piano, le saxophone et la trompette, la mélodie de True Colors projette une couleur dynamique, un bordeaux chaleureux que le piano illumine par un chorus aux harmonies latines. La trompette lyrique pose ensuite des reflets irisés que la section rythmique éclabousse de mille pointillés.

Ballade subtile, Daum Vole dĂ©voile ses transparences aprĂšs une introduction du piano au jeu dĂ©licat oĂč se manifestent de subtiles influences classiques. le tĂ©nor ajoute de chatoyants reflets. Tel un oiseau coulĂ© dans un cristal pastel, le bugle dĂ©ploie un souffle inspirĂ© d’une douce tendresse qui inspire Ă  la contrebasse un chorus proche de la GrĂące.

L’atmosphĂšre change tout Ă  fait avec Une Belle VirĂ©e dont le tempo hard bop vire au rouge, un rouge joyeux, vital et tonique que projette le tĂ©nor sur une improvisation frĂ©nĂ©tique qui engage le piano Ă  poursuivre par un jeu exaltĂ©. Il n’en faut pas moins Ă  la trompette pour se survolter durant un solo ardent lequel dĂ©clenche la fougue de la batterie. Le public adhĂšre Ă  cette dynamique Ă©claboussure colorĂ©e.

De bienveillantes vibrations orangées émanent de Flow. Sur ce dernier titre les musiciens dialoguent tour à tour et se retrouvent dans une dynamique groupale apaisée.

David Bressat revient de belle maniĂšre avec « True Colors ». L’album met en lumiĂšre un jazz contemporain au spectre coloriste mouvant. Comme des peintres inspirĂ©s, les musiciens explorent une palette de couleurs qui explosent ou se fondent au fil des sept titres du rĂ©pertoire arc-en-ciel
… les couleurs Ă©voquĂ©es dans cette chronique sont redevables Ă  une perception tout Ă  fait subjective. Libre Ă  chacun.e d’y projeter ses propres pigments !

Pour vivre en direct la musique de « True Colors » et retrouve rDavid Bressat (piano), Eric Prost (saxophone tĂ©nor), AurĂ©lien Joly (trompette, bugle), Florent Nisse (contrebasse) et Charles Clayette (batterie), quelques concerts se profilent avant la tournĂ©e du quintet en Inde. Rendez-vous le 01 novembre 2019 Ă  21h au Crescent Ă  MĂącon, le 02 novembre 2019 Ă  l’EmbarcadĂšre de Montceau-les-Mines, le 16 novembre 2019 au Théùtre de Roanne, le 23 novembre 2019 Ă  21h Ă  Lyon au PĂ©riscope, le 04 dĂ©cembre 2019 Ă  21h au Sunside Ă  Paris et Ă  Bourg-en-Bresse le 06 dĂ©cembre 2019 Ă  21h Ă  la Ferme Ă  Jazz.

Obradović-Tixier Duo – « A Piece of Yesterday »

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Israel Varela signe “The Labyrinth Project”

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Spirales énergiques et souffles méditatifs

Sur son album “The Labyrinth Project”, le batteur mexicain Israel Varela s’entoure d’artistes de niveau international. Avec le pianiste allemand Florian Weber, le bassiste brĂ©silien Alfredo PaixĂŁo et le saxophoniste new-yorkais Ben Wendel. La musique oscille entre des spirales effervescentes et des souffles mĂ©ditatifs. L’album sĂ©duit par la diversitĂ© de ses ambiances aux couleurs sans cesse renouvelĂ©es.

Couverture de l'album The Labyrinth Project du batteur Israel VarelaProduit par Jando Music et Via Veneto Jazz, le neuviĂšme album du batteur, compositeur et chanteur mexicain Israel Varela s’intitule « The Labyrinth Project ». Avec huit compositions originales du leader, l’album propose un voyage sinueux dans un espace aux dynamiques et aux couleurs variĂ©es.

Dans un mouvement complexe et maĂźtrisĂ©, “The Labyrinth Project” navigue entre des atmosphĂšres contemplatives, des univers bouillonnants et des moments de pure improvisation. Avec fluiditĂ© et maĂźtrise, Israel Varela et ses compagnons ne perdent pas le fil et cheminent dans ces paysages alternatifs sans jamais s’Ă©garer.

