Jana Herzen et Charnett Moffett signent « Round the World »

Jana Herzen et Charnett Moffett signent « Round the World »

Chansons élégantes & vibrations apaisantes

Deuxième projet du duo vocal de la chanteuse, compositrice et guitariste Jana Herzen et du bassiste Charnett Moffett, l’album « Round the World » propose une promenade rafraîchissante, dans des contrées où flirtent jazz, pop et folk. Onze chansons élégantes aux vibrations apaisantes. Entre langueur et nostalgie, entre réconfort et espoir, un patchwork musical intime et réconfortant. À savourer avec délice.

Produit par le label Motéma de Jana Herzen, « Round the World », le nouvel album du duo Jana Harzen et Charnett Moffett propose un voyage musical élégant et soigné qui combine reprises et compositions de Jana Herzen.Couverture de l'album Round the World de Jana Herzen et Charnett Moffett

La chanteuse, guitariste, compositrice américaine Jana Herzen et le contrebassiste/bassiste Charnett Moffett n’en sont pas à leur première collaboration et après « Passion of a Lonely Heart » sorti en 2012, ce deuxième album en duo confirme leur grande complicité. Après une sortie numérique en date du 03 juillet 2020, la sortie physique de « Round the World » est annoncée pour le 17 juillet 2020 chez PIAS.

Le répertoire de l’album réunit cinq originaux de Jana Herzen et six reprises de titres des années 60, 70 et 80 arrangés avec une grande sobriété, Black Bird (John Lennon/Paul McCartney), Killing Me Softly (Charles Fox/Norman Gimbel) transformé en succès par Roberta Flack, Both Sides Now (Joni Mitchell), Sweetheart (Ken Burgan) popularisé par Maria Muldaur, Land Down Under (Colin Hay/Ron Stryckert) et Rainbow Connection (Paul Williams/Kenneth Ascher) du film « The Muppet Movie ». Chaque morceau apporte une nuance à l’arc en ciel musical de l’opus où se côtoient avec bonheur folk, reggae, blues, afro-beat, country et jazz.

Le duo Herzen/Moffett

Jana Herzen

Chanteuse, compositrice et guitariste, Jana Herzen est aussi fondatrice et présidente du label Motéma. Après avoir fait de la scène à 5 ans, chanté dans les cafés à l’adolescence et travaillé dans la musique et le théâtre au début de sa vie professionnelle, Jana Herzen a voyagé autour du monde puis vers l’âge de 30 ans a commencé à écrire et à enregistrer. Agent artistique, elle a fondé et dirigé le MCC Theater et le label Motéma Music (il y a 16 ans) qui affectionne le mélange des genres. On y retrouve en effet des artistes comme Donny McCaslin et Gilad Hekselman, Gerri Allen et Monty Alexander, Gregory Porter (albums de 2010 et 2012) et Joey Alexander, Deva Mahal et David Murray, Pedrito Martinez et Terri Lyne Carrington & Social Science.

En janvier 2020, elle a sorti son opus « Nothing for love » à la tête d’un quintet dans lequel Charnett Moffett tient la basse. Récemment elle a tourné et enregistré comme guitariste dans le jazz band de Charnet Moffett.

Charnet Moffett

Après un premier enregistrement à l’âge de 7 ans sur un album du Moffett Family Band, Charnett Moffett a ensuite rejoint le Wynton Marsalis Quintet. Sa carrière de plus de quarante ans l’a conduit à jouer avec nombre d’icônes du jazz parmi lesquelles Ornette Coleman, Dizzy Gillespie, Herbie Hancock, McCoy Tyner, Dianne Reeves, Arturo Sandoval et beaucoup d’autres.

Sa virtuosité lui a valu d’enregistrer avec de nombreux artistes et de graver treize albums sous son nom propre parmi lesquels cinq enregistrés sous le label Motéma qu’il a intégré en 2008, dont le dernier « Bright New Day » sorti en 2019.

Le duo

Après les onze titres de l’album « Passion of a Lonely Heart » sorti en 2012, le duo a mis de côté l’enregistrement de onze autres chansons en vue d’une production ultérieure qui voit enfin le jour en 2020 avec l’album « Round the World ».

La complicité de chaque instant qui unit Jana Herzen et Charnett Moffett contribue à la cohérence de cet album poétique où alternent nostalgie, apaisement, optimisme et tendresse.

Au fil des plages

Après le chant chaleureux aux accents folk qui teinte Sweetheart d’une tendre nostalgie, la voix puissante et poétique fait vibrer la corde de la sensibilité sur Both Side Now.

Sobrement accompagnée à la guitare, la chanteuse adopte ensuite un registre plus sensuel avant d’improviser sur un mode jazzy qui permet de percevoir l’alchimie télépathique qui règne entre les deux partenaires. Sur On The Outside, la voix caméléon plonge dans un registre plus rythm’n blues alors que la basse se fait plus groovy.

C’est ensuite une version magnifiée du Black Bird des Beatles que la voix teinte de spiritualité et de mélancolie tandis que la guitare harmonise à merveille sur une lumineuse ligne de basse. Alors que la voix profonde se charge d’une grande intensité émotionnelle, la basse électrique chante littéralement sur Far Away et semble s’amuser durant un court solo qui révèle son aisance et la diversité de son expression. Vient alors le moment de voyage autour du monde au rythme de Round the World, ballade bluesy gorgée de spleen. On en profite pour apprécier les échanges chargés d’espoir de la voix poignante et de la basse ronflante.

