David Linx et Michel Hatzigeorgiou signent « The Wordsmith »

David Linx et Michel Hatzigeorgiou signent « The Wordsmith »

Élégance et émotion sont au rendez-vous

La voix de David Linx et la basse électrique de Michel Hatzigeorgiou ouvrent les portes de l’univers intime et sensible de l’album « The Wordsmith ». Avec sobriété le duo complice délivre un opus sensible et chaleureux. Le répertoire élégant et poétique recèle des moments de grâce d’une infinie légèreté.

Le 08 mars 2019, l’album « The Wordsmith » (Sound Surveyor Music/L’Autre Distribution) finalise un projet que le chanteur David Linx et le bassiste Michel Hatzigeorgiou envisageaient depuis longtemps. Les deux musiciens de jazz sont parvenus à se dégager de leurs nombreux projets personnels pour se retrouver en duo dans le Studio Red H de Bruxelles où ils enregistrent un répertoire de neuf titres.

Les portées tiennent lieu d’enclume aux deux musiciens qui forgent la musique, jouent avec les mots, jonglent avec les notes et peaufinent les harmonies. Leur talent et leur complicité fait le reste. En duo David Linx et Michel Hatzigeorgiou façonnent un jazz émotionnel, poétique et élégant.

David Linx et Michel Hatzigeorgiou

On ne présente plus ces deux artistes que le jazz européen a consacrés depuis longtemps.

Depuis 1990, David Linx a imposé son chant qui fait référence dans le monde du jazz vocal actuel. Animé par une énergie intarissable, le chanteur originaire de Belgique et aujourd’hui installé à Paris, a parcouru un chemin riche et varié qui l’a mené de « Upclose » (1996) gravé en duo avec Diederick Wissels à ce nouveau duo enregistré en 2019 avec le bassiste Michel Hatzigeorgiou. Ce dernier s’est fait un nom au sein du groupe « Aka Moon » avec lequel il évolue depuis les années 1990.

Après s’être souvent croisés et avoir projeté de travailler ensemble, les deux compatriotes conjuguent leurs écritures sur « The Wordsmith » qui les réunit enfin.

« The Wordsmith », un album élégant où affleure l’émotion

« The Wordsmith » révèle une musique très sobre qui convie le silence, soigne textes et mélodies et peaufine les climats harmoniques.

La poésie des narrations rebondit sur des mélodies sophistiquées. Jamais démonstrative la voix explore avec souplesse l’étendue de sa tessiture dans ces scats aériens et inventifs qui caractérisent l’art de David Linx. Au fil des mesures, Michel Hatzigeorgiou fait chanter sa basse électrique comme une guitare et dessine des mélodies qui croisent celles de la voix. Il libère les harmonies qui ouvrent l’espace de liberté au chant.

Une telle entente repose certes sur une complicité avérée mais ne serait pas possible sans une écoute de chaque instant.

Au fil du répertoire

Sans esbroufe, les deux artistes livrent cinq compositions personnelles écrites à quatre mains , On A Lonely Crowded Street à porter au crédit de David Linx, Downriver Bound coécrit par David Linx et Mario Laginha et deux reprises.

En ouverture, On A Lonely Crowded Street laisse percevoir la vibration intime qui relie les deux musiciens. Le duo enchaîne ensuite avec la mélodie lumineuse de I Walk Alone où le scat du chanteur s’harmonise parfaitement sur les lignes de la basse qui pulse avec allégresse. Couverture de The Wordsmith, l'album    de David Linx et Michel HatzigeorgiouPlus tard, la voix chaude pose des couleurs déchirantes sur The Wind Cries Mary. Sur cette version que le duo donne du titre de Jimi Hendricks, le son grave et ronflant de la basse accentue encore le côté soul du morceau.

Le duo change ensuite de registre et convoque le silence sur On Either Side qui génère une vive émotion. Sur Downriver Bound la voix se fait la fois grave et aérienne et la basse sonne vraiment comme une guitare pour accompagner le chant céleste. Le dialogue continue en totale synergie sur Jessica Smokes où les mots voltigeurs épousent les notes ciselées de la basse. Chanté en Portugais, Rosa restitue vraiment l’esprit de la composition du compositeur brésilien Pixinguinha. La maîtrise absolue du scat vocal charme par son élégance et inspire à la basse un solo mélodieux.