Israel Varela

Originaire de Tijuana au Mexique, Israel Varela est issu d’une famille de quatre gĂ©nĂ©rations de musiciens et grandi dans un environnement musical oĂč prĂ©dominent musiques classique et sacrĂ©e. AprĂšs avoir Ă©tudiĂ© aux Etats-Unis avec Alex Acuna et Dave Weckl, en 2000? il gagne l’Italie.

Le batteur ancre Ă  la fois sa musique dans sa culture latine mais aussi dans le flamenco, le jazz, la musique contemporaine et dans les traditions des diffĂ©rentes musiques qu’il a croisĂ©es. En effet, ce laurĂ©at du Prix Euro Latin, a jouĂ© dans plus de trente pays et a collaborĂ© avec entre sommitĂ©s Pat Metheny, Pino Daniele, Charlie Haden, Bireli LagrĂšne, Andrea Bocelli, Diego Amador, Bob Mintzer, Mike Stern, Yo Yo Ma, Joaquin Cortez, Jorge Pardo, Rita Marcotulli.

Pour enregistrer “The Labyrinth Project”, Israel Varela fait appel à trois artistes internationaux.

Autour du leader

Au piano…

Le pianiste allemand Florian Weber a travaillé avec Tomasz Stashko, Michael Brecker, Pat Metheny et Albert Mangelsdorff. Récompensé du prix Steinway du piano au Festival de Montreux, il a enregistré deux albums chez ECM, « Alba » en 2016 avec Markus Stockhausen et « Lucent Waters » en 2018 avec Ralph Alessi, Linda May Han Oh et Nasheet Waits.

A la basse…

Natif de Rio de Janeiro, le bassiste brésilien Alfredo Paixão vit à Rome depuis vingt-trois ans. Il a appris à lire les notes avec son oncle, le célÚbre compositeur Moacir Santos et a collaboré avec Rosa Passos, Alex Acuna et Pino Daniele avec qui il a enregistré douze albums.

InvitĂ© spĂ©cial, au saxophone tĂ©nor…

Israel Varela a ajoutĂ© un invitĂ© spĂ©cial, le saxophoniste et compositeur, Ben Wendel. NĂ© Ă  Vancouver, il a grandi Ă  Los Angeles et mĂšne sa carriĂšre Ă  New-York. Connu pour son appartenance au trĂšs innovant groupe « Kneebody », en 2015 il a sous son nom sorti l’album “The Seasons” oĂč il a dialoguĂ© en duo avec quelques figures majeures du jazz contemporain, dont Joshua Redman, Aaron Parks, Gilad Hekselman, Eric Harland, Matt Brewer, Julian Lage et Ambrose Akinmusire. Dans d’autres contextes il a jouĂ© et/ou enregistrĂ© avec Ignacio Berroa, Gerald Clayton, Eric Harland, Snoop Dog, Prince, Antonio Sanchez et Tigran Hamasyan et fait partie des saxophonistes tĂ©nor avec lesquels le jazz compte.

Au fil du labyrinthe

L’album ouvre avec Flowing Wind oĂč saxophone tĂ©nor et piano exposent Ă  l’unisson une mĂ©lodie aux accents orientaux. Le chant du leader et un motif rĂ©itĂ©ratif installent un climat magnĂ©tique qui inspire au piano un chorus dĂ©bordant d’Ă©lan vital. Le voyage devient ensuite mĂ©ditatif et entraĂźne le groupe vers une priĂšre collective propulsĂ©e par la batterie.

AprĂšs le trĂšs court intermĂšde du mĂ©lancolique Shadow interprĂ©tĂ© solo par la basse, le piano entame la mĂ©lodie lancinante de All Directions d’oĂč le chant du saxophone. GĂ©missant et volcanique Ă  la fois, le tĂ©nor explose de crĂ©ativitĂ© soutenu par la section rythmique que la batterie propulse dans des territoires colorĂ©s.

