Sarah McKenzie sort « Paris In the Rain »

Sarah McKenzie sort « Paris In the Rain »

Un élégant voyage dans les contrées d’un jazz traditionnel

La jeune pianiste et chanteuse australienne Sarah McKenzie revient sur le devant de l’actualité jazz avec un nouvel album chez Impulse! Records, « Paris In The Rain ». Avec des standards et des compositions originales, l’album brille par la musicalité de ses arrangements et par son élégance.

Un an après « We could be lovers » (Impulse! records/Universal), Sarah McKenzie est de retour avec « Rain In The Rain ». Installée à Paris depuis peu, elle offre une sorte de déclaration d’amour à la capitale de la France dont elle tente de restituer la beauté à travers la composition qu’elle lui dédie et qui donne son nom à l’album, Paris In Rain.

« Paris In The Rain », un album aux ambiances précieuses. Avec soin, Sarah McKenzie murmure son amour pour un jazz élégant voire précieux. La chanteuse pianiste sait aussi faire preuve d’énergie sur ses propres compositions pour surprendre et dépayser un propos plutôt pastel.

Sarah McKenzie assume à la fois la position de pianiste, chanteuse, compositrice et arrangeuse. En effet sur son nouvel opus elle propose cinq compositions originales. Elle a par ailleurs élaboré la totalité des arrangements des treize titres de l’album. Influencée par George Shearing elle parvient à créer des climats d’une musicalité palpable.

Pour ce faire Sarah McKenzie s’est entourée d’un groupe de musiciens qui créent des textures peaufinées frisant parfois la perfection au détriment d’une spontanéité que l’on cherche un peu. Au vibraphone on retrouve Warren Wolf déjà présent sur « We could be lovers ». Les autres instruments sont tenus par des musiciens aux qualités avérées, le guitariste Mark Whitfield, le bassiste Reuben Rodgers, le batteur Gregory Hutchinson, le trompettiste Dominick Farinacci, le flutiste Jamie Baum, les saxophonistes Scott Robinson (alto) et Ralph Moore (ténor).

On a particulièrement apprécié les interventions de Romero Lumambo à la guitare sur deux thèmes aux ambiances latines, Triste de Jobim et une version du thème In The Name of Love qui fleure bon le Brésil. Légèreté et douceur de chaque instant..

Le toucher de piano de Sarah McKenzie apporte une fraîcheur incontestable aux standards tant de fois interprétés comme Day in Day out de Johny Mercer et Rube Bloom, Embraceable you de George et Ira Gerschwin; Triste d’Antonio Carlos Jobim, Little Girl Blue de Richard Rodgers et Lorenz Hart ainsi que Tea for Two de Vincent Youmans et Irving Caesar. Par contre c’est vraiment sur ses propres compositions qu’on peut prendre la mesure du talent de pianiste de la jeune-femme comme par exemple sur Road Chops, qu’elle fait choix d’interpréter en version instrumentale. La dynamique exubérante de ce morceau final tranche avec le reste des thèmes qui émargent plutôt dans des atmosphères délicates.

On a apprécié la belle énergie et la teneur poétique des compositions de la pianiste qui ne déparent pas loin de là avec les morceaux du Great American Songbook repris par la chanteuse. Sur ces morceaux, des échanges féconds s’engagent entre Sarah McKenzie et les musiciens.

Sur One Jealous Moon, le saxophoniste Ralph Moore accentue le côté bluesy du morceau alors que la voix se fait poétique. Sur Onward and Upward, Sarah McKenzie rend un hommage appuyé à Nat King Cole dans un morceau très joyeux au tempo soutenu. Son brillant solo de piano ouvre la voie à une intervention inspirée de Jamie Baum à la flute qui passe ensuite la main à Dominick Farinacci dont la trompette chante le blues.

Empreinte d’une profonde mélancolie, Don’be a fool flotte en quasi apesanteur. Le solo de vibraphone de Warren Wolf contribue à accentuer le climat de tristesse de ce morceau où la voix de la chanteuse évoque les affres de la passion amoureuse.

