Clin d’œil à Isfar Sarabski & « Planet »

Clin d’œil à Isfar Sarabski & « Planet »

Savant mélange d’énergie et d’émotions

Le pianiste, compositeur et arrangeur, Isfar Sarabski présente son album « Planet ». A la tête d’un trio piano-basse-batterie, le musicien virtuose s’entoure aussi sur certains titres d’un orchestre à cordes. Il propose une musique qui crée des ponts entre jazz, mugham et musique classique. Quelques moments chargés d’émotion parsèment cet album détonnant d’énergie.

couverture de l'album Planet du pianiste Isfar SarabskiVirtuose du clavier, le pianiste Isfar Sarabski est venu au jazz après une solide formation classique. Sur son album « Planet » à sortir le 30 avril 2021 chez Warner Music, il a réuni à ses côtés le pianiste Alan Hampton et le batteur Mark Guiliana.

Propulsé par cette rythmique détonante, il déploie une grande énergie sur son clavier et jongle avec les octaves. Par bonheur, quelques moments sensibles constituent d’appréciables parenthèses de calme qui tempèrent la fougueuse effervescence du pianiste.

Isfar Sarabski

Né en 1989 à Bakou (Azerbaïdjan), Isfar Sarabski débute la pratique du piano vers l’âge de 3 ans. En 2007, il intègre la Bulbul Music School puis l’Académie de musique de Bakou dans la classe de piano de Farhad Badalbeyli. De cet enseignement il apprend la rigueur de l’univers du monde classique. Il bénéficie ensuite d’une bourse accordée par le Président de son pays et est nommé artiste honoraire de l’Azerbaïdjan. Ainsi, à 16 ans, le pianiste Isfar Sarabski est déjà un jeune espoir prometteur qui se produit dans son pays mais aussi en Norvège et en Russie.

Rien de très étonnant, car la musique est en quelque sorte inscrite dans l’ADN de cet artiste issu d’une famille de musiciens. Il est en effet l’arrière-petit-fils d’Huseyngulu Sarabski, pionnier musical et immense star du monde musulman, chanteur (ténor) d’opéra, acteur et auteur de pièces de théâtre. Le jeune Isfar Sarabski grandit par ailleurs au milieu de la collection des vinyles de son père qui « … étaient littéralement [s]es jouets ».

“Je suis fasciné par les grands vinyles noirs… Je me souviens précisément de ce que j’ai ressenti la première fois que j’ai entendu les disques de Dizzy Gillespie ou les enregistrements des œuvres de Bach et de Chopin. A la première écoute j’ai senti qu‘il fallait que j’aille plus loin“. Isfar Sarabski

Isfar Sarabski

Isfar Sarabski©Peter Hönnemann

Ils ont contribué à sa culture et son esprit d’ouverture en direction du jazz, de l’opéra ou du mugham, ce genre musical traditionnel et savant de la musique azérie qui laisse une place prépondérante à l’improvisation. Il s’intéresse aussi aux chansons des artistes de sa génération tels que Jennifer Lopez, Christina Aguilera, Benny Benassi.

A l’issue de ses études au Berklee College of Music de Boston, Isfar Sarabski se présente à la Compétition de Piano Solo du 43ème Montreux Jazz Festival. Le 18 juillet 2009, il remporte le premier prix (ex æquo avec Beka Gochiashvili) et impressionne le jury par son interprétation phénoménale des compositions de Bill Evans. C’est d’ailleurs à cette occasion qu’il rencontre Quincy Jones, qui, depuis, ne tarit pas d‘éloges sur ce jeune prodige. L’année suivante, il reçoit le prix d’État de Zirva.

En 2011, le pianiste forme et dirige son propre trio avec les musiciens moscovites Alexander Mashin à la batterie et Makar Novikov à la basse. Avec eux, Isfar Sarabski se produit dans de nombreux festivals et salles de concert en Amérique du Nord, à l’Apollo Theatre de New York et dans de nombreux clubs de jazz en Europe, au club Ronnie Scott de Londres, au Duc des Lombards à Paris (en 2013) et à Paris en 2015 pour l’International Day of Jazz. Après 2016 joue au sein du groupe de Dhafer Youssef et tourne avec lui sur son projet « Birds Requiem » puis « Diwan Of Beauty And Odd » en Europe et en Océanie.