Le piano entame ensuite une courte mĂ©ditation et se recueille seul sur Ascended Soul avant d’ouvrir l’espace Ă  une ligne mĂ©lodique exposĂ©e par le chant cristallin du leader trĂšs vite recentrĂ© sur ses fĂ»ts et cymbales. Saxophone et piano gĂ©nĂšrent ensuite sur Heliopolis une atmosphĂšre Ă©trange qui inspire au piano une improvisation tumultueuse et au tĂ©nor un flot irrĂ©pressible de notes poussĂ©es dans un crescendo effervescent et explosif. Le jeu complexe et segmentĂ© de la batterie et la basse ronflante propulsent la musique qui canalise son Ă©nergie et se termine en un chant chargĂ© d’espĂ©rance.

En duo, piano et voix entament Azul, une chanson nostalgique imprĂ©gnĂ©e d’une forte charge spirituelle. S’y ajoutent des pointillĂ©s subtils que souffle le tĂ©nor et ponctue la basse;

AprÚs cette escapade bleutée, Nueve Secretos sert de prétexte à un dialogue effréné entre la frappe éclatée et scintillante de la batterie et le souffle incandescent du ténor qui réveille le fantÎme du regretté Michael Brecker. Paroxystique et énergique, cet échange permet à la batterie et au saxophone de rivaliser de créativité.

L’album se termine avec Cuatro le bien nommĂ© oĂč les quatre protagonistes rivalisent d’invention et d’Ă©nergie. Un morceau dont les rĂ©fĂ©rences sont explicitement ancrĂ©es dans les traditions latine et flamenca. La solide ligne de basse soutient les envolĂ©es lyriques du tĂ©nor Ă  l’inventivitĂ© intarissable alors que la batterie frĂ©nĂ©tique encourage et soutient le flamboyant solo du piano toujours trĂšs inspirĂ©. A la toute fin, la basse calme le jeu et engage la musique dans des eaux empreintes de sĂ©rĂ©nitĂ©.

“The Labyrinth Project”, une respiration colorĂ©e oĂč vents mĂ©ditatifs et souffles Ă©nergiques s’allient pour le meilleur.

Obradović-Tixier Duo – « A Piece of Yesterday »

Obradović-Tixier Duo – « A Piece of Yesterday »

AprĂšs le silence musical imposĂ© par la pandĂ©mie, la batteuse Lada Obradović et le pianiste David Tixier prĂ©sentent leur quatriĂšme album, « A Piece of Yesterday ». Avec neuf compositions originales, le Obradović-Tixier Duo met un conte en musique pour se souvenir d’hier, pour vivre au temps prĂ©sent et se projeter afin de construire de nouveaux lendemains.

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Laurent Coulondre propulse « Meva Festa »

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Avec « Meva Festa », Laurent Coulondre livre un album explosif. Au fil des pistes, Laurent Coulondre communique sa vision de la musique, de la vie et du partage. Chaque titre constitue une promesse d’évasion. L’album respire la joie de vivre et communique l’envie d’exulter. PlacĂ© placé sous le signe du soleil et de l’exotisme, « Meva Festa » porte bien son nom, un mélange de catalan et de brésilien qui se traduit par « Ma Fête » . tout un programme !

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AndrĂ© Minvielle revient avec « Ti’bal Tribal »

AndrĂ© Minvielle revient avec « Ti’bal Tribal »

Sur « Ti’bal Tribal », AndrĂ© Minvielle mĂšne le bal avec la verve, l’humour et l’inventivitĂ© qui lui appartiennent en propre. Il propose un bal euphorique et effervescent oĂč se tĂ©lĂ©scopent valse et cumbia, cha-cha et fandango. Avec sa fille Juliette et son complice de longue date, Fernand « Nino » Ferrer, le batteur et chanteur gascon fait danser la vie et le jazz. La frĂ©nĂ©sie affleure !

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Clin d’Ɠil Ă  Line Kruse & « Invitation »

Clin d’Ɠil Ă  Line Kruse & « Invitation »

Musique orchestrale et jazz latin

Sur son cinquiĂšme album « Invitation », la violoniste et compositrice d’origine danoise, Line Kruse continue Ă  se jouer des frontiĂšres musicales. Elle convie des pointures de la scĂšne cubaine jazz actuelle Ă  rejoindre une section de treize pupitres de cordes. Avec une aisance dĂ©concertante son Ă©criture et ses arrangements combinent musique orchestrale et jazz latin. Ce nouvel opus structure plus encore les frontiĂšres de l’identitĂ© musicale singuliĂšre de Line Kuse.

