En trio, Philip Catherine présente « Manoir de mes Rêves »

En trio, Philip Catherine présente « Manoir de mes Rêves »

Des nuages de swing souple et sensible

Les guitares de Philip Catherine et Paulo Morello s’associent à la contrebasse de Sven Faller sur « Manoir de mes Rêves », un album délicieux et élégant. Le trio complice tisse une atmosphère teintée d’une tendre mélancolie. Virtuosité joyeuse et sensibilité lyrique se mêlent en un cocktail musical ressourçant. Limpide, la musique flotte sur de souples nuages de swing.

couverture de l'album Manoir de mes Rêves de Philip Catherine, Paulo Morello etSven FallerLes deux guitaristes Philip Catherine et Paulo Morello se connaissent depuis 2010. En 2017, ils s’associent avec le contrebassiste Sven Faller avec lequel ils s’engagent dans une collaboration complice.

Après le succès de leur tournée de 2018, ils décident de passer en studio et enregistrent un album qui porte le nom d’une de leurs compositions préférées de Django Reinhardt, « Manoir de mes Rêves » (Enja Yellow Bird/l’Autre Distribution) annoncé pour le 21 juin 2019.

Le répertoire de l’album propose des compositions du Paris des années 50 et 60 que Philip Catherine aimait quand il était un jeune mais il compte aussi des standards de jazz qu’il affectionne, deux mélodies associées à la chanteuse belge Maurane sans oublier la superbe bossa nova Recado et une version remarquable de To Philip, une composition du jeune pianiste italien Nicola Andrioli, membre du Philip Catherine quartet.

Le trio

Philip Catherine

Depuis les années 60, Philip Catherine est devenu une référence incontestable du jazz européen d’aujourd’hui. A 18 ans il tournait déjà en Europe avec le trio de Lou Bennett. Au fil des années et des collaborations menées avec Charles Mingus, Chet Baker, Stéphane Grappelli, Dexter Gordon, Larry Coryell, Tom Harrell, NHOP (pour n’en citer que quelques-uns), le guitariste belge a développé un style et une sonorité identifiables et uniques.Il a joué sur les scènes les plus prestigieuses, de la Philharmonique de Berlin au Carnegie Hall de New York, du Concertgebouw d’Amsterdam à l’Olympia et la Salle Pleyel à Paris.

Guitariste virtuose, Philip Catherine est aussi un compositeur talentueux. Il a enregistré plus de 20 albums sous son nom et collaboré avec de grands artistes de tous horizons. Sa carrière est couronnée de succès tant auprès du public que des professionnels ce qui lui a valu de recevoir le prix du « Best International Guitarist » lors des prestigieux Echo Jazz Awards 2016 à Hamburg, pour son album « The String Project – Live in Brussels » (ACT Music) sorti en sept 2015.

Paulo Morello

Très polyvalent, le guitariste allemand et aime le jazz et la musique brésilienne. En 2001, Paulo Morello s’est fait connaître en Europe et Amérique du Sud avec son projet “Bossa Nova Legends” mené avec Kim Barth (saxophone, flutes). On l’a aussi écouté aux côtés de l’organiste Jimmy Smith et de la chanteuse Roberta Gambarini, de Paul Kuhn, Ivan Lins, Airto Moreira, et des guitaristes Larry Coryell et Ulf Wakenius. Depuis de nombreuses années, avec Jermaine Landsberger (orgue, fender rhodes) et Christoph Huber (batterie), il poursuit son Trio “Hammond Eggs” qui  a invité le trompettiste Randy Brecker et les saxophonistes Bob Mintzer, Tony Lakatos et Kim Barth.

Avec son quartet qui réunit Lula Galvao (guitare), Dudu Penz (basse) & Mauro Martins (batterie), il a sorti en 2018 l’album « Sambop » (IN+OUT Records), un superbe mélange de jazz et de musique brésilienne.

Sven Faller

Entre 1994 et 2000, Sven Feller a vécu à New York, où il s’est fait connaître comme instrumentiste mais aussi comme un arrangeur et compositeur. Il a joué aux États-Unis, en Europe, à Singapour, au Mexique et au Brésil avec une variété d’artistes parmi lesquels les saxophonistes Chico Freeman, Scott Hamilton et Bobby Watson et les guitaristes Ulf Wakenius, Larry Coryell, Philip Catherine et Charlie Mariano.

« Manoir de mes rêves »

Le titre de l’album dit beaucoup de l’importance qu’a eue Django Reinhardt pour Philip Catherine mais les douze plages présentent une vision élargie des musiques qu’il affectionne et pratique.

Django, Brassens et Salvador

C’est sur un très souple tempo de bossa nova que le trio caresse tendrement Manoir de mes rêves, composé par Django Reinhardt. Les guitaristes sont complémentaires. Limpide et aérien, Philip Catherine glisse des inflexions bluesy alors que Paulo Morello se fait plus éloquent. Sur les harmonies lumineuses, le morceau distille un charme infini.