Fasciné par le monde de l’électro, Isfar Sarabski se rapproche des groupes phares de la scène électronique de Bakou et son intérêt pour la musique électrique se confirme puisqu’un album électro est aussi annoncé pour l’année 2021 après la sortie de son album « Planet » (Warner) dont la sortie est attendue pour le 30 avril 2021.

Au fil des pistes de « Planet »

Déjà vu ouvre l’album sur des arpèges pseudo classiques vite teintés d’une pointe de beat rock qui évolue en un air de jazz porté par le trio cinématique auquel s’allie l’énergique Main Stream Strings Ensemble dirigé par Lev Trofimov. Sur Limping Stranger, le trio ménage une accalmie dans le tempo et la puissance de son. La contrebasse et le piano font dialoguer leurs nostalgies respectives alors que la batterie les encourage et dynamise leurs échanges.

Swan Lake est le seul titre du répertoire qui n’est pas composé par Isfar Sarabski. En effet le pianiste et le trio livrent une version interprétée librement et peu commune du Lac des Cygnes de Tchaikovsky que le pianiste et son trio interprètent en 7/8 au lieu du 4/4 habituel, et avec une fougue qui peut en surprendre, voire en déranger plus d’un.e. Avec les cordes, Prelude verse ensuite son content de larmes et pourrait prétendre s’inscrire dans la B.O. d’un film romantique.

Transit advient alors avec plus de vigueur, les cordes passent à l’arrière-plan alors que batterie et piano s’octroient l’avant-scène et font alterner césures et reprises pêchues jusqu’à l’acmé final échevelé et haut en couleurs. Entre temps, le trio s’amuse et utilise le thème comme un terrain de jeu qu’il devienne musique d’ambiance ou serve de tremplin à leurs exploits. Plus loin, un lancinant leitmotiv repris dans les graves du clavier appelle le târ (luth d’Azerbaïdjan) de Shahriyar Imanovqui transfigure The Edge en une plainte dont les accents sont portés par la puissance des cordes. Le répertoire se poursuit avec une première version du titre Planet, un long solo de sept minutes où le leader expose sans retenue tout son savoir-faire sur le clavier.

Plus tard, G-Man condense toutes les influences du leader. Le morceau débute dans un idiome qui emprunte beaucoup au classique puis, porté par la rythmique, le tempo se fait plus rock et le trio balance du gros son. Un jazz qui fait taper du pied, osciller la tête en rythme et pourrait inviter le public à taper dans ses mains. Après cela, nul n’est censé ignorer que le pianiste maîtrise tous les styles dont il se réclame et qu’il exécute dans les grandes dimensions. Un morceau qui devrait soulever l’enthousiasme des foules !

Sur Novruz revient le târ et les cordes. Après un début énergique où le Baku Strings Quartet est aussi de la partie, le trio fait alterner souplesse et véhémence, jazz et influences traditionnelles azéries. Une fort belle manière d’évoquer Novruz, cette fête de la terre, de la lumière, du renouveau de la nature, cette date du 21 mars qui célèbre le printemps, ce novruz inscrit depuis 2009 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture. On imagine sans peine la liesse, les tables garnies de mets et les sauts de tous au-dessus des feux.

Une version orchestrale de Planet conclut l’opus. Dynamique et emphatique, elle emprunte ses codes à la B.O. d’un film, celui d’un pianiste venu d’Azerbaïdjan pour conquérir le jazz… ce qu’il a réussi avec brio d’ailleurs.

Retour de Sébastien Texier & Christophe Marguet 4tet

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« Bigre ! » & Célia Kameni… Nos Fontaines de Trevi

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La lumière… c’est la vie !

L’aventure musicale de « Bigre ! » et Célia Kaméni se poursuit avec « Nos Fontaines de Trevi » en direction de l’Italie. Le big band et la chanteuse invitent à une escapade romaine vers le soleil. On fait le plein d’énergie et on se prépare à jeter une pièce dans la fontaine. ça fonctionne… la lumière … c’est la vie !

Nos fontaines de Trevi par Bigre ! & Célia KaméniAprès L’Étoile Filante, le big band « Bigre ! » présente son nouveau single, Nos Fontaines de Trevi en amont de la sortie de son prochain opus… « Tumultes » ! Cette fois, les musiciens et la chanteuse invitent à les suivre à Rome, à les rejoindre autour de la Fontaine de Trevi.

