Echo#2-Jazz à Vienne 2021

Echo#2-Jazz à Vienne 2021

Soirée Piano

La pluie n’a pas arrêté le public venu le 29 juin 2021 pour la soirée Piano proposée par le festival Jazz à Vienne. Après une première partie consacrée à une prestation solo du pianiste Brad Mehldau, la scène du Théâtre Antique rend hommage au pianiste Michel Petrucciani avec dix musiciens réunis autour de ses musiques. Une soirée aux couleurs musicales contrastées.

Echo#2-Jazz à Vienne 2019 revient sur la soirée du 29 juin 2021 où le piano était à l’honneur.

La musique entropique de Brad Mehldau

Au public demeuré impassible sous la pluie pour l’écouter, Brad Mehldau propose un concert solo où sa technique vertigineuse soutient sa virtuosité durant les plus de soixante-dix minutes d’un concert solo inouï où le pianiste repousse très loin les limites de l’improvisation.

Le visage creusé, le cheveux grisonnants coupés courts, Brad Mehldau ne fait qu’un avec le Steinway. Sur le clavier du piano devenu comme une extension de lui-même, il développe durant presque soixante dix minutes, une musique élégante et subtile, fluide et raffinée, une musique à la fois sophistiquée et bouillonnante. Une musique en constante expansion… une musique entropique.

Au début du concert, tout en jouant, il regarde d’un œil amusé les festivaliers occupés à rabattre les capuches de leurs ponchos. Plus tard, il leur fera part de son « plaisir d’être là avec [eux] » et les remerciera d’être venus et d’être restés malgré ce « stormy weather ».

Concentré à l’extrême, les yeux fermés, tantôt le corps en arrière, le visage dans le prolongement de ses bras tendus sur le clavier, tantôt penché sur le clavier, la tête tournée de trois-quarts vers le public, juste au-dessus des touches qu’il caresse presque de ses joues, Brad Mehldau ouvre la soirée avec un set durant lequel il propose au public la quintessence de son style en solo.

On a l’impression d’écouter deux pianos. A la recherche de la note idéale, les deux mains du pianiste dialoguent, s’amusent sur le clavier comme deux complices totalement indépendantes. La main droite légère et sautillante improvise stimulée par les ostinatos rythmiques de la vigoureuse main gauche. Avec précision, les doigts détachent les notes, martèlent le clavier ou l’effleurent. Entre harmonie et contrepoint, les accords se croisent, les variations se suivent et toujours… et toujours, la musique respire.

Brad Mehldau invite le public à pénétrer dans son monde intérieur. Précis et puissant son phrasé sait aussi se faire léger et véloce. Les climats musicaux oscillent entre intimité et intensité, blues et gospel, romantisme et mélancolie. Teintées de bleu, les atmosphères se parent d’une douce mélancolie ou d’une tendre gravité.

Après un premier morceau de Radiohead, il interprète une version tout en souplesse de I’m The Walrus de John Lennon/Paul McCartney puis In The Kitchen, une composition personnelle gravée sur son tout dernier album « Ego » sorti en 2020 chez Nonesuch puis reprend Baby’s In Black, un autre titre des Beatles. Après avoir invité John Coltrane dans son répertoire, il interprète une version tout en délicatesse du thème de David Bowie, Life on Mars. Le retour du ciel bleu coïncide avec son interprétation de Go to Sleep de Radiohead.

A son écoute, on ressent l’impression de planer en toute liberté sur un tapis volant dans un espace où coexistent intensité et légèreté. Après ce moment de recueillement empreint de tendresse, il continue avec une ballade très contrastée dont la ligne musicale varie entre confidence et fièvre, entre murmures et phrases véhémentes proches de la colère pour finalement s’apaiser dans la douceur.

Après une ovation soutenue, Brad Mehldau revient pour un rappel qu’il offre au public en le remerciant d’être resté pour l’écouter en dépit des circonstances pluvieuses. Avec un humour certain, il fait le choix de jouer pour l’occasion Here’s That Rainy Day qu’il interprète avec une légèreté indicible sur un rythme ternaire… et l’on se prend à rêver que la musique de Brad Mehldau inspire les pluies à venir sur le Théâtre Antique de Vienne.

Hommage à Michel Petrucciani

Sous un ciel plus clément, une farandole de neufs musicien.ne.s du jazz actuel viennent rendre hommage à Michel Petrucciani que le festival Jazz à Vienne à invité sur la scène du Théâtre Antique en 1982, 1984, 1988, 1991, 1993 et 1996. Disparu le 06 janvier 1999 à l’âge de 36 ans, après une carrière fulgurante en France et à l’international, le pianiste demeure aujourd’hui encore un repère essentiel pour tous les musiciens.

