Nouveau RV avec Christophe Monniot & Didier Ithursarry

Nouveau RV avec Christophe Monniot & Didier Ithursarry

« Hymnes à l’Amour - Deuxième chance » … un monde radieux

Plus de deux ans après la parution de leur album « Hymnes à l’Amour », le saxophoniste Christophe Monniot et l’accordéoniste Didier Ithursarry récidivent avec un deuxième opus éponyme sous-titré « Deuxième Chance ». Avec lyrisme et virtuosité, les deux musiciens complices tissent une musique à la fois tendre et sensible, intense et pétillante. « Deuxième Chance », un nouveau rendez-vous à ne pas manquer !

visuel de l'album Hymnes à l'Amour-Une deuxième chance de Christophe Monniot & Didier IthursarryBelle aubaine que « Hymnes à l’Amour - Deuxième chance », ce deuxième volet des « Hymnes à l’Amour » proposé par Christophe Monniot et Didier Ithursarry après .

Leur album « Hymnes à l’amour » (ONJ Records/L’Autre Distribution) sorti en novembre 2018 avait séduit par son discours musical sensible et inventif. Sur « Hymnes à l’Amour - Deuxième chance » à sortir le 26 février 2021 sur le label Emouvance, les deux compères présentent une nouvelle ode à l’amour.

« Deuxième chance » suggère le renouveau possible de l’amour après qu’il se soit affaibli. On ne peut s’empêcher de recevoir cet opus, de le concevoir comme un deuxième rendez-vous, celui qui procure la chance de retrouver ces deux poètes de la musique libre, de partager avec eux une bouffée d’espoir et d’émotions… mais n’est-ce pas là le propre de l’amour qu’évoque Sylvie Gasteau en avant-propos du livret ? De facto, il s’agit bien d’une « Deuxième Chance » que le saxophoniste et l’accordéoniste offrent à leur public.

Toujours complices, Christophe Monniot & Didier Ithursarry rivalisent de tendresse et d’humour, de nostalgie et de folie dans ce deuxième volet des « Hymnes à l’Amour » sous-titré « Deuxième chance ». L’écoute des huit hymnes à l’Amour de cet album transporte dans un monde radieux où se croisent passion, énergie, sensibilité et poésie.

Label Emouvance

Après avoir été appelé en 2019 par Claude Tchamitchian pour faire partie de son trio « Poetic Power » avec la batteur Tom Rainey, Christophe Monniot enregistre avec eux l’album éponyme sorti en 2020 sur le Label Emouvance créé et dirigé par le contrebassiste. Ce dernier lui propose de produire le deuxième volet des « Hymnes à l’Amour » sur Emouvance. Stimulés par cette proposition et par l’attention que la directrice de production, Françoise Bastianelli porte à leur projet, Christophe Monniot & Didier Ithursarry se lancent dans l’écriture de nouveaux morceaux. Ils travaillent « chacun de leur côté » puis se réunissent et répètent ensemble de répertoire original pour « entendre ce qui sonnait, ce qu’il fallait reprendre, plusieurs fois, jusqu’à être tous les deux satisfaits ».

Ainsi après avoir été enregistré les 02, 03 et 04 septembre 2020 aux Studios la Buissonne, l’album « Hymnes à l’Amour - Deuxième chance » entre au catalogue de la maison de Disques Emouvance.

Le répertoire

Dans ce deuxième projet discographique, chacun des deux artistes apporte trois compositions originales et un morceau issu de leurs origines géographiques familiales, basque pour l’accordéoniste, et « pas du tout bulgare pour |le saxophoniste] dont les origines sont situées un peu plus haut sur la mer noire, en Ukraine, mais l’esprit slave » est présent dans ce titre.

Morceaux issus de la tradition

A l’origine, Christophe Monniot avait conçu les arrangements du traditionnel bulgare, Vetcherai Rado (« Soupons ensemble, Rada ») à la demande de Ilia Mihaylov, chef de chœur des fameuses grandes voix bulgares avec lesquelles le saxophoniste a partagé la scène aux côtés du pianiste et compositeur François Raulin et de contrebassiste Brunon Chevillon. Ils ont été repris avec talent par l’accordéoniste.