On embarque avec eux dans cette équipée italienne. On voyage à la vitesse de la lumière vers l’eau pure de la fontaine. Nos Fontaines de Trevi, une expédition vers le sud, vers le soleil, un rêve d’amour malgré les nuages annonciateurs du pire. Et si on jetait une pièce dans l’eau claire de la fontaine pour appeler le bonheur !

Mise en place parfaite, inflexions magiques de la voix de Célia Kaméni, énergie lumineuse de « Bigre ! »… la lumière c’est le jour, c’est le chaud, c’est la vie.

La captation du titre par Burno Belleudy, Melle Dou et Thomas Stioui permet de retrouver tous les musiciens de Bigre ! et Célia Kaméni réunis pour interpréter Nos Fontaines de Trevi, sur une musique de Félicien Bouchot et des paroles de David Suissa. Un single enregistré par Stéphane Piot, mixé et masterisé par Alfonso Peña.

Avec Célia Kaméni (voix), Pierre Desassis, Julien Chignier, Thibaut Fontana, Romain Cuoq, Fred Gardette (saxophones), Vincent Labarre, Rémi Gaudillat, Thomas Le Roux, Aurelien Joly (trompettes), Jean Crozat, Loïc Bachevillier, Sylvain Thomas, Sébastien Chetail (trombones), Francis Larue (guitare), OlivierTruchot (claviers), Nicolas Frache (basse), Wendlavim Zabsonre (batterie), Jonathan Volson, Jorge Mario Vargas, Isel Rasua (percussions)

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Avishai Cohen dévoile « Two Roses »

Avishai Cohen dévoile « Two Roses »

Fusion entre jazz et monde symphonique

Sur « Two Roses », le contrebassiste Avishai Cohen livre un nouvel album. Entouré de son trio jazz et de l’Orchestre Symphonique de Göteborg dirigé par Alexander Hanson, le musicien fusionne jazz et musique symphonique. La puissance orchestrale enrichit la palette de couleurs de ses compositions. Tel un citoyen du monde, le leader réalise avec ce disque le projet d’une vie et célèbre celle qu’il envisage comme sa véritable patrie, la Musique.

visuel de l'album Two Roses du contrebassiste Avishai CohenAprès « Arvoles » sorti en 2019, le compositeur et contrebassiste Avishai Cohen dévoile son nouveau projet, « Two Roses ». Accompagné par l’Orchestre Symphonique de Göteborg dirigé par Alexander Hanson et à la tête de son trio jazz composé du batteur new-yorkais Mark Guiliana et du pianiste azrbaïdjanais Elchin Shirinov, le leader pose sa voix au timbre si reconnaissable sur quelques titres.

Sorti 16 avril 2021, l’album « Two Roses » (Naive/Believe) allie la dynamique du jazz où l’improvisation tient une grande part et l’expression symphonique qui restitue l’écriture de ses partitions.

Avishai Cohen décrit son album symphonique comme le « projet d’une vie ». Pour lui, « Jouer et chanter sa musique avec un orchestre symphonique, c’est une chose à part, c’est une expérience aussi forte que particulière ». Projet ambitieux et abouti, « Two Roses » restitue en effet un bel équilibre entre la puissance de l’orchestre symphonique, la dynamique du jazz et la voix du leader.

Avishai Cohen

L’histoire d’Avishai Cohen peut se résumer en quelques lignes… il immigre de son Israël natif à New York à l’âge de vingt-deux ans et intègre le trio de Chick Corea avec lequel il enregistre. Dans les années 90 et 19 albums plus tard, le contrebassiste Avishai Cohen est mondialement connu pour ses propres compositions dans lesquelles se croisent les influences du jazz, celles issues de son héritage séfarade, ashkénaze ou yéménite.

Dans le milieu du jazz, nombre de musiciens aspirent à faire un disque avec un orchestre symphonique mais peu d’entre eux transforment le projet en réalité et par ailleurs, parmi ceux-là, tous ne réalisent pas un album abouti. Par sa capacité à composer des mélodies enracinées dans la mémoire collective, à présenter ses compositions sur les scènes internationales face à des publics enthousiastes, Avishai Cohen dispose de tous les atouts pour réussir ce projet ambitieux.