Sur la scène se succèdent au fil de différents plateaux, Franck Avitabile (piano), Laurent Coulondre (piano, orgue Hammond), Jacky Terrasson (piano), Géraldine Laurent (saxophone alto), Andrea Motis (trompette), Flavio Boltro (trompette), Pierre Boussaguet (contrebasse), André Ceccarelli (batterie) et Aldo Romano (présentation et batterie). Par leurs notes, ils honorent la mémoire de Michel Petrucciani dont ils interprètent quelques compositions parmi lesquelles September Second, Rachid, Looking up et aussi le standard Body and Soul souvent joué par Michel Petrucciani.

Invité à se mêler à l’hommage, Tony Petrucciani, le père du pianiste, les rejoint. Sur le piano il tente d’égrener quelques notes de Misty, un morceau d’Erroll Garner qui fut un des pianistes préférés de Michel Petrucciani. En compagnie de Franck Avitabile, il joue quelques mesures de Nuages (de Django Reinhardt)  sur sa guitare puis tous deux présentent une courte version de Someday My Prince Will Come. Le set se termine avec une version chaloupée et applaudie de Brasilian Suite qui réunit les trois soufflants, André Ceccarelli, Pierre Boussaguet et Laurent Coulondre.

Echo#2-Jazz à Vienne 2021

Echo#4-Jazz à Vienne 2021

Pour la dixième soirée de la 40ème édition de Jazz à Vienne le festival propose un double plateau. Raul Midón ouvre la soirée puis Manu Katché recrée sur la scène l’esprit du projet One Shot Not sur la chaîne Arte. Au programme une farandole d’invités, Célia Kameni, Raul Midón, Jazzy Bazz, Sophie Hunger, Michel Jonasz et en invité surprise… Sting dont la prestation a enflammé les gradins du du Théâtre Antique.

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Echo#2-Jazz à Vienne 2021

Echo#3-Jazz à Vienne 2021

Tous les éléments étaient au rendez-vous pour que la soirée Cuba de la 40ème édition du festival Jazz à Vienne soit une réussite. Après la musique rutilante du sextet mené par le bassiste et chanteur Richard Bona & le pianiste Alfredo Rogridez, la star cubaine Roberto n’a pas été en reste et a offert au public une prestation généreuse. La présence à ses côtés d’Omara Portuondo a insufflé un brin de tendre nostalgie à un set fort dynamique au demeurant.

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Echo#2-Jazz à Vienne 2021

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La pluie n’a pas arrêté le public venu le 29 juin 2021 pour la soirée Piano proposée par le festival Jazz à Vienne. Après une première partie consacrée à une prestation solo du pianiste Brad Mehldau, la scène du Théâtre Antique rend hommage au pianiste Michel Petrucciani avec dix musiciens réunis autour de ses musiques. Une soirée aux couleurs musicales contrastées.

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Echo#1-Jazz à Vienne 2021

Soirée Brésil… la fête a repris ses droits !

Après de 24 mois de silence, les pierres du Théâtre Antique de Vienne vibrent de nouveau avec bonheur au son des notes de jazz. Après la soirée Afrique qui a marqué l’ouverture de la 40e édition de Jazz à Vienne avec Salif Keita, Keziah Jone et Julia Sarr, c’est au tour des musiques brésiliennes de résonner dans l’enceinte magique du Théâtre Antique. Le 26 juin le soleil est de la partie, le public se presse pour écouter Lucas Santtana puis Chico César. La soirée Brésil est un succès.

Echo#1-Jazz à Vienne 2021, les gradins du Théâtre Antique de VienneDans cet Echo#1-Jazz à Vienne 2021, le Brésil est à l’honneur. Les gradins du Théâtre Antique de Vienne frémissent de l’enthousiasme du public et retrouvent leur physionomie habituelle.

En première partie, Carte Blanche est donnée au compositeur, chanteur et guitariste brésilien Lucas Santtana.

Neveu de Tom Zé et héritier du mouvement tropicaliste, Lucas Santtana entre en seul en scène. D’une voix très posée et en toute simplicité, il dit au public son plaisir d’être là et l’invite à chanter avec lui… « Personne ne lâche la main de personne, les yeux dans les yeux, les gens avec les gens prennent soin de chacun…. ».

Echo#1-Jazz à Vienne 2021, Lucas SanttanaLes applaudissements crépitent. Pas de doute, une grande partie de la communauté brésilienne de Lyon est présente. Le chanteur fait référence à son album « O Céu é Velho Há Muito Tempo » « composé après l’élection du président Brésil pour se donner du courage… car il y avait beaucoup à faire ». Comme bien d’autres avant lui au temps de la dictature, il affirme ainsi son engagement politique. Pour l’aider à se faire comprendre du public, il sollicite l’aide d’un compatriote qu’il nomme « Dieu » (?) et dont la Voix jaillit des haut-parleurs et traduit ses paroles en français avec un petit accent brésilien !

Lucas Santtana poursuit sur sa guitare acoustique avec Meu Primero Amor, « une chanson d’amour un peu triste » et sa voix s’envole dans les aigus pour conter l’histoire d’un Roméo pauvre et d’une Juliette, jeune-fille riche, évoquant l’écart qui existe entre les classes sociales brésiliennes.