AprĂšs l’ambitieux et fort rĂ©ussi « Hidden Stone » (Continuo Jazz/UVM) paru en 2018, la violoniste, compositrice, cheffe d’orchestre et arrangeuse Line Kruse poursuit sa dĂ©marche musicale innovante avec « Invitation » (Continuo Jazz/UVM) sorti le 25 octobre 2019.

Sur « Invitation » le violon de Line Kruse convie le trio du pianiste Harold LĂłpez Nussa augmentĂ© et le percussionniste Yaroldi Abreu Robles, sollicite treize pupitres de cordes et la voix de l’Ă©toile montante du chant cubain DaymĂ© Arocena, la flĂ»te de Orlando « Maraca » Valle, la trompette de Nicolas Folmer et la guitare de Louis Winsberg.

En rapprochant les Ă©nergiques nappes harmoniques des cordes et la rythmique jazz dĂ©veloppĂ©e par quelques-unes des pointures les plus inspirĂ©es de la scĂšne jazz cubaine actuelle, Line Kruse dĂ©ploie de nouvelles couleurs musicales. Au final l’Ă©criture subtile et les arrangements somptueux tissent une musique aux drapĂ©s dĂ©licats et aux profondes nuances.

« Invitation »

couverture de l'album Invitation de la violoniste Line KruseRedevable Ă  celui de la composition de BronisƂaw Kaper et Paul Francis Webster, le titre de l’album, « Invitation », fait aussi rĂ©fĂ©rence Ă  ces invitations successives qui ont permis Ă  Line Kruse de rĂ©unir des musiciens de Cuba et de France. En effet, Line Kruse s’est elle-mĂȘme invitĂ©e Ă  La Havane pour enregistrer en dĂ©cembre 2018 au PM Studio avec la fine fleur du jazz Cubain et a aussi conviĂ© des musiciens français dans l’aventure. La violoniste a ensuite invitĂ© et dirigĂ© en 2019, une section de treize pupitres de cordes (sept violons parmi lesquels celui tenu par Mathias Levy, trois altos et trois violoncelles) Ă  Paris au Studio Saint-Germain.

Ainsi, aprĂšs mixage et mastĂ©risation, l’album « Invitation » propose l’Ă©coute d’un rĂ©pertoire de neuf titres au fil desquels la violoniste leader s’exprime entourĂ©e du pianiste Harold LĂłpez Nussa qui rĂ©unit autour de lui les membres de son trio, le contrebassiste GastĂČn Joya et le batteur Ruy AdriĂ n LĂłpez Nussa rejoints par le percussionniste Yaroldi Abreu Robles. Le flĂ»tiste virtuose et inspirĂ© Orlando « Maraca » Valle et la chanteuse DaymĂ© Arocena dĂ©couverte en France aux cĂŽtĂ©s de Roberto Fonseca lors de sa tournĂ©e de l’Ă©tĂ© 2017. Le trompettiste Nicolas Folmer et le guitariste Louis Winsberg sont aussi de la fĂȘte sur quelques titres. On note aussi, au sein des chƓurs, la participation de Joel Hierrezuelo friand lui-mĂȘme de croiser les cultures comme il a l’a si bien fait sur « Zapateo Suite ».

Au fil des pistes

Le rĂ©pertoire de l’album « Invitation » propose diffĂ©rentes ambiances sonores qui allient avec Ă©lĂ©gance les influences issues des rythmes cubains savants ou populaires, des compositeurs russes du dĂ©but du XXe siĂšcle et les fondamentaux du jazz. Tous les arrangements sont Ă  porter au crĂ©dit de la violoniste laquelle a par ailleurs composĂ© cinq des titres de l’album.