L’album ouvre avec les Amoureux des Bancs Publics, une composition de George Brassens. C’est le premier guitariste qu’a écouté Philip Catherine en 1954 et dont il a toujours apprécié les mélodies. Le trio insuffle une douce mélancolie à ce titre.

Sur l’album on retrouve deux morceaux composés par Henri Salvador qui a brièvement joué dans le groupe de Django. Les deux guitaristes s’expriment avec une légèreté sans pareille sur L’ombrelle et le Parapluie. Les phrases ciselées de Paolo Morello et les chorus en accords de Philip Catherine entretiennent un swing tout en retenue. Pas encore résonne d’une sobriété qui met en valeur la musicalité de cette composition qui flotte en souplesse et en légèreté au-dessus des cordes.

Clin d’œil à Maurane

Avec le titre de Michel Berger, Les Uns Contre Les Autres, Philip Catherine reprend sur l’album ce morceau qu’il a joué après la disparition la chanteuse belge en 2018. Tel un hommage, le titre est imprégné d’une émotion délicate et d’une chaleureuse tendresse. L’atmosphère demeure recueillie sur Enfant des Étoiles écrit pour Maurane par l’ami belge de Philip Catherine, Evert Verhees. Une plage empreinte de sobriété et de délicatesse.

To Philip, comme un songe

Composé par le pianiste Nicola Andrioli qui fait partie du quartet de Philip Catherine, To Philip représente sans doute un des points forts de l’album. Le morceau résonne comme un songe porté par la sonorité éthérée de la guitare de Philip Catherine.

Versus Jazz

Le trio adopte un tempo middle apaisant pour interpréter Insensiblement, la composition de Paul Misraki… un rien de tendresse saupoudrée par Philip Catherine et quelques pincées de lyrisme insufflé par Paulo Morello.

C’est une version mélancolique que le trio donne de Jardin d’Hiver, une composition peu connue de l’organiste Eddy Louiss, à ne pas confondre avec le titre d’Henri Salvador. Par contraste, Claudia’s Delight, composée par Paulo Morello et dédiée à sa femme, déclenche une furieuse envie de sautiller et de danser le foxtrot.

L’album se termine par les accords radieux de I’ll See You In My Dreams, cette composition d’Isham Jones que les trois complices revitalisent d’un élastique swing manouche. La mélodie est exposée par Philip Catherine et doublée en block chords par Paulo Morello.

Recado, un message ensoleillé

Avec une douce langueur ensoleillée, le trio reprend Recado, la célèbre composition du brésilien Djalma Ferreira. C’est avec le saxophoniste Barney Wilen que Philip Catherine avait découvert ce thème. Avec une maîtrise parfaite, le trio insuffle au morceau ce balanção si caractéristique qui étire et décale le tempo pour donner au final une impression de balancement élastique tout en souplesse.

Virtuoses sans jamais afficher leur technique, Philip Catherine, Paulo Morello et Sven Faller jouent dans une parfaite complémentarité. La formule de ce trio à cordes leur permet de montrer de nombreuses facettes de leur talent et leur octroie une grande liberté. Derrière une simplicité apparente, la musique de « Manoir de mes Rêves » propose des développements d’une richesse inouïe. La musique respire et procure une sensation de détente et d’apaisement.

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Clin d’œil à Gabriel Westphal & « Petites histoires »

Clin d’œil à Gabriel Westphal & « Petites histoires »

Histoire(s) d’un Circa’jazz étoilé

Il était une fois… les « Petites histoires », le premier album du batteur-compositeur Gabriel Westphal. Ce musicien complet a rejoint la compagnie du Cirque dans les Étoilés pour lequel il a composé et joué des morceaux lors de spectacles. Après un travail de réorchestration, il donne une vie autonome à ces « Petites histoires »… captures d’instants festifs, nostalgiques et poétiques d’un circa’jazz étoilé.

couverture de l'album Petites histoires de gabriel WestphalVibrer au rythme de l’actualité musicale demeure essentiel mais ne dispense pas porter un regard curieux sur des trésors qu’il serait dommage de rater au prétexte qu’un album serait paru en 2018.

Ce clin d’œil à « Petites histoires » (Music Box Publishing) est l’occasion de se projeter dans le monde sensible issu de l’imaginaire du compositeur et  batteur Gabriel Westphal. C’est de son expérience entamée en 2012 avec la compagnie du Cirque dans les Étoiles avec les Petites Histoires de Cirque qu’est né « Petite histoires », son premier album en tant que leader.

