« Blue in Green », Paul Lay rend hommage à Bill Evans

« Blue in Green », Paul Lay rend hommage à Bill Evans

Dans la grande tradition

Avec le superbe « Blue in Green », Paul Lay rend hommage à Bill Evans. Sur ce premier opus de la série Jazz de Scala Music, le pianiste revisite certaines compositions de Bill Evans et de grands standards de jazz. Enregistré live en trio avec le contrebassiste Clemens Van der Feen et la batteur Dré Pallemaerts, l’album s’inscrit dans la grande tradition du trio jazz piano-contrebasse-batterie.

couverture de l'album Blue in Green de Paul Lay TrioEnregistré live à La Piccola Scala en février 2022, « Blue in Green » est premier disque de jazz du label Scala Music.

Sur les sept pistes de l’album, Paul Lay et son trio, Clemens Van der Feen (contrebasse) et Dré Pallemaerts (batterie) revisitent cinq compositions de Bill Evans, Blue in Green, Funkarello, Interplay, Peri’s Scope The two lonely people et Funkarello, ainsi que deux grands standards de jazz dont Bill Evans fut l’interprète de référence, Alice in wonderland de Sammy Fain et Minority de Gigy Grice.

Paul Lay

Depuis une dizaine d’années, Paul Lay enchaîne les prix prestigieux, Prix de Soliste du Concours de la Défense, Concours de Piano-Jazz de Moscou, Concours Martial Solal, Concours de Montreux, Prix Django Reinhardt du meilleur artiste de jazz français décerné par l’Académie du jazz en 2015, Prix de l’Académie Charles Cros en 2016 avec son deuxième album « Mikado » et titre d’Artiste Instrumental de l’année aux Victoires du jazz en 2020.

En 2015, il crée pour la Folle Journée de Nantes « Billie Holiday, passionnément », performance vidéo-musicale aux côtés du vidéaste Olivier Garouste. Sideman très recherché il a intégré les groupes de Riccardo Del Fra, Géraldine Laurent, Eric le Lann, et Ping Machine.

En 2017, il sort le double-album « The Party » avec Dre Pallemaerts et Clemens Van Der Feen et « Alcazar Memories » avec Isabel Sorling (voix) et Simon Tailleu (contrebasse), deux trios singuliers qui joueront plus de 70 concerts aux quatre coins du monde.

À la fin de l’année 2018, Paul sort l’album « Thanks a Million«  en duo aux côtés du trompettiste Eric le Lann, pour un vibrant hommage à Louis Armstrong. En 2018, il obtient le soutien de la Fondation BNP Paribas pour le développement de sa carrière.

Paul Lay, Clemens Van Der Feen, Dré PallemærtsL’album « Deep Rivers » avec Isabel Sörling et Simon Tailleu paraît en janvier 2020 et reçoit un très bel accueil. Le trio se produit pour une cinquantaine de concerts en 2020-2021. En juin 2021, avec le label Gazebo, Paul Lay sort son premier disque en piano-solo, « Full Solo », consacré à des relectures originales et singulières de Beethoven.

En septembre 2022, Paul Lay intègre l’équipe pédagogique du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris en tant que professeur de piano jazz.

Le 23 février 2022, Paul Lay , Clemens Van der Feen et Dré Pallemaerts enregistrent « Blue In Green - Tribute to Bill Evans » sorti le 02 décembre 2022 sous le label Scala Music

« La pandémie nous a privés de scène avec Dré et Clemens durant plus de deux ans. Lorsque l’équipe de La Scala m’a proposé cette résidence à La Scala Paris avec trois concerts au cours du printemps 2022, j’ai saisi cette occasion pour nous réunir. Ce trio existe depuis presque dix ans, avec la production de deux disques (Mikado, 2014 et The Party, 2017) ; nous y jouions principalement mes compositions. » Paul Lay

Au fil des titres

En ouverture de l’album « Blue in Green », le trio Lay - Van der Feen - Pallemaerts se réapproprie de manière singulière la composition du saxophoniste altiste Gigi Gryce, Minority. Groove frénétique, figures rythmiques diversifiées, le pianiste se dépasse littéralement. La mélodie est sublimée dès les premières mesures. De sa main gauche au jeu allégé, il assure le rythme et l’harmonie et ponctue la ligne mélodique qu’il développe de la main droite avec une virtuosité éblouissante et une aisance déconcertante. Il est porté par le jeu fluide et profond de la contrebasse et les rythmes sans cesse renouvelés de la batterie

Plus loin Paul Lay entame la composition de Sammy Fain, Alice in Wonderland, à la manière d’une ritournelle avant d’en exposer la mélodie. Toucher limpide, jeu pondéré, nuances et douceur caractérisent l’interprétation de cette valse qui n’en finit pas de tourner.