Si l’album « Paris In The Rain » ouvre brillamment avec la composition éponyme de Sarah McKenzie, c’est avec ce morceau que se termine cette chronique consacrée à un album qui sait concilier esthétique et musicalité. Un brin de soleil pour réchauffer un hiver rigoureux

Echo#4-Jazz à Vienne 2018

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Echo#3-Jazz à Vienne 2018

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Echo#2-Jazz à Vienne 2018

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Yilian Cañizares, « Invocacion » deluxe

Yilian Cañizares, « Invocacion » deluxe

Son violon chante… elle aussi !

A l’occasion du concert parisien prévu le 21 janvier à 19h au Trianon, en première partie du Jazz Magazine Festival, Yilian Cañizares ressort le 20 janvier chez Naïve son album « Invocacion » en version digitale deluxe. Beau début d’année 2017 pour la violoniste et chanteuse cubaine.

On se rappelle le 09 mars 2015 chez Naïve la sortie de l’album « Invocacion ». A l’époque on a découvert avec surprise la prodigieuse chanteuse et violoniste Yilian Cañizares. Cette native de La Havane a vraiment le rythme dans la peau et propose un langage singulier et séduisant. Sur l’album Yilian Cañizares est accompagnée de Daniel Stawinski au piano, David Brito à la contrebasse et Cyril Regamey à la batterie et aux percussions.

En ce début 2017, Naïve ressort l’album « Invocacion » en version deluxe avec 2 remixes inédits par BLVK SAMURAI, excellent Producteur et Beatmaker de la Nouvelle Orléans, Beroni Abebe Osun (BLVK SAMURAI remix) et Toi Mon Amour (BLVK SAMURAI remix).

Nourrie de jazz, de musique cubaine et de musique classique, Yilian Cañizares navigue entre douceur langoureuse et exubérance incandescente. La jeune violoniste et chanteuse plonge l’auditeur dans une musique éclectique et hybride, entre tradition et modernité, entre lyrisme et rythmes ensorcelants. « Invocacion », une musique énergique et puissante qui enchante les oreilles et dynamise le cœur.

A l’exception de Beroni Abebe Osun (chant tradiitonnel) et de Non, je ne regrette rien (Vaucaire/Dumont), Yilian Cañizares a composé les huit autres titres de l’album. On est emballé par les contrastes de la musique où les rythmes cubains complexes alternent avec de douces compositions. Au violon, ses interventions instrumentales sont renversantes de vélocité, de nuances et de précision. Le chant séduit par sa fluidité sur les ballades et sur les rythmes médium mieux que sur les tempi rapides où la chanteuse a une légère tendance à forcer sur sa voix.

De La Havane à Caracas en passant par la Suisse, la violoniste a élaboré un langage très personnel qui balance entre des rythmes effrénés et de douces invocations à ses ancêtres. On aime Donde Hay Amor l’hommage qu’elle fait à son grand-père, et aussi celui qu’elle adresse Luis Carbonnell avec Canción de Cuna para dormi a un negrito. Yilian Cañizares révèle la tendresse de son amour pour sa mère dans Iya Mi où elle mêle sa voix au flow de Akua Naru. Sa version de Non, je ne regrette rien, la chanson d’Edith Piaf, renouvelle le titre même s’il ne l’enchante pas.

Sur la version d’origine de Toi Mon amour la voix dialogue vraiment avec le violon alors que la version remixée met plus l’accent sur la dimension rythmique. La version remixée de Beroni Abebe Osun introduit une étrangeté qui sied fort à ce titre dédié à la déesse yoruba Orisha. Le titre éponyme de celui de l’album demeure un moment clé de cet album « Invocacion » qui convoque les esprits de la vie.

