2021 Jazz sous le sapin#2… Sébastien Joulie Group, Alexis Valet

2021 Jazz sous le sapin#2… Sébastien Joulie Group, Alexis Valet

« Split Feelings » & « Explorers »

​Riche en surprises, l’année 2021 a permis de se régaler de la musique d’artistes déjà reconnus et d’autres plus récemment révélés. « Jazz sous le sapin#2 » met en avant deux albums qui interpellent par leur singularité. « Split Feelings » du Sébastien Joulie Group et « Explorers » d’Alexis Valet. Ils allient modernité et tradition et contribuent à diversifier les couleurs du jazz. A découvrir sans tarder et à partager largement.

A la fois ancrés dans la tradition et inscrits dans le jazz d’aujourd’hui, « Split Feelings » (Fresh Sound New Talent/Socadisc) & « Explorer » (jazz&people/PIAS) se distinguent par leur écriture très personnelle et par la force de leur propos. A la tête de son quintet, le guitariste Sébastien Joulie confirme la qualité de son jazz énergique et inventif. En trio, le vibraphoniste Alexis Valet invite deux pointures du jazz international et avec eux propose un jazz lumineux et inventif.

Un autre point commun relie les deux albums qui incluent une composition de Wayne Shorter à leur répertoire.

« Split Feelings »

Après « Green Waves » (2014) puis « Résilience » (2017), deux albums parus chez Fresh Sound New Talent, le guitariste, compositeur, arrangeur, Sébastien Joulie a sorti « Split Feelings », son troisième opus sous label barcelonais de Jordi Pujol. L’album enregistré par le Sebastien Joulie Group en octobre 2020 aux Studios de l’Hacienda (Château de Sainte Colombe) est sorti le 10 octobre 2021.2021 Jazz sous le sapin#2 Visuel de l'album Split Feelings de Sébastien Joulie

Aux côtés du guitariste leader, se retrouve le trio déjà présent sur « Resilience » avec Stephan Moutot (saxophones tenor & soprano), compagnon avec lequel il a étudié à la New School University de New York (devenue la School of Jazz and Contemporary Music) et l’énergique rythmique constituée de François-Régis Gallix (contrebasse) et Charles Clayette (batterie). Au piano et fender Rhodes, exit Pierre de Bethman, bienvenue à Étienne Déconfin.

Sébastien Joulie a composé quatre titres de l’album où chaque note semble avoir sa place et prendre tout son sens. Il a par ailleurs conçu les arrangements des autres morceaux. Ces derniers font des escales sur le littoral du jazz de Wayne Shorter, Dance Cadaverous, sur les rivages classiques de compositeur d’hier et d’aujourd’hui, Claude Debussy, Danseuses de Delphes/Épilogue et Leo Brouwer, Étude IV, avec pour finir un crochet du côté du rock de Jimmy Hendrix, Fire.

Tout au long des plages on demeure saisi par l’aisance des solistes qui exposent les thèmes avec fluidité, par leur cohésion harmonique et les improvisations de haut vol du saxophoniste, du pianiste et du guitariste qui contribuent à donner une dimension organique au jazz du Sébastien Joulie Group.

Sébastien Joulie se signale par un jeu de guitare dont la structure allie énergie et précision. Son phrasé limpide, sensible et subtil révèle un mélodiste raffiné, dans la lignée d’un Jim Hall pour la sensibilité ou d’un Peter Bernstein pour la fraicheur et la spontanéité. Le jeu fluide et groovy du guitariste s’écoule avec naturel et n’accable pas l’écoute par l’utilisation exubérante de patterns ou des plans trop prévisibles, Danseuses de Delphes/Épilogue… ça coule de source. Ses solos séduisent par leur éloquence singulière, Split Feelings, I Know the One.

Sur Cold P, le jeu inspiré et effervescent du pianiste Étienne Déconfin dessine des envolées débordantes de swing qui stimulent l’attention. Plus loin, le piano génère sérénité et lyrisme au fil de I Know the One. Alors que la section rythmique pulse à plein régime sur le thème hendrixien Fire, on est conquis par l’improvisation funky du Fender-Rhodes. Saxophoniste ténor à la sonorité puissante, Stephan Moutot se fait lyrique et ses improvisations saisissantes de liberté sonnent avec force sur Flack out où il s’exprime avec vivacité voire même avec frénésie. Son jeu développe une énergie sans violence et sa sonorité percutante sait se parer de souplesse. Il se fait mélancolique et charmeur sur Split Feelings. Au soprano, son jeu alerte sur I Know the One devient harmonieux et se pare de langueur sur Danseuses de Delphes/Épilogue. Très symbiotique, la section rythmique laisse percevoir une force tranquille dont l’énergie stimule les solistes et les poussent à se dépasser.

D’un bout à l’autre de « Split Feelings », la musique du Sébastien Joulie Group se pare d’audace et d’inventivité. Huit plages où modernité, musicalité, énergie et audace coexistent avec bonheur.

Pour écouter Sébastien Joulie Group, rendez-vous à 20h30 le dimanche 19 décembre 2021  à Saoû au restaurant « L’Oiseau sur sa branche » dans le cadre des soirées « Lune pleine de jazz ».

« Explorers »

2021 Jazz sous le sapin#2 visuel de l'album Explorers du vibraphoniste Alexis ValletAlexis Valet fait revenir le vibraphone sur le devant de la scène. Entouré du contrebassiste Lucca Fattorini et du batteur Antoine Paganotti, le vibraphoniste et compositeur propose son deuxième disque, « Explorers » (jazz&people/PIAS).