Echo#1-Jazz à Vienne 2021, Lucas Santtana invite Baptiste HerbinIl appelle ensuite son premier invité à le rejoindre sur scène. Il s’agit du saxophoniste français Baptiste Herbin dont le Brésil est devenu la terre d’adoption et dont on connaît la belle histoire qu’il entretient avec le Brésil.

Après un premier morceau à l’alto où le saxophoniste laisse libre cours à son lyrisme et enchaîne sextolets et glissandos habiles. Il embouche le soprano pour interpréter un morceau qui figure au milieu du film de la BO « De rouille et d’os » d’où fusent des citations de la superbe Samba de Una Nota so de Jobim. Ce duo plutôt fusionnel enchante le public. Lucas Santtana se saisit ensuite de sa guitare électrique pour interpréter un morceau plus ancien. Il stimule le public pour qu’il l’accompagne pendant que Baptiste Herbin marque le tempo en frappant dans ses mains avant de reprendre l’alto. Il termine en embouchant ses deux saxophones avant de quitter la scène.

Le guitariste interprète ensuite un titre d’inspiration « chamanique » que le public écoute avec attention puis un morceau chanté en anglais avant de reprendre la guitare acoustique… et l’on regrette vraiment de ne pas être lusophone.

Lucas Santtana appelle ensuite son deuxième invité, Joao Salva, un Brésilien qui habite à Lyon depuis 20 ans et que ses fans mobilisés nombreux, applaudissent à tout rompre. Le guitariste, chanteur et percussionniste entre sur scène avec son berimbau et le duo joue trois morceaux dont les ambiances varient entre intimité et ferveur.

Après un rappel fourni, Lucas Santtana revient seul pour un dernier morceau inédit qui sera dans son prochain album à sortir l’année prochaine. « Demain c’est les régionales en France, vous votez… moi mon vote, c’est pour le climat ! » et sa chanson en témoigne… « … où sont les civilisés, tous les copains tous les copines… qui habitent la terre… ils savent que la biospère, c’est la nouvelle ère » suivi par le chœur du Théâtre Antique.

Echo#1-Jazz à Vienne 2021, Chico CesarA la suite de l’annulation de tournée européenne de Seu Jorge, la seconde partie de soirée est assurée par Chico César connu lui aussi pour son engagement politique. Il débute seul sur la scène qu’il parcourt avec énergie avant d’être rejoint par les membres de son groupe qu’il présente, Natalino Netto (basse), Zé Luis Nascimento (percussions, batterie) et Rodrigo Viana (guitare). Après « Mama Africa », les thèmes s’enchaînent.

Malgré le vent fraîchissant qui traverse le Théâtre Antique, la température augmente dans la fosse. Chico César met littéralement le feu aux gradins du Théâtre. Il pilote avec ferveur son set comme une célébration qu’il termine avec spectateurs et spectatrices venus le rejoindre sur scène.

Porté par le charisme du leader, le public se lève oubliant les recommandations sanitaires… la fête a repris ses droits !

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Echo#4-Jazz à Vienne 2021

Pour la dixième soirée de la 40ème édition de Jazz à Vienne le festival propose un double plateau. Raul Midón ouvre la soirée puis Manu Katché recrée sur la scène l’esprit du projet One Shot Not sur la chaîne Arte. Au programme une farandole d’invités, Célia Kameni, Raul Midón, Jazzy Bazz, Sophie Hunger, Michel Jonasz et en invité surprise… Sting dont la prestation a enflammé les gradins du du Théâtre Antique.

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Echo#3-Jazz à Vienne 2021

Tous les éléments étaient au rendez-vous pour que la soirée Cuba de la 40ème édition du festival Jazz à Vienne soit une réussite. Après la musique rutilante du sextet mené par le bassiste et chanteur Richard Bona & le pianiste Alfredo Rogridez, la star cubaine Roberto n’a pas été en reste et a offert au public une prestation généreuse. La présence à ses côtés d’Omara Portuondo a insufflé un brin de tendre nostalgie à un set fort dynamique au demeurant.

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Echo#2-Jazz à Vienne 2021

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La pluie n’a pas arrêté le public venu le 29 juin 2021 pour la soirée Piano proposée par le festival Jazz à Vienne. Après une première partie consacrée à une prestation solo du pianiste Brad Mehldau, la scène du Théâtre Antique rend hommage au pianiste Michel Petrucciani avec dix musiciens réunis autour de ses musiques. Une soirée aux couleurs musicales contrastées.