A l’origine, Banako est la musique d’une danse traditionnelle basque emblématique joué habituellement sur un tempo plutôt rapide. Didier Ithursarry l’a choisi mais a pris le contre-pied et l’a transformé en une ballade lente et sensible.

Les autres titres

Parmi les trois morceaux composés par Christophe Monniot, Pierre qui vole rend hommage à un ami prénommé Pierre qui « s’est envolé », Oláh Là fait un clin d’œil à ses « formidables amis jazzmen tziganes de Hongrie » et Lilia est une ballade dédicacée à sa belle-fille.

Pour sa part, Didier Ithursarry a été inspiré par Leonard Bernstein pour composer East Side et dédie Dede à un ami prénommé Didier.

On demeure en questionnement quant au « ? » du dernier titre de l’album, Une dernière danse ? Peut-être ce signe augure-t-il du doute qui étreint tous les artistes en cette période compliquée où les concerts se sont annulés les uns après les autres et où l’avenir des musiciens se profile comme très incertain ? A moins qu’il n’ouvre la perspective d’un troisième volet…. ce qui ne serait pas pour déplaire au public et aussi aux deux musiciens qui envisageraient volontiers « de faire appel à des compositeurs extérieurs [qu’ils aiment et admirent] et écriraient pour [eux] et un quatuor à cordes ». L’avenir réserve quelquefois de belles surprises et c’est cette dernière option que l’on se plaît à choisir

Impressions

L’album ouvre avec Vetcherai Rado où l’accordéon souffle des accords mélancoliques et le sopranino fait tournoyer ses arabesques. On tombe sous le charme du lyrisme et de l’ardeur de son improvisation où la mélodie se renouvelle à chaque instant, comme le ferait un amour idéal. Sur Dede, le dialogue des deux musiciens permet d’apprécier leur maîtrise technique qui soutient un échange énergique et sensible à la fois. Plus loin, l’alto souffle un brin de folie sur East Side au tempo effervescent.

On plonge ensuite avec délice dans la tendre ballade Lilia, une véritable rêverie musicale où l’alto flamboyant dessine de tendres envolées lyriques. Sur le tempo de valse de Pierre qui vole, le jeu virevoltant du saxophone et de l’accordéon fait tourner la tête. Plus loin, le très touchant Banako sert de tremplin au sopranino qui s’exprime avec un lyrisme autant sensible qu’effervescent. Avec Oláh Là, on se trouve transporté dans une danse balkanique où les deux instruments s’expriment en parfaite symbiose, l’alto passionné stimulant la vigueur inventive de l’accordéon.

Une dernière Danse ? frémit du souffle de l’alto qui instaure un climat brumeux. Le jeu harmonique de l’accordéon évoque la richesse des atmosphères ellingtoniennes traversées par les envolées sinueuses d’un saxophone inspiré et dubitatif. Un délice sonore à savourer sans retenue.

Sur « Hymnes à l’Amour - Deuxième chance » les émotions sont au rendez-vous. Un jazz libéré et sensible qui enchante les tympans, réjouit le cœur et caresse l’âme.

Avec de chaleureux remerciements à Christophe Monniot pour ses amicaux éclairages.
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« Bigre ! » & Célia Kameni…  L’Etoile Filante

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Sa joie insolente illumine le firmament

La sortie du nouveau single de « Bigre ! » & Célia Kameni tombe à pic. Tel un élixir de joie, L’Etoile Filante va combler de plaisir les oreilles d’un public désespéré par les scènes vides et frustré de ne plus pouvoir partager la musique vivante avec celles et ceux qui la créent. Dans l’obscurité ambiante, la joie insolente de la musique illumine le firmament.

Après le chatoyant « ¡Caramba! » , le big band « Bigre ! » présente le single L’Etoile Filante sorti le 16 février 2021.

En ces temps chagrins, rien de mieux qu’une telle bonne nouvelle pour redonner du peps et attendre de pied ferme le prochain opus de l’orchestre, intitulé « Tumultes »…. ça promet !