On s’envole ensuite sur les ailes de Bali Dream où le chant stimulé par la basse agile fait alterner une douce rêverie apaisante et un chant pop effervescent et dynamique. Après cette parenthèse insulaire de rêve le voyage continue avec Land Down Under où la voix se teinte de couleurs reggae alors que la contrebasse fait danser les notes d’un motif répétitif imprégné de tendresse. Nouveau changement d’ambiance avec la belle mélodie romantique de Part of the Wild où ligne de basse s’illumine des couleurs irisées de la voix radieuse. L’album se termine avec une version réactualisée de Rainbow Connection que voix et contrebasse déclinent sur un mode folk plein de tendresse.

Après la période peu propice aux réjouissances, suite à la pandémie de la Covid 19, il serait vraiment dommage de se priver de l’écoute de cet album serein et poétique. Tout au long des onze titres de « Round The World », on apprécie la souplesse des interactions et la grande complicité qui unit les deux partenaires.

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Le trompettiste Charles Tolliver est de retour avec « Connect » sur le label londonien indépendant Gearbox Records. Après un long silence discographique, le leader signe un album studio enregistré avec les très expérimentés new-yorkais Jesse Davis, Keith Brown, Buster Williams et Lenny White et la participation du britannique Binker Golding. Un opus énergique et ciselé. Quatre titres qui fleurent bon le hard-bop.

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Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

Une des meilleures surprises de cet été 2020 réside en l’écoute de « Trickster ». En effet, il fait bon se délecter à l’écoute de cet album qui surprend autant qu’il enchante. Il transporte dans des contrées musicales stimulantes et imaginatives. Pour ce faire, le pianiste danois Peter Rosendal a associé le Big Band The Orchestra au groupe folk Trio Mio pour lesquels il a composé et arrangé un répertoire de neuf titres qui évoluent entre folk et jazz. Au-delà de sa richesse, la musique fascine par son imagination, sa fantaisie mais aussi par une mise en place précise et éclatante.

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Sortie estivales 2020 chez Blue Note

Sortie estivales 2020 chez Blue Note

Les sorties estivales 2020 du label Blue Note affichent des tonalités musicales fort différentes. « Mr. Roscoe (consider the simultaneous) » du trompettiste Ambrose Akinmusire, « FMaj Pixie » du trio GoGo Penguin et « Pick me up off the Floor » de Norah Jones. Ces trois albums. constituent l’occasion idéale pour se familiariser avec trois idiomes qui témoignent de la diversité et de la richesse du jazz actuel.

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« Up » signe le retour de Pericopes+1

« Up » signe le retour de Pericopes+1

Imagination groovy et poésie lyrique

Pericopes+1 revient avec « Up », un troisième album dont le titre claque. Les deux lettres incarnent un ailleurs musical merveilleux vers lequel le trio complice et énergique élève sa musique. Les oreilles se dressent en direction d’un univers sonore ressourçant qui se joue du temps et de l’espace pour mieux les investir. Un monde musical innovant où se croisent imagination groovy et poésie lyrique.

Après « These Human Beings » (2015) et « Legacy » (2017), les trois compères de Pericopes+1 ont beaucoup joué en Europe, Allemagne, France, Italie, Suisse, République Tchèque, Hongrie, Royaume-Uni, Écosse, Slovénie, Croatie, Pays-Bas et aussi en Chine et aux Etats-Unis.

« Up » signe le retour discographique de Pericopes+1 et met en avant les éléments constitutifs de la musique du groupe, groove et lyrisme, énergie et poésie.

« Up »

couverture de l'album Up de Pericopes+1A regarder la photo de couverture de l’album « Up », on devine à quoi pense le petit garçon qui lève son regard vers le haut, assis à côté d’une fusée pointée vers le ciel, un bras posé sur un casque.

Sans doute rêve-t-il d’espace, de conquête spatiale, de cosmos, de liberté, d’espoir. A moins qu’il n’imagine un monde où tout devient possible, un pays merveilleux propice au ressourcement, à la rêverie et aux rencontres improbables. Au dos de la pochette, les titres du répertoire confirment cet ancrage.

Un jazz contemporain

« Up » dessine un monde où s’unissent les influences des trois membres du groupe. Un jazz contemporain où les interactions piano-saxophone ténor sont soutenues par une batterie tour à tour énergique et subtile.

Pericopes+1

Pericopes+1®Chiara Esposito

Le saxophone ténor d’Emiliano Vernizzi, les claviers du piano et du Fender Rhodes d’Alessandro Scobbio et la batterie de Nick Wight racontent des histoires où s’invite l’électronique.

Sur The Earth Shape, le trio convie aussi une section de cordes qui réunit Anna Apollonio et Giulia Pontarolo au violon, Margherita Cossio à l’alto et Andrea Musto au violoncelle.

Le nouveau monde imaginaire de Pericopes+1 se construit au fil de huit compositions proposées à part égales par le pianiste et le saxophoniste et d’une reprise, la première de leur discographie, de Sultans Of Swing du légendaire groupe « Dire Straits ».

Au fil des pistes

En ouverture, la simple mélodie Wonderland invite à voyager au Pays des Merveilles. Lumineux et apaisé, le ténor s’exprime avec lyrisme au-dessus des nappes en arpèges du piano. Plus loin, sur les motifs rythmiques diversifiés d’Ucronia, le piano intensifie son jeu et stimule le saxophone dont le propos galvanisant s’embrase.