En 2013, sur son album « Almah », avec le pianiste Nitay Hershkovits et le batteur Ofri Nehemya, Avishai Cohen s’est exprimé avec un quartet de cordes et un hautbois. En 2016, le contrebassiste joue avec un orchestre symphonique lors de son concert « An Evening with Avishai Cohen » à la Philharmonie de Paris. Le musicien poursuit sa démarche et, avec son trio jazz composé de Mark Guiliana (batterie) et Elchin Shirinov (piano) et accompagné par l’Orchestre Symphonique de Göteborg dirigé par Alexander Hanson, il enregistre son nouvel opus, « Two Roses » qui porte le nom d’un morceau déjà gravé sur « Seven Seas » (2011). Le musicien qualifie son nouveau projet comme l’aboutissement de son cheminement.

« … Quand on écoute ce disque, on a la sensation d’être plongé dans un voyage, d’entrer dans mon monde, d’une manière plus profonde et plus dense » souligne Avishai Cohen.

« Two Roses »

Parmi les douze plages de l’album « Two Roses » (Naive/Believe) figurent un air populaire de son pays natal qui sous le nom de Two Roses donne son nom à l’album, deux standards de jazz, trois traditionnels et six compositions du leader dont une nouvelle chanson intitulée When I’m falling. L’ensemble des titres sont arrangés par Avishai Cohen auxquels se sont associés Jonathan Keren et Robert Sadin et le leader pose voix sur la moitié du répertoire.

Un air populaire

Comme en offrande, Avishai Cohen grave la composition Shnei Shoshanim de Mordechai Ze’ira qu’il intitule Two Roses sur laquelle sa voix pose avec force son contre-chant au-dessus de la musique du trio et des envolées des cordes.

Deux standards de jazz

Avishai Cohen s’approprie deux standards de jazz par le biais d’arrangements très personnels dont témoignent les superbes versions de Nature Boy et A Child is Born.

Il délivre une version tout en retenue de Nature Boy, la ballade composée par Eden Ahbez, sur laquelle, en anglais, le chant du contrebassiste se love dans les brumes de la mélancolie feutrée que dispense l’orchestre. Transposé à l’échelle symphonique, l’arrangement en mi majeur du titre A Child Is Born remonte au tout début des années 2000, à l’époque de l’International Vamp Band, dans lequel Avishai Cohen jouait principalement … du piano. Le trio et le symphonique proposent une version angélique de la célèbre composition de Thad Jones. Bijou lyrique, l’improvisation de la contrebasse enchante les oreilles et celle du talentueux pianiste n’a rien à lui envier.

Trois traditionnels

Entendre des chansons comme Morenika ou Puncha Puncha, c’est comme regarder un film et changer d’époque, se retrouver en un temps où rien n’est pareil ». Avishai Cohen

Sur Puncha Puncha, le contrebassiste chanteur parvient à émouvoir dès les premières notes et paroles qu’il pose sur les arrangements raffinés de ce traditionnel séfarade qu’interprète l’orchestre symphonique. Le trio poursuit puis le piano au son cristallin convie à un moment jubilatoire où il apparaît très clairement que la mélodie, une fois de plus, occupe une place essentielle dans la musique du contrebassiste, une sorte de trame narratrice autour de laquelle tout s’organise.

Plus loin, c’est avec une grande conviction, qu’Avishai Cohen chante en ladino Morenika, ce traditionnel séfarade qu’il a arrangé comme le précédent avec Robert Sadin. Le répertoire continue avec Arab Medley que le contrebassiste a popularisé sur les scènes. Le symphonique porte littéralement la contrebasse d’une justesse exceptionnelle et le piano à l’improvisation inspirée. Avishai Cohen fait preuve d’un lyrisme mélodique et ses interventions laissent percevoir son attachement profond à ses racines et aux chansons traditionnelles séfarades qui s’enchaînent en boucle en boucle sur ce titre arrangé par le leader et Tscho Theissing.

Six compositions du contrebassiste

En ouverture de l’album, Almah Sleeping immerge d’emblée l’oreille dans un paysage luxuriant évocatrice des grandes épopées cinématographiques. Après une introduction dimensionnée sur mesure pour l’ensemble du symphonique, la contrebasse s’exprime avec lyrisme. Mélancolique, la musique se fait à la fois somptueuse et délicate.