L’Etoile Filante

Le titre recèle autant d’énergie que de poésie. L’ADN de Bigre ! demeure inchangé… cuivres chaleureux, rythmes enfiévrés et, cerise sur le gâteau, la voix lumineuse de Célia Kameni.

L'Etoile Filante par Bigre ! & Célia KameniAvec l’orchestre et la chanteuse, on se souvient de nuits estivales irradiées de poudre d’étoiles, on rejoint en rêve un amour perdu. Guidée par la voix rayonnante, la rythmique enflammée et les constellations cuivrées des sections de saxophones, trompettes et trombones, l’oreille s’immerge dans une galaxie sonore dont l’exotisme emprunte autant à la cumbia colombienne qu’à la timba afro-cubaine. On se laisse bercer au fil des rimes et des riches harmonies et pour finir, on se surprend à danser sur L’Etoile Filante.

Écrit et réalisé par Flipinne Berlue aka Laurent Vichard, le clip de présentation du titre met en valeur le texte et la musique de Sarah Mikovski et les arrangements de Félicien Bouchot.

Avec Célia Kameni (voix), Pierre Desassis, Julien Chignier, Thibaut Fontana, Romain Cuoq, Fred Gardette (saxophones), Vincent Labarre, Rémi Gaudillat, Yacha Berdah, Aurelien Joly, Thomas Leroux (trumpettes), Jean Crozat, Loïc Bachevillier, Sylvain Thomas, Sébastien Chetail, Aloïs Benoît (trombones), Francis Larue (guitare), OlivierTruchot (claviers), Nicolas Frache (basse), Wendlavim Zabsonre (batterie), Jonathan Volson, Jorge Mario Vargas, Isel Rasua (percussions)

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Naïssam Jalal revient avec « Un Autre Monde »

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Musique lumineuse habitée par la force

Pour le dixième anniversaire de son groupe « Rythms of Resistance », la flûtiste et compositrice Naïssam Jalal revient avec le double album « Un Autre Monde ». Dans ce troisième opus, la musicienne lance un cri d’alarme et imagine un autre monde issu de ses aspirations et de ses rêves. Un manifeste musical lumineux empreint de force et de liberté.

Après « Osloob Hayati » (2015) et « Almot Wala Almazala » (2016), l’artiste compositrice et flûtiste Naïssam Jalal poursuit sa route. A la tête de son quintet, elle signe « Un Autre Monde » (Les Couleurs du Son//L’Autre Distribution), un double album sorti le 05 février 2021.

Dans ce troisième opus qui marque les dix ans de son ensemble « Rythms of Resistance », Naïssam Jalal a voulu « explorer de nouveaux territoires au niveau du sens comme de la matière sonore et continuer inlassablement à mélanger les esthétiques, les traditions pour laisser fleurir Un Autre Monde ».

Comme des images mises en musique, les morceaux de l’album « Un Nouveau Monde » mêlent sans frontière tradition orientale, jazz et musique classique. Une utopie musicale empreinte de lumière et de force à la fois.

Imaginer Un Autre Monde

visuel de l'album Un Autre Monde de Naïssam JalalNaïssam Jalal a intitulé son double album « Un Autre Monde » car depuis plusieurs années elle a « la sensation que le monde dans lequel on vit touche à sa fin et que l’on ne peut pas continuer comme ça ». Pour elle, dans le monde capitaliste « l’argent est maître de nos destins, le profit de certains vaut plus que nos vies et nos droits et notre liberté disparaissent de plus en plus et de plus en vite ». Elle dit voir « tous ces peuples en France ou ailleurs qui se soulèvent et se révoltent contre cet ordre là, et ce système et la nature aussi ».