A son projet il a associé deux pointures du jazz européen, le pianiste Bojan Z natif de Belgrade et le saxophoniste altiste néerlandais Ben van Gelde.

Enregistré les 16 et 17 janvier 2021 au Studio Libretto en région parisienne par Erwan Boulay, l’album est sorti le 05 novembre 2021.

A la tête de son trio et avec ses invités, Alexis Valet explore les territoires d’un jazz contemporain captivant et inspiré où mélodies soignées et chatoyantes harmonies se côtoient dans un environnement rythmique inventif. Sans céder à la facilité, il propose un jazz lumineux dont la beauté des arrangements, la variété des formats et la richesse des interactions accrochent l’oreille.

Si Alexis Valet se révèle être un vibraphoniste inventif, brillant, original et sensible, il est aussi un compositeur prometteur. Il a en effet a écrit huit des onze titres de l’album. Riches et complexes, ses compositions poussent les improvisateurs à explorer des combinaisons harmoniques inédites et à proposer des variations infinies. Trois autres thèmes complètent le répertoire, Dixie’s Dilemma de Warne Marsh, Fall de Wayne Shorter et Dr. Jackle de Jackie McLean.

Quatre morceaux captés en trio, Casual Polyglot, Plaza de la Alfalfa, Dixie’s Dilemma et Voyagers I permettent de capter la magie et la cohérence du trio vibraphone-contrebasse-batterie.

Sur L’Île aux fleurs, pianiste et vibraphoniste déploient un jeu dense et éclatant. Le contraste entre le jeu percussif de la main gauche du pianiste et la grande fluidité de sa main droite apporte une sorte de dramatisation à Fall, la composition de Wayne Shorter.

Gravés en quintet, Explorers et Hats and Cards éblouissent par la qualité des interactions établies entre le pianiste et l’altiste qui s’expriment en parfaite osmose. Ancré dans la tradition du jazz, le saxophone alto de Ben van Gelder brille par son lyrisme, son énergie mais aussi par sa grâce évocatrice de la sonorité de Paul Desmond et de l’exigence du phrasé de Lee Konitz.

Tout au long de l’album « Explorer », le jeu du vibraphoniste Alexis Valet éblouit par son énergie lumineuse. Elle flotte au-dessus d’arrangements luxuriants qui installent des ambiances musicales aux nuances multiples.

2021 Jazz sous le sapin#4… Christmas Celebration & First Noël

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En cette fin d’année 2021, deux albums de jazz possèdent les atouts requis pour faire régner la magie des chansons des Noël tout au long de la soirée du 24 décembre et de la journée du 25. « Christmas Celebration » du Amazing Keystone Big Band avec 12 célèbres Christmas songs et « First Noël » d’Ibrahim Maalouf qui reprend les plus grands classiques de Noël auxquels le trompettiste ajoute trois compositions inédites. Du jazz pour célèbrer une véritable « ode à Noël » !

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2021 Jazz sous le sapin#3… Murat Öztürk & « Aïna »

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Le pianiste Murat Öztürk revient au trio piano-contrebasse-batterie, sur l’album « Aïna ». Enregistré avec le contrebassiste Thomas Bramerie et le batteur Franck Agulhon, l’opus propose dix compositions originales du leader. Avec élégance et lyrisme son jeu ne manque pas d’énergie et les mélodies captivent l’oreille.

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2021 Jazz sous le sapin#2… Sébastien Joulie Group, Alexis Valet

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Riche en surprises, l’année 2021 a permis de se régaler de la musique d’artistes déjà reconnus et d’autres plus récemment révélés. « Jazz sous le sapin#2 » met en avant deux albums qui interpellent par leur singularité. « Split Feelings » du Sébastien Joulie Group et « Explorers » d’Alexis Valet. Ils allient modernité et tradition et contribuent à diversifier les couleurs du jazz. A découvrir sans tarder et à partager largement.

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2021 Jazz sous le sapin#1… Juan Carmona, Renaud Garcia-Fons

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« Zyriab 6.7 » & « Le Souffle des Cordes »

« Jazz sous le sapin#1 » présente deux albums qui invitent au voyage. « Zyriab 6.7 » de Juan Carmona retrace celui du musicien et poète Zyriab alors que « Le Souffle des Cordes » de Renaud Garcia-Fons navigue entre Orient et Occident. Retour à la tradition pour le guitariste et escapade au cœur de traditions différentes pour le contrebassiste. L’occasion pour l’oreille de découvrir de superbes paysages musicaux.

En cette fin d’année 2021, les six cordes de la guitare flamenca de Juan Carmona et les cinq cordes de la contrebasse de Renaud Garcia-Fons invitent au dépaysement. Avec « Zyriab 6.7 », le guitariste propose un périple musical où son flamenco suit les traces du poète et musicien Zyriab. À la tête d’un octet de cordes, le contrebassiste parcourt les traditions de la grande méditerranée sur « Le Souffle des Cordes ».

