Clin d’œil à Da Cruz & « Eco Do Futuro »

Clin d’œil à Da Cruz & « Eco Do Futuro »

Un Brésil urbain et moderne

« Eco Do Futuro », le nouvel album de Da Cruz, propose une plongée au cœur de la culture brésilienne urbaine et moderne. Loin du Carnaval et des sambas emplumées, la musique explose de mille colères et d’autant de couleurs. Une musique sans cliché.

Annoncé pour le 06 octobre 2017, « Eco Do Futuro » (Boom JAH RDS/Broken Silence/L’Autre Distribution) mélange savamment Kwaito, Baile Funk Afrobeat, Dub et Hip-Hop pour former un album dans la pure tradition de la black music.

En quête de ses racines africaines la chanteuse Mariana Da Cruz convoque les favelas de Rio, les townships de Johannesburg, les studios et les clubs de Londres, l’héritage de Fela via Lagos.

Les quatorze titres du répertoire dépeignent un Brésil qui balance entre révolution et résignation. On ressent les joies, les craintes, les colères, les espérances et les désespérances. Le propos varie et on ne se lasse pas de découvrir les paysages du groupe Da Cruz.

Da Cruz est né de la rencontre entre la chanteuse pauliste Mariana Da Cruz installée en Suisse depuis 10 ans et le beat-maker helvète Ane H, ancien membre des « Swamp Terroristes », pionniers suisses de l’électro-indus. Après déjà quatre albums entre 2007 et 2014 dont trois auto produits, Da Cruz a conquis les scènes mondiales, de São Paulo à Londres en passant par Montréal et Montreux.

Héritière de la Musique Populaire Brésilienne, d’Elis Regina à Ed Motta,  Mariana Da Cruz dynamise toutes les plages de l’album. Loin des clichés habituels d’un Brésil réduit à ses carnavals et ses sambas de rues, la chanteuse survoltée se fait le porte-parole de son pays pillé de toutes parts par les dominants. Elle revendique ses racines africaines et son propos musical regarde du côté du continent qui irrigue son inspiration. L’album plonge aussi ses racines dans l’univers de Ane H qui vient de la musique industrielle et de l’electronica.

Du mélange de ces deux univers se dégage un alliage singulier et enthousiasmant aux couleurs musicales sans cesse renouvelées. Outre Mariana Da Cruz et Ane H, le groupe se compose du guitariste de Berne Oliver Husmann et du batteur Pit Lee, ancien membre des « Swamp Terroristes ». La section cuivre réunit le saxophoniste Daniel Durrer et le trompettiste NIcklaus Hürny. Le guitariste Christan Sommerhalder participe aussi à l’enregistrement.

Avec Pobre Mentality, Mina Luanda, Guerreira, Centro do Mundo, Negra Sim ou Sinhá Mandou on est transporté dans des contrées où les rythmes et les couleurs donnent le ton. Impossible de résister à Nossa Maneira.

« Eco Do Futuro », une épopée électro-acoustique où la musique frémit de colère en même temps qu’elle irradie d’espoir. Des rythmes et des couleurs à en perdre la tête. Une musique inventive, loin de tous les clichés.

 

Rien de mieux qu’un concert pour vivre la musique de Da Cruz. Rendez-vous le 07 octobre 2017 pour la sortie de l’album « Eco Do Futuro » au FGO - Barbara à Paris.
Clin d’œil à Grazzia Giu & « Life Is »

Clin d’œil à Grazzia Giu & « Life Is »

Accompagnée par des musiciens de jazz au service de son art vocal, la chanteuse Grazzia Giu sort « Life Is ». Un album de onze chansons de format court. Improvisations des musiciens et interventions des invités teintent de jazz un univers qui évoque la passion sur le mode de la délicatesse. Un opus nostalgique où les émotions affleurent avec souplesse.

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Youn Sun Nah en « Immersion »

Youn Sun Nah en « Immersion »

Avec son dixième album « Immersion », la chanteuse Youn Sun Nah s’émancipe du label ACT. Elle propose un opus qui met en lumière sa pure profonde voix de soprano. Entre reprises et compositions inspirées, elle délaisse les prouesses vocales de ses débuts et privilégie le minimalisme. Un album de transition où popitude et jazzitude coexistent.

