« Triple Entente » avec S Beuf / M Perez / D Imbert

« Triple Entente » avec S Beuf / M Perez / D Imbert

« Triple entente » par Sylvain Beuf, Michel Perez et Diego Imbert

Sur l’album « Triple Entente » le duo Diego Imbert - Michel Perez s’étoffe d’un troisième complice, le saxophoniste Sylvain Beuf. Le trio propose un voyage musical singulier teinté d’un revivalisme cool jazz.

Trois ans après « Double Entente » (Such prod/Harmonia Mundi), le duo contrebasse/guitare de Diego Imbert et Michel Perez accueille le saxophoniste Sylvain Luc pour graver « Triple Entente » (Trebim Music/L’Autre Distribution). Un swing intime se dégage des échanges des trois instrumentistes qui improvisent à cœur joie.

Sur les dix plages de « Triple Entente », la rencontre des musiciens fleure bon la Côte Ouest ou plutôt la « West Coast » comme diraient les exégètes du jazz, avec comme repère esthétique le trio composé par le pianiste Lennie Tristano (piano) et les saxophonistes Lee Konitz (alto) et Warne Marsh (ténor). Sans batteur, les trois instrumentistes assurent un tempo sans faille.

Couv_Sylvain Bœuf Michel Perez Diego Imbert – Triple Entente (Trebim Music L'Autre Distribution)Sur « Triple entente », les trois instrumentistes prennent le parti de pratiquer le jeu musical (un jeu de musicien il s’entend …) de la démarcation. Plus explicitement il s’agit, à partir de la trame harmonique d’un standard, de créer un nouveau morceau. C’est de cette manière que Charlie Parker avait détourné le titre How High is the Moon et avait créé Ornithology.

Ainsi, Michel Perez donne le ton dès le premier titre avec Confirm dont la filiation avec Confirmation de Charlie Parker est explicite. Le trio reprend ensuite de jouer Lennie’s Pennies écrit par Lennie Tristano à partir de Pennies From Heaven. Le Corps et âmes de Sylvain Beuf annonce lui aussi la couleur d’emblée, celle de Body and Soul, de même le lien apparaît évident entre Tiko Tikos et TicoTico. En droite ligne issu de la trame harmonique du thème On a Green Dolphin Street, Le Dauphin Bleu de Michel Perez navigue en des eaux raffinées. L’écriture de Diego Imbert réinvente You Stepped Out of a Dream en un Dream Team dont le charme opère de bout en bout. On a le sourire à l’écoute de Last Moment issu de All the things You are... aux amateurs de jazz de retrouver les quatre thèmes à l’origine des autres titres.

Au-delà de l’intérêt purement technique de l’exercice, le bonheur de l’écoute tient surtout dans la relecture de grands thèmes de jazz que font ces trois merveilleux solistes. Dans un style teinté de « cool jazz » leur inventivité explose. Leur complicité stimule des échanges inspirés. Tout en relaxation, les musiciens se soutiennent, se complètent, se croisent pour mieux se retrouver et tresser un tissu musical aux mailles finement aériennes. Un bon moment de musique à savourer sans retenue.

Ouriel Ellert de retour au Studio de l’Ermitage

Ouriel Ellert de retour au Studio de l’Ermitage

Moins d’un an après la sortie de l’album, « On My Way », le bassiste Ouriel Ellert revient. Après une courte tournée, le trio Nowhere est annoncé le 28 mars 2018 au Studio de l’Ermitage avec un répertoire renouvelé et en invité… l’harmoniciste Olivier Ker Ourio. La perspective agréable de retrouver la palette colorée du trio.

lire plus
Sebastien Joulie Group à l’affiche en mars 2018

Sebastien Joulie Group à l’affiche en mars 2018

Avec trois concerts à venir, le guitariste Sebastien Joulie propose aux amateurs de jazz moderne de s’immerger dans la musique de son quintet, le Sebastien Joulie Group. L’occasion d’écouter le répertoire de « Resilience » (Fresh Sound New Talent). Du jazz rayonnant de liberté et d’énergie.

lire plus
Clin d’œil à Roberto Tarenzi

Clin d’œil à Roberto Tarenzi

Étoile montante du jazz italien, le pianiste Roberto Tarenzi a sorti en janvier 2018, son nouvel album « Love and Other Simple Matters ». Enregistré en trio avec le contrebassiste James Cammack et le batteur Jorge Rossy, l’album surprend par son approche innovante autant qu’il enchante par la richesse de ses textures.