« Zyriab 6.7 »

Sur « Zyriab 6.7 » (Nomad Kultur/L’Autre Distribution) sorti le 12 novembre 2021, le guitariste Juan Carmona retrace le voyage du musicien et poète Zyriab considéré comme l’inventeur de la musique arabo-andalouse et des noubat. Celui qui a ajouté la cinquième corde sur le oud fut aussi astronome et géographe au XIème siècle. Il a parcouru 6.743 kilomètres de Bagdad à Cordoue, avec des escales tout au long de la méditerranée, d’oasis en caravansérails. Chacun des onze titres de « Zyriab 6.7 » est l’occasion pour le guitariste d’inviter un.e artiste emblématique des pays où Zyriab a fait escale, Ibrahim Maalouf (Liban), Wissam Joubran (Palestine), Naseer Shamma (Irak), Duquende, Dorantes et El Pele (Espagne), Ptit Moh et Youba Adjrad (Algérie), Rachid Zeroual (Maroc) et Bijan Chemirani (Iran).

« Zyriab 6.7 » marque pour le guitariste, un retour à la tradition flamenca. Juan Carmona a en effet consacré 5 ans de travail pour réaliser son douzième album. Il s’est beaucoup investi comme compositeur puisque, hormis le titre de Rachid Taha, Mundo Ideal - Ya Araih Ouine Amsafer Tr, les dix autres pièces sont de sa plume. Autour de lui, le guitariste, par ailleurs directeur artistique du festival » Les Nuits Flamencas d’Aubagne », a réuni les voix de Piculabe et Ana Polanco, le piano de Smail Benhouhou, la flûte de Rachid Zeroual, les percussions flamencas de Ana Carrasco et Isidro et les percussions orientales de Youcef Grim.

On aurait pu s’attendre à découvrir des ambiances aussi différentes que celles des musiques des pays traversés mais à l’écoute de « Zyriab 6.7 », il n’en est rien. L’album restitue les vibrations musicales d’un univers homogène, comme si Juan Carmona avait gommé les frontières des pays et fédéré, fusionné leurs cultures respectives, opérant ainsi un syncrétisme entre les traditions pour créer une musique multiculturelle.

De Llave de tu corazon se dégage un enthousiasme collectif. Si le chant profond de El Pele confine presque au tragique, le jeu de Juan Carmona est imprégné du duende, le spleen du Flamenco alors qu’une espérance joyeuse émane des Istanbul Strings. Certes la virtuosité du guitariste est éblouissante d’un bout à l’autre de l’album mais son jeu est aussi porteur d’une sensibilité à fleur de peau et d’une profonde force spirituelle. Cette dernière se trouve renforcée par le chant presque religieux de Duquende qui célèbre la liturgie flamenca sur Agua Dorada, soutenu par le style enflammé et virtuose de la guitare et les envolées flamboyantes de la trompette.

Au fil des onze titres de « Zyriab 6.7 » le flamenco résonne sous ses meilleurs atours, interprété par les artistes virtuoses et sensibles réunis autour de Juan Carmona. Une odyssée musicale qui célèbre la philosophie du voyage et la modernité du flamenco communes à Zyriab et Carmona. Solea, buleria, seguiriya, guajira, rhumba catalane… palmas, claquettes, castagnettes, cajon, percussions… voix et guitares, oud, flûte, trompette et piano… un régal musical à savourer sans réserve.

« Le Souffle des Cordes »

Sur « Le Souffle des Cordes » (E-motiv/L’Autre Distribution), sorti le 12 novembre 2021, Renaud Garcia-Fons va plus loin dans la rencontre des instruments classiques et traditionnels. Sans se départir de sa virtuosité habituelle ni de sa sensibilité, le contrebassiste unit les musiques des continents. Dans un projet « crossover » où se mêlent composition et improvisation, le leader réunit des instruments à cordes issus de différentes régions du monde. Autour de lui se retrouvent le musicien turc Derya Türkan (kemençe), le joueur albanais Serkan Halili (kanoun), le guitariste Kiko Ruiz (guitare flamenca) et un quatuor à cordes constitué de membres de l’orchestre philharmonique de Radio France, Florent Brannens (violon), Amandine Ley (violon), Aurélia Souvignet-Kowalski (alto), Nicolas Saint-Yves (violoncelle).

Intrépide explorateur des musiques du monde, Renaud Garcia-Fons manifeste une fois de plus son intérêt vis à vis des traditions musicales qui fondent le socle de son univers singulier. Composé par le contrebassiste, le répertoire de l’album est issu d’une véritable démarche d’écriture, qui respecte l’authenticité du jeu, du style et la culture de ces instruments de traditions différentes.

Si Derya Turkan et Serkan Halili représentent les musiques ottomanes et moyen-orientales, Kiko Ruiz et sa guitare flamenca instillent le lyrisme du flamenco et la ferveur de ses rythmes. Le quatuor à cordes structure l’ensemble du répertoire et apporte la rigueur de la musique de chambre. Les différents modes de jeu et les sonorités multiples de la contrebasse à cinq cordes de Renaud Garcia-Fons opèrent le trait d’union entre les différents univers, entre musique écrite et musique improvisée.

Chacune des douze compositions conte une histoire et entraîne l’oreille dans un monde imaginaire où la musique circule entre les cultures d’hier et aujourd’hui. « Le Souffle des Cordes » invite à découvrir les espaces musicaux virevoltants de Animame ! et Mamamouchi. L’album propose aussi de s’immerger dans les ambiances méditatives de Prélude du Souffle des Cordes, dans les atmosphères poétiques subtiles du titre Le Souffle des Cordes et convie à se réjouir à l’écoute de joyeux rythmes dansants comme Rock my Strings et Le Bal des Haftans.