Sur No More Unfinished Business et son tapis d’harmonies oniriques, la voix module avec grâce et dessine les contours d’un monde éthéré. L’album se termine avec The Wordsmith sur lequel une alchimie fascinante unit la poésie des mots et la ligne mélodique de l’instrument. Une osmose parfaite scelle la voix et la basse.

« The Wordsmith » tresse des mélodies sophistiquées et invite le silence à pénétrer dans l’intimité qui unit la voix de David Linx et la basse de Michel Hatzigeorgiou. En faisant le choix de la sobriété, les deux musiciens offrent un répertoire poétique qui capture la légèreté d’un soupir et explore les profondeurs de l’âme. Avec souplesse le duo voltige entre ces deux dimensions et explore un large spectre d’émotions sans jamais céder ni à la facilité ni à la démonstration. Un album à partager largement.

RV le 17 avril 2019 à 21h au Studio de l’Ermitage de Paris pour écouter live le répertoire de « The Wordsmith » interprété par David Linx et Michel Hatzigeorgiou

Clin d’œil à Joachim Caffonnette Trio & « Vers l’Azur Noir »

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Le concert solaire de Camille Bertault à Ecully

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Clin d’œil à Dreisam & « Upstream »

Clin d’œil à Dreisam & « Upstream »

Déambulation musicale colorée

Le trio Dreisam revient avec « Upstream », son deuxième album enregistré aux Studios la Buissonne. Toujours sous-tendues par un lyrisme devenu marque de fabrique du groupe, les ambiances aériennes se font turbulentes ou audacieuses. Le trio fait évoluer sa musique avec un brin d’électricité mais conserve son identité. Une déambulation musicale dans des paysages aux couleurs intenses.

Depuis sa création, le trio germano-franco-brésilien Dreisam s’est forgé une identité et a obtenu un succès confirmé au fil des concerts et des années.

Après « Source » (Diapason/Absilone), un premier album paru en 2014, Dreisam est retourné aux Studios la Buissonne pour enregistrer son deuxième opus. « Upstream » (Jinrikisha Production/Inouïe Distribution) est annoncé pour le 05 avril 2019.

Le trio Dreisam

Fondé en 2011, Dreisam réunit la saxophoniste Nora Kamm, le pianiste Camille Thouvenot et le batteur Zaza Desiderio, trois lyonnais d’adoption qui mènent par ailleurs d’autres projets personnels.

Issu d’horizons géographiques variés, le trio nourrit son inspiration des différentes cultures musicales dont les musiciens sont issus. Cette richesse contribue sans doute à fonder l’identité du groupe. Une autre clef de la singularité de Dreisam réside dans un répertoire constitué à parts égales de compositions de chacun des artistes.

En géométrie on parlerait de triangle équilatéral. En jazz on serait tenté d’utiliser le néologisme équitrio pour évoquer l’équilibre qui caractérise Dreisam tant au niveau des compositions, que de la construction et de l’expression musicales.

L’album « Upstream »

couvertue de l'album Upstream du trio DreisamEnregistré, mixé et mastérisé entre mai et juillet 2018 aux studios la Buissonne par Gérard de Haro, l’album « Upstream » s’inscrit dans la continuité de « Source »… comme une déambulation musicale dans des paysages familiers dont les couleurs renouvelées stimulent l’écoute.

Sur l« Upstream« , l’osmose musicale qui unit les trois musiciens de Dreisam ne se dément pas. Les thèmes s’enchaînent comme de tendres mélodies que l’on mémorise aisément. Toujours habitées par un lyrisme omniprésent, les couleurs des musiques évoluent. Nouveauté, le climat acoustique s’étoffe par l’ajout d’un clavier de basse ou d’un orgue qui complètent le registre expressif du pianiste dont l’âme de contrebassiste ressurgit.

Toujours fluide et souvent lyrique, le piano chevauche les rythmes nuancés que distille la batterie dont la palette sonore ne cesse de s’enrichir. Alto ou soprano, le saxophone libère des cascades de notes exaltées ou un souffle caressant.

Au fil des douze plages de « Upstream » on se laisse porter sur les ailes d’une musique aux couleurs nuancées. Avec Dreisam, on déambule dans un univers onirique propice à une rêverie que traverse une pulsion vitale infinie.

Impressions musicales

Le saxophone alto batifole au gré des chemins champêtres de Chasse aux papillons. L’oreille quitte cette atmosphère bucolique pour pénétrer dans le monde plus frénétique d’une ode For Michel. Le saxophone alto ouvre ensuite A voir, une procession musicale dont la mélodie entêtante prend les allures d’un hymne à la vie.