Gabriel Westphal

La carrière du jeune Gabriel Westphal est déjà riche de nombreuses expériences. Batteur, multi-instrumentiste, compositeur, il est aussi diplômé de Musiques Actuelles et est sorti major de la promotion 2012 du Centre des Musiques Didier Lockwood où il a étudié auprès de Benoît Sourisse, André Charlier, Jean Gobinet, Karl Jannuska, Frank Agulhon, François Laizeau, Mokhtar Samba…

Musicien complet, il a multiplié les expériences au sein de nombreux projets dans des styles très variés (jazz, rock, pop, funk, blues …). En 2012, il fonde Red Chocolate Trio où se rassemblent toutes ses influences et aussi All Mice, un projet plus jazz-pop. On le retrouve aussi avec le Wanderlust Orchestra ou Le Bal Jacquin. En 2012 il rejoint la compagnie du Cirque dans les Étoiles. Cette compagnie circassienne possède une école de cirque basée à Aubergenville et produit des spectacles en tournée. Elle évolue entre cirque et théâtre forain, jonglerie et théâtre d’objets.

De cette collaboration germe un projet très personnel qui va devenir « Petite histoires », le premier album en tant que leader de Gabriel Westpahl.

Du cirque à l’album

Le challenge était de taille… transposer en un récit musical cohérent, les pièces que Gabriel Westphal a composées et jouées avec Arthur Henn pour le Cirque dans les Étoiles. Au final, le pari est réussi, l’album est un enchantement.

A la suite d’un travail de réarrangement, le jeune compositeur est parvenu à développer des textures sonores singulières et sensibles. Pour les parties de contrebasse et de mandoline, Gabriel Westphal a fait appel à Arthur Henn, son compagnon de spectacles. Antoine Laudière (guitares, banjo) et Eric Allard-Jacquin (accordéon) les ont rejoints. Le leader a enregistré lui-même les autres instruments (batterie, percussions et instruments additionnels).

« Petites histoires » …

Au fil des dix-huit titres de l’album, on s’évade dans un univers singulier qui flirte entre jazz, musique manouche, chansons de naguère et rêveries poétiques. Teintées de mélancolie mais néanmoins porteuses de l’esprit de la fête, ces petites histoires musicales projettent des ambiances imaginaires et évoquent un monde riche en sensations et en émotions subtiles. Images de cirque d’une enfance révolue, souvenirs de musique des films italiens patrimoniaux de Nino Rota ou Ennio Morricone, pas de danses esquissées sur la piste des cabarets d’antan.

Musiques d’ici et d’ailleurs

Échos de musiques de l’Europe de l’Est sur Les doigts du rabbin, tempo médium swing et mélodie bluesy de Boulinette, réminiscence de jazz manouche sur l’ébouriffant Wake Up.

Sur les ailes de la mélodie

On ne se lasse pas d’écouter Petites histoires, cette simple et belle mélodie où l’accordéon radieux s’envole sur un tempo blue grass joué au banjo et à la contrebasse.

Et si l’on dansait ?

On se prend à danser le cha-cha-cha et à clopiner au sons des claves de Montagne russe, on esquisse un pas de tango sur un Tour de piste, superbe ballade peu orthodoxe où accordéon et mandoline se marient et où l’esprit de Piazzola affleure sous la mélodie légère. On se laisse entraîner au rythme du mélancolique Strange Stuff qui hésite entre boléro et rumba, sans oublier de valser à en perdre haleine sur cette Moulinette où l’accordéon regarde du côté de Rota puis d’Azzola à moins que l’on ne préfère chalouper sur Valseuse, une java-valse coquine où accordéon, mandoline et banjo croisent leurs notes.

Promenade au pays du rêve et de la magie

On déambule les mains dans les poches sur Petit à petit puis on continue la promenade sur le swinguant Pile ou face. Vient ensuite le temps de rêver sur Tintin, d’imaginer un spectacle de magie en écoutant Mr vp ou de vivre un tour de prestidigitation avec Le fakir, composition insolite et intrigante.

Cinéma et conte d’antan

Welcome résonne de la nostalgie d’un voyage dans les studios du cinéma de Fellini alors que sur Tom Pouce, le banjo résonne de la nostalgie des ambiances chères à Ennio Morricone. La petite fille aux allumettes ravive les couleurs émouvantes de l’orgue de barbarie qui résonnait dans les ruelles enneigées des contes d’antan.

Construit avec équilibre par Gabriel Westphal, l’assemblage des tableaux de « Petites histoires » fait varier les ambiances qui s’enchaînent avec beaucoup de fluidité. Le sourire aux lèvres et des étoiles plein les yeux, on se laisse porter au fil des dix-huit pistes de l’opus sans jamais s’ennuyer.

 
Après avoir écouté l’album, RV avec le Cirque dans les Étoiles pour deux représentations exceptionnelles de « Petites histoires de cirque »  à Aubergenville les 23 et 25 juin 2019.
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Luca Aquino dévoile « Italian Songbook »

Luca Aquino dévoile « Italian Songbook »

La musique navigue entre intimité et lyrisme

Le trompettiste italien Luca Aquino revient avec « Italian Songbook ». Il dédie son nouveau projet aux standards de la musique italienne. Le répertoire de l’album explore musiques de film, grandes chansons de cantautori et fait un détour du côté de Chet Baker. Avec le pianiste Danilo Rea, l’accordéoniste Natalino Marchetti et Orchestra Filarmonica di Benevento, la musique navigue entre intimité et lyrisme.