« Le Souffle des Cordes » célèbre le partage et l’échange entre des instruments issus de différentes cultures dont l’album abolit les frontières. Dans une parfaite alchimie, se succèdent les climats musicaux. De l’Extrême Orient à l’Afrique en passant par l’Espagne se croisent ambiances baroques, musiques ottomanes, flamenco, échos chambristes et jazz. Comme le fait observer le contrebassiste Henri Texier sur le livret de l’album, la musique de Renaud Garcia-Fons pulse d’un « swing intense » sans omettre de concilier musicalité, virtuosité, sensibilité et énergie. L’opus a été récompensé du Grand Prix SACEM du Jazz.

2021 Jazz sous le sapin#4… Christmas Celebration & First Noël

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2021 Jazz sous le sapin#3… Murat Öztürk & « Aïna »

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Giovanni Guidi présente « Ojos De Gato »

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Hommage à la musique de Gato Barbieri

Avec « Ojos De Gato », Giovanni Guidi rend hommage à Gato Barbieri. Dans l’esprit du grand saxophoniste argentin, l’album du pianiste italien propose un voyage dont les escales musicales évoquent de grandes cités urbaines mais aussi le cinéma de Bertolucci et Pasolini et la musique de Franco D’Andrea et Enrico Rava, Don Cherry et Aldo Romano. Onze titres dont les climats évoluent entre délicatesse et tumulte.

Cinquième album de Giovanni Guidi sous le label romain CAM Jazz, « Ojos De Gato » propose onze nouvelles compositions du pianiste italien. Quarante ans après la publication de « The Third World » (1970) du grand saxophoniste argentin Gato Barbieri (1932-2016), le pianiste italien lui rend hommage avec un ensemble fougueux qui réunit James Brandon Lewis (saxophone ténor), Gianluca Petrella (trombone), Brandon Lopez (contrebasse), Chad Taylor (batterie) et Francisco Mela (batterie, percussions).visuel de l'album Ojos De Gato de Giovanni Guidi

Si des réminiscences explicites de Gato Barbieri sont perceptibles dans les titres Latino America, Buenos Aires, Ernesto, Roma 1962 et Manhattan, la musique de Giovanni Guidi transgresse la forme du jazz des origines. Ainsi, le compositeur et pianiste italien marque son indépendance vis à vis des règles du passé en inventant d’autres formes d’expression, plus modernes et plus personnelles. A travers les onze titres de « Ojos De Gato », Giovanni Guidi propose un hommage sincère à Leandro Barbieri (1932-2016), dit « Gato » qui, avec sa musique et la sonorité unique de son saxophone ténor, a soutenu la lutte du peuple argentin en souffrance.

L’album

Enregistré en février 2020, sous la supervision du producteur de musique Ermanno Basso, par David Stoller au Samurai Hotel Recording Studio à Astoria de New-York, « Ojos De Gato » a été mixé et masterisé en avril 2021 par Francesco Blasig au East Land Recording Studio à Cormons (GO) en Italie.

Gravée après les premiers épisodes de la pandémie qui a touché le monde, la musique de « Ojos De Gato » témoigne donc de la force qu’elle possède en elle, celle qui lui a permis de s’exprimer dans un contexte pourtant peu favorable à l’expression artistique.

Les musiciens

Le très créatif pianiste Giovanni Guidi est né en 1985 à Foligno, non loin de Pérouse en Italie. A 12 ans, il commence à étudier le piano, lors d’un stage d’été à l’École de Musique de Siena, où il attire déjà l’attention du trompettiste Enrico Rava. Il a commencé sa carrière internationale en accompagnant le trompettiste qu’il rejoint en 2002, à l’âge de seulement 17 ans. Ainsi, il participe au groupe « Rava under 21 » et puis au « Rava New Generation ». Il a ensuite enregistré avec lui en 2011 sur « Tribe » (ECM) au sein du Rava Quintet et en 2012 sur « On The dance Floor » (ECM), en compagnie du groupe Parco della Musica Jazz Lab. Parallèlement à sa collaboration avec Enricon Rava, il joue dans le quartet de Mauro Negri, Le Cosmic Music Orchestra de Gianluca Petrella et avec le trio de Fabrizio Sferra.

Outre ces expériences enrichissantes il creuse parallèlement son propre sillon.

Giovanni Guidi Giovanni Guidi présente Ojos De Gato

Giovanni Guidi©Agustin Cornej

En 2007, il remporte le Prix des Critiques du magazine Musica Jazz dans la catégorie « Jeune Talent ». Après avoir enregistré en trio « Tomorrow Never Knows » (2006) sous le label japonais Venus, il grave quatre albums sous son propre nom pour Cam Jazz. « Indian Summer » (2007) enregistré en quartet, « The House Behind This One » (2008), « The Unknown Rebel Band » (2009) qui évoque les débuts du Liberation Music Orchestra et « We Don’t Live Here) Anymore » en 2011 où il joue avec le contrebassiste Thomas Morgan. Le pianiste se produit aussi dans de nombreux festivals, Umbria jazz, Vigo, Zurich, Stavanger, Fandango Jazz et North Sea jazz Festival.