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Coup de cœur pour… « Montevago »

Coup de cœur pour… « Montevago »

Le violoniste Théo Ceccaldi et le pianiste Roberto Negro reviennent en duo avec le singulier « Montevago ». Sur cet opus ils réinventent l’art du duo. Musique chambriste audacieuse que seule limite l’inspiration, or celle de ces deux dandies du jazz est infinie, c’est peu dire ! L’oreille chamboulée demeure captivée par les échanges fusionnels envoûtants des deux virtuoses.

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Carminho chante Jobim… « Carminho canta Tom Jobim »

Carminho chante Jobim… « Carminho canta Tom Jobim »

Les noces élégantes du fado et de la bossa nova

Sur son album « Carminho canta Tom Jobim » la fadiste Carminho célèbre l’union entre le fado et la bossa nova. Avec la complicité de Paulo Jobim, la chanteuse interprète des compositions de Tom Jobim. Mariage subtil et élégant entre les deux idiomes.

Carmo Rebelo de Andrade plus connue sous son nom de scène, Carminho, a rapidement conquis ses galons de fadiste Après trois albums enregistrés entre 2009 et 2012, « Fado », « Alma » et « Canto », la chanteuse présente en France « Carminho canta Tom Jobim » (Ruela Music/MDC/iPas). Déjà paru au Brésil fin 2016, le disque est attendu le 06 octobre 2017. Il a été enregistré dans un des temples de la Musique Populaire Brésilienne, les fameux studios Biscoito Fino de Rio de Janeiro.

Déjà en 2012, la chanteuse avait manifesté de l’intérêt pour le monde brésilien sur « Alma » où elle interprétait Saudades do Brazil em Portugal de Vinicius de Moraes et Meu Namorado de Chico Buarque. Sur ce même album elle avait aussi croisé sa voix avec celles de Milton Nascimento, Nana Caymmi et Chico Buarque.

Adoubée par la famille d’Antonio Carlos Jobim nommé Tom Jobim, à l’américaine, Carminho travaillé avec la complicité de Paulo Jobim, le fils du grand compositeur. Avec de telles conditions, rien d’étonnant à ce que la fadiste lisboète s’approprie la musique d’Antonio Carlos Jobim, co-fondateur de la bossa-nova avec Vinicius de Moraes et João Gilberto.

Sur « Carminho canta Tom Jobim », l’icône du fado plonge dans le monde de la bossa nova en très bonne compagnie. En effet, la diva de Lisbonne est accompagnée par certains des musiciens de la Banda Nova, la dernière formation qui a accompagné Tom Jobim de 1984 à 1994. Ainsi aux côtés de la chanteuse on retrouve sur l’album le violoncelliste Jaques Morelenbaum, le guitariste Paulo Jobim et le batteur Paulinho Braga. Ils sont rejoints par le petit-fils de Tom Jobim, le pianiste Daniel Jobim. Le quartet prodigue un écrin parfait à la voix sensible de Carminho.

Carminho et Chico Buarque © Leo Aversa

Sur « Carminho canta Tom Jobim » la chanteuse invite quatre des plus prestigieux artistes du Brésil. Les chanteuses Marisa Monte, Fernanda Montenegro et Maria Bethania ainsi que le chanteur/compositeur Chico Buarque. On peut voir leur participation comme une sorte de parrainage bienveillant.

Carminho foule à sa manière le territoire de la bossa nova déjà fort souvent exploré par les artistes du jazz, qu’ils soient instrumentistes ou chanteurs/chanteuses. Les codes du fado et ceux de la bossa-nova sont pourtant très éloignés et la langue portugaise et celle du Brésil ont des familiarités mais de nombreuses nuances les séparent, tout comme cela existe entre langue anglaise et américaine. Il apparaît donc d’emblée que l’union entre fado et bossa nova ne va pas forcément de soi.

Pourtant sur « Carminho canta Tom Jobim », le rapprochement entre le monde de la bossa-nova et celui du fado est plutôt réussi. Cela est en grande partie dû à la sobriété d’interprétation de la chanteuse dont la voix précise et nuancée n’exporte pas tous les codes du fado dans son interprétation des thèmes de Jobim. Sur l’album, la rythmique propre à la bossa-nova et son balançao si caractéristique sont confiés aux instrumentistes. Ainsi la chanteuse a toute latitude pour poser sa voix au-dessus du tempo et habiter les mélodies de manière très personnelle. Des ornementations propres au fado, Carminho a conservé une forme minimaliste qui apporte une émotion subtile sans trop dramatiser le discours.