Après « OverDOORS  » sorti en 2015 en hommage au groupe The Doors, Luca Aquino est retourné en studio avec un nouveau projet dédié à la musique italienne. Annoncé pour le 14 juin, l’album « Italian Songbook » (ACT/PIAS) restitue l’amour du leader pour les standards de son pays.

Luca Aquino

Reconnu pour ses projets innovants et le son unique de son instrument, Luca Aquino est l’un des plus talentueux joueurs de trompette italiens contemporains.

Né à Bénévent, dans le sud de l’Italie, il s’est formé à la trompette en autodidacte à partir de l’âge de dix-neuf ans. Après un premier album sorti en 2007 chez Universal Music en tant que leader, “Sopra Le Nuvole”, il enregistre un an plus tard “Lunaria” avec Roy Hargrove et Maria Pia De Vito en tant qu’invités, et remporte le prix “Top Jazz” décerné par le magazine italien Musica Jazz. Il grave ensuite des projets variés, « Amam  » (2009) puis « TSC », « Icaro Solo » (2010) avec solo de trompette et musique électronique.

Luca Aquino entreprend ensuite de nombreuses collaborations avec des musiciens et des artistes parmi lesquels on peut noter Mimmo Paladino, Manu Katché ou Carmine Ioanna avec lequel il enregistre « aQustico » (2013) chez Tuk Music. En 2015, le trompettiste sort son septième album en tant que leader, « OverDOORS », un hommage personnel à son groupe préféré, The Doors. 2016 est l’année de la production et de la commercialisation de la trompette signée “Aquino”, fabriquée à la main par l’artisan hollandais Hub Van Laar, sur la base de son style musical.

Le trompettiste Luca Aquino

Luca Aquino©Andrea Boccalini

Luca Aquino fait figure d’explorateur sonique innovant. Son dernier projet monumental de 2015 a été l’enregistrement d’un album sur le site archéologique de Pétra, en Jordanie, en collaboration avec l’Orchestre National Jordanien.

Pourtant le destin a changé le cours de la vie de Luca Aquino. En effet, alors qu’il s’apprêtait à aller sur un « Jazz-vélo-Tour » durant l’été 2017, il a contracté une paralysie soudaine et aiguë du nerf facial (paralysie de Bell) qui l’a empêché de toucher la trompette durant plus d’un an avant de relancer sa carrière. Le musicien a profité de cette période pour concevoir son projet « Italian Songbook », un opus très personnel en hommage à la musique traditionnelle et aux chansons populaires de son pays natal.

Standards de la musique italienne

Les douze titres de l’album « Italian Songbook » explorent un répertoire très large, depuis de légendaires musiques de film écrites par Ennio Morricone et Nino Rota jusqu’aux grandes chansons de cantautori, (chanteurs italiens) comme Luigi Tenco, Lucio Dalla et Fabrizio De André. Le leader étend même sa recherche en direction de pionniers de la musique italienne largement oubliés tels que Mario Pasquale Costa et Gorni Kramer. Il invite aussi un titre de Chet Baker, ce trompettiste qui lui est si cher.

Les musiciens

Enregistré en mars 2019 entre Rome, Naples et Turin, l’album restitue une musique qui navigue entre l’intimité de petites formations et l’opulence d’un accompagnement orchestral.

Ainsi, cette dichotomie contribue elle aussi à la singularité de cet « Italian Songbook ». L’opus propose donc une superbe alternance avec d’une part, huit titres empreints de douceur et de tendresse que Luca Aquino interprète soit en duo avec l’accordéoniste Natalino Marchetti, soit en trio quand le  pianiste Danilo Rea les rejoint. Le trompettiste se produit aussi en trio avec le guitariste Rino De Patre et le pianiste Fabio Giachino.

Parmi ces morceaux plutôt intimistes, l’album intercale quatre autres plages enregistrées avec le somptueux Orchestra Filarmonica di Benevento dirigé par Giovanni Francesca avec Fabio Giachino (piano, claviers), Rino De Patre (guitare) et Ruben Bellavia (batterie).

« Italian Songbook »

En duo

couverture de l'album Italian Songbook de Luca AquinoL’album ouvre et se termine avec deux titres interprétés en duo par Luca Aquino avec l’accordéoniste Natalino Marchetti. D’abord un premier hommage à Ennio Morricone avec la somptueuse mélodie de Deborah’s Theme du film « Il était une fois l »Amérique » de Sergio Leone que le bugle développe avec douceur et émotion. Pour finir, le duo rend hommage à Nino Rota et offre une version très simple et très expressive de la Strada.