Les cinq autres plages de l’album consistent en des reprises de compositions de Bill Evans.

En premier lieu, le trio interprète Interplay, enregistré par Bill Evans en 1962 sur le label Riverside Records sur l’album au titre éponyme. Après un court solo de la contrebasse souple et agile, le pianiste transcende l’esprit du blues. Articulation très détachée de chaque note, grande sensibilité, forte expressivité, luminosité du son. Le répertoire se poursuit avec Blue in Green. Sur cette ballade à l’atmosphère mélancolique, chaque note du piano résonne comme une perle de cristal. Paul Lay insuffle une flamme sereine à son jeu qui entretient un swing subtilement étiré. Le contrebassiste se saisit de l’archet pour son solo et le morceau prend alors l’allure d’une musique chambriste proche de la grâce.

Plus loin, le trio fait un clin d’œil à Peri’s Scope, composition enregistrée par Bill Evans en 1959 sur l’album « Portrait in Jazz ». Le titre met en évidence la complicité qui unit les trois musiciens. Piano flamboyant, colorations harmoniques exquises. Dans son solo, le batteur découpe le tempo ternaire en vagues sonores et de son tempo immuable et solide, galvanise le pianiste dont la main droite enflamme les touches de son ardeur. Changement d’ambiance avec The Two Lonely People. Le piano entame une longue coda qui enchante par sa délicate pointe de mélancolie. Il tisse ensuite la mélodie avec un lyrisme jarrettien. Son jeu souple et raffiné génère une sensation quasi extatique, presque… hypnotique, du jazz impressionniste ?!

Sur Funkallero, le dernier titre de l’album, les musiciens font écho à la version proposée sur « The Bill Evans Album » paru en 1971. Après l’exposition du thème, la contrebasse éblouit par une improvisation brillante et mélodique en diable. La main gauche saute de note en note et exécute avec vélocité les lignes mélodiques dans la pure tradition post-bop. Le piano enchaîne avec un solo riche en contrastes et gorgé de swing et d’humour. Les citations se bousculent, les notes aiguës et les graves se répondent à qui mieux mieux. Parler de « maîtrise » semble tout à fait de mise. Un régal absolu.

2022… Ultimes « Coups de cœur » #2

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En cette fin d’année 2022, quelques albums de jazz interpellent tant par la qualité de leur propos que par leur identité singulière. Impossible de passer sous silence ces quatre Ultimes « Coups de cœur » #2, des musiques à écouter sans tarder pour découvrir de superbes paysages musicaux et bien terminer l’année.

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2022… Ultimes « Coups de cœur » #1

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Riche en surprises, 2022 a permis de découvrir de nouveaux talents et de se régaler de la musique d’artistes confirmés qui ne cessent de renouveler leurs projets. Pour terminer l’année, quoi de mieux que ces quatre ultimes « Coups de cœur » #1 pour apprécier de véritables pépites de jazz français interprété en duo, trio, quartet et en grande formation.

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« Blue in Green », Paul Lay rend hommage à Bill Evans

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Des nouvelles de Bigre ! … album à venir en 2023

Des nouvelles de Bigre ! … album à venir en 2023

Le Cap & Folie Urbaine

Avec deux nouveaux titres associés à deux clips, Le Cap et Folie Urbaine, « Bigre ! » annonce la sortie prochaine en 2023, de « Tchourou Mix tape », le nouvel album du big band. On retrouve avec bonheur l’énergie de l’orchestre dirigé par Félicien Bouchot. « Bigre ! … toujours groovy !