Le motif répétitif de Kepler stimule l’alto dont le chorus énergique galvanise la musique propulsée par une batterie tumultueuse. Jouée en suspension Ma Méditation met en valeur la sonorité lyrique et aérienne du soprano porté par les spirales rythmiques délicates de la batterie et par le piano réflexif.

Bien arrivé met en lumière le chant exalté de l’alto et le solo pastoral du piano. L’écriture complexe de Kouclamou sied au piano dont le chorus déborde d’inspiration et stimule ensuite l’éloquence du saxophone. Sur Dona Nilva, on se laisse captiver par le charme du soprano voltigeur qui n’en finit pas de butiner les notes comme un colibri délicat.

Le phrasé syncopé et les brisures de Leto Oro transportent dans un univers différent. La ligne de basse et la batterie tressent un filet au-dessus duquel l’alto ascensionnel et le piano lyrique se croisent. Valse au Carré résonne comme une pièce qui muse entre classique et escapade insolente au pays des rythmes décalés.

Procissão résonne comme une oraison porteuse d’espérance. La prière de l’alto s’envole au-dessus de la batterie qui porte le morceau de bout en bout. Pour terminer l’album, l’incisif alto se projette sur Lazy Ladie dont le groove funky doit autant à l’orgue qu’à une batterie endiablée.

Pour découvrir live la musique de « Upstream », rendez-vous ICI pour consulter la liste des concerts à venir de Dreisam.

Clin d’œil à Joachim Caffonnette Trio & « Vers l’Azur Noir »

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Le pianiste Joachim Caffonnette appartient à la génération montante du jazz belge. Pour son deuxième album « Vers l’Azur Noir » il s’associe à une section rythmique énergique. Le jeu interactif du trio est habité par un swing omniprésent. La richesse harmonique du propos soutient des mélodies alertes ou poétiques. A suivre avec attention !

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Andrea Motis signe « Do outro lado do azul »

Andrea Motis signe « Do outro lado do azul »

Escapade de l’autre côté du bleu

Après “Emotional Dance” sorti en 2017, Andrea Motis revient avec “Do Outro Lado Do Azul”. La jeune trompettiste, chanteuse et compositrice catalane fait une escapade fort réussie du côté de la musique brésilienne avec laquelle elle manifeste de fort belles affinités. Un album chatoyant, des teintes fraîches, des accents délicats, une musicalité infinie.

couverure de l'album Do outro lado do azul de la chanteuse et trompetiste Andrea MotisAvec “Do Outro Lado Do Azul” (Verve/Universal) sorti le 01 mars 2019, la chanteuse et trompettiste espagnole Andrea Motis s’éloigne des partitions du jazz traditionnel pour s’aventurer sur les sentiers de la musique brésilienne dont elle explore la tradition.

Avec un goût infini elle puise dans la vaste production brésilienne mais déjoue le piège majeur de piocher parmi les légendaires titres de bossa-nova ou de samba tant de fois repris.

S’émanciper pour créer

Sur les treize plages de l’album “Do Outro Lado Do Azul”, Andrea Motis réussit un challenge peu commun, demeurer fidèle aux codes de la musique brésilienne et s’en émanciper en même temps. Son inspiration créative respecte en effet l’esprit de la tradition dont l’opus est vraiment imprégné. Pourtant la musicienne passe de l’autre côté du bleu qu’elle colore d’accents très personnels.

Un opus ensoleillé dont la musicalité rime avec délicatesse et fraîcheur.

Une incroyable trajectoire

Impossible de ne pas revenir sur la trajectoire peu commune d’Andrea Motis. Précoce, elle embouche la trompette à 7 ans et intègre à 12 ans le big band de l’école de musique de Sant Andreu (conservatoire municipal barcelonais) où elle est repérée par son professeur, le contrebassiste Joan Chamorro.

Pour ses 14 ans, la parution de son premier enregistrement “Joan Chamarro présente Andrea Motis” permet de prendre la mesure de la fraîcheur et de la musicalité de son propos. L’année de ses 16 ans, elle est invitée par Quincy Jones en personne à monter sur la scène festival de Perelada où le légendaire musicien s’extasie de son talent.  Andrea Motis poursuit sa collaboration avec Joan Chamorro et sort cinq autres albums parmi lesquels “Feeling Good” paru en 2012.