lire plus
Jazz estival 2016 au Péristyle de l’Opéra de Lyon

Jazz estival 2016 au Péristyle de l’Opéra de Lyon

« Jazz (f)estival » sous le Péristyle de l’Opéra

Du 09 juin au 03 septembre 2016 les concerts jazz du Péristyle reprennent leurs quartiers d’été sous les arcades de l’Opéra. Versant estival de l’Amphi-Jazz, le Péristyle est un repère musical incontournable du paysage lyonnais. Un café-jazz en terrasse où il fait bon écouter de la musique tout l’été. 

peristyle-cb-mouthFréquenter le Péristyle en été, c’est la certitude de retrouver toutes les couleurs musicales du jazz régional programmées par les bons soins de François Postaire, directeur de l’Amphithéâtre de l’Opéra. Au plus chaud de l’été les arcades offrent un havre de fraîcheur et même si le ciel se déchaîne, elles demeurent un abri bienveillant qui protège des averses ou orages.

Si le Péristyle est ouvert du lundi au vendredi de 9h à 23h, les concerts de jazz, gratuits et sans réservation, se déroulent en trois sets du lundi au samedi à 19h, 20h15 et 22h avec par exemple en option, apéro, repas et/ou dessert. La musique s’écoute seul(e) ou se partage entre amis.

A chacun sa manière de fréquenter le péristyle. Les amateurs de surprise s’y rendront les yeux fermés à l’heure qui leur convient pour découvrir les musiciens programmés sans en savoir plus et savourer ainsi le plaisir de la découverte. Les amoureux de jazz feront leur choix pour découvrir des musiciens ou pour ré-écouter ceux qu’ils affectionnent. Pour organiser ces flâneries et dégustations musicales, rien de mieux que la programmation disponible en ligne sur le site de l’Opéra. Elle précise les styles programmés et propose même des écoutes musicales.

Si tous les rendez-vous valent leur pesant d’or, on a repéré cet été quelques balises musicales comme des « coups de cœur ».

Les 9, 10 et 11 juin, c’est le 320_remycrambesRémi Crambes Trio qui ouvre le festival. Du modern jazz, dans la tradition du trio Ponty-Humair-Louiss. Le violoniste Rémi Crambes est entouré de Camille Thouvenot à lorgue et de Wendlavim Zabsonre à la batterie. Au programme, des compositions de W. Shorter, J. Coltrane, T. Monk, et quelques compositions originales. Improvisation et groove sont de la partie.

320_strachoLes 23, 24 et 25 juin, est programmé le Stracho Temelkovski trio ou Nerazdeleni trio. Le leader multi instrumentiste ( basse / viola / mandole / percussions) s’est entouré de Jean-François Baez (accordéon) et Jean-Pierre Sarzier (clarinette basse). Le trio propose un Jazz oriental sans frontières puisant dans les sonorités acoustiques et dans l’oralité des rythmes asymétriques. Un voyage tout en nuances, au cœur des Balkans, de la Méditerranée et de l’Afrique.

320_memakeLes 27, 28 et 29 juin, la musique de Mémaké résonne sous les arcades du Péristyle. comme François Merville, le batteur, Ma, comme Lionel Martin le saxophoniste, Ke comme Benoît Keller le guitariste. Le trio promet un jazz libre et expressif issu de leurs influences musicales. Une promesse de dépaysement dans des mondes imaginaires et colorés.

320_vallognes-teruel-oukridLes 04, 05 et 06 août, place au Vallognes/Téruel/Oukrid Jazz Trio. Ce trio piano-basse-batterie promène son inspiration dans les standards et les comédies musicales. Ces musiciens complices et inspirés réservent toujours des surprises. La certitude d’écouter un jazz libre et inventif.