Bigre ! revient en 2022 avec Le Cap et Folie Urbaine, deux singles associés à deux clips. Dans la continuité de sa dynamique, le big band annonce la sortie au printemps 2023 de « Tchourou Mix tape », le prochain album de l’orchestre. Avec cinq saxophones, quatre trombones, quatre trompettes, une guitare, une basse, des claviers, une batterie et des percussions, Bigre ! groove à qui mieux mieux et continue à faire vibrer le jazz de nouvelles résonances.

En presque 15 ans, avec 7 albums et des collaborations marquantes (Rover, Hawa, Thaïs Lona, Célia Kameni…), les vingt musiciens du big band Bigre ! ont imposé leur style… rythmes sans cesse renouvelés, improvisations, arrangements colorés, sons du monde et surtout pulsation de chaque instant. Ce big band défricheur inscrit son esthétique orchestrale au cœur de la musique actuelle.

Avec Bigre ! tout est permis… point de poncif musical ni de barrière de style. Un jazz transculturel qui cultive les mélanges de genres. La réussite du collectif semble donner raison à sa devise, « Tout seul on va plus vite, ensemble, on va plus loin. »

Le Cap

Le Cap avec Bigre ! & Cynthia AbrahamPorté par la voix sublime et généreuse de Cynthia Abraham, le titre Le Cap présente la nouvelle collaboration du big band avec la chanteuse qui interprète ce nouveau titre signé Félicien Bouchot, directeur artistique de l’orchestre depuis 2008.

Cynthia Abraham, donne de la voix entourée par les saxophonistes Pierre Desassis, Julien Chignier, Thibaut Fontana, Romain Cuoq et Fred Gardette, les trompettistes Vincent Labarre, Rémi Gaudillat, Ysaura Merino et Aurélien Joly, les trombonistes Jean Crozat, Loïc Bachevillier, Aloïs Benoît et Sébastien Chetail, le guitariste Francis Larue, le pianiste Olivier Truchot, le bassiste Nicolas Frache, le batteur Wendlavim Zabsonre et les percussionnistes Jonathan Volson, Jorge Mario Vargas et Isel Rasua.

En ces temps parfois troublés, le nouveau single Le Cap est à la fois un pied de nez à l’individualisme qui semble gagner du terrain dans les sociétés occidentales, et une ode à l’esprit collectif et à l’espoir qu’il suscite. Chaleur tropicale en ligne de mire !

Folie Urbaine

Folie Urbaine de Bigre !Avec son nouveau titre instrumental, Bigre ! propulse l’oreille au cœur d’une mégalopole que l’on devine africaine à son tempo galopant et au fourmillement des parties de guitares et de percussions qui jalonnent les riffs de cuivres et le solo de saxophone baryton.

Avec Folie Urbaine, Félicien Bouchot rend un hommage cuivré à l’afro-beat de Fela Kuti. Le clip de présentation présente le titre qui tient lieu de bande-son à une Course poursuite dans les rues d’Athènes issue du film « Le Casse » (1971) de Henri Verneuil.

Folie Urbaine« … un brûlot plein d’énergie, de quoi affronter les frimas et le climat morose de l’hiver qui se profile !

2022… Ultimes « Coups de cœur » #2

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2022… Ultimes « Coups de cœur » #1

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« Blue in Green », Paul Lay rend hommage à Bill Evans

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Dmitry Baevsky revient avec « Kids’ Time »

Dmitry Baevsky revient avec « Kids’ Time »

Un joyau de virtuosité et de swing

​Le saxophoniste Dmitry Baevsky présente « Kids’ Time », son dixième album, enregistré pour Fresh Sound New Talent. En trio avec le contrebassiste Clovis Nicolas et le batteur Jason Brown, il propose un opus vertigineux de virtuosité. Avec une parfaite maîtrise, l’altiste brille et impressionne par sa virtuosité et son swing.

Amis de longue date, Dmitry Baevsky (saxophone alto), Clovis Nicolas (contrebasse) et Jason Brown (batterie) ont déjà enregistré et joué ensemble de nombreuses fois, cela s’entend d’ailleurs dès les premières notes de « Kids’ Time ».

Tout au long des douze plages du CD, le trio développe un son de groupe chaleureux, à la fois précis et détendu. Le trompettiste Stéphane Belmondo rejoint les trois complices sur trois titres.