Le jeu effervescent et Ă©clatant du violon cĂ©leste de Line Kruse illumine CanciĂłn d’un lyrisme vibrant. Les arrangements des cordes impressionnent par leur rĂ©activitĂ© et leurs envols aĂ©riens tout au service des improvisations de Line Kruse. AprĂšs un prologue violon-piano qui coule sur Agua comme un hommage Ă  l’Eau, l’ode se transforme en un chant passionnĂ© qu’élĂšve le lyrique piano portĂ© par une section rythmique vĂ©hĂ©mente.

Sur Ahora (DaymĂ© Arocena/Line Kruse), on se laisse immerger avec bonheur dans les polyrythmies qu’instruments rythmiques et piano tressent avec les cordes. La voix chaude et puissante de DaymĂ© Arocena, le violon stratosphĂ©rique de Line Kruse et la flĂ»te insaisissable d’Orlando « Maraca » Valle s’en donnent Ă  cƓur joie et dynamisent ce morceau au groove indĂ©niable. TruffĂ© de ruptures rythmiques complexes, Wednesday propose une fantaisie jazz qui fait dialoguer trompette bouchĂ©e, violon et piano alors que la section rythmique s’amuse de belle maniĂšre.

Sur un tempo de tango peu acadĂ©mique, les cordes exposent la mĂ©lodie de Tres Cosas que le piano transforme ensuite en mambo sur lequel violon et flĂ»te se livrent Ă  d’audacieux jeux acrobatiques. On se laisse porter par ce morceau peu conformiste. RevisitĂ© par Line Kruse, le second mouvement du concerto pour violon de Prokofiev, Andante Assai, combine la guitare de Louis Winsberg, le violon de Line Kruse, les nappes des cordes et les accents rythmiques du trio. Un romantisme inattendu qui ne manque pas de charme.

L’Ă©criture trĂšs orchestrale de Tema met en orbite la trompette de Nicolas Folmer. Denses et profondes, les ambiances suggĂšrent d’oniriques images. MĂ©tamorphosĂ©e par le chant voilĂ© et grave de DaymĂ© Arocena et par le violon translucide et interrogatif de Line Kruse, Invitation (BronisƂaw Kaper/Paul Francis Webster) se pare de mystĂšre sur un tempo Ă©tirĂ© comme en suspension. C’est par un contraste saisissant entre la profondeur du chorus de contrebasse et les sensibles aigus du violon que Line Kruse choisit de terminer l’album, avec une version de l’hymne national civil du Danemark, Det er et Yndigt Land qu’elle a arrangĂ© en guise de clin d’Ɠil plein de charme Ă  son pays natal.

« Invitation », un collier de neuf perles musicales somptueuses dont les reflets allient l’hĂ©ritage classique de Line Kruse, sa passion pour les compositeurs russes du dĂ©but du XXe siĂšcle et les rythmes populaires et savants de la musique cubaine. L’album dĂ©veloppe de nouvelles couleurs aux effervescences dynamiques. Servi par la souplesse et la dynamique des cordes alliĂ©es Ă  la polyrythmie cubaine, le violon cĂ©leste de Line Kruse accomplit des prouesses et vibre de lyrisme ou plane comme suspendu au firmament.

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Rendez-vous avec Line Kruse, Ă  20h30 le 26 octobre 2019 Ă  Paris pour le concert de sortie de l’album sur la scĂšne du Bal Blomet. La violoniste sera sur sur un scĂšne avec Harold Lopez Nussa (piano), Ruy Adrian Lopez Nussa (batterie) , DaymĂ© Arocena (voix), Christophe Wallemme (contrebasse), Abraham Mansfarroll-Rodriguez (percussions) et treize pupitres de cordes.

Obradović-Tixier Duo – « A Piece of Yesterday »

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Laurent Coulondre propulse « Meva Festa »

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AndrĂ© Minvielle revient avec « Ti’bal Tribal »

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Sur « Ti’bal Tribal », AndrĂ© Minvielle mĂšne le bal avec la verve, l’humour et l’inventivitĂ© qui lui appartiennent en propre. Il propose un bal euphorique et effervescent oĂč se tĂ©lĂ©scopent valse et cumbia, cha-cha et fandango. Avec sa fille Juliette et son complice de longue date, Fernand « Nino » Ferrer, le batteur et chanteur gascon fait danser la vie et le jazz. La frĂ©nĂ©sie affleure !

