Du 26 au 28 avril 2018, l’AmphiJazz de l’Opéra de Lyon accueille Susanne Abbuehl en résidence. Cette chanteuse et compositrice suisse-néerlandaise présente trois projets différents dont une nouvelle création. Trois concerts qui permettent d’écouter cette voix qui tutoie le silence.
Pierre de Bethmann Trio Jazz à Vienne
Pierre de Bethmann Trio, une parenthèse lumineuse
Le 07 juillet le trio de Pierre de Bethmann se produit à Cybèle. Aux côtés du pianiste, le batteur Tony Rabeson et le contrebassiste Sylvain Romano. Au programme du set, des standards revisités par ce pianiste toujours inspiré.
Pour le plus grand plaisir du public, Pierre de Bethmann retrouve le clavier du piano après avoir assumé la position de président du jury durant les 3 jours du Tremplin RéZZo Focal Jazz à Vienne. Parallèlement à son projet Illium qui n’a cessé d’évoluer et à toutes ses activités de sideman, ce pianiste de renom renoue avec la tradition du trio qu’il avait déjà exploré avec Prysm de 1994 à 2001. Depuis 2012 avec Sylvain Romano et Tony Rabeson, Pierre de Bethmann explore en trio acoustique les standards du jazz auxquels il insuffle sérénité et swing. L’album « Essais/Volume 1 » sorti en 2015 témoigne de leur art musical.
Sur scène, les trois compagnons fonction
nent dans une osmose parfaite. Les regards se croisent, les sourires fusent. La musique du trio respire. Avec discrétion, le batteur Tony Rabeson assure une pulsation sereine mais ferme. Avec précision et souplesse, le contrebassiste Sylvain Romano incarne une sorte de force tranquille. Au piano, Pierre de Bethmann développe son art avec brio. Sensibilité, harmonisation impressionniste et sens de la mélodie.
C’est une version moderne que le trio donne du morceau de Tony Murena et Joseph Colombo, Indifférence. Le thème conserve son charme et sa nostalgie. Après un poignant Chant des Marais, l’atmosphère prend des teintes monkiennes sur Thelonious puis se teinte de classicisme sur une ballade interprétée avec délicatesse. Le public attentif savoure cet instant hors du temps et du tumulte.
Sur la scène de Cybèle, lumière et mélodie habitent la musique du Pierre de Bethmann Trio
Susanne Abbuehl en résidence à l’AmphiJazz de Lyon
Gene Jackson signe « Power of Love »
Pour « Power of Love », son premier album en leader, le batteur Gene Jackson choisit le format du trio. Avec le trio Nu Yorx composé du pianiste Gabriel Guerrero et du contrebassiste Carlo De Rosa il enregistre un album captivant.
Clin d’œil à Orcastratum & son premier single
Influencé par le jazz, le blues, le classique, la soul, les musiques africaines et le trip hop, le premier album d’Orcastratum retient l’attention par sa philosophie qui prévoit de changer de musiciens à chaque album. En guise de mise en bouche, le premier single « Unexpected relations » et sa vidéo.
Tout au long de sa vie, Knut Kristiansen a œuvré pour le jazz y compris au sein de la ville de Bergen dont il est natif. Kristiansen n’a pas seulement puisé son inspiration dans la musique kuria. Il a aussi été influencé par les morceaux de Duke Ellington pour big band, qu’il écoute depuis son enfance. Le pianiste est aussi un des meilleurs interprètes européens de la musique de Thelonious Monk.
En 2008 et 2009, il a aussi présenté des concerts avec le chanteur ouest africain joueur de kora, Mory Kanté.
Incontestable héritier de Django Rheinhardt, Angelo Debarre assure la première partie de soirée avec son Gipsy Unity où il trouve sa pleine expression. Du jazz manouche au swing entraînant. Le guitariste en grande forme est toujours aussi prodigieux sur les cadences vives où il déploie sa technique impressionnante. Transparaît alors une autre de ses influences majeures, celle de Charlie Parker et du be-bop. Il pousse la tension au maximum lors de ses descentes ou montées d’accords diminués dans le pur style de Charlie Christian. Sur les ballades il sait aussi faire chanter les cordes de sa guitare dont il tire des accents langoureux.