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« Hope »… le jazz du XXIème siècle de Marc Ribot et Ceramic Dog

« Hope »… le jazz du XXIème siècle de Marc Ribot et Ceramic Dog

Fureur, refus, résistance et espoir

​Avec « Hope », Marc Ribot et ses complices de Ceramic Dog proposent en neuf titres un concentré de ce qui constitue l’ADN musical du groupe. En se promenant dans tous les territoires qu’il affectionne, le power trio propose avec quelques invités un album furieux et poétique qui pourrait incarner le jazz du XXIème siècle.

visuel de l'album Hope de Marc Ribot's Ceramic DogConstitué du guitariste Marc Ribot, du bassiste/multi instrumentiste Shahzad Ismaily et du batteur Ches Smith, le trio Ceramic Dog a conçu « Hope », un album qui évoque l’étonnante période que le monde a traversé et traverse encore

Ce n’est certes pas avec « Hope » (Enja /Yellow Bird/L’Autre Distribution) à sortir le 25 juin 2021 que l’on va pouvoir inscrire Marc Ribot et ses acolytes de Ceramic Dog dans une catégorie. Nul ne s’en plaindra et d’ailleurs il serait vain de tenter de discriminer si le troisième album du groupe est plutôt jazz que rock, s’il se promène dans les territoires funk ou folk, reggae ou cool. L’essentiel en revanche est bien de dire, voire même de crier haut et fort encore une fois que la musique de Ceramic Dog étonne, interpelle, emballe littéralement car elle porte en elle une vie et un message qu’elle transmet sans filtre.

« Hope », une musique sans complaisance imprégnée de fureur, de résistance et de refus mais surtout, une partition porteuse d’espoir comme le signifie son titre. « Hope », une potion musicale déconfinée comme un remède contre la déprime.

Contexte

Marc Ribot

MarcRibot©Ebru Yildiz

Quand mai 2020 est arrivé, Marc Ribot a commencé à trouver qu’être déprimé était déprimant. Il « n’avai[t] pas vu [s]es partenaires depuis février ». Les membres du trio se sont donc retrouvés au studio Figure 8 (le studio de Shahzad Ismaily) pour enregistrer ce qui allait devenir « Hope ». Certes l’album restitue des instantanés de la vie en période de pandémie et reflète les incertitudes de notre époque mais sur chaque morceau est perceptible ce qui relie les membres du trio Ceramic Dog, la passion de jouer ensemble depuis 2008.

Certains des enregistrements précédents de Marc Ribot sont plus immédiatement politiques. Ainsi le dernier disque du guitariste « Songs of Resistance 1942-2018 », paru en 2018 est profilé 100% agitprop, sans culpabilité aucune. Quant à « YRU Still Here? » de Ceramic Dog paru la même année, il comporte l’intense et poignant Muslim Jewish Resistance et le punky Fuck La Migra. Ainsi, pour Ches Smith, « cet album, contrairement au précédent, donne plus l’impression d’un burnout politique ».

L’enregistrement

Dès l’entrée en studio, le groupe a mis en place un lourd protocole sanitaire : se laver les mains, et jouer bien éloignés les uns des autres. Si éloignés qu’ils ne se voyaient même pas pendant l’enregistrement. Ils ont eu à cœur d’éviter que l’état des poumons du bassiste –déjà bien abîmés- n’empire et que cela ne compromette plus encore sa santé. Mais grâce aux compétences techniques du bassiste, ils s’entendaient d’une manière parfaite et presque inédite.

« …quand nous sommes entrés dans le studio, j’ai pensé que nous allions trouver quelque chose qui parlait à notre époque… un message en bouteille à nos auditeurs tout aussi naufragés (imaginaires). Mais une fois que nous avons commencé, c’était tellement amusant de jouer que nous avons oublié les catastrophes à l’extérieur. Au lieu de cela, nous avons « parlé » d’autres moments que nous ne pouvions pas encore voir : comme le jour, 5 mois plus tard, où les gens de Tout Brooklyn dansaient dans les rues pour la joie. » …. “Nous étions si heureux de jouer, d’enregistrer, de faire de la musique à nouveau” … “Dans les temps futurs –s’il y a des temps futurs, quand les gens se retourneront vers l’année que nous venons de vivre, ils n’y croiront pas. Mais cet album en a été à la fois le témoin et notre corde de sauvetage.” Marc Ribot

Le répertoire

Les précautions mises en place, le trio s’est lancé dans l’enregistrement de huit morceaux originaux, quatre du guitariste, trois pièces à créditer aux membres du trio et d’une reprise de Wear Your Love Like Heaven de Donovan.