C’est entre 2017 et 2020 que Naïssam Jalal a écrit le répertoire de son nouvel opus « Un Autre Monde ». Elle a ressenti le besoin de projeter en musique l’utopie du monde auquel elle aspire. Ainsi, le répertoire de ce nouvel album se veut le reflet de cet autre monde dont elle rêve, un monde où l’homme redonnerait sa place à la nature, « car on ne peut pas vivre sans la nature on peut pas vivre en dehors de la nature ». Cet autre monde appartiendrait aussi à l’autre, à « celui qui est différent parce que la haine et le racisme ne peuvent pas avoir de place dans cet autre monde »

Deux formations

Du groupe fondé à l’origine en 2011 par Naïssam Jalal (flûte, nay, voix), demeurent le saxophoniste franco-marocain Mehdi Chaib et le guitariste et violoncelliste allemand Karsten Hochapfelt ; exit Francesco Pastacaldi et Matyas Szandai. En 2020, sur « Un Autre Monde », la contrebasse est tenue de bout en bout par Damien Varaillon et la batterie par Arnaud Dolmen.

Ce double album « Un Nouveau Monde » s’inscrit tout à fait dans la continuité des deux premiers opus et permet de plus d’apprécier des musiques issues de deux contextes différents. Enregistré en studio, le CD1 propose sept titres interprétés par Naïssam Jalal & « Rythms of Resistance et enregistrés par Tom Van Den Heuvel au Studio Midlive de Villetaneuse alors que sur le CD2, le groupe est capté live sur scène, avec l’Orchestre National de Bretagne dirigé par la cheffe d’orchestre Zahia Ziouani. Les deux ensembles dialoguent et se mélangent avec une grande liberté, le quintet et l’orchestre se répartissant tour à tour le rôle de soliste et celui d’accompagnateur.

Impressions

Sur tous les morceaux, Naïssam Jalal allie avec virtuosité, souffle et vocalises. Ses propos lyriques et lumineux possèdent une force qui confine quelquefois à la violence. Dans son art, elle insuffle ses espoirs, ses révoltes et ses détresses, ce qui pour elle constitue la véracité de la vie et que soulignent les cris de son chant. Il est difficile de résister à la force de sa musique pulsatile auxquelles les rythmiques complexes confèrent une dimension hypnotisante.

Construit sur un rythme flamenco de buleria, le poignant Buleria Sarkhat Al Ard introduit la session studio du premier disque. Le titre résonne comme un véritable cri d’alarme devant les catastrophes sociales et écologiques. Le clip tourné dans une raffinerie abandonnée restitue d’ailleurs le « cri de la terre » (traduction de Sarkhat Al Ard).

Sur Samaï Al Andalu, on frissonne à l’écoute du magnifique solo développé, en réponse à la flûte, par le soprano voltigeur et véhément. Violoncelle et contrebasse croisent leurs chants voluptueux sur les chemins de Promenade au bord du rêve, soutenus par une rythmique aux nuances multiples et rejoints par le souffle délicat de la flûte. La voix de Naïssam Jalal ouvre D’ailleurs nous sommes d’ici, le dernier titre du disque studio. Dans le texte qu’elle lit en introduction, elle fait rimer détresse avec tendresse. Il en découle une émotion sensible avant que les cordes de la guitare électrique ne se fassent entendre intensément et instaurent un climat empreint d’une force presque tellurique.

Le second disque ouvre avec Paysages de notre destin, un titre paisible où la guitare s’exprime avec souplesse et tendresse. Le quintet continue avec l’orchestre symphonique avec lequel il reprend Un sourire au cœur, Un monde neuf et Samaï Al Andalus, trois titres présents et enchaînés dans le même ordre que sur le premier CD. A l’écoute de ces trois titres, on perçoit de nouvelles couleurs, de nouvelles textures, comme si l’orchestre symphonique donnait une dimension plus aboutie à la musique de Naïssam Jalal.

On retrouve avec plaisir le morceau titre de son précédent album, Almot Wala Almazala qui termine l’album. Sur cette version, la flûtiste impressionne par sa virtuosité à mêler chants et cris à son souffle sur l’instrument. Après une douce coexistence entre flûte et orchestre symphonique, le quintet entre en action avec force et déclenche un séisme musical au-dessus duquel explosent les envolées furieuses de la flûte.

Si les Victoires du Jazz 2019 avaient désigné le précédent album de Naïssam Jalal, “Quest of the Invisible” dans une catégorie intitulée « album inclassable », peut-être le jury 2020 pourrait-il envisager de classer et récompenser « Un Autre Monde » dans la « catégorie Jazz », car la musique de Naïssam Jalal incarne tout à fait ce que le jazz prétend être. Un propos où se croisent des influences venues d’ici et d’ailleurs, une musique inventive qui n’hésite pas à transgresser les normes pour inventer et renouveler le style.