320_bossayearsLes 8, 9 et 10 août, le Péristyle rime avec Brésil et plus précisément avec un style musical des années 60, la bossa-nova. Le Bossa Years Quartet propose son répertoire interprété par le saxophoniste Michael « Getz » Cheret (qui annonce d’emblée sa référence, le grand Stan Getz), Priscila Valdazo au chant et à la contrebasse et Zaza Desideiro à  la batterie. La guitare a amplement contribué au style bossa-nova et dans le groupe elle est tenue par Michel Perez. C’est un plaisir de retrouver ce musicien dont la délicatesse musicale n’a d’égale que sa modestie. Sa venue à Lyon dans le contexte de ce quartet constitue un évènement incontournable.

zaza-emerton-151-85Les 15, 16 et 17 août, le Brésil sera encore de la partie avec le Duo Desiderio - Oliveira. Ces deux brésiliens ont grandi en écoutant des musiques traditionnelles et instrumentales de leur région respective. Ils ont appris la bossa-nova, la Musique Populaire Brésilienne, le jazz et se sont rencontrés en France où ils ont goûté à d’autres cultures musicales. Une grande complicité lie le pianiste Ewerton Oliveira exégète de la musique de Hermeto Pascoal et Zaza Desideiro, batteur quasiment incontournable dans la région. Thèmes d’ici, improvisations d’ailleurs, mélodies de là bas… tout est prétexte à musique. De beaux moments en perspective.

320_wondercollectiveLes concerts du Péristyle se terminent toujours de belle manière. Comme pour graver un souvenir impérissable dans les mémoires. Cette année ne manquera pas à la tradition puisque les 01, 02 et 03 septembre, c’est Wonder Collective, un orchestre de onze musiciens professionnels qui terminera la saison. Comme le nom du groupe l’annonce, c’est un hommage gai et tonique à la musique de Stevie Wonder. Chanteur, choeurs, trompette, trombone, claviers, guitare, basse, batterie et percussions. Du groove joyeux en perspective, comme un  feu d’artifice pour marquer la fin de la fête.

Au-delà de ces « coups de cœur », la programmation tout en entière vaut le détour. Du jazz de qualité dans des conditions sympathiques sous le Péristyle de l’Opéra tout au long de l’été.

… avec quelques nouvelles surprises dessinées sur les vitres du bâtiment !320_peristyle2016

Ouriel Ellert de retour au Studio de l’Ermitage

Ouriel Ellert de retour au Studio de l’Ermitage

Moins d’un an après la sortie de l’album, « On My Way », le bassiste Ouriel Ellert revient. Après une courte tournée, le trio Nowhere est annoncé le 28 mars 2018 au Studio de l’Ermitage avec un répertoire renouvelé et en invité… l’harmoniciste Olivier Ker Ourio. La perspective agréable de retrouver la palette colorée du trio.

lire plus
Sebastien Joulie Group à l’affiche en mars 2018

Sebastien Joulie Group à l’affiche en mars 2018

Avec trois concerts à venir, le guitariste Sebastien Joulie propose aux amateurs de jazz moderne de s’immerger dans la musique de son quintet, le Sebastien Joulie Group. L’occasion d’écouter le répertoire de « Resilience » (Fresh Sound New Talent). Du jazz rayonnant de liberté et d’énergie.

lire plus
Clin d’œil à Roberto Tarenzi

Clin d’œil à Roberto Tarenzi

Étoile montante du jazz italien, le pianiste Roberto Tarenzi a sorti en janvier 2018, son nouvel album « Love and Other Simple Matters ». Enregistré en trio avec le contrebassiste James Cammack et le batteur Jorge Rossy, l’album surprend par son approche innovante autant qu’il enchante par la richesse de ses textures.

lire plus
« Brel » par David Linx et Brussels Jazz orchestra

« Brel » par David Linx et Brussels Jazz orchestra

« Brel » par David Linx & le Brussels Jazz Orchestra

L’album « Brel » célèbre autant le « grand Jacques » que le talent du chanteur David Linx et le swing du Brussels Jazz Orchestra. Une absolue réussite !

72px_couv_brel « Brel » (Jazz Village/Harmonia Mundi), un disque enregistré en Belgique (à Gand) par David Linx, chanteur né à Bruxelles et un big-band basé à Bruxelles, le Brussels Jazz Orchestra (BJO). Un hommage qui emprunte les sentiers du jazz pour honorer Jacques Brel. Inspiré par la force des textes, David Linx insuffle la souplesse de son jazz. Le swing coloré du BJO impulse une énergie nouvelle aux grands standards de Brel.

Certes l’orchestre et le chanteur n’en sont pas à leur première collaboration mais le pari était osé. Risqué de reprendre Brel dont les textes et les interprétations sont inscrits dans toutes les mémoires. Risqué d’interpréter des chansons dont les versions d’origine ont bouleversé des générations mais David Linx n’est pas un homme que72px_BJO_brel_live les paris effraient, loin de là. Après avoir tourné pendant deux ans avec « A NOUsGARO » en souvenir de son ami Claude Nougaro, il a conçu de travailler de nouveau avec Frank Vaganée, le directeur artistique du BJO pour « chanter Brel ». Ensemble ils ont choisi onze des grands succès de Brel et les présentent en dix titres aux rythmes et ambiances variées. La voix du chanteur et le tissu musical étincelant du BJO font alliance pour servir textes et rythmes.