Si Wanna, le troisième morceau du disque, reflète la joie incalculable qu’a eu le groupe à se retrouver et à jouer, certains titres, comme B Flat Ontology qui ouvre l’album, sont des histoires minimalistes qui traduisent l’ennui, une certaine forme d’inutilité ressentis par le guitariste ces derniers temps. Pour Marc Ribot, « c’est la chanson la plus déprimante jamais écrite. Beaucoup plus déprimant que le Kindertotenlieder de Mahler. Bien, beaucoup plus déprimant. »

Ceramic Dog

Ceramic Dog©EbruYildiz

A propos de They Met In The Middle sur lequel intervient le saxophoniste alto Darius Jones, Marc Ribot déclare : « Mes racines No Wave ont refait surface… C’est une chanson qui parle de la manière de ne pas aller quelque part. Vous pouvez vous rendre nulle part en restant au même endroit, ou en tournant en rond. Cette chanson parle également de gens qui vont dans des endroits puis en reviennent. Il y a différentes manières d’aller nulle part.” Le titre The Activist est quant à lui plus une satire qu’un reproche. “J’ai écrit ceci après avoir participé au millionième meeting politique qui n’allait nulle part.” déclare Marc Ribot. “Ainsi, dans cette chanson, je me paie ces gens qui prennent réellement du plaisir à balancer ces propos radicaux merdiques, au lieu de mettre vraiment les mains dans le cambouis et de faire ce qu’il y a à faire en urgence.”

Loin de toute catégorisation politique, historique, voire musicale, deux longs instrumentaux, l’antepénultième The Long Goodbye et l’avant-dernier Maple Leaf Rage, offrent 23 minutes de respiration aux commentaires poétiques de Marc Ribot. “Je pense que Marc a une manière très picturale de suivre son intuition, pour savoir si l’on a besoin ou pas d’un moment instrumental après des morceaux plus lyriques ou centrés autour du texte. Il me semble que cela se rapproche d’une intuition subtile, du bon équilibre, de ressentir l’expérience émotionnelle de l’auditeur » témoigne Shahzad Ismaily.

De la dépression à l’espoir

En ouverture B-Flat Ontology sonne comme une chanson bluesy, une sorte de lamentation où la voix dépressive et réverbérée du chanteur guitariste se fait entendre sur un beat reggae avec des accents punk. La déprime n’est pas loin. Sur Nickelodeon, le chant se fait plus alerte sur les battements funk des tambours. La guitare mordante tient un riff reggae et plus loin le toucher du musicien devient plus nerveux. Avec Wanna, la musique du trio se met à gronder et à claquer sur un fond de rock déjanté et furieux qui laisse exploser la joie de jouer du groupe.

La tonalité change avec The Activist. Marc Ribot laisse sourdre un vent de colère à travers des paroles satiriques sur la ligne de basse pulsatile, la batterie hypnotique et en arrière-plan la voix de Syd Straw. Ça sent le soufre !

Au mitan de l’album, la sonorité jazzy et très claire de la guitare sonne avec grâce sur Bertha The Cool où la magie opère comme jamais entre les trois compères. Le jeu tout en attaque de Marc Ribot affirme avec feeling un monde chargé d’espoir.

Le propos musical de They Met In the Middle se fait plus dense et plus sombre. Les interventions free et déchirées du saxophoniste alto Darius Jones répondent en force au parlé-chanter de Marc Ribot qui n’est pas sans évoquer la voix de Tom Waits. Au secours ! On tourne en rond, le désespoir n’est pas loin.

Au début de l’instrumental The Long Goodbye, la musique semble plus sereine et même poétique. La guitare s’exprime d’abord avec tendresse et lyrisme puis devient saturée et plus agressive sur une rythmique rock enragée à laquelle répond l’alto à la sonorité débridée. Musique bipolaire qui balance entre quiétude et déchaînement et se conclut dans l’apaisement. Le trio propose ensuite Maple Leaf Rage, un autre instrumental qui débute dans un climat sonore pictural apaisé avec les violoncelles de Rubin Khodeli et Gyda Valtysdottir qui interviennent et donnent des accents psychédéliques à la musique. Au fil des mesures, guitare et rythmique font monter la tension et après un break, la guitare laisse échapper des fulgurances convulsives sur le tempo que martèlent cordes et batterie. La frénésie s’installe et après un paroxysme, l’incendie déclenché par la guitare en colère s’éteint doucement mais sous les braises résiduelles, sourd encore le chant désespéré des violoncelles qui font écho aux accords désaccordés de la guitare.

Avec Wear your Love like Heaven, la voix de Marc Ribot parle sa joie de refaire de la musique et sur sa guitare un rien saturée, la mélodie sonne avec une tendresse infinie alors que les balais effleurent toms et cymbales avec délicatesse. Tout redevient possible, l’espoir est de mise… on y croit !

Avec Ceramic Dog, le guitariste Marc Ribot se produira en Italie, le 15 juillet 2021 à Brugnera (Pordenone). Il sera en France le 17 juillet 2021 à Sotteville Les Rouen dans le cadre du festival Pacific. En Belgique, le Gent Jazz Festival accueille le trio le 18 juillet 2021. ICI pour connaître l’ensemble des dates du trio.

Echo#2-Jazz à Vienne 2021

Echo#4-Jazz à Vienne 2021

Pour la dixième soirée de la 40ème édition de Jazz à Vienne le festival propose un double plateau. Raul Midón ouvre la soirée puis Manu Katché recrée sur la scène l’esprit du projet One Shot Not sur la chaîne Arte. Au programme une farandole d’invités, Célia Kameni, Raul Midón, Jazzy Bazz, Sophie Hunger, Michel Jonasz et en invité surprise… Sting dont la prestation a enflammé les gradins du du Théâtre Antique.