Les deux titres suivants rendent hommage à l’épopée spatiale. Avec le frénétique Disco Gagarine dédié à Youri Gagarine, premier homme à avoir effectué un vol spatial, on décolle puis on plane dans le cosmos. Après l’épopée tonique advient le mélancolique The Earth’s Shape auquel la section de cordes apporte une touche de grâce et de gravité. Aspiré par la musique nébuleuse, on se laisse transporter jusqu’aux confins de la stratosphère.

La rythmique segmentée de Danza di Kuwa entraîne l’oreille dans un monde imaginaire alternatif où piano et ténor entrent en symbiose autour d’un motif onirique lancinant. La promenade débouche sur Martyrlied, incantation très libre où l’espace sonore enfle aux accents électroniques du saxophone stimulé par la batterie survoltée et les divagations du Fender Rhodes.

Empreinte d’une nostalgie quasi-ésotérique, l’atmosphère musicale de Gorod Malinov devient ensuite poétique avec une ligne mélodique qui invite au recueillement. La Rentrée célèbre ensuite avec lyrisme la joie de vivre. Introduite par un motif répétitif du Fender Rhodes, la mélodie que souffle le ténor inspire une douce euphorie. Stimulé par la batterie au jeu souple et tonique, le saxophone virevolte plus tard avec fougue et passion.

L’album se termine avec une reprise de Sultans of Swing fort distanciée de la version originale de « Dire Straits ». Le ténor au son bucolique étire la mélodie et fait sonner le titre comme une superbe romance à l’esthétique léchée.

Mélodies poétiques, motifs rythmiques répétitifs, transes électroniques, les esthétiques se télescopent, les univers se succèdent sur « Up », le troisième album de Pericopes+1. L’oreille décolle, s’élève, flotte et vibre au gré d’un voyage musical imaginaire fort réussi.

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Le trompettiste Charles Tolliver est de retour avec « Connect » sur le label londonien indépendant Gearbox Records. Après un long silence discographique, le leader signe un album studio enregistré avec les très expérimentés new-yorkais Jesse Davis, Keith Brown, Buster Williams et Lenny White et la participation du britannique Binker Golding. Un opus énergique et ciselé. Quatre titres qui fleurent bon le hard-bop.

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Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

Une des meilleures surprises de cet été 2020 réside en l’écoute de « Trickster ». En effet, il fait bon se délecter à l’écoute de cet album qui surprend autant qu’il enchante. Il transporte dans des contrées musicales stimulantes et imaginatives. Pour ce faire, le pianiste danois Peter Rosendal a associé le Big Band The Orchestra au groupe folk Trio Mio pour lesquels il a composé et arrangé un répertoire de neuf titres qui évoluent entre folk et jazz. Au-delà de sa richesse, la musique fascine par son imagination, sa fantaisie mais aussi par une mise en place précise et éclatante.

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Sortie estivales 2020 chez Blue Note

Sortie estivales 2020 chez Blue Note

Les sorties estivales 2020 du label Blue Note affichent des tonalités musicales fort différentes. « Mr. Roscoe (consider the simultaneous) » du trompettiste Ambrose Akinmusire, « FMaj Pixie » du trio GoGo Penguin et « Pick me up off the Floor » de Norah Jones. Ces trois albums. constituent l’occasion idéale pour se familiariser avec trois idiomes qui témoignent de la diversité et de la richesse du jazz actuel.

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Thomas Dutronc sort « Frenchy »

Thomas Dutronc sort « Frenchy »

Pop jazz souriante et souple

Le guitariste et chanteur Thomas Dutronc est de retour chez Blue Note France avec l’album « Frenchy » et quatorze standards de la chanson française. Il les interprète en français un peu, en anglais beaucoup, en duo, en trio, avec des invités prestigieux des sphères rock, pop, funk ou jazz. Portés par un quartet talentueux, les titres abordent des partis-pris esthétiques variés. Avec de bons moments et d’autres plus dispensables, l’album devrait trouver sa cible auprès d’amateurs d’une pop jazzy souriante et souple.

ACouverture de l'album Frenchy de Thomas Dutroncnnoncé à l’origine pour le 20 mars 2020, l’album sort finalement le 19 juin 2020 chez Blue Note France.

Quatrième album de Thomas Dutronc et deuxième opus chez Blue Note après « Live is Love » (2018), « Frenchy », rassemble quatorze chansons patrimoniales françaises d’avant-hier, hier ou aujourd’hui.

Des invités prestigieux venus du monde de la pop, du rock, du funk ou du jazz rejoignent le guitariste chanteur pour interpréter avec lui quelques-uns de ces succès intemporels entrés dans la mémoire collective, en France mais aussi outre-Atlantique.

Malgré les interventions de quelques stars du jazz vocal comme Diana Krall, Youn Sun Nah ou Stacey Kent et le jeu inspiré de Rocky Gresset (guitare), Eric Legnini (piano), Thomas Bramerie (contrebasse) et Denis Benarrosh (batterie) rassemblés aux côtés du leader, « Frenchy » ne peut vraiment se prévaloir du titre d’album jazz. Il n’empêche que le travail de ces brillants musiciens et l’intérêt que le guitariste Thomas Dutronc porte depuis longtemps à Django Reinhardt, Stéphane Grappelli et Sydney Bechet authentifie l’ancrage jazz.