Repéré par Manfreid Eicher, Giovanni Guidi sort un premier album en trio en tant que leader chez ECM en 2013, « City of Broken Dreams ». Il continue avec le même trio constitué de Thomas Morgan (contrebasse) et João Lobo (batterie) et en 2015 publie « This is the Day » (ECM). On l’a aussi remarqué en 2016 aux côtés de Gianluca Petrella, Gerald Cleaver et Louis Sclavis, sur « Ida Lupino », nommé album jazz de l’année dans Musica Jazz. En 2017, il participe à la tournée 2017 du quintet d’Enrico Rava & Tomasz Stanko. C’est dans le courant de cette même année 2017 qu’il remporte le prix du meilleur album italien auprès d’un jury de 60 critiques et journalistes de jazz.

En mars 2019, il sort « Avec Le Temps »(ECM/Universal), enregistré aux Studios La Buissonne à Pernes-les-Fontaines en novembre 2017 et produit par Manfred Eicher.

Ainsi, au fil des années, le talentueux pianiste a confirmé ses qualités et mené sa carrière en gardant l’esprit ouvert sur le monde. Sur les onze titres de son dernier album « Ojos De Gato » (CAM Jazz), Giovanni Guidi dirige un quintet de talentueux musiciens, le saxophoniste ténor James Brandon Lewis au jeu puissant et enflammé et à la sonorité poignante, le tromboniste Gianluca Petrella à l’expression aussi ludique qu’accrocheuse, le bouillonnant contrebassiste Brandon Lopez au jeu physique et puissant, le batteur Chad Taylor au tempo toujours précis et partenaire de James Brandon Lewis sur « Live in Willisau » (2020) et le batteur Francisco Mela, expert en percussions latines.

De plage en plage

L’album « Ojos De Gato » ouvre avec Revolución qui démarre en force alors qu’un riff de piano soutient un chant révolutionnaire joué avec spiritualité par les soufflants. Chargé de passion, le ténor rappelle le timbre de Gato Barbieri. Entre défi et chagrin, son jeu véhément proche du cri croise celui du trombone à la puissance peu banale. Le piano fouette les accords renforçant ainsi l’intensité du morceau qui s’élève telle une prière incantatoire jouée par une fanfare aux accents lancinants.

Sur Latino America, on perçoit une inspiration en ligne directe avec les deux disques de « Latino America » de Gato Barbieri. Les soufflants expriment à la fois joie et tristesse et la sonorité écorchée du ténor fait merveille. Buenos Aires résonne comme une complainte mélancolique. Le solo du rutilant trombone resplendit d’audace alors que l’impétueux ténor crache de sulfureuses grappes de notes. Le morceau se termine par la longue progression des percussions et de la batterie qui referment la procession.

Sur un tempo de rumba, le ténor chante avec passion le thème de Ernesto, une ballade au climat nostalgique. Empreinte d’une grande force émotionnelle, l’expression du saxophone possède une sorte de dimension mystique que soutiennent les accords lumineux du piano et le contrechant du trombone.

Dédié au père du pianiste et à Gato Barbieri, Padres (A Papà e Gato) ouvre par les arpèges du piano d’une tonalité fort sentimentale. Le titre résonne comme un « hymne » poignant où les deux soufflants dialoguent avec gravité et force, soutenus par le piano et une section rythmique au jeu bouillonnant. Le climat sonore évoque la musique du Liberation Music Orchestral de Charlie Haden. Manhattan (A Carla e Dollar) fait référence aux collaborations de Gato Barbieri avec Dollar Brand et Carla Bley. Après une introduction très free du groupe dont les expressions sont proches du chaos, trombone, piano et ténor distillent un climat sonore apaisé voire évanescent.

La superbe mélodie de Roma 1962 (A Enrico e Franco) évoque les années de la Dolce Vita durant lesquelles Gato Barbieri jouait avec Enrico Rava et Franco D’Andrea (1962). Un dialogue à trois voix se tisse entre piano, trombone et ténor.

Plus loin, c’est une expression musicale très libre qui caractérise les échanges des protagonistes sur Paris Last dont certains passages confinent à la furie. Café Montmartre (A Aldo e Don) swingue quant à lui dans un style be-bop mais s’octroie aussi une grande proximité avec l’esthétique du free jazz. La sonorité du ténor évoque celle de Gato Barbieri, lorsque son saxophone croisait les notes avec le cornet de Don Cherry et la batterie d’Aldo Romano, comme sur « Togetherness » (1974).

Sur Laura, un morceau au format très court, le piano simplement accompagné d’une batterie fort discrète, s’exprime avec un lyrisme qui frise le romantisme. Un moment étonnant. L’album se termine avec le morceau Ojos De Gato (a Christian). Une chanson joyeuse jouée par les soufflants qui semblent s’amuser avec la section rythmique, dans une ambiance sereine.

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Dal Sasso Big Band – « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited »

Dal Sasso Big Band – « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited »

Incantation lyrique et énergique

​Ambitieux projet que celui de Christophe Dal Sasso. A la tête d’un big band rehaussé d’un tambour gwo-ka, il revisite « Africa/Brass », l’album de John Coltrane sorti soixante ans plus tôt. Sur le double opus « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited », le big band restitue à la musique la puissance spirituelle et humaniste de Coltrane. Servie par des solistes inspirés, la suite musicale somptueuse résonne comme une incantation lyrique autant qu’énergique.