Nouvelle chanson de sa plume, When I’m Falling témoigne des dernières inspirations du leader et cette mélopée très courte aux accents orientaux où Avishai Cohen chante et utilise le synthé minimoog, devrait sans nul doute intégrer la panoplie des chansons fétiches plébiscitées par le public. Arrangé par Robert Sadin, la version orchestrale de Song for my Brother résonne ensuite comme un chant d’amour que la contrebasse psalmodie avec un lyrisme chargé d’émotion.

Plus loin, c’est une version somptueuse irradiée de calme et de volupté que l’orchestre et le trio proposent du titre Emotional Storm déjà gravée sur l’album « Continuo » en 2006. On est saisi par le caractère spirituel que développe le piano au jeu lumineux et par la tempête rythmique de batterie.

Le tempo de Alon Basela qui figure dans l’album « Aurora » (2009) est bien soutenu par l’orchestre sur un arrangement de Robert Sadin. C’est avec une certaine allégresse que le contrebassiste clame les paroles et entraîne le trio et le symphonique dans une dynamique ascensionnelle et partagée. L’album se termine avec Nature Talking où Avishai Cohen citoyen du Monde rend hommage à la Nature dans ce dernier morceau dont Jonathan Keren signe un arrangement bucolique.

Avec « Two Roses », Avishai dévoile un enregistrement aux harmonies teintées d’influences méditerranéennes. Il mêle en une seule l’expression de sa contrebasse, celle de sa voix, la performance de l’orchestre symphonique et celle de son trio. L’album résonne comme la bande originale d’un film épique dont les atmosphères varient entre de superbes moments nostalgiques et d’autres marqués par d’énergiques vibrations.


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Francesco Geminiani signe « Red Sky, Blue Water »

Francesco Geminiani signe « Red Sky, Blue Water »

Tableaux musicaux lyriques et sensibles

Le saxophoniste ténor et compositeur Francesco Geminiani signe « Red Sky, Blue Water ». Le musicien a composé un répertoire original très dynamique qu’il présente avec un ensemble de musiciens talentueux de la scène jazz internationale. Le répertoire restitue les rythmes de la vie urbaine. Neuf tableaux musicaux aux couleurs lyriques et sensibles.

Récemment installé à Paris après sept ans passés à New York, où il a participé à la nouvelle scène du jazz contemporain, le saxophoniste ténor Francesco Geminiani présente « Red Sky, Blue Water » (Fresh Sound New Talent/Socadisc) dont la sortie est annoncée pour le 15 avril 2021. A la tête d’un quartet international, l’artiste confirme son talent d’interprète et de compositeur à travers neuf plages musicales complexes d’une modernité surprenante.

« Ce travail est inspiré par tous les lieux et personnes que j’ai rencontrées dans la dernière décennie » dit le leader de l’album, qui s’apprête à vivre la prochaine à Paris. Un album urbain, aux rythmes aussi flexibles que les journées frénétiques de la vie en ville.

Francesco Geminiani

De Vérone à Paris

Aujourd’hui basé à Paris, le saxophoniste ténor et compositeur Francesco Geminiani a suivi ses études musicales à Vérone (Italie) où il est né. Après avoir remporté plusieurs prix et son diplôme à Vérone, il s’installe en Suisse et termine ses études au “H.E.M.U. Lausanne”. Au cours de l’été 2012, il auditionne pour la prestigieuse “New School for Jazz and Contemporary Music”, où il obtient une bourse qui lui permet de s’installer à New York pour accomplir ses études de jazz et de classique. C’est alors pour lui l’occasion de s’immerger dans la scène musicale bouillonnante de la cité américaine.

En 2014, il obtient son Bachelor in arts, mention honorable. Il étudie et pratique ensuite la composition, l’orchestration et les techniques d’organisation sous la direction de guides musicaux prestigieux tels que Michael Cherry, Rudolph Palmer, Robert Sadin et Gil Goldstein. Plus tard, il forme l’ensemble de chambre « Playwood », un octet visant à créer un mélange unique de musique classique et d’improvisation. En 2015, Francesco Geminiani crée le “Colorsound trio” avec Rick Rosato à la basse et Mark Schilders à la batterie. En mars 2018, il sort chez Auand records son premier album « Colorsound », enregistré et produit à New York.