14 chansons d’hier et d’aujourd’hui

Thomas Dutronc pose sa voix chaude sur les musiques qu’il écoutait quand il était enfant, C’est si bon, La vie en rose, Les feuilles mortes et bien d’autres mais réserve aussi une place à des titres récents comme Playground Love de « Air » et aussi Get Lucky de « Daft Punk » habillé d’un swing souple assez étonnant mais plutôt fun.

Avec des invités

C’est si bon ouvre l’album avec une version peu orthodoxe où les voix contrastées de Diana Krall et Iggy Pop rejoignent celle de Thomas Dutronc. Advient ensuite une version alanguie de La vie en rose où le chant brumeux de Billy Gibbons et celui de Thomas Dutronc flottent avec une douce langueur.

Un Homme et une femme se fait à entendre avec la voix de Stacey Kent derrière laquelle résonne l’accordéon de Marc Berthoumieux. La version restitue la douce nostalgie du film de Claude Lelouch, « Un homme et une femme ». La version que le duo Dutronc/Haley Reinhart donne du grand succès de Jacques Brel, Ne me quitte pas/If you go away, force peut-être un peu trop sur la charge émotionnelle.

Par contre les voix mêlées de Thomas Dutronc et Youn Sun Nah se fondent et habillent de soie la version de Playground love sur laquelle la trompette de Stéphane Belmondo élève des volutes embrumées. Le swing décontracté de La Belle Vie permet d’apprécier la voix chaleureuse de Jeff Goldblum et les talentueux Rocky Gresset et Eric Legnini dont les (trop courts) chorus enchantent.

Pourtant…

On se serait bien passé de la version de La Mer au tempo peu élégant que le chanteur reprend en anglais (… vous avez-dit frenchy ?) et aussi de l’interprétation vocale très fade des Feuilles mortes dont le couplet repris en anglais ne constitue pas un atout majeur pour le disque. Par bonheur, les chorus inspirés des jazzmen contribuent à sauver le titre. On regrette aussi la version trop lisse de Comme d’habitude qui sous des atours de ballade habillée de violons ne convainc en rien.

Versus jazz

Passionné de guitare et disciple de Django Reinhardt, Thomas Dutronc invite Nuages/All for You et Minor Swing (co-écrit par Reinhardt avec Stéphane Grappelli) dont les musiciens donnent deux versions plaisantes fort réussies, instrumentale pour la première et chantée en anglais pour la seconde. Sur Petite Fleur de Sydney Bechet chanté avec une grande tendresse par le leader sur un tempo de cha cha cha ralenti, on saisit quelques mesures jouées par le bandonéon de Michel Portal.

Par son ambiance jazz dynamique, Plus je t’embrasse constitue un des meilleurs moments de l’album. Le swing habite de bout en bout les presque trois minutes de cette version du seul titre écrit par un compositeur américain Ben Ryan en (1926) et repris en France par les Sœurs Étienne. Le chanteur prend un petit accent américain canaille, le quartet fait swinguer le morceau à la manière de Nat King Cole et le superbe échange piano/guitare accentue le côté sautillant plein d’une énergie joyeuse.

Frenchy, un album à la tonalité pop jazz joyeuse où les chansons françaises choisies par Thomas Dutronc se succèdent en souplesse. Même s’il n’innove guère, l’opus ne manque pas d’élégance et déclenche sourire et bonne humeur.

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Le trompettiste Charles Tolliver est de retour avec « Connect » sur le label londonien indépendant Gearbox Records. Après un long silence discographique, le leader signe un album studio enregistré avec les très expérimentés new-yorkais Jesse Davis, Keith Brown, Buster Williams et Lenny White et la participation du britannique Binker Golding. Un opus énergique et ciselé. Quatre titres qui fleurent bon le hard-bop.

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Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

Une des meilleures surprises de cet été 2020 réside en l’écoute de « Trickster ». En effet, il fait bon se délecter à l’écoute de cet album qui surprend autant qu’il enchante. Il transporte dans des contrées musicales stimulantes et imaginatives. Pour ce faire, le pianiste danois Peter Rosendal a associé le Big Band The Orchestra au groupe folk Trio Mio pour lesquels il a composé et arrangé un répertoire de neuf titres qui évoluent entre folk et jazz. Au-delà de sa richesse, la musique fascine par son imagination, sa fantaisie mais aussi par une mise en place précise et éclatante.

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Sortie estivales 2020 chez Blue Note

Sortie estivales 2020 chez Blue Note

Les sorties estivales 2020 du label Blue Note affichent des tonalités musicales fort différentes. « Mr. Roscoe (consider the simultaneous) » du trompettiste Ambrose Akinmusire, « FMaj Pixie » du trio GoGo Penguin et « Pick me up off the Floor » de Norah Jones. Ces trois albums. constituent l’occasion idéale pour se familiariser avec trois idiomes qui témoignent de la diversité et de la richesse du jazz actuel.

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Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

Clin d’œil à Pierre Marcus & « Following the right way »

Promenade musicale entre rencontres et hommages

Le contrebassiste Pierre Marcus poursuit son chemin et présente son troisième album, « Following the right way ». Non content de jouer avec Baptiste Herbin, Irving Acao, Simon Chivallon et Thomas Delor, figures marquantes de la scène jazz française actuelle, il leur adjoint des invités. L’album propose une promenade dont les jalons font écho à l’itinéraire personnel du leader. Le propos solide et fort actuel demeure enraciné dans la tradition. L’oreille ne s’y trompe pas et suit avec bonheur le contrebassiste sur la voie qu’il continue à tracer.

couverture de l'album Following the right way de Pierre MarcusAprès « Longue attente » sorti en 2015 chez Cosmopolite Records et « Pyrodance » paru Jazz Family en 2018, le contrebassiste et compositeur Pierre Marcus revient à la tête d’un quintet de haut vol, avec « Following the right way » (Jazz Family/Socadisc), sorti le 29 mai 2020.