En 2017, elle dessine les contours d’un univers plus personnel sur “Emotional Dance” (Impulse!/Universal), un album enregistré à New York avec Joan Chamorro autour d’un groupe américano-catalan. Ce disque élégant et équilibré ouvre de nouvelles perspectives à la carrière de l’artiste espagnole.

En 2019, Andrea Motis continue à tracer son sillon et rejoint le label Verve… le 01 mars 2019 sort “Do Outro Lado Do Azul”.

“Do Outro Lado Do Azul”

Les musiciens

Certes Joan Chamarro (contrebasse), lgnasi Terraza (piano), Josep Traver (guitare) et Esteve Pi (batteriei) constituent toujours le cœur de la formation. Ils assurent ainsi une sorte de continuité par rapport aux disques précédents avec un ancrage jazz qui s’exprime par exemple dans des arrangements évocateurs de jam sessions dans le style New-Orleans. Pourtant dans ce nouveau projet Andrea Motis affirme son autorité via ses choix artistiques. En effet, la jeune musicienne inscrit son empreinte sur le répertoire et les ambiances.

Ainsi la référence majeure de “Do Outro Lado Do Azul” regarde du côté de la musique brésilienne dont elle capte les rythmes, emprunte les instruments et saisit les accents à travers le pandeiro de Sergio Krakowsky, le cavaquinho de Fernando Del Papa, la guitare de Mathieu “Tétéu” Guillemant, la clarinette de Gabriel Amargant et le violon de Christoph Mallinger qui apportent des couleurs folk dépaysantes.

Le répertoire

Pour regarder de l’autre côté du bleu, Andrea Motis porte son choix sur des chansons composées par de grands sambistes comme Ismael Silva (Antonico), Roque Ferreira (Filho De Oxum) ou Paulinho da Viola (Dança Da Sildao). Elle n’hésite pas non plus à interpréter des pièces écrites par des auteurs plus contemporains comme Rodrigo Maranhao et Roberta Sa (Samba De Um Minuto) ou d’autres tout à fait confidentiels comme Moacyr Luz (Saudades Da Guanabara), Luiz Tatit (Baião De Quatro Toques) et elle trempe aussi sa plume dans l’encre pour proposer des compositions tout à fait inspirées (Brisa, Sense Pressa, Sombra De Lá)

Andrea Motis embouche tour à tour trompette, bugle, saxophone soprano mais c’est surtout son chant qui colore “Do Outro Lado Do Azul”. Sa voix élastique de contralto passe du Portugais, au Catalan et à l’Espagnol sans effort. C’est à s’y méprendre, elle phrase comme les natives du Brésil, performe sur les tempi rapides et caresse les mots avec tendresse sur les pièces plus lentes. Selon les styles, elle pose un voile de douceur ou un grain légèrement acidulé sur les trames musicales.

Impressions musicales

L’album ouvre avec le propos épuré que tiennent guitare, voix cajoleuse et voilée, cavaquinho et violon sur Antonico, la superbe composition du grand sambiste Ismael Silva.

Après la triste tendresse du premier titre se profile Sombra De Là, une samba élégante. Un zeste de voix, un trait de bugle et de limpides rasades de saxophone ténor, ça désaltère comme un mojito rafraîchissant.

Pandeiro et cavaquinho se font espiègles autour de la voix  équilibriste qui interprète avec légèreté Brisa, une samba partido alto. La trompette insolente adopte le swing sur un tempo jazz, suivie par le violon, le piano et la batterie. C’est ensuite à une sieste paresseuse qu’invitent la voix lascive et le chorus ciselé de piano sur la langoureuse ballade bossa Sensa Pressa. La sonorité diaphane de la trompette convoque le fantôme de Chet Baker.

Plein d’entrain, l’hymne du chanteur catalan Joan Manuel Serrat, Mediterráneo résonne comme un hymne plein d’entrain porté sur les ailes d’une valse aux accents vénézuéliens que ponctuent un piano vigoureux et un saxophone gémissant. Voix, cavaquinho et basse se retrouvent ensuite au rythme du frevo sur Filho De Oxuma. Place ensuite à la samba pagode Pra Que Discutir Com Madame où le chant devient scat porté par guitare et pandeiro. La musique se déhanche avec aisance et même le piano joyeux esquisse des pas de danse.