Dmitry Baevsky

Fils unique d’un écrivain et d’une traductrice, Dmitry Baevsky grandit à Saint-Pétersbourg, sa ville de naissance ((la ville s’appelait alors Léningrad). Il intègre une école de musique à 14 ans et participe au big band, au pupitre de saxophone alto. Il entre ensuite en 1991 au Mussorgsky College of Music de Saint-Pétersbourg où il étudie avec le saxophoniste russe Gennady Goldstein.

Il fréquente les clubs de jazz de la ville e. Au Jazz Philharmonic Hall de Saint-Pétersbourg, il rencontre Ann et Bob Hamilton, un couple américain qui lui propose de rejoindre New York afin de suivre un stage de jazz de deux semaines. Au final, les deux semaines se prolongent… Dmitry Baevsky demeure chez le couple durant six mois puis, après audition, intègre le département Jazz de la prestigieuse New School University de New York où il obtient une bourse pour une scolarité complète. A la fin de ses études, il est un membre à part entière de la scène jazz locale et décide alors de quitter la Russie pour s’installer à New York.

Dmitry Baevsky revient avec "Kids' Time"

Dmitry Baevsky©Marina Chassé

Technicien redoutable, l’altiste au son chaleureux possède un sens aigu du drive et devient l’un des saxophonistes incontournables de la scène jazz new-yorkaise. Il a joué ou enregistré, avec Benny Green, Peter Washington, Willie Jones III, David Hazeltine, “Killer” Ray Appleton, David Williams, Peter Bernstein, Cedar Walton, Dennis Irwin, Jeremy Pelt, Joe Cohn, Steve Williams, Joe Magnarelli, Jesse Davis, Ryan Kisor, Gregory Hutchinson, Roger Kellaway, Leon Parker, Dena De Rose … et bien d’autres encore.

Au fil de ses tournées régulières en Europe, Dmitry Baevsky découvre Paris où il s’installe en 2016 avec sa famille tout en maintenant une forte connexion professionnelle avec New York.

De son premier disque « Introducing Dmitry Baevsky » (2009) en passant par « Over and Out » (2015), « The Day After (2017) jusqu’à « Sound Track » (2021), Dmitry Baevsky compte neuf albums à son actif.

Sorti le 02 décembre 2022, son dixième opus, « Kids’ Time » (Fresh Sound New Talent/Socadisc) vient enrichir sa discographie et devrait à n’en pas douter recevoir un accueil favorable auprès de tous les inconditionnels du jazz.

« Kids’ Time »

Sur le livret de l’album « Kids’ Time », Dmitry Baevsky donne quelques pistes pour expliciter le titre :

« …. comme les enfants les musiciens jouent seuls ou avec d’autres enfants. En jouant, ils créent et s’expriment, apprennent et grandissent et évoluent. Et bien sûr, en jouant ils s’amusent aussi. …. La musique de cet album prétend simplement être celle de quatre musiciens qui s’amusent, en jouant comme des enfants le feraient sur leur aire de jeu. »

couverture de l'album Kids' Time de Dmitry BaevskyL’album été enregistré et mixé en juillet 2022 par Erwan Boulay au Studio Sextan à Malakoff. Son répertoire compte neuf compositions originales de Dmitry Baevsky, la fameuse calypso Soy Califa de Dexter Gordon et deux non moins célèbres standards, Deep in a Dream de Jimmy Van Heusen et Don’t blame me de Jimmy McHugh.

Autour de lui et de son saxophone alto, Dmitry Baevsky a réuni deux musiciens rencontrés à New York, le contrebassiste Clovis Nicolas avec lequel il a beaucoup d’affinités et le batteur Jason Brown dont il apprécie le jeu et l’implication. Il a par ailleurs invité le trompettiste Stéphane Belmondo pour la qualité fortement émotionnelle de son jeu, tout à fait en accord avec l’ambiance envisagée pour l’enregistrement de « Kids’ Time ».

Au fil des titres

Du début à la fin du répertoire, le saxophoniste soigne la pureté du son de son instrument. Qu’il soit tranchant, tendu, fluide ou acrobatique, son phrasé possède un swing et une élégance intrinsèques. L’altiste met sa virtuosité au service de son expressivité lyrique qui exclut tout bavardage. Aucune redite dans ses improvisations alimentées par des idées sans cesse renouvelées. Ancré dans la tradition du bebop il a développé un style qui lui appartient en propre et que l’on peut qualifier de post bop.