L’album procure de belles émotions musicales. Un voyage dépaysant et bienvenu qui tombe à pic après un début d’année 2020 peu propice aux expéditions terrestres ou aériennes.

Sur « Following the right way », Pierre Marcus invite à le suivre au fil d’un itinéraire musical autobiographique entre bebop, hard bop, Grèce, Bulgarie, Afrique Centrale, Europe et Etats-Unis. Compositions originales alternent avec reprises de standards et arrangements d’une mélodie traditionnelle bulgare.

Les musiciens

A la tête d’un quintet talentueux qui réunit le pianiste Simon Chivallon et les fidèles Baptiste Herbin (saxophones alto et soprano), Irving Acao (saxophone ténor) et Thomas Delor (batterie), Pierre Marcus convie aussi des invités.

Le trompettiste Renaud Gensane les rejoint sur trois titres, Jeremy Hinnekens intervient au piano sur deux morceaux et le vibraphoniste Alexis Valet sur une plage. Sans oublier Aleksandar Dzhigov qui intervient avec sa gaida, sorte de cornemuse traditionnelle des Balkans, sur la seconde version de Bulgarian Time.

Le répertoire

Au fil de l’album alternent compositions inédites de Pierre Marcus, reprises de standards et arrangements d’une mélodie traditionnelle des Balkans.

Compositions originales

Outre celle qui donne son nom à l’album, Following the right way, les six compositions originales de Pierre Marus font écho à des jalons importants de la vie du leader.

Mister Chassagnite fait référence à François Chassagnite (1955-2011) qui fut son professeur et ami qui lui a transmis l’amour du jazz, African Brothers rend hommage à ses amis africains rencontrés lors de ses voyages au Congo Brazzaville et à Yaoundé au Cameroun, Misthios est écrit en mémoire à la Grèce et sa mythologie et Bye Bye Philou salue un certain Philou. La superbe ballade Marinonica rend en hommage à son amie Marie. Le titre fait allusion à la baronne de Pannonica , mélomane et mécène de musiciens de jazz new-yorkais des années 1950 et 1960 parmi lesquels comptent Monk et Parker.

Reprises de standards

Le contrebassiste a choisi trois standards qui font référence à certains de ses compositeurs et musiciens américains favoris.

Ainsi Bemsha swing de Thelonious Monk, Nostalgia in Time Square de Charlie Mingus) et Tricotism d’Oscar Pettiford s’inscrivent comme des étapes outre-Atlantique du voyage musical que propose Pierre Marcus.

Bulgarian time

Le répertoire débute et se termine avec Bulgarian Time, dont Pierre Marcus propose deux versions. Il s’agit de deux arrangements et interprétations de la mélodie traditionnelle bulgare Bogorovskiratchenik issue de la région de Dobritch où vit la famille de sa femme. L’album ouvre avec une version enflammée de Bulgarian time joué en quintet et se termine avec Bulgarian time traditional qui permet de découvrir la sonorité hypnotisante de la gaida d’Aleksander Dzhigov.

Impressions musicales

Les cinquante-cinq minutes de l’album permettent d’apprécier les couleurs diversifiées des onze étapes du voyage que propose l’album « Following the right way ». De bout en bout on est sous le charme des propos des interprètes qui rendent accessible la musique quelle que soit la complexité de sa structure. A travers les interactions des solistes on perçoit la complicité et l’écoute qui règnent entre les musiciens.

Puissante, grave ou chaleureuse la contrebasse de Pierre Marcus stimule ou apaise les échanges. Sobres et efficaces, ses interventions permettent d’apprécier sa justesse, ses nuances et son imagination.

On ne se lasse pas du soprano de Baptiste Herbin, voltigeur (Bulgarian time), triomphal (Mister Chassagnite), fulgurant (Following the right way), foudroyant (Bye Bye Philou), lyrique et charmeur (Marinonica), ébouriffant (Bulgarian time Traditional).  On savoure le jeu du piano de de Simon Chivallon tour à tour enflammé (Bulgarian time), enthousiaste (Nostalgia in Time Square), scintillant (Bemsha swing). On ne peut pas résister au saxophone ténor d’Irving Acao dont les interventions alternent entre mélancolie étirée (Misthios), frénésie inspirée (African Brothers), somptueux (Bemsha swing). On apprécie la diversité du jeu de batterie de Thomas Delor dont les rythmiques phosphorescentes savent aussi se faire frissonnantes ou délicates.

Présente sur trois titres, la trompette de Renaud Gensane dévoile un jeu flamboyant (Mister Chassagnite), enthousiaste (Nostalgia in Time Square) ou éclatant (Following the right way). Le piano de Jeremy Hinnekens balance entre groove (Tricotism) et lumière (Bye Bye Philou) et le vibraphone d’Alexis Valet brille par la richesse de son expressivité (Bye Bye Philou).

« Following the right way », un album qu’on ne se lasse pas d’écouter. A laisser tourner en boucle et à partager largement !