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Tous les éléments étaient au rendez-vous pour que la soirée Cuba de la 40ème édition du festival Jazz à Vienne soit une réussite. Après la musique rutilante du sextet mené par le bassiste et chanteur Richard Bona & le pianiste Alfredo Rogridez, la star cubaine Roberto n’a pas été en reste et a offert au public une prestation généreuse. La présence à ses côtés d’Omara Portuondo a insufflé un brin de tendre nostalgie à un set fort dynamique au demeurant.

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« Too Short » par Fabien Mary and The Vintage Orchestra

« Too Short » par Fabien Mary and The Vintage Orchestra

Swing XXXL

« Too Short », le premier album en big band de Fabien Mary réalisé avec The Vintage Orchestra est sorti le 28 mai 2021 sur le label jazz&people. Membre de l’orchestre depuis ses débuts, le trompettiste a composé et arrangé l’intégralité de la musique de ce disque. Répertoire original, couleurs chatoyantes, improvisations inspirées. Dix pièces inscrites dans la grande tradition du jazz orchestral. Du swing XXXL !

Depuis plus de vingt ans, Fabien Mary se passionne pour le jazz. Après avoir sorti en mars 2018 l’élégant « Left Arm Blues » (jazz&people/PIAS) à la tête d’un brillant octet, le trompettiste revient en mai 2021 avec « Too Short » (jazz&people/PIAS) à la tête du big band The Vintage Orchestra dont il est l’un des membres fondateurs depuis 2001 avec Erick Poirier et Sophie Alour et Dominique Mandin.

Après « Left Arm Blues » écrit pour un octet de la main gauche par le leader, immobilisé suite à une chute son bras droit qui l’empêchait de jouer, Fabien Mary a cette fois composé et arrangé les riches partitions de « Too Short » pour un big band de 17 musiciens.

The Vintage Orchestra

Autour du pianiste Florent Gac, du contrebassiste Yoni Zelnik et du batteur Andrea Michelutti se déploient une section de trompettistes comprenant Erick Poirier, Julien Ecrepont, Fabien Mary, Malo Mazurié, une section de saxophonistes/flûtistes/clarinettistes comptant Dominique Mandin, Olivier Zanot, Thomas Savy, David Sauzay, Jean-François Devèze et une section de trombonistes constitué de Michaël Ballue, Michaël Joussein, Jerry Edwards, Martin Berlugue, Didier Havet. C’est Dominique Mandin qui assure la fonction de directeur musical. Parmi les musiciens qui ont enregistré la musique de Fabien Mary, 11 étaient déjà présents sur le premier disque du Vintage Orchestra en 2003.

Enregistré les 25 et 26 août août 2020 à l’auditorium du conservatoire de Persan (Val d’oise), « Too Short » permet d’apprécier quelques-uns des seize brillants solistes qui entourent Fabien Mary.

« Too Short »

Couverture de l'album Too Short de Fabien Mary and The Vintage OrchestraDe nombreuses improvisations toutes plus explosives et étincelantes les unes que les autres émaillent cet album dont le visuel un peu vintage évoque les couvertures des albums Blue Note et cadre tout à fait avec ce répertoire interprété dans la grande tradition des big bands. Les arrangements de Fabien Mary s’inscrivent dans l’esthétique des arrangeurs dont il revendique les influences en la matière, comme Thad Jones, Slide Hampton, Jimmy Heath, Duke Pearson, Oliver Nelson, Gil Evans, Mary Lou Williams, Gigi Gryce, Tadd Dameron, Bill Holman, Marty Paich, Toshiko Akiyoshi, Quincy Jones et Melba Liston.

Riche et sophistiquée, dense et stimulante, la musique ne manque ni de nuance ni de précision. De bout en bout des dix pistes de « Too Short », le big band fait éclater une musique fluide, jubilatoire et flamboyante. D’une absolue élégance et sans aucun maniérisme, la musique totalement maîtrisée est portée par un swing XXXL.

A vrai dire, l’album mérite bien son titre, « Too Short », car après une première écoute advient la frustration. On trouve le disque trop court et l’on est tenté de le faire tourner encore, et encore jusqu’à s’immerger dans la musique et s’en imprégner sans jamais se lasser.

Au fil du répertoire

En ouverture, l’orchestre affiche sur Too Short des couleurs rutilantes et Fabien Mary révèle à la fois ses talents d’arrangeur et de soliste solaire. Chaque membre du big band est au service du collectif. Le solo du ténor de David Sauzay est resplendissant de swing. Le titre évoque la musique du trompettiste et compositeur Thad Jones, grand héritier de la tradition afro-américaine du big band. Le répertoire se poursuit avec The Fall aux arrangements ciselés. La trompette de Malo Mazurié puis le trombone de Michaël Joussein swinguent d’une joie communicative. Leur expression est jubilatoire.