Sorti le 16 novembre 2021, l’opus « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited » (jazz&people/PIAS) a été enregistré live, entre les deux confinements de 2020, le 11 septembre 2020 à la Grande Halle de La Villette (Paris) dans le cadre de la 18ème édition du festival « Jazz à La Villette ». Le double album reprend les trois titres de l’album vinyle original de Coltrane, « Africa/Brass », le premier que le saxophoniste ait enregistré pour le label Impulse ! et le seul qu’il n’ait jamais gravé en big band.

En 1961, sur des arrangements d’Eric Dolphy et de McCoy Tyner, John Coltrane a enregistré « Africa/Brass » avec Eric Dolphy, McCoy Tyner, Elvin Jones, les deux contrebassistes, Arthur Davis et Reginald D. Workman et une section de cuivres parmi lesquels Booker Little (trompette) et Freddie Hubbard (trompette). Cet album rend hommage à l’Afrique.

En revisitant « Africa/Brass », Christophe Dal Sasso poursuit son exploration de la musique de Coltrane après son ambitieuse relecture orchestrale des quatre mouvements de la suite originale « A Love Supreme » de Coltrane. Cette fois encore, c’est à son éblouissant big band, élu « Groupe de l’année » aux Victoires du Jazz en 2020, qu’il confie ses arrangements des huit titres de son double album « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited ».

« John Coltrane’s Africa/Brass Revisited »

Les huit pièces du double album ont été arrangées par Christophe Dal Sasso. Il en a confié l’interprétation au big band qu’il dirige et dans lequel il tient le pupitre de flûte. Cet orchestre réunit quelques-uns des plus talentueux musicien.ne.s de jazz français, Julien Alour et Quentin Ghomari aux trompettes, Jerry Edwards et Daniel Zimmermann aux trombones, Dominique Mandin au saxophone alto et à la flûte, Thomas Savy à la clarinette basse et au saxophone baryton, Pierre de Bethmann au piano, Manu Marches à la contrebasse, Karl Jannuska à la batterie et Andy Berald-Catelo au tambour gwo-ka et les trois solistes impériaux que sont Géraldine Laurent au saxophone alto, Sophie Alour au saxophone ténor et David El-Malek au saxophone ténor.

En plus de Greensleeves, Blues Minor et Africa, les trois titres de l’album « Africa/Brass », le répertoire de « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited » intègre Tunji, Liberia et Naima, trois compositions de Coltrane, ainsi qu’un traditionnel, Song of the Underground Railroad et You Don’t Know What Love Is, une composition de Gene de Paul et Don Raye.

De plage en plage

Le premier disque ouvre avec Tunji, dédié au percussionniste nigérian Babatunde Olatunji. Après une introduction qui sonne comme une psalmodie spirituelle au-dessus des percussions, le saxophoniste David El-Malek s’engage avec conviction dans un solo dont le tissu sonore gagne en épaisseur et en dynamisme au fil des mesures, porté par la pulsation hypnotisante de la batterie et du tambour gwo-ka. Du ténor émergent de fascinantes coulées de notes effervescentes. Greensleeves débute ensuite par une introduction lumineuse du big band, avant que le souffle de Sophie Alour ne s’élève. Elle insuffle un lyrisme frémissant à son ténor, prend des risques et développe un chorus dense qui confine presqu’à l’extase. L’improvisation de Pierre de Bethmann bouscule le tempo et transcende le genre modal du thème qu’il réveille de ses variations personnelles inspirées.

Plus loin, c’est un solo de Karl Jannuska qui introduit Blues Minor. L’orchestre déroule ensuite le thème au fil d’arrangements somptueux. La première improvisation revient à Géraldine Laurent dont le souffle impétueux fait jaillir les notes de son alto, comme des diamants chargés d’émotion. Le baryton de Thomas Savy prend le relais avec une fougue pleine d’éclat. Après une introduction majestueuse de la contrebasse de Manuel Marches et les arrangements rutilants du big band sur Africa, on retrouve le phrasé brûlant et virtuose de David El-Malek qui renouvelle le style coltranien à sa manière. Le flot incessant de notes de son ténor génère une transe spirituelle obsédante. Par son originalité, le solo du pianiste tranche avec la frénésie du ténor et apporte une fraîcheur ressourçante.

Sur Liberia, première plage du second album, l’alto de Géraldine Laurent expose le thème avec profondeur sur les arrangements ciselés de l’orchestre. Son improvisation permet d’apprécier la puissance de sa sonorité et son jeu véloce dont la modernité s’inscrit tout à fait dans la tradition coltranienne. Avec fougue, elle développe des phrasés coupants sur une tessiture très étendue. L’improvisation croisée de la batterie et du tambour gwo-ka évoquent les rythmiques africaines.

C’est ensuite avec lyrisme que le ténor de Sophie Alour débute You Don’t Know What love is. Sur cette ballade qu’aimait jouer Coltrane, la saxophoniste s’exprime avec une suavité toute lestérienne. Avec lyrisme, elle narre une histoire musicale, véritable concentré d’émotions.

Le big band expose ensuite le thème de Song of the Underground Railroad avant que le ténor de David El-Malek ne s’impose magistralement, poussé au dépassement par l’accompagnement foudroyant de la contrebasse et de la batterie. Sur ce tempo vif, le saxophone ardent livre une lutte sans merci avec la batterie. La voix du ténor s’affole, s’éraille dans les aigus, hurle et souffle jusqu’au paroxysme, jusqu’à la transe et la reprise de l’orchestre rutilante.