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Le pianiste Chick Corea est décédé

Le pianiste Chick Corea est décédé

Le jazz est en deuil

Le 09 février 2021, le pianiste et compositeur Chick Corea est mort à 79 ans à Tampa en Floride. Le jazz est en deuil et pleure la disparition de ce prodigieux artiste qui a opéré la fusion du jazz avec le rock et le funk. Sa contribution, majeure dans l’évolution du jazz contribue à faire de lui un musicien dont l’influence est encore perceptible aujourd’hui chez de nombreux artistes. Son empreinte demeure à jamais gravée dans l’univers du jazz.

C’est via un communiqué mis en ligne sur la page Facebook de Chick Corea que l’on a pris connaissance du décès de l’artiste suite à une « forme rare de cancer découvert très récemment ». Sur cette même page figure aussi un message rédigé par l’artiste lui-même : « Je veux remercier tous ceux qui, tout au long du voyage, ont contribué à faire briller de mille feux la musique. J’ai l’espoir que ceux qui ressentent l’envie de jouer, d’écrire, de se produire en spectacle puissent le faire. Si ce n’est pour eux-mêmes, alors pour nous autres. Pas seulement parce que le monde a besoin de plus d’artistes, mais parce que c’est plus amusant. »

Chick Corea©Sakuri Toshi

Chick Corea©Sakuri Toshi

Né le 12 juin 1941 d’un père trompettiste à Chelsea (Massachussetts, États-Unis), Armando Anthony dit Chick Corea a appris le piano et aussi la batterie avant de suivre l’enseignement de l’université Columbia de New York puis à la Juillard School. C’est en 1968, après avoir écouté Miles Davis qui jouait au Birdland de New-York avec John Cortrane. Cette rencontre a en quelque sorte constitué le prélude à son orientation dans le monde de jazz.

Après avoir débuté sa carrière auprès de Blue Mitchell et Cab Calloway, il joue auprès de Willie Bobo, Herbie Mann et Mongo Santamaria et pratique avec eux le jazz latin. En 1966, il enregistre « Sweet Rain » avec le groupe de Stan Getz qui compte alors Ron Carter (contrebasse) et Grady Tate (batterie). C’est la même année qu’il enregistre « Tones for Joan’s Bones », son premier opus en tant que leader avec Joe Farrell (flûte, saxophone ténor), Woody Shaw (trompette), Steve Swallow (contrebasse) et Joe Chambers (batterie). Il forme ensuite un trio avec Miroslav Vitous (contrebasse) et Roy Haynes (batterie) avec lesquels il enregistre en 1968 « Now He Sings, Now He Sobs ».

En septembre 1968, il remplace Herbie Hancock dans le groupe de Miles Davis et jusqu’en 1970, il développe sur son Fender Rhodes et son oscillateur Ring Modulator ses harmonies électriques auprès du trompettiste. Durant cette même période il a aussi participé à l’enregistrement de trois albums de Miles Davis, « Filles de Kilimandjaro » (1969), « In a silent way » (1969) et « Bitches Brew » (1970).

Entre 1970 et 1971, il fonde Circle, un groupe qui réunit autour de lui le contrebassiste Dave Holland, le batteur Barry Altschul et le saxophoniste Anthony Braxton. Avec eux il grave plusieurs albums (« Circling In », « Circulus », « Circle 1 » and « Circle 2 »). Après ce jazz d’avant garde, il constitue son propre groupe, Return to Forever. Aux côtés de Chick Corea, si le bassiste Stanley Clarke a été de toutes les formations, bien des musiciens se sont succédé auprès d’eux dans les différentes versions du groupe parmi lesquels, Bill Connors Joe Farrel, Al Di Meola, Flora Purim, Steve Gadd, Airto Moreira, Gerry Brown et pour la dernière formation, Lenny White, Frank Gambale et Jean-Luc Ponty en 2011.