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« Saxophone Summit » présente « Street Talk »

« Saxophone Summit » présente « Street Talk »

Force vitale, liberté et inventivité.

Le fameux groupe « Saxophone Summit » prĂ©sente « Street Talk », son quatriĂšme opus. Le saxophoniste Greg Osby rejoint David Liebman, Joe Lovano et la superbe section rythmique inchangĂ©e depuis les dĂ©buts, avec Phil Markowitz, Cecil McBee, et Billy Hart. GĂ©nĂ©reux et exigeant, l’album rend hommage Ă  l’esprit de la musique de Coltrane. Porteur d’une intense force vitale, il dĂ©clenche des frissons de joie et un plaisir inouĂŻ.

Comme sur les trois prĂ©cĂ©dents disques, « Saxophone Summit » continue Ă  cĂ©lĂ©brer l’esprit de la derniĂšre pĂ©riode musicale du lĂ©gendaire John Coltrane sur le puissant « Street Talk » (Enja Yellow Bird/L’autre Distribution) sorti le 18 octobre 2019.

AccompagnĂ©s par une section rythmique Ă  la fois Ă©nergique et sensible, les saxophones de Dave Liebman, Joe Lovano et Greg Osby unissent la force de leurs chants et offrent une musique intense dont la puissance captive de bout en bout des huit plages de « Street Talk ». On est frappĂ© par les traits nerveux du soprano de Dave Liebman, les lignes Ă©thĂ©rĂ©es du tĂ©nor de Joe Lovano et les stridences de l’alto de Greg Osby. Un disque oĂč s’incarnent Ă  parts Ă©gales et pour le meilleur, libertĂ©, virtuositĂ© et inventivitĂ©.

« Saxophone Summit »

"Saxophone Summit" présente "Street Talk"En 2004, le « Saxophone Summit » originel constitué de David Liebman, Joe Lovano et Michael Brecker a enregistré « Gathering Of Spirits » (Telarc). AprÚs la mort de Michael Brecker (1949-2007) Ravi Coltrane à rejoint Liebman et Lovano et enregistré avec eux « Seraphic Light » (Telearc) en 2008 et « Visitation »(ArtistShare) sorti en 2014.

En 2019 sur « Street Talk », c’est au tour de l’icĂŽne du saxophone alto, Greg Osby, de rejoindre Lovano et Liebman. InchangĂ©e depuis les dĂ©buts du groupe, la section rythmique rĂ©unit le pianiste Phil Markowitz, le contrebassiste Cecil McBee et le batteur Billy Hart. A l’affĂ»t derriĂšre ses fĂ»ts et cymbales, Billy Hart diversifie son langage sans jamais se rĂ©pĂ©ter, pilote la section rythmique qui propulse le flux des trois saxophonistes dont chacun possĂšde un son unique et aisĂ©ment identifiable.

Le répertoire

« L’influence que Coltrane a sur Sax Summit est vivante, mais on fait exprĂšs de ne pas se faire dĂ©finir ainsi. On garde bien son esprit et joue des morceaux qui vibrent et touchent, mais la musique est la nĂŽtre – notre expĂ©rience collective. Nous avons trouvĂ© un tronc commun en gardant notre individualitĂ©, unique Ă  chacun de nous. » Dave Liebman.

Certes le groupe « Saxophone Summit » continue Ă  cĂ©lĂ©brer l’esprit de la musique de John Coltrane et Ă  restituer l’ambiance qui rĂ©gnait sur les scĂšnes de jazz de New-York Ă  la fin des annĂ©es 60 - dĂ©but annĂ©es 70. Par contre, pas question pour les familiers de l’univers de Coltrane que sont les membres de « Saxophone Summit », de rĂ©interprĂ©ter son rĂ©pertoire, ce qu’ils avaient partiellement fait au tout dĂ©but de leur rĂ©union mais dĂ©jĂ  abandonnĂ© sur « Visitation ».

En 2019, « Saxophone Summit » prĂ©sente « Street Talk » sur lequel le groupe fait le choix d’interprĂ©ter six compositions originales, une de chaque membre du groupe, auxquelles s’ajoutent une introduction et une fin librement improvisĂ©es par les seuls saxophones.