Le superbe thème de Paulinho da Viola, Dança da Solidao, résonne alors en portugais sur un tempo de morna coladeira capverdienne. La voix se coule dans une esthétique évocatrice de l’art de Cesaria Evora. L’émotion gagne en intensité avec le solo nostalgique de la clarinette lyrique, la tendresse de la guitare et la triste plainte de la contrebasse.

Sur la samba pagode Saudades da Guanabara, le chant collectif invite à une danse dionysiaque où tous les instruments donnent de la voix. Pas un ne manque, piano, violon, clarinette, guitare électrique pour un clin d’oeil complice au jazz de la Nouvelle-Orleans. On en redemande et on danse sans état d’âme, heureux que samba et jazz coexistent avec autant de bonheur. Sur une rythmique impulsée par le pandeiro, trompette et violon exposent le thème de Choro de Baile. Entre polka et de la valse, syncopes et contrepoints n’en finissent pas de se croiser pour le meilleur.

La voix nasale et élastique dépose avec tendresse son chant brésilien sur les accords de la guitare de Record De Nit. Une berceuse que ne renierait pas Rosa Passos. Portés par le pandeiro et le cavaquinho, Samba De Um Minuto résonne de la douce mélancolie qu’insufflent voix, clarinette et cavaquinho. C’est enfin avec le regard tourné vers le nordeste du Brésil que se termine l’album. Clarinette voltigeuse, trompette habile, violon jazz reprennent même l’intemporel Brazil avant de revenir au thème de Baião De Quatro Toques qui invitent à la fête

Les treize titres de l’album “Do Outro Lado Do Azul” affichent la vigueur et l’inspiration de la trompettiste et chanteuse catalane Andrea Motis. Cet album très personnel confirme son goût pour la composition. Ancré dans la tradition très large de la musique brésilienne, le répertoire met surtout en valeur les couleurs de son art vocal très convaincant.

Clin d’œil à Joachim Caffonnette Trio & « Vers l’Azur Noir »

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Clin d’œil à Fred Nardin Trio & « Look Ahead »

Clin d’œil à Fred Nardin Trio & « Look Ahead »

Swing, modernité et complicité

« Look Ahead » marque le retour de Fred Nardin Trio. Après « Opening » sorti en 2017, cet épisode 2 de la collaboration entre le pianiste Fred Nardin, le contrebassiste Or Bareket et le batteur Leon Parker confirme plus avant les qualités du trio. Les musiciens complices offrent une musique au swing solide au service de développements modernes et d’envolées lyriques.

couverture de l'album Look Ahead de Fred Nardin TrioL’aventure de Fred Nardin Trio franchit donc un cap supplémentaire avec la sortie le 01 mars 2019 (Naïve/Believe) d’un deuxième album, « Look Ahead ».

Plutôt logique ! Après avoir ouvert la voie le 15 septembre 2017 avec « Opening » (Jazz Family/Socadisc), Fred Nardin Trio a continué à tracer son sillon avec de nombreux concerts et aujourd’hui il poursuit sa route plus avant avec « Look Ahead », une nouvelle galette plutôt réussie.

Trio complice et réactif pour cocktail musical bien dosé

Les onze titres de « Look Ahead » s’inscrivent en filiation directe avec l’esthétique musicale déjà exprimée sur « Opening » et affermie par les nombreux concerts ultérieurs du Fred Nardin Trio. Hormis un morceau du pianiste Herbie Hancock et un titre de Leon Parker, les autres compositions de l’album sont à porter au crédit de Fred Nardin.

Le pianiste s’exprime en toute liberté, soutenu par la rythmique solide que constitue l’inventif batteur Leon Parker et le précis contrebassiste new-yorkais, Or Bareket. Au fil des concerts s’est développée entre eux une écoute, une réactivité et une confiance mutuelle qui permettent aux trois musiciens de développer un son de groupe identifiable. La complicité qui lie les trois protagonistes soutient une musique dont le swing demeure le maître-mot.

A l’écoute des plages enregistrées par Fred Nardin Trio sur « Look Ahead », on capte ce que d’aucun nomment interplay, ce court anglicisme qui évoque tout à la fois les interactions complices, la connivence réactive et le climat de confiance qui contribuent à libérer l’expression, l’inventivité et la créativité de chaque membre du groupe.