Avec Return to Forever, Chick Corea a contribué à fonder, le jazz fusion où les synthétiseurs sont omniprésents.

Les années 80 ont marqué son retour à un jazz plus traditionnel avec son Akoustic Band sans pour autant tourner le dos à la musique électrique avec son Elektric Band. Au fil des ans, il a joué auprès des plus grands, Herbie Hancock, Pat Metheny, John McLauglin, Joe Henderson, les frères Brecker, Lee Konitz, Paco de Lucia, Bobby Mc Ferrin, Stefano Bollani, Bela Fleck, Friedrich Gulda et bien d’autres encore.

Durant six décennies, Chick Corea n’a cessé de renouveler son art et de forger un style très personnel au lyrisme contenu et au toucher mordant. Avec panache, il remporté 22 Grammy Awards entre 1975 et 2019.

En sideman ou sous son propre nom, il a gravé plus d’une centaine d’albums dont beaucoup figurent sur le label Stretch Records qu’il a fondé en 1992. Parmi ses nombreux opus, on retient le marginal double album « Plays » ressorti en 2020 se distingue. le pianiste y interprète 18 titres où jazz et musique classique (Scarlatti, Mozart, Scriabinn Chopin) côtoient des compositions pour enfants. Ses deux derniers albums remontent à 2018 pour le double album « Chinese Butterfly » (Concord/Universal) au funk imparable, aux envolées lyriques et aux improvisations hispanisantes et à 2019 pour « Antidote » (Concord/Universal) où le pianiste plonge dans son héritage musical espagnol, latin et flamenco.

Nombre de ses compositions sont déjà devenues des standards et sont passées à la postérité comme Spain, 500 Miles High, La Fiesta ou Armando’s Rhumba.

On conservera à jamais le souvenir de cet artiste toujours souriant et attentif autant à ses musiciens qu’au public avec lequel il communiquait chaleureusement un certain 11 juillet 2016 à Jazz à Vienne, l’année de ses 75 ans, ou le 29 février 2020 à l’Auditorium de Lyon où Chick Corea jouait avec le contrebassiste Christian McBride et le batteur Brian Blade.

Chick Corea a réussi au-delà de ses espérances cette mission qu’il évoque dans le message posthume posté sur sa page Facebook, « apporter la joie de créer partout où je le pouvais, et l’avoir fait avec tous les artistes que j’admire le plus au monde aura été la richesse de ma vie ».

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Airelle Besson dévoile « Try ! »

Airelle Besson dévoile « Try ! »

Entre ombre et lumière

La trompettiste Airelle Besson signe « Try ! », son deuxième album en tant que leader. A la tête de son quartet qui réunit la chanteuse Isabel Sörling au chant, le pianiste Benjamin Moussay et le batteur Fabrice Moreau, elle propose un opus envoûtant. Entre rêverie aérienne et lumineux contrejour, l’oreille flotte et échappe à l’attraction terrestre.

Plus de quatre ans après « Radio One », la trompettiste et compositrice Airelle Besson revient avec Isabel Sörling (chant), Benjamin Moussay (piano, Fender Rhodes, synthé basse) et Fabrice Moreau (batterie). Né entre les deux confinements de 2020, « Try ! » (Papillon Jaune/L’Autre Distribution) est annoncé pour le 05 février 2021.

Le quartet a fait plus qu’essayer… il a réussi un album dont le répertoire aérien enchante. Les tonalités subtiles de « Try ! » dansent entre ombre et lumière, entre terre et espace. Les émotions sont au rendez-vous.

Airelle Besson

La trompettiste émarge aujourd’hui parmi les figures du jazz qui comptent en Europe.

Diplômée du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris où elle a obtenu le premier prix de jazz avec mention très bien, à l’unanimité, en 2002, Airelle Besson double ses talents d’instrumentiste de ceux de compositrice et arrangeuse. Récompensée en 2015 du Prix Django Reinhardt du Meilleur musicien de l’année par l’Académie du Jazz et de la Victoire du Jazz dans la catégorie « Révélation », elle apparaît aujourd’hui sur une soixantaine d’albums et compte plus d’une centaine de compositions.