Par ailleurs, le choix des thèmes participe pour beaucoup à la réussite de la musique. Carminho a privilégié des titres au tempo plutôt lent voire médium qui mettent tout à fait en valeur son chant élégant et hormis Wave, Triste, A Felicidade, O Grande Amor, elle a choisi des thèmes qui ne figurent pas parmi les standards connus du grand public.

Exit Corcovado ou Garota de Ipanema. Quelques morceaux connus des amateurs de bossa-nova comme Meditaçāo, Luiza, Falando De Amor, Retrato Em Branco E Preto, Modinha, Inútil Paysagem et d’autres plus confidentiels comme O Que Tinha de Ser. On regrette le choix de la version anglaise de Por Causa De Voce, Don’t ever Go Away, avec le risque qu’il soit comparé à la version de Franck Sinatra enregistrée en 1969 avec Tom Jobim. 

On retient quelques moments magiques. Deux duos voix/instrument où la chanteuse donne à entendre en même temps sa fragilité et sa force émotionnelle, Luiza avec le piano et Retrato Em Branco E Preto avec le violoncelle. Les quatre titres où Carminho chante avec ses invités, le tendre Falando De Amor avec Chico Buarque, le désespéré Modinha avec Maria Bethaniâ et deux thèmes proches de la nature, Sabiá avec Fernanda Montenegro et Estrada Do Sol avec la voix lumineuse de Marisa Monte.

On est enchanté par la performance de Carminho qui unit la légèreté de la suave bossa nova à la mélancolie du vibrant fado. Elle les transforme en  chant sensible embrumé de nostalgie. Du Portugal au Brésil… Saudade toujours.

 
Rendez-vous avec les deux dates françaises de la tournée européenne où Carminho est accompagnée par Paulo et Daniel Jobim, Paulo Braga et Jaques Morelenbaum. Au Havre, Le Volcan accueille la chanteuse le 13 Novembre 2017 qui sera le 15 novembre 2017 sur la scène de la Cigale à Paris.
Clin d’œil à Grazzia Giu & « Life Is »

Clin d’œil à Grazzia Giu & « Life Is »

Accompagnée par des musiciens de jazz au service de son art vocal, la chanteuse Grazzia Giu sort « Life Is ». Un album de onze chansons de format court. Improvisations des musiciens et interventions des invités teintent de jazz un univers qui évoque la passion sur le mode de la délicatesse. Un opus nostalgique où les émotions affleurent avec souplesse.

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Youn Sun Nah en « Immersion »

Youn Sun Nah en « Immersion »

Avec son dixième album « Immersion », la chanteuse Youn Sun Nah s’émancipe du label ACT. Elle propose un opus qui met en lumière sa pure profonde voix de soprano. Entre reprises et compositions inspirées, elle délaisse les prouesses vocales de ses débuts et privilégie le minimalisme. Un album de transition où popitude et jazzitude coexistent.

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Coup de cœur pour… « Montevago »

Coup de cœur pour… « Montevago »

Le violoniste Théo Ceccaldi et le pianiste Roberto Negro reviennent en duo avec le singulier « Montevago ». Sur cet opus ils réinventent l’art du duo. Musique chambriste audacieuse que seule limite l’inspiration, or celle de ces deux dandies du jazz est infinie, c’est peu dire ! L’oreille chamboulée demeure captivée par les échanges fusionnels envoûtants des deux virtuoses.

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Clin d’œil à David Bressat & « Alive ! »

Clin d’œil à David Bressat & « Alive ! »

Vibrations toniques et mélodies méditatives

Le 06 octobre 2017, le pianiste et compositeur David Bressat sort « Alive ! », son nouvel album. Enregistré live, ce quatrième opus du leader restitue la dynamique musicale du quintet capté en direct.

Après avoir longtemps travaillé en trio et enregistré en studio, le pianiste et compositeur David Bressat revient cette fois en quintet avec un projet tonique et vivifiant. Enregistré live au Crescent de Mâcon un certain 08 mars 2017, l’album « Alive ! » témoigne de l’expression du groupé capté en direct et restitue les réactions d’un public très présent.