L’album se termine par une version d’une élégance rare de la célèbre composition de Coltrane, Naima. Sur ce rappel, le piano tisse une variation méditative qui flotte en lévitation. Le ténor de David El-Malek tente de s’élever au-dessus de la mélodie. De son solo impérial se dégage une impression de sérénité et les arrangements joués par le big band contribuent à accentuer plus encore le caractère contemplatif et paisible de ce morceau.

Le fougueux Dal Sasso Big Band fait vibrer la musique de « John Coltrane’s Africa/Brass Revisited » avec une rare intensité. Les couleurs musicales chatoyantes se parent de lyrisme autant que d’élégance. Certes l’énergie est au rendez-vous, mais la subtilité des arrangements et la combinaison habile des instruments à vent contribuent à faire de cet album une réussite incontestable qui concilie puissance et raffinement. Sa force incantatoire est à la mesure de sa charge émotionnelle.

2021 Jazz sous le sapin#4… Christmas Celebration & First Noël

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En cette fin d’année 2021, deux albums de jazz possèdent les atouts requis pour faire régner la magie des chansons des Noël tout au long de la soirée du 24 décembre et de la journée du 25. « Christmas Celebration » du Amazing Keystone Big Band avec 12 célèbres Christmas songs et « First Noël » d’Ibrahim Maalouf qui reprend les plus grands classiques de Noël auxquels le trompettiste ajoute trois compositions inédites. Du jazz pour célèbrer une véritable « ode à Noël » !

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2021 Jazz sous le sapin#3… Murat Öztürk & « Aïna »

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Le pianiste Murat Öztürk revient au trio piano-contrebasse-batterie, sur l’album « Aïna ». Enregistré avec le contrebassiste Thomas Bramerie et le batteur Franck Agulhon, l’opus propose dix compositions originales du leader. Avec élégance et lyrisme son jeu ne manque pas d’énergie et les mélodies captivent l’oreille.

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2021 Jazz sous le sapin#2… Sébastien Joulie Group, Alexis Valet

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Riche en surprises, l’année 2021 a permis de se régaler de la musique d’artistes déjà reconnus et d’autres plus récemment révélés. « Jazz sous le sapin#2 » met en avant deux albums qui interpellent par leur singularité. « Split Feelings » du Sébastien Joulie Group et « Explorers » d’Alexis Valet. Ils allient modernité et tradition et contribuent à diversifier les couleurs du jazz. A découvrir sans tarder et à partager largement.

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Jazz à Vienne 2022 – Affiche & Premiers noms

Jazz à Vienne 2022 – Affiche & Premiers noms

41ème édition du 29 juin au 13 juillet 2022

Le mardi 23 novembre 2021, les organisateurs du Festival Jazz à Vienne ont dévoilé l’affiche de l’édition 2022 proposée par la dessinatrice Audrey Spiry. Ils ont aussi annoncé la création jeune public avec Raphaël Imbert à destination de 6 000 enfants, le concert dessiné avec Thomas de Pourquery & Fanny Michaëlis. En attendant le 15 mars 2022, date d’annonce officielle de la programmation de la 41ème édition du festival « Jazz à Vienne », les concerts de cinq soirées sont déjà annoncés. Une édition prometteuse !

Pour sa 41ème édition qui se déroulera du 29 juin au 13 juillet 2022, le festival « Jazz à Vienne » continue le partenariat initié en 2018 avec le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême.

Dans ce cadre, le festival « Jazz à Vienne » confie le visuel du festival 2022 à la dessinatrice Audrey Spiry et programme le 08 juillet 2022, un concert dessiné de création mêlant musique et bande dessinée qui réunit le saxophoniste Thomas de Pourquery et la dessinatrice Fanny Michaëlis.

Visuel 2022 de Jazz à Vienne

Audrey Spiry dessinatrice affiche Jazz à Vienne 2022En 2022, le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême et « Jazz à Vienne » poursuivent leur partenariat. Après Brüno (2018), Jacques de Loustal (2019) et Juanjo Guarnido (2021), c’est la dessinatrice Audrey Spiry qui se voit confier le visuel du festival 2022.

Elle a étudié à l’École des Métiers du Cinéma d’Animation puis aux Beaux-arts d’Angoulême. Motivée par l’écriture du corps en mouvement et les histoires qui en découlent, sa pratique de la peinture est animée par le désir de redéfinir les contours du corps et de déployer des formes fidèles à une intériorité changeante. En 2010, elle a réalisé « En Silence », son premier roman graphique où elle développe un travail pictural et narratif dont les « états du corps » du personnage principal deviennent la partition qui structure l’histoire et la transforme de l’intérieur. Un dialogue organique qui brouille les limites entre homme/animal/nature/matière, est au cœur de son travail. Elle a aussi porté ses couleurs en littérature jeunesse et travaille sur la préparation d’un spectacle musicale sur le thème des îles.Affiche Jazz à Vienne 2022

« Pour réaliser une image, en premier lieu il y a la recherche d’un mouvement et d’une lumière. C’est un sas nécessaire pour laisser décanter et permettre au sujet figuratif d’arriver et de se poser avec justesse. C’est du moins ce dont j’ai besoin pour réaliser une image. Pour l’affiche de Jazz à Vienne, ce sont les vibrations et tout ce qui raisonne qui a pris la place du sujet. Rendre visible la propagation de cet instant bref de la cymbale, lui donner la place pour s’étirer sans la figer totalement, tout ça pour tenter de rendre l’image la plus sonore possible. » Audrey Spiry

A travers les traits du dessin, on perçoit la force du vent et celle de l’eau des rivières et cascades, le souffle du trompettiste, la voix de la chanteuse, la chaleur du soleil et la puissance du cheval. Il en résulte une superbe affiche où la couleur tourbillonne en résonance aux sons de la cymbale que frappent les baguettes.