Elle s’investit dans de nombreux projets, un duo avec le violoncelliste Vincent Ségal, un autre avec l’accordéoniste Lionel Suarez, le trio Besson/Sternal/Burgwinkel. Elle est aussi membre du Quarteto Gardel de Lionel Suarez et du Trio Aïrés avec le pianiste Edouard Ferlet et le contrebassiste Stéphane Kerecki.

Airelle Besson Quartet

En tant que leader, Airelle Besson réunit autour d’elle, la chanteuse Isabel Sörling au chant, le pianiste Benjamin Moussay et le batteur Fabrice Moreau avec lesquels elle a sorti un premier album « Radio One » (2015). Cinq ans de tournées ont permis aux musiciens de se connaître et au groupe de se forger un son. Chacun a trouvé sa place mais le quartet se trouve confronté à la crise sanitaire et à son cortège de concerts annulés.

En août 2020, les quatre musiciens se retrouvent au Studio de la Buissonne. Airelle Besson fournit les partitions, les mélodies, les harmonies, les formes. Les autres membres du quartet apportent leur touche personnelle. Après quelques jours de répétitions, le groupe enregistre un nouveau répertoire, celui de « Try ! ».

« Try !  » onze titres pour rêver

Spontanée et souple, la musique des onze plages musicales de « Try !  » respire. Jeu aérien et mélodique de la trompettiste, voix pure et puissante de la chanteuse, atmosphères vaporeuses du piano et des claviers, délicatesse de la batterie.

En ouverture, les trois parties de The Sound of You Voice permettent d’apprécier dans un premier temps le pas de deux aérien et délicat qu’esquissent la trompette et la voix.

C’est ensuite un dialogue plein de ferveur qui se noue entre le Fender Rhodes et trompette. Après ce mouvement énergique et bouillonnant, le chant mystique et le son ouaté de la trompette dessinent une douce rêverie musicale. Plus loin, le climat envoûtant de Wild Animals accroche l’oreille… mélodie découpée, ritournelle partagée, silence pointillé, envolées croisées de la trompette et de la voix, rythmique fragmentée.

couverture de l'(album Try ! de Airelle BessonEntre ciel et terre, entre mélodie et rythme, Angel’s Dance offre un solo de trompette incisif et inspiré. Try ! déroule ensuite son atmosphère évanescente où le chant incantatoire et l’élégance de la trompette surnagent au-dessus des nappes électriques. Le contraste est grand, avec Patitoune, morceau déjanté aux interactions ludiques et à la rythmique tout en décalage.

Avec Uranus et Pluton, l’oreille rejoint les cieux où la voix céleste et la trompette cosmique tissent un climat de félicité. Sur les ailes de Fly Away, se continue un voyage musical astral. Portés par une rythmique propulsive, l’azur de la voix et le cristal du piano conversent et entrent en symbiose avec la sonorité diaphane de la trompette angélique.

Deux ambiances musicales se succèdent sur le morceau suivant intitulé Après la neige. D’abord, piano et trompette joignent leurs jeux lumineux à la voix chargée d’allégresse. Le Fender Rhodes installe ensuite un climat plus mélancolique dont s’imprègne la trompette à l’expression soudain assombrie. Au-dessus des arpèges du piano et du battement subtil de la rythmique, la voix s’élève vers les sphères de la spiritualité.

L’album se termine par Lulea’s Sunset, une ballade onirique où s’entrelacent à l’unisson les volutes aériennes de la voix et celles de la trompette à la sonorité phosphorescente.

Les rêveries aériennes et les échappées organiques de « Try ! » résultent de la superbe alchimie qui règne entre les quatre membres du groupe réuni autour d’Airelle Besson.

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Après un silence discographique de 10 ans, Michel Portal revient avec un nouvel album aux accents joyeux, « MP85 ». Si les initiales du titre reprennent celles de son identité, le nombre associé évoque les 85 bougies soufflées le 27 novembre 2020 par le leader. Avec son nouveau groupe, le clarinettiste restitue la vision qu’il a du monde. Il invite à le suivre dans un voyage musical radieux qui commence en Afrique et se termine au pays basque. Dix paysages sonores sublimes.

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