Aux côtés d’Angelo Debarre on retrouve de nouveau le violoniste Marius Apostol. Tous deux étaient déjà présents sur la scène de Vienne en 2003, appelés par Biréli Lagrène lors de la grande réunion manouche animée par le « Gypsy Project & Friends ». L’expression du violoniste explore le registre de la virtuosité avec lyrisme et sensibilité. Stéphane Grapelli a un héritier de plus avec Marius Apostol. Le groupe présente une section rythmique manouche à la rigueur implacable. La pompe est assurée par un duo de guitaristes émérites et très réactifs aux interventions des solistes, Tchavolo Hassan et le fils du leader, Ranggy Debarre. La contrebasse est tenue par William Brunnard dont les chorus véloces sont impressionnants de précision et de justesse.
La seconde partie de soirée restitue sur la scène de Jazz à Vienne, le projet présenté en 2015 au Festival Django Rheinhardt de Samois-sur-Seine. par The Amazing Keystone Big Band avec des invités prestigieux. Le guitariste Stochelo Rosenberg héritier en droite ligne de Django. L’accordéoniste surdoué Marian Badoï. Le fougueux saxophoniste américain James Carter. Le big band propose une partie de l’œuvre de Django Reinhardt sous l’angle du grand orchestre de jazz. Les orchestrations et arrangements originaux de l’Amazing Keystone Big Band sont écrits par Bastien Ballaz (trombone), Jon Boutellier (saxophone), Frédéric Nardin (piano) et David Enhco (trompette).
les orchestrations un peu trop appuyées écrasent quelque peu l’expression du guitariste qui ne peut s’exprimer avec plénitude. Après un Belleville rutilant, place à Marian Badoï, le deuxième invité. La valse Indifférence de Tony Murena permet à l’âme tzigane du soliste de s’exprimer sur un accordéon piano Weltmeister.
lace à une sonorité plus épaisse.
proposant le répertoire de son album « Shadows - Songs of Nat King Cole », Hugh Coltman » rend hommage à sa mère (qui écoutait Cole) et à la figure tutélaire du pianiste chanteur à la voix de miel, Nat King Cole. Hugh Coltman fait une relecture très personnelle des titres qu’il a choisis d’interpréter. Il met en évidence les ombres cachées derrière le sourire perpétuel affiché par le grand crooner qui vivait pourtant les affres de la ségrégation raciale à une époque où il n’était pas simple d’être non seulement un artiste à la peau noire mais surtout un artiste qui réussissait.
une atmosphère musicale qu’il veut discordante. Il crée une sorte de « malaise harmonique » fort réussi. Des ambiances dignes des musiques de Twin Peaks, des climats enfumés et torturés à la Tom Waits. Cette tension est particulièrement perceptible entre la voix quasiment en apesanteur de Hugh Coltman et les interventions torturées du guitariste Thomas Naim qui subliment Nature Boy.
L’émotion du chant de Hugh Coltman est perceptible dans Mona Lisa dont le chanteur donne une version absolument sublime. Très en retenu et presque pudique au début du set, le chanteur laisse cours à sa spontanéité au fur et à mesure de l’avancée de son répertoire. Sans surjouer la posture de dandy anglais sous-tendue par sa tenue, Hugh Coltman incarne le versant bluesman qu’il est vraiment et fait le show. Il arpente la scène et va chercher le son le plus juste… la tête dans le piano. Sensible et très juste, le chant gagne en épaisseur et la musique groove. Il a gagné la ferveur du public qui l’ovationne avec chaleur.
Zéno Bianu n’en est pas à son essai et sa connaissance éclairée du jazz l’a conduit à écrire des textes poétiques sur Chet Baker, Coltrane, Dylan, Elvin Jones et Jimmy Hendrix. Dans un billet précédent, on a écrit combien, 