Saxophoniste ténor recherché de sa génération, Francesco Geminiani fait preuve de curiosité et explore largement styles et mélodies. Non content d’assumer son rôle de leader à la tête de sa formation, il collabore aussi avec nombre d’artistes de la scène new-yorkaise et européenne comme Arthur Hnatek, Hermon Mehari, Plume, Marta Sanchez, Alessandro Lanzoni, Arnaud Dolmen.

« Red Sky, Blue Water »

visuel de l'album red sky blue water de francesco geminianiAttendu pour le 15 avril 2021, « Red Sky, Blue Water » (Fresh Sound New Talent/Socadisc), constitue de fait le deuxième album du saxophoniste, même s’il s’agit du premier disque présenté en France. Il a été enregistré à Brooklyn en novembre 2018. Francesco Geminiani a arrangé et composé tous les titres de son nouvel opus hormis deux reprises, le standard Chelsea Bridge de Billy Strayhorn et Marina, la chanson populaire italienne de Rocco Granata. Le leader est entouré des dynamiques Manuel Schmiedel au piano, Rick Rosato à la basse et Daniel Dor à la batterie.

Pour illustrer la pochette, le musicien a fait appel à Charles Berberian qui représente pour lui, « … un artiste très sensible dont le dessin [le] touche profondément, car ses couleurs et perspectives sont proches de ce qu'[il] imagine quand [il] entends la musique ».

Au fil des plages de « Red Sky, Blue Water »

L’album ouvre avec le titre qui donne son nom à l’album. Red Sky, Blue Water déroule une ligne mélodique fluide comme l’eau bleue de la Hudson River qui coule au soleil couchant sous un ciel rougeoyant. Le ténor dialogue avec le piano puis la batterie offre un chorus intense. Dès cette première pièce, le son brut du saxophone privilégie une approche lyrique. Sur SOS, le climat se fait plus sombre alors que le quartet semble saisi par l’urgence et adopte un tempo plus rapide. Après des attaques détachées, le ténor s’enflamme et ses aigus résonnent avec force. Il stimule le pianiste dont le chorus construit avec finesse et efficacité précède une improvisation aérienne et poétique de la contrebasse.

34-38 O’Clock débute par un motif répétitif joué au piano et à la contrebasse. A la fois agile et virtuose, puissant et profond, le saxophone inscrit son jeu dans une dynamique post hard bop. Lors de son solo, le pianiste laisse cours à sa virtuosité et développe des lignes mélodiques complexes. Le répertoire se poursuit avec Shapes qui évoque l’atmosphère imaginaire qu’une cité comme New York pourrait inspirer, avec les formes acérées de ses bâtiments. Le piano et le ténor à la sonorité langoureuse dialoguent avec ferveur. Si chaque soliste fait entendre sa voix, il n’en demeure pas moins que les instrumentistes demeurent en interaction constante.

Plus loin, le propos musical complexe de Luce affirme une esthétique d’une modernité extrême. Soutenu par une section rythmique bouillonnante, le ténor au phrasé souple et au jeu incisif échange avec le piano inspiré. Sur le célèbre Chelsea Bridge, le quartet restitue le climat brumeux du célèbre pont qui surplombe la Tamise à Londres. Une atmosphère mélancolique et quasi impressionniste se dégage de l’expression du ténor exalté dont les envolées lyriques témoignent d’une grande liberté et d’une virtuosité avérée. De Londres, on est transporté à New York dans le quartier de Manhattan avec Ep1_ Tribeca Sunset. Le saxophoniste fait preuve d’une maîtrise parfaite des aigus et s’exprime de manière poignante sur cette composition onirique qui évoque les silhouettes élancées des buildings qui s’étirent vers le ciel.

Le décor change du tout au tout avec le titre suivant. En effet, le quartet propose une version rafraîchissante de la chanson populaire italienne, Marina. Le ténor adopte un style hard bop fulgurant qui laisse pantois. Le chorus enjoué du pianiste confirme sa fougue et sa virtuosité et le batteur improvise à cœur joie. L’album se termine avec Moods, une composition singulière, abstraite et mélancolique. Sur un accompagnement rythmique très libre, le ténor souffle en continu arabesques et ellipses qui se succèdent comme en suspendues au-dessus du tempo.