Dans « Brel » les chansons de Jacques Brel se transforment en morceaux de jazz sans rien perdre de leur âme. Les tonalités émotionnelles, joie, tristesse, amour sont conservées.Les arrangements écrits par Pierre Drevet, Dieter Limbourg, Lode Mertens, Gyuri Spies, Frank Vaganée et Nathalie Loriers contribuent à densifier les atmosphères et à impulser des changements de rythmes qui évitent de reprendre la scansion rythmique propre à Brel. Les différentes palettes sonores du BJO colorent les plages de vigueur ou de langueur et avec les différentes sections de l’orchestre, le rythme s’emballe ou s’enroule autour de la voix d’un David Linx lumineux qui chante comme il respire.

Les trois villes célébrées par Brel sont sublimées. La version de « Bruxelles » est étourdissante, elle déborde de vie, de couleur et de mouvement. Pendant huit minutes cinquante cinq, on se trouve transporté dans un Bruxelles scintillant que le scat de David Linx et le chorus de Frank Vaganée (saxophone alto) contribuent à rendre encore plus « bruxellant ». Amsterdam et Vesoul sont enchaînées dans « Vesoul/Amsterdam ». Une valse ébouriffante où le solo du trompettiste Nico Schepers termine « Vesoul » et passe le relai à David Linx pour les dernières mesures d’un « Amsterdam » émouvant chanté en anglais, comme un clin d’œil à cet autre David (Bowie) qui avait interprété le titre. On a encore la tête qui tourne à l’écoute de la « Valse à mille temps ». Il vient vraiment l’envie de valser au rythme de l’amour, de Paris et du swing de ce morceau plus flamboyant que jamais. Une vraie tornade de musicalité !

C’est avec beaucoup de sensibilité que David Linx interprète « Ne me quitte pas » et « Isabelle » délicatement murmurée en anglais. On croyait connaître « Mathilde » mais nous voilà surpris. La bougresse se balance sur des rythmes latins et à n’en pas douter avec son scat impérial, David Linx devrait gagner le cœur de la Mathilde tant convoitée. Sur « Ces gens-là », le chorus de Bo Van der Werf au saxophone baryton s’allie de belle manière au chant de David Linx qui dessine avec émotion les portraits de ces gens auxquels on était habitués mais que l’on redécouvre avec bonheur.

Un « Brel » somptueux à écouter et ré-écouter dès sa sortie officielle le 10 juin. Il est aussi possible d’écouter David Linx & le BJO sur scène le 26 juin à 16h au Parc Floral dans le cadre du Paris Jazz Festival.

Ouriel Ellert de retour au Studio de l’Ermitage

Ouriel Ellert de retour au Studio de l’Ermitage

Moins d’un an après la sortie de l’album, « On My Way », le bassiste Ouriel Ellert revient. Après une courte tournée, le trio Nowhere est annoncé le 28 mars 2018 au Studio de l’Ermitage avec un répertoire renouvelé et en invité… l’harmoniciste Olivier Ker Ourio. La perspective agréable de retrouver la palette colorée du trio.

lire plus
Sebastien Joulie Group à l’affiche en mars 2018

Sebastien Joulie Group à l’affiche en mars 2018

Avec trois concerts à venir, le guitariste Sebastien Joulie propose aux amateurs de jazz moderne de s’immerger dans la musique de son quintet, le Sebastien Joulie Group. L’occasion d’écouter le répertoire de « Resilience » (Fresh Sound New Talent). Du jazz rayonnant de liberté et d’énergie.

lire plus
Clin d’œil à Roberto Tarenzi

Clin d’œil à Roberto Tarenzi

Étoile montante du jazz italien, le pianiste Roberto Tarenzi a sorti en janvier 2018, son nouvel album « Love and Other Simple Matters ». Enregistré en trio avec le contrebassiste James Cammack et le batteur Jorge Rossy, l’album surprend par son approche innovante autant qu’il enchante par la richesse de ses textures.

lire plus
« Le Roi René », René Urtreger

« Le Roi René », René Urtreger

« Le Roi René », René Urtreger par Agnès Desarthe

« Le Roi René », un livre écrit à 4 mains entre un musicien grand lecteur et une romancière et essayiste mélomane. Une rencontre sublime entre le jazz et la littérature.