Nul doute que la prestation d’Yilian Cañizares va ouvrir avec brio à 19h la deuxième édition du Jazz Magazine Festival le samedi 21 janvier 2017 au Trianon. Avec la jeune chanteuse et violoniste, jazz et musique cubaine font mettre la salle en forme. A 20h10, se produira la chanteuse Malou Beauvoir; Qui sait, chantera-t-elle La vie en Rose en écho au titre de Piaf que reprend Yilian Cañizares. La soirée se termine avec à 21h30 la venue sur scène de l’exceptionnelle Cecil McLorin Salvant dont le dernier album, “For One To Love”, vient d’être récompensé d’un Grammy Award. Veinards celles et ceux qui assisteront à ce triple concert riche en promesses.

Pour plus d’actualité sur Yilian Cañizares, une visite sur son site s’impose.

Echo#4-Jazz à Vienne 2018

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Echo#3-Jazz à Vienne 2018

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Echo#2-Jazz à Vienne 2018

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« Madness Tenors – Be Jazz For Jazz » met le feu

« Madness Tenors – Be Jazz For Jazz » met le feu

« Madness Tenors-Be Jazz For Jazz », un album vivifiant

L’album « Madness Tenors - Be Jazz For Jazz », le nouveau projet du saxophoniste Lionel Martin est annoncé pour le 27 janvier. Son enregistrement fait suite au concert donné dans le cadre du festival « A Vaulx Jazz » en 2015 par les cinq protagonistes de l’album. Une explosion musicale vigoureuse.

Dans l’esprit des grand maîtres du saxophone Lionel Martin et George Garzone joutent avec vigueur soutenus par un trio de choc constitué de Mario Stanchev au piano, Benoit Keller à la contrebasse et Ramon Lopez à la batterie. Il s’agit de la même équipe qui avait fait vibrer les spectateurs du Festival « A Vaulx Jazz » un certain 17 mars 2015.

« Madness Tenors - Be Jazz For Jazz ». Un jazz moderne où les échos du monde résonnent. Une musique d’aujourd’hui ancrée dans la grande tradition du jazz. Véhéments et fougueux, Lionel Martin et George Garzone mêlent les voix de leurs saxophones. Ils sont littéralement portés par un Ramon Lopez au mille nuances qui alterne entre la délicatesse d’un percussionniste et la fureur d’un batteur. Mario Stanchev et Benoit Keller assurent une assise solide et parent leurs interventions de poésie et de lyrisme.

L’album « Madness Tenors - Be Jazz For Jazz » sort chez Cristal Records pour la version digitale et chez Ouch! Records pour le format vinyle. Pour rappel le label Ouch! Records est un jeune label exclusivement dédié aux vinyles et créé en 2016 par Lionel Martin. Le catalogue compte à ce jour cinq titres dont la réédition de « Ellington on the Air », l’album enregistré en sextet par Louis Sclavis en 1991 mais dont la version digitale était épuisée.

La couverture de « Madness Tenors - Be Jazz For Jazz » n’est pas sans rappeler celle de « Jazz Before Jazz » enregistré par Lionel Martin et Mario Stanchev en duo et sorti sous les mêmes labels (Ouch! Records/Vinyle et Cristal Records/CD). On apprécie les titres des disques qui se font écho et jouent avec les mots et on reconnait bien là l’esprit joueur de Lionel Martin.

De plus, le titre « Madness Tenors - Be Jazz For Jazz » fait aussi un clin d’oeil à un autre disque dont il détourne le titre « Tenor Madness ». Sur cet album gravé en 1956 chez Prestige par le saxophoniste Sonny Rollins, le leader avait enregistré le titre éponyme  avec John Coltrane. Ce fut d’ailleurs le seul titre que les deux maîtres du saxophone aient jamais enregistré ensemble.

Le titre de l’album annonce bien la présence de deux saxophonistes. Lionel Martin assume avec brio sa place auprès de George Garzone . Certes John Coltrane fut un des mentors de George Garzone mais ce dernier a depuis longtemps affirmé sa propre identité et est aujourd’hui un saxophoniste reconnu parmi les voix qui comptent dans le jazz moderne. Formé à la Boston’s Berklee School of Music, il a élaboré le concept “The Triadic Chromatic” et a ainsi influencé de nombreux musiciens dont Joshua Redman, Branford Marsalis, Mark Turner.