Très impliqué dans la vie du jazz au cœur de la région Rhône-Alpes-Auvergne, le pianiste, compositeur et arrangeur, David Bressat est aussi présent plus largement sur la scène jazz en France et à l’étranger depuis plus de 15 ans. Il a en effet eu l’occasion de jouer avec des musiciens de renom tels que Marcus Strickland, Dave Liebman, Dee Dee Bridgewater, Christian Escoudé, Nelson Veras.

David Bressat a d’abord conquis son public avec son trio qui existe depuis dix ans. On se rappelle l’enthousiasmant « French Connection V1 » enregistré en trio avec le contrebassiste Florent Nisse et le batteur Charles Clayette. On n’a pas oublié le volume 2 de cette « French Connection » addictive où, après une tournée, le trio invite en 2011 le saxophoniste américain Marcus Strickland. On se rappelle aussi l’album « Soleil Caché » gravé en 2012 par David Bressat et ses deux compères.

En 2017, David Bressat demeure fidèle à ses deux compagnons Florent Nisse et Charles Clayette qui sont rejoints par le saxophoniste Eric Prost et le trompettiste Aurélien Joly. Le quintet interprète un répertoire tout entier composé et arrangé par le pianiste.

« Alive! », au fil des sept plages de l’album, le quintet se livre et donne à découvrir les facettes variées de son art. Mélodies captivantes aux tendres émotions cuivrées, climats nerveux et tendus aux découpages rythmiques complexes.

Les ambiances varient et donnent à entendre un vrai son de groupe. En ouverture Tous les choix ouvre l’éventail de tous les possibles dont le quintet peut faire preuve. La douceur des deux perles Cocoon et Méditation contraste avec les toniques Shake Eveything et 5 à 6.

Fins improvisateurs, le trompettiste et le saxophoniste contribuent pour beaucoup à teinter les ambiances d’harmonieuses couleurs. Tout entier au service de la musique, le jeu du pianiste se fait tonique et entraînant ou romantique et léger. Batterie et contrebasse assurent avec finesse un accompagnement nuancé sur les tendres ballades mais tiennent un tempo sans faille sur les thèmes plus enlevés aux rythmiques découpées.

Quelques concerts se profilent pour découvrir la musique de l’album « Alive ! ». Rendez-vous le 10 octobre 2017 à Paris au Sunside, le 12 octobre 2017 à Lyon au Périscope. Comme un retour aux origines du disque, David Bressat se produit en quintet  le 13 octobre 2017 au Crescent de Mâcon.
Clin d’œil à Grazzia Giu & « Life Is »

Clin d’œil à Grazzia Giu & « Life Is »

Accompagnée par des musiciens de jazz au service de son art vocal, la chanteuse Grazzia Giu sort « Life Is ». Un album de onze chansons de format court. Improvisations des musiciens et interventions des invités teintent de jazz un univers qui évoque la passion sur le mode de la délicatesse. Un opus nostalgique où les émotions affleurent avec souplesse.

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Youn Sun Nah en « Immersion »

Youn Sun Nah en « Immersion »

Avec son dixième album « Immersion », la chanteuse Youn Sun Nah s’émancipe du label ACT. Elle propose un opus qui met en lumière sa pure profonde voix de soprano. Entre reprises et compositions inspirées, elle délaisse les prouesses vocales de ses débuts et privilégie le minimalisme. Un album de transition où popitude et jazzitude coexistent.

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Coup de cœur pour… « Montevago »

Coup de cœur pour… « Montevago »

Le violoniste Théo Ceccaldi et le pianiste Roberto Negro reviennent en duo avec le singulier « Montevago ». Sur cet opus ils réinventent l’art du duo. Musique chambriste audacieuse que seule limite l’inspiration, or celle de ces deux dandies du jazz est infinie, c’est peu dire ! L’oreille chamboulée demeure captivée par les échanges fusionnels envoûtants des deux virtuoses.

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Ambronay 2017 – Flamenco Baroque

Ambronay 2017 – Flamenco Baroque

Musique innovante et singulière

Samedi 23 septembre 2017, le Chapiteau d’Ambronay propose du Flamenco Baroque et accueille le projet « Díalogos, de viejos y nuevos sones ». Des dialogues entre hier et aujourd’hui, entre baroque et flamenco mais surtout un trio complice.

Le public se presse sous le Chapiteau d’Ambronay pour la soirée « Flamenco Baroque » du 23 septembre 2017 qui affiche complet. « Díalogos, de viejos y nuevos sones » réunit Rocío MárquezFahmi Alqhai et Agustin Diassera.