En trio

  • Avec accordéon et piano, Luca Aquino offre une version lyrique de Scalinatella, la romance du compositeur napolitain Guiseppe Cioffi. Plus loin, soutenue par l’arrangement lumineux de ses deux compères, la trompette atmosphérique chante littéralement Caruso de Lucio Dalla. Les trois complices distillent ensuite avec douceur et sérénité, Un giorno dopo l’altro, la chanson de Luigi Tenco qui évoque la « fuite du temps ». La sonorité plaintive de la trompette se marie à merveille avec le contrechant de l’accordéon. Le trio parvient plus tard à faire valser Era de Mario Pasquale Costa et la trompette teinte la chanson napolitaine d’inflexions évoquant la saudade du fado. Pour finir, le même trio pare Anema e core d’une douce poésie qui touche vraiment l’âme et le cœur.
  • Avec guitare et piano, le trompettiste propose une version facétieuse de Pippo non lo sa de Gorni Kramer. Cette pièce écrite à l’origine pour traiter de la censure du régime fasciste, adopte ici un propos jazzy très virtuose et plein d’humour.

Avec l’Orchestra Filarmonica di Benevento

Sur quatre titres l’orchestre philharmonique est aux côtés de Luca Aquino. Sur La canzone dell’amore perduto, la trompette aérienne insuffle une brillance dramatique à la chanson de Fabrizio de André. Plus loin, la chanson d’amour Storia d’amore d’Adriano Celentano est ressourcée par l’orchestre philharmonique qui magnifie la trompette avec sourdine du leader.

L’orchestre ré-harmonise ensuite Almeno tu nell’ universo de Maurizio Fabrizio mettant en relief la sonorité nostalgique de la trompette rejointe par les claviers étranges. Enfin, c’est au trombone à pistons que Luca Aquino interprète So che ti perdero composé en 1962 par Chet Baker sous le titre I know i will lose you. On se souvient que le titre fut dirigé et arrangé par Ennio Morricone. La mélodie soufflée par le trombone se fait voluptueuse alors que le piano virtuose virevolte comme un papillon sur les volumes orchestraux somptueux.

Chaque note de cet « Italian Songbook » témoigne de la dévotion que Luca Aquino voue à son héritage musical. Le trompettiste parvient à faire ressortir la beauté de ces mélodies bien connues qui s’imprègnent de douceur et d’émotion. Un hommage émouvant à la musique italienne qu’il plait à écouter du plus tendre matin jusqu’au bout de la nuit la plus longue

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L’album « Zëss » célèbre les 50 ans de Magma

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Magma… c’est reparti de plus belle !

Zëss est une œuvre musicale de Christian Vander. Quatre décennies après sa première esquisse, l’œuvre est enfin gravée, après avoir trouvé la formule orchestrale qui lui donne à la fois sa véritable dimension onirique et la force de son dépassement. La sortie de l’album « Zëss »… le jour du Néant est l’occasion pour le groupe de repartir de plus belle !

couverture de Zess, l'album de MagmaMagma fête ses 50 ans avec faste… En effet, le 28 juin 2019, marque la sortie de l’album « Zëss », le Jour du Néant (SeventhRecords/Bertus France) et le début d’une tournée mondiale qui débute avec un concert exceptionnel donné à la Philharmonie de Paris, ainsi que des participations à plusieurs festivals prestigieux en France avant une nouvelle tournée internationale.

Pour son cinquantenaire, le légendaire groupe Magma a en effet conçu l’opus « Zëss » comme un Véritable Évènement avec un enregistrement complètement réalisé en studio. En cela, il se démarque des nombreux enregistrements live habituels. De plus, le groupe a mis les petits plats dans les grands avec un chœur de neuf voix, une rythmique étoffée et un orchestre philharmonique.

Rythmique, chants et orchestre philharmonique

Les 38 minutes de musique composée par Christian Vander ont été enregistrées en 2018. Francis Linon et Arthur Gouret ont mis en boîte la rythmique en septembre 2018 au studio Sextan-La Fonderie. Cette rythmique réunit Morgan Agren à la batterie, Philippe Bussonnet à la basse et un ancien membre de la mouvance magmaïenne qui est toujours resté proche du groupe, le batteur Simon Goubert qui tient le piano pour l’occasion. La partie guitare de Rudy Blas a été enregistrée en décembre 2018 à Greasy records studio par Francis et Marcus Linon.

Les chants ont été captés entre septembre et décembre 2018 aux studios Sextan, UZ, et Greasy records par Francis Linon. Christian et Stella Vander assurent les soli. Dans le chœur cette dernière est entourée des cinq voix féminines de Isabelle Feuillebois, Julie Vander, Sandrine Destafanis, Sylvie Fisichella et Laura Guarrato et de voix masculines, celles de Hervé Aknin et Marcus Linon.

C’est le saxophoniste Rémi Dumoulin qui écrit les orchestrations pour The City of Prague Philharmonic Orchestra dirigé par Adam Klemens. Pour finir, « Zëss » a été mixé à UZ studio en janvier 2019 par Francis Linon et masterisé à Greasy records studio par Marcus Linon.

Le résultat final est fascinant. De « Zëss » se dégage une force inouïe comme si le Jour du Néant annonçait celui du recommencement. En tout cas pour Magma, ça continue de plus belle !