D’emblée, la première plage, Mr H. donne le ton avec les prouesses de style de l’alto. Quasi acrobatique, son phrasé fluide alimente un swing irrépressible. Il devise avec la batterie avec laquelle il échange en 4/4. Imintagante est l’occasion pour le trio d’une escapade rythmique tout en relaxation du côté du Maroc. Sur Kids’ Time le trio invite Stéphane Belmondo. Les deux soufflants échangent dans un idiome post-bop. De son expression à la fois chaude et coupante, l’alto explore une tessiture étendue. Sur Minor Delay on prend la mesure de la fluidité de son phrasé. Avec Times Flies, le trio propulse la musique sur les rails d’une énergie non exempte d’humour.

Sur la sublime ballade, Deep in a Dream, le bugle de Stéphane Belmondo se pare de sobriété et se fond avec le jeu tout en souplesse de l’alto. Le trompettiste brille par le raffinement de son phrasé accompagné par la contrebasse épanouie et la batterie tout en délicatesse.

Sur le tempo ternaire de Morningside Waltz on se prend à esquisser un pas de danse langoureux accompagné par le phrasé de l’alto valseur et délicat. Plus loin sur le tempo ultra rapide des deux compositions du leader, The End et Rollin’, l’alto fait preuve d’une virtuosité qui évoque celle de Cannonball Adderley. La fougue d’un boulet de canon. C’est à couper le souffle !

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MTA permet d’apprécier un généreux chorus de contrebasse auquel le saxophone alto répond avec aplomb. Plus loin, la trompette et l’alto rendent hommage au calypso de Dexter Gordon, Soy Califa. L’alto s’enflamme dans un solo à la fois élastique, lyrique et énergique. La trompette hésite entre sonorité voilée et timbre éclatant. La batterie leur répond avec impertinence.

Sur le standard Don’t Blame Me, le jeu de l’altiste ravit par son lyrisme déconcertant et son discours empreint de sérénité accompagné par une section rythmique imperturbable avec une contrebasse grave et généreuse et des balais tout en retenue sur les peaux.

Pour écouter Dmitry Baevsky en trio avec Clovis Nicolas et Jason Brown, rendez-vous le 01 février 2023 au Duc des Lombards à Paris et le 03 février 2023, salle Hubert Yencesse, 35 Rue de Gramont dans le cadre du Festival Jazz en Hiver à Chambourcy.

2022… Ultimes « Coups de cœur » #2

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« Blue in Green », Paul Lay rend hommage à Bill Evans

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Yoann Loustalot Trio propulse « Yéti »

Yoann Loustalot Trio propulse « Yéti »

Poésie musicale en suspension

Voix singulière de la trompette européenne, le compositeur Yoann Loustalot propulse son nouvel album « Yéti ». Avec le guitariste Giani Caserotto et le batteur Stefano Lucchini, il propose une musique stellaire, à la fois dense et poétique. L’espace musical se dilate et les titres planent en suspension dans un univers onirique, loin de l’imagerie de l’abominable homme des neiges.

Visuel de l'album Yeti de Yoann Loustalot trio« Yeti », un album dont le titre stimule l’imaginaire, un trio trompette/bugle-guitare-batterie, neuf morceaux entre compositions et improvisations.

Yoann Loustalot Trio offre quarante trois minutes de musique fascinante. Entre tradition et modernité, Yoann Loustalot (trompette, bugle), Giani Caserotto (guitare) et Stefano Lucchini (batterie) s’engagent dans une splendide échappée cosmique où les notes côtoient les étoiles.

« Yéti », une parenthèse féérique et poétique…. les mélodies circulent et flottent, la musique plane jusqu’au sommet de l’Himala(ya)jazz.

Yoann Loustalot

Le maître italien de la trompette Enrico Rava dit de lui :« Yoann Loustalot est comme une fleur très rare qui, lorsqu’elle apparaît dans un jardin, fait disparaître toutes les autres fleurs. Ce n’est pas juste un « beau son ». Non, c’est le son de l’âme et il est si profond et authentique que chaque note compte et conte. Il invente sans cesse des mélodies qui restent gravées dans l’air et dans nos têtes Passion, soin, attention, amour. Il ne m’est presque jamais arrivé de me sentir si proche d’un autre trompettiste. »

Sideman recherché pour sa sonorité unique et son inventivité mélodique, Yoann Loustalot est aussi fondateur du label discographique « Bruit Chic ».