Mise en page 1« Le Roi René » (Odile Jacob) narre, comme un roman, la vie de René Urtreger. Le pianiste de jazz a conté sa vie à Agnès Desarthe qui a rédigé un texte passionnant et dynamique. Ce livre publié dans le catalogue de « Portraits » des Éditions Odile Jacob, résulte d’entretiens enregistrés entre l’auteure et le musicien. Agnès Desarthe met son talent et sa sensibilité au service des mots de René Urtreger. Elle écrit à partir de la parole de l’artiste dans un climat de grande confiance mutuelle et le musicien est totalement associée à ce travail dont il est partie prenante.

Lorsqu’on aime un disque on le laisse souvent tourner en boucle et on l’écoute jusqu’à en être imprégné. Il s’est passé la même chose avec « Le Roi René ». Au fil de la lecture, on est captivé autant par l’histoire que par l’écriture sensible dont le rythme n’est pas sans rappeler le swing si cher au pianiste.

Avant de lire ce livre, on avait écouté René Urtreger en concert et apprécié sa main droite merveilleuse et ses improvisations débridées. On savait qu’il avait participé à l’enregistrement de la bande originale du film de Louis Malle « Ascenseur pour l’échafaud » aux côtés de Miles Davis et qu’il l’avait accompagné en tournée dans les plus prestigieuses salles d’Europe. Récemment, on avait apprécié le CD « René Urteger trio » (Carlyne Music/L’Autre Distribution) gravé en 2014 avec Yves Torchinsky et Eric Dervieu. Durant cette même année 2014, René Urteger a été distingué in honorem jazz par l’Académie Charles Cros. Son actualité musicale actuelle témoigne de son activité. Du reste de sa vie, nous ignorions à peu près tout.

La lecture du livre « Le Roi René » fait découvrir la vie flamboyante du pianiste. Parti de rien, René Urtreger atteint les sommets, connaît toutes les audaces, pratique la culture du risque et commet tous les excès, côtoie la gloire mais aussi les enfers. Nous suivons ses mouvements de vie, oscillations ascendante puis descendante, reconversion et nouveau mouvement descendant suivi d’une re-naissance. Le joueur d’échec qu’est René Urtreger, ne s’est pas laissé mettre « échec et mat », il a trouvé l’ouverture qui lui a permis de surgir de ses cendres tel un phœnix pour revenir dans sa propre vie et dans celle du jazz  où il occupe encore une place au plus haut niveau.

Le destin du musicien est évoqué depuis une enfance passionnante douloureuse et compliquée pendant la seconde guerre. Il a le coup de foudre pour le piano et la musique classique via Chopin. Enfant prodige il vit mal son échec au concours du Conservatoire en 1951 mais advient ensuite la révélation du jazz.

Le pianiste impose son talent dans les caves de l’époque et c’est pour lui l’occasion de jouer avec les plus grands jazzmen américains (Chet Baker, Sonny Stitt, Lionel Hampton, Kenny Clarke, Dizzy Gillespie, John Lewis, Miles Davis…) qui débarquent à Paris dans les années 50  et jouent avec lui. En 1955 il enregistre avec Chet Baker, Bobby Jaspar, Lionel Hampton et grave le disque « René Urteger joue Bud Powell ». En 1956 il tourne en Europe avec Miles Davis et Lester Young à la suite de quoi il participe aux côtés de Miles Davis, Barney Willen, Pierre Michelot et Kenny Clarke à l’enregistrement de la bande originale du film de Louis Malle « Ascenseur pour l’échafaud ». En 1960 il enregistre « H. U. M. ! » avec Daniel Humair et Pierre Michelot (premier disque d’une série de trois du même nom gravés ensuite en 1979 puis 1999).

Survient ensuite une suite de « hauts et bas » où René Urtreger et le jazz prennent de la distance. Le pianiste entre alors dans une période où la musique « yé-yé » lui permet de vivre. Claude François, Sacha Distel et d’autres l’appellent pour jouer à leurs côtés jusqu’à ce qu’il devienne « un clochard de luxe » usant et abusant de divers produits. Il transforma sa faiblesse en force puisqu’en 1977, il sut vaincre ses addictions et retrouver la joie de vivre et de jouer.