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Le trompettiste Charles Tolliver est de retour avec « Connect » sur le label londonien indépendant Gearbox Records. Après un long silence discographique, le leader signe un album studio enregistré avec les très expérimentés new-yorkais Jesse Davis, Keith Brown, Buster Williams et Lenny White et la participation du britannique Binker Golding. Un opus énergique et ciselé. Quatre titres qui fleurent bon le hard-bop.

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Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

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Une des meilleures surprises de cet été 2020 réside en l’écoute de « Trickster ». En effet, il fait bon se délecter à l’écoute de cet album qui surprend autant qu’il enchante. Il transporte dans des contrées musicales stimulantes et imaginatives. Pour ce faire, le pianiste danois Peter Rosendal a associé le Big Band The Orchestra au groupe folk Trio Mio pour lesquels il a composé et arrangé un répertoire de neuf titres qui évoluent entre folk et jazz. Au-delà de sa richesse, la musique fascine par son imagination, sa fantaisie mais aussi par une mise en place précise et éclatante.

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Sortie estivales 2020 chez Blue Note

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Les sorties estivales 2020 du label Blue Note affichent des tonalités musicales fort différentes. « Mr. Roscoe (consider the simultaneous) » du trompettiste Ambrose Akinmusire, « FMaj Pixie » du trio GoGo Penguin et « Pick me up off the Floor » de Norah Jones. Ces trois albums. constituent l’occasion idéale pour se familiariser avec trois idiomes qui témoignent de la diversité et de la richesse du jazz actuel.

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Oboman et Aquarela proposent « A Bela Vida »

Oboman et Aquarela proposent « A Bela Vida »

Evasion virtuose au gré des rythmes brésiliens

A la tête de son trio Aquarela, le hauboïste et joueur de cor anglais Jean-Luc « Oboman » Fillon présente « A Bela Vida », troisième album qu’il consacre aux musiques brésiliennes. Entouré de ses deux compères brésiliens, le mandoliniste Eduardo Miranda et le guitariste Tuniko Goulart, le leader invite le percussionniste brésilien Zé Luis Nascimento à les rejoindre. Avec de tels virtuoses, mélodies et rythmes brésiliens frémissent de lyrisme et d’élégance. Une évasion bienvenue en ces temps bouleversés pour retrouver le goût de la Bela Vida.

couverture de l'album A Bela Vida par Oboam, jean-Luc Fillon et le trio AquarelaAprès « Choros do Brazil » et « Outros Choros do Brazil », Jean-Luc « Oboman » Fillon persiste avec son trio Aquarela dans la veine brésilienne avec « A Bela Vida » (Buda Musique/Socadisc). Sur ce troisième opus dédié aux musiques brésiliennes, le trio qu’il forme avec les Brésiliens Eduardo Miranda (mandoline 10 cordes) et Tuniko Goulart (guitare 7 cordes) s’adjoint le percussionniste Zé Luis Nascimento.

Le répertoire met à l’honneur nombre de célèbres compositeurs brésiliens parmi lesquels entre autres, Pixinguinha, Guinga, Egberto Gismonti, Hermeto Pascoal, Jacob de Bandolim et Antônio Carlos Jobim.

Complices, les quatre artistes s’évadent sur les ailes des superbes mélodies. Ils s’en donnent à cœur joie et déploient leur virtuosité avec élégance.

Les musiciens

Oboman

Compositeur, arrangeur et chef d’orchestre, Jean-Luc Fillon est aussi multi-instrumentiste. Son pseudo « Oboman » témoigne de l’amour qu’il porte au hautbois, oboe. Il embouche aussi le hautbois d’amour, le cor anglais, la clarinette basse et la contrebasse.

Virtuose, expressif, audacieux et créatif, il s’autorise toutes les libertés sur cet album et contribue une fois de plus à faire entendre et apprécier ces instruments rarement utilisés dans le jazz.

Les treize albums de sa discographie démontrent le large spectre de ses inspirations et de ses projets. Ainsi il joue en duo avec l’accordéoniste Didier Ithursarry pour le projet « Paris by Song », avec le bassoniste Paul Hanson pour le projet « Late Trane » et s’engage aussi avec le joueur de didgeridoo Othello Ravez dans le monde d' »Obotello ». En trio il s’aventure vers les contrées d’Afrique avec « African Dream ». En quartet sans piano avec Johan Renard (violon), Claude Tchamitchian (contrebasse) et François Merville (batterie), il croise jazz et musiques improvisées avec » Echoes of Freedom ».  Il a aussi exploré les univers de Cole Porter, de Duke Ellington. Avec l’orchestre symphonique, son hautbois devient nomade.

Depuis 2013 et un premier album intitulé « Choros do Brasil », il chemine avec le mandoliniste Eduardo Miranda et le guitariste Tuniko Goulart avec lesquels il a enregistré ensuite « Outros Choros do Brazil » en 2015 et le superbe « A Bela Vida » en 2020.

Eduardo Miranda

Originaire de São Paulo, le mandoliniste a développé un style très personnel sur son instrument dont il est considéré aujourd’hui comme un maître. Très inspiré, il s’appuie sur une maîtrise technique exceptionnelle qui lui permet d’allier virtuosité et expressivité.

Tuniko Goulart

Né à Pelotas, dans le sud du Brésil, le guitariste a mené une carrière professionnelle depuis l’âge de 11 ans. Sur les scènes et en studio, il a collaboré avec les plus grands artistes brésiliens qui ont contribué à développer chez lui l’art de la composition.