Une tournée internationale

Après le concert annoncé 26 juin 2019 à la Philharmonie de Paris avec au moins trois heures et de nombreuses surprises, Magma, continue sa tournée  le 02 juillet 2019 au Nuits de Fourvière, le 06 Juillet 2019 au festival Off de Carcassonne, le 16 Juillet 2019 dans la pinède du Festival Jazz A Juan, le 16 Août 2019 au Motocultor Festival ) Saint Nolff et se poursuit au japon, en Allemagne, Suède, Angleterre, Belgique… ICI pour consulter la liste actualisée des concerts officiels.

Toujours à la barre de Magma, Christian Vander frappe un grand coup pour les 50 ans de Magma dont l’actualité a de quoi en faire rêver (ou blêmir, c’est selon) plus d’un groupe. « Zëss »… Le Jour du Néant, ce n’est pas rien !  Un album coup de poing suivi d’une tournée grandiose. Pas question de bouder son plaisir, le disque ET un concert (ou plus), on n’est pas obligé de choisir !

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Rosario Bonaccorso publie « A New Home »

Rosario Bonaccorso publie « A New Home »

En quartet, il invite Stefano Di Battista

A la tête de son quartet, le contrebassiste Rosario Bonaccorso a sorti « A New Home », un nouvel album aux échos méditatifs. Plutôt intimiste, l’opus n’en demeure pas moins porteur d’une énergie vitale perceptible. Le leader partage cette nouvelle étape musicale avec le saxophoniste Stefano Di Battista qui rejoint le groupe sur quatre plages. Il fait bon pénétrer dans l’univers inspiré du contrebassiste italien.

Couverture de l'album de Rosario Bonaccorso, New HomeAprès « Viaggiando » (2015) et « A Beautiful Story » (2017), le contrebassiste Rosario Bonaccorso revient avec onze compositions originales sur l’album « A New Home » (Via Veneto Jazz/Jando Music) sorti le 16 mai 2019.

Le leader retrouve deux compagnons déjà présents à ses côtés sur l’album « A Beautiful Story » (Via Veneto Jazz/Jando Music), le pianiste Enrico Zanessi et le batteur Alessandro Paternesi lesquels sont rejoints par Fulvio Sigurtà (trompette, bugle). Sur quatre morceaux, le quartet invite le saxophoniste Stéfano Di Battista (saxophones soprano et alto) avec lequel Rosario Bonaccorso a collaboré pendant plus de vingt ans puisqu’il a joué dans ses groupes à partir de 1997.

A New Home, un univers riche en nuances

Écouter « A New Home » c’est comme pénétrer, avec sa permission, dans l’intimité de Rosario Bonaccorso. En effet, via ses compositions, le contrebassiste ouvre les portes de son nouvel univers musical où coexistent sérénité méditative et groove flamboyant.

Après plusieurs décennies de sa vie consacrées à la musique, le contrebassiste Rosario Bonaccorso renouvelle sa musique et lui donne de nouvelles perspectives. Le leader dit « exprimer [ses] sentiments à travers la musique de ce nouvel album qui est un hommage à la vie. » Un album comme le portrait d’un moment de vie où le compositeur évoque l’importance du temps à travers onze compositions.

Un quartet vibrant et romantique à la fois

Le quartet s’exprime sur sept titres qui brillent par leur intensité narrative et par des climats dont les couleurs varient. En ouverture, la mélodie vibrante de romantisme de Re and Ro évoque la complicité qui unit le contrebassiste à sa muse et compagne Rosario et Renate.

Plus loin, sur Ciaramell la ligne lancinante soufflée par la trompette au-dessus des roulements de tambours rappelle l’univers de Nino Rota. Le piano et la contrebasse esquissent en arrière-fond un enlacement musical esquissé sur un rythme de tango. Nostalgique et ludique à la fois. La superbe ballade Lonely Heart, résonne ensuite comme une véritable ode où la ferveur est incarnée par la trompette, la grâce par la piano, la bienveillance par la contrebasse et la tendresse par le balayage feuilleté des balais sur les cymbales et les peaux.

L’atmosphère évolue avec Strange Weather où règne un climat étrange. La trompette virtuose voltige au-dessus du filet que tendent pour elle piano, contrebasse et piano. Nouveau changement de climat avec Crepuscolo qu’introduit la contrebasse à la sonorité grave et boisée dont le chant recueilli annonce la tombée du jour. La voix lumineuse de la trompette allume les étoiles qui illuminent la nuit alors que piano et batterie s’élèvent au firmament.

Une fois la nuit tombée, advient Le Note del silenzio. Le jeu émotionnel de la contrebasse et la sonorité voilée de la trompette bouchée laissent deviner le cheminement des pensées dans le silence au fil du temps que le piano et la batterie objectivent avec délicatesse. Le quartet interprète plus tard une romantique Waltz for George Sand où la contrebasse et le piano dialoguent avant de laisser s’écouler les pleurs de la trompette qui larmoie dans sa sourdine. Sans doute un clin d’œil en souvenir des voyages de la romancière en Italie.