Il mène de front différents projets personnels. Il a joué dans la tournée française “Free” du légendaire Iggy Pop en 2022 et dans les groupes d’Emile Parisien, de Sylvain Rifflet. Il a participé aux albums « Drum Thing » (2020) de Daniel Humair et « Reborn » (2020) d’Aldo Romano

Sa large discographie en tant que leader, compte entre autres albums,  « Pièces en forme de flocons » enregistré en 2014 avec le pianiste François Chesnel et le batteur Antoine Paganotti, « Aérophone » (2016) avec Glenn Ferris (trombone), Blaise Chevallier (basse) et Fred Pasqua (batterie), « Old and New Songs » gravé en 2017 et sorti 2018 avec le pianiste François Chesnel, le contrebassiste Frédéric Chiffoleau et le batteur Christophe Marguet. Aux confins du jazz, de la musique improvisée et contemporaine, Yoann Loustalot a aussi gravé « Slow » capté en 2018 et sorti en 2019, avec Julien Touery (piano), Eric Surmerian (contrebassiste) et Laurent Paris (percussions).

En décembre 2021, il est sélectionné dans les 5 meilleurs trompettistes de l’année par Jazz Magazine.

Le 18 novembre 2022, Yoann Loustalot Trio sort « Yéti » (Pure Capture/L’Autre Distribution).

« Yéti »

En ouverture de l’album, Echoes donne le diapason. La trompette à la sonorité stellaire et ses deux compagnons de voyage insufflent une atmosphère stratosphérique au morceau dès les premières notes. Le temps se dilate et on se laisse embarquer dans leur univers musical onirique. Le trio enchaîne avec Country Side. Après la mélodie envoûtante que souffle le bugle, la guitare enchaîne les effets de distorsion et s’unit à la batterie pour soutenir l’improvisation du bugle.

Avec Welcome to Valhalla, le trio ouvre les portes du paradis des guerriers Vikings. Dans une ambiance sonore étrange, la sonorité mélancolique de la trompette flotte dans l’espace sonore et dispense un climat apaisant. Retour du bugle pour Kips Bay, ballade captivante qui résonne comme une lamentation. Entre brume et ténèbre l’instrument à la sonorité tout en rondeur fait preuve de prouesses audacieuses alors que les nappes sonores de la guitare ne sont pas sans rappeler les ambiances hypnotiques de la musique composée par Angelo Badalamenti pour Twin Peaks.

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Effets percussifs de la batterie, sons saturés et supersoniques de la guitare, ligne mélodique saccadée de la trompette véhémente… l’ambiance change du tout au tout avec le presque militaire Cetus. Retour dans un espace musical éthéré avec Valkyries Love, plage exquise où les sonorités des instruments se dilatent à l’envi. L’improvisation collective ravit par la beauté solaire de la trompette, le lyrisme chatoyant de la guitare et les voluptés rythmiques de la batterie.

Le répertoire se poursuit avec Indian Story sur lequel, tel un astre, brille la trompette à la sonorité dense. Tout au long du morceau, ses inflexions sculptent les contours d’un univers sonore étrange. Souffle brumeux de la trompette, sons vaporeux de la guitare, murmures subtils de la batterie, sur Yeti’s Call, l’atmosphère devient quasi impalpable, voire immatérielle. L’album se termine avec Jasmine dont la mélodie sereine invite au calme et à la sérénité. Un sommet de plénitude musicale.

Pour écouter la musique de « Yéti » et retrouver Yoann Loustalot Trio, rendez-vous le 17 décembre 2022 à 20h30 au « 360 Paris Music Factory« , 32 rue Myrha à Paris (18ème).

2022… Ultimes « Coups de cœur » #2

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Louis Matute, Prix Evidence de l’Académie du Jazz

Louis Matute, Prix Evidence de l’Académie du Jazz

Reconnaissance institutionnelle pour « Our Folklore »

En 2022, l’Académie du Jazz crée un nouveau prix, le Prix Évidence. Le premier lauréat est le guitariste suisse Louis Matute à la tête de son « Large Ensemble » pour son troisième album « Our Follklore ». Par cette récompense, l’institution honore le nouvel enregistrement d’un(e) artiste ou d’un groupe en développement « qui se singularise par sa charge créative, sa qualité d’exécution et sa musicalité ». Belle reconnaissance institutionnelle pour cet album élégant, coloré et lyrique.