« Red Sky, Blue Water », un album d’une modernité saisissante à écouter avec attention pour découvrir un artiste lyrique et sensible entouré de talentueux musiciens.

Retour de Sébastien Texier & Christophe Marguet 4tet

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Thierry Péala et Verioca Lherm célèbrent Tania Maria

Thierry Péala et Verioca Lherm célèbrent Tania Maria

« a Tania Maria Journey »

Pour leur premier album en duo, Thierry Péala et Verioca Lherm revisitent avec brio l’œuvre de la grande pianiste, compositrice et chanteuse brésilienne Tania Maria. Sur « a Tania Maria Journey », les deux complices font respirer les musiques qu’ils ornent de délicatesse et interprètent avec une ferveur perceptible. Avec grand naturel, ils signent une performance tout à fait réussie. Un disque festif et pétillant où les improvisations ont la part belle !

Le défi était de taille… transposer à la guitare et à deux voix, la musique énergique de Tania Maria. Thierry Péala et Verioca Lherm ont réussi cet exercice de style de brillante manière sur « a Tania Maria Journey » (Edyson Productions/InOuïe distribution), un opus entièrement auto produit dont la sortie est attendue le 16 avril 2021.

L’album rend un bel hommage à quelques-unes des plus fameuses compositions de la pianiste, compositrice et chanteuse brésilienne Tania Maria. Sur six titres, la musique se pare des interventions magiques du percussionniste Edmundo Carneiro, le compagnon de route de Tania durant plus de 25 ans.

Tania Maria elle-même a déjà salué l’album : « Votre interprétation absolument neuve, m’a rendu très heureuse. Muito Obrigada ».

Thierry Peala et Verioca Lherm

Thierry Péala admire et écoute Tania Maria depuis son adolescence durant laquelle la musique de la musicienne brésilienne faisait partie de sa vie. C’est aussi Tania Maria qui est à l’origine de la passion de Verioca Lherm pour la musique brésilienne. Son prénom de scène, Verioca, résulte de la contraction Ver, les trois premières lettres de son prénom français et la terminaison de Carioca, le nom des habitants de Rio de Janeiro.

Le duo Thierry Péala et Verioca Lherm a vingt ans d’existence.

Olympia le 5 février 2001

C’est dans une petite histoire que s’enracine l’enregistrement de l’album « a Tania Maria Journey ».

En effet, il y a 20 ans, Thierry Péala et Verioca Lherm défendaient au même moment la sortie de leurs premiers albums respectifs : « Brasileira de coração » en solo pour Verioca et « Inner Traces, a Kenny Wheeler songbook » (Naïve) pour Thierry Péala. Les deux projets étaient en lice pour faire la première partie de Tania Maria à l’Olympia le 05 février 2001. Pour finir, c’est Verioca Lherm qui est pressentie pour faire l’ouverture. Dans les coulisses de cette soirée, le chanteur et la guitariste chanteuse se rencontrent et deviennent contre toute attente, les meilleurs amis du monde. Ils échangent et réalisent que chacun d’entre eux possède toute la discographie de Tania Maria. Commence alors pour ces deux frères et sœurs de musique une collaboration guitare/voix(x) autour des musiques de Toninho Horta, Edu Lobo, Djavan, Filó … en incluant au fil des années de plus en plus de compositions de Tania Maria.

L’album « a Tania Maria Journey »

visuel de l'album A Tania Maria journey deThierry Peala et Verioca Lherm20 ans plus tard, Thierry Péala et Verioca Lherm décident d’entrer en studio pour célébrer ce parcours et la musique de Tania. Ils choisissent 13 des titres les plus emblématiques de la pianiste et les réarrangent pour 2 voix et guitare. Sur 6 titres le duo est augmenté de la présence magique du percussionniste Edmundo Carneiro, compagnon de route de Tania Maria depuis plus de 25 ans. Le musicien a encouragé le duo à interpréter la musique de la pianiste à leur façon.

Le pari était grand. D’une part, transposer à la guitare la musique organique de Tania Maria qui exprime simultanément au piano et à la voix ses idées musicales et d’autre part, apporter une touche personnelle sans trahir l’esprit de la compositrice et interprète. Ainsi, pour cet enregistrement, Verioca Lherm a emprunté sur certains morceaux une esthétique proche de celle de João Bosco et pour le reste, le duo a laissé, comme sur scène, une grande place à la spontanéité, à leur entente très naturelle et au plaisir des improvisations vocales partagées.