Impressions musicales

En prĂ©ambule, les Ă©lucubrations sonores des trois saxophones ouvrent l’album par les salutations spontanĂ©es d’une Intro qui ne manque pas de piquant.

Le rĂŽle crucial de la section rythmique frappe d’emblĂ©e sur Street Talk de Joe Lovano, enregistrĂ© sur « Landmark », son premier album sorti en 1990 chez Blue Note. Le pianiste butine les touches avec fĂ©rocitĂ© alors que la contrebasse trĂšs rĂ©active entre en rĂ©sonance avec les cymbales de la batterie. Le titre restitue les Ă©chos d’une conversation qu’Ă©changent les trois saxophones. Les riffs saccadĂ©s et vĂ©hĂ©ments du soprano tranchent avec la fluide Ă©nergie et le lyrisme chaleureux et intarissable du tĂ©nor. Ça joue, ça hurle… c’est inventif et vigoureux Ă  souhait !

Sur Point, la composition de Phil Markowitz, s’installe un climat Ă©trange ponctuĂ© de paroxysmes. Ce titre donne Ă  saisir la prĂ©cision et la soliditĂ© de la section rythmique qui laisse toute latitude aux solistes pour s’exprimer. Le soprano impĂ©tueux s’Ă©lance, l’alto musclĂ© et le tĂ©nor Ă©pais entreprennent un dialogue tendu qui inspire au piano organique un expressif chorus.

A capella, le lĂ©ger et presque vaporeux soprano ouvre le superbe Loudly de Dave Liebman qui enflamme ensuite lui-mĂȘme sa composition par une improvisation ancrĂ©e dans l’univers coltranien. Le tĂ©nor Ă  la sonoritĂ© dĂ©timbrĂ©e entretient ensuite le feu avec un lyrisme dĂ©bridĂ© qui inspire le piano. Du grand art orchestral qui regarde quelque peu du cĂŽtĂ© de chez Duke. La sonoritĂ© profonde et chaleureuse de la contrebasse Ă©lĂ©gante introduit le lumineux A Portrait composĂ© par Cecil McBee. Le soprano s’envole dans un swing au tempo dĂ©calĂ©, le tĂ©nor brille par sa fluiditĂ© et le piano par son Ă©clat. Lorsque les trois saxophones se retrouvent pour terminer, c’est saisissant et presque vertigineux.

ComposĂ© par Greg Osby, Carousel, dĂ©veloppe une Ă©criture musicale subtile, contrastĂ©e, voire cinĂ©matographique avec une ouverture oĂč piano et alto dialoguent en toute libertĂ©. AprĂšs un riff de contrebasse et des Ă©clats de cymbales, les trois saxophones entremĂȘlent leurs discours avec emphase et installent un climat qui suggĂšre le tournoiement d’un imprĂ©visible manĂšge.

C’est ensuite au tour de Billy Hart d’ouvrir sa composition Tolli’s Dance, arrangĂ©e par Dave Liebman. La sonoritĂ© Ă©paisse de la batterie aux rythmes croisĂ©s introduit la mĂ©lodie que tĂ©nor, alto et soprano exposent en contrepoint. L’alto se lance dans un chorus aĂ©rien et limpide et introduit une improvisation prĂ©cise de la contrebasse qui se love entre les pointillĂ©s que les baguettes esquissent sur les cymbales.

AprĂšs l’Ă©quilibre presque parfait de Tolli’s Dance, les trois saxophones se retrouvent sur Outro, en guise d’au revoir singulier qui boucle l’album en Ă©cho au bonjour de l’Intro.

Sur « Street Talk », tout est invention, point de surcharge, point de redite. Les trois saxophones, le piano, la contrebasse et la batterie ne cessent de se rĂ©inventer. DĂ©licate ou fĂ©roce, la section rythmique de « Saxophone Summit » offre aux soufflants un espace de libertĂ© trĂšs ouvert et propice Ă  d’effervescentes explosions ou Ă  de lyriques envolĂ©es. Un album gĂ©nĂ©reux et exigeant irriguĂ© d’une intense force vitale.  A Ă©couter sans modĂ©ration !

Obradović-Tixier Duo – « A Piece of Yesterday »

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