Concert dessiné de création

Outre leur collaboration autour de l’identité graphique de « Jazz à Vienne », le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême et Jazz à Vienne continuent de proposer un concert dessiné de création qui mêle musique et bande dessinée.

Jazz à Vienne 2022 concert dessinéEn 2022, cette rencontre live entre dessin et musique est proposée le 20 janvier à Angoulême et est reprise à Vienne le 08 juillet à 18h30 au Manège de Vienne. Cette année, le dialogue entre les arts réunit, le saxophoniste Thomas de Pourquery et la dessinatrice Fanny Michaëlis. Pour l’occasion, le leader du fascinant Supersonic, se présente avec son trio de choc « Drôles de Dames » qui réunit à ses côtés les deux autres soufflants de son groupe Supersonic, le saxophoniste Laurent Bardainne et le trompettiste Fabrice Martinez.

Quant à Fanny Michaëlis, elle aime dessiner des créatures étranges, échappées du monde des rêves, un univers magique et inquiétant. Autrice de bande dessinée, illustratrice pour la presse et l’édition jeunesse, elle est également musicienne.

Le moment risque d’en décoiffer plus d’un.e !

Spectacle Jeune Public

Jazz à Vienne 2022, Spectacle Jeune Public par Raphaël ImbertDeux dates de création sont proposées à destination du jeune public à des classes du Pôle métropolitain pour le Spectacle Jeune Public proposé en 2022 par le saxophoniste Raphaël Imbert, les 27 & 28 juin 2022 à 9h45.

Avec ses complices Marion Rampal (voix), Laure Sanchez (contrebasse, voix), Pierre-François Blanchard (keyboards), Thomas Weirich (guitare), Pierre Durand (guitare), Jean-Luc Di Fraya (batterie, voix), le saxophoniste altiste va proposer « Music is my Space » aux 6 000 écoliers des classes primaires du Pôle Métropolitain. Un concert conçu comme une traversée cosmique irriguée des musiques de Sun Ra, Albert Ayler, John Coltrane ou encore David Bowie.

Une belle aventure musicale qui va sans nul doute déclencher l’enthousiasme des enfants.

Cinq soirées de concerts annoncés

Bonne nouvelle pour les aficionados de « Jazz à Vienne », les organisateurs du festival ont révélé la programmation de cinq soirées de l’édition 2022 du festival.

30 juin 2022Jazz à Vienne 2022 Jamie Cullum

Après le batteur Nate Smith qui fusionne jazz, pop et de hip-hop le compositeur, pianiste et chanteur Jamie Cullum revient sur la scène du Théâtre Antique après sa prestation de 2017 qui avait soulevé le public de « Jazz à Vienne ».

05 juillet 2022

C’est Black Pumas qui ouvre la Soirée Soul. Formé par le compositeur, auteur et interprète Eric Burton et du guitariste et producteur Adrian Quesada, le duo mêle dans ses influences pop, funk et soul.

Il précède le britannique Michael Kiwanuka. Le chanteur et guitariste d’origine ougandaise fera entendre sa musique où folk et soul se télescopent. A ne pas rater !

11 juillet 2022

Flavia Coelho Geroge BensonCory Wong et sa guitare funky installent le groove s’installe dès le début de la soirée.

La venue de George Benson pour la deuxième partie de soirée s’annonce quant à elle comme un des grands moments du festival. A n’en pas douter les spectateurs du Théâtre Antique de Vienne vont vibrer au son de Give Me The Night et de bien d’autres tubes du compositeur, chanteur et guitariste américain, grand habitué du festival où il est venu à au moins dix occasions.

12 juillet 202

Jazz à Vienne 2022 Herbie HancockLa soirée ouvre avec les six aventuriers cosmiques du Supersonic de Thomas de Pourquery avec aux côtés de l’altiste/chanteur Thomas de Pourquery, le trompettiste Fabrice Martinez, le saxophoniste ténor Laurent Bardainne, le pianiste Arnaud Roulin, le bassiste Frederick Galiay et le batteur Edward Perraud. Un jazz cosmique irrésistible, libre, et ascensionnel qui transforme l’air en musique.

La second partie de soirée est assurée par Herbie Hancock. Il s’agit de la quinzième venue à « Jazz à Vienne » de ce maître des claviers dont le jazz a croisé hip-hop, funk, le rock, le disco, la pop et l’électro.

A n’en pas douter, une soirée essentielle.

13 juillet 2022

Pour cette All Night Jazz, qui boucle le festival sont annoncés la venue du saxophoniste Maceo Parker, maître du groove funk, de la chanteuse brésilienne Flavia Coelho pour une création avec l’Ensemble Instrumental de Mayenne dirigé par Chloé Meyzie, et du collectif britannique Nubiyan Twist dont la musique accueille afrobeat, highlife, ethiojazz et hip-hop.

Quelques dates à caler dans l’agenda 2022 en attendant le 15 mars 2022, date d’annonce officielle de la programmation de la 41ème édition du festival « Jazz à Vienne ».

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