Zé Luis Nascimeto

Originaire de Salvador de Bahia, le percussionniste brésilien, vit en France depuis 1996. Très ouvert à la diversité, il a enrichit son style d’origine d’influences venues des percussions orientales et occidentales. Ainsi Il a développé un jeu très personnel qui lui permet de collaborer avec des artistes d’univers très variés.

Au fil des pistes

L’album ouvre avec Baiao de Lacan du compositeur guitariste brésilien Guinga. D’emblée, le hautbois fringant et festif entraîne le quartet dans une musique jubilatoire.

Le répertoire se poursuit avec Corta Jaca, une composition de la Brésilienne Chiquinha Gonzaga que reprend le quartet. Après une batucada introductive, la mandoline entraine l’oreille dans un vertigineux flot de notes, le hautbois virevolte et déploie un arc en ciel de sonorités chatoyantes. C’est ensuite au gré d’échos venus d’Afrique et de tonalités hispanisantes que s’envole le hautbois espiègle et enjoué sur une version revisitée du titre Brejeiro écrit par Ernesto Nazareth. A ses côtés, la mandoline tricote sur un tempo frénétique.

Après l’alegria advient la saudade. Sans percussion, la mandoline conte la belle romance de Caprichos do Destino dont la mélodie est reprise par le hautbois avec une douce sensualité. Sur un rythme ternaire enlevé, la guitare virtuose entraîne Batukuniko sur un rythme vertigineux, entre Afrique, Jazz et Brésil. C’est ensuite une version endiablée et un rien bluesy que le quartet propose de la composition Assanhado de Jacob do Bandolim. Le morceau s’en trouve comme revitalisé et le hautbois d’amour échange sans complexes avec la mandoline virtuose.

Chorando Baixinho sert de tremplin à l’expressivité sans faille d’Oboman. Ce titre d’Abel Ferreira sert de tremplin à l’expressivité sans faille de Jean-Luc Fillon. Sur cette pièce, la mandoline fait vibrer l’âme et pleurer doucement des larmes imprégnées de blues brésilien. Le quartet poursuit avec une composition d’Hermeto Pascoal, Frevo em Maceiro. Le hautbois se lance dans une improvisation bouillante quelque peu ébouriffée et l’oreille se laisse conduire avec bonheur dans un univers évocateur des calypsos chers à un certain Sonny Rollins.

Un brin de nostalgie, émaille Naquele Tempo. Cette composition de Pixinguinha dont le titre évoque le temps passé, fait scintiller des éclats de saudade que la mandoline brillante et le hautbois guilleret égrènent avec une subtile dose d’alegria. Sur 7 Anéis, les envolées lyriques du hautbois et les percussions aériennes propulsent ensuite la musique Egberto Gismonti dans les cieux. La magie opère et l’azur illumine le titre.

Servi par une interprétation ardente, Chorinho Pra Vocé invite à la danse. Sur ce choro de Severino Aranjo la mandoline brille de mille feux, soutenue par le pandero caressant. Le répertoire propose ensuite Santa Morena, une seconde composition de Jacob do Bandolim. Sur un rythme ternaire allègre, la mélodie tournoie sous les doigts de la mandoline et de la guitare ancrée dans des racines flamencas. Magistral !

L’album se termine en apothéose avec une splendide version du Choro d’Antônio Carlos Jobim. Inspirés et en grande symbiose, les musiciens s’expriment dans un esprit très proche de celui de la pièce qui figurait dans l’album Stone Flower (1970) de Jobim.

« A Bela Vida », une pépite de bonheur où virtuosité et lyrisme flirtent avec sensibilité et délicatesse. Un concentré joyeux qui réjouit le cœur et l’âme.

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

Le trompettiste Charles Tolliver est de retour avec « Connect » sur le label londonien indépendant Gearbox Records. Après un long silence discographique, le leader signe un album studio enregistré avec les très expérimentés new-yorkais Jesse Davis, Keith Brown, Buster Williams et Lenny White et la participation du britannique Binker Golding. Un opus énergique et ciselé. Quatre titres qui fleurent bon le hard-bop.

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Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

Avec « Trickster », Peter Rosendal signe un album inspiré

Une des meilleures surprises de cet été 2020 réside en l’écoute de « Trickster ». En effet, il fait bon se délecter à l’écoute de cet album qui surprend autant qu’il enchante. Il transporte dans des contrées musicales stimulantes et imaginatives. Pour ce faire, le pianiste danois Peter Rosendal a associé le Big Band The Orchestra au groupe folk Trio Mio pour lesquels il a composé et arrangé un répertoire de neuf titres qui évoluent entre folk et jazz. Au-delà de sa richesse, la musique fascine par son imagination, sa fantaisie mais aussi par une mise en place précise et éclatante.

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Sortie estivales 2020 chez Blue Note

Sortie estivales 2020 chez Blue Note

Les sorties estivales 2020 du label Blue Note affichent des tonalités musicales fort différentes. « Mr. Roscoe (consider the simultaneous) » du trompettiste Ambrose Akinmusire, « FMaj Pixie » du trio GoGo Penguin et « Pick me up off the Floor » de Norah Jones. Ces trois albums. constituent l’occasion idéale pour se familiariser avec trois idiomes qui témoignent de la diversité et de la richesse du jazz actuel.