Exit le schlemazel, le mentsch était né ! Le jazz avait changé, le bop était loin, le free était passé par là mais René Urteger apaisé et assuré reprend ses marques et continue son exploration du jazz. Il renoue avec le succès et travaille avec les nouvelles générations (Stéphane Belmondo, Airelle Besson, Sylvain Beuf, Géraldine Laurent, PIerrick Pedron, Nicolas Folmer, Hervé Meschinet ….). Il continue à se produire en trio avec ses fidèles compagnons Yves Torchinsky à la contrebasse et Eric Dervieu à la batterie.

Après avoir s’être affirmé à vingt et un ans et avoir connu le statut d’un grand musicien, il a retrouvé à quarante-deux ans le ressort vital et l’envie de vivre. Il s’est débarrassé de toutes les addictions qui l’empêchaient de bien jouer pour se hisser de nouveau au niveau des plus grands. En écoutant René Urteger on se surprend à battre du pied et l’envie nous démange de nous lever de notre siège à l’écoute des ses chorus virtuoses. Sa vitalité musicale et sa sensibilité déclenchent l’émotion. Enraciné dans le bop son jeu est en perpétuelle évolution. Ce « compositeur instantané » met son talent, son swing et sa maîtrise au service du jazz, cette musique qu’il défend et dont il dit qu’elle est « avant tout une école de la courtoisie ».

A quatre-vingt-un ans, René Urtreger est reconnu par ses pairs comme un grand musicien et fédère régulièrement autour de lui le nec plus ultra des musiciens actuels. Il se produit dans les plus grands festival Français… comme ce fut le cas en mai 2016 au Festival « Jazz sous les Pommiers » où il s’est produit en trio avec Yves Torchinsky à la contrebasse et Eric Dervieu à la batterie.

Ouriel Ellert de retour au Studio de l’Ermitage

Ouriel Ellert de retour au Studio de l’Ermitage

Moins d’un an après la sortie de l’album, « On My Way », le bassiste Ouriel Ellert revient. Après une courte tournée, le trio Nowhere est annoncé le 28 mars 2018 au Studio de l’Ermitage avec un répertoire renouvelé et en invité… l’harmoniciste Olivier Ker Ourio. La perspective agréable de retrouver la palette colorée du trio.

lire plus
Sebastien Joulie Group à l’affiche en mars 2018

Sebastien Joulie Group à l’affiche en mars 2018

Avec trois concerts à venir, le guitariste Sebastien Joulie propose aux amateurs de jazz moderne de s’immerger dans la musique de son quintet, le Sebastien Joulie Group. L’occasion d’écouter le répertoire de « Resilience » (Fresh Sound New Talent). Du jazz rayonnant de liberté et d’énergie.

lire plus
Clin d’œil à Roberto Tarenzi

Clin d’œil à Roberto Tarenzi

Étoile montante du jazz italien, le pianiste Roberto Tarenzi a sorti en janvier 2018, son nouvel album « Love and Other Simple Matters ». Enregistré en trio avec le contrebassiste James Cammack et le batteur Jorge Rossy, l’album surprend par son approche innovante autant qu’il enchante par la richesse de ses textures.

lire plus
« Gershwin » par J.M. Foltz & S. Oliva

« Gershwin » par J.M. Foltz & S. Oliva

Jean-Marc Foltz & Stéphan Oliva brodent « Gershwin »

Avec l’album minimaliste « Gershwin », le clarinettiste Jean-Marc Foltz et le pianiste Stefan Oliva revisitent en duo le monde du compositeur américain G. Gershwin. Le silence teinté de bleu dessine une musique de nuit intimiste.

Le clarinettiste Jean-Marc Foltz est issu du monde classique et contemporain alors que Stefan Oliva s’inscrit dans la famille du jazz où son élégance musicale a de tout temps fait l’unanimité. Les deux musiciens ont déjà croisé les notes à de multiples occasions. Ensemble ils avaient déjà parcouru et tissé à leur manière le répertoire classique pour piano et clarinette en 2011gerswhwin_couv dans leur précédent opus, « Visions Fugitives » (Vision Fugitive/Harmonia Mundi).

Ce nouvel album « Gershwin » (Vision Fugitive/Harmonia Mundi) à paraître le 27 mai 2016 prolonge donc leur rencontre autour de neuf titres de George Gershwin, de deux compositions originales, une du  pianiste et une du clarinettiste et de la célèbre composition de Vernon Duke et Ira Gershwin, « I Can’t get Started » que l’on écoute.