En ajoutant un nouveau Prix, le Prix Évidence, l’Académie du Jazz complète son palmarès qui couvre déjà un large spectre des expressions du jazz. Ce prix est voté dans le cadre d’une commission dédiée, présidée actuellement par David Koperhant, membre du bureau, l’organe exécutif de l’Académie.

Le guitariste suisse d’origine hondurienne Louis Matute et son « Large Ensemble » est le premier lauréat du Prix Évidence pour son album « Our Folklore » (Neuklang/Big Wax Distribution) sorti en mars 2022.

L’Académie du Jazz

Logo de l'Académie du Jazz qui décerne le Prix EvidenceCréée en 1954, l’Académie du Jazz compte aujourd’hui une soixantaine de membres indépendants : journalistes, chroniqueurs, hommes et femmes de radio, blogueurs, écrivains, photographes, musicologues, programmateurs de clubs ou de festivals. Depuis 2005, elle est présidée par François Lacharme.

Chaque année l’institution décerne des récompenses, le Prix Django Reinhardt (musicien français de l’année), le Grand Prix de l’Académie du Jazz (meilleur disque de l’année), le Prix du Musicien Européen (récompensé pour son œuvre ou son actualité récente), le Prix de la Meilleure Réédition ou du Meilleur Inédit privilégiant un Travail Éditorial Exceptionnel, le Prix du Jazz Classique, le Prix du Jazz Vocal, le Prix Soul, le Prix Blues et le prix du Livre de Jazz.

En 2022, l’Académie du Jazz élargit son palmarès avec un nouveau prix, le Prix Évidence.

Le Prix Évidence

« Le Prix Évidence récompense un album français ou étranger d’un(e) artiste ou d’un groupe en développement, qui se singularise par sa charge créative, sa qualité d’exécution, sa musicalité. La vocation de ce prix consiste à distinguer un nouvel enregistrement se concevant comme une pépite à sortir de l’anonymat ».

Le nom « Évidence » se réfère à la fois à la composition originale de Thelonious Monk et à sa triple signification de « preuve », de « signe » ou de « témoignage », qui traduisent bien la portée de cette nouvelle distinction et les notions qu’elle recouvre à l’intérieur de l’univers du jazz.

Le Prix Évidence 2022…

Le Prix Evidence 2022 de l’Académie du Jazz est décerné à l’album du Louis Matute Large Ensemble, « Our Folklore », sorti le 25 mars 2022 chez Neuklang.

visuel de l'album Our Folklore de Louis Matute Large Ensemble Prix Evidence 2022Présidée par David Koperhant, la commission qui a attribué en 2022 le « prix Évidence », précise que l’album « Our Folklore »  de Louis Matute « se distingue par la cohérence et la qualité de ses compositions qui chantent de la première à la dernière note » et « révèle un univers personnel et un parfum de saudade, cette nostalgie latino-américaine qui donne à cet album rare une partie de ses couleurs ».
Pour les membres de la commission, « plus qu’un soliste, Louis Matute est un coloriste, un créateur de mélodies pensées pour rester ».

La commission souligne également l’émergence d’une formation abritant des révélations du jazz européen de ces deux dernières années, dont le saxophoniste ténor Léon Phal et le trompettiste Zacharie Ksyk, sans oublier Andrew Audiger (piano), Virgile Rosselet (contrebasse) et Nathan Vandenbulcke (batterie), rejoints par le oudiste Amine M’Raihi. C’est donc une nouvelle scène et un son inédit qui sont ici célébrés par ce Prix Évidence, marquant ainsi la naissance d’un folklore aux sonorités universelles dont s’enrichit la famille du jazz.

Le Prix Évidence 2022 sera remis à son premier lauréat lors de la prochaine soirée de l’Académie du Jazz qui aura lieu au premier trimestre de l’année prochaine et au cours de laquelle sera dévoilé le Palmarès 2022 au complet.

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