Voyage autour des compositions de Tania Maria

L’album ouvre avec une version vivifiante de Sangria où les deux voix entremêlent leurs onomatopées singulières et plongent le titre dans un univers chaleureux où les percussions d’Edmundo Carneiro ponctuent le tempo. 4’32 de partage et de communion. Sur le titre suivant, Lennon Cuica, que l’on retrouve sur l’album « Piquant » (1981) de Tania Maria, les vocalistes poursuivent le voyage à deux. Après une superbe introduction de Thierry Péala, le chant profond de Verioca Lherm le rejoint. Les deux voix se font instruments et groovent avec bonheur.

Sur l’introduction de 210 West, les chants fusionnent sur un tempo de ballade puis la guitare intervient et les deux complices entonnent avec ferveur et subtilité la mélodie, accompagnés des percussions d’Edmundo Carneiro. Plus loin, le duo chante à l’unisson et avec le percussionniste, ils donnent une version très personnelle du titre Intimadade enregistré par Tania Maria en 2005 chez Blue Note.

L’étape suivante du voyage permet de découvrir une version singulière du titre It’s only Love enregistré en big band par Tania Maria sur l’album « Forbidden Colors » (1988). Thierry Péala chante la mélodie en anglais et utilise le one finger piano pour soutenir son propos alors que Verioca Lherm l’accompagne de ses percussions vocales. Dynamique et délicieux à la fois.

En écho à la version de l’album « Bela Vista » (1990), le duo offre une relecture enchanteresse de Match Box, toute en onomatopées subtiles. Inspiration et sensibilité sont au diapason. C’est ensuite Yatra-ta que les vocalistes transfigurent avec audace et fantaisie. Leur conversation à la fois délicate et puissante résonne comme une performance étonnante. Au mitan de l’album, ce titre éblouit autant qu’il ravit.

Le sourdo et la guitare lumineuse cheminent de concert avec Thierry Péala. Tel un élégant crooner à la voix caressante, il chante en anglais, la ballade Nega enregistrée par Tania Maria sur « Come with Me ». Le voyage se poursuit avec Encanto Meu. La voix ouatée de Verioca Lherm impulse le balanço comme une vraie carioca sur ce thème gravé par Tania Maria sur « Bela Vista » (1990). Le jeu de guitare brillant est soutenu par celui tout en nuances du percussionniste, alors que le chant moelleux de Thierry Péala apporte une douceur infinie.

Plus tard, le duo restitue une version brillante de Seu Dia Vai Chegar enregistré par Tania Maria sur l’album « Tania Maria » Live (« 1989). Verioca Lherm explore toute l’étendue des rythmes brésiliens à la guitare. De sa voix chaude et sensuelle émane l’âme du Brésil et avec les contrechants de Thierry Péala, ce titre représente un véritable remède à la saudade. En parfaite osmose, les deux vocalistes interprètent alors une version allègre de Tranquillity gravé par Tania Maria sur « Taurus » (1981). Ce samba vibre de leurs onomatopées exaltées et inspirées. Le duo poursuit avec Marguerita qui sert de tremplin à leurs voix dont la connivence est toujours perceptible. Leurs chants s’harmonisent, se conjuguent, s’enchevêtrent avec délicatesse et échangent en équilibre parfait… Ils prennent le temps qu’il faut pour attendre le temps

Pour Funky Tamborim, le dernier titre de l’album, Edmundo Carneiro et ses percussions rejoignent Thierry Péala et Verioca Lherm. Le duo vocal canalise l’énergie de ce thème. Leur dialogue fusionnel et endiablé exulte sur un tempo funky qui invite à une danse jubilatoire… et il nous revient le souvenir des concerts de Tania Maria où le public terminait en transe sur ce thème que la pianiste transformait en hymne à la joie.

« a Tania Maria Journey »… un voyage autour des compositions de l’icône du jazz brésilien, Tania Maria, avec deux voix, celles de Thierry Péala et Verioca Lherm, une guitare tenue par Verioca Lherm, des percussions jouées par le percussionniste Edmundo Carneiro.

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