Sakura impressionne ensuite par le climat hypnotisant qu’impulse la ligne mélodique de la flûte ensorcelante. Le chorus parfaitement maîtrisé du pianiste Florent Gac introduit celui de la clarinette basse de Thomas Savy. L’improvisation brillante de la trompette de Julien Ecrepont permet d’apprécier sa sonorité à la fois élégante et vivifiante.

Plus loin, One For Slide rend hommage au tromboniste compositeur et arrangeur Slide Hampton (89 ans) avec qui Fabien Mary a joué en avril 2017 pour fêter ses 85 ans au Dizzy’s du Lincoln Center de New York au sein d’un octet dont le célèbre tromboniste faisait partie. Le tromboniste Michaël Joussein développe un solo d’une élégance rare. Son timbre suave tranche avec la fougue du saxophone ténor de David Sauzay. Soutenu par une solide technique, le pianiste Florent Gac délivre quant à lui une improvisation inspirée et ancrée dans la grande tradition du piano jazz. Des arrangements de Fabien Mary jaillissent de flamboyante couleurs sonores.

Fabien Mary dédicace ensuite D.P (song for Duke Pearson) au compositeur pianiste et chef d’orchestre américain Duke Pearson disparu en 1980. Une pièce remarquable de légèreté et de décontraction où flamboie le solo de l’altiste Olivier Zanot alors que celui du tromboniste Jerry Edwards est gorgé de swing. Par la suite, The Vintage Orchestra propose le très court Like Thousands of Butterflies, une ballade sensible exposée par la flûte sur un arrangement aux couleurs orchestrales nuancées et délicates, comme les ailes de ces papillons qu’évoque le morceau.

Le climat change du tout au tout avec le fervent Don’t Look Back conçu dans le plus pur style bebop. Il n’est pas sans évoquer la puissance du big band de Dizzy Gillespie et permet d’apprécier le jeu éclatant de l’orchestre, la nervosité du jeu des saxophonistes Thomas Savy et Olivier Zanot et aussi le chorus du batteur Andrea Michelutti.

La flûte de Dominique Mandin introduit le thème du morceau Hell’s Kitchen Blues, une ligne mélodique développée sur une grille de blues. La section éclatante des soufflants prend la suite et c’est plus loin à Fabien Mary de prendre une improvisation lyrique avec de longues phrases volubiles qui mettent en avant son habileté harmonique. L’alto de Dominique Mandin tisse un solo acidulé et tonique auquel répond la contrebasse de Yoni Zelnik qui n’en finit pas de paraphraser le thème avec humour. Un moment diaboliquement enivrant.

C’est ensuite 402, une ballade somptueuse qu’interprète The Vintage Orchestra dans un style West Coast. L’exquise délicatesse de ce morceau évoque les arrangements de Bill Holman, cité par Fabien Mary comme une de ses influences. Le tromboniste Jerry Edwards s’exprime avec une limpidité sans égale puis la masse orchestrale éblouit par ses flamboyances pleines d’éclat.

L’album se termine avec le chatoyant To the Lighthouse que l’on est tenté de rapprocher de l’esthétique du courant jazz cool. Un morceau aux arrangements sophistiqués où rayonne l’art du contrepoint. Le solo feutré du tromboniste Michaël Ballue inspire au pianiste Florent Gac un chorus irradié de swing.

« Too Short », un album chaleureux au swing omniprésent. The Vintage Orchestra irradie de mille couleurs et les improvisations des solistes contribuent à l’éclat du big band.

Echo#2-Jazz à Vienne 2021

Echo#4-Jazz à Vienne 2021

Pour la dixième soirée de la 40ème édition de Jazz à Vienne le festival propose un double plateau. Raul Midón ouvre la soirée puis Manu Katché recrée sur la scène l’esprit du projet One Shot Not sur la chaîne Arte. Au programme une farandole d’invités, Célia Kameni, Raul Midón, Jazzy Bazz, Sophie Hunger, Michel Jonasz et en invité surprise… Sting dont la prestation a enflammé les gradins du du Théâtre Antique.

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Echo#2-Jazz à Vienne 2021

Echo#3-Jazz à Vienne 2021

Tous les éléments étaient au rendez-vous pour que la soirée Cuba de la 40ème édition du festival Jazz à Vienne soit une réussite. Après la musique rutilante du sextet mené par le bassiste et chanteur Richard Bona & le pianiste Alfredo Rogridez, la star cubaine Roberto n’a pas été en reste et a offert au public une prestation généreuse. La présence à ses côtés d’Omara Portuondo a insufflé un brin de tendre nostalgie à un set fort dynamique au demeurant.