Les couleurs sonores de ces deux univers représentés respectivement par la cantaora Rocío Márquez et par le gambiste baroque Fahmi Alqhai résonnent de belle manière aux confins des frontières mouvantes du flamenco et du baroque. Les deux artistes sont des figures de référence dans leur monde respectif.

De facto, il n’existe pas de filiation directe entre le chant flamenco et la musique baroque ibérique mais Rocío Márquez, la figure montante du chant flamenco et Fahmi Alqhai, le directeur de l’Accademia del Piacere et spécialiste de la viole de gambe font vibrer ces deux univers qui les animent et les inspirent. Ils sont soutenus dans leur projet par le rigoureux rythmicien Agustín Diassera. Fahmi Alqhai assure les arrangements et la direction musicale du projet.

La complicité des trois artistes égale leur maîtrise instrumentale et leur expression sensible Limpide et très technique, le chant de Rocío Márquez incarne la maîtrise du souffle et de l’ornementation mais ménage une grande part au silence qui ponctue ses interventions. Le jeu du gambiste Fahmi Alqhai peut certes rappeler l’accompagnement de la guitare flamenca mais il apparait clairement qu’il possède un idiome très singulier inventé à partir des techniques imposées par son instrument et les conventions de musique baroque qu’il maîtrise. Empreint de précision et de sensibilité, l’accompagnement du percussionniste fait le lien entre le chant et la viole de gambe.

Dès le premier titre Mi son que trajo la mar la voix de la cantaora et la viole de gambe tressent leurs discours en contrepoint. Sur Nana le gambiste positionne son instrument comme une guitare, pince les cordes et joue en arpèges puis continue en développant son discours à l’archet.

Virtuose et enflammée, la voix prend le relai. Le chant profond et très expressif demeure sobre même si la chanteuse se joue des intervalles. Attentif le percussionniste suit de très près les interventions de ses deux partenaires et interagit avec eux dans l’instant, d’un frôlement léger ou d’une frappe délicate. La mise en place précise contribue à la perfection de la musique.

Irrigué par la tradition baroque, le trio présente un répertoire à la mise en place sobre et rigoureuse. Envolées limpides de la voix, marches harmoniques expressives de la viole de gambe, effleurements rythmiques délicats des percussions.

Le trio déroule la suite du répertoire et poursuit avec Bambera de Santa Teresa qui débute par un dialogue voix/viole de gambe où le gambiste pose son chant comme le fait la voix flamenca. Fahmi Alqhai adopte ensuite un accompagnement en basse continue pour accompagner la mélodie de la cantaora.

Sur Los Canarios, le duo instrumental, viole/percussion adopte un tempo rapide pour une ronde sautillante à laquelle la voix de la chanteuse participe. Le chant tendu ne perd pas sa pureté mais gagne en profondeur lors de son échange haletant avec les percussions. Cette pièce évoque les tarentelles napolitaines des 17ème et 18ème siècles.

Dans le public, la modernité de la version de l’aria de Monteverdi, Si dolce è’l tormento, séduit ou surprend. Une forte émotion saisit les gradins  lorsque sur scène la voix dépouillée s’exprime sur le bourdon de la viole de gambe sur Aires de peteneras. Avec Siguiriyas se termine le set fascinant  des « Díalogos de viejos y nuevos sones ».

Le public s’abandonne à son enthousiasme et applaudit à tout rompre. Les artistes reviennent pour un rappel ponctué au final par les « Ole ! » des spectateurs qui savourent leur plaisir et en redemandent.

Le trio revient une ultime fois. Sous les respectueux regards de ses deux compagnons de scène, la chanteuse termine a capella. Son chant pur et dépouillé ponctue la nuit automnale.

Clin d’œil à Grazzia Giu & « Life Is »

Clin d’œil à Grazzia Giu & « Life Is »

Accompagnée par des musiciens de jazz au service de son art vocal, la chanteuse Grazzia Giu sort « Life Is ». Un album de onze chansons de format court. Improvisations des musiciens et interventions des invités teintent de jazz un univers qui évoque la passion sur le mode de la délicatesse. Un opus nostalgique où les émotions affleurent avec souplesse.