Ainsi sécurisés, les solistes s’aventurent sans risque au gré des rythmes, des grilles et des mélodies. Un dialogue de chaque instant soutient et réunit fantaisie lyrique et voltige bouillante, force et délicatesse, rythmes effrénés qui se brisent pour mieux rebondir. Un cocktail musical équilibré et bien dosé

Impressions musicales

Nuances

L’album ouvre avec Colours, un morceau rythmique bouillonnant au lyrisme coloré où la mélodie se pare de contrastes séduisants. Il se termine avec le mélancolique Prayers que le duo piano-contrebasse teinte d’une tendre mélancolie au romantisme crépusculaire.

Vous-avez dit standards ?

Sur Just Easy écrit par Fred Nardin dans le style ellingtonnien s’expriment les frôlements subtils des balais, le développement pianistique raffiné du piano très attaché au swing et les lignes claires et rapides de la contrebasse. Seul au piano sur Prelude to « Memory of T », Fred Nardin ouvre une parenthèse stride, main gauche syncopée et les phrases foisonnantes de la main droite. En hommage à Thelonious Monk et porté par un accompagnement rythmique imperturbable, le pianiste sculpte ensuite la mélodie de Memory of T avec des aspérités qui ne manquent pas d’audace et évoquent l’inspirateur du titre.

Virtuosité

Sur Look Ahead, le piano s’inscrit dans une dynamique néo-bop. Virtuose, Fred Nardin enchaine les idées musicales avec une aisance technique manifeste et salue habilement ses aînés de son jeu habile et haletant. Sur le tempo ultra rapide de One Finger Snap d’Herbie Hancok, bouillonne le style bebop véloce du pianiste. Ses fulgurances sont stimulées par la batterie enthousiaste. Le chorus de contrebasse apporte une respiration bienvenue suivie d’un 4/4 exécuté dans la plus pure tradition.

Singulier

New Direction restitue un moment musical singulier de percussions corporelles et de que Leon Parker offre sur l’album, tout comme il le fait lors de ses concerts.

Délicatesse et rêverie

Sur un accord de piano interrogatif, la contrebasse tisse la ligne mélodique de Three for You que le trio joue avec délicatesse. Interprété par la contrebasse au jeu souple et solide et à la sonorité tellurique, Prelude to « In the skies » introduit In The Skies, son climat de rêverie et sa chorégraphie rythmique cristallisée autour d’un superbe chorus de batterie.

Sur « Look Ahead » se développe un swing élégant et efficace ancré dans une modernité traditionnelle. Cet épisode 2 de la discographie de Fred NArdin Trio a le goût d’un breuvage musical équilibré inscrit dans les valeurs conventionnelles du jazz. On ne serait pas contre un épisode 3, comme un cocktail pimenté par une fantaisie un brin plus débridée.

Clin d’œil à Joachim Caffonnette Trio & « Vers l’Azur Noir »

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Coup de cœur pour… « Quest of the Invisible »

Coup de cœur pour… « Quest of the Invisible »

Un album empreint de spiritualité

Après avoir porté la force de la résistance, le souffle incandescent de la flutiste Naïssam Jalal explore l’impalpable. La musique introspective et contemplative du double album « Quest of the Invisible » incarne tour à tour la transe mystique et le silence hypnotique. De l’ombre à la lumière le souffle devient musique et s’imprègne de spiritualité. Un album essentiel.

Loin des combatifs « Osloob Hayati » (2015) et « Almot Wala Almazala » (2016) gravés avec « Rhythms Of Resistance », la flutiste franco-syrienne Naïssam Jalal poursuit sa quête spirituelle sur « Quest of the Invisible ». A la croisée des musiques mystiques extra occidentales et traditionnelles et du jazz modal, la musicienne adopte une posture plus introspective.

Le contrebassiste Claude Tchamitchian, le pianiste Leonardo Montana et le batteur-percussionniste Hamid Drake l’accompagnent dans son exploration de l’invisible.

« Quest of the Invisible »

couverture de l'album Quest of the Invisible de Naissam JalalSorti le 01 mars 2019 le double album « Quest of the Invisible » (Les Couleurs du Son/L’Autre Distribution) propose un répertoire empreint d’une spiritualité profonde. Porté par ses instruments (flûte et nay) ou sa voix, le souffle de Naïssam Jalal habite les huit plages envoûtantes de l’album.

Illustrée par le graphiste Hassan Massoudy, la pochette reflète par sa calligraphique l’élévation de la musique vers cet infini, source d’inspiration.

Deux CD, quatre musiciens, huit pièces

Le projet « Quest of the Invisible » développe les compositions de la musicienne sur deux CD de quatre pièces chacun.