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Echo#2-Jazz à Vienne 2021

Echo#2-Jazz à Vienne 2021

La pluie n’a pas arrêté le public venu le 29 juin 2021 pour la soirée Piano proposée par le festival Jazz à Vienne. Après une première partie consacrée à une prestation solo du pianiste Brad Mehldau, la scène du Théâtre Antique rend hommage au pianiste Michel Petrucciani avec dix musiciens réunis autour de ses musiques. Une soirée aux couleurs musicales contrastées.

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Simon Bolzinger Trio – Jazz des cinq continents

Simon Bolzinger Trio – Jazz des cinq continents

Le 20 juin 2021 au Musée Provençal de Marseille

Dans le cadre de Jazz des cinq continents, le pianiste Simon Bolzinger rend hommage en trio aux musiques du continent latino-américain, le 20 juin 2021 à 20h au Musée Provençal de Marseille. Son album « Ritmos Queridos » opère la fusion entre musiques traditionnelles d’Amérique du Sud et Jazz. Promesses d’un voyage musical épicé en Amérique du Sud.

Le dimanche 20 juin 2021 à 20h, Jazz des cinq continents convie les amateurs de Jazz à écouter Sudameris Jazz Trio et Simon Bolzinger Trio, en plein air et en acoustique au théâtre de verdure du Musée provençal de Château Gombert.

Pour l’occasion, accompagné de ses fidèles compagnons de route, le contrebassiste Willy Quiko et le batteur Luca Scalambrino, le pianiste marseillais Simon Bolzinger invite le public à suivre son trio dans un voyage musical poétique et émouvant, un voyage où les énergies sacrées et ancestrales se mêlent aux harmonies jazz et aux grooves des rythmes qu’il chérit. Comme il l’a fait au fil des neuf titres instrumentaux de son cinquième album « Ritmos Queridos », le leader du trio passionné des musiques traditionnelles d’Amérique du Sud va proposer aux spectateurs de découvrir les rythmes du continent sud-américain et des Caraïbes.visuel de l'album Ritmos Queridos de Simon Bolzinger

Sorti en 2020, l’album « Ritmos Queridos » permet de découvrir neuf des « rythmes préférés » du pianiste Simon Bolzinger…joropo vénézuélien, huayno péruvien, côco brésilien combiné à salsa cubaine, zamba argentine, valse vénézuélienne, l’entraînant ijexá qui rythme les cortèges du carnaval au Brésil, danzón cubain, candombe uruguayen et bolero mexicain.

Avec passion mais non sans nuances, Simon Bolzinger les développe sur son piano, accompagné par Willy Quiko (contrebasse, basse) et Luca Scalambrino (batterie). Sur plusieurs morceaux, le trio invite le percussionniste Alvaro Perez.

Le trio opère une fusion musicale fort réussie entre rythmes traditionnels sud-américains et improvisations jazz que l’oreille savoure sans retenue. Sur de riches textures harmoniques, les musiciens rivalisent d’élégance et de virtuosité et combinent swing et musicalité.

Souvent lyriques et énergiques, la contrebasse et son archet se font romantiques sur Beau Soir & Dindi, un titre qui rapproche une courte version instrumentale du Beau Soir de Claude Debussy et Dindi, la composition d’Antonio Carlos Jobim. Empreint d’une douce sensualité, le morceau pétille d’une joie effervescente qui enchante l’oreille.

On savoure sans réserve les séquences exaltées qui ponctuent Montuno en Olinda et Danzón para Oxúm, deux compositions de Simon Bolzinger. L’oreille se laisse enchanter par l’énergique Baile de los morenos et ses accents à la fois soul et brésilien qui ne sont pas sans évoquer le latin jazz de Tania Maria. Plus loin, le tempo étiré de la composition d’Armando Manzanero, El ciego, permet d’apprécier la technique brillante et maîtrisée du pianiste. Son jeu sensible et subtil fait respirer ce bolero et suspend littéralement le cours du temps. Un pur moment de ravissement.

Pour découvrir et apprécier le répertoire que propose le Simon Bolzinger Trio, rendez-vous à 20h dans l’écrin du théâtre de verdure du Musée provençal de Château Gombert, le 20 juin 2021. En deuxième partie de soirée, le trio du pianiste invite le public à le suivre tout autour du continent sud-américain. L’occasion rêvée pour une escapade où groove et poésie enlacent les harmonies du jazz pour le meilleur. Dépaysement garanti et promesses d’un voyage musical entre énergie et émotion.

Echo#2-Jazz à Vienne 2021

Echo#4-Jazz à Vienne 2021

Pour la dixième soirée de la 40ème édition de Jazz à Vienne le festival propose un double plateau. Raul Midón ouvre la soirée puis Manu Katché recrée sur la scène l’esprit du projet One Shot Not sur la chaîne Arte. Au programme une farandole d’invités, Célia Kameni, Raul Midón, Jazzy Bazz, Sophie Hunger, Michel Jonasz et en invité surprise… Sting dont la prestation a enflammé les gradins du du Théâtre Antique.

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