Un quintet tonique et fantaisiste

Le saxophoniste Stefani Di Battista joint ses saxophones au quartet sur quatre titres. Viva Lorenzo célèbre la naissance du petit-fils du leader. Balbutiements de l’enfant, chant cristallin du soprano, comptine égrénée par le piano sur les battements de cœur de la contrebasse et le rythme vital que pulse la batterie avec tendresse. Soprano et bugle célèbrent la vie du nouveau venu avec des inflexions célestes et gorgées d’émotions. Le quintet s’envole dans les cieux d’un univers qui rayonne de joie.

L’ambiance se transforme avec Dubbididibba dont le thème est exposé par l’alto et la trompette complices. Le style funky du morceau reprend avec fantaisie l’atmosphère des compositions d’Horace Silver. Le solo de l’alto est habité d’une intensité foudroyante qui déclenche au passage une véritable tornade rythmique. Ce titre permet d’écouter un chorus de contrebasse où Rosario Bonnacorso s’accompagne de la voix.

L’alto revient plus tard sur Luna rossa qu’il éclabousse d’énergiques saveurs soul-funk. Contrebasse, piano et batterie ne sont pas en reste et pousse le soliste dans ses retranchements. Alto et trompette s’entendent comme larrons en foire et leurs riffs contribuent pour beaucoup aux couleurs flamboyantes du morceau.

L’album se termine avec le titre qui donne son nom à l’album? A New Home. Le climat musical restitue une impression de profonde sérénité. Les spirales lyriques du soprano esquissent la silhouette d’un espace qui pourrait abriter le bonheur intérieur, tel que le conçoit le compositeur.

L’album de Rosario Bonaccorso, « A New Home » doit autant aux climats méditatifs qu’aux ambiances plus effervescentes. Le propos musical élégant séduit par ses nuances et la qualité des mélodies que l’on mémorise. On se prend à fredonner avec le sourire !

La “Nuova Casa” di Rosario Bonaccorso, un nuovo punto di partenza

"A New Home” è il titolo del nuovo cd di Rosario Bonaccorso - Jando Music & Via Veneto Jazz con il featuring di Stefano Di Battista–SINOSSI http://bit.ly/2VuG5uxSpotify https://spoti.fi/2JrLsIL iTunes ITA https://apple.co/2Q6JPAEiTunes USA https://apple.co/2Q8qUpbAmazon https://amzn.to/2JN89qi–Rosario Bonaccorso | contrabbassoStefano Di Battista | soprano e alto sax Fulvio Sigurtà | tromba e flicorno Enrico Zanisi Official | pianoforteAlessandro Paternesi Official | batteriaNel video, le date dei concerti di presentazione: > Una “Nuova Casa” dove uomo, spirito e musica, si ritrovano creativamente ad un nuovo punto di partenza. Compiuti i sessant’anni d’età di una vita vissuta in musica, da questa “Nuova Casa” Bonaccorso comincia a guardare da una prospettiva ancora più interiore, un cambiare e cambiarsi, accogliendo i mutamenti della vita con l’amore per una creatività diventata più meditativa.

Publiée par Rosario Bonaccorso sur Mardi 14 mai 2019

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Clin d’œil à Gaël Horellou & « Tous les Peuples »

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Jazz & Maloya, deuxième volume

Deux ans après l’énergique album « Identité », le saxophoniste Gaël Horellou revient et fait de nouveau converser jazz et maloya dans un nouvel opus intitulé « Tous les peuples ». Les compositions unissent la puissance des voix et des percussions traditionnelles du maloya à un combo jazz aux sonorités éclatantes. La magie continue à opérer et la musique expressive ne manque pas de nuances !

couverture de l'album Tous les Peuples de Gael HorellouSur l’album « Tous les Peuples » (Breakz/Socadisc) à sortir le 07 juin 2019, le compositeur et saxophoniste Gaël Horellou continue à faire dialoguer avec réussite le maloya de l’océan Indien et un jazz vigoureux. La fusion opérée sur l’album « Identité », sorti en 2017 est de nouveau au centre du discours musical de l’alto qui retrouve sur ce nouvel opus la plupart de ses compagnons de l’album précédent auxquels se joignent quelques invités.

Après avoir mis en conversation Jazz et Maloya une première fois sur le superbe album « Identité », le leader revient avec « Tous les peuples », un deuxième volume qui explore plus avant le projet. Il partage la musique avec des musiciens réunionnais qu puisent dans leur patrimoine musical traditionnel pour formaliser le terrain de partage où se rencontrent le jazz et la musique créole réunionnaise.

L’équipe de l’album

©Alexis Horellou

Autour de lui, Gaël Horellou a réuni l’organiste Florent Gac, le guitariste réunionnais Nicolas Beaulieu ainsi qu’une rythmique de percussions traditionnelles réunie autour de Vincent Philéas avec Frédéric Ilata, Vincent Aly Béril et Émilie Maillot. Le tromboniste Teddy Doris et le saxophoniste ténor Maxence Emprin renforcent le groupe sur le titre qui donne son nom à l’album. Pascal Bret chante sur le titre Veli qu’il a par ailleurs composé.