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Youn Sun Nah en « Immersion »

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Coup de cœur pour… « Montevago »

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Le violoniste Théo Ceccaldi et le pianiste Roberto Negro reviennent en duo avec le singulier « Montevago ». Sur cet opus ils réinventent l’art du duo. Musique chambriste audacieuse que seule limite l’inspiration, or celle de ces deux dandies du jazz est infinie, c’est peu dire ! L’oreille chamboulée demeure captivée par les échanges fusionnels envoûtants des deux virtuoses.

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Arnaud Dolmen sort « Tonbé Lévé »

Arnaud Dolmen sort « Tonbé Lévé »

Le groove magique du métissage

Le 06 octobre 2017, le batteur Arnaud Dolmen sort « Tonbé Lévé », son premier album. Couleurs entraînantes et tendres mélodies dessinent une musique multiculturelle qui balance entre jazz moderne et rythmiques guadeloupéennes. La magie entraînante d’un métissage musical réussi.

Pour son premier album, « Tonbé Lévé » (Unisson Production/Socadisc) annoncé pour le 06 octobre 2017, le batteur Arnaud Dolmen réunit autour de lui le pianiste Léonardo Montana, le saxophoniste Adrien Sanchèz et le contrebassiste Joachim Govin.

Ancrée dans la tradition rythmique des Caraïbes dont le Gwoka de la Gaudeloupe, la musique d’Arnaud Dolmen intègre les nombreuses influences issues de ses collaborations musicales avec des artistes de renom, Naissam Jalal, Jacques Schwarz-Bart, David Linx, Ray Léma, Olivier Ker Ourio.

Sur « Tonbé Lévé », le leader développe trois thèmes, la Caraïbe, la famille et l’espoir. A travers son répertoire, le batteur expose en quelque sorte sa philosophe de vie, tonbé lévé, qu’évoque le titre de l’opus. Contrôler son équilibre comme le danseur qui bouge sur les rythmes du gwoka. En fait la musique d’Arnaud Dolmen engage chacun à se construire, à s’accomplir en toute circonstance en mobilisant énergie, optimisme et persévérance.

A l’écoute de l’album on est tenté de suivre les conseils du batteur qui maîtrise le tonbé lévé et donne l’exemple. Il se bat avec ses baguettes et triomphe de tous les rythmes et harmonies.

Arnaud Dolmen produit lui-même cet album très personnel où il signe toutes les compositions sauf l’Intro Sonjé Joj de Georges Troupé. Le répertoire de treize titres fait alterner des mélodies très simples développées avec brio et arrangées avec précision, des pièces entraînantes aux rythmiques complexes et ciselées et des thèmes aux résonances jazzy.

On est sensible au toucher léger du pianiste qui apporte une once de poésie à la musique. On est interpelé par le modernisme du saxophone dont la sonorité hésite entre chaleur et amertume. On saisit l’importance du jeu tout en rondeur du contrebassiste qui fait groover la musique et relie les musiciens entre eux. Le batteur alterne entre un jeu aérien très jazz et des rythmiques complexes. Il revisite de manière très personnelle celles de la Guadeloupe dont le Gwoka.

Des invités renommés apportent leur contribution à la chaleureuse musique de l’opus, le pianiste martiniquais Mario Canonge, le guitariste béninois Lionel Loueke, groupe féminin guadeloupéen Fanm Ki Ka, le chanteur guadeloupéen Erik Pédurand et la chanteuse Cynthia Abraham.

« Tonbé Lévé », la magie d’un métissage groovy et entraînant. Douces mélodies et thèmes échevelés alternent sur les treize pistes d’un l’album où jazz et rythmes caribéens font bon ménage.

Pour assister au premier concert de « Tonbé Lévé », rendez-vous le 02 novembre 2017 à Paris, au Studio de l’Hermitage. les musiciens se produisent ensuite le 30 novembre 2017 au Tropik’Atrium dans le cadre du Martinique Jazz Festival et le 16 décembre 2017 au Centre Culturel de Sonis (Guadeloupe).
Clin d’œil à Grazzia Giu & « Life Is »

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Accompagnée par des musiciens de jazz au service de son art vocal, la chanteuse Grazzia Giu sort « Life Is ». Un album de onze chansons de format court. Improvisations des musiciens et interventions des invités teintent de jazz un univers qui évoque la passion sur le mode de la délicatesse. Un opus nostalgique où les émotions affleurent avec souplesse.

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Youn Sun Nah en « Immersion »

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