160px_JMFoltz-SOlivaLes œuvres de Gershwin ont autant été interprétées par des musiciens issus de la sphère classique que par les jazzmen. Dans « Gershwin », le propos musical de Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva émarge dans un univers dont l’esthétique se situe à l’interface du jazz et de la musique classique. Au premier, les musiciens empruntent la liberté, au second ils capturent l’esprit de Ravel. Avec ces deux interprètes, oublié le cliché du glissando de la clarinette introductif de la « Rhapsodie in Blue » qui retrouve  les « fondamentaux » de la musique classique.

Les musiciens étirent le temps et le distendent avec une sobriété qui confine au dénuement, avec une élégance dont la sérénité n’a d’égale que la poésie qui s’en dégage. Et l’incroyable advient … du dépouillement jaillit l’émotion, une émotion qui nous habite encore longtemps après l’écoute de cet album empreint de bleu et de silence.

Leur version de « Summertime » est comme alanguie par la chaleur écrasante d’un soir d’été. Dans « ‘S Wonderful (morning) », les deux musiciens nous content la beauté de la fin de la nuit quand l’aube blanchit le ciel. Plus tard, ils nous proposent une version tout aussi éthérée de « ‘S Wonderful (evening) » pour dessiner l’esthétique du crépuscule qui efface le jour. Deux véritables poèmes que nous recevons comme des merveilles. Le « Prélude N° 2 Blue Lullabye » advient comme une introduction du thème « I love you Porgy » dont la mélodie exhale l’essence même de l’amour.

C’est un amour attendu et souhaité qui se dessine en délicatesse dans la version de « The man I love ». « Fascinating Rythm/Some one to watch over me » est dédié à Woody Allen dont on connaît le goût pour le jazz et la clarinette. De titre en titre, les notes sont soufflées et caressées. C’est sans doute le titre qui emprunte le plus à l’esthétique rythmique du jazz.

Même après qu’il ait regagné sa pochette, le disque tourne en boucle dans nos têtes et la magie opère. D’ailleurs la pochette dessinée par Emmanuel Guibert restitue tout à fait l’atmosphère ourlée de bleu et de silence qui caractérise cet album. Il est essentiel par ailleurs de préciser que la qualité du son doit aussi beaucoup au talent de l’ingénieur du son, Gérard de Haro, puisque l’opus a été enregistré dans son studio de la Buissonne en novembre 2015.

Pour s’immerger dans le clair-obscur de la musique de l’album « Gershwin », plusieurs options se profilent. Attendre le 27 mai, date de la sortie annoncée pour le disque sous le label « Vision Fugitive » ou… prévoir une escapade musicale pour écouter le duo Foltz/Oliva, soit le 17 mai à 21h à Paris au Sunside soit le 18 mai à la chapelle du Méjan dans le cadre de « Jazz in Arles ».

Le teaser de « Gershwin » permet mieux capter l’essence mystérieuse de cette musique.

Ouriel Ellert de retour au Studio de l’Ermitage

Ouriel Ellert de retour au Studio de l’Ermitage

Moins d’un an après la sortie de l’album, « On My Way », le bassiste Ouriel Ellert revient. Après une courte tournée, le trio Nowhere est annoncé le 28 mars 2018 au Studio de l’Ermitage avec un répertoire renouvelé et en invité… l’harmoniciste Olivier Ker Ourio. La perspective agréable de retrouver la palette colorée du trio.

lire plus
Sebastien Joulie Group à l’affiche en mars 2018

Sebastien Joulie Group à l’affiche en mars 2018

Avec trois concerts à venir, le guitariste Sebastien Joulie propose aux amateurs de jazz moderne de s’immerger dans la musique de son quintet, le Sebastien Joulie Group. L’occasion d’écouter le répertoire de « Resilience » (Fresh Sound New Talent). Du jazz rayonnant de liberté et d’énergie.

lire plus
Clin d’œil à Roberto Tarenzi

Clin d’œil à Roberto Tarenzi

Étoile montante du jazz italien, le pianiste Roberto Tarenzi a sorti en janvier 2018, son nouvel album « Love and Other Simple Matters ». Enregistré en trio avec le contrebassiste James Cammack et le batteur Jorge Rossy, l’album surprend par son approche innovante autant qu’il enchante par la richesse de ses textures.

lire plus