Avec cette joute de saxophones, « Madness Tenors - Be Jazz For Jazz » inscrit donc l’album enregistré par Lionel Martin et George Garzone parmi les duos fameux enregistrés par des ténors tels que furent Sonny Rollins et John Coltrane, Dexter Gordon et Wardel Gray (« The Chase »-1947 chez Prestige), Al Cohn et Zoot Zims (« Jazz Undulations »-1969 chez Lotus), Michael Brecker et Bob Mintzer (« The saxophone featuring Two T »s »-1993 chez BMG) et même George Garzone et Jerry Bergonzi (« Quintonic »-2015 chez Stunt).

Sur « Madness Tenors - Be Jazz For Jazz » les deux saxophonistes s’en donnent à cœur joie et ne ménagent pas leur énergie. Si George Garzone embouche le ténor de bout en bout, Lionel Martin alterne entre ténor, alto et soprano. Les deux soufflants tiennent des propos nerveux et mordants et la musique explose de mille feux. Ils se déchaînent plus souvent qu’ils ne murmurent.

Pourtant sur Sadness, une belle ballade écrite par Lionel Martin, le rythme se calme, la mélodie devient reine et les saxophones se font nostalgiques. De même sur Fox in The wood le tempo est assagi mais cette pièce constitue pourtant une des plages les plus marquantes de cet album. Une élégiaque ode post coltranienne où les saxophones élèvent leur voix, éclairés par une improvisation inspirée et lyrique du pianiste Mario Stanchev.

A Bacchus laisse augurer de ce que peut être un monde où cette divinité règne en maître. On serait tenté de s’y inviter pour vibrer au diapason avec ces cinq musiciens décidément fort inspirés. On The Phone quant à lui émarge dans un style plus romantique et peaufiné. Piano et saxophone soprano conversent en douceur, ténor et batterie débattent. La contrebasse soutient le discours avec force et sensibilité. Le titre termine l’album de manière fort élégante.

Hey open up, la composition de George Garzone prend des accents mingusiens mais le monde d’Eric Dolphy et celui d’Ornette Coleman ne sont pas loin. C’est l’occasion pour Lionel Martin d’emboucher l’alto. La contrebasse omniprésente et la batterie énervée déroulent le tapis pour les solistes qui en décousent avec vigueur. On a aussi apprécié le déchaînement de Awo, les accents ethniques et la véhémence de Nobody’s perfect et le léger calypso vibrant de Plus Plus dont l’énergie semble inépuisable.

On se réjouit de retrouver Lionel Martin dans ce jazz moderne et inventif comme le sont d’ailleurs l’ensemble de ses projets, qu’il s’agisse du groupe UKandanZ, ou de celle du duo avec Mario Stanchev sur « Jazz Before Jazz ». Avide de rencontres humaines et musicales, sans cesse en questionnement, ce musicien manifeste le souci de se renouveler sans se renier. A l’écoute du monde, il trace son sillon avec persévérance et participe à renouveler les couleurs du jazz du XXIème siècle.

Le 27 janvier on retrouvera une partie du quintet sur la scène du Théâtre Jean Marais de Saint-Fons dans le cadre du « Saint-Fons Jazz Festival#18 ». La seconde partie de la soirée du 27 janvier est en effet consacrée aux musiciens du Label Ouch ! Records pour une création, O.S.L.O. Dans ce « Ouch! Synthesis Liberty Ørchestra »Lionel Martin, Mario Stanchev et Ramon Lopez seront rejoints par Louis Sclavis et Damien Cluzel. Avec certitude, la musique devrait réchauffer la température de cet hiver bien installé. Pourvu que les thermomètres n’explosent pas !