« Tous les peuples » a été enregistré en avril 2018 à l’Espas Leconte de Lisle de Saint-Paul (Réunion) par Gilles Stym puis mixé et mastérisé par Dominique « Dume » Poutet. Réalisée par le dessinateur de BD Alexis Horellou, la pochette aux couleurs chaleureuses laisse percevoir avant même l’écoute de la galette combien l’album incite au mouvement et au partage.

Jazz et Maloya

Sans reprendre en détail la riche expérience musicale de Gaël Horellou consultable sur son site et déjà présentée sur la chronique de l’album « Identité », on ne résiste pas à évoquer la trajectoire qui l’a mené de 1994 avec le collectif MU à ses projets actuels en passant par les proximités musicales vécues auprès de Laurent de Wilde, Luigi Trussardi, NHX et bien d’autres jazzmen prestigieux.

En 2011, le saxophoniste altiste est tombé sous le charme de l’identité rythmique de la musique de l’océan indien.  Il a trouvé un lien entre le phrasé de ce rythme ternaire réunionnais et celui du jazz et a saisi la parenté qui existe entre les origines des deux musiques, cette Afrique qui a autant inspiré la musique créole de la Réunion et que le jazz.

« Tous les Peuples »

Sur l’album la puissance de la percussion et celle du chant se conjuguent avec l’orgue, le saxophone alto et la guitare; Il en découle un mélange inédit dont la richesse explose de mille éclats. Sur tous les titres, la rythmique sous-tend toujours le mouvement, qu’elle passe de la jubilation la plus effrénée à la plus tendre syncope.

Sur les huit titres de l’album auquel s’ajoutent deux des morceaux repris en format radio, quatre compositions sont à porter au crédit de Gaël Horellou. Deux morceaux sont co-composés par le leader et Nicolas Beaulieu alors que sur un autre titre le saxophoniste a mêlé son écriture à celle de Vincent Aly Béril.

Spirit of Africa (coécrit par le leader et Vincent Aly Béril) débute comme une prière mais très vite la rythmique convoque le maloya et fait danser les mesures. Les voix et l’orgue donnent une superbe dynamique à Jazz Kabaré co-composé par Gaëil Horellou et Nicolas Beaulieu.

Tous les Peuples ne se contente pas de donner son nom à l’album. Il électrise le tempo et l’atmosphère. En effet, irrésistiblement et sans délai les percussions s’expriment sur le riff que perpétuent énergiquement guitare et saxophones puis orgue. La guitare enflamme le morceau et pimente le climat jusqu’à le rendre incandescent alors que l’orgue reprend le riff. Les sonorités cuivrées du ténor de Maxence Emprin et du trombone de Tedy Doris se joignent à la fête. Durant plus de dix minutes, l’alto souffle sur les braises rougeoyantes de la musique que le combo tout entier alimente avec une vigueur peu banale. Les spirales musicales tournoient sans répit jusqu’au paroxysme, jusqu’à la transe.

Tizafer résonne comme un blues déchirant que la voix de l’alto entame, vite rejoint par les percussions et l’orgue. La prière s’élève portée par une rythmique délicate. Cabri Massalé introduit par l’orgue et les percussions enflamme de nouveau la musique. L’alto et la guitare ne sont pas en reste et les syncopes se succèdent alors que le saxophone déroule un long chorus aux accents déchirants précurseurs d’une Gigue Créole qui porte bien son nom. Le morceau engage en effet à une danse endiablée. L’orgue chante avec superbe puis cède la place à un splendide chorus de percussions et un alto frénétique qui mène le bal jusqu’au bout de la piste.

Composé et chanté par Pascal Bret, Veli débute comme une incantation qui se poursuit par le balancement irrésistible de la procession funèbre que tous les musiciens accompagnent.  Plus tard, le chant prière de l’alto ouvre Kraz Maloya. La voix d’Émilie Maillot le rejoint puis les percussions prennent le dessus et entraînent saxophone, guitare et orgue dans des échanges où le jazz fait entendre sa voix. Le morceau conçu par le leader et Vincent Philéas fait aussi la part belle aux percussions avant que les voix ne viennent les rejoindre.

De bout en bout, « Tous les Peuples » réussit le challenge de tresser une nouvelle langue musicale qui réunit jazz et maloya sans qu’aucune des deux musiques n’y perde son âme. Impossible de résister à ce cocktail qui fait alterner rythmiques effrénées, riffs exaltés avec mélodies et chorus nostalgiques ou déchirants. A savourer en attendant, qui sait, un troisième volet.

Après le concert du 10 juillet 2019 programmé au New Morning à Paris pour la sortie de l’album, Gaël Horellou et ses compagnons vont sillonner l’hexagone durant l’été. ICI pour en savoir plus sur les concerts et vivre live la musique de « Tous les Peuples ».

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