Sur le premier Naïssam Jalal s’exprime en trio, entourée du pianiste Leonardo Montana et du contrebassiste Claude Tchamitchian. Le piano aérien et la contrebasse profonde entrent en communion avec le souffle de la flûte, du nay ou de la voix.  Sur le second, le trio est rejoint par le batteur et percussionniste américain Hamid Drake au daf. La percussion embarque le trio dans des rêveries plus contrastées où le rythme prend plus de place sans pourtant jamais casser le fil des mélodies introspectives.

« La musique est le seul art invisible par nature »

« Ce répertoire n’appartient à aucune tradition mystique et pourtant s’inspire de toutes les musiques spirituelles ou rituelles qui m’ont touchée et nourrie dans mon voyage musical. » Naïssam Jalal

Imprégnée de différentes traditions de l’Inde et du monde arabe (soufisme, gnawa), la musique profane de « Quest of the Invisible » navigue entre contemplation, méditation, et transe. Elle emprunte aussi au jazz modal et mystique de John Coltrane. Une spiritualité profonde imprègne chacune des pistes.

Naïssam Jalal explore l’invisible et lui donne corps sur « Quest of the Invisible ». Avec ses trois compagnons, son souffle impalpable et pur chemine sur les rives introspectives de huit méditations, comme huit songes où la technique des instrumentistes s’efface au profit de l’expression. Par-delà la forme advient le sens.

« Quest of The Invisible », quatre musiciens explorent les tréfonds de l’invisible, accèdent au silence et suspendent leurs notes aux branches du temps. Répétitives ou hypnotiques, les mélodies combinées au rythme incarnent tour à tour la force de la transe ou l’extase né de la contemplation. Au terme du voyage l’invisible devient musique.

RV avec Naïssam Jalal pour écouter live son projet « Quest of the Invisible ». Elle sera en trio avec Claude Tchamitchian et Leonardo Montana le 12 mars 2019 à 20h à la Chapelle Corneille de Rouen et à Paris, le 28 mars 2019 à 20h au Café de la Danse. Consulter ICI l’intégralité des dates des concerts de la flutiste.

Clin d’œil à Joachim Caffonnette Trio & « Vers l’Azur Noir »

Clin d’œil à Joachim Caffonnette Trio & « Vers l’Azur Noir »

Le pianiste Joachim Caffonnette appartient à la génération montante du jazz belge. Pour son deuxième album « Vers l’Azur Noir » il s’associe à une section rythmique énergique. Le jeu interactif du trio est habité par un swing omniprésent. La richesse harmonique du propos soutient des mélodies alertes ou poétiques. A suivre avec attention !

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Le concert solaire de Camille Bertault à Ecully

Le concert solaire de Camille Bertault à Ecully

Le 12 avril 2019 marque la première venue de la chanteuse Camille Bertault sur une scène de la métropole lyonnaise. Elle présente son projet « Pas de Géant » au Centre Culturel d’Ecully. Au regard du succès hexagonal et international de l’artiste, l’évènement est de taille, pourtant point de rush du public. Conquis par une artiste passionnée qui ne manque pas d’air et se joue de tous les codes, les spectateurs présents se sont loués d’être venus et sont repartis enchantés.

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Magma fête ses 50 ans avec « Zess »

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Pour célébrer son demi-siècle, Magma annonce la sortie d’un nouvel album. Il va falloir attendre le 28 juin 2019 pour découvrir « Zess »…. Le Jour du Néant. Pour son cinquantenaire, le groupe de Christian Vander prépare aussi une tournée mémorable. Magma, c’est reparti !

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Clin d’œil à Grazzia Giu & « Life Is »

Clin d’œil à Grazzia Giu & « Life Is »

Climat intimiste pour chansons sensibles

Accompagnée par des musiciens de jazz au service de son art vocal, la chanteuse Grazzia Giu sort « Life Is ». Un album de onze chansons de format court. Improvisations des musiciens et interventions des invités teintent de jazz un univers qui évoque la passion sur le mode de la délicatesse. Un opus nostalgique où les émotions affleurent avec souplesse.