Echo#4-Jazz à Vienne 2018

Echo#4-Jazz à Vienne 2018

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Echo#3-Jazz à Vienne 2018

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Echo#2-Jazz à Vienne 2018

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Le 03 juillet 2018, pour les 80 ans de l’organiste Rhoda Scott, l’esprit de la fête règne au Théâtre Antique de Vienne. Groove sur scène, « Happy Birthday » chanté par le public et pour finir, l’arrivée sur le plateau d’un gâteau d’anniversaire confectionné par le chef Patrick Henriroux. Un festival d’émotions !

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« Hà Nội Duo » par Nguyên Lê et Ngô Hồng Quang

« Hà Nội Duo » par Nguyên Lê et Ngô Hồng Quang

La grâce et le chant des oiseaux entre nuages et rizières…

Le nouvel album du guitariste Nguyên Lê, « Hà Nội Duo », est annoncé pour le 13 janvier 2017. Réalisé avec le multi instrumentiste vietnamien Ngô Hồng Quang, l’opus réjouit autant qu’il fascine. Les deux artistes modernisent la musique vietnamienne et dessinent des espaces sonores dépaysants.

« Hà Nội Duo » est le seizième album du guitariste Nguyên Lê. Né de la rencontre avec le musicien traditionnel Ngo Hong Quang, cet opus se veut « le messager des racines et du futur de la musique Vietnamienne ».

Sur « Hà Nội Duo » (ACT/PIAS), Nguyên Lê et Ngô Hồng Quang s’immergent dans les racines de la musique vietnamienne. Ngô Hồng Quang chante et s’exprime sur de nombreux instruments traditionnels vietnamiens. Entourés du trompettiste sarde Paolo Fresu, de la Japonaise Mieko Miyasaki au koto, d’Alex Tran au cajon et du percussionniste indien Prabhu Edouard, les deux musiciens explorent la tradition vietnamienne qui en ressort modernisée.

Les inspirations de l’album « Hà Nội Duo » plongent autant dans le jazz que dans la musique vietnamienne, le blues, les musiques africaines et les accents de l’Inde. Toutes ces influences fusionnent pour esquisser des paysages musicaux éthérés ou vigoureux aux couleurs douces ou tranchées. Le temps hésite entre hier et aujourd’hui et la musique navigue avec grâce entre nuages et rizières.

« Hà Nội Duo ». Dix paysages sonores. Trois compositions de Ngô Hồng Quang et trois autres de Nguyên Lê. Le guitariste a par ailleurs conçu les arrangements de six des titres de l’album.

Malgré leurs différences, de sérieux points communs existent entre Ngô Hồng Quang, musicien traditionnel du Vietnam d’aujourd’hui et Nguyên Lê, guitariste de jazz moderne, inventif et toujours ancré dans sa culture d’origine, celle du Vietnam. L’album qu’ils ont réalisé ensemble montre la diversité de la musique vietnamienne d’aujourd’hui qui demeure malgré tout au plus près de l’âme du pays et de sa tradition.

Après l’écoute de l’album « Hà Nội Duo » on se souvient des premiers opus de Nguyên Lê déjà enregistrés chez ACT, « Tales From Viet-Nam » (1996), Moon & Wind » (1999), « Dragonfly » (2001), « Mangustao » (2004) ou « Fragile Beauty » (2007). On réalise que le propos était autre. Le guitariste collaborait alors avec la chanteuse Huong Thanh et les chants traditionnels étaient en quelque sorte réécrits pour les oreilles des occidentaux. A contrario aujourd’hui, le guitariste et son nouveau compagnon créent « des compositions originales, personnelle, écrites d’une manière qui prolonge (leur) héritage musical » (dixit Nguyên Lê).

Malgré cet ancrage dans la tradition, les deux musiciens demeurent perméables aux influences des autres mondes musicaux qu’ils côtoient. En témoignent les arrangements que Nguyên Lê propose sur les musiques traditionnelles comme A Night With You, Gone auquels Paolo Fresu et Mieko Miyasaki apportent une contribution inspirée ou Beggar’s Love Song que le guitariste et Ngô Hồng Quang interprètent en duo. Ce morceau du XIVème siècle évoque l’errance des mendiants aveugles et sonne aujourd’hui sonne comme un blues nord-américain.