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Thomas Delor revient avec « Silence the 13th »

Thomas Delor revient avec « Silence the 13th »

Pulsations contrastées et couleurs captivantes

Après le somptueux et singulier « The Swaggerer », le batteur et compositeur Thomas Delor récidive avec « Silence the 13th », un deuxième album tout aussi convaincant que le premier. Entouré des compagnons déjà présents sur son premier opus, le leader confirme ses qualités de compositeur et d’instrumentiste. L’album cultive l’art de la nuance et séduit par ses pulsations contrastées, ses couleurs captivantes et ses silences… véritables notes de musique.

couverture de l'album Silence the 13th de Thomas DelorPresque deux ans après « The Swaggerer » (Fresh Sound New Talent/Socadisc), un premier album fort réussi, Thomas Delor revient en trio le 30 mai 2020 avec « Silence The 13th » (Fresh Sound New Talent/Socadisc).

A travers le titre de son deuxième opus, le leader annonce de manière explicite la place essentielle que le silence occupe dans son art. D’ailleurs pour clarifier son message, le batteur remplace avec astuce sur la pochette le « S » de Silence par une figure de silence, celle du soupir et à l’intérieur du livret, il livre un second clin d’œil en utilisant le demi soupir en guise de première lettre de son prénom.

Captivant de bout en bout, « Silence The 13th » révèle un répertoire de neuf titres aux climats riches et contrastés. Les échanges des trois instrumentistes laissent percevoir leur complicité, leur écoute mutuelle et la richesse de leur expression.

Trio complice

Toujours à la tête du trio qui réunit autour de lui, le guitariste Simon Martineau et le contrebassiste Georges Correia, le batteur Thomas Delor confirme sur son instrument ses talents de mélodiste avéré. Il ne se départit pas pour autant de ses singulières qualités de rythmicien qui à la fois propulse la musique, la souligne, la dynamise, la prolonge et la suspend tour à tour.

Subtil mélodiste, Thomas Delor développe sur sa batterie une palette expressive dont les nuances varient entre impétueuses fulgurances et délicats effleurements. C’est un bonheur absolu de l’écouter égrener note par note les thèmes sur les peaux de ses tambours ou de vibrer au gré de ses explosives envolées. La contrebasse de Georges Correia pulse efficacement et se fait lyrique lors d’improvisations inspirées. De la guitare de Simon Martineau s’échappent des accords lumineux et de splendides lignes mélodiques dont toute note superflue est bannie.

Sur les pistes du Silence

Thomas Delor propose un répertoire où alternent six compositions personnelles et trois reprises. Au fil des titres, les ambiances varient et permettent aux solistes de donner le meilleur d’eux-mêmes dans des contextes diversifiés. Il est plaisant de suivre les foulées musicales des trois musiciens sur les pistes du Silence.

Adepte de la logique et mathématicien dans l’âme, Thomas Delor intitule Syllogism le premier titre de l’album. Une mélodie troublante aux inflexions mystérieuses émerge d’une introduction au climat ondoyant où la guitare suspend ses accords avant de passer le relai à la contrebasse. Le batteur réactif et très inspiré stimule la guitare au son saturé dont le propos se fait réjouissant avant que n’advienne une conclusion groovy qui fédère les protagonistes autour de l’énergique batterie.

Silence the 13th qui donne son nom à l’album, ouvre avec une mélodie jouée en suspension par la contrebasse puis par la guitare. La guitare magicienne métamorphose ensuite le climat et l’espace semble se dilater jusqu’à atteindre l’infini où la musique atteint la sérénité.

Seul face à lui-même, sur Peaux pourries, le batteur fait ensuite délicatement chanter les peaux de ses fûts avec une allusion à La cucaracha. Le répertoire se poursuit avec My Little Suede Shoes que la batterie fredonne subtilement de manière ludique. Sur un tempo chaloupé, la composition de Charlie Parker prend un sacré coup de jeune. La guitare dialogue avec la batterie et reprend le thème truffé de citations parmi lesquelles se faufile Au Clair de la Lune. Cette superbe version du thème de Parker permet au batteur de montrer toute l’étendue de son talent à travers une véritable orchestration rythmique.

Plus loin, Providence Incitation ouvre un espace sonore que les musiciens explorent en totale interaction. Souple improvisation de la contrebasse, lumineux chorus de guitare et libre expression des baguettes. Sur Minefield, le trio invite ensuite l’oreille dans une déambulation contrastée sur les pentes du feeling et du blues. La guitare irradie d’un swing éclatant qui rappelle celui d’un certain Philip Catherine. La section rythmique pulse à merveille et l’on perçoit la joie que partagent les trois musiciens.

Confronté au défi d’interpréter Que reste -t-il de nos amours ?, le trio y parvient tout à fait et revitalise à merveille cette chanson de Charles Trenet. Les somptueux accords de la guitare sont mis en valeur par le jeu mélodiste de la batterie. Contrebasse, guitare et batterie offrent ensuite une version peu orthodoxe du Prélude Po.28, N°20 de Chopin. Après un début doté d’une grâce aux accents baroques, le trio opte pour une effervescence décapante et enrockée.

Sur le dernier titre de l’album, Une soupe, et au lit, le trio surfe avec souplesse sur la vague du swing et incarne à merveille cette alternance tension/détente propre au jazz.

Sur son deuxième album, « Silence The 13th », le trio de Thomas Delor convie le silence en guise de treizième note de la gamme, ce qui en dit long sur sa conception de la musique dont le spectre explore une palette de nuances dont les variations s’étendent du murmure le plus délicat à l’explosion la plus vive.

Charles Tolliver est de retour avec « Connect »

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