Le 08 mars 2019, sort « Life Is » (Inouïe Distribution), le cinquième album de Grazzia Giu. Avec sensibilité elle pratique un jazz chanté où elle narre des fragments de vie. De courtes chansons où les musiciens improvisent sans débordement et prodiguent un écrin à la voix singulière de la chanteuse. Hormis deux reprises, Space Oddity de David Bowie et Perfect Day de Lou Reed, toutes les autres chansons sont écrites et composées par Grazzia Giu.

couverture de l'album Life Is de Grazzia GiuEn trio, la chanteuse interprète six titres. A ses côtés, le pianiste et co-arrangeur Lionel Melot avec lequel elle a déjà enregistré les albums « Change Air » (2009) et « Pretend » (2015), le contrebassiste Paul Cuttat aussi présent à ses côtés sur « Change Air » et le percussionniste Richard Martinez au cajon.

Sur cinq autres morceaux, chanteuse et trio accueillent des invités. Les envolées de cordes de Gérard Tempia enrichissent l’univers musical de trois chansons auxquelles elles donnent un aspect quelque peu cinématographique qui sied aux solides improvisations du pianiste. Méderic Collignon et son bugle interviennent sur une autre pièce et la voix de Loïc le Van chemine auprès de celle de Grazzia Giu sur un autre chant.

Grazzia Giu

Biberonnée de culture anglo-saxonne, Grazzia Giu a été formée à l’école du classique au conservatoire d’Anvers mais c’est finalement dans un jazz bien tempéré qu’elle creuse son sillon d’auteure, compositeure et interprète. Après avoir pratiqué le piano classique au conservatoire de Grenoble, elle étudie le jazz avec Danmuller à Grenoble, le chant lyrique avec Antonio Placer et Magali Lozano et participe à des masterclass jazz avec David Linx, Thierry Péala, Michele Hendrix, Méderic Collignon, Norma Winstone.

Après un parcours de vie dans lequel la musique à toujours tenu une très grande place, c’est à 40 ans que Grazzia Giu s’assume pleinement en tant qu’artiste. En 2008 elle sort « Lost » et son jazz intimiste. En 2010, la musique de « Change Air » se fait plus pop. Plus sobre mais toujours dynamique, « Pretend » paraît en 2015.

Aujourd’hui, Grazzia Giu continue à écrire et à composer des morceaux sincères et de plus en plus émouvants qu’elle définit elle-même…« Ma musique est l’expression d’un parcours de vie, l’écho d’une aventurière romantique, en dehors du système, peut-être, étonnée chaque jour, oui. C’est un voyage dans les songes et les tourments d’un univers construit avec tant de passion. »

« Life Is »… de plage en plage

My Dear Sons propose une déambulation qui incite à la rêverie. Avec sentiment, la voix conte une romance poétique accompagnée par un trio à l’expression subtile et élégante. Le bugle de de Médéric Collignon s’invite sur Try Again et pose ses arabesques virevoltantes sur cette chanson où la voix chaleureuse laisse affleurer de tendres émotions. Les arrangements pour cordes de Gérard Tempia dotent Afraid For d’une ambiance nostalgique. Le chant intimiste laisse percevoir une certaine fêlure qui n’est pas sans évoquer certains accents de Patricia Barber.

Les riffs répétitifs du piano et du cajon soutiennent la voix souple qui pose de manière singulière les mots sur la chanson courte et ciselée intitulée In Space. La voix chaude sublimée par les arrangements de cordes projette alors Space Oddity dans un univers de douceur. Servi par un solo de contrebasse aérien et un chorus de piano crescendo, Show Me rayonne quant à lui d’une force indéniable.

Le fond sonore des cordes et la sensibilité tout en retenue du chant posent ensuite sur Sorry un climat de paix intérieure et de sérénité. Softly Whisper fait entendre la voix de Loïc Le Van dont la tonalité mystérieuse contraste avec le chant de Grazzia Giu stimulée par le chorus d’un piano enthousiaste. Dans un climat minimaliste, le trio et la chanteuse proposent par la suite une version sobre mais profonde de Perfect Day.

Sur un rythme léger et sautillant, Life Is loue les différents aspects de la vie, le temps venu de se poser des questions puis celui des choix, la vie telle qu’en elle-même.

L’album se termine dans un climat pastoral avec la mélodie de When I was Young qui résonne comme un folk-song nostalgique coloré de sépia. 

« Life Is », un album équilibré où les nuances de la musique se font le miroir d’émotions intimes. Songes, regrets, espoir, amour, … échos de fragments de vie exprimés avec délicatesse dans des teintes introspectives jamais plaintives. Même si les souvenirs sont parfois imprégnés d’une infinie mélancolie, la force de vie affleure à chaque instant.

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