On a été surpris et envoûtés par l’orchestration rythmique indienne de Chiec Khan Piêu écrit par Doãn Nho dans les années 70. Le morceau est arrangé sur un rythme à 5 temps alors que la musique vietnamienne est en général jouée sur des rythmes à 2 ou 4 temps. Prabhu Edouard a conçu les arrangements rythmiques indiens qui ponctuent ce morceau. La guitare de Nguyên Lê donne là toute sa verve. La trompette brode une mélodie aérienne et la voix de Ngô Hồng Quang inscrit sa trace avec une aisance toute naturelle.

On a vibré à l’écoute du titre Monkey Queen écrit par Nguyên Lê. Sa guitare converse avec les instruments traditionnels de Ngô Hồng Quang dont la voix s’élève ensuite et phrase comme s’il s’agissait d’un air traditionnel.

On se réjouit vraiment de la sortie du nouvel album de Nguyên Lê qui continue à développer son concept d’une « Asie sans frontières » avec beaucoup de réussite.

Une belle perspective se dessine pour vivre en concert la musique de Nguyen Lê et Ngô Hồng Quang. Les deux musiciens vont se produire en concert le 6 mars 2017 au New Morning à Paris, avec en invités Paolo Fresu à la trompette, Prabhu Edouard aux tablas, Mieko Miyazaki au koto, Alex Tran aux percussions et Hao Nhien Pham à la flûte, au luth et au chant. Une occasion rêvée pour s’immerger dans les paysages sonores évocateurs d’un Vietnam aux couleurs nouvelles.

En attendant d’écouter l’album ou le concert, un détour sur le site de Nguyen Lê permet de mieux connaître ce compositeur, guitariste, arrangeur et producteur aux talents multiples.

Echo#4-Jazz à Vienne 2018

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Visuel 2017 Festival A Vaulx Jazz

Visuel 2017 Festival A Vaulx Jazz

« A Vaulx Jazz » serre le poing et envoie la musique !

Pour ses 30 ans, le festival s’habille d’une nouvelle ligne graphique créée par Vincent Delpeux et Pierre Raine. En guise de visuel 2017 le festival « A Vaulx Jazz »  envoie… un poing serré autour de lignes (musicales) colorées.

Qu’on se le dise, du 06 mars au 25 mars 2017, « A Vaulx Jazz » hisse haut les couleurs avec un visuel dont la ligne graphique est rajeunie. Très clairement le festival change d’identité visuelle.

Des bâtons colorés en guise de lignes musicales pour signifier la dimension festive de l’évènement. Un poing fermé pouvant symboliser la lutte ou pour le moins une résistance tonique. 

Cela n’est pas sans évoquer le contexte actuel déjà évoqué dans la chronique du 01 décembre, « Pour maintenir le rythme annuel du Festival « A Vaulx Jazz ».

En effet le festival « A Vaulx Jazz » demeure menacé de devenir biennal depuis une décision municipale annoncée le 19 octobre 2016. Un collectif s’est alors mobilisé pour défendre le maintien du rythme annuel pour ce festival considéré comme un repère essentiel de la vie du jazz en région Auvergne-Rhône-Alpes. Pourtant, à ce jour aucune information n’infirme le parti pris de la municipalité de changer le rythme  du festival « A Vaulx Jazz ».

On demeure positif et on se réjouit de voir approcher la tenue de cette trentième édition du festival « A Vaulx Jazz », celui qui défend depuis si longtemps les couleurs d’un jazz pluriel, ancré dans sa ville et ouvert à tous les courants musicaux sans distinction de style.

On attend avec impatience d’en savoir plus sur ces journées riches et contrastées dont l’ambiance est si chère au cour des amateurs de jazz de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Très prochainement la programmation de ce festival fera l’